Les lacets en gravier à 1:3 de Sani Pass : une montée frontalière que l'Afrique du Sud réserve officiellement aux 4x4
L’essentiel d’abord : ce n’est pas un itinéraire pour vélo de route
Avant de présenter cette route, un constat honnête s’impose : le Sani Pass n’est pas adapté à un défi sur vélo de route classique. Cette conclusion n’est pas là pour faire sensation, mais constitue une mise en garde nécessaire fondée sur des informations publiques vérifiables — ce col frontalier reliant la province sud-africaine du KwaZulu-Natal au Royaume du Lesotho est entièrement constitué de pistes en gravier abruptes, avec des pentes atteignant 1:3 (soit environ 33 %) aux endroits les plus raides. Côté sud-africain, les autorités n’autorisent officiellement que les véhicules à quatre roues motrices (4x4) sur la portion située en territoire sud-africain. Cette combinaison de conditions, transposée dans le monde du cyclisme, signifie qu’il vous faut au minimum un gravel bike ou un VTT (mountain bike) équipé de pneus larges, d’une bonne adhérence et de développements suffisamment courts ; les pneus lisses et étroits d’un vélo de route classique rendent le contrôle quasi impossible sur ces pentes raides et caillouteuses en continu.
Mais cela ne signifie pas que cette route ne mérite pas d’être écrite, ni d’être parcourue à vélo — bien au contraire, le Sani Pass est l’un des rares itinéraires au monde permettant aux passionnés de cyclisme de ressentir de leurs propres roues le charme d’un « col frontalier de haute montagne ». Il relie le Lesotho, royaume enclavé à l’altitude la plus élevée et au relief le plus accidenté du continent africain, et les paysages ainsi que le choc culturel qu’il offre sont incomparables avec ceux de nombreuses ascensions sur bitume. Cet article décortiquera honnêtement la réalité de cette route pour vous permettre de décider si elle vous convient, et, si vous souhaitez relever le défi, quel vélo et quelle préparation mentale sont nécessaires.
Informations de base sur l’itinéraire
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Pays / massif | Frontière entre la province sud-africaine du KwaZulu-Natal et le Royaume du Lesotho, section sud des monts Drakensberg |
| Départ → arrivée | Entrée côté sud-africain (environ 1 544 m d’altitude) → frontière du Lesotho / point culminant du col (environ 2 876 m d’altitude) |
| Longueur | Environ 9 km (section d’ascension côté sud-africain) |
| Dénivelé total | Environ 1 332 m |
| Pente moyenne | Environ 14,8 % calculé sur la base du dénivelé et de la longueur, l’une des ascensions continues les plus raides au monde |
| Pente maximale | Décrite officiellement comme « atteignant 1:3 aux endroits les plus raides », soit environ 33 %, un niveau exigeant des compétences de conduite professionnelles et un système 4x4 même pour les voitures |
| Surface | Gravier et terre sur tout le parcours, non revêtue ; les conditions se dégradent encore par temps de pluie ou en cas de gel hivernal |
| Restrictions véhicules | Côté sud-africain, seuls les véhicules 4x4 sont officiellement autorisés sur la portion en territoire sud-africain ; les contrôles frontaliers côté Lesotho sont relativement plus souples quant aux types de véhicules, mais les risques en descente n’en restent pas moins élevés |
| Heures d’ouverture de la frontière | Environ de 6 h 00 à 18 h 00 chaque jour (veuillez vous référer aux annonces officielles les plus récentes) |
| Origine de la notoriété | Route frontalière traditionnelle entre l’Afrique du Sud et le Lesotho, lieu de pèlerinage pour le tout-terrain réputé pour ses pentes vertigineuses et ses pistes caillouteuses, col à haut risque ayant historiquement causé plusieurs accidents mortels |
Déclaration d’honnêteté sur les données : les chiffres de pente ci-dessus (moyenne d’environ 14,8 %, maximale d’environ 33 %) sont calculés à partir de la longueur et du dénivelé rapportés dans des sources vérifiables telles que Wikipédia, et constituent la description la plus cohérente parmi les informations publiques disponibles sur cet itinéraire. Il faut toutefois noter que la répartition des pentes sur une piste en gravier de montagne est généralement très inégale ; la pente instantanée sur certains lacets peut largement dépasser la moyenne. L’effort réel ressenti à vélo dépendra des conditions sur place, et il convient de toujours prévoir une marge plus généreuse que le temps calculé.
Découpage par sections : du climat des champs de canne à sucre à la toundra alpine
Première section : l’entrée côté sud-africain — la ligne de partage entre bitume et gravier
En partant du côté sud-africain du KwaZulu-Natal, la route bitumée s’arrête brusquement à l’approche du pied des Drakensberg pour laisser place à une piste en gravier et en terre. Ce point de transition est généralement considéré comme le marqueur du « véritable début du défi ». L’altitude y est d’environ 1 544 m, le climat relativement doux, et c’est le dernier endroit raisonnable pour vérifier ses provisions et la pression de ses pneus.
Deuxième section : la zone d’ascension en lacets continus
Une fois sur la piste en gravier, la route s’élève en une série de lacets successifs : c’est la section la plus spectaculaire visuellement et la plus exigeante techniquement de tout le parcours. La combinaison de la piste caillouteuse et des pentes raides impose un contrôle précis du centre de gravité et un choix judicieux de la pression des pneus à chaque virage. Une pression trop élevée sur le gravier favorise le dérapage et la perte de contrôle ; trop basse, elle augmente la résistance au roulement et le risque de serpenter. Les pentes varient fortement sur cette portion, et la pente instantanée à l’intérieur de certains lacets dépasse nettement la moyenne du tronçon, approchant le niveau de 1:3 mentionné précédemment.
Troisième section : le plateau à l’approche de la frontière
En poursuivant l’ascension vers le point culminant du col, le paysage passe progressivement des pentes herbeuses typiques des Drakensberg à un paysage de plateau plus aride et balayé par des vents violents. La végétation y est clairsemée, la vue dégagée, et l’on domine les vallées enchevêtrées du côté sud-africain en contrebas. L’altitude approche déjà les 2 876 m, et la sensation d’air raréfié ainsi que le froid sont nettement plus marqués qu’au pied de la montagne côté sud-africain.
Quatrième section : le poste frontière et les hautes terres du Lesotho
À proximité du point culminant du col se trouve le poste frontière entre l’Afrique du Sud et le Lesotho, dont les heures d’ouverture sont strictement limitées (environ de 6 h 00 à 18 h 00). Une fois la frontière franchie, on entre dans les hautes terres du Lesotho. Ce pays est surnommé le « Royaume du ciel » : presque aucune de ses terres ne se trouve sous 1 000 m d’altitude, ce qui en fait l’un des rares pays enclavés au monde dont l’ensemble du territoire est relativement élevé. La région de Mokhotlong, de l’autre côté de la frontière, se situe elle-même à plus de 2 500 m d’altitude, et les températures hivernales peuvent y descendre à plusieurs degrés sous zéro.
Du sentier de bétail à la piste pour 4x4 : la modernisation d’un col
Avant de devenir la piste en gravier réputée pour son caractère vertigineux qu’elle est aujourd’hui, le Sani Pass a suivi un chemin bien plus ancien. Selon les archives historiques vérifiables, les premiers utilisateurs de ce passage de montagne furent les peuples autochtones africains tels que les San et les Bantous, qui l’empruntaient pour leurs migrations saisonnières et leurs échanges commerciaux à travers cette brèche naturelle de la chaîne montagneuse, bien avant le tracé des frontières modernes. Ce n’est qu’en 1922 que la route fut officiellement aménagée en un sentier d’environ deux mètres de large destiné aux bêtes de somme. À ce stade, la « route » n’était encore qu’un chemin de montagne pour mulets et piétons, loin d’être une route carrossable.
Le véritable tournant qui fit entrer le Sani Pass dans l’ère des véhicules motorisés eut lieu en 1949, lorsque des services commerciaux de jeeps commencèrent à tenter le passage de ce col, tandis que les circuits en jeep à vocation touristique ne furent officiellement lancés qu’en 1956. Le premier véhicule à atteindre le sommet fut, selon les archives, une Jeep Willys issue des surplus de la Seconde Guerre mondiale — ce modèle emblématique de jeep militaire, massivement écoulé sur le marché civil après la guerre, devint le choix privilégié des premiers à relever ce type de terrain extrême grâce à ses excellentes capacités tout-terrain. Du sentier de bétail à la piste pour 4x4, la modernisation du Sani Pass est en soi un condensé de l’histoire des transports de l’intérieur de l’Afrique, et explique pourquoi cette route conserve encore aujourd’hui cette aura de « sanctuaire du tout-terrain » — elle n’a jamais été conçue dès l’origine pour un passage confortable à l’ère du bitume.
Le Lesotho : pédaler dans un « Royaume du ciel »
Une fois le col du Sani Pass franchi, vous entrez officiellement sur le territoire du Royaume du Lesotho. Ce petit pays enclavé, entièrement entouré par le territoire sud-africain, porte un surnom largement connu — le « Royaume du ciel » (Kingdom in the Sky) — pour une raison très simple : le Lesotho est l’un des rares pays au monde dont l’ensemble du territoire se trouve à une altitude relativement élevée. On n’y trouve presque aucune terre sous 1 000 m, la capitale Maseru se situe déjà à plus de 1 500 m d’altitude, et la région de Mokhotlong, reliée de l’autre côté du Sani Pass, dépasse les 2 500 m, ce qui en fait l’un des districts les plus élevés et les plus reculés du Lesotho.
Ces conditions géographiques extrêmes ont également façonné une culture de vie en haute montagne unique au Lesotho — la couverture traditionnelle basotho (Basotho blanket) et le chapeau mokorotlo (ce chapeau conique en paille que l’on retrouve sur le drapeau et les armoiries du Lesotho) sont des sagesses pratiques développées par les habitants pour faire face au froid des hautes altitudes. En franchissant le Sani Pass et en pénétrant dans les hautes terres du Lesotho, vous comprendrez intuitivement pourquoi ce peuple a dû développer une telle culture de protection contre le froid — les températures hivernales y descendent à plusieurs degrés sous zéro, contrastant fortement avec le climat subtropical doux du côté sud-africain au pied de la montagne. En à peine neuf kilomètres d’ascension se concentre le franchissement de deux zones climatiques et de deux modes de vie radicalement différents.
Pourquoi un vélo de route n’est pas adapté, et pourquoi il est important de s’en préoccuper
Il est nécessaire d’expliquer plus en détail la question du « choix du vélo », car il ne s’agit pas seulement d’une préférence d’équipement, mais d’une réelle considération de sécurité. Les pneus fins d’un vélo de route (généralement autour de 25–28c) sont conçus pour une utilisation sur asphalte, avec des pressions généralement élevées pour réduire la résistance au roulement. Cependant, ce réglage sacrifie considérablement l’adhérence sur les surfaces en gravier et en terre, en particulier sur les sections en épingle à cheveux où les pentes sont raides et nécessitent de fréquents transferts de poids, augmentant fortement le risque de glissade et de chute. De plus, la plage de développement de la transmission d’un vélo de route n’est généralement pas conçue pour des pentes soutenues supérieures à 30 %. Sans modification spécifique pour un développement plus court, le cycliste risque d’être contraint de mettre pied à terre sur les sections les plus raides. Or, pousser son vélo sur une montée raide en gravier est en soi une activité très éprouvante physiquement et comporte un risque de glissade.
En revanche, le gravel bike dispose de pneus plus larges (généralement 35–45c), d’une plage de développement plus étendue, et certains modèles sont équipés d’une fourche suspendue, ce qui en fait un choix raisonnable pour ce type de montée raide sur gravier mixte. Le VTT (mountain bike) offre quant à lui un avantage en termes de stabilité de pilotage sur les pentes extrêmes et les surfaces cassantes, en particulier les modèles tout-suspendus avec suspension avant et arrière, qui absorbent efficacement les vibrations et les chocs du sol en gravier, permettant au cycliste de se concentrer davantage sur le contrôle de la pente et de la direction. Si vous ne possédez pas de gravel bike ou de VTT, et que vous n’avez pas d’expérience de conduite sur terrain en gravier, le conseil honnête est le suivant : cet itinéraire est plus adapté comme objectif de randonnée pédestre, d’expérience en 4x4 tout-terrain, ou comme défi à relever après avoir accumulé de l’expérience sur terrain en gravier, plutôt que de tenter de le faire avec votre vélo de route actuel en forçant.
Estimation de la puissance et de l’allure : à quel point l’effort est impressionnant sur une montée raide en gravier
Le modèle physique suivant estime le temps nécessaire pour qu’un cycliste de différents niveaux relève ce défi (9 km, environ 1 332 m de dénivelé positif, pente moyenne d’environ 14,8 %) avec un vélo adapté (gravel bike ou VTT). Les paramètres du modèle ont été délibérément ajustés pour refléter les conditions réelles de la surface en gravier et de l’altitude élevée.
Formule de calcul :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de la transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) Composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr Résistance au roulement
Fa = 0.5 × ρ × CdA × v² Résistance aérodynamique
Paramètres supposés (version ajustée pour conditions en gravier) :
- Poids total m = cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg = 79 kg
- Accélération gravitationnelle g = 9,81 m/s²
- Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,008 (surface en gravier et terre, nettement supérieur aux 0,005 de l’asphalte)
- Coefficient de traînée et surface frontale CdA ≈ 0,35 m² (position assise plus droite sur gravel bike ou VTT que sur vélo de route, traînée légèrement supérieure)
- Densité de l’air ρ ≈ 0,90 kg/m³ (réduite de manière significative pour la plage d’altitude élevée d’environ 1 500 à 2 900 mètres, contre environ 1,225 kg/m³ au niveau de la mer ; c’est l’itinéraire avec la plus grande correction d’altitude dans cette série d’articles)
- Efficacité de la transmission ≈ 0,96 (efficacité légèrement inférieure à celle de l’asphalte dans un environnement en gravier)
| Rapport poids/puissance | Catégorie de cycliste | Temps estimé pour terminer la montée | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 119 minutes | Environ 4,6 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 95 minutes | Environ 5,7 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 79 minutes | Environ 6,8 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 60 minutes | Environ 9,1 km/h |
| 5,0 W/kg | Niveau professionnel | Environ 48 minutes | Environ 11,3 km/h |
Il est à noter que même un cycliste de niveau professionnel n’atteint qu’une vitesse moyenne d’environ 11 km/h, ce qui se rapproche d’une marche rapide. Cela illustre parfaitement la nature de cet itinéraire : il ne teste pas « la capacité à aller vite », mais « la capacité à maintenir une cadence de pédalage constante et stable ». Et sur la section la plus raide, à environ 33 %, même un cycliste avancé de 3,0 W/kg ne maintiendra qu’une vitesse instantanée d’environ 3 km/h. Sur une telle pente, la plupart des cyclistes devront probablement mettre pied à terre sur une partie du parcours. C’est une préparation mentale à accepter à l’avance, et non un signe d’échec. Ce qui précède est une estimation basée sur un modèle physique ; en réalité, il faut ajouter les cahots de la surface en gravier, les décélérations dans les épingles à cheveux, la gestion de l’effort, etc. Le temps réel est généralement plus long que l’estimation du modèle.
Point de vue des cyclistes taïwanais : où trouve-t-on en comparaison ce type de montée raide en gravier à Taïwan ?
Les itinéraires familiers des cyclistes sur route taïwanais, comme Wuling, FengzuiZui, Beiyi, sont presque tous sur asphalte. L’expérience directement comparable de montées raides en gravier est relativement limitée. Si l’on devait absolument trouver un point de comparaison, les sections de montée raide en gravier de certains sentiers forestiers ou chemins ruraux à Taïwan (par exemple, certains tronçons tout-terrain menant à des villages ou des exploitations forestières) pourraient s’en rapprocher. Cependant, en termes de continuité et d’extrémité de la pente, la combinaison de Sani Pass avec sa moyenne de 14,8 % et son maximum de 33 % dépasse le cadre d’expérience de la plupart des cyclistes sur route taïwanais, se rapprochant davantage du niveau des compétitions de VTT ou de gravel.
Pour les cyclistes taïwanais, si vous avez de l’expérience en VTT ou en gravel sur sentiers forestiers et que vous pouvez gérer des épingles à cheveux en gravier enchaînées et des pentes courtes extrêmement raides, alors vous possédez déjà une partie des compétences techniques de base pour relever le défi de Sani Pass. Mais si vous n’avez que de l’expérience en montée sur asphalte avec un vélo de route, il est sincèrement conseillé d’accumuler d’abord de l’expérience de pilotage sur terrain en gravier au niveau national avant d’envisager de relever un défi de ce niveau. Ne sous-estimez pas les exigences techniques de pilotage qu’impose une surface en gravier.
Conseils pratiques pour s’y rendre
Saison, rappel important : les hémisphères sont inversés : L’hiver en Afrique du Sud et au Lesotho correspond à l’été à Taïwan (environ de juin à août). Pendant cette période, la région des montagnes du Drakensberg et les hautes terres du Lesotho connaissent des chutes de neige et du verglas. Sani Pass est souvent fermé en raison des conditions météorologiques difficiles, et le risque de verglas sur la surface en gravier est extrêmement élevé. À l’inverse, l’été de l’hémisphère sud (environ de décembre à février de l’année suivante, qui correspond à l’hiver à Taïwan) est une saison relativement plus stable pour relever le défi. Cependant, c’est aussi la saison des pluies dans cette région ; les fortes pluies peuvent rendre la route boueuse et glissante, voire provoquer des glissements de terrain. Il faut également surveiller les conditions météorologiques en temps réel.
Frontière et documents : C’est un itinéraire qui traverse une frontière nationale. Le passage nécessite un passeport valide et doit respecter les horaires d’ouverture du poste frontière (environ de 6h00 à 18h00 chaque jour). Pour les règles exactes concernant les visas et les formalités de passage, veuillez vous référer aux dernières annonces officielles consultées avant le départ. Ne supposez pas d’emblée une exemption de visa ou une procédure simplifiée.
Acclimatation à l’altitude : Le point culminant du col approche les 2 876 mètres, et la région de Mokhotlong côté Lesotho est entièrement en haute altitude. Cette altitude entre dans la plage où certaines personnes peuvent ressentir le mal aigu des montagnes (on considère généralement qu’à partir de 2 500 mètres, un certain pourcentage de personnes commence à ressentir des symptômes légers de mal aigu des montagnes, cela varie selon les individus). Il est recommandé de prévoir un temps d’acclimatation après l’arrivée dans cette région d’Afrique du Sud, et de surveiller pendant l’effort les symptômes du mal aigu des montagnes tels que maux de tête, nausées, fatigue extrême.
Avertissement de sécurité : un col qui « a déjà coûté des vies »
Historique des accidents
Les informations publiques vérifiables indiquent clairement que cette route de montagne « a déjà coûté la vie à de nombreuses personnes ». Ce n’est pas une exagération, mais une description fidèle du niveau de risque réel de cette route. Que ce soit en voiture ou à vélo, il faut aborder cet itinéraire avec le plus haut niveau de prudence et ne pas faire preuve d’insouciance.
Risques de pilotage sur surface en gravier
L’enchaînement d’épingles à cheveux et de surface en gravier est la combinaison la plus propice aux chutes. Il est recommandé de ralentir bien avant l’entrée dans les virages, d’éviter les freinages brusques en pleine courbe qui peuvent faire déraper et perdre le contrôle du vélo. Une prudence extrême sur la vitesse est particulièrement nécessaire dans les sections en descente.
Changements météorologiques rapides
Le col culmine à près de 2 876 mètres, et la météo y change beaucoup plus rapidement que ce que l’on peut anticiper depuis le pied de la montagne. Même si le temps est dégagé au départ, du brouillard, de la pluie, voire de la neige peuvent soudainement apparaître près du col. La visibilité réduite ajoute encore une couche de risque supplémentaire aux pentes raides en gravier.
Limites horaires de la frontière
Les horaires d’ouverture du poste frontière sont strictement limités. Il est impératif de prévoir suffisamment de temps pour l’aller-retour, afin d’éviter de se retrouver contraint de passer la nuit dans la zone frontalière après la fermeture du poste, ce qui serait une situation particulièrement dangereuse dans un environnement de haute altitude et de basses températures. Il est recommandé de multiplier le temps de parcours estimé par au moins 1,5 comme marge de sécurité, et de surveiller constamment la luminosité et son état de forme. Mieux vaut faire demi-tour plus tôt que de risquer de forcer jusqu’à la dernière minute avant la fermeture de la frontière.
Risque combiné de mal d’altitude et d’hypothermie
Cet itinéraire présente un double risque : l’hypoxie due à la haute altitude et l’hypothermie due au froid. Si un compagnon de route présente des signes tels que confusion mentale, baisse de jugement ou tremblements incontrôlables, il sera difficile de déterminer immédiatement s’il s’agit d’un mal d’altitude ou d’une hypothermie. Dans les deux cas, il faut agir sans délai : se réchauffer, redescendre en altitude ou consulter un médecin. Cet article ne fournit que des informations à titre de référence ; dans de telles situations, le jugement professionnel sur place et l’assistance médicale immédiate doivent primer. Ne vous fiez pas uniquement à votre propre évaluation pour retarder la prise en charge.
Vérification finale du vélo et de l’équipement
Encore une fois : cette route ne convient pas aux vélos de route classiques. Si votre équipement n’est pas un gravel, un VTT ou un vélo offrant une maniabilité équivalente sur terrain caillouteux, il est honnête de vous recommander de ne pas tenter ce défi à vélo pour le moment. Vous pouvez envisager de découvrir cette route par la randonnée ou en véhicule tout-terrain, puis réévaluer une fois que vous aurez accumulé suffisamment d’expérience de pilotage sur terrain caillouteux.
Conclusion : regarder honnêtement en face une route qui n’est pas faite pour tout le monde
Si le Sani Pass figure dans cette série, ce n’est pas parce que c’est une route que « tout le monde devrait gravir », mais parce qu’il illustre honnêtement l’autre extrémité du spectre des « routes de renommée mondiale » — toutes les routes qui font rêver ne se prêtent pas à être affrontées avec l’équipement que vous avez sous la main. Comprendre la réalité de cette route, évaluer honnêtement son équipement et ses capacités, voilà la valeur la plus importante de cet article, et une leçon que tous ceux qui roulent en montagne depuis des années devront apprendre tôt ou tard.
Liste d’actions :
- Cette route ne convient pas aux vélos de route classiques ; utilisez impérativement un gravel, un VTT ou un vélo offrant une maniabilité équivalente
- Avant le départ, vérifiez les règles concernant le passeport et le passage de la frontière ; notez la restriction des horaires d’ouverture, environ de 6 h 00 à 18 h 00
- Rappelez-vous que les saisons sont inversées entre les deux hémisphères : en hiver (juin à août), les chutes de neige peuvent fermer la route ; en été (décembre à février), méfiez-vous des routes glissantes pendant la saison des pluies
- La section la plus raide, d’environ 33 % sur gravier, obligera la plupart des cyclistes à mettre pied à terre et à pousser le vélo ; c’est normal, pas un échec
- L’altitude approche les 2 876 mètres ; soyez attentif aux signes de mal d’altitude et prévoyez un temps d’acclimatation après l’arrivée
- Préparez à la fois des équipements contre le froid et contre la pluie ; à haute altitude, les conditions météorologiques changent bien plus vite que prévu
- Si vous manquez d’expérience de pilotage sur terrain caillouteux, il est recommandé de découvrir d’abord cette route par la randonnée ou en véhicule tout-terrain, puis de réévaluer la faisabilité du défi à vélo après avoir accumulé de l’expérience
- C’est une route avec un historique avéré d’accidents mortels ; ne comptez jamais sur la chance, la sécurité prime toujours sur le fait de terminer la montée
Les données d’itinéraire ci-dessus s’appuient principalement sur des sources vérifiables telles que Wikipédia ; les pourcentages de pente sont convertis à partir des longueurs et des dénivelés publiés. Pour l’état réel de la route et le niveau de risque, veuillez vous fier aux dernières annonces officielles avant le départ et à votre jugement sur place. En cas de doute, ne vous forcez pas à relever le défi. Si, après évaluation, vous décidez que cette route ne convient pas à votre équipement et à votre expérience actuels, ne le regrettez pas — comprendre la difficulté réelle d’une route et choisir honnêtement de ne pas s’y forcer est également un jugement qui mérite d’être cultivé dans une carrière de cycliste, et ce jugement vous sera utile bien plus longtemps que n’importe quel record de sommet réussi.
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