La pensée de la résistance en crawl : pourquoi vos progrès devraient commencer par « réduire la résistance », plutôt que de muscler frénétiquement les bras
Pourquoi « nager plus vite » ne veut pas dire « tirer plus fort »
Presque toutes les personnes qui commencent sérieusement le crawl partent d’une hypothèse intuitive : si je nage lentement, c’est que ma propulsion est insuffisante, donc il faut muscler des bras plus forts, tirer plus fort, augmenter la fréquence de rotation. Cette hypothèse fonctionne souvent dans les sports terrestres — courir demande une cadence et une foulée plus rapides, pédaler demande une puissance plus élevée, c’est essentiellement un problème de « sortie ». Mais la natation est une exception rare, car la densité de l’eau est plus de huit cents fois supérieure à celle de l’air. Lorsqu’un corps humain se déplace dans l’eau, ce qui détermine réellement la vitesse n’est souvent pas la quantité de propulsion que vous pouvez générer, mais la quantité de résistance que vous créez et qui annule cette propulsion.
C’est contre-intuitif pour les nageurs amateurs, mais c’est un consensus de longue date dans le monde de l’enseignement de la natation : avec le même niveau de condition physique et de force, un nageur qui contrôle bien sa résistance peut nager à la même vitesse, voire plus vite, avec un rythme cardiaque et un effort bien inférieurs à ceux d’un autre nageur. En d’autres termes, le premier levier de progression en crawl n’est pas « d’ajouter plus de force », mais « d’éliminer la résistance inutile ». Cette idée semble abstraite, mais dès que l’on comprend les trois principales sources de résistance dans l’eau, on peut la traduire concrètement en ajustements d’entraînement et de technique.
Les trois principales sources de résistance dans l’eau
La résistance rencontrée par le corps lorsqu’il avance dans l’eau peut généralement être divisée en trois grandes catégories. Comprendre la nature de ces trois types de résistance permet de savoir quel aspect corriger en priorité.
Un, la résistance de forme (résistance de pression différentielle)
La résistance de forme provient de la forme et de la section transversale de la surface du corps face à l’eau. Imaginez insérer verticalement une baguette et une planche de bois dans l’eau et les pousser vers l’avant : la planche rencontre une résistance bien supérieure à celle de la baguette. C’est l’intuition de la résistance de forme. Pour un nageur, la posture du corps dans l’eau — l’angle de la tête relevée, l’affaissement ou non des hanches, l’écartement des jambes — modifie directement la section transversale face à l’eau. Plus la tête est relevée, plus l’avant du corps est forcé vers le bas, ce qui transforme un corps initialement profilé en une planche face à l’eau ; l’affaissement des hanches (communément appelé « nage assise ») fait traîner le bas du corps comme une ancre, augmentant également considérablement la surface frontale.
Deux, la résistance de frottement (résistance de surface)
La résistance de frottement provient du frottement entre la surface du corps et les molécules d’eau. Son impact sur les nageurs amateurs est relativement mineur ; elle est principalement liée au tissu du maillot de bain, aux poils corporels et à la rugosité de la peau. Les athlètes professionnels l’ajustent finement grâce aux combinaisons de compétition intégrales, à l’épilation, etc., mais pour le nageur moyen, ce n’est pas le principal levier de progression et il n’est généralement pas nécessaire d’y consacrer trop d’efforts.
Trois, la résistance de vague
La résistance de vague provient des vagues générées par le corps lorsqu’il se déplace près de la surface de l’eau. La surface de l’eau est elle-même l’interface entre deux milieux de densités très différentes, l’air et l’eau ; toute perturbation près de la surface consomme de l’énergie supplémentaire pour produire des vagues. C’est aussi pourquoi plus la position de nage est basse et horizontale sous la surface (corps suffisamment enfoncé et aligné), plus la résistance de vague est faible ; en revanche, les mouvements excessifs du corps, les frappes violentes de l’eau à l’entrée de la main, ou un battement de jambes trop proche de la surface amplifient considérablement cette résistance. Parmi les trois types de résistance, la résistance de vague augmente le plus fortement avec la vitesse, ce qui explique pourquoi le sprint en natation met particulièrement l’accent sur la stabilité et le profilé de la posture.
Pourquoi le contrôle de la résistance est plus rentable que la propulsion
Du point de vue de l’efficacité énergétique, réduire la résistance et augmenter la propulsion ont des retours sur investissement complètement différents. Augmenter la propulsion exige plus de force musculaire, une cadence plus élevée, une dépense énergétique plus importante, et la progression de la force musculaire et des capacités cardio-respiratoires a des limites physiologiques difficiles à améliorer de façon spectaculaire à court terme. En revanche, la résistance provient en grande majorité de problèmes de posture et de technique, et non de condition physique — un nageur à la souplesse moyenne et à la force modérée peut, en ajustant simplement sa posture vers un profil plus hydrodynamique, gagner nettement en vitesse sans augmenter sa charge physique.
Cela explique aussi un phénomène courant : de nombreux bons nageurs semblent nager « avec aisance et élégance », avec une fréquence de rotation peu élevée, et pourtant ils vont vite ; tandis que de nombreux débutants s’épuisent à tirer, éclaboussent partout, respirent rapidement, et pourtant n’avancent pas. La différence ne réside souvent pas dans « la quantité de force utilisée », mais dans « la quantité de force dépensée à lutter contre la résistance que l’on crée soi-même ». On peut comparer ce phénomène à une métaphore simple : plutôt que d’appuyer à fond sur l’accélérateur d’une voiture dont le frein est à moitié desserré, il vaut mieux relâcher complètement le frein — ainsi, avec la même pression sur l’accélérateur, on va plus vite et on consomme moins.
Problèmes techniques courants générant une forte résistance et pistes de correction
Voici les problèmes techniques les plus courants chez les nageurs amateurs et ayant le plus d’impact sur la résistance. Ces problèmes sont souvent liés entre eux ; il est recommandé de se concentrer sur un ou deux points à la fois lors des corrections, pour éviter de modifier trop de mouvements simultanément et de déstabiliser le corps.
Position de la tête trop haute
De nombreux débutants, par anxiété liée à la respiration, ont tendance à garder la tête bien au-dessus de l’eau, les yeux regardant vers l’avant plutôt qu’en diagonale vers le bas. Ce geste semble rassurer pour respirer, mais en réalité il force les hanches et les jambes à s’affaisser, ce qui fait traîner tout le bas du corps et augmente fortement la résistance de forme. La position idéale de la tête est d’avoir la surface de l’eau environ entre la ligne des cheveux et le front, le regard dirigé vers le fond du bassin en diagonale vers l’avant-bas, et non vers le mur devant soi.
Hanches et gainage perdus (nage assise)
La « nage assise » désigne une posture où le corps est légèrement plié dans l’eau, comme assis sur une chaise, avec les hanches plus basses que la ligne des épaules. Cela provient généralement d’un manque de stabilité du gainage, ou d’une réaction en chaîne due à une tête relevée pour respirer. La correction consiste à renforcer le soutien du gainage sur la posture du corps et à s’entraîner à maintenir une ligne aussi droite que possible des épaules aux chevilles, notamment par des exercices de gainage au sec et des exercices de « rotation du corps » (body rotation) dans l’eau.
Battement de jambes trop ample ou trop superficiel
Le battement de jambes ne sert pas seulement à fournir une petite propulsion ; sa fonction la plus importante est en réalité de « maintenir l’horizontalité et le profilé de la posture ». Beaucoup de nageurs battent trop amplement, plient trop les genoux, ce qui fait traîner les mollets comme une ancre et augmente la surface frontale ; d’autres battent trop superficiellement avec des chevilles trop rigides, incapables de maintenir efficacement le corps près de la surface. Un battement idéal doit être initié par les hanches, avec des genoux légèrement fléchis mais relativement détendus, des chevilles souples capables de fouetter naturellement, et une amplitude globale maîtrisée, plutôt qu’un coup de pied énergique et désordonné.
Frapper l’eau à l’entrée de la main ou croiser la ligne médiane
Si, au moment de l’entrée de la main dans l’eau, on frappe violemment la surface, cela génère de nombreuses bulles et éclaboussures, qui sont la manifestation directe de la résistance de vague et représentent une force gaspillée. Par ailleurs, si le point d’entrée dépasse la ligne médiane du corps (par exemple, la main droite entre devant l’épaule gauche), cela amplifie l’oscillation latérale du corps, augmente la résistance de forme et réduit l’efficacité du tirage. L’entrée idéale consiste à « pénétrer » l’eau avec légèreté, le point d’entrée se situant approximativement dans le prolongement de l’épaule, plutôt que de frapper ou de croiser.
Rotation du corps insuffisante ou excessive
Le crawl n’est pas un mouvement purement plat ; il s’accompagne d’une rotation du corps autour de son axe longitudinal, de gauche à droite. Une rotation insuffisante raccourcit le bras de levier du tirage et force à relever davantage la tête pour respirer ; une rotation excessive provoque une oscillation latérale trop importante du corps, augmentant également la résistance et réduisant la stabilité directionnelle. La plupart des enseignements en natation recommandent une amplitude de rotation dans une plage modérée, l’angle exact variant selon les individus ; l’essentiel est que la rotation s’accorde naturellement avec le rythme du tirage et de la respiration, plutôt qu’une torsion exagérée et forcée.
Récapitulatif des problèmes techniques et des types de résistance correspondants
Le tableau ci-dessous récapitule les problèmes techniques courants et les types de résistance qu’ils affectent principalement, afin d’aider les nageurs à identifier leurs propres problèmes et à traiter en priorité les éléments ayant le plus d’impact.
| Problème technique courant | Type de résistance principalement affecté | Cause fréquente | Piste de correction |
|---|---|---|---|
| Tête trop relevée, regard vers l’avant | Résistance de forme (affaissement du bas du corps) | Anxiété respiratoire, peur d’avaler de l’eau | Regarder en diagonale vers le bas, s’entraîner à glisser tête baissée |
| Nage assise, hanches affaissées | Résistance de forme | Stabilité du gainage insuffisante | Renforcer le gainage, s’entraîner à l’alignement du corps |
| Battement trop ample, genoux trop fléchis | Résistance de forme | Propulsion des hanches insuffisante, compensation par les genoux | S’entraîner à un battement de faible amplitude initié par les hanches |
| Frappe de l’eau à l’entrée, éclaboussures importantes | Résistance de vague | Tirage trop puissant, contrôle insuffisant | S’entraîner à une entrée légère et pénétrante |
| Oscillation latérale excessive du corps | Résistance de vague, résistance de forme | Rotation excessive ou tirage asymétrique | S’entraîner à une rotation modérée avec gainage stable |
| Tirage croisant la ligne médiane | Résistance de forme (augmentation de l’oscillation) | Problème de mobilité de l’épaule ou habitude gestuelle | S’entraîner à une entrée à point fixe, retour bras tendu pour le repérage |
Comment prioriser les ressources d’entraînement
Une fois l’importance de la résistance comprise, la question suivante est : le temps d’entraînement étant limité, comment le répartir ? Voici une suggestion d’ordre de priorité conceptuel ; les proportions réelles doivent être ajustées en fonction de l’état technique actuel de chaque nageur.
Priorité 1 : Posture corporelle et respiration
La posture corporelle est à l’origine de presque tous les problèmes de traînée. Si la posture n’est pas correcte, tous les exercices de technique de bras que vous ferez ensuite n’auront qu’un effet limité. Il est recommandé de consacrer une part importante du temps d’entraînement à des exercices de flottaison et de glisse « sans mouvement de bras », comme par exemple prolonger au maximum la distance de glisse après une poussée murale, ressentir la profondeur à laquelle le corps s’enfonce dans l’eau et l’équilibre général. Pour la respiration, il est conseillé de commencer par la respiration bilatérale (alterner la prise d’air à gauche et à droite). Cela aide à maintenir une symétrie gauche-droite du corps et évite de développer une technique de bras asymétrique due à une respiration uniquement d’un seul côté.
Priorité 2 : Trajectoire du bras et angle d’entrée dans l’eau
Une fois la posture stabilisée, on peut ensuite affiner le point d’entrée de la main dans l’eau, la trajectoire du bras (ce qu’on appelle communément la traction en « S » ou la traction « en ligne droite » ; chaque école a ses partisans, l’important étant que le mouvement soit cohérent et capte l’eau efficacement), ainsi que le moment de la sortie de l’eau. Pour cette partie, il est recommandé de travailler par exercices de décomposition (par exemple, une traction à un seul bras, en utilisant une planche pour stabiliser le bas du corps) afin de corriger chaque point individuellement.
Priorité 3 : Fréquence de traction et condition physique
Ce n’est qu’après avoir atteint un certain niveau dans le contrôle de la traînée et l’efficacité de la traction que l’augmentation de la fréquence de traction et de l’entraînement physique commence à avoir un réel retour sur investissement. Mettre trop tôt l’accent sur la condition physique et la force risque d’amener le nageur à « utiliser plus de force pour lutter contre la traînée qu’il génère lui-même », ce qui est contre-productif.
Entraînement complémentaire hors de l’eau : souplesse et stabilité du tronc
Le contrôle de la traînée en nage libre dépend fortement de la souplesse du corps et de la stabilité du tronc. C’est pourquoi de nombreux entraîneurs de natation recommandent un entraînement complémentaire sur la terre ferme. Les pistes suivantes sont des recommandations générales ; le programme d’entraînement concret doit être adapté à la situation de chacun et aux conseils de l’entraîneur :
- Amplitude articulaire des épaules : La traction en nage libre nécessite une amplitude de mouvement suffisante de l’articulation de l’épaule, en particulier la capacité de rotation externe et d’extension au-dessus de la tête. Une souplesse insuffisante peut entraîner une déformation compensatoire de la trajectoire du bras et augmenter les oscillations du corps.
- Mobilité en rotation de la colonne thoracique : La qualité de la rotation du corps provient en grande partie de la capacité de rotation de la colonne thoracique (haut du dos), et pas seulement des épaules. Les personnes ayant une colonne thoracique raide compensent souvent par des mouvements excessifs des épaules ou par la région lombaire pour effectuer la rotation, ce qui augmente la traînée.
- Stabilité du tronc : Le tronc est le pont qui relie la puissance de traction du haut du corps et la puissance de battement du bas du corps. Si la stabilité du tronc est insuffisante, la posture du corps a tendance à se relâcher et à se déformer pendant la traction.
- Souplesse des chevilles : L’efficacité du battement de jambes est étroitement liée à la souplesse des chevilles. Un nageur aux chevilles raides, même avec une impulsion correcte des hanches, peut générer une traînée supplémentaire parce que « le pied agit comme une pagaie plutôt que comme une nageoire ».
Ces exercices hors de l’eau présentent de grandes variations individuelles. Par exemple, chez les adultes qui restent assis longtemps et manquent d’habitudes d’étirement, la souplesse de la colonne thoracique et des chevilles nécessite souvent plus de temps pour s’améliorer progressivement. Il n’est pas recommandé de vouloir aller trop vite ou de forcer des étirements au-delà de l’amplitude articulaire naturelle. En cas de douleur articulaire, d’engourdissement, d’inconfort sévère pendant les étirements ou l’entraînement, il faut s’arrêter et envisager de consulter un professionnel de la physiothérapie ou de la médecine du sport.
Clarification des idées reçues courantes
Idée reçue n°1 : Plus la force des bras est grande, plus on nage vite
La force des bras est effectivement liée à la propulsion, mais si la traînée due à la posture du corps est trop importante, même la force des bras la plus puissante ne fera que « tirer une voiture dont le frein est bloqué ». De nombreux nageurs qui soulèvent de lourdes charges au développé-couché ou au tirage en salle de sport ont pourtant une vitesse dans l’eau médiocre. La raison est que la force développée sur la terre ferme n’est pas convertie en propulsion aquatique faute d’un bon contrôle de la traînée.
Idée reçue n°2 : Plus on bat des jambes fort, mieux c’est
La fonction principale du battement de jambes est de maintenir la posture du corps et de fournir une propulsion auxiliaire. Battre des jambes avec une force excessive consomme non seulement beaucoup d’énergie (l’efficacité énergétique du battement est bien inférieure à celle de la traction), mais s’accompagne souvent de problèmes tels qu’une flexion excessive des genoux ou une position trop profonde des pieds, ce qui augmente la traînée. Pour la natation de longue distance et l’épreuve de natation en triathlon, l’enseignement recommande généralement de réduire l’intensité et la fréquence du battement de jambes afin d’économiser l’énergie pour la traction et pour les épreuves de vélo et de course à pied qui suivent.
Idée reçue n°3 : Moins on respire, mieux c’est
Certains nageurs réduisent délibérément le nombre de respirations pour rechercher une « position hydrodynamique », allant même jusqu’à nager de longues distances en apnée. En état d’hypoxie, cela risque au contraire de faire s’effondrer le rythme de traction et la posture du corps, ce qui est contre-productif. Le rythme respiratoire doit avoir pour principe de maintenir une technique stable et une relaxation mentale, et non de rechercher à tout prix une apparence hydrodynamique en respirant le moins possible.
Idée reçue n°4 : La natation est purement une question de talent, ça ne s’apprend pas
Le contrôle de la traînée est en grande partie un problème technique qui peut être amélioré par une pratique délibérée, et non un don inné pour l’eau. Bien sûr, il existe des différences individuelles en termes de morphologie ou de souplesse articulaire, mais cela ne détermine que le « plafond et la difficulté de l’entraînement ». La plupart des nageurs amateurs ont encore une grande marge de progression par rapport à leur plafond technique. Il ne faut pas abandonner les corrections techniques en se disant qu’on « n’a pas de talent pour la natation ».
Auto-évaluation : comment identifier ses problèmes de traînée
Voici quelques méthodes simples d’auto-observation pour vous aider à identifier la source principale de votre traînée. Pour l’entraînement concret, il est toujours recommandé de s’appuyer sur l’observation en direct d’un entraîneur ou sur une analyse vidéo pour plus de précision.
| Méthode d’observation | Indicateur | Problème possible |
|---|---|---|
| Test de glisse après poussée murale | Distance de glisse sans mouvement de bras après la poussée murale | Une distance de glisse courte indique une traînée importante due à la posture |
| Déviation du corps pendant la respiration | Le corps s’enfonce ou pivote visiblement au moment de la prise d’air | Stabilité du tronc insuffisante, mauvais timing de la respiration |
| Bruit de l’entrée de la main dans l’eau | Bruit d’éclaboussure marqué à l’entrée de la main | Mauvais contrôle de l’angle ou de la force d’entrée dans l’eau |
| Zones de fatigue après la nage | Bras et épaules particulièrement douloureux, bas du dos tendu | Compensation excessive par les bras, posture du corps incorrecte |
| Capacité à nager en ligne droite | Déviation importante sur une courte distance en nageant les yeux fermés ou sans regarder les lignes | Traction asymétrique gauche-droite ou rotation du corps inégale |
Rappel important sur la progression progressive
Les ajustements techniques demandent du temps pour que le corps réapprenne de nouveaux schémas moteurs. Tout changement de posture ou de respiration peut sembler « moins fluide qu’avant » au début ; c’est une courbe d’apprentissage normale, cela ne signifie pas que la direction est mauvaise. Il est recommandé de se concentrer sur un à deux points techniques par séance et de se laisser plusieurs semaines à plusieurs mois pour intérioriser les nouveaux mouvements, afin d’éviter d’abandonner précipitamment parce qu’on se sent plus lent à court terme. Si, pendant l’entraînement, vous ressentez des douleurs à l’articulation de l’épaule, une gêne cervicale, une otite due à l’eau, ou des quintes de toux et des difficultés respiratoires marquées lors de la prise d’air, arrêtez-vous et envisagez de consulter un physiothérapeute, un médecin du sport ou un entraîneur de natation qualifié pour une évaluation professionnelle. Le contenu de cet article n’est qu’un rappel de principes techniques et ne remplace pas un encadrement professionnel ni une évaluation médicale.
Conclusion et liste d’actions
La clé des progrès en nage libre ne réside souvent pas dans votre capacité à endurer la douleur de la traction, mais dans votre capacité à identifier honnêtement les mouvements qui « génèrent de la traînée » dans votre corps, puis à les corriger patiemment un par un. Voici une liste d’actions concise à consulter lors de votre prochaine séance à la piscine :
- Commencez par le test de glisse après poussée murale pour ressentir l’équilibre du corps dans l’eau et la distance de glisse.
- Vérifiez la position du regard ; pendant la respiration, regardez vers l’avant en diagonale vers le bas, pas droit devant.
- Entraînez la respiration bilatérale pour éviter une asymétrie du corps due à une respiration unilatérale prolongée.
- Observez l’amplitude de flexion des genoux pendant le battement ; essayez d’impulser depuis les hanches et de réduire la compensation des genoux.
- Soyez attentif au bruit de l’entrée de la main dans l’eau et à la quantité d’éclaboussures ; travaillez une entrée légère et « coupante ».
- Associez un entraînement hors de l’eau pour la stabilité du tronc et la mobilité en rotation de la colonne thoracique afin de préparer la rotation dans l’eau.
- Si possible, demandez à un entraîneur ou à un ami de filmer votre nage de profil et de face pour comparer objectivement l’évolution de votre posture.
- À chaque séance, concentrez-vous sur un à deux points techniques seulement et laissez à votre corps le temps de s’adapter aux nouveaux mouvements.
En mettant votre énergie au bon endroit, la natation deviendra plus économique et plus rapide que vous ne l’imaginiez.
Recommandations complémentaires pour différents profils de nageurs
Athlètes d’endurance venant d’un sport terrestre
De nombreux passionnés de cyclisme et de course à pied ne commencent à s’entraîner sérieusement en natation que parce qu’ils se sont lancés dans le triathlon. Ces athlètes ont généralement une bonne capacité cardio-respiratoire, mais ont souvent l’impression de « ne pas pouvoir déployer leur force » dans l’eau, avec des bras qui fatiguent vite et un rythme cardiaque qui s’emballe après quelques longueurs. C’est précisément un cas typique de la logique de la traînée : les bases cardio-respiratoires acquises sur la terre ferme ne se transforment pas directement en vitesse dans l’eau, car la variable supplémentaire dans l’eau est le contrôle de la posture et de la traînée, une capacité que l’entraînement terrestre ne développe pas du tout. Ces athlètes devraient délibérément abandonner au début leur habitude de « compenser par l’énergie » et se concentrer sur la glisse, l’alignement du corps et le rythme respiratoire. Même si la vitesse semble plus lente au début, les bénéfices à long terme seront bien supérieurs à une simple augmentation de la force de traction.
Enfants et adolescents débutants
Chez les enfants qui apprennent la nage libre, le squelette et les articulations sont encore en phase de développement. Leur souplesse est généralement supérieure à celle des adultes, mais leur force du tronc et leur contrôle corporel ne sont pas encore matures, ce qui peut entraîner une « nage assise » ou une amplitude de battement excessive. L’enseignement devrait privilégier des exercices ludiques de flottaison et de glisse, en évitant d’exiger trop tôt une fréquence de traction élevée ou des séances de longue distance. Cette logique est la même que pour les nageurs adultes — « d’abord le contrôle de la traînée, ensuite la condition physique » — mais le rythme doit être plus lent et l’accent mis davantage sur la qualité du mouvement que sur la distance et la vitesse.
Nageurs d’âge mûr et personnes souffrant de dégénérescence articulaire
Pour les nageurs plus âgés, ou ceux qui présentent déjà des signes de dégénérescence au niveau de l’épaule ou de la colonne cervicale, certains trajets de bras à forte amplitude ou des mouvements de rotation excessive de la tête pour respirer peuvent aggraver l’inconfort. Cette catégorie de nageurs devrait adopter une approche plus prudente lors de l’ajustement de leur technique, en privilégiant avant tout le maintien du confort corporel et la fluidité de la respiration. Si des symptômes tels qu’une douleur accrue à l’épaule ou au cou, des vertiges ou une oppression thoracique apparaissent pendant la nage, il faut immédiatement s’arrêter et envisager de consulter un professionnel de santé. Il ne faut pas forcer l’amplitude articulaire au-delà de ses limites pour rechercher une technique « parfaite selon les manuels ».
Application à long terme de la pensée de la résistance dans les plans d’entraînement
Le contrôle de la résistance n’est pas une compétence que l’on acquiert une fois pour toutes, mais un fondamental qui doit être continuellement revu et affiné tout au long de la carrière de nageur. Avec l’augmentation du volume d’entraînement et l’amélioration de la condition physique, la fréquence de nage et la puissance du nageur augmentent naturellement. Cependant, si l’on ne revient pas régulièrement sur sa posture corporelle, les problèmes de résistance sont souvent « masqués par la force brute » après l’amélioration de la condition physique, sans que l’on s’en rende compte, jusqu’à ce que l’on atteigne un plateau de progression et que l’on découvre que le problème fondamental existait en réalité depuis le début.
Il est recommandé aux nageurs, même s’ils nagent depuis un certain temps et que leurs performances progressent régulièrement, de refaire périodiquement (par exemple à chaque cycle d’entraînement) un test de glisse après poussée murale et une analyse vidéo, en considérant le contrôle de la résistance comme une capacité fondamentale nécessitant un entretien à long terme, et non comme un sujet d’introduction réservé aux débutants. Pour les triathlètes qui s’entraînent également en cyclisme et en course à pied, la natation est souvent la discipline avec le plus haut niveau d’exigence technique et celle dont les fondamentaux sont les plus facilement négligés. Intégrer la pensée de la résistance comme une habitude d’entraînement sera la base la plus stable pour une progression à long terme.
Lectures complémentaires
- Introduction à la biomécanique de la natation : les trois types de résistance et chaque watt que vous pouvez économiser
- La science de la résistance de l’eau en natation : comment une position profilée réduit la traînée
- Analyse de la résistance en natation : résistance de vague, résistance de frottement et résistance de forme
- Hydrodynamique de la natation : pourquoi la position du corps est plus importante que le mouvement des bras
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