Guide complet du cyclisme sous la pluie : la physique des distances de freinage, la visibilité et le choix de l'équipement
Le plus grand risque de rouler sous la pluie : votre système de freinage n’a pas changé, mais la route, si
Taïwan est située dans la zone de mousson et de pluies de prunier. Rouler sous la pluie est une situation quasi inévitable au quotidien, qu’il s’agisse d’une averse soudaine sur le trajet domicile-travail ou de routes détrempées pendant plusieurs jours durant la saison des pluies de prunier. Tout cela met à l’épreuve la compréhension qu’a le cycliste des risques liés à la pratique sous la pluie. La réaction instinctive de la plupart des gens face à la conduite sous la pluie est de « faire attention et rouler moins vite ». Mais sans comprendre les principes physiques sous-jacents, « faire attention » reste souvent une vague recommandation mentale qui ne se traduit pas par des actions concrètes, plutôt qu’un ajustement opérationnel précis et exécutable. Cet article part des mécanismes physiques les plus fondamentaux pour expliquer ce qui change réellement lorsque l’on roule sous la pluie, puis en déduit des mesures concrètes et applicables, afin que « faire attention » ait un contenu clair auquel se référer.
Beaucoup de cyclistes expérimentés s’appuient en réalité sur l’intuition accumulée au fil de nombreuses sorties sous la pluie, sachant où l’on risque de déraper et où il faut freiner plus tôt. Mais cette intuition empirique ne couvre pas nécessairement toutes les situations, surtout pour ceux qui commencent tout juste à faire du vélo pour se rendre au travail, ou dont l’itinéraire change fréquemment. La vitesse à laquelle l’expérience s’accumule peut ne pas suivre le rythme des combinaisons de risques réellement rencontrées. Comprendre les principes physiques sous-jacents permet au cycliste, face à un « itinéraire jamais emprunté » ou à une « combinaison météorologique rencontrée pour la première fois », de disposer d’une logique de jugement applicable, plutôt que de dépendre entièrement de la chance d’avoir déjà vécu une situation similaire par le passé.
La physique de la distance de freinage : la friction est la seule source de freinage
Le système de freinage d’un vélo (qu’il s’agisse des freins traditionnels sur jante ou des freins à disque) fonctionne en convertissant l’énergie cinétique de rotation de la roue en chaleur, dissipée par la friction entre les plaquettes et la jante ou le disque. Mais ce qui fait réellement ralentir et arrêter le vélo, ce n’est pas tant le système de freinage lui-même que la friction entre le pneu et la surface de la route — le système de freinage peut ralentir, voire bloquer la roue, mais si l’adhérence entre le pneu et la route est insuffisante, le pneu dérapera sur la surface lorsque la roue se bloque, et l’efficacité réelle du freinage s’en trouvera réduite. C’est aussi pour cela que « freiner plus fort » ne signifie pas « s’arrêter plus vite ».
Pour simplifier avec une formule physique, la distance de freinage peut être décrite approximativement par la relation suivante :
Distance de freinage ≈ Vitesse au carré ÷ (2 × coefficient de friction × accélération gravitationnelle)
Cette formule comporte plusieurs points importants à noter : premièrement, l’influence de la vitesse est une « relation quadratique », ce qui signifie que si la vitesse double, la distance de freinage théorique quadruple. C’est aussi pour cela qu’un léger excès de vitesse à vélo ne représente pas un risque « légèrement plus grand » mais « nettement amplifié ». Deuxièmement, le coefficient de friction (généralement représenté par la lettre grecque μ) est l’autre variable clé déterminant la distance de freinage. Ce coefficient varie considérablement en fonction de l’état des pneus, du matériau de la surface et de l’humidité de celle-ci — c’est précisément la source principale du risque lié à la conduite sous la pluie.
Chiffres estimés pour comprendre de combien la distance de freinage s’allonge sous la pluie
Les chiffres ci-dessous sont des estimations basées sur la formule physique susmentionnée, combinée aux fourchettes approximatives de coefficients de friction couramment citées pour les pneus de vélo sur surfaces sèches et humides. L’objectif est de montrer « l’ordre de grandeur des variations relatives », et non des chiffres absolus précis au centième près — le coefficient de friction réel varie considérablement selon la sculpture du pneu, le composé de caoutchouc, le matériau de la surface (asphalte, béton, degré de vieillissement du revêtement), la présence de feuilles mortes ou de taches d’huile, etc. Il convient d’adopter une approche prudente dans chaque situation particulière :
| Vitesse | Distance de freinage sur sol sec (estimation) | Distance de freinage sur sol humide (estimation) | Facteur d’allongement |
|---|---|---|---|
| 20 km/h | Environ 2,2 mètres | Environ 3,9 mètres | Environ 1,75 fois |
| 25 km/h | Environ 3,5 mètres | Environ 6,1 mètres | Environ 1,75 fois |
| 30 km/h | Environ 5,1 mètres | Environ 8,8 mètres | Environ 1,75 fois |
| 35 km/h | Environ 6,9 mètres | Environ 12,0 mètres | Environ 1,75 fois |
| 40 km/h | Environ 9,0 mètres | Environ 15,7 mètres | Environ 1,75 fois |
(Hypothèses de calcul : coefficient de friction d’environ 0,7 sur sol sec, d’environ 0,4 sur sol humide standard. Il s’agit uniquement de bases d’estimation à titre indicatif ; les écarts réels peuvent être plus importants, en particulier avec des pneus vieillis ou sur des surfaces avec de l’huile moteur, des feuilles mortes ou des marquages en tôle, où le coefficient de friction peut encore chuter nettement.)
Le message clé de ce tableau est le suivant : à vitesse égale, la distance de freinage réelle sous la pluie peut être d’une fois et demie à près de deux fois celle sur sol sec. Et encore, il ne s’agit que de la distance « une fois que le système de freinage a commencé à agir », sans compter le temps de réaction du cycliste « entre la perception du danger et le moment où les doigts actionnent réellement le levier de frein ».
La distance de réaction : l’autre moitié souvent négligée
La « distance totale nécessaire pour s’arrêter » comprend, outre la distance de freinage évoquée ci-dessus, la distance de réaction du cycliste — c’est-à-dire la distance parcourue par le vélo à sa vitesse initiale pendant le temps écoulé entre la perception visuelle du danger, le traitement par le cerveau et le début de l’action effective de freinage par les doigts. La fourchette de temps de réaction couramment citée se situe entre une seconde et une seconde et demie environ (variable selon les individus et le niveau de concentration du moment ; la fatigue, la distraction et une mauvaise visibilité allongent ce temps). Le tableau suivant illustre l’ordre de grandeur de la distance de réaction :
| Vitesse | Distance de réaction pour un temps de réaction de 1,0 s | Distance de réaction pour un temps de réaction de 1,5 s |
|---|---|---|
| 20 km/h | Environ 5,6 mètres | Environ 8,3 mètres |
| 25 km/h | Environ 6,9 mètres | Environ 10,4 mètres |
| 30 km/h | Environ 8,3 mètres | Environ 12,5 mètres |
| 35 km/h | Environ 9,7 mètres | Environ 14,6 mètres |
| 40 km/h | Environ 11,1 mètres | Environ 16,7 mètres |
En additionnant la distance de réaction et la distance de freinage, on constate qu’à 30 km/h, dans des conditions de pluie où la visibilité et l’attention peuvent être affectées, la distance totale entre la perception du danger et l’arrêt complet dépasse très probablement 20 mètres — un chiffre bien supérieur à l’estimation intuitive de la plupart des cyclistes, et la raison fondamentale pour laquelle il faut anticiper, juger les conditions de la route plus tôt et maintenir une plus grande distance de sécurité sous la pluie.
Problèmes de visibilité sous la pluie : bien plus qu’une simple question de « ne pas bien voir »
Outre la distance de freinage, les risques liés à la visibilité sous la pluie sont multiples :
- Les gouttes de pluie masquent la vision : lorsque la pluie est forte, les gouttes frappent directement le visage et les lunettes (si portées), rendant le champ de vision flou, particulièrement en roulant face au vent.
- Reflets sur la chaussée et éclaboussures : une surface mouillée, éclairée par une source lumineuse (phares de vélo, lampadaires, phares des véhicules venant en sens inverse), produit facilement des reflets qui perturbent la lecture de l’état de la route, des nids-de-poule et des marquages ; les éclaboussures soulevées par le véhicule précédent ou les poids lourds traversant des zones inondées peuvent aussi masquer instantanément la vision du cycliste qui suit.
- Visibilité réduite affectant la détection mutuelle : la lumière ambiante est généralement plus sombre sous la pluie. De plus, certains conducteurs augmentent leur prudence défensive sous la pluie, tandis que d’autres, au contraire, cherchent à passer au plus vite et réduisent leur attention envers les usagers vulnérables environnants. Le cycliste doit donc, sous la pluie, augmenter proactivement sa propre visibilité (par exemple en utilisant ses éclairages, en portant des équipements à éléments réfléchissants), plutôt que de dépendre passivement de l’attention des autres usagers.
- Buée et gouttelettes sur les verres : les cyclistes portant des lunettes de vue ou des lunettes de soleil rencontrent facilement des problèmes de buée ou de gouttelettes sur les verres, déformant le champ de vision. Cette interférence visuelle est souvent progressive, et le cycliste peut voir, sans s’en rendre compte, ses capacités réelles de réaction et de jugement déjà compromises.
Autres sources de risque sur chaussée mouillée : ce n’est pas qu’une simple question d’« humidité »
Outre la baisse globale du coefficient de friction, la route sous la pluie présente plusieurs points de risque locaux particulièrement dangereux. Même si la surface semble globalement sans eau stagnante visible, la friction peut y être bien inférieure à celle d’un asphalte standard :
| Type de surface à haut risque | Raison du risque |
|---|---|
| Marquages blancs ou jaunes, passages piétons | La peinture, une fois mouillée, présente un coefficient de friction nettement inférieur à celui de l’asphalte standard ; risque de dérapage particulièrement élevé en virage ou au freinage |
| Regards de visite, plaques métalliques, grilles d’évacuation | La friction sur les surfaces métalliques mouillées est extrêmement faible ; c’est l’une des causes fréquentes de chute à vélo sous la pluie |
| Les dix à quinze premières minutes de pluie | Les taches d’huile et la poussière accumulées sur la route ne sont pas encore lessivées par la pluie, formant un film glissant ; la friction peut alors être encore plus faible qu’après une pluie prolongée |
| Sections couvertes de feuilles mortes (zones d’arbres d’alignement denses) | Les feuilles mortes humides sont en elles-mêmes un matériau à faible friction ; elles sont facilement confondues avec une simple saleté de la route |
| Joints de dilatation des ponts et plaques d’acier des passerelles | Les structures métalliques mouillées sont aussi glissantes que les regards, et se rencontrent souvent sur des sections de pont où la vitesse est plus élevée |
| Entrées et sorties de tunnels et de passages souterrains | Fort contraste de lumière, surface pouvant être localement glissante en raison d’infiltrations structurelles ; double risque cumulé de visibilité et de friction |
Une attention particulière doit être portée aux dix à quinze premières minutes de pluie : le coefficient de friction de la route peut y être plus faible qu’après une pluie prolongée. En effet, l’huile moteur, les résidus de gomme de pneus et la poussière accumulés sur la route depuis longtemps, lessivés au début de la pluie, se mélangent à l’eau pour former un film. La friction de ce film est souvent pire que celle d’un asphalte simplement mouillé — c’est un moment où de nombreux cyclistes sous-estiment le risque.
Choix de l’équipement sous la pluie : des pneus à la visibilité
Face aux risques susmentionnés, plusieurs axes d’équipement permettent de réduire concrètement les risques :
- Sculpture des pneus et pression : sous la pluie, il n’est pas recommandé de gonfler les pneus à la pression maximale habituelle sur sol sec. Réduire modérément la pression augmente la surface de contact du pneu avec la route, contribuant à améliorer l’adhérence. Cependant, la réduction doit trouver un équilibre entre le risque de crevaison et l’adhérence ; une pression trop basse peut aussi augmenter le risque de crevaison par pincement (serpent). Il est recommandé de choisir une valeur dans la fourchette basse, mais toujours dans la plage indiquée par le fabricant du pneu.
- État des plaquettes de frein : la pluie est une épreuve supplémentaire pour l’usure et l’efficacité des plaquettes. Avant de partir, il est recommandé de vérifier que l’épaisseur des plaquettes est encore dans la plage de sécurité. Les freins à disque ont généralement de meilleures performances sous la pluie que les freins sur jante traditionnels (le disque est moins sujet à la réduction de la morsure initiale due à l’eau accumulée sur la jante). Si vous roulez souvent sous la pluie, intégrez ce critère dans le choix du système de freinage et la fréquence d’entretien.
- Équipements de visibilité : feu avant, feu arrière (il est recommandé de choisir un mode clignotant intermittent, plus facilement remarqué en cas de mauvaise visibilité), gilet ou bandes réfléchissantes sont des moyens peu coûteux d’augmenter nettement votre visibilité sous la pluie. Par temps de pluie diurne avec mauvaise visibilité, il est également recommandé d’allumer les éclairages, pas seulement la nuit.
- Gants avec drainage et antidérapants : des mains mouillées affectent la précision de manipulation des leviers de frein et des commandes de vitesse. Des gants avec rainures de drainage ou matériaux antidérapants réduisent le risque d’erreur de manipulation.
- Équilibre entre imperméabilité et isolation thermique des vêtements : lors d’une longue sortie sous la pluie, sans couche extérieure imperméable adéquate, la température corporelle ressentie peut chuter plus vite que prévu, affectant la dextérité des doigts et la vitesse de réaction, et donc indirectement la sécurité de pilotage. Une veste imperméable et respirante est l’équipement de base pour les longues distances sous la pluie.
Ajustements concrets de la conduite sous la pluie
Une fois les mécanismes physiques et les risques susmentionnés compris, les ajustements concrets de conduite peuvent être résumés comme suit :
- Freiner plus tôt, avec des pressions légères et progressives : puisque la somme de la distance de réaction et de la distance de freinage allongée augmente nettement, il faut commencer à décélérer plus tôt que d’habitude lors du suivi d’un véhicule, à l’approche des intersections et des virages, et adopter un freinage progressif, par touches successives, plutôt qu’un freinage brusque de dernière minute, afin d’éviter le blocage des roues et le dérapage.
- Terminer la décélération avant d’entrer dans le virage : sur sol sec, certains cyclistes ont l’habitude de freiner en entrant dans le virage pour ajuster leur vitesse. Sous la pluie, ce style de conduite présente un risque nettement accru. Il est recommandé d’effectuer l’essentiel de la décélération sur la ligne droite avant le virage, afin de minimiser la charge combinée de freinage et de direction pendant le virage.
- Éviter activement les marquages à haut risque : lors de la planification de la trajectoire, évitez consciemment de tourner ou de freiner au moment précis où vous passez sur des marquages au sol, des regards ou des plaques métalliques. Même si cela implique de légers détours, c’est plus sûr que de risquer de virer sur une surface à faible coefficient de friction.
- Maintenir des distances de suivi et de dépassement plus grandes : sous la pluie, la visibilité et la distance de freinage étant affectées, les distances de sécurité avec le véhicule précédent et avec les autres usagers doivent être plus généreuses que sur sol sec.
- Être attentif au risque combiné des éclaboussures et des rafales latérales au passage des poids lourds : sous la pluie, au passage d’un poids lourd, outre l’effet de rafale latérale, s’ajoutent les éclaboussures qui masquent instantanément la vision. Ce risque combiné nécessite une vigilance accrue sous la pluie, en augmentant modérément l’espace latéral avec les véhicules lourds.
Risques spécifiques sous la pluie sur les pistes cyclables riveraines et les itinéraires de banlieue
Les deux types d’itinéraires les plus utilisés quotidiennement par les cyclistes taïwanais — les pistes cyclables riveraines et les routes de banlieue — présentent chacun des types de risques supplémentaires à surveiller sous la pluie, et méritent d’être traités séparément.
Pistes cyclables riveraines : la plupart des pistes riveraines sont en asphalte ou en béton, avec des systèmes de drainage variant selon l’ancienneté des sections. Certaines sections sont sujettes à des accumulations d’eau localisées lors de fortes pluies, rendant invisibles d’éventuels nids-de-poule ou dégradations de la surface sous l’eau. Les pistes riveraines sont généralement proches de digues, de buissons et d’arbres d’alignement, avec une probabilité plus élevée que sur les routes urbaines de voir des feuilles mortes et de la boue être lessivées sur la piste. De plus, la vue dégagée sur les pistes riveraines peut facilement donner au cycliste l’illusion que « comme il y a peu de monde, on peut rouler plus vite ». Mais une vue dégagée ne signifie pas une meilleure friction de la surface ; les principes physiques d’allongement de la distance de freinage s’appliquent également sur les pistes riveraines, et même davantage : certaines sections riveraines étant moins éclairées, le risque de visibilité est plus élevé en fin de journée ou par temps de pluie avec une lumière insuffisante.
Routes de banlieue : les routes urbaines ont un trafic dense, de nombreuses intersections, des feux et des flux piétons complexes. Sous la pluie, en plus de la baisse de friction de la surface, il faut gérer une densité d’interactions plus élevée avec les voitures, les deux-roues motorisés et les piétons. La densité de regards, de vestiges de rails de tramway et de plaques de chantier est également bien plus élevée que sur les pistes riveraines. De plus, les véhicules tournant aux intersections, avec une visibilité réduite sous la pluie, peuvent porter encore moins d’attention aux usagers à deux roues. Les cyclistes urbains doivent donc, sous la pluie, accroître leur visibilité et leur prévisibilité (par exemple en signalant leurs changements de direction à l’avance, en évitant les changements de voie soudains et imprévisibles sous la pluie).
Le tableau suivant résume les différences de risques clés sous la pluie entre les deux types d’itinéraires :
| Type d’itinéraire | Principaux risques sous la pluie | Mesures recommandées |
|---|---|---|
| Pistes cyclables riveraines | Accumulations d’eau localisées masquant les nids-de-poule, accumulation de feuilles mortes et de boue, éclairage insuffisant sur certaines sections | Réduire la vitesse sur les sections à mauvaise visibilité ou faible éclairage, éviter de rouler au bord des flaques |
| Routes de banlieue | Trafic complexe aux intersections, surfaces métalliques et plaques de chantier denses, attention dispersée des conducteurs | Augmenter sa propre visibilité, signaler ses changements de direction à l’avance, décélérer tôt aux intersections et vérifier le trafic environnant |
Vérifications avant départ et préparation mentale pour rouler sous la pluie
Outre les ajustements d’équipement, les habitudes de vérification avant le départ sont tout aussi importantes. Voici quelques recommandations à exécuter avant une sortie sous la pluie ou lorsque la pluie est prévue :
- Vérifier que les sur-chaussures ou couvre-chaussures imperméables sont prêts : des pieds trempés pendant longtemps affectent non seulement le confort, mais peuvent aussi, par glissement, compromettre le contact stable avec les pédales automatiques ou les pédales plates.
- Vérifier la charge des éclairages : la lumière ambiante étant déjà faible sous la pluie, si un éclairage s’éteint en cours de route par manque de batterie, le risque augmente considérablement. Il est recommandé de vérifier que les éclairages sont suffisamment chargés avant de partir sous la pluie, et d’envisager d’emporter une source d’alimentation de secours.
- Planifier un itinéraire de secours et une marge de temps : la vitesse de déplacement sous la pluie est généralement plus lente que sur sol sec. Prévoyez une marge de temps dans votre planification avant le départ, afin d’éviter d’être contraint, par manque de temps, de traverser des sections à haut risque à une vitesse dangereuse.
- Ajuster ses attentes mentales et accepter que « rouler plus lentement est normal » : de nombreux accidents à vélo ne surviennent pas parce que le cycliste ne sait pas qu’il faut faire attention, mais parce que mentalement, il roule encore au rythme et à la vitesse du sol sec, créant un décalage entre les sensations corporelles et l’état réel de la route. Se rappeler avant de partir que « l’allure raisonnable d’aujourd’hui sera plus lente que d’habitude » réduit efficacement le risque de réaction trop tardive due à ce décalage de rythme.
- Protection contre l’eau pour le téléphone et les appareils de navigation : si vous devez vous fier à la navigation sous la pluie, assurez-vous que le téléphone ou le compteur est correctement protégé contre l’eau, afin d’éviter d’être distrait en cours de route par une panne d’appareil — la distraction étant précisément le risque supplémentaire le plus à éviter sous la pluie.
Clarification des idées reçues courantes
Idée reçue n°1 : « Les freins à disque ne sont pas du tout affectés sous la pluie ». Les freins à disque ont effectivement un avantage sous la pluie par rapport aux freins sur jante traditionnels (la morsure initiale est moins affectée par l’eau). Mais cela ne signifie pas que le système de freinage à disque est totalement insensible à la baisse de friction de la route — quel que soit le système de freinage, la distance de freinage réelle dépend toujours de la friction entre le pneu et la surface. Les freins à disque rendent simplement les performances « côté système de freinage » plus stables ; ils ne peuvent pas compenser l’allongement de la distance dû à la baisse de friction « côté surface ».
Idée reçue n°2 : « Plus la pression des pneus est basse, meilleure est l’adhérence sous la pluie ». Réduire modérément la pression contribue effectivement à augmenter la surface de contact. Mais une pression plus basse n’est pas synonyme de plus grande sécurité : une pression trop basse augmente la déformation du pneu, accroissant le risque de crevaison par pincement (serpent) lors du passage sur des nids-de-poule ou des rebords, et peut aussi affecter la précision de pilotage. L’ajustement de la pression doit se faire dans la fourchette recommandée par le fabricant du pneu, avec une réduction raisonnable, et non une diminution sans limite.
Idée reçue n°3 : « Il suffit de rouler un peu moins vite pour que le risque sous la pluie soit équivalent à celui sur sol sec ». Réduire la vitesse raccourcit effectivement la distance de freinage (n’oubliez pas la relation quadratique : les bénéfices de la réduction de vitesse sont très significatifs). Mais la mauvaise visibilité, les points de glissance localisés et les changements de comportement des autres usagers ne disparaissent pas parce que le cycliste ralentit. Rouler moins vite est une condition nécessaire, mais pas suffisante ; il faut également combiner la lecture de l’itinéraire et les ajustements d’équipement mentionnés précédemment.
Signes d’alerte médicale et rappels de sécurité
En cas de chute sous la pluie, même si la blessure semble légère sur le moment, il est recommandé de surveiller les situations suivantes et de consulter un médecin pour évaluation le cas échéant : impact direct ou indirect à la tête (même avec un casque), perte de conscience brève ou perte de mémoire partielle, plaie avec corps étranger visible ou lacération profonde, douleur intense ou incapacité à supporter le poids lors du mouvement d’une articulation, apparition ultérieure de maux de tête croissants ou de nausées. Après un impact violent, même si le casque semble intact extérieurement, la mousse interne peut avoir perdu son efficacité de protection ; il est recommandé de le remplacer. Cet article fournit des explications générales sur la sécurité à vélo et les principes physiques ; il ne remplace pas une évaluation médicale professionnelle. En cas de doute sur une blessure, consultez rapidement un médecin.
Points clés à retenir
- La distance de freinage est proportionnelle au carré de la vitesse ; sous la pluie, la baisse du coefficient de friction de la route allonge nettement la distance de freinage réelle, estimée grossièrement à au moins une fois et demie celle du sol sec, sans compter la distance de réaction qui s’y ajoute.
- Les marquages blancs, les regards, les plaques métalliques, les feuilles mortes et les entrées de tunnels sont des points de risque locaux particulièrement glissants sous la pluie ; restez vigilant même si la surface semble globalement normale.
- Durant les dix à quinze premières minutes de pluie, le mélange d’huile et de saletés avec l’eau de pluie peut rendre la friction encore plus mauvaise qu’après une pluie prolongée ; ne relâchez pas votre vigilance parce que « la pluie vient à peine de commencer ».
- Réduire la pression des pneus, vérifier l’état des plaquettes de frein, renforcer les éclairages et les équipements réfléchissants, choisir des gants à drainage et une couche extérieure imperméable sont les axes centraux des ajustements d’équipement pour rouler sous la pluie.
- Freiner plus tôt, terminer la décélération avant le virage, éviter les marquages à haut risque et augmenter les distances de suivi sont les ajustements de conduite les plus concrets et exécutables pour faire face aux risques de la pluie.
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