Journée de mauvaise qualité de l'air : s'entraîner ou pas ? Décidez selon le « type de séance » plutôt que selon les feux rouge/orange
Le problème que cet article veut résoudre : au-delà du feu AQI, la variable encore plus facile à ignorer
L’impact de la qualité de l’air sur le sport en extérieur fait déjà l’objet de nombreuses ressources en ligne : critères de lecture de l’AQI, mécanismes généraux des effets du PM2.5 sur les voies respiratoires et le système cardiovasculaire, ainsi que des recommandations d’action selon les niveaux. Ces contenus s’articulent principalement autour du principe « selon la couleur du feu aujourd’hui, voici les recommandations d’exercice ». Cet article n’a pas l’intention de répéter cette logique de lecture déjà largement diffusée, mais souhaite plutôt se concentrer sur une variable souvent négligée mais tout aussi importante : pour un même niveau de qualité de l’air, l’intensité d’entraînement que vous aviez prévue rend le niveau de risque complètement différent.
La logique derrière cette affirmation est intuitive, mais rarement explicitement décomposée : l’exposition réelle du corps humain à la pollution de l’air ne dépend pas uniquement de la concentration des polluants dans l’air, mais aussi de la « quantité totale inhalée » dans cet environnement pollué — et cette quantité totale dépend à son tour de la profondeur et de la fréquence de la respiration. Lors d’un pédalage tranquille, la fréquence et la profondeur respiratoires sont proches du niveau quotidien, et le risque marginal d’exposition est relativement limité. En revanche, lors d’intervalles ou de pédalage à haute intensité prolongé, le volume de ventilation peut atteindre plus de dix fois celui de l’état de repos. De plus, en haute intensité, la respiration buccale tend à remplacer la respiration nasale, contournant ainsi une partie des fonctions de filtration et d’humidification du nez, permettant à davantage de polluants d’atteindre directement les voies respiratoires inférieures. Cela signifie : dans un même environnement classé en feu orange, une sortie de récupération tranquille et une séance d’intervalles à fond présentent des niveaux de risque d’exposition potentiellement très différents, et ne peuvent pas être traitées avec la même décision binaire « peut-on s’entraîner aujourd’hui ou non ».
Recadrer la décision par « type de séance » plutôt que par la seule couleur du feu
En croisant le type de séance avec la situation de la qualité de l’air, on obtient un cadre décisionnel plus fin et plus proche des besoins réels d’entraînement qu’un simple regard sur le feu. Voici un tableau de tendances décisionnelles basé sur les classifications courantes d’intensité d’entraînement, associées aux niveaux de qualité de l’air (en reprenant les classifications générales usuelles : bon / modéré, malsain pour les groupes sensibles, malsain pour tous les groupes, très malsain et au-delà) :
| Type de séance | Caractéristiques de ventilation et d’exposition | Air modéré à malsain pour les groupes sensibles | Air malsain pour tous les groupes et au-delà |
|---|---|---|---|
| Récupération très tranquille, déplacement utilitaire | Ventilation proche du quotidien, risque marginal d’exposition relativement faible | La plupart des adultes en bonne santé peuvent maintenir le plan initial | Recommandation : passer à l’intérieur ou réduire le temps en extérieur |
| Endurance aérobie d’intensité modérée (pédalage conversationnel) | Ventilation nettement augmentée, proportion de respiration buccale en hausse | La plupart des adultes en bonne santé peuvent s’adapter selon leur état ; les groupes sensibles devraient réduire l’intensité ou passer à l’intérieur | Recommandation : passer à l’entraînement en intérieur |
| Endurance longue distance (plus de deux heures) | Temps d’exposition cumulé long ; même si l’intensité horaire n’est pas la plus élevée, l’exposition totale reste considérable | Recommandation : réduire la distance ou fractionner la sortie, surveiller attentivement les signaux du corps | Recommandation : passer à l’intérieur ou réduire fortement le temps |
| Intervalles à haute intensité, sprints, répétitions de montée | Ventilation maximale, proportion de respiration buccale la plus élevée, exposition la plus concentrée | Recommandation : réduire à une intensité faible ou modérée, ou reporter jusqu’à amélioration de l’air | Recommandation forte : reporter et passer à l’entraînement en intérieur |
Le point clé que ce tableau veut souligner est le suivant : « s’entraîner ou non aujourd’hui » ne devrait pas être la seule dimension décisionnelle ; « à quelle intensité s’entraîner aujourd’hui » est tout aussi important. Beaucoup de gens ne voient que deux options face à un feu orange : « s’entraîner » ou « ne pas s’entraîner ». Mais une approche plus fine consiste à transformer temporairement la séance d’intervalles à haute intensité prévue en une sortie aérobie à intensité faible ou modérée, ou à la déplacer directement sur le home-trainer. Ainsi, on ne sacrifie pas complètement la continuité de l’entraînement du jour, tout en réduisant concrètement le risque d’exposition.
Pourquoi l’intensité est la variable clé : à partir du changement de mode respiratoire
Au repos, la respiration humaine est principalement nasale. Les poils et les muqueuses nasales offrent une certaine capacité de filtration et de régulation, interceptant une partie des particules en suspension les plus grosses et assurant un premier réchauffement et une première humidification de l’air inspiré. À mesure que l’intensité de l’effort augmente, les besoins en oxygène du corps augmentent et la respiration bascule naturellement vers une respiration mixte bouche-nez, voire principalement buccale. Cette transition se produit généralement à partir d’une intensité modérée, car la section transversale des voies nasales seules ne suffit plus à assurer le volume de ventilation requis par un effort intense.
La respiration buccale contourne le mécanisme de filtration nasale, permettant à l’air inspiré (ainsi qu’aux polluants en suspension qu’il contient) d’atteindre plus directement le pharynx, la trachée et les voies respiratoires inférieures. Combiné à l’augmentation simultanée de la fréquence respiratoire et du volume courant (quantité d’air entrant et sortant à chaque respiration) en haute intensité, ces deux facteurs se cumulent pour rendre la quantité totale de polluants inhalés en haute intensité bien supérieure à celle de l’état de repos. C’est également pourquoi de nombreuses institutions internationales de médecine du sport et de santé publique émettent des recommandations plus conservatrices spécifiquement pour les « activités de plein air à haute intensité » dans leurs conseils sur la pollution de l’air, plutôt que de traiter toutes les intensités d’activité de la même manière.
Il convient de noter que ce mécanisme est un principe physiologique généralement reconnu (bascule du mode respiratoire selon l’intensité, respiration buccale contournant la filtration nasale), mais que l’impact réel des polluants sur la santé individuelle varie considérablement selon l’état de santé de base de chacun, la présence d’asthme ou de maladies respiratoires chroniques, les antécédents cardiovasculaires, ainsi que le type et la concentration des polluants présents. Cet article ne fournit pas de quantification précise des multiples de risque ou des relations dose-réponse.
Menus concrets de séances de remplacement pour trois scénarios de qualité de l’air
Plutôt que de donner uniquement des conseils abstraits sur « faut-il s’entraîner ou non », voici directement des pistes de séances de remplacement applicables, afin que les cyclistes ayant planifié un entraînement disposent d’options concrètes et exécutables lors des journées de mauvaise qualité de l’air.
Scénario 1 : air médiocre, mais n’atteignant pas le niveau malsain pour tous les groupes
Dans cette plage, une partie des activités extérieures peut généralement être maintenue, mais il est recommandé de déplacer les séances à haute intensité prévues vers l’intérieur, en ne conservant à l’extérieur que les parties à faible intensité :
| Séance initialement prévue | Ajustement recommandé |
|---|---|
| Intervalles en extérieur ou répétitions de montée | Déplacer les intervalles sur home-trainer ou en cours de spinning ; ne garder à l’extérieur que l’échauffement ou le retour au calme |
| Sortie endurance longue distance en extérieur | Réduire la distance en extérieur, passer à une intensité faible à modérée en extérieur et compléter le temps restant en intérieur |
| Sortie de récupération tranquille en extérieur | Dans la plupart des cas, maintenir le plan initial, en surveillant les éventuelles réactions respiratoires sensibles |
Scénario 2 : air au niveau malsain pour tous les groupes
Dans cette plage, il est recommandé de réduire fortement les activités extérieures à haute intensité et de déplacer le centre de gravité de l’entraînement vers l’intérieur :
| Objectif d’entraînement | Alternative en intérieur |
|---|---|
| Maintenir la base aérobie | Home-trainer avec vidéos d’entraînement structurées ou plans de puissance, croisière à intensité modérée de 60 à 90 minutes |
| Maintenir le stimulus à haute intensité | Séance d’intervalles sur home-trainer (par exemple répétitions d’intervalles courts avec récupération complète) ; la concentration de polluants en intérieur est généralement bien inférieure à celle de l’extérieur |
| Force et gainage | Programmer de la musculation et du renforcement du gainage, en complément du volume hebdomadaire, tout en réduisant la charge supplémentaire sur le système cardiovasculaire |
| Récupération et souplesse | Étirements dynamiques, rouleau de massage, yoga doux ou cours d’étirements, pour maintenir l’habitude d’activité physique mais à très faible intensité |
Scénario 3 : air au niveau très malsain et au-delà
À ce niveau, aucune activité physique d’intensité modérée à élevée en extérieur n’est recommandée. Le centre de gravité de l’entraînement doit être entièrement déplacé à l’intérieur, avec une attention particulière aux éventuels signes d’inconfort respiratoire :
| Objectif d’entraînement | Alternative en intérieur |
|---|---|
| Maintenir la continuité de l’entraînement | Pédalage à intensité faible à modérée sur home-trainer, en évitant les intervalles à haute intensité qui génèrent un volume de ventilation élevé (même en intérieur, si l’espace est mal ventilé ou si les polluants extérieurs s’infiltrent, il est recommandé de choisir un espace mieux clos et équipé de systèmes de purification de l’air) |
| Adaptation psychologique | Considérer ces journées comme une opportunité planifiée de récupération ou de cross-training, plutôt que comme une perte d’entraînement ; un plan d’entraînement à long terme doit de toute façon conserver une flexibilité pour faire face aux facteurs environnementaux incontrôlables |
| Surveillance corporelle | Être attentif à l’apparition de symptômes tels que toux, irritation de la gorge, oppression thoracique ; même à l’intérieur, si une exposition extérieure significative a eu lieu récemment, il est recommandé de poursuivre l’observation |
L’environnement intérieur n’est pas non plus sans risque : quelques détails souvent négligés
Déplacer l’entraînement à l’intérieur réduit considérablement l’exposition aux polluants dans la plupart des cas, mais « l’intérieur » ne signifie pas « sécurité absolue ». Voici quelques points de vigilance qui méritent l’attention :
- Le degré de ventilation et d’étanchéité de l’espace intérieur : si les fenêtres de l’espace d’entraînement restent ouvertes longtemps, ou si l’espace est mal ventilé mais en échange d’air fréquent avec l’extérieur (par exemple un balcon ou un garage proche d’une route), les polluants extérieurs peuvent encore s’infiltrer et réduire l’effet protecteur du passage à l’intérieur. Pendant les périodes de mauvaise qualité de l’air, il est recommandé de choisir un espace intérieur mieux étanche, si nécessaire équipé d’un purificateur d’air.
- La superposition de poussières intérieures et d’autres sources de pollution : certains environnements domestiques ou de salle de sport peuvent eux-mêmes présenter d’autres problèmes de qualité de l’air, comme la poussière de moquette, les composés volatils des produits d’entretien, ou des systèmes de ventilation anciens non nettoyés régulièrement. Ces problèmes peuvent passer inaperçus en temps normal, mais lorsque le cycliste augmente fortement son volume respiratoire lors d’un entraînement à haute intensité, ils peuvent tout aussi bien provoquer une irritation des voies respiratoires. Il vaut donc la peine de prêter attention à la qualité de l’air de l’espace d’entraînement lui-même, plutôt que de supposer naïvement que « l’intérieur est forcément plus propre que l’extérieur ».
- L’écart entre la perception de l’effort sur home-trainer et l’intensité réelle : de nombreux cyclistes rapportent qu’en roulant sur home-trainer, l’absence de refroidissement lié au vent extérieur rend la sensation de chaleur plus marquée qu’en extérieur pour une même puissance. Bien que cela ne soit pas directement lié au sujet de la pollution de l’air, cela peut affecter la capacité du cycliste à terminer réellement la séance de remplacement — il est recommandé d’utiliser un ventilateur ou la climatisation pour réduire la charge thermique perçue, afin d’éviter qu’une séance écourtée à cause de la chaleur ne dégrade la qualité de l’entraînement, et que le passage « à l’intérieur » ne soit qu’une formalité avec un rendement réel en baisse.
- Les cyclistes peu expérimentés avec les séances sur home-trainer ou vélo spinning devraient y aller progressivement : un cycliste qui roule exclusivement en extérieur depuis des années et utilise rarement un home-trainer pourrait sous-estimer les défis psychologiques et physiologiques de l’entraînement structuré en intérieur (absence de variation du paysage, absence de refroidissement extérieur, posture fixe plus longue, etc.). Il est recommandé, lorsque la qualité de l’air le permet, d’accumuler d’abord un peu d’expérience en entraînement intérieur, plutôt que de faire sa toute première tentative au moment où la qualité de l’air se dégrade et force la transition — afin de rendre l’adaptation plus facile à mettre en œuvre.
Comparaison avec d’autres alternatives courantes : pourquoi la piscine ou les cours d’aérobic en salle ne conviennent pas à tout le monde
Outre le home-trainer, les alternatives souvent évoquées en cas de mauvaise qualité de l’air incluent la natation, les appareils de cardio en salle de sport (tapis de course, elliptique), les cours d’aérobic collectifs, etc. Chacune de ces options a des contextes où elle est adaptée ou non, et une comparaison simple vaut la peine :
| Alternative | Avantages | Limites à surveiller |
|---|---|---|
| Home-trainer | Le geste est très proche du cyclisme en extérieur, efficacité de transfert maximale, permet de reprendre directement les séances de puissance ou de fréquence cardiaque existantes | Nécessite un home-trainer et l’espace adapté, la sensation de chaleur doit être gérée séparément |
| Piscine | Stimulation aérobie complète du corps, faible impact sur les articulations, bonne option de cross-training | Le geste diffère beaucoup du cyclisme, le transfert direct vers l’endurance spécifique au vélo est limité ; la ventilation et la qualité de l’air de certaines piscines méritent aussi d’être vérifiées |
| Appareils de cardio en salle de sport | Beaucoup de choix d’établissements, faible barrière d’accès à l’équipement | Le geste diffère également du cyclisme, les heures de pointe en salle sont très fréquentées ; si l’on craint les problèmes de circulation d’air, il faut surveiller la ventilation de l’établissement |
| Renforcement musculaire et gainage à domicile | Ne dépend d’aucun établissement spécifique, grande flexibilité d’exécution | Ne remplace pas directement le stimulus cardio-respiratoire aérobie, convient comme complément de volume d’entraînement plutôt que comme alternative principale |
Ce tableau vise à souligner que « bouger, c’est déjà bien » et « remplacer efficacement l’objectif d’entraînement initial » sont deux choses qui ne coïncident pas entièrement. Si l’objectif initial est de maintenir l’économie de pédalage et la capacité de production de puissance spécifiques au vélo de route, le home-trainer sera le choix avec la meilleure efficacité de transfert ; si l’on souhaite simplement maintenir un niveau d’activité de base pendant une période de mauvaise qualité de l’air et éviter une immobilité totale, les autres alternatives ont aussi leur valeur. Tout dépend du stade du cycle d’entraînement où se trouve le cycliste et de ses objectifs initiaux.
Populations particulières et signes d’alerte médicale : il ne faut pas regarder seulement l’intensité de l’entraînement, mais aussi la constitution individuelle
Le cadre de décision ci-dessus, axé sur le type de séance, s’applique aux adultes en bonne santé générale, sans antécédents connus de maladies respiratoires ou cardiovasculaires. Si le cycliste appartient à un groupe sensible — asthme, bronchopneumopathie chronique obstructive, maladie cardiovasculaire, femme enceinte, enfant ou personne âgée — même une activité de faible intensité justifie des critères plus prudents que pour un adulte en bonne santé générale, et il est recommandé de consulter en priorité son médecin traitant pour déterminer la limite d’activité en cas de mauvaise qualité de l’air selon son état de santé. Il ne faut pas se fier uniquement aux recommandations de cet article ou d’autres articles généraux pour décider seul.
Quel que soit le groupe concerné, si les symptômes suivants apparaissent pendant l’effort, ils doivent être considérés comme des signes d’alerte : arrêt immédiat de l’activité et consultation médicale. Essoufflement qui ne se résorbe pas après le repos, douleur ou oppression thoracique, sifflements respiratoires, toux violente persistante, vertiges, cyanose (coloration bleutée) des lèvres ou du lit des ongles. Les personnes ayant des antécédents d’asthme qui disposent d’un inhalateur de secours doivent vérifier qu’elles l’ont sur elles en cas de sortie pendant une période de mauvaise qualité de l’air. Cet article fournit des recommandations générales au niveau de la planification de l’entraînement et ne remplace pas une évaluation médicale professionnelle ; en cas de doute sur son état respiratoire ou cardiovasculaire, il faut consulter un médecin.
Différence de décision entre les cyclistes-commuters et les cyclistes d’entraînement : des objectifs différents, des seuils de tolérance différents
La discussion précédente s’adressait principalement aux cyclistes ayant un « besoin d’entraînement structuré », mais une part considérable des lecteurs de ce site utilise le vélo comme moyen de déplacement quotidien ou utilitaire. La logique de décision de ce groupe face à une mauvaise qualité de l’air n’est pas exactement la même que celle des cyclistes d’entraînement, et mérite d’être examinée séparément.
Pour les cyclistes-commuters, la question « faut-il aller travailler à vélo aujourd’hui ? » n’a souvent pas la même flexibilité que pour un cycliste d’entraînement qui peut reporter ou remplacer sa séance — le trajet domicile-travail a des contraintes rigides de temps et de lieu, difficiles à changer du jour au lendemain. Dans ce contexte, plutôt que de s’inquiéter de « rouler ou ne pas rouler », une approche plus pragmatique consiste à se concentrer sur « comment réduire l’exposition pendant le trajet » : par exemple choisir un itinéraire alternatif avec moins de trafic et une couverture végétale plus dense (les arbres et la végétation ont un certain effet d’adsorption sur les particules fines, bien que l’effet varie selon la densité de la végétation et le type de polluants, sans exagérer la quantification), éviter les tronçons et les horaires où la circulation est la plus dense aux heures de pointe (les gaz d’échappement des véhicules sont l’une des sources importantes de pollution urbaine ; les concentrations locales aux heures et sur les tronçons à fort trafic peuvent dépasser la moyenne régionale), et envisager le port d’un masque offrant une certaine efficacité de filtration pour réduire la quantité inhalée. Ces ajustements ne ramènent pas le risque d’exposition à zéro, mais dans une situation où l’activité en extérieur est difficilement évitable comme le trajet domicile-travail, ce sont des mesures réellement applicables qui réduisent le risque marginal.
Les cyclistes d’entraînement, parce que leur plan d’entraînement a généralement une plus grande flexibilité (report possible, remplacement de l’intensité, passage à l’intérieur), sont mieux placés pour appliquer le cadre « ajuster selon le type de séance » décrit plus haut en cas de mauvaise qualité de l’air, en plaçant la priorité de réduction de l’exposition sur « adapter le contenu de l’entraînement » plutôt que de « s’obstiner à maintenir le plan initial dans un environnement pollué ».
La différence fondamentale entre les deux groupes reflète en réalité un principe courant en gestion des risques : lorsqu’une source de risque est difficile à éviter complètement, l’objectif de gestion doit passer de « éviter l’exposition » à « réduire le degré d’exposition » ; lorsque la source de risque peut être évitée en ajustant le plan, privilégier l’évitement reste l’approche la plus prudente et la plus directe. Les cyclistes-commuters et les cyclistes d’entraînement se situent précisément aux deux extrémités de ce principe. Comprendre cette différence aide chaque groupe à trouver la réponse réellement adaptée à sa situation, plutôt que d’appliquer une même norme qui semble impossible à suivre.
Ajustement d’état d’esprit pour la planification d’entraînement à long terme : considérer la pollution de l’air comme une variable du plan, pas comme un imprévu
Pour les cyclistes qui prennent sérieusement la planification de leur entraînement, les ajustements de plan dus à une mauvaise qualité de l’air devraient être considérés comme une « variable connue » pour laquelle il faut de toute façon prévoir une marge de flexibilité dans le cycle d’entraînement, plutôt que comme une interruption forcée de l’entraînement à chaque occurrence. Pendant les périodes où la qualité de l’air a tendance à se dégrader en automne et en hiver à Taïwan, si le plan d’entraînement annuel du cycliste intègre à l’avance une certaine proportion de contenu en intérieur et de cross-training, l’adaptation sera beaucoup plus fluide lors des épisodes de plusieurs jours consécutifs de mauvaise qualité de l’air, et l’on évitera aussi de s’entêter à réaliser un entraînement extérieur de haute intensité dans des conditions d’air médiocres par simple réticence psychologique à modifier un plan établi.
La logique derrière cet ajustement d’état d’esprit est cohérente avec le principe de planification d’entraînement que de nombreux athlètes d’endurance appliquent face à des facteurs incontrôlables comme la météo, les voyages ou les blessures : la valeur d’un plan d’entraînement ne réside pas dans l’exécution précise du programme, mais dans l’accumulation à long terme du maximum de bénéfices d’entraînement avec des ressources contrôlables limitées. La qualité de l’air n’est qu’une variable environnementale parmi d’autres à intégrer dans ce grand principe. Décider de la réponse en fonction du type de séance permet de mieux concilier continuité de l’entraînement et gestion des risques pour la santé qu’une décision binaire fondée uniquement sur les feux de signalisation.
Points clés
- Le risque lié à la qualité de l’air ne se résume pas au seul indicateur de concentration : l’intensité de l’entraînement est tout aussi déterminante. Plus l’intensité est élevée, plus le volume ventilatoire augmente, plus la proportion de respiration buccale s’accroît, et plus l’exposition s’intensifie.
- Il est recommandé de croiser le « type de séance » avec le « niveau de qualité de l’air » pour prendre vos décisions, plutôt que de recourir à la simple dichotomie « peut-on s’entraîner aujourd’hui ou pas ». Les séances d’intervalles à haute intensité doivent être prioritairement déplacées en intérieur ou reportées lorsque la qualité de l’air est mauvaise.
- Les trois scénarios de qualité de l’air (médiocre à dégradée, malsaine pour tous les groupes, très malsaine et au-delà) disposent chacun d’orientations concrètes de séances de remplacement en intérieur. La continuité de l’entraînement n’a pas à être totalement interrompue en raison des problèmes de qualité de l’air.
- Les groupes sensibles (asthmatiques, personnes atteintes de maladies respiratoires chroniques, de maladies cardiovasculaires, femmes enceintes, enfants, personnes âgées) doivent appliquer des seuils plus prudents que ceux des adultes en bonne santé, et consulter un médecin pour déterminer leur limite d’activité personnalisée.
- En cas de symptômes pendant l’effort tels qu’essoufflement persistant, douleur ou oppression thoracique, sifflements respiratoires, toux violente, vertiges ou cyanose, il faut immédiatement cesser l’activité et consulter un médecin. Cet article ne saurait se substituer à une évaluation médicale professionnelle.
- Considérez la mauvaise qualité de l’air comme une variable connue pour laquelle votre planification d’entraînement doit d’emblée prévoir une marge de flexibilité. En réservant une part aux séances en intérieur et au cross-training dans votre planification à long terme, vous réduirez l’impact psychologique et organisationnel des ajustements de dernière minute.
- La logique d’adaptation diffère entre les cyclistes-commuters et les cyclistes d’entraînement : pour les déplacements domicile-travail, où il est difficile d’éviter totalement l’exposition, l’accent doit être mis sur la réduction de celle-ci (choix d’itinéraire, évitement des heures de pointe, port du masque) ; pour les cyclistes d’entraînement, la priorité est d’ajuster ou de reporter le contenu de la séance afin d’éviter directement le risque.
Lectures complémentaires
- Sport et qualité de l’air : faut-il vraiment s’entraîner les jours de pollution ? Un coach vous explique l’AQI, l’évaluation des risques et les stratégies de protection
- Indice de qualité de l’air et sport en extérieur : le guide de décision AQI à consulter avant de rouler
- Courir sous la pollution : les arbitrages d’entraînement lorsque le PM2.5 atteint les seuils d’alerte
- Monotonie d’entraînement et charge d’entraînement : décoder les signaux d’alerte du surentraînement
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