Tizi n'Tichka, le plus haut col d'Afrique du Nord : la route berbère de Marrakech aux portes du Sahara
À deux mille mètres d’altitude, des deux côtés de la chaussée goudronnée, une fine couche de neige de la nuit précédente subsistait encore, tandis qu’en contrebas dans la vallée, les palmeraies de dattiers de Marrakech ondoyaient dans la chaleur du soleil. Cette expérience de voir simultanément de la neige et de la végétation désertique en une seule journée, peu d’endroits au monde peuvent vous l’offrir, et le col de Tizi n’Tichka en fait partie.
Cette route relie la ville impériale rouge du Maroc, Marrakech, à la porte du sud, Ouarzazate (souvent surnommée « le Hollywood marocain », car de nombreux films de désert sont tournés dans les studios de production voisins), en franchissant la crête principale du Haut Atlas. Pour un cycliste, ce n’est pas simplement une route de montagne, mais une leçon de géographie : vous verrez de vos propres yeux le continent nord-africain passer du climat méditerranéen au paysage des confins du Sahara, et tout cela en pédalant.
Fiche technique de l’itinéraire
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays / Massif | Maroc, Haut Atlas |
| Départ → Arrivée | Périphérie de Marrakech (point de départ courant près d’Ait Ourir) → sommet du col de Tizi n’Tichka |
| Longueur | Environ 55–65 km (selon la définition du point de départ, les données varient considérablement selon les sources) |
| Dénivelé total | Environ 1 500–1 600 m (à partir du pied de la montée) |
| Pente moyenne | Environ 2,5–3 % en moyenne globale, mais des sections continues de 6–8 % sont courantes dans la partie médiane et finale |
| Pente maximale | Peut dépasser 10 % sur certains lacets |
| Altitude départ / arrivée | Départ vers 650–700 m → sommet du col à 2 205 m (le panneau au sommet a historiquement indiqué 2 260 m, les deux chiffres étant cités dans la littérature) |
| Source de notoriété | Point culminant du réseau routier nord-africain ; section centrale de la route nationale N9 marocaine ; point de rencontre entre les anciennes caravanes et le génie militaire de l’époque coloniale française |
Note sur la rigueur des données : les bornes kilométriques locales et les bases de données internationales d’ascensions (comme climbfinder, cyclingcols et autres sites) ne s’accordent pas sur la définition du point de départ — certains partent du centre-ville de Marrakech, d’autres de la petite ville d’Ait Ourir — cet article adopte donc une fourchette plus prudente et plus courante. Pour la pratique réelle, veuillez vous fier aux panneaux kilométriques sur place et à vos traces GPS.
Une route, deux Maroc
Pour comprendre ce qui rend Tizi n’Tichka si particulier, il faut d’abord saisir à quel point les deux villes qu’elle relie sont différentes. Marrakech est le centre culturel et touristique du Maroc ; dans la médina de la vieille ville intra-muros, les visiteurs affluent toute l’année, les dattiers, les fontaines et les senteurs d’épices du souk traditionnel composent la première impression de cette ville rouge. Ouarzazate, quant à elle, est la dernière grande ville avant le désert du Sahara : sèche, ouverte, avec des kasbahs ocre (châteaux de terre traditionnels) dispersées le long des vallées ; plus au sud, plus à l’est, ce sont les véritables dunes de sable comme à Merzouga.
Ce qui relie ces deux mondes, c’est précisément cette route nationale N9 qui franchit la crête de l’Atlas. L’ancêtre de cette route était une ancienne piste caravanière berbère (Amazigh, peuple autochtone d’Afrique du Nord) ; pendant des siècles, les caravanes de chameaux y transportaient sel, or et esclaves entre le Sahara et les villes côtières méditerranéennes. Le revêtement moderne, lui, a été achevé en 1936 par le génie militaire de l’administration coloniale française — cette histoire est en soi assez révélatrice : en choisissant cet itinéraire pour franchir l’Atlas, les Français prolongeaient en quelque sorte le tracé le plus rationnel patiemment exploré par les caravanes berbères depuis un millénaire, plutôt que d’ouvrir une route ex nihilo.
Si vous cherchez l’histoire de ce col en ligne, vous trouverez aussi un récit poignant : le dernier lion de l’Atlas sauvage connu au Maroc (sous-espèce endémique d’Afrique du Nord, désormais éteinte à l’état sauvage) aurait été abattu dans cette région en 1942. Cette histoire est souvent citée dans les récits de cyclistes et de randonneurs, comme une note de bas de page sur « ce que cette région avait de plus sauvage ».
Il convient de noter que, bien que cette route nationale soit aujourd’hui l’artère principale des circuits touristiques reliant Marrakech au Sahara, le trafic n’y est pas négligeable — grands bus touristiques, camions de marchandises, véhicules utilitaires des habitants y circulent en continu — mais il s’agit en fin de compte d’une route à deux voies franchissant un massif de plus de deux mille mètres d’altitude, avec de nombreux virages et des accotements étroits. Comparée aux cols européens spécialement aménagés pour les courses cyclistes, l’expérience de conduite y est plus proche d’une « route de la vie quotidienne des habitants » que d’un circuit fermé dédié au tourisme ou au sport. C’est précisément cette « authenticité » qui attire tant de cyclotouristes longue distance vers les itinéraires nord-africains et moyen-orientaux — vous ne roulez pas sur une scène de spectacle, mais sur la même route que les habitants empruntent chaque jour pour aller travailler, transporter des marchandises ou se rendre au marché.
Une route qui tisse une histoire commerciale
Pour mesurer pleinement l’importance de ce col, il faut remonter à l’époque du commerce transsaharien. Pendant des siècles, or, sel, ivoire et esclaves transitaient par caravanes de chameaux, des royaumes ouest-africains au sud du Sahara jusqu’aux ports méditerranéens, avant d’être revendus en Europe et au Moyen-Orient. Le massif de l’Atlas était le plus grand obstacle géographique sur cette route commerciale, et la position du col de Tizi n’Tichka était précisément le point de franchissement « le moins mauvais » trouvé par les caravanes berbères après des années d’exploration — non pas la pente la plus douce, mais celle où la répartition des points d’eau, des abris et des villages de ravitaillement était la plus rationnelle.
C’est aussi pourquoi, lorsque l’administration coloniale française décida d’y construire une route moderne en 1936, elle s’appuya en quelque sorte « sur les épaules de géants » — elle ne traça pas une route ex nihilo, mais reprit la logique d’itinéraire éprouvée par les caravanes berbères depuis des siècles. Aujourd’hui, en roulant sur ce bitume lisse, vous n’y penserez peut-être pas consciemment, mais les villages de terre traditionnels et les vestiges d’anciens relais caravaniers que l’on croise en chemin rappellent au cycliste que cette route est bien plus ancienne qu’on ne l’imagine.
Découpage par sections : trois expériences de conduite radicalement différentes
Faute de données précises de pente kilomètre par kilomètre (les sources divergent considérablement sur le découpage de ce tronçon), nous le diviserons ci-dessous en trois phases qualitatives — début, milieu, fin — et il est recommandé de suivre en temps réel les variations de pente avec votre propre appareil GPS.
Section initiale : montée douce et paysages de vergers
Au départ de la périphérie de Marrakech, la route est relativement plate, traversant des oliveraies et des champs d’amandiers, avec des pentes oscillant entre 2 et 4 %, ce qui ne ressemble pas encore à une « montée » typique. L’essentiel sur ce tronçon est plutôt la gestion du rythme — la circulation marocaine est hétéroclite : outre les voitures et les bus touristiques, on croise fréquemment des charrettes à mulets, des tricycles à moteur (outil de transport de marchandises courant) et des troupeaux de moutons qui occupent les accotements. Le cycliste doit rester constamment vigilant et ne pas se laisser tromper par la douceur apparente des pentes pour partir trop vite.
Un autre facteur souvent sous-estimé sur ce tronçon est la température. En été, le thermomètre dépasse fréquemment 40 °C à midi dans la plaine de Marrakech ; or, comme la pente est douce et la vitesse relativement élevée en début de montée, le vent relatif procure un certain refroidissement, ce qui peut facilement faire sous-estimer la perte en eau du corps. De nombreux cyclistes ayant bouclé ce parcours mentionnent dans leurs récits que cette phase « qui semble facile » est précisément celle où l’on se déshydrate sans s’en rendre compte ; il est conseillé de boire à intervalles réguliers même sans ressentir la soif, plutôt que d’attendre d’avoir soif pour s’hydrater.
Section médiane : au cœur de l’Atlas
Après les bourgades de la région d’Ait Ourir, la route commence à grimper nettement, avec des lacets successifs et des pentes atteignant 6 à 8 %. Le paysage, de part et d’autre, passe des champs cultivés à des parois rocheuses dénudées et une végétation clairsemée. C’est le tronçon le plus éprouvant physiquement de tout l’itinéraire, et aussi le plus spectaculaire visuellement : les maisons en terre des villages berbères de montagne, accrochées aux flancs, se confondent presque avec la roche environnante, comme si elles avaient poussé directement de la paroi. De nombreux cyclistes ayant parcouru ce segment décrivent dans leurs récits un relief plus « brut » que les Alpes, plus proche de la nature minérale, sans les pelouses soigneusement entretenues des hauteurs européennes.
En chemin, on traverse plusieurs villages berbères réputés pour la vente de minéraux locaux, de fossiles et d’artisanat. Beaucoup de cyclistes longue distance choisissent de s’y arrêter brièvement, à la fois pour se réhydrater et reprendre des forces, mais aussi pour profiter d’une occasion d’immersion culturelle — les étals au bord de la route présentent souvent de l’améthyste, de la calcite et divers spécimens fossiles extraits des montagnes voisines. C’est un trait culturel tout à fait singulier de cet itinéraire, difficile à trouver sur les cols européens les plus réputés.
Cette montée continue exige une discipline d’allure particulièrement rigoureuse. Les pentes ne varient pas de façon brutale, mais elles durent longtemps ; certaines portions offrent une vue dégagée sur les sommets lointains que l’on met pourtant une éternité à atteindre, ce qui peut générer une frustration psychologique du type « on n’en verra jamais le bout », et pousser inconsciemment à augmenter sa puissance pour sortir au plus vite de cette incertitude. Les cyclistes longue distance expérimentés recommandent, sur ce segment, de régler son cardiofréquencemètre ou son capteur de puissance sur une valeur cible plus prudente que ce que l’intuition suggère, afin de ménager ses forces pour la partie proche du sommet, où l’oxygène se raréfie.
La vie quotidienne dans les villages berbères
Les habitants des villages traversés sont en majorité des Berbères (Amazighs), le peuple autochtone le plus ancien d’Afrique du Nord, avec leur propre langue et leurs traditions culturelles, à la fois en interaction avec la sphère culturelle arabe et nettement distincts de celle-ci. Si le cycliste ralentit et s’arrête un instant, il ressent souvent une attitude relativement accueillante et curieuse des locaux envers les voyageurs étrangers — un contraste marqué avec l’atmosphère commerciale et distante de nombreux cols européens pris d’assaut par le tourisme. Bien sûr, la barrière de la langue est une réalité : on parle principalement le berbère et l’arabe, le français étant également assez répandu dans les zones touristiques. Il est conseillé de prévoir des gestes simples ou une application de traduction pour faciliter la communication.
Section finale : la limite des neiges et l’air raréfié près du sommet
À l’approche du sommet du col, si l’on s’y rend entre la fin de l’automne et le printemps suivant (les données locales indiquent que novembre à mars est la période la plus propice aux chutes de neige), des restes de neige peuvent apparaître sur les bas-côtés, même si les températures diurnes restent douces grâce à un ensoleillement intense. C’est l’endroit où l’on se trompe le plus facilement sur tout l’itinéraire : partir en bas en short et maillot à manches courtes ne pose aucun problème, mais après plus de deux mille mètres de dénivelé, l’écart entre la température ressentie et la température réelle peut dépasser dix degrés. Ajoutez à cela des vents généralement plus forts en altitude, et le risque d’hypothermie est bien réel ici, ce n’est pas une exagération.
Au panneau sommital, la vue est dégagée ; par temps clair, on domine la plaine en direction de Marrakech, et au sud, vers Ouarzazate, on découvre des paysages arides et immenses. Cette image d’« un seul regard sur deux zones climatiques » est la raison centrale pour laquelle de nombreux cyclistes décrivent cet endroit comme « méritant un déplacement spécial ».
Près du sommet, on trouve généralement quelques vendeurs de souvenirs et de minéraux, un lieu où beaucoup de cyclistes choisissent de prendre des photos et de faire une pause. Si vous décidez de continuer vers le sud en direction d’Ouarzazate, la descente bascule rapidement dans un paysage désertique sec et ocre, nettement différent de la végétation du versant nord côté Marrakech. Cette transition spectaculaire en si peu de temps est aussi la raison pour laquelle ce col est souvent décrit comme « un condensé du Maroc en une journée ».
Estimation de puissance et d’allure (calcul par modèle physique)
Le modèle standard de puissance en montée est utilisé ci-dessous. Il s’agit d’une estimation physique, et non de données de performance d’un quelconque athlète réel :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / rendement de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr résistance au roulement
Fa = 0.5 × ρ × CdA × v² résistance aérodynamique
Hypothèses de calcul :
- Masse totale m = cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg = 79 kg
- g = 9,81 m/s²
- Crr (coefficient de résistance au roulement) ≈ 0,005 (pneus de route sur asphalte)
- CdA (surface frontale) ≈ 0,32 m² (position de montée)
- Densité de l’air ρ : ajustée à la baisse pour une altitude moyenne d’environ 1 400 m (estimée à environ 85 % de celle du niveau de la mer selon le modèle d’atmosphère standard internationale)
- Rendement de transmission ≈ 0,975
Sur la base d’un parcours total d’environ 60 km et d’un dénivelé positif total d’environ 1 550 m, la pente moyenne est d’environ 2,6 % (attention, il s’agit de la « moyenne sur l’ensemble du parcours », incluant la section initiale plate ; la pente instantanée sur le tronçon de montée continue du milieu est nettement plus élevée, et l’effort ressenti est bien supérieur à ce que suggère cette moyenne). En appliquant ce modèle, on obtient le tableau comparatif suivant :
| Rapport poids/puissance | Profil type | Temps de montée estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 3 h 06 min | Environ 19,3 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 2 h 38 min | Environ 22,7 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 2 h 19 min | Environ 25,7 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 1 h 56 min | Environ 30,8 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 1 h 42 min | Environ 35,0 km/h |
Ce qui précède est une estimation issue du modèle physique, sans prise en compte du vent, des nids-de-poule, des ralentissements dus au trafic mixte (charrettes à mules, motos-tricycles), des différences morphologiques ni de la fatigue mentale. Le temps de parcours réel est généralement plus long que l’estimation purement physique, en particulier sur le tronçon central en lacets où la puissance instantanée requise est bien supérieure à la moyenne de l’ensemble du parcours. Il est conseillé d’aborder cette route avec une stratégie d’« allure par segments » : économiser son énergie sur la section initiale à travers les vergers, accepter une fréquence cardiaque modérément élevée sur la montée continue du milieu, et, sur la partie finale, en raison de la baisse d’oxygène en altitude, prévoir de respirer plus fortement à puissance égale et réduire volontairement sa puissance cible.
Le point de vue des cyclistes taïwanais : transposer avec des pentes que vous connaissez
Pour un cycliste taïwanais, le meilleur point de référence pour le Tizi n’Tichka n’est pas vraiment le Wuling, mais plutôt la combinaison des profils de la route provinciale 9 (Beiyi) et de la route transinsulaire du Sud (Nanheng). La force du Wuling réside dans l’ascension continue et très intense d’un seul tronçon (en particulier de Kunyang au panneau du sommet), alors que la pente moyenne du Tizi n’Tichka est plus douce sur l’ensemble. Mais comme la distance totale dépasse celle de la plupart des ascensions d’une journée à Taïwan, les exigences en matière de gestion de l’effort et de ravitaillement se rapprochent davantage d’un « défi d’endurance longue distance » que d’un « pur test de force en montée ».
Si vous avez déjà gravi le Wuling (de Cingjing au panneau du sommet, un défi avec un dénivelé également de l’ordre de deux mille mètres), vous savez quel est l’effet de l’air raréfié en altitude sur la puissance de sortie — pour un même effort perçu (RPE), la puissance que l’on peut produire au-dessus de deux mille mètres est nettement inférieure à celle au niveau de la mer. Le sommet du Tizi n’Tichka culmine à 2 205 m, certes moins extrême que les 3 275 m du Wuling, mais c’est déjà suffisant pour ressentir une respiration plus difficile due à la baisse d’oxygène, surtout si vous l’attaquez directement dans la journée depuis Marrakech, proche du niveau de la mer, sans aucune acclimatation.
Un autre point de comparaison intéressant est la gestion du rythme en termes de « dénivelé total et de durée totale ». Le défi du Wuling que connaissent les cyclistes taïwanais (que ce soit par l’ouest depuis Dongshi ou par l’est via la route centrale transinsulaire depuis Hualien) consiste à concentrer tout l’effort en une montée très intense et relativement courte, avec une densité de points de ravitaillement (supérettes, épiceries de villages autochtones) relativement confortable. Le Tizi n’Tichka, lui, se rapproche davantage du rythme de longue haleine de la Beiyi ou de la Nanheng, avec « plusieurs heures de sortie à intensité modérée » — vous n’y rencontrerez pas les pentes soutenues de près de 10 % des derniers kilomètres du Wuling, mais la durée totale de pédalage est plus longue, et les exigences en matière d’apport calorique et d’endurance mentale sont plus élevées. Cela signifie que votre capacité d’« attaque explosive vers le sommet », développée au Wuling, ne s’applique pas directement ; il faut plutôt adopter une logique d’allure proche d’un rallye d’endurance.
Il convient de noter que, ces dernières années, le cyclotourisme étant bien développé autour du Wuling, les options de ravitaillement, d’hébergement et de navette y sont relativement abondantes. Dans les montagnes marocaines où se trouve le Tizi n’Tichka, les infrastructures touristiques en sont encore au stade du développement ; le choix de produits dans les épiceries de village est limité. Les cyclistes doivent absolument ajuster leur état d’esprit et prévoir leurs propres provisions suffisantes, plutôt que de s’attendre à pouvoir acheter de l’eau ou des boissons à tout moment comme lors d’une sortie au Wuling à Taïwan.
Préparation pratique : saison et acclimatation à l’altitude
- Saison : En été, les températures au pied de l’Atlas à Marrakech dépassent fréquemment les 40 °C. Même si l’air se rafraîchit considérablement au sommet, la chaleur écrasante du début de parcours reste une épreuve redoutable ; en hiver, il faut compter avec les risques de neige et de verglas sur la chaussée. La plupart des récits de sorties et des comptes rendus recommandent de privilégier le printemps (mars–mai) ou l’automne (septembre–novembre), lorsque les températures sont relativement douces et que les écarts climatiques entre les deux extrémités du parcours sont moins extrêmes.
- Acclimatation à l’altitude : Si vos entraînements habituels se déroulent principalement en plaine à Taïwan ou sous le col de Wuling, il est conseillé de prévoir un ou deux jours d’adaptation à Marrakech (environ 450 m d’altitude) après votre arrivée au Maroc, afin de gérer le décalage horaire et le climat, plutôt que de vous lancer directement sur le col complet dès le lendemain de l’atterrissage.
- Ravitaillement : Les villages de montagne comptent quelques petites épiceries, mais leur densité est sans commune mesure avec celle des supérettes taïwanaises. Il est impératif d’emporter suffisamment d’eau et de nourriture, sans présumer que vous pourrez vous ravitailler à tout moment.
- Location de vélo et transport : Les services de location de vélos de route ou d’accompagnement par un guide à Marrakech sont relativement développés, mais pour les modalités concrètes, les tarifs et la qualité des prestations, il est recommandé de se référer aux informations les plus récentes fournies par les organismes officiels ou les agences de voyage avant le départ. Cet article ne fournit ni devis ni coordonnées précises, afin d’éviter toute information obsolète.
Consignes de sécurité
Le climat de haute montagne évolue très rapidement dans l’Atlas. Même si le ciel est dégagé au départ, le brouillard, une chute des températures, voire des chutes de neige peuvent survenir en peu de temps près du sommet, en particulier entre novembre et mars. Sur les sections de descente, en raison des épingles à cheveux successives et des vents violents en montagne, il est impératif de vérifier au préalable la dissipation thermique du système de freinage et la gestion de la pression des pneus. Un freinage continu sur une longue descente peut entraîner une surchauffe des jantes ou des disques ; il est conseillé de freiner par à-coups plutôt que de maintenir une pression constante.
Les règles de circulation et les habitudes de conduite diffèrent également de celles de Taïwan — sur les routes de montagne marocaines, on croise fréquemment de grands bus touristiques, des camions, des charrettes à mulets et des piétons. Les espaces de croisement sont limités, et les cyclistes doivent impérativement rester visibles (gilet réfléchissant, éclairage) et conserver une distance de réaction suffisante. En cas de sortie en solitaire, il est recommandé d’informer votre hébergement de votre itinéraire et de votre heure de retour estimée, car le réseau de téléphonie mobile est instable sur certains tronçons en montagne.
Le mal aigu des montagnes (maux de tête, nausées, légers vertiges) peut survenir au-delà de 2 000 mètres, en particulier chez les cyclistes qui montent rapidement sans acclimatation préalable. En cas de malaise manifeste, il faut immédiatement cesser l’ascension et envisager de faire demi-tour, sans s’obstiner à atteindre le sommet — le col de cet itinéraire ne dispose d’aucun poste médical, et tout incident nécessiterait un temps considérable avant l’arrivée des secours. Les conseils de sécurité fournis dans cet article ne sauraient remplacer une évaluation médicale professionnelle en altitude ; en cas de maladie cardiopulmonaire ou d’autre pathologie chronique, il est impératif de consulter un médecin avant le départ.
Conclusion : points clés et liste d’actions
Le Tizi n’Tichka n’est pas un col qui se distingue par sa pente raide ; son charme réside dans le « contraste » — des ombrages de palmiers-dattiers de la ville ocre, aux reliefs de roche nue des villages berbères, en passant par les névés occasionnels au sommet, c’est un condensé du manuel de géographie marocaine parcouru en une seule journée. Pour les cyclistes taïwanais, c’est l’un des rares itinéraires permettant de vivre l’ampleur d’un « col de plus de 2 000 mètres » en Afrique du Nord, et l’accès logistique (comparé aux hauts sommets d’Asie centrale ou d’Afrique de l’Est) y est nettement plus abordable.
Liste de vérification avant le départ :
- Confirmer la saison — éviter la période d’enneigement hivernal et les fortes chaleurs estivales, privilégier le printemps et l’automne
- Prévoir au moins une journée d’adaptation au climat et au décalage horaire après l’arrivée, ne pas attaquer le col dès le lendemain de l’atterrissage
- Emporter suffisamment d’eau et de nourriture, sans présumer une densité de points de ravitaillement en cours de route
- Vérifier le système de freinage et la pression des pneus, se préparer aux longues descentes
- Emporter des vêtements chauds et coupe-vent, les écarts de température au sommet peuvent dépasser les prévisions
- Informer autrui de votre itinéraire, être attentif aux zones sans réseau mobile en montagne
- En cas de symptômes de mal d’altitude, donner la priorité à la sécurité, ne pas s’obstiner à atteindre le sommet
Cet itinéraire mérite une place dans votre liste des « sorties à faire dans une vie » — mais il mérite aussi que vous prépariez chaque détail de la manière la plus rigoureuse avant de vous lancer.
Lectures complémentaires
- Gra vir le sommet sans porter son sac : faire le tour du mont Kilimandjaro à vélo, une route qui trace un cercle au pied du plus haut sommet d’Afrique
- À 2 642 mètres d’altitude, le point culminant le plus visité du Tour de France : la double épreuve du col du Galibier
- La route asphaltée la plus haute de Slovaquie : le col de Čertovica, l’épreuve du « diable » dans les Basses Tatras
- Du col enneigé jusqu’à la gorge aride : le Mustang et le col de Thorong La au Népal, le secret le plus sauvage de la descente à vélo
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