Remonter depuis le point le plus bas de la Terre : de la mer Morte à Jérusalem, un enfer cycliste sur route où l'altitude se compte à l'envers
La grande majorité des ascensions célèbres dans le monde ont un point de départ à une altitude positive, et un sommet encore plus haut en altitude positive. Les routes autour de la mer Morte inversent complètement cette logique — votre point de départ se situe à 439,78 mètres sous le niveau de la mer, le point le plus bas connu de la surface terrestre. En partant d’ici dans n’importe quelle direction, la première chose que vous faites est toujours de « remonter du négatif vers le positif ». Rien que pour revenir au niveau de la mer, vous avez déjà accompli une petite ascension, et le vrai défi ne fait que commencer.
Cette condition géographique unique fait des routes autour de la mer Morte une pièce très particulière du puzzle aux yeux des amateurs de vélo de route. Que ce soit en grimpant de la rive ouest de la mer Morte en direction de Jérusalem, ou en longeant les routes du côté jordanien vers le nord ou le sud, les cyclistes vivent une expérience difficilement reproductible ailleurs : vous savez précisément que vous partez du « point le plus bas où l’on peut se tenir sur la surface terrestre » pour vous hisser jusqu’à une altitude normale.
Tableau des données essentielles du parcours
| Élément | Détails |
|---|---|
| Pays / massif | Israël / Cisjordanie, littoral de la mer Morte (Dead Sea) et côté ouest du désert de Judée (Judean Desert) |
| Départ → Arrivée | Littoral de la mer Morte (le long de la Route 1, près de l’intersection d’Almog Junction) → direction de Jérusalem |
| Longueur | Environ 25–35 km (selon le point de départ de l’ascension et le point d’arrivée retenus) |
| Dénivelé total | Environ 1 100–1 300 m (remontée depuis l’altitude négative de la mer Morte jusqu’au plateau de Jérusalem) |
| Pente moyenne | Environ 4,5–5 % en moyenne globale |
| Pente maximale | Certaines sections locales peuvent atteindre 7–8 % (absence de données kilométriques précises, les descriptions varient selon les sources) |
| Altitude départ / arrivée | Littoral de la mer Morte : environ −390 à −400 m (la surface de la mer Morte elle-même est à −439,78 m, la route étant légèrement au-dessus de la surface) → direction de Jérusalem : environ 700–800 m |
| Source de notoriété | Système routier du point le plus bas de la surface terrestre ; la Route 90 israélienne est présentée comme l’une des « routes les plus basses du monde » |
Note sur la rigueur des données : le niveau de la mer Morte ne cesse de baisser ces dernières années en raison des prélèvements agricoles et industriels dans la région, un problème environnemental largement documenté. Le chiffre de l’altitude de la surface évolue donc progressivement à la baisse. Cet article reprend les chiffres de la littérature récente et les marque d’un « environ » ; les valeurs réelles peuvent varier selon l’année de visite. Les données publiques précises sur les pentes kilométriques le long de la route sont limitées ; la description par sections ci-dessous est présentée de manière qualitative.
Un repère en voie de disparition
Avant d’aborder l’expérience du cyclisme, une chose mérite d’être clarifiée : la mer Morte n’est pas seulement un repère touristique, elle rétrécit à une vitesse alarmante. En raison des prélèvements massifs d’eau du Jourdain et des sources souterraines par les pays voisins pour l’irrigation agricole et les usages industriels depuis des décennies, le volume d’eau qui se déverse dans la mer Morte a considérablement diminué. Combiné à un taux d’évaporation naturellement très élevé, la baisse continue du niveau de la mer Morte est un phénomène environnemental documenté publiquement depuis des décennies. Cela signifie que la route côtière que vous empruntez aujourd’hui à vélo sera probablement encore plus éloignée de la véritable ligne de rivage dans dix ans — parcourir cet itinéraire, c’est aussi, dans une certaine mesure, être témoin d’un paysage en pleine mutation.
La position de la mer Morte comme point le plus bas de la surface terrestre est indissociable de sa structure géologique unique. Elle se situe dans le système du rift syro-africain (Syrian-African Rift), un immense fossé géologique qui s’étend depuis la vallée du Grand Rift est-africain jusqu’ici. La mer Morte est précisément un lac salé endoréique formé sur cette bande de rift par l’écartement des plaques et l’affaissement de la croûte terrestre (strictement parlant, en raison de sa salinité élevée, on ne devrait plus vraiment l’appeler « mer », mais le toponyme est resté). Cela explique aussi pourquoi le relief autour de la mer Morte est si spectaculaire — vous vous tenez à l’un des points les plus profonds d’une structure géologique qui s’étend sur plusieurs milliers de kilomètres.
Fait intéressant, ce système de rift est en réalité une partie de la même bande géologique que l’itinéraire du plateau est-africain présenté dans un autre article de ce site (la falaise ouest du Grand Rift où se trouve Iten, au Kenya) — le système du rift syro-africain se prolonge vers le sud pour devenir le Grand Rift est-africain. En d’autres termes, si vous avez l’occasion de visiter ces deux endroits, vous faites en quelque sorte l’expérience des deux extrémités d’une même faille terrestre : d’un côté, la mer Morte, point le plus bas de la surface terrestre ; de l’autre, les falaises du plateau est-africain à plus de deux mille mètres d’altitude. Une parenté géologique qui se manifeste pourtant par des paysages radicalement différents.
Eaux hypersalines et reliefs minéraux
La salinité de la mer Morte est extrêmement élevée, généralement considérée comme bien supérieure à celle de l’eau de mer ordinaire. C’est ce qui explique le célèbre phénomène selon lequel on ne coule presque pas dans la mer Morte et l’on flotte facilement. Cet environnement hypersalin a créé des reliefs minéraux très particuliers le long des rives — on y voit fréquemment des accumulations de cristaux de sel qui, sous la lumière du soleil, offrent un effet visuel presque blanc comme neige, contrastant fortement avec les montagnes désertiques ocre environnantes. En parcourant ces sections à vélo, ce relief minéral constitue en soi une expérience visuelle saisissante, et il n’est pas étonnant que de nombreux photographes fassent le déplacement pour capturer ce paysage unique.
Deux expériences routières radicalement différentes
Autour de la mer Morte, deux principaux systèmes routiers côtiers se distinguent : la Route 90 (Route 90) du côté israélien, qui longe la rive ouest de la mer Morte et la Cisjordanie du nord au sud. Selon les données officielles, cette route est l’une des « routes les plus basses du monde », avec un point le plus bas à environ 393 mètres sous le niveau de la mer. Du côté jordanien, c’est la Route 65, qui s’étend le long de la rive est de la mer Morte et permet de rejoindre au sud la ville portuaire d’Aqaba sur la mer Rouge.
Ces deux routes sont globalement plates le long du littoral. Le véritable défi réside dans la « sortie » de la zone côtière de la mer Morte, dans les sections qui grimpent vers l’intérieur des terres montagneuses — que ce soit du côté israélien en direction de Jérusalem à travers les routes de montagne du désert de Judée, ou du côté jordanien en montant vers le plateau d’Amman, ce sont ces sections qui font des environs de la mer Morte un lieu saint pour le vélo de route.
Découpage par sections
Prenons l’exemple de l’ascension de la rive ouest de la mer Morte en direction de Jérusalem, décrite en trois sections qualitatives selon les caractéristiques du terrain.
Section initiale : remonter du négatif au niveau de la mer
Le point de départ se trouve sur le littoral de la mer Morte, la route longeant la rive du lac salé, entourée d’un paysage typique du désert de Judée — des collines brun-jaune presque totalement dépourvues de végétation, ponctuées çà et là d’une végétation résistante à la sécheresse. L’expérience psychologique la plus singulière de cette section est de voir le chiffre d’altitude sur votre compteur ou votre GPS passer de moins trois ou quatre cents mètres, puis remonter progressivement vers « zéro » — un moment quasi rituel que l’on ne retrouve pas dans la grande majorité des parcours de montée. La température est également une épreuve majeure sur cette section : la dépression topographique du littoral de la mer Morte, combinée au climat désertique, fait que même en dehors de la pleine saison estivale, les températures diurnes y sont souvent nettement élevées. De plus, en raison de la dépression et d’une circulation d’air plus limitée, la sensation d’étouffement y est plus marquée que sur les hauteurs à la même latitude.
Section intermédiaire : l’ascension aride du désert de Judée
Après avoir quitté le littoral de la mer Morte, la route commence à grimper le long des reliefs montagneux en bordure du désert de Judée. La pente se fait progressivement plus exigeante, et la vue des deux côtés est extrêmement dégagée — la végétation étant clairsemée, il n’y a pratiquement aucun obstacle, la visibilité est excellente, mais cela signifie aussi qu’il n’y a aucune ombre. Cette section est décrite dans de nombreux récits de voyageurs cyclistes comme « une désolation à la surface lunaire », en écho aux dépôts minéraux de la mer Morte elle-même, créant un choc visuel unique : des reliefs ocre totalement dénudés, contrastant avec la surface de la mer Morte au loin qui reflète sous le soleil un éclat bleu-blanc étrange.
Ce terrain désertique constitue une épreuve sévère pour la planification du ravitaillement — les agglomérations y sont rares, l’eau et l’ombre y sont pratiquement inexistantes. Toute panne mécanique ou défaillance physique sur cette section peut rapidement se transformer en situation nécessitant une assistance extérieure ; ce n’est pas le genre d’endroit où l’on trouve un simple magasin au bord de la route.
Le désert de Judée est également un lieu historique et religieux majeur. Les montagnes environnantes abritent des sites liés aux récits bibliques et à la découverte des manuscrits de la mer Morte (Dead Sea Scrolls), comme la célèbre forteresse de Massada (Masada) — une ancienne citadelle perchée sur un plateau rocheux, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Historiquement, l’approvisionnement en eau des camps de l’armée romaine autour de Massada dépendait, selon les sources, des villes voisines. Cela illustre indirectement que cette région désertique a toujours nécessité un ravitaillement extérieur pour soutenir l’activité humaine — une réalité historique qui reste pertinente dans le contexte de la stratégie de ravitaillement d’un cycliste aujourd’hui.
Si le temps le permet, de nombreux cyclistes choisissent de faire une courte halte sur ce segment pour visiter Massada ou d’autres sites historiques, transformant un simple défi physique en un voyage à vélo riche de profondeur historique et culturelle. C’est aussi ce qui rend les itinéraires autour de la mer Morte plus riches en couches que les simples ascensions de paysages naturels (comme de nombreux cols célèbres des Alpes) — vous ne pédalez pas seulement à travers un relief, mais à travers le théâtre de plusieurs millénaires de civilisation humaine.
Section finale : montée vers les hautes terres de Jérusalem
En approchant de Jérusalem, le terrain ne cesse de s’élever et le paysage passe progressivement d’un désert pur à un relief de collines méditerranéennes, plus végétalisé et ponctué d’habitations. Cette transition est également l’effet des étages climatiques verticaux engendrés par le système du rift syro-africain — sur une distance horizontale de seulement vingt à trente kilomètres, les zones climatiques connaissent des variations équivalentes à un changement de latitude. Jérusalem elle-même est située sur un plateau à sept ou huit cents mètres d’altitude, ce qui signifie que le dénivelé total entre le départ et l’arrivée dépasse en réalité mille mètres, et que l’essentiel de cette montée est concentré sur une distance relativement limitée, avec une pente dont l’intensité ne doit pas être sous-estimée.
À l’approche de la périphérie de Jérusalem, les cyclistes ressentent clairement la baisse de température et l’augmentation de l’humidité. Les bâtiments en calcaire superposés de la ville et ses quartiers historiques millénaires composent un tableau final radicalement différent du paysage désertique traversé plus tôt. De nombreux voyageurs ayant parcouru cet itinéraire décrivent la montée depuis l’ocre aride de la mer Morte jusqu’aux remparts de calcaire de Jérusalem comme un voyage condensé traversant plusieurs millénaires de civilisation humaine en quelques dizaines de kilomètres à peine.
L’autre option côté jordanien
Pour ceux qui choisissent de relever un défi topographique similaire du côté jordanien, la logique de l’itinéraire est à peu près la même — depuis la rive est de la mer Morte, suivre la route 65 en direction des hautes terres d’Amman. Les infrastructures routières et l’offre touristique de la Jordanie n’ont cessé de se développer ces dernières années, et la rive est de la mer Morte étant elle-même une station thermale prisée, cet itinéraire bénéficie d’un soutien touristique relativement plus complet. Cependant, le climat désertique et la rareté des points de ravitaillement restent des défis identiques, et les principes de planification sont globalement les mêmes que du côté israélien.
Estimation de puissance et d’allure (modèle physique)
Estimation basée sur un modèle standard de puissance en montée. Les valeurs suivantes sont des estimations physiques et ne représentent les données de performance d’aucun athlète ou événement réel :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr résistance au roulement
Fa = 0.5 × ρ × CdA × v² résistance aérodynamique
Hypothèses de calcul :
- Masse totale m = cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg = 79 kg
- g = 9,81 m/s²
- Crr ≈ 0,005 (pneus de route sur asphalte)
- CdA ≈ 0,32 m² (position en montée)
- Densité de l’air ρ : la particularité de cet itinéraire est que la densité de l’air sur les sections à altitude négative est en réalité plus élevée que la valeur standard au niveau de la mer, et non plus faible — en prenant une altitude moyenne d’environ 200 mètres (estimation combinant le départ en altitude négative et l’arrivée en altitude positive), la densité de l’air diffère peu de la valeur standard de 1,225 kg/m³ au niveau de la mer, légèrement inférieure
- Efficacité de transmission ≈ 0,975
Sur la base d’un parcours total d’environ 25 km et d’un dénivelé positif total d’environ 1 200 mètres, la pente moyenne est d’environ 4,8 %. Les calculs du modèle sont les suivants :
| Rapport puissance/poids | Profil de cycliste | Temps de montée estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant terminant l’épreuve | Environ 1 h 57 min | Environ 12,8 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 1 h 36 min | Environ 15,5 km/h |
| 3,0 W/kg | Confirmé | Environ 1 h 22 min | Environ 18,1 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 1 h 05 min | Environ 22,8 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 55 min | Environ 26,8 km/h |
Ce qui précède est une estimation du modèle physique, qui ne tient pas compte de l’effet d’affaiblissement du fort ensoleillement désertique sur la capacité de production réelle du corps, de l’augmentation de la température ressentie due à l’absence d’ombre, ni du risque de déshydratation lié à la rareté des points de ravitaillement. Il convient de souligner que, la pente moyenne de cet itinéraire étant relativement raide (près de 5 %) et offrant presque aucun segment de récupération en faux-plat, la fatigue ressentie à l’effort est généralement supérieure à ce que la simple lecture de la pente moyenne pourrait laisser présager. Il est recommandé de planifier ce défi avec une puissance cible plus conservatrice, en plaçant la priorité sur le refroidissement du corps et l’hydratation avant la recherche de vitesse.
Le point de vue des cyclistes taïwanais
Pour les cyclistes taïwanais, le meilleur point de comparaison pour l’itinéraire de montée de la mer Morte est la route provinciale 9 (Beiyi) combinée à l’imaginaire des variations climatiques verticales entre la côte sud et les zones montagneuses, mais il faut y ajouter une variable totalement absente à Taïwan — le départ à altitude négative. Taïwan ne possède aucun point de départ routier sous le niveau de la mer ; cette double transition, à la fois psychologique et physiologique, consistant à « remonter d’une valeur négative vers une valeur positive », est une expérience unique qui ne peut se comprendre qu’en la vivant soi-même.
En termes de pente et d’intensité, la pente moyenne de cet itinéraire (environ 4,5–5 %) est comparable à celle du tronçon médian et final de la route Beiyi, mais l’environnement désertique, sans ombre ni ravitaillement, rend le défi réel bien plus difficile que celui de la Beiyi. Si vous avez déjà affronté les longues montées de la côte sud vers les zones montagneuses en plein midi estival, la vitesse d’épuisement physique provoquée par cette combinaison de « chaleur étouffante, absence d’ombre et ravitaillement rare » devrait vous sembler familière — la section de la mer Morte est essentiellement une version amplifiée de cette expérience.
Une autre expérience comparable pour les cyclistes taïwanais est la combinaison d’ensoleillement et de vent marin rencontrée le long de la route côtière de l’est (route provinciale 11) — les tronçons côtiers manquent souvent d’arbres d’ombrage, et avec la lumière du soleil réfléchie par la mer et l’air humide et chaud, la température ressentie dépasse fréquemment les chiffres des prévisions météorologiques. Bien que la mer Morte soit un lac salé intérieur et non un océan, la combinaison de sa dépression topographique et du climat désertique ne fait qu’intensifier la chaleur étouffante et la réflexion solaire. De plus, l’est de Taïwan dispose au moins de villages épars et de supérettes pour se ravitailler, alors que la densité des points de ravitaillement sur les tronçons désertiques de la mer Morte est inférieure d’un ordre de grandeur, voire plus.
Il convient également de mentionner le phénomène d’inversion thermique — la plupart des gens pensent intuitivement que « plus l’altitude est élevée, plus il fait froid », mais la topographie fermée et déprimée de la mer Morte, combinée au fort ensoleillement du climat désertique et à l’absence de convection de l’air, fait que la température ressentie y est souvent plus étouffante qu’à une altitude normale sous la même latitude. Cela contraste précisément avec l’expérience intuitive des cyclistes taïwanais en montagne, où « plus on grimpe, plus il fait frais ». Les cyclistes doivent particulièrement prêter attention à cette caractéristique climatique contre-intuitive et se préparer à l’avance en matière de refroidissement et d’hydratation, plutôt que d’appliquer l’expérience taïwanaise habituelle selon laquelle « plus on monte, plus il fait frais ».
Préparation pratique
- Saison : Les températures estivales dans la région de la mer Morte dépassent fréquemment 40 °C, et la sensation de chaleur étouffante est plus marquée en raison de la dépression topographique. Il est recommandé d’éviter les heures de midi en plein été et de privilégier un départ à l’aube au printemps ou à l’automne.
- Ravitaillement : Les villages et points de ravitaillement sont rares le long du parcours. Il est impératif d’emporter une quantité d’eau et de suppléments électrolytiques bien supérieure à vos habitudes, et de planifier à l’avance un plan de contact d’urgence et d’évacuation.
- Situation géopolitique : La région de la mer Morte touche Israël et la Cisjordanie, où la situation politique et sécuritaire locale évolue fréquemment. Avant de planifier votre voyage, consultez impérativement les dernières alertes de voyage officielles et la situation réelle sur place, sans vous fier uniquement à votre expérience passée.
- Visa et frontières : Bien qu’il existe des postes-frontières entre Israël et la Jordanie, les règles de passage effectives, les horaires d’ouverture et les exigences de visa changent fréquemment. Référez-vous toujours aux dernières annonces officielles et ne présumez pas que les informations passées restent valables.
Rappel de sécurité
La chaleur extrême et l’ensoleillement intense du climat désertique constituent la menace sanitaire la plus directe sur cet itinéraire. Les risques de coup de chaleur et d’insolation sont amplifiés sur les tronçons sans ombrage. Si, pendant la randonnée, vous ressentez des vertiges, des nausées, une fatigue anormale, ou si vous cessez de transpirer, arrêtez immédiatement l’effort, cherchez un endroit ombragé pour vous rafraîchir et réhydratez-vous avec de l’eau et des électrolytes. En cas de symptômes graves, consultez un médecin au plus vite. Les conseils de sécurité fournis dans cet article ne sont que des principes généraux et ne sauraient remplacer une évaluation médicale professionnelle. Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires ou d’autres affections chroniques devraient consulter un médecin avant le départ et évaluer soigneusement s’il est approprié de pratiquer une activité de plein air prolongée dans des conditions climatiques aussi rigoureuses.
La situation géopolitique est également une réalité incontournable à prendre en compte lors de la planification de ce voyage. Les conditions de sécurité autour de la mer Morte évoluent en fonction de la conjoncture. Avant le départ, consultez les dernières alertes aux voyageurs publiées par le ministère des Affaires étrangères ou les autorités gouvernementales de votre pays, et restez flexible, en ajustant ou en annulant votre itinéraire si nécessaire. Concernant la circulation routière, le trafic local est principalement composé de voitures et d’autocars touristiques. Sur certains tronçons, les véhicules roulent vite ; les cyclistes doivent porter des équipements bien visibles et surveiller l’état des accotements.
La salinité extrême des eaux de la mer Morte est irritante pour la peau et les yeux. Si votre programme inclut une baignade, veillez à éviter que l’eau salée ne pénètre dans vos yeux. Si votre équipement de cyclisme entre en contact avec des éclaboussures d’eau de la mer Morte, rincez-le rapidement à l’eau claire : les cristaux de sel, s’ils s’accumulent sur la durée, peuvent corroder les pièces métalliques, les fermetures éclair et autres accessoires. Par ailleurs, cette région étant un bassin fermé en contrebas, la qualité de l’air peut être affectée dans certaines conditions climatiques. Si vous avez des antécédents de maladies respiratoires, il est recommandé de consulter un médecin avant le départ pour évaluer s’il est approprié de pratiquer un exercice de plein air intense et prolongé dans ce type de terrain.
Enfin, surveillez attentivement la batterie et la couverture du signal de vos appareils de communication et de localisation — sur certains tronçons du désert de Judée, le relief accidenté et la faible densité de population rendent le réseau mobile potentiellement instable. Il est recommandé de télécharger des cartes hors ligne et d’emporter une batterie externe, tout en informant vos compagnons de route ou votre hébergement de votre itinéraire prévu et de votre heure de retour, afin de pouvoir recevoir de l’aide rapidement en cas d’imprévu.
Conclusion : points clés et liste d’actions
Les routes autour de la mer Morte offrent aux cyclistes une expérience géographique unique impossible à reproduire ailleurs — partir du point le plus bas de la surface terrestre émergée et pédaler jusqu’à revenir à une altitude normale, en traversant des paysages désolés quasi lunaires. Cet itinéraire ne met pas seulement à l’épreuve la puissance des jambes, mais aussi la maîtrise globale de la gestion logistique et des conditions climatiques extrêmes.
Liste de vérification avant le départ :
- Éviter les heures de midi en plein été, privilégier les départs tôt le matin au printemps ou à l’automne
- Emporter des réserves d’eau et d’électrolytes bien supérieures à vos habitudes
- Consulter les dernières informations sur la sécurité géopolitique et les voyages avant le départ
- Vérifier les dernières réglementations officielles concernant les visas et le passage aux frontières
- Prévoir un plan de contact d’urgence et d’évacuation, sans présumer que l’aide sera disponible à tout moment en cours de route
- Être attentif aux signes de coup de chaleur et d’insolation, arrêter immédiatement l’effort et se rafraîchir en cas de malaise
- Préserver la dimension rituelle et psychologique du fait que le point de départ est à une altitude négative, et savourer pleinement cette ascension singulière
Rares sont les endroits où, à vélo, vous pouvez vivre en direct l’instant où le chiffre de l’altitude passe de négatif à positif — les routes autour de la mer Morte transforment cette merveille géographique en un défi cycliste réel et accessible.
Pour les amateurs de vélo de route qui suivent de près les chiffres d’altitude et les courbes de puissance, la signification de cet itinéraire autour de la mer Morte dépasse peut-être l’ajout d’un simple record de montée. C’est davantage une leçon de géographie en trois dimensions — lorsque vous voyez de vos propres yeux l’altimètre GPS passer de valeurs négatives à des valeurs positives à trois chiffres, le sentiment d’accomplissement procuré par ce basculement numérique revêt une tout autre dimension que le simple fait de battre un record personnel (PR) sur une montée. C’est aussi pour cela que, malgré un climat rigoureux, des ravitaillements rares et une situation géopolitique changeante, les routes autour de la mer Morte continuent d’attirer des cyclistes longue distance du monde entier, venus encore et encore vivre ce voyage unique d’inversion d’altitude.
Lectures complémentaires
- Partir de 86 mètres sous le niveau de la mer : Dante’s View dans la Vallée de la Mort, la route la plus dangereuse du monde à vélo
- Du niveau de la mer jusqu’au-dessus des nuages : le volcan Haleakalā à Maui, une expédition de 3 000 mètres à travers trois zones climatiques
- Pédaler vers l’endroit le plus proche de l’espace : le volcan Chimborazo en Équateur, la route au bout du monde la plus éloignée du centre de la Terre
- Une route où l’altitude se compte à l’envers : la route 1100 de Jeju, le plus haut sommet asphalté d’une île coréenne à travers les flancs du Hallasan
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