Brève histoire du vélo : de la draisienne en bois sans pédales au vélo de route moderne en fibre de carbone
Il y a deux cents ans, le vélo n’avait même pas de pédales
Aujourd’hui, lorsqu’on enfourche un vélo de route, on appuie sur les pédales, la chaîne entraîne la roue arrière, le dérailleur change les vitesses avec précision : toute cette logique mécanique semble aller de soi. Mais si l’on remonte à l’époque où le vélo venait tout juste de naître, on découvre que les premiers « vélos » n’avaient en réalité pas de pédales du tout — le cycliste poussait directement le sol avec ses pieds pour faire avancer la machine, ce qui s’apparentait davantage à la draisienne que les enfants utilisent aujourd’hui qu’au vélo que nous connaissons. Comprendre ce processus d’évolution technique, parti de zéro, nous aide à mieux apprécier chaque élément de conception mécanique qui semble aujourd’hui évident sur nos vélos de route, car chacun d’eux est le fruit de décennies, voire d’un siècle, d’essais et d’erreurs répétés.
Cet article retrace, dans l’ordre chronologique, les étapes techniques les plus décisives de l’histoire du vélo : la draisienne sans pédales, l’apparition des pédales et de l’entraînement direct par la roue avant, l’introduction du système d’entraînement par chaîne, l’invention du pneu gonflable, et l’évolution du système de vitesses. Ces avancées techniques ont, pas à pas, transformé le vélo d’un jouet réservé à l’aristocratie en un moyen de transport et un équipement sportif dont dépendent aujourd’hui des centaines de millions de personnes à travers le monde pour leurs déplacements quotidiens, leur entraînement sportif et leurs compétitions.
Première étape : l’ère du « cheval de bois » sans pédales
L’apparition de la draisienne
La plupart des sources indiquent que la première conception considérée comme l’ancêtre du vélo est apparue au début du XIXe siècle. Il s’agissait d’un dispositif principalement en bois, doté d’une roue à l’avant et d’une roue à l’arrière, sur lequel le cavalier s’asseyait à califourchon sur une poutre centrale et avançait en poussant le sol avec ses pieds. Ce type d’appareil est parfois appelé « draisienne » ou « vélocipède » dans l’histoire (les appellations varient légèrement selon les sources). La contribution la plus directe de cette conception a été de prouver pour la première fois que la configuration « deux roues alignées longitudinalement, maintenues en équilibre par le cavalier » était viable — c’est précisément le principe mécanique le plus fondamental du vélo, et la base de toutes les améliorations ultérieures.
Les dispositifs de cette époque présentaient plusieurs limitations évidentes :
- Aucun mécanisme d’entraînement : ils dépendaient entièrement de la poussée des pieds sur le sol pour générer la propulsion, avec une efficacité bien inférieure à celle de l’entraînement par pédales qui suivra.
- Aucun système de freinage (ou extrêmement rudimentaire) : la décélération reposait principalement sur le frottement des pieds traînant au sol, avec des préoccupations majeures en matière de sécurité.
- Un poids très élevé, avec des matériaux principalement composés de bois et de métal : la manipulation et le transport étaient particulièrement peu pratiques.
- Des pneus pleins : les vibrations de la route étaient presque entièrement transmises au cavalier à travers le cadre, offrant un confort exécrable.
Malgré tout, les inventions de cette période revêtent une importance historique considérable, car elles ont établi la structure mécanique fondamentale du vélo. Les centaines d’années d’évolution technique qui ont suivi n’ont, en substance, jamais cessé d’améliorer cette question centrale : « comment faire rouler ces deux roues plus vite, avec moins d’effort, plus confortablement et en toute sécurité ».
De la poussée au sol aux pédales : la première révolution de l’entraînement
La plupart des sources indiquent qu’au milieu du XIXe siècle environ, des conceptions intégrant des pédales montées sur la roue avant ou sur la structure du cadre ont commencé à apparaître, permettant au cavalier d’entraîner directement la roue en pédalant, sans plus avoir besoin de pousser le sol avec ses pieds. C’est la première véritable « révolution de l’entraînement » dans l’histoire du vélo — le passage d’une force humaine appliquée directement au sol pour générer une poussée, à une conversion de la force humaine en mouvement rotatif de la roue via une structure mécanique.
La conception la plus représentative de cette phase était la fixation directe des pédales sur l’axe de la roue avant : un tour de pédale correspondait à un tour de roue avant. Si cette conception résolvait le problème de « pouvoir avancer sans pousser le sol », elle introduisait en revanche une nouvelle contrainte : puisque la vitesse de rotation des pédales correspondait en direct, un pour un, à celle de la roue, le seul moyen d’aller plus vite était d’agrandir la roue avant — plus la roue était grande, plus la distance parcourue pour un même tour de pédale était longue. Cette contrainte mécanique a directement donné naissance à la phase la plus emblématique de l’histoire du vélo.
Deuxième étape : l’ère des grandes et petites roues — le grand-bi
La plupart des sources indiquent que, pour atteindre des vitesses plus élevées dans le cadre de la contrainte mécanique de « l’entraînement direct par la roue avant », une conception avec une roue avant particulièrement grande et une roue arrière relativement minuscule est apparue à la fin du XIXe siècle — c’est ce qu’on a ensuite communément appelé le « grand-bi » ou le vélo « à grandes et petites roues ». La logique de cette conception était intuitive : plus la roue avant était grande, plus la distance parcourue pour un tour de pédale était longue, et plus la vitesse théoriquement atteignable était élevée.
Mais cette configuration posait de sérieux problèmes de sécurité. La selle du cavalier était placée au sommet de la très grande roue avant, avec un centre de gravité très élevé et déporté vers l’avant. Au moindre choc sur une route cahoteuse, en cas de freinage d’urgence ou de collision avec un obstacle, le risque de « basculer par-dessus la roue, tête la première » était élevé — ce type de chute avait d’ailleurs son propre surnom à l’époque. De plus, monter et descendre d’un grand-bi exigeait en soi une certaine habileté et du courage, ce qui rendait sa démocratisation particulièrement difficile. Dans une certaine mesure, le vélo restait à ce stade un jouet réservé à une minorité d’enthousiastes ou d’acrobates, plutôt qu’un moyen de transport quotidien pour le grand public.
Troisième étape : l’entraînement par chaîne — le véritable ancêtre du vélo moderne
Pourquoi l’entraînement par chaîne a été une avancée révolutionnaire
La plupart des sources indiquent qu’à la fin du XIXe siècle, le système d’entraînement par chaîne et pignons a commencé à être appliqué aux vélos, une avancée technique qui a radicalement transformé l’apparence du vélo et sa logique de pédalage. La signification majeure de l’entraînement par chaîne réside dans le fait qu’il a permis, pour la première fois, de séparer mécaniquement la « position de rotation des pédales » de la « roue effectivement entraînée ».
Grâce à la chaîne, les ingénieurs n’étaient plus obligés de monter les pédales directement sur l’axe de la roue avant ; ils pouvaient désormais les placer à une position basse et stable au milieu du cadre, et transmettre la puissance de pédalage à la roue arrière via la chaîne. Cela a apporté plusieurs avantages clés :
- Les roues avant et arrière pouvaient être de taille similaire, abaissant considérablement le centre de gravité du cavalier, améliorant nettement la stabilité et la sécurité, sans plus avoir besoin d’une énorme roue avant pour gagner de la vitesse.
- En ajustant le rapport entre le nombre de dents du plateau et du pignon, il devenait possible de moduler la relation entre « l’effort de pédalage » et la « vitesse de progression » sans modifier la taille des roues — c’est également la base technique sur laquelle le système de vitesses pourra ensuite se développer.
- Monter et descendre du vélo est devenu beaucoup plus facile, permettant au vélo de passer du statut de jouet d’acrobatie réservé à quelques-uns à celui de véritable moyen de transport pour le grand public.
Cette configuration — roues avant et arrière de taille similaire, entraînement de la roue arrière par chaîne — est généralement considérée comme l’ancêtre du « vélo de sécurité », et l’ancêtre direct de l’apparence et de la structure mécanique du vélo moderne. On peut dire qu’à partir de cette étape, la structure fondamentale du vélo était déjà très proche de celle des vélos de route et VTT que nous utilisons aujourd’hui. Les centaines d’années d’évolution qui ont suivi relèvent davantage de l’optimisation des matériaux, de la précision et des mécanismes de détail que de la réinvention de la configuration globale.
Les effets en cascade de l’entraînement par chaîne
La généralisation du système d’entraînement par chaîne a également contribué indirectement à faire passer l’industrie du vélo d’une fabrication artisanale sur mesure à une production à grande échelle. À mesure que la configuration des cadres s’est standardisée, la compatibilité entre les pièces et leur degré de modularité ont augmenté, ce qui a progressivement fait baisser les coûts de fabrication et rendu les prix plus accessibles au grand public. C’est l’un des tournants majeurs qui ont permis au vélo de passer du statut de jouet pour aristocrates et passionnés à celui de moyen de transport populaire et accessible à tous.
Quatrième étape : le pneu gonflable — un double bond en avant en matière de confort et de performance
La souffrance des pneus pleins
Avant l’avènement du pneu gonflable, les pneus de vélo étaient le plus souvent en caoutchouc plein ou en matériaux similaires, sans capacité d’amortissement. Sur des routes mal pavées, les vibrations étaient transmises directement au corps du cavalier à travers le cadre et la selle, rendant les longues sorties particulièrement inconfortables et limitant les performances du vélo en matière de déplacements longue distance et de vitesse.
L’invention du pneu gonflable et sa signification
La plupart des sources indiquent que le concept et l’application du pneu gonflable se sont développés et généralisés vers la fin du XIXe siècle. Cette technologie utilisait le gaz emprisonné à l’intérieur du pneu pour fournir un amortissement, améliorant considérablement le confort de conduite, tout en réduisant la résistance au roulement entre le pneu et le sol, permettant au vélo d’atteindre des vitesses plus élevées et de dépenser moins d’énergie pour un même effort de pédalage. Cette amélioration a eu un impact particulièrement profond sur le sport cycliste — la plupart des sources indiquent qu’après l’avènement du pneu gonflable, les records de vitesse et les performances en compétition ont connu un bond significatif, conférant également aux courses cyclistes une plus grande attractivité et une intensité compétitive accrue.
L’invention du pneu gonflable constitue, dans une certaine mesure, l’un des premiers exemples classiques de « progrès de la science des matériaux stimulant l’innovation des équipements sportifs ». Cette logique s’est répétée tout au long de l’histoire du vélo — comme avec les cadres en alliage ou les matériaux composites en fibre de carbone — selon le même schéma : chaque percée dans la science des matériaux s’est presque systématiquement reflétée directement dans les performances du vélo.
Cinquième étape : le système de vitesses — du braquet fixe aux vitesses multiples
La contrainte du « braquet unique » sur les premiers vélos
Si le système d’entraînement par chaîne permettait d’ajuster le rapport entre le plateau et le pignon, les premiers vélos étaient néanmoins le plus souvent à braquet fixe, c’est-à-dire qu’un vélo ne pouvait être équipé que d’une seule combinaison de plateau et de pignon, sans possibilité d’adapter librement l’effort de pédalage aux différentes conditions de terrain — plat, montée, descente. Cela avait peu d’impact pour les déplacements quotidiens, mais constituait une contrainte majeure pour la compétition ou les longues sorties sur terrain vallonné — les montées devenaient extrêmement pénibles, tandis que sur le plat ou en descente, un braquet trop léger empêchait d’exploiter pleinement la puissance des jambes.
L’apparition et l’évolution du système de vitesses
La plupart des sources indiquent que le système de vitesses du vélo a connu un processus d’évolution assez long, passant des premiers mécanismes rudimentaires, qui nécessitaient de descendre du vélo pour ajuster manuellement la position de la chaîne, aux dérailleurs modernes qui permettent, en roulant, d’actionner directement les manettes pour faire passer la chaîne en douceur entre les différents pignons ou plateaux. La valeur fondamentale de cette évolution technique réside dans le fait qu’elle permet au cycliste d’ajuster en temps réel la relation entre « l’effort de pédalage » et la « vitesse de progression » en fonction du terrain et de son état de forme, améliorant considérablement la praticité et les performances sportives du vélo sur les terrains vallonnés et montagneux.
Pour les cyclistes sur route taïwanais, l’importance du système de vitesses est particulièrement ressentie dans les sections de montée — que ce soit sur le Wuling (route provinciale 14甲), le col de Fengguizui, la route provinciale 9 ou encore le parcours en P du mont Yangming, sur ces longues ascensions, le choix d’un braquet adapté est souvent le facteur clé qui détermine si l’on parvient à relever le défi sans surcharger excessivement les genoux et les muscles. Les systèmes de vitesses des vélos de route modernes, qui comptent facilement plus de vingt vitesses, sont le résultat final de toute cette histoire d’évolution technique.
L’évolution du système de freinage : des pieds qui traînent au sol aux freins à disque hydrauliques
Outre le système d’entraînement et de vitesses, l’évolution du système de freinage est également un élément important de l’amélioration des performances de sécurité du vélo, mais elle est souvent négligée par les cyclistes amateurs. Aux tout premiers stades de la draisienne, la décélération dépendait presque entièrement de la friction des pieds du cycliste traînant au sol, une méthode peu efficace et dangereuse. Ce n’est qu’avec l’évolution de la conception du cadre vers le vélo de sécurité à entraînement par chaîne que sont apparus progressivement des mécanismes de freinage montés sur le cadre et contrôlés par des leviers actionnés à la main. Au début, ils utilisaient principalement des blocs de caoutchouc ou de métal frottant directement sur la périphérie du pneu ou sur le côté de la jante pour générer la force de freinage, ce que l’on a par la suite communément appelé les systèmes de « freins à étrier » ou « freins sur jante ».
Ce type de système de freinage sur jante a longtemps été la configuration dominante du vélo : sa structure est relativement simple, son poids est plus léger et son entretien est plus accessible. Cependant, sous la pluie ou dans un environnement humide, la puissance de freinage diminue nettement, et la jante peut également s’user progressivement à cause du frottement répété. Ces dernières années, les freins à disque hydrauliques se sont progressivement généralisés dans le domaine du vélo de route. Ils fournissent la force de freinage grâce à un disque de frein indépendant et un système d’étrier hydraulique, ne dépendant plus du frottement sur le côté de la jante. La puissance de freinage est plus stable et les performances sur chaussée mouillée sont nettement supérieures à celles des freins sur jante traditionnels. Cette transition est particulièrement utile pour les cyclistes taïwanais — les orages d’été en fin d’après-midi sont fréquents et l’humidité est élevée pendant la saison des pluies. La puissance de freinage plus stable des systèmes à disque sur chaussée mouillée apporte une aide concrète à la sécurité sur les longues descentes (comme les itinéraires du Wuling ou de la route provinciale 9, qui présentent de grands dénivelés et de nombreux virages).
Comment le domaine de la compétition pousse en retour l’évolution technique
L’histoire de la technologie du vélo présente également un phénomène digne d’attention : la maturation et la diffusion de nombreuses technologies clés sont en réalité liées par une relation de cause à effet avec le développement des compétitions de vitesse. La quête extrême de vitesse et d’efficacité dans les courses professionnelles accélère souvent l’expérimentation et la validation de nouveaux matériaux et de nouveaux mécanismes — les équipes et les fabricants de pièces, grâce aux tests en conditions réelles de course, identifient rapidement quels designs améliorent véritablement les performances et lesquels ne sont que des artifices sans réelle valeur. Ce modèle du « circuit comme laboratoire » explique en partie pourquoi de nombreuses avancées majeures de la technologie du vélo coïncident chronologiquement avec le développement des grandes classiques ou des courses de longue distance comme le Tour de France. C’est aussi pourquoi, aujourd’hui, de nombreuses gammes de pièces haut de gamme pour vélos de route mettent en avant, comme principal argument marketing, l’expérience d’utilisation réelle des équipes sponsorisées sur le circuit professionnel — cette voie de diffusion technologique, qui consiste à « valider en compétition, puis à décliner dans les produits commerciaux », existe depuis les premiers temps de l’histoire du vélo et se poursuit encore aujourd’hui.
Vue d’ensemble des étapes clés de l’évolution technique
Pour faciliter la compréhension de la trajectoire globale de l’histoire du vélo, le tableau suivant récapitule plusieurs étapes techniques clés et leurs changements fondamentaux pour l’expérience de pilotage :
| Étape de l’évolution technique | Percée majeure | Impact sur l’expérience de pilotage |
|---|---|---|
| Précurseur de la draisienne en bois | Établissement de la configuration de base à deux roues alignées longitudinalement, pilotée par l’équilibre | Première démonstration de la faisabilité mécanique du « vélo à deux roues » |
| Pédales entraînant directement la roue avant | Première utilisation d’une structure mécanique pour remplacer la propulsion par les pieds au sol | Permet d’avancer sans pousser au sol, mais la vitesse est limitée par le diamètre de la roue |
| Grand-bi (grande roue avant, petite roue arrière) | Augmentation du diamètre de la roue avant pour gagner en vitesse | Vitesse accrue mais centre de gravité trop élevé et sécurité médiocre |
| Système d’entraînement par chaîne | Séparation de la position des pédales et de la roue motrice, permettant des roues avant et arrière de tailles similaires | Centre de gravité abaissé, stabilité et sécurité considérablement améliorées |
| Pneumatique | Utilisation d’un coussin d’air pour remplacer les matériaux pleins | Confort accru, résistance au roulement réduite, vitesse augmentée |
| Système de vitesses à plusieurs rapports | Ajustement du braquet en temps réel pendant le pédalage | Adaptation aux terrains vallonnés, nette amélioration de la praticité pour les longues distances et les montées |
| Matériaux légers (alliages, fibre de carbone, etc.) | Allègement continu et optimisation de la rigidité du cadre et des pièces | Amélioration globale de l’accélération, de l’efficacité en montée et de la réactivité de la maniabilité |
L’évolution des matériaux : du bois et de l’acier aux composites en fibre de carbone
L’autre axe tout aussi important de l’évolution technique du vélo est le progrès continu des matériaux utilisés pour le cadre et les pièces. Les premiers cadres de vélo étaient principalement fabriqués en bois et en acier plus lourd, ce qui rendait le vélo massif et limitait la maniabilité et les performances d’accélération. Par la suite, avec le développement de la métallurgie et de la science des matériaux, des alliages plus légers et plus rigides ont fait leur apparition pour les cadres, permettant de réduire considérablement le poids du vélo tout en maintenant sa résistance structurelle.
À l’époque moderne, les matériaux composites en fibre de carbone sont devenus le choix dominant pour les cadres de vélos de route haut de gamme. Le plus grand avantage de la fibre de carbone réside dans sa « conceptionnabilité » extrêmement élevée — les ingénieurs peuvent ajuster l’orientation et le nombre de couches de fibre de carbone pour régler séparément la rigidité et les caractéristiques d’absorption des vibrations sur les différentes parties du cadre, par exemple en maintenant une rigidité élevée au niveau du boîtier de pédalier et de la zone de la direction pour un meilleur transfert de puissance, tout en conservant une certaine flexibilité au niveau de la tige de selle et de certaines parties de la structure pour absorber les vibrations de la route. Cette caractéristique matérielle « adaptée à chaque zone » est un avantage que les métaux traditionnels ont du mal à reproduire intégralement, et c’est un moteur important de l’évolution continue des performances des vélos de route de compétition modernes.
De l’histoire de la technologie au vélo de route d’aujourd’hui : chaque composant est le fruit d’un siècle d’évolution
En revenant sur ce parcours d’évolution technique, de la draisienne au vélo de route en fibre de carbone, on constate que chaque vélo de route que nous enfourchons aujourd’hui est en réalité le résultat de la convergence de plusieurs lignées techniques : le système d’entraînement par chaîne a déterminé la configuration de base du cadre, le pneumatique a résolu les problèmes de confort et de résistance au roulement, le système de vitesses permet au cycliste d’adapter l’effort de pédalage aux différents terrains, et les progrès de la science des matériaux ne cessent de repousser les limites du poids et de la rigidité de l’ensemble du vélo.
Cette histoire nous rappelle également que la structure mécanique apparemment simple du vélo concentre en réalité deux cents ans de sagesse, fruit d’innombrables essais, erreurs et améliorations. La prochaine fois que vous enfourcherez votre vélo de route et que vous changerez de vitesse en douceur dans une montée, pensez-y : il y a deux cents ans, tout cela n’était qu’un dispositif primitif, sans même de pédales, qui ne pouvait avancer qu’en poussant au sol avec les pieds.
Points de réflexion approfondie pour les cyclistes taïwanais
- Comprendre la logique d’évolution du système de vitesses aide les cyclistes à choisir en connaissance de cause la configuration de braquet adaptée à leurs itinéraires (comme le Wuling, le col de Fengguizui et autres longues ascensions), évitant ainsi une surcharge des genoux et des muscles en montée.
- Connaître l’impact du pneumatique et de la science des matériaux sur le confort et l’efficacité permet aux cyclistes, lors de l’achat et de l’entretien des pneus et du cadre, de mieux comprendre la logique mécanique qui sous-tend les différents matériaux et réglages de pression.
- L’histoire de l’évolution technique nous rappelle l’importance de la conception de la sécurité : les douloureuses expériences de chute à l’époque du grand-bi ont finalement conduit à la configuration plus sûre de l’entraînement par chaîne, ce qui fait écho à l’importance capitale des équipements de sécurité modernes (casque, entretien du système de freinage) qu’il ne faut pas négliger.
- L’allègement des matériaux n’est pas une panacée : un cadre plus léger ne signifie pas qu’il convient à toutes les situations de pilotage ; il faut toujours faire des compromis entre stabilité de maniabilité, rigidité et confort, en fonction de ses besoins personnels et des caractéristiques de l’itinéraire.
L’histoire de l’évolution technique du vélo est, par essence, une histoire de l’accumulation du génie de l’ingénierie humaine dans sa quête permanente de « plus vite, moins d’effort, plus de confort, plus de sécurité ». De la draisienne en bois sans pédales au vélo de route en fibre de carbone équipé de systèmes de vitesses électroniques de précision, ce chemin a été parcouru pendant près de deux cents ans, et ce voyage se poursuit encore aujourd’hui.
Ces dernières années, la généralisation des systèmes de vitesses électroniques est une autre direction d’évolution digne d’intérêt. Par rapport aux vitesses mécaniques traditionnelles qui dépendent de la traction d’un câble, les vitesses électroniques transmettent le signal par fil pour actionner directement le moteur de dérailleur. Les changements de vitesse sont plus précis et plus constants, et sont également moins affectés par la diminution de la tension du câble ou le vieillissement de la gaine. La stabilité de la sensation de changement de vitesse sur le long terme est généralement supérieure à celle des systèmes mécaniques traditionnels. Cela fait également écho à la logique fondamentale qui traverse toute l’histoire du vélo : à chaque fois qu’une percée intervient dans les technologies amont — électronique, matériaux ou fabrication — elle se reflète presque toujours, en quelques années, dans la conception des pièces de vélo, faisant évoluer en continu l’expérience de pilotage. Pour le cycliste de loisir ordinaire, il n’est pas nécessaire de courir après chaque nouvelle technologie, mais comprendre ces trajectoires d’évolution peut nous aider, lors de l’achat et de l’entretien de notre monture, à prendre des décisions plus adaptées à nos besoins réels, plutôt que de nous laisser simplement guider par les discours marketing.
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