Techniques avancées de grimpe : timing du passage assis-debout, coordination cadence-respiration, et jugement du moment de changer de vitesse
La montée est l’élément du cyclisme sur route qui reflète le plus directement le double niveau de condition physique et de technique. De nombreux cyclistes croient à tort que la montée est purement une question de condition physique, et qu’il suffit d’avoir un système cardio-respiratoire performant et des jambes puissantes pour bien grimper. Mais en réalité, à condition physique égale, le cycliste qui maîtrise le timing des transitions assis-debout, la coordination entre cadence et respiration, ainsi que le jugement des changements de vitesse, peut parcourir la même montée de manière plus économique et plus stable, et même conserver une marge en fin d’ascension longue. Cet article décortique la technique de montée sous ces trois aspects pour vous aider à transformer votre condition physique en performances de grimpeur plus efficaces.
Les explications techniques de cet article se fondent principalement sur les principes physiologiques et de pilotage. L’intensité réelle de la montée et la charge d’entraînement doivent être progressives en fonction de votre condition physique personnelle. Évitez de vous lancer dans de longues ascensions difficiles sur des parcours inconnus ou lorsque votre état physique n’est pas optimal. En cas d’antécédents de maladies cardiovasculaires ou d’autres maladies chroniques, consultez un professionnel de santé avant d’entreprendre un entraînement de montée à haute intensité.
I. Principes physiologiques et mécaniques de base de la montée
En montée, le cycliste doit simultanément lutter contre la gravité (la composante verticale du poids) ainsi que contre la résistance au roulement et la résistance de l’air. La composante gravitationnelle augmente considérablement avec le pourcentage de la pente, ce qui explique pourquoi la puissance requise en montée est bien supérieure à celle du plat, même si la vitesse perçue n’est pas élevée ; la puissance réellement produite peut déjà approcher la zone de haute intensité personnelle.
L’objectif central de la technique de montée peut se résumer à deux choses : premièrement, comment utiliser le plus efficacement possible la force du corps pour la transformer en propulsion à travers les pédales ; deuxièmement, comment gérer le rythme de la dépense énergétique afin d’éviter une surconsommation en début d’ascension qui mènerait à l’épuisement en fin de parcours. Les transitions assis-debout, le contrôle de la cadence, la coordination respiratoire et le jugement des changements de vitesse sont quatre techniques étroitement liées qui servent ensemble ces deux objectifs fondamentaux.
II. Différences mécaniques entre la position assise et la position debout
2.1 Caractéristiques de la montée en position assise
En montée assise, la majeure partie du poids du corps est soutenue par la selle. La force de pédalage provient principalement de la contraction continue des muscles des cuisses et des fessiers, associée à une cadence relativement stable. L’avantage de la position assise réside dans une meilleure efficacité énergétique — car aucune force supplémentaire n’est nécessaire pour soutenir le poids du haut du corps, la même consommation d’oxygène peut produire une puissance plus durable. C’est pourquoi les montées longues et d’intensité faible à modérée (comme les longues pentes douces) se font principalement en position assise, permettant de maintenir l’endurance plus longtemps.
2.2 Caractéristiques de la montée en position debout
En montée debout, le cycliste quitte la selle et utilise le poids de tout son corps (y compris le haut du corps) pour appuyer sur les pédales, combiné à la force de traction des bras sur le cintre, ce qui peut générer instantanément une puissance de pédalage supérieure à celle de la position assise. C’est pourquoi la position debout est souvent plus avantageuse pour les attaques sur pentes raides, ou dans les situations nécessitant une augmentation rapide de la puissance sur une courte durée (comme dépasser un adversaire ou faire face à une brusque augmentation de la pente). Mais le prix à payer en position debout est une fréquence cardiaque qui augmente généralement plus vite et une efficacité énergétique moindre, car le corps doit mobiliser davantage les muscles du tronc et des membres supérieurs pour maintenir l’équilibre et transmettre la force. Maintenir la position debout longtemps entraîne une fatigue plus rapide qu’en position assise.
2.3 Comparaison entre position assise et position debout
| Élément de comparaison | Montée assise | Montée debout |
|---|---|---|
| Principaux groupes musculaires sollicités | Cuisses, fessiers (contraction continue) | Corps entier (avec l’aide du tronc et des membres supérieurs) |
| Puissance de sortie instantanée | Relativement stable, difficile à augmenter brusquement | Peut être augmentée fortement et instantanément |
| Efficacité énergétique | Plus élevée, adaptée à une tenue prolongée | Plus faible, fréquence cardiaque augmente plus vite |
| Situations adaptées | Longues distances, pentes douces d’intensité faible à modérée | Accélérations courtes, brusques augmentations de pente |
| Adaptabilité à la pente | Adaptée aux sections à pente régulière | Adaptée aux sections à forte variation de pente nécessitant une réaction immédiate |
| Vitesse de récupération | Plus rapide, charge musculaire relativement répartie | Plus lente, charge concentrée sur des groupes musculaires spécifiques |
2.4 Quand passer de la position assise à la position debout
Le jugement du moment de transition de la position assise à la position debout est l’une des parties de la technique de montée qui nécessite le plus de pratique et d’accumulation de sensations. Les moments de transition raisonnables courants incluent : une brusque augmentation de la pente, la nécessité de dépasser le coureur devant ou de maintenir sa position dans le groupe sur une courte durée, l’apparition de courbatures ou de tensions dans certains groupes musculaires (comme les fessiers ou le bas du dos) après une longue période en position assise nécessitant un changement temporaire de mode de sollicitation, ou encore la phase finale d’approche du sommet nécessitant un sprint. La caractéristique commune de ces situations est « un besoin de puissance supplémentaire sur une courte durée » ou « la nécessité de soulager temporairement la charge continue sur une zone spécifique », et non simplement « se lever parce qu’on se sent fatigué » — cette dernière attitude risque au contraire de faire de la position debout une dépense d’énergie inutile, accélérant l’épuisement.
2.5 Quand repasser de la position debout à la position assise
La montée en position debout ayant une efficacité énergétique moindre, elle ne convient pas à une tenue prolongée. Il est généralement recommandé que la durée en position debout reste relativement courte (selon la condition physique individuelle et l’état de la pente ; le principe est de considérer le retour en position assise dès que l’on ressent une augmentation nette et rapide de la fréquence cardiaque, ou une fatigue marquée du haut du corps et du tronc), afin de laisser au corps l’opportunité de revenir à un mode de pédalage assis plus efficace, de maintenir la stabilité du rythme global de l’ascension, et de ne pas faire de la position debout le seul moyen jusqu’à l’épuisement.
III. Principes du contrôle de la cadence
3.1 Relation entre la cadence et la charge musculaire
Il existe une relation d’arbitrage entre la cadence (nombre de tours de pédale par minute) et la charge musculaire : à puissance de sortie égale, plus la cadence est basse, plus la force à appliquer à chaque coup de pédale est grande, plus la charge sur les muscles (en particulier les fibres musculaires rapides) est lourde, et plus la fatigue musculaire locale apparaît rapidement ; plus la cadence est élevée, plus la force nécessaire à chaque coup de pédale est faible, mais la charge sur le système cardio-respiratoire et la coordination neuromusculaire augmente proportionnellement, exigeant davantage d’endurance cardio-respiratoire.
3.2 Recommandations générales de cadence en montée
En montée, la pente augmentant déjà la résistance globale, de nombreux cyclistes ont tendance à laisser leur cadence chuter très bas et à forcer fort sur les pédales. Cette façon de pédaler peut être efficace sur de courtes durées, mais sur la durée elle risque de provoquer une fatigue musculaire rapide, voire d’augmenter la charge sur les articulations du genou. De manière générale, maintenir en montée une cadence moyenne à élevée, que l’on ressent comme confortable et tenable, est plus favorable au maintien d’une puissance stable sur la durée qu’un pédalage forcé à basse cadence, car cela répartit davantage la charge sur le système cardio-respiratoire (en augmentant la part de la participation du métabolisme aérobie) plutôt que de la concentrer entièrement sur la force de sortie des muscles des membres inférieurs.
3.3 Lien entre cadence et changement de vitesse
Le contrôle de la cadence et le jugement des changements de vitesse sont des techniques indissociables — lorsque la pente devient plus raide et que le braquet actuel fait chuter la cadence dans une zone que l’on ressent comme pénible, c’est le signal qu’il faut passer sur un braquet plus léger ; à l’inverse, lorsque la pente s’adoucit et que la cadence augmente nettement au-delà de la zone de confort, on peut envisager de passer sur un braquet plus lourd pour maintenir un rythme de cadence relativement stable. Cette approche consistant à « maintenir une cadence stable grâce aux changements de vitesse » permet généralement une répartition plus équilibrée de l’énergie sur l’ensemble de l’ascension qu’une approche consistant à « tenir toute la montée avec un braquet fixe en forçant ».
IV. Principes et méthodes de la coordination respiratoire
4.1 Coordination entre respiration et rythme de pédalage
La façon de respirer en montée influence directement l’efficacité de l’apport en oxygène et la stabilité du tronc. De nombreux cyclistes ont tendance, lors d’une montée à haute intensité, à adopter une respiration thoracique rapide et superficielle. Ce type de respiration permet certes d’inspirer rapidement de l’air, mais l’efficacité de la ventilation est moindre et elle tend à contracter les muscles du haut du corps, ce qui augmente inutilement la dépense énergétique.
L’approche la plus efficace consiste à maintenir autant que possible une respiration abdominale profonde et régulière (l’abdomen se dilate naturellement à l’inspiration et se rétracte à l’expiration), et à tenter d’établir une certaine coordination rythmique entre la respiration et le pédalage (par exemple, un cycle complet inspiration-expiration correspondant à un nombre fixe de coups de pédale). Cette coordination aide le corps à établir un rythme métabolique plus stable, réduisant les tensions supplémentaires et le gaspillage d’énergie dus à une respiration désordonnée.
4.2 Ajustement de la respiration selon l’intensité
| Intensité de la montée | Mode de respiration recommandé | Explication |
|---|---|---|
| Pente douce de faible intensité | Respiration abdominale profonde, inspiration par le nez et expiration par la bouche, ou bouche et nez combinés | Maintenir un rythme métabolique aérobie stable sur la durée |
| Montée continue d’intensité modérée | Respiration profonde régulière, accélération progressive tout en conservant la profondeur | Concilier apport en oxygène et stabilité du rythme |
| Pente raide de haute intensité ou sprint | Respiration profonde rapide, respiration rapide autorisée mais en évitant qu’elle soit trop superficielle | Satisfaire un besoin élevé en oxygène sur une courte durée |
| Fin de montée proche de l’épuisement | Ralentir activement la cadence et prolonger la profondeur respiratoire | Gagner un court espace de récupération grâce à l’ajustement respiratoire |
4.3 Signaux d’alerte d’une respiration désordonnée et réponses appropriées
Si, au cours de la montée, apparaissent une difficulté respiratoire marquée, l’incapacité à tenir une brève conversation, voire des vertiges ou une oppression thoracique, ce sont des signaux indiquant que l’on dépasse sa capacité physique actuelle. Il faut alors réduire activement l’intensité (ralentir la cadence, passer sur un braquet plus léger, s’arrêter pour se reposer si nécessaire), plutôt que de s’obstiner à maintenir l’allure. Une respiration rapide est une réaction physiologique normale lors d’un exercice à haute intensité, mais si elle s’accompagne de douleurs thoraciques, de palpitations anormales, d’un flou visuel ou d’autres symptômes, il faut immédiatement cesser l’effort et consulter un médecin dans les plus brefs délais. Ces symptômes ne doivent pas être considérés comme un simple manque de condition physique et être ignorés.
V. Principes de jugement du moment du changement de vitesse
5.1 L’importance de changer de vitesse à l’avance
L’erreur la plus courante lors d’un changement de vitesse en montée est d’attendre de ressentir clairement qu’il est impossible de pédaler et que la cadence est tombée très bas avant de changer de vitesse précipitamment. Dans ce cas, la tension entre la chaîne et la cassette est plus élevée, la fluidité du changement diminue, et il peut même y avoir des sauts de chaîne ou des coincements, provoquant justement des à-coups aux endroits où il est le plus crucial de maintenir le rythme. La bonne approche consiste à anticiper les changements de pente — en observant visuellement le terrain devant soi, terminer le changement de vitesse avant d’aborder réellement la pente raide, afin que la cadence reste relativement stable au moment où la pente change, plutôt que de réagir au dernier moment une fois que la pente est devenue plus raide.
5.2 La coordination entre le changement de vitesse et la force de pédalage
Au moment du changement de vitesse, il est recommandé de relâcher légèrement la force de pédalage (surtout sur les systèmes mécaniques traditionnels ; les transmissions électroniques tolèrent mieux la force mais il est tout de même conseillé de maintenir un pédalage fluide), afin de permettre à la chaîne de se déplacer en douceur entre les plateaux, et d’éviter de forcer le changement alors que la tension de la chaîne est très élevée. Cela rend non seulement le changement plus fluide, mais réduit également l’usure mécanique de la chaîne et du système de transmission.
5.3 Stratégie de changement de vitesse pour les pentes variables
De nombreux parcours de montée célèbres à Taïwan (comme Wuling, Beiyi, la route Yangjin, etc.) n’ont pas une pente uniforme ; elles alternent souvent entre sections raides et douces, avec même parfois de courtes descentes ou des sections plates. Face à ce type de terrain, la stratégie de changement de vitesse doit être un processus dynamique et continu, plutôt que de régler un braquet et de le garder jusqu’au bout. Les cyclistes expérimentés ajustent continuellement leur braquet en fonction du terrain visible devant eux, afin de maintenir leur cadence dans une zone qu’ils jugent soutenable. C’est aussi pour cela que les cyclistes qui connaissent bien le parcours et comprennent l’évolution des pentes à venir parviennent souvent à terminer la même montée avec moins d’effort.
VI. Gestion du rythme sur les longues montées
6.1 Principe de rythme : prudent au début, avec de la marge à la fin
L’erreur la plus fréquente sur une longue montée est de partir trop fort au début, porté par l’énergie disponible et l’envie de suivre le rythme des autres cyclistes, ce qui mène à l’épuisement en fin de parcours, forçant à ralentir considérablement, voire à s’arrêter. Une gestion de rythme plus idéale consiste à maintenir volontairement une intensité « légèrement prudente et soutenable » au début, puis à évaluer progressivement ses sensations au fil de la montée ; si l’on a encore de la marge en fin de parcours, on peut alors augmenter la puissance selon les circonstances. Bien que cette stratégie paraisse plus lente au début, le temps total de parcours et les sensations générales sont généralement meilleurs qu’avec une approche qui part trop vite au début pour s’effondrer à la fin.
6.2 Maintien du rythme sur le plan psychologique
Au-delà de la gestion physiologique du rythme sur une longue montée, la patience psychologique est tout aussi importante. De nombreux cyclistes, au milieu d’une longue montée, deviennent mentalement agités parce qu’ils ne voient pas la fin ou parce qu’ils se font dépasser, ce qui les pousse à des accélérations irrationnelles. Il est conseillé de décomposer l’objectif en petites étapes (par exemple, utiliser les panneaux routiers ou le nombre de virages comme points de repère intermédiaires), afin de diviser la longue montée en plusieurs segments plus faciles à aborder avec concentration et patience. Cela aide à maintenir un rythme stable, plutôt que de se laisser emporter par une fluctuation émotionnelle et de perturber son plan d’allure initial.
VII. L’impact du réglage du vélo sur l’efficacité en montée
Quelle que soit la maîtrise technique en montée, si le réglage du vélo n’est pas adapté à ses capacités physiques et à son parcours, les efforts seront contre-productifs. Plusieurs aspects du matériel méritent une attention particulière.
7.1 Choix de la plage de braquets
La performance en montée est directement liée à la plage de braquets (en particulier le braquet le plus léger). Si le braquet le plus léger n’est pas assez léger, il est impossible de maintenir une cadence élevée face aux pentes raides, et l’on est contraint de forcer à basse cadence, ce qui provoque une fatigue musculaire prématurée. À l’inverse, si la plage de braquets est bien réglée, le cycliste peut maintenir une cadence relativement confortable sur toutes les pentes. Ces dernières années, les groupes de route offrent largement des plages de braquets plus étendues (par exemple avec des cassettes à plus grand nombre de dents), permettant aux cyclistes amateurs d’aborder les longues montées (comme les célèbres parcours d’altitude de Taïwan) avec plus de marge pour maintenir le rythme grâce aux changements de vitesse, plutôt que de compter sur la force brute. Lors du choix de la plage de braquets, il faut évaluer honnêtement les caractéristiques de pente du parcours envisagé et ses propres capacités physiques, plutôt que de chercher à imiter les réglages de braquets compétitifs utilisés par les professionnels.
7.2 Relation entre le poids du vélo et la performance en montée
En montée, il faut lutter contre la gravité ; le poids total de l’ensemble (y compris le poids du cycliste) influence effectivement la puissance nécessaire, mais pour la plupart des cyclistes amateurs, le bénéfice d’un allègement du vélo est généralement bien inférieur à celui des progrès en condition physique et en technique. Plutôt que de s’acharner sur des mises à niveau coûteuses en allègement pour gagner une efficacité limitée en montée, une approche plus pragmatique consiste à investir dans l’entraînement physique et la pratique technique, ce qui apporte généralement des bénéfices plus significatifs et durables pour la performance en montée à long terme.
7.3 Vérification de base de la hauteur de selle et du guidon
En montée, comme l’on alterne fréquemment entre la position assise et debout, une hauteur de selle ou une position du guidon mal réglée peut affecter la fluidité des transitions et l’efficacité du pédalage. Une selle trop basse empêche une extension efficace de l’articulation du genou en position assise, ce qui augmente la charge sur les genoux lors des longues montées ; une selle trop haute peut provoquer un balancement compensatoire du bassin en bas de la course de pédalage, affectant l’efficacité de la transmission de puissance. Ce type de problème de réglage de base du vélo devrait être vérifié et ajusté via un service professionnel de bike fitting, plutôt que de se fier uniquement à ses propres sensations.
VIII. Différences de stratégie selon les types de terrain en montée
Les parcours de montée à Taïwan présentent des caractéristiques très variées, des routes à montée régulière et longue aux chemins agricoles aux pentes raides et changeantes, chacun nécessitant une stratégie adaptée.
8.1 Sections de montée longue et régulière
Ce type de section (comme les célèbres longues montées de routes d’altitude) présente des variations de pente relativement douces et une durée prolongée. Une stratégie principalement en position assise, avec une cadence et un rythme respiratoire stables, est adaptée. L’accent est mis sur une approche prudente au début et une bonne gestion de l’énergie, afin d’éviter une accumulation prématurée de fatigue physique et mentale sur la longueur du parcours.
8.2 Sections de pentes courtes et raides avec épingles successives
Certains chemins agricoles de montagne ou parcours de défi connus (comme les sections d’épingles à cheveux successives aux pentes raides) présentent des variations de pente brutales, pouvant passer de douces à extrêmement raides sur une courte distance. Ce type de terrain repose davantage sur les techniques de changement de vitesse dynamique et de transition assis-debout mentionnées précédemment. De plus, comme la visibilité est souvent limitée par les épingles, anticiper les changements de pente est plus difficile. Il est conseillé de conserver plus de réserve d’énergie et de marge de braquet sur ce type de section, afin d’éviter qu’une pente raide soudaine ne perturbe le rythme.
8.3 Considérations supplémentaires pour les sections à haute altitude
Quelques parcours de défi à Taïwan s’élèvent à des altitudes considérables. À mesure que l’altitude augmente, la pression partielle d’oxygène dans l’air diminue ; même avec une pente identique, la charge réellement ressentie par le corps est plus élevée qu’à basse altitude, avec une fréquence cardiaque plus élevée et une respiration plus rapide. Pour aborder ces longues montées à haute altitude, la gestion du rythme doit être encore plus prudente, et il faut particulièrement prêter attention aux signaux d’alerte respiratoire mentionnés dans la section IV de cet article. En cas d’inconfort manifeste, il faut activement ralentir ou s’arrêter, plutôt que de s’obstiner à maintenir l’allure prévue dans un environnement de haute altitude.
IX. Diagnostic des erreurs courantes en technique de montée
Grâce à une vaste expérience pratique de la montée, on peut identifier certaines erreurs techniques récurrentes. Ces erreurs ne sont souvent pas dues à un manque de condition physique, mais à des problèmes de technique. Le tableau ci-dessous répertorie les symptômes courants et leurs causes techniques possibles, comme référence pour l’auto-évaluation :
| Symptôme courant | Cause technique possible | Direction d’ajustement |
|---|---|---|
| Se sentir rapidement épuisé au début de la montée | Puissance excessive au début, mauvaise gestion du rythme | Ralentir volontairement l’allure initiale, adopter une stratégie de départ prudente |
| Fréquence cardiaque qui grimpe en position debout et peine à redescendre | Position debout maintenue trop longtemps | Réduire la durée des phases debout, revenir à temps en position assise pour récupérer |
| À-coups et perte de vitesse marqués quand la pente se raidit | Changement de vitesse trop tardif, passage sous forte tension de chaîne | Anticiper les changements de pente, effectuer le changement de vitesse plus tôt |
| Respiration qui commence à se désorganiser au milieu d’une longue montée | Rythme respiratoire déconnecté du pédalage, respiration thoracique trop superficielle | Pratiquer la respiration abdominale, essayer d’établir une coordination régulière avec la cadence |
| Aucune sensation de progression malgré des répétitions sur le même parcours | Même stratégie de rythme à chaque fois, manque d’ajustements | Essayer de noter les sensations par segments, identifier les aspects à optimiser |
Ces erreurs sont également souvent liées entre elles — par exemple, une puissance excessive au début rend la respiration plus désordonnée au milieu et à la fin, ce qui affecte la sérénité des décisions de changement de vitesse, créant un cercle vicieux en chaîne. En décomposant et en examinant chaque maillon, puis en les améliorant un par un, on obtient souvent de meilleurs résultats pour améliorer réellement la performance en montée qu’en se disant vaguement qu’il faut « s’entraîner davantage physiquement ».
10. Récapitulatif et liste d’actions
- Principe position assise/debout : La position assise convient pour un maintien prolongé et une meilleure efficacité énergétique ; la position debout convient pour des efforts brefs et intenses. Le moment de transition dépend des changements de pente, des interactions au sein du peloton ou de la fatigue musculaire locale, en évitant de rester debout trop longtemps jusqu’à l’épuisement.
- Principe de cadence : En montée, évitez une cadence trop basse avec un braquet trop dur ; maintenez une cadence moyenne à élevée, confortable et soutenable pour vous. Utilisez le changement de vitesse pour maintenir activement une cadence stable plutôt que de forcer sur un braquet fixe.
- Principe de respiration : Privilégiez une respiration abdominale profonde et longue, en essayant de la synchroniser avec le rythme de pédalage ; en cas de signes d’alerte tels qu’une difficulté respiratoire marquée, une oppression thoracique ou des vertiges, réduisez immédiatement l’intensité ou arrêtez-vous, et consultez un médecin si nécessaire.
- Principe de changement de vitesse : Anticipez les changements de pente et changez de vitesse à l’avance ; relâchez légèrement la pression sur les pédales au moment du changement. Face à un terrain alternant montées raides et douces, adoptez une stratégie de changement de vitesse dynamique et continue.
- Gestion du rythme : En début de longue montée, soyez prudent et gardez de la réserve pour la fin ; maintenez votre patience psychologique en vous fixant de petits objectifs intermédiaires, afin d’éviter des accélérations irrationnelles dues à l’impatience.
- Rappel de sécurité : L’intensité en montée doit être augmentée progressivement et adaptée à votre condition physique personnelle ; les personnes ayant des antécédents médicaux chroniques devraient consulter un professionnel de santé avant un entraînement à haute intensité ; en cas de symptômes anormaux, arrêtez immédiatement et consultez un médecin.
Progresser en technique de montée ne consiste pas à maîtriser un seul geste spectaculaire, mais à coordonner dynamiquement la position assise/debout, la cadence et le changement de vitesse en fonction de la pente, des sensations physiques et de l’état respiratoire du moment, afin de convertir votre énergie en propulsion de manière aussi fluide et efficace que possible. Cette capacité de coordination nécessite d’accumuler des sensations à travers de nombreuses expériences réelles de montée, pour passer progressivement d’une réflexion consciente à un réflexe intuitif — c’est précisément ce qui distingue « avoir une bonne condition physique » de « avoir une bonne technique de montée ».
Lectures complémentaires
- Analyse complète des techniques de montée sur route : conquérez chaque col plus facilement
- Transition assis-debout en montée : quand se lever pour pédaler est le plus efficace
- Position assise vs debout en montée : quand basculer pour une efficacité maximale
- Montée en VTT : maîtrise des transitions assis-debout et du rythme de pédalage
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