Guide de sécurité pour le triathlon hivernal et la nage en eau froide : risques d'hypothermie, acclimatation progressive au froid et principes de sécurité absolue
Rappel important : cet article ne remplace pas une évaluation médicale professionnelle
Avant d’entrer dans le vif du sujet, un principe doit être souligné : les activités en eau froide comportent des risques réels pour la santé et la vie. Cet article fournit des connaissances générales à titre informatif, il ne s’agit pas d’un avis médical et cela ne remplace pas l’évaluation et les conseils professionnels d’un médecin, d’un spécialiste en médecine du sport ou d’un organisme de formation au sauvetage. Si vous souffrez de maladies cardiovasculaires, d’arythmie, d’asthme, du syndrome de Raynaud ou d’autres maladies chroniques, consultez un médecin avant de pratiquer des activités en eau froide. Toute personne pratiquant une activité en eau froide doit respecter le principe de « ne jamais se mettre à l’eau seul » et s’assurer que des personnes capables de prodiguer les premiers secours et le sauvetage sont présentes sur place pour assurer la surveillance.
Qu’est-ce que le triathlon d’hiver (Winter Triathlon)
Le triathlon d’hiver est une autre variante du triathlon. Il remplace généralement la natation en eau libre du triathlon standard par une combinaison de « course à pied hors route — VTT — ski » ou d’autres combinaisons adaptées aux conditions locales, car pendant la saison froide, les risques et les conditions des sites de natation en eau libre sont souvent difficiles à concilier. Cependant, le terme « triathlon d’hiver » au sens large est aussi souvent utilisé pour désigner toutes les activités d’endurance multisports impliquant des environnements froids et des eaux froides, y compris la culture de la « nage hivernale », qui consiste à poursuivre l’entraînement ou la compétition en eau libre pendant la saison froide.
Cet article se concentrera sur la partie la plus pertinente pour les lecteurs taïwanais : la natation en eau froide, le sujet central. Que vous vous prépariez pour un triathlon standard dont la température de l’eau est encore basse en début de saison, que vous soyez intéressé par la nage hivernale, ou que vous souhaitiez simplement comprendre les effets et les risques de l’eau froide sur le corps, cet article vous fournira un cadre de connaissances de sécurité solide et pragmatique.
Effets physiologiques de l’eau froide sur le corps humain
Lorsque le corps humain est immergé dans l’eau froide, il subit une série de réactions physiologiques. Comprendre ces mécanismes est la première étape d’une bonne gestion des risques.
Réaction de choc au froid (Cold Shock Response)
Lorsque le corps entre soudainement en contact avec une eau froide, une série de réflexes du système nerveux autonome se produisent dans les premières minutes, notamment une respiration haletante involontaire, une respiration rapide, une accélération du rythme cardiaque et une élévation de la pression artérielle. Cette phase est l’un des moments les plus dangereux des accidents en eau froide, car si le réflexe de respiration haletante involontaire survient au moment où la tête est sous l’eau, cela peut provoquer une inhalation d’eau, voire une noyade, même chez une personne très bonne nageuse qui peut être prise au dépourvu. C’est pourquoi les recommandations professionnelles insistent : lors d’un contact avec une eau froide, il faut entrer dans l’eau lentement pour laisser au corps le temps de s’adapter, et non sauter ou se précipiter dans l’eau.
Diminution des capacités physiques et de la fonction musculaire
Après la réaction de choc au froid, le corps entre dans une phase suivante : le froid affecte progressivement la conduction nerveuse périphérique et l’efficacité de la contraction musculaire. Les capacités de nage (en particulier la puissance de traction et l’efficacité de la prise d’eau) diminuent progressivement à mesure que le temps passé dans l’eau s’allonge. Ce phénomène est souvent sous-estimé, car beaucoup de gens ont subjectivement l’impression de « pouvoir tenir encore un peu », mais en réalité, la coordination et la force musculaires se dégradent déjà insidieusement. C’est aussi pourquoi les accidents en eau froide surviennent souvent au milieu de l’activité, et non au moment de l’entrée dans l’eau.
Hypothermie
L’hypothermie est un état dans lequel la température corporelle centrale continue de baisser parce que la perte de chaleur dépasse la capacité de production de chaleur du corps. C’est le risque de santé le plus redouté lors des activités en eau froide. La conductivité thermique de l’eau est bien supérieure à celle de l’air, ce qui signifie que le corps perd de la chaleur beaucoup plus rapidement dans l’eau froide que dans l’air à la même température. Même si la température de l’eau n’est pas extrêmement froide, une immersion prolongée peut entraîner une hypothermie.
L’évolution de l’hypothermie est généralement progressive, commençant par un stade léger qui s’aggrave progressivement. Si elle n’est pas détectée et traitée à temps, elle peut évoluer vers un état grave mettant la vie en danger. Voici un récapitulatif des signes d’alerte courants aux différents stades de l’hypothermie, afin d’aider les lecteurs à développer leur capacité de reconnaissance. Mais rappelez-vous : ceci n’est qu’une référence informative ; le diagnostic et la prise en charge réels doivent être effectués par du personnel formé aux premiers secours. En cas de suspicion d’hypothermie, consultez immédiatement un médecin ou appelez les secours d’urgence.
| Stade de l’hypothermie | Signes d’alerte courants (référence indicative uniquement, pas un critère de diagnostic) | Orientation de prise en charge recommandée |
|---|---|---|
| Léger | Frissons, extrémités froides, léger ralentissement de la parole, légère baisse du jugement | Sortir immédiatement de l’eau, se réchauffer, changer de vêtements secs, observer l’évolution de l’état |
| Modéré | Frissons violents ou arrêt des frissons, confusion mentale évidente, incoordination motrice, parole inarticulée | Consulter immédiatement un médecin, se réchauffer tout en évitant toute activité intense, surveiller en continu l’état de conscience |
| Sévère | Perte de conscience ou somnolence extrême, arrêt complet des frissons, ralentissement de la respiration et du rythme cardiaque | Appeler immédiatement les secours médicaux d’urgence, prodiguer les gestes de premiers secours nécessaires, gagner du temps pour l’hospitalisation |
Il est particulièrement important de noter que l’arrêt des frissons ne signifie pas que l’état s’améliore, il peut au contraire être le signe que les mécanismes de régulation du corps ont cessé de fonctionner. C’est l’erreur d’interprétation la plus courante chez le grand public, soyez vigilants.
Effet de refroidissement différé (Afterdrop)
Même après avoir quitté l’eau froide, la température corporelle centrale peut continuer à baisser pendant un certain temps, car le retour du sang périphérique ramène du sang refroidi. Ce phénomène est appelé effet de refroidissement différé. C’est pourquoi, après une activité en eau froide, le réchauffement et l’observation ne doivent pas s’arrêter au moment de la sortie de l’eau, mais doivent se poursuivre pendant un certain temps, jusqu’à ce que l’état du corps soit réellement stabilisé.
Méthodes d’acclimatation progressive au froid
Si votre objectif est d’améliorer progressivement votre tolérance à l’eau froide (que ce soit pour la nage hivernale, l’entraînement en eau libre en début de saison, ou la préparation d’un triathlon dans une région à basse température), l’acclimatation progressive est une approche relativement sûre. Mais il faut insister : les réactions physiologiques au froid varient considérablement d’une personne à l’autre. La vitesse d’acclimatation ne doit pas être comparée à celle des autres ; elle doit suivre strictement l’état de votre propre corps, progressivement, et tout inconfort doit entraîner l’arrêt immédiat.
Principes de base de l’acclimatation
Du court au long, accumulation progressive : Le principe fondamental de l’acclimatation à l’eau froide est que « des séances courtes et fréquentes » valent mieux que « des séances longues et peu fréquentes ». Plutôt que de tenter une seule immersion prolongée en eau froide, commencez par des temps de contact très courts, laissez le corps s’habituer progressivement à la réaction de choc au froid, puis allongez lentement la durée en fonction des réactions du corps.
Du plus chaud au plus froid, diminution progressive : Si les conditions le permettent, il est recommandé de commencer le processus d’acclimatation avec une température de l’eau relativement douce, puis, à mesure que le corps s’adapte, de tenter des températures plus froides, plutôt que de passer directement à l’environnement froid cible.
Entrée dans l’eau toujours lente : Quel que soit le stade d’acclimatation, chaque entrée dans l’eau doit se faire lentement, pour laisser au corps le temps de faire face à la réaction de choc au froid et éviter qu’un changement soudain de température ne déclenche une respiration haletante involontaire ou une charge cardiovasculaire brutale.
Se réchauffer immédiatement après la sortie de l’eau : Après chaque activité en eau froide, séchez-vous immédiatement, changez de vêtements secs et chauds, et selon les besoins, buvez une boisson chaude (évitez les boissons alcoolisées, car l’alcool provoque une vasodilatation périphérique qui accélère la perte de chaleur), afin de ramener rapidement le corps à une température stable.
Liste d’auto-observation pendant la période d’acclimatation
Lors de tout entraînement d’acclimatation en eau froide, il est recommandé de pratiquer avec un partenaire et d’observer ensemble les points suivants. Si l’un de ces signes est anormal, l’activité doit être immédiatement interrompue, avec sortie de l’eau et réchauffement :
- Apparition de frissons violents incontrôlables, ou arrêt soudain des frissons
- Parole qui devient inarticulée, réactions qui deviennent lentes
- Fatigue inhabituelle, envie de dormir, difficulté de concentration
- Engourdissement des membres ou baisse évidente de la coordination motrice
- Symptômes d’inconfort cardiovasculaire tels qu’oppression thoracique, palpitations, difficultés respiratoires
Si votre partenaire observe l’un de ces signes chez vous, même si vous pensez que « ça va encore », vous devez immédiatement accepter de sortir de l’eau, car la diminution du jugement est elle-même un signe d’alerte indiquant que le froid affecte les fonctions cérébrales. À ce stade, la personne concernée est souvent incapable d’évaluer précisément son propre état. C’est précisément pourquoi l’observation objective par une tierce personne et la surveillance de sécurité sont si importantes.
Principes de sécurité absolus (à retenir impérativement)
La gestion des risques des activités en eau froide est encore plus stricte que celle de la natation en eau libre classique. Les principes suivants ne souffrent d’aucun compromis :
1. Ne jamais se mettre à l’eau seul
C’est le principe le plus important de toutes les activités en eau froide, sans exception. Dans un environnement froid, l’état physique peut se dégrader rapidement en peu de temps, et la diminution du jugement au début de l’hypothermie empêche souvent la personne concernée de percevoir le danger elle-même. Sans personne à proximité, en cas d’accident, la fenêtre d’intervention d’urgence en or est souvent manquée. Quelle que soit votre capacité de nage ou votre expérience, les activités en eau froide doivent toujours se pratiquer en présence d’un compagnon ou d’un personnel de sécurité.
2. Une personne capable de prodiguer les premiers secours doit être présente pour la surveillance
Idéalement, les activités en eau froide doivent se dérouler dans un environnement où un sauveteur ou une personne formée aux premiers secours de base et à la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) est présent. Pour un entraînement d’acclimatation autonome, il est recommandé d’être accompagné d’au moins un partenaire qui connaît les signes d’alerte de l’hypothermie et sait prodiguer les gestes de premiers secours de base, et de vous assurer que vous connaissez tous les deux la procédure à suivre en cas d’incident (par exemple, comment appeler les secours d’urgence, où se trouvent les ressources médicales les plus proches).
III. Informer autrui de votre lieu d’activité et de l’heure prévue
Même accompagné, il est recommandé d’informer un tiers (famille, amis) de votre lieu d’activité, de l’heure de début et de fin prévue, afin que l’extérieur puisse intervenir en temps utile en cas de besoin.
IV. Emporter avec soi des moyens de communication et des coordonnées d’urgence
Sur le lieu de l’activité, assurez-vous de disposer d’outils de communication fonctionnels permettant d’appeler les secours immédiatement en cas d’urgence. Si le signal est mauvais sur le site, prévoyez à l’avance des solutions de contact et de demande de secours de secours.
V. Connaître son état de santé et les contre-indications
Des antécédents de maladies cardiovasculaires, d’arythmie, d’asthme, de syndrome de Raynaud, etc., peuvent considérablement accroître les risques liés aux activités en eau froide. Toute personne ayant des antécédents médicaux ou familiaux doit impérativement consulter un médecin avant de pratiquer toute activité en eau froide, et ne jamais tenter l’expérience en jugeant soi-même que son corps « devrait aller bien ». Les femmes enceintes, les personnes âgées, les enfants et autres groupes spécifiques doivent également évaluer avec une prudence particulière et privilégier un avis médical professionnel.
VI. Évaluation des conditions météorologiques et du plan d’eau
Avant une activité en eau froide, il convient de bien connaître la température de l’air, la température de l’eau, la vitesse du vent et les conditions de courant du jour. Un vent fort accélère la perte de chaleur corporelle ; même à température d’eau égale, le risque réel d’hypothermie augmente nettement par temps venteux. Les plans d’eau à courant rapide ou à visibilité réduite rendent également les secours plus difficiles en cas d’accident ; privilégiez des sites relativement calmes, connus et disposant de conditions de sécurité encadrées.
Notions de base des premiers secours en cas d’hypothermie (pour information uniquement)
Encore une fois, le contenu ci-dessous n’est qu’une introduction générale ; les gestes de premiers secours doivent être effectués par du personnel formé. Si vous suspectez une hypothermie modérée à sévère, la première chose à faire est d’appeler les secours d’urgence. En attendant les secours, voici quelques orientations générales :
- Sortir la victime de l’environnement froid, en la déplaçant avec douceur et lenteur, afin d’éviter qu’une manipulation brutale ne déclenche des complications telles que des arythmies
- Retirer les vêtements froids et humides, la remplacer par des vêtements secs et chauds ou l’envelopper dans une couverture ou une couverture de survie
- Privilégier le réchauffement du tronc (zone centrale), plutôt que de se concentrer uniquement sur les membres
- Si la victime est consciente et capable d’avaler, on peut lui donner de petites quantités de boissons tièdes (ni chaudes, ni alcoolisées)
- Surveiller en continu l’état de conscience et la respiration de la victime ; si elle perd connaissance ou si sa respiration et son pouls s’arrêtent, pratiquer immédiatement une réanimation cardio-pulmonaire (si le sauveteur est formé) et continuer à attendre l’arrivée des secours professionnels
- Ne pas frotter vigoureusement les membres de la victime ni utiliser directement une source de chaleur élevée (comme une douche d’eau chaude) pour un réchauffement rapide, cela pourrait provoquer des complications ; le réchauffement doit être progressif et surveillé
Ces notions de premiers secours doivent impérativement être apprises et pratiquées de manière systématique lors de formations officielles de secourisme (comme les cours de sauvetage et de premiers secours organisés par la Croix-Rouge ou les organismes concernés). La lecture seule ne remplace pas la formation et la pratique réelles.
Les autres épreuves des triathlons hivernaux : le cyclisme et la course à pied par temps froid
Bien que cet article se concentre principalement sur la nage en eau froide, les épreuves de cyclisme et de course à pied des triathlons hivernaux présentent également des risques spécifiques et des points de préparation importants par temps froid. Cela est également relativement utile pour les lecteurs taïwanais, car même si les températures hivernales en plaine à Taïwan ne sont pas extrêmement rigoureuses, il n’est pas rare que les températures chutent, voire approchent ou descendent sous zéro, lors des épisodes de mousson du nord-est ou dans les régions montagneuses (comme Wuling ou le mont Hehuan). Les activités cyclistes en montagne et l’entraînement à la course à pied peuvent y rencontrer des défis similaires liés au froid.
Risques du cyclisme par temps froid
La température ressentie chute fortement avec la vitesse du vent : le vélo se déplace rapidement, et avec l’effet de résistance au vent dans les descentes, la température ressentie est souvent bien inférieure à la température réelle. Les extrémités (mains, pieds), continuellement exposées au vent pendant la sortie, présentent un risque d’engelure et d’engourdissement plus élevé que lors d’activités statiques.
Risque de verglas et de chaussée glissante : sur les tronçons de montagne à Taïwan, par temps froid, pluie ou brouillard, la chaussée peut devenir glissante, voire verglacée. Lors de sorties sur des itinéraires à haute altitude comme Wuling ou le mont Hehuan, il est impératif de prêter attention aux alertes de froid et aux informations routières émises par les services météorologiques, et d’éviter de rouler imprudemment dans des conditions de visibilité réduite ou de chaussée glissante ou verglacée.
S’équiper pour avoir chaud, mais éviter la surchauffe et la transpiration excessive : pour rouler par temps froid, il est recommandé de suivre le principe de l’habillement en couches : une couche de base qui évacue la transpiration, une couche intermédiaire isolante et une couche externe coupe-vent, et d’ajuster en fonction de l’intensité de l’effort. Évitez de porter des vêtements trop épais qui provoquent une transpiration abondante ; des vêtements trempés accélèrent au contraire la perte de chaleur corporelle, un principe similaire à celui de la nage en eau froide où « le froid humide provoque plus facilement l’hypothermie que le froid sec ».
Précautions pour la course à pied par temps froid
Bien que la course à pied par temps froid présente des risques moindres que le cyclisme ou la nage, quelques points méritent l’attention : l’échauffement doit être prolongé pour laisser aux muscles et aux articulations le temps de s’adapter au froid et réduire le risque de blessure ; les voies respiratoires peuvent être irritées par l’air froid et sec, les personnes ayant des antécédents d’asthme ou de sensibilité respiratoire doivent être particulièrement vigilantes et, si nécessaire, consulter un médecin pour savoir si des mesures de protection supplémentaires sont nécessaires ; le maintien au chaud des extrémités (gants, protection de la tête) est également important pour éviter l’inconfort dû à une exposition prolongée au vent froid.
Le tableau ci-dessous résume les principaux risques et les orientations de réponse pour les trois disciplines par temps froid, afin de donner aux lecteurs une vision d’ensemble :
| Discipline | Principaux risques liés au froid | Principes de base de la réponse |
|---|---|---|
| Nage | Choc dû au froid, hypothermie, baisse de la coordination musculaire | Adaptation progressive, ne jamais nager seul, encadrement strict |
| Cyclisme | Chute brutale de la température ressentie, chaussée glissante ou verglacée, engelures des extrémités | Habillement en couches, vigilance sur l’état des routes et la météo, éviter les tronçons à haut risque |
| Course à pied | Raideur musculaire et articulaire, inconfort respiratoire, protection insuffisante des extrémités | Échauffement prolongé, attention à l’état respiratoire, bonne protection des extrémités |
Clarification des idées reçues
Idée reçue n°1 : Les bons nageurs sont moins sujets aux accidents en eau froide. C’est une dangereuse méprise. Le choc dû au froid est un réflexe du système nerveux autonome, sans rapport avec la technique de nage. Même un nageur extrêmement compétent, s’il entre soudainement en contact avec une eau froide sans préparation, peut avaler de l’eau à cause d’une respiration involontaire ou se sentir dépassé par la baisse de coordination musculaire. La sécurité en eau froide repose sur une adaptation correcte et un encadrement, et non sur la seule technique de nage.
Idée reçue n°2 : Il suffit de bouger pour se réchauffer et ne pas souffrir d’hypothermie. L’exercice produit effectivement de la chaleur, mais en eau froide, la perte de chaleur dépasse souvent largement la production de chaleur par l’effort. Surtout après une immersion prolongée, la baisse d’efficacité musculaire réduit également la capacité de production de chaleur. Il ne faut pas baisser la garde parce que l’on se sent « encore assez chaud » sur le moment ; surveiller en continu la durée de l’activité et son état physique est essentiel.
Idée reçue n°3 : L’alcool réchauffe. C’est une idée fausse, répandue depuis longtemps mais réellement risquée. L’alcool provoque une vasodilatation périphérique : on ressent subjectivement une sensation de chaleur, mais en réalité il accélère la perte de chaleur du corps vers la surface, augmentant ainsi le risque d’hypothermie. Il faut éviter de boire de l’alcool avant et après une activité en eau froide.
Idée reçue n°4 : Porter une combinaison isotherme (wetsuit) suffit à se protéger du froid. La combinaison isotherme offre effectivement une isolation supplémentaire et est un équipement recommandé pour la nage en eau froide, mais elle n’est pas une protection universelle. Une eau extrêmement froide, une durée d’activité trop longue, ou une combinaison mal ajustée laissant entrer l’eau peuvent considérablement réduire son efficacité. La combinaison doit être considérée comme un élément de la gestion des risques, et non comme une solution miracle remplaçant les autres principes de sécurité.
Conseils pour celles et ceux qui envisagent une activité en eau froide
Si vous êtes un amateur d’endurance et que vous envisagez de vous essayer aux activités en eau froide en raison de la température de l’eau basse en début de saison, ou simplement par intérêt pour la culture de la nage hivernale, il est recommandé de suivre les étapes suivantes de manière progressive :
- Consulter d’abord un médecin pour confirmer que votre état de santé vous permet de pratiquer une activité en eau froide, en particulier pour les personnes ayant des antécédents cardiovasculaires, qui doivent évaluer avec prudence.
- Trouver une communauté expérimentée ou un entraîneur pour vous initier, afin d’apprendre les bonnes méthodes d’adaptation et la capacité à identifier les risques grâce aux conseils de personnes expérimentées, et d’éviter d’explorer seul en prenant des risques inutiles.
- Commencer par des durées très courtes et des températures d’eau relativement douces, ne pas chercher d’emblée à défier des durées longues ou des températures extrêmes.
- Chaque activité doit impérativement se dérouler en présence d’un compagnon ou d’un personnel de sécurité, c’est un principe sans exception.
- Apprendre à reconnaître les signes d’alerte de l’hypothermie et les notions de premiers secours, il est recommandé de suivre une formation officielle de secourisme, et non de se contenter de lire des articles.
- Mettre en place un protocole de réchauffement et d’observation après la sortie de l’eau, comprenant le changement immédiat de vêtements secs, la prise de boissons chaudes, et la surveillance continue de l’état physique jusqu’à ce qu’il soit réellement stable.
Conclusion et liste d’actions
Les activités en eau froide représentent un défi physiologique réel et non négligeable pour le corps humain. Le choc dû au froid, la baisse des performances physiques, l’hypothermie et l’effet de refroidissement post-exercice sont autant de risques qui doivent être sérieusement compris et respectés. Grâce à une méthode d’adaptation progressive correcte, associée à des principes stricts de sécurité et de surveillance, les risques liés aux activités en eau froide peuvent être raisonnablement gérés. Mais tout cela repose sur deux principes fondamentaux : « ne jamais se mettre à l’eau seul » et « avoir toujours à ses côtés une personne capable de reconnaître les signes d’alerte et de fournir une assistance ».
Pour celles et ceux qui s’apprêtent à s’initier aux activités en eau froide, voici la liste d’actions finale :
- Avant toute activité en eau froide, vérifier son état de santé et consulter un médecin en cas d’antécédents médicaux pertinents.
- Ne jamais se mettre à l’eau seul : il est impératif d’avoir un compagnon ou une personne formée aux premiers secours pour assurer la surveillance.
- Adopter le principe d’adaptation progressive, en commençant par des durées courtes et des températures d’eau relativement modérées, sans précipitation.
- Mémoriser les signes d’alerte de l’hypothermie, en particulier l’« arrêt des frissons », un signal dangereux souvent confondu avec une amélioration.
- Emporter un moyen de communication et informer un tiers du lieu de l’activité et de l’heure prévue.
- Envisager de suivre des formations officielles de premiers secours et de sauvetage afin d’acquérir des compétences pratiques utilisables, et non pas seulement une connaissance théorique.
L’un des attraits des sports d’endurance est de repousser les limites du corps dans des environnements extrêmes, mais tout défi doit reposer sur des bases sûres. C’est particulièrement vrai pour les activités en eau froide : en respectant les limites physiologiques du corps et en observant les principes de sécurité et de surveillance, ce défi peut devenir une expérience mémorable, et non un regret irréparable.
Lectures complémentaires
- Gestion des risques en eau froide (<18°C) : les règles de sécurité pour la nage en eau froide
- Sécurité en eau libre et science de l’hypothermie : température de l’eau, limites des combinaisons et auto-sauvetage en cas de choc dû au froid
- Entraînement d’adaptation à la nage en eau froide : guide progressif d’acclimatation aux eaux froides
- Nage en eau froide : effets physiologiques, risques et entraînement d’adaptation progressive à basse température
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