Le roi des routes nationales fermé six mois par an : le col de Shiretoko, rencontre entre la montée la plus septentrionale du Japon et la côte des glaces dérivantes
Le roi des routes nationales fermé six mois par an : le col de Shiretoko, rencontre entre la montée la plus septentrionale du Japon et la côte des glaces dérivantes
À Taïwan, quand les cyclistes évoquent les « périodes de fermeture », ils pensent surtout aux rares restrictions de circulation au mont Wuling lors des typhons. Mais sur la péninsule de Shiretoko à Hokkaidō, il existe une route qui, chaque année, disparaît littéralement de la carte pendant près de six mois — pas simplement fermée, mais réellement ensevelie sous plusieurs mètres de neige, au point que même les chasse-neige ne prennent pas la peine de dégager jusqu’au bout. Cette route, c’est la route nationale 334, et le col qu’elle franchit s’appelle le col de Shiretoko.
Shiretoko (しれとこ) signifie « le bout de la terre » en langue aïnoue. Ce n’est pas une exagération de brochure touristique, mais une réalité géographique : la péninsule de Shiretoko est l’avancée la plus au nord-est de Hokkaidō, entourée par la mer sur trois côtés. En hiver, la mer d’Okhotsk gèle et forme des glaces dérivantes qui transforment la région en une étendue sauvage blanche et isolée du monde. Le col de Shiretoko se trouve précisément sur la ligne de crête au centre de la péninsule, et constitue la seule route carrossable franchissant la montagne entre la ville de Shari à l’ouest et celle de Rausu à l’est. Pour les cyclistes sur route, cela signifie une chose : chaque mètre que vous pouvez pédaler est la seule fenêtre ouverte sur ce royaume secret de l’extrême nord.
Chaque année à la fin mai, alors que le reste de Hokkaidō est déjà en pleine saison des fleurs, le col de Shiretoko sort tout juste de six mois d’ensevelissement neigeux. Les chasse-neige commencent leurs opérations en avril, progressant le long de sections où la neige atteint plusieurs mètres de profondeur — ce processus devient en soi l’événement annuel de la région : les chaînes de télévision envoient des reporters sur place pour filmer les chasse-neige ouvrant la route, et les murs de neige qui se forment de chaque côté dépassent parfois la hauteur d’un homme, créant une version miniature du « Grand Vallon de Neige » de Tateyama-Kurobe. Lorsque la route est enfin officiellement rouverte, les cyclistes et voyageurs qui ont attendu six mois peuvent enfin découvrir le vrai visage de cette route. Ce rituel de « réouverture » fait du col de Shiretoko bien plus qu’un simple col de montagne — c’est le signal annuel du début de l’été dans l’est de Hokkaidō.
Une route « limitée à la saison » — comprendre d’abord ce qui la rend si spéciale
La route de traversée de Shiretoko, sur la route nationale 334 où se trouve le col de Shiretoko, est la seule route nationale de tout Hokkaidō à être complètement coupée à la circulation à cause des chutes de neige. Selon les informations locales, la section fermée s’étend environ de la fin octobre à la fin avril de l’année suivante, soit environ 23,8 kilomètres totalement impraticables — ce qui représente presque six mois. Cela signifie que la « fenêtre saisonnière » pour gravir le col de Shiretoko se situe généralement entre la fin mai et la mi-octobre, et même une fois ouvert, la météo en montagne change sans prévenir — en juin, on peut encore rencontrer des restes de neige et un air froid et humide.
Cette rareté liée à la « saison limitée » confère en quelque sorte au col de Shiretoko un caractère plus pèlerin que les cols du Honshū, ouverts toute l’année. On n’y va pas quand on veut : il faut se rendre spécialement à l’extrême est de Hokkaidō, à la bonne saison, dans la bonne fenêtre météo, pour pouvoir l’approcher. C’est différent du mont Wuling que connaissent bien les cyclistes taïwanais — même si Wuling connaît parfois des vagues de froid extrême avec gel en hiver, il reste ouvert toute l’année ; le col de Shiretoko, lui, est structurellement fermé. Ce rythme de « accessible six mois, isolé six mois » est précisément ce qui rend cet itinéraire si fascinant.
Fiche technique
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Pays / massif | Japon, Hokkaidō, péninsule de Shiretoko (route nationale 334, route de traversée de Shiretoko) |
| Départ → arrivée | Centre-ville de Rausu (entrée côté mer d’Okhotsk) → col de Shiretoko |
| Longueur | Environ 15 km (côté Rausu, le point de départ varie légèrement selon les sources) |
| Dénivelé total | Environ 650 m (varie selon le point de départ retenu) |
| Pente moyenne | Environ 4–5 % |
| Pente maximale | Des sections nettement plus raides sont signalées avant le sommet ; les chiffres exacts varient selon les sources, se référer aux panneaux sur place |
| Altitude départ / arrivée | Départ environ 90 m → sommet du col 738 m |
| Origine de la notoriété | Seule route nationale du Japon « complètement coupée par les chutes de neige » ; la péninsule de Shiretoko est inscrite au patrimoine mondial naturel |
Il faut préciser que le col de Shiretoko n’est pas une montée réputée pour ses « pentes extrêmes » — sa pente moyenne est plutôt modérée pour un col japonais. Sa notoriété vient d’ailleurs : c’est la route nationale de montagne la plus septentrionale du Japon, la plus proche de la définition de « territoire secret », et le fait que la péninsule de Shiretoko ait été inscrite au patrimoine mondial naturel de l’UNESCO en 2005 donne à cette route qui la traverse une dimension particulière, celle de « pédaler au cœur d’une zone protégée ».
Découpage par sections : du port de pêche de Rausu à la crête nuageuse
Le col de Shiretoko peut être gravi depuis Shari (côté mer d’Okhotsk / observation des glaces dérivantes) ou depuis Rausu (côté océan Pacifique, face à l’île de Kunashir), et les deux versants offrent des terrains et des ambiances radicalement différents. Nous décrirons ici principalement le versant de Rausu, plus choisi par les cyclistes et offrant un rythme de pente plus varié.
Première section : du petit port de pêche à l’entrée de la forêt
Au départ du centre-ville de Rausu, les premiers kilomètres gardent encore l’atmosphère vivante du port de pêche — du kombu en train de sécher, des bateaux de pêche qui entrent et sortent, quelques petits camions que l’on croise de temps en temps. Cette section est en pente douce, une zone d’échauffement idéale pour laisser le corps et le système respiratoire s’adapter à la montée qui vient. Rausu est réputée pour son kombu de qualité, et l’air y porte souvent un léger parfum de marée et d’algues séchées au soleil — c’est le « souvenir olfactif du départ » propre au col de Shiretoko.
Passé le centre-ville, la route commence à grimper nettement et entre dans une forêt primaire mixte d’épicéas de Sakhaline et de sapins. La grande différence entre les forêts de Hokkaidō et celles du Honshū, c’est cette sensation de nature presque « non entretenue » — une densité d’arbres élevée, une végétation désordonnée et luxuriante, et parfois des panneaux d’avertissement signalant la présence d’ours bruns (oui, c’est l’une des régions du Japon où la densité d’ours bruns est la plus élevée ; soyez attentifs à votre environnement et évitez de rouler seul à l’aube ou au crépuscule).
Section médiane : la vue sur la crête s’ouvre, la mer apparaît
À mesure que l’altitude atteint environ 400 à 500 mètres, la forêt s’éclaircit et la vue passe de « entouré d’arbres » à « exposé sur la crête ». C’est le tournant le plus spectaculaire de la section médiane du col de Shiretoko — on découvre soudain, sur le côté droit (versant Rausu), la ligne côtière et le contour de l’île de Kunashir qui émergent entre les nuages. Par beau temps, quand la visibilité est excellente, on peut même apercevoir les silhouettes montagneuses de l’île de Kunashir, territoire russe. Cette sensation de « pédaler au bord de la frontière nationale », aucune route de montagne du Honshū ne peut l’offrir.
Sur cette section, la pente commence à varier, avec des lacets plus raides par endroits ; il faut être visuellement prêt à voir la pente se resserrer brutalement après un virage. Les virages des routes de montagne de Hokkaidō ont généralement des rayons plus larges que ceux du Honshū, ce qui est lié aux besoins des engins de déneigement en hiver — pour les cyclistes sur route, c’est plutôt favorable à la visibilité, et on est moins surpris par un virage en épingle à cheveux qui surgit soudainement.
Section finale : l’assaut de la crête nuageuse
La dernière montée vers le sommet du col de Shiretoko (738 m) est souvent enveloppée dans le brouillard marin typique de la région — les masses d’air froid et humide de la mer d’Okhotsk et de l’océan Pacifique se rencontrent sur la ligne de crête, ce qui fait qu’au col de Shiretoko, même en plein été, il fait souvent frais et parfois brumeux. Au sommet, une plateforme d’observation et un monument permettent, par temps clair, d’admirer à la fois le mont Rausu (le plus haut sommet de la chaîne de Shiretoko) et la mer au loin — c’est la vue la plus digne d’une photo après l’effort.
Il faut noter que la visibilité au sommet change très rapidement : une vue dégagée sur la crête peut être totalement avalée par un épais brouillard en une quinzaine de minutes, ce qui a un impact majeur sur la sécurité de la descente — nous y reviendrons dans la section des conseils de sécurité.
Sens inverse : les souvenirs de glaces dérivantes du côté de Shari
Si l’on part de Shari, c’est-à-dire du côté de la mer d’Okhotsk, l’ambiance de la montée est radicalement différente. Le long du versant de Shari, on peut contempler au loin la côte de la mer d’Okhotsk, célèbre en hiver pour ses glaces dérivantes — même si les cyclistes d’été ne voient pas les glaces elles-mêmes, les villages de pêcheurs, le kombu qui sèche et les activités liées au saumon le long du parcours rappellent le lien indissoluble entre cette mer et la vie locale. Le rythme de la montée côté Shari est plus long et plus régulier : la première partie grimpe doucement le long de la lisière forestière du parc national de Shiretoko, puis la section médiane s’ouvre sur des panoramas dégagés permettant de contempler la silhouette de la chaîne de Shiretoko. De nombreux cyclistes choisissent une formule « montée d’un côté, descente de l’autre », avec un véhicule qui attend de l’autre côté, pour éviter de refaire le même parcours en sens inverse.
Le carrefour des Cinq Lacs de Shiretoko en chemin
Il est à noter qu’en route vers le col de Shiretoko, on passe devant le carrefour menant aux Cinq Lacs de Shiretoko. Les Cinq Lacs sont une célèbre réserve écologique de la partie ouest de la péninsule : cinq lacs de barrage volcanique reliés par des passerelles en bois et des sentiers au sol, un site réputé pour observer l’écosystème de la forêt primaire et, parfois, des traces d’animaux sauvages. Bien que les vélos ne puissent pas entrer directement dans la zone des sentiers des Cinq Lacs (c’est une zone de randonnée protégée, avec des contrôles stricts liés aux ours), de nombreux cyclistes intègrent ce site avant ou après leur parcours, comme une extension pour découvrir la biodiversité de Shiretoko au-delà de la montée. C’est aussi pourquoi le col de Shiretoko est souvent intégré dans un « petit voyage d’un ou deux jours dans la péninsule de Shiretoko », et pas seulement comme un simple objectif de montée à cocher.
Estimation de la puissance et de l’allure (calcul basé sur un modèle physique)
Le modèle physique ci-dessous est utilisé pour estimer l’allure sur le versant de Rausu du col de Shiretoko (environ 15 km, 650 m de dénivelé positif, pente moyenne d’environ 4,3 %). Hypothèses du modèle :
- Masse totale m = 70 kg (cycliste) + 9 kg (vélo et équipement) = 79 kg
- Accélération de la pesanteur g = 9,81 m/s²
- Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,005 (pneus de route sur asphalte)
- Coefficient de traînée aérodynamique CdA ≈ 0,32 m² (position de montée)
- Masse volumique de l’air légèrement réduite par rapport au niveau de la mer (1,225 kg/m³) en fonction de l’altitude moyenne (environ 400 m)
- Rendement de transmission η ≈ 0,975
Formules physiques :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / rendement de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente))
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v²
La vitesse en régime permanent a été résolue numériquement avec Python pour différents rapports puissance/poids, ce qui donne le tableau d’estimation suivant :
| Rapport puissance/poids | Catégorie de cycliste | Temps estimé pour la montée | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 1 h 05 | Environ 13,8 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 54 min | Environ 16,7 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 46 min | Environ 19,4 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 37 min | Environ 24,2 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 32 min | Environ 28,3 km/h |
Ce qui précède est une estimation issue du modèle physique, sans prise en compte du vent, de l’état de la route ou des différences morphologiques ; les valeurs réelles peuvent varier. Bien que la pente moyenne du col de Shiretoko ne soit que d’intensité modérée, les vents latéraux et les rafales des montagnes d’Hokkaidō se font souvent bien plus sentir que ne le laissent supposer les chiffres, en particulier sur la partie finale près de la ligne de crête. Face au vent, la puissance réellement nécessaire est nettement supérieure à l’estimation en terrain plat ; il est conseillé de prévoir mentalement une marge de temps plus confortable.
Comparaison avec les montées de Taïwan : plus doux que Wuling, mais avec un sentiment de bout du monde plus marqué que Beiyi
Si l’on compare le col de Shiretoko aux montées bien connues des cyclistes taïwanais, la description la plus juste serait : l’intensité de la pente se situe entre la route provinciale Beiyi et le col de Fengguizui, mais l’isolement géographique dépasse de loin celui de n’importe quel itinéraire taïwanais.
Le dénivelé total de Wuling dépasse régulièrement deux à trois mille mètres ; les 650 mètres du col de Shiretoko sont comparativement bien plus modérés. Les cyclistes ayant l’expérience du parcours en P du mont Yangming ou du col de Fengguizui ne devraient pas trop souffrir de la pente du col de Shiretoko. Le véritable défi réside plutôt dans la « fenêtre saisonnière » et l’« accessibilité » — pour Wuling, vous pouvez partir dès que vous le décidez ; pour le col de Shiretoko, il faut d’abord vérifier la saison, réserver un vol vers l’aéroport le plus à l’est d’Hokkaidō (Memanbetsu ou Nakashibetsu), puis conduire ou organiser un transfert jusqu’au point de départ. Le simple coût du déplacement est déjà plusieurs fois supérieur.
Pour les cyclistes avancés qui ont déjà parcouru tous les itinéraires classiques de Taïwan et cherchent leur « prochain défi », le col de Shiretoko n’offre pas un test ultime en termes de pente, mais une expérience de « rareté géographique » — vous découvrirez un recoin extrême du nord que peu de cyclistes taïwanais ont foulé, avec une tout autre forêt, une tout autre faune (l’ours brun plutôt que le macaque de Taïwan), et une tout autre urgence liée à la saison.
Un autre point de comparaison souvent négligé est le type de climat. Les itinéraires de montée de Taïwan imposent généralement la chaleur étouffante et humide de l’été ; les sections à basse altitude de Wuling font souvent transpirer à grosses gouttes. Le col de Shiretoko est tout l’inverse : même en plein été, en juillet ou en août, la température sur la ligne de crête peut n’être que d’une dizaine de degrés, et avec le vent et l’humidité, la sensation thermique est souvent fraîche, voire froide. Pour les cyclistes habitués au climat chaud et humide de Taïwan, c’est une expérience d’« adaptation inversée » — ce qu’il faut préparer, ce ne sont pas des stratégies de protection solaire et d’hydratation, mais des couches de protection thermique et coupe-vent. Ce contraste climatique est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles de nombreux cyclistes taïwanais font spécialement le voyage pour découvrir le col de Shiretoko.
La trame naturelle et culturelle de la péninsule de Shiretoko
Si la péninsule de Shiretoko a été inscrite au patrimoine mondial naturel de l’UNESCO en 2005, c’est essentiellement parce qu’elle préserve intégralement une chaîne écologique allant de la mer à la montagne — la banquise dérivante de la mer d’Okhotsk apporte une abondance de plancton marin, qui nourrit les poissons, lesquels attirent les ours bruns et les pygargues, formant un écosystème rare « terre-mer intégré ». Le col de Shiretoko traverse précisément la partie terrestre de cette chaîne écologique ; chaque forêt que le cycliste traverse en montant fait théoriquement partie de cet écosystème complet.
C’est aussi pourquoi la péninsule de Shiretoko est particulièrement stricte concernant l’équipement et les règles de comportement à vélo. Les organismes touristiques locaux et l’administration du parc national appellent depuis longtemps les visiteurs et les cyclistes à respecter des principes tels que « ne pas nourrir les animaux sauvages, ne pas laisser de déchets alimentaires ni d’ordures, garder ses distances et reculer lentement en cas de rencontre avec un ours ». Ces règles ne sont pas un formalisme bureaucratique, mais des consignes de sécurité réellement vitales pour la sécurité des humains comme des ours — ces dernières années, les cas de chevauchement entre les zones d’activité des ours bruns d’Hokkaidō et celles des humains se sont multipliés. C’est en maintenant une crainte respectueuse et une distance appropriée que des routes sauvages comme le col de Shiretoko pourront conserver durablement leur aspect originel.
Les deux petites villes de Rausu et de Shari conservent chacune le rythme quotidien des villes de pêche d’Hokkaidō. Rausu est réputée pour son kombu, tandis que Shari s’articule autour des bateaux d’observation de la banquise et du centre des visiteurs des Cinq Lacs de Shiretoko. Les prix et le niveau de consommation des deux localités sont bien plus abordables que dans les grandes villes comme Sapporo, ce qui convient parfaitement aux cyclistes qui souhaitent prolonger leur sortie au col de Shiretoko en un petit voyage plus complet dans la péninsule, avec une ou deux nuits sur place.
Conseils pratiques pour s’y rendre à vélo
Planification saisonnière : La période d’ouverture du col de Shiretoko s’étend approximativement de fin mai à mi-octobre, mais les dates réelles d’ouverture et de fermeture varient chaque année selon l’enneigement. Avant le départ, il est impératif de consulter les dernières annonces du Bureau de développement d’Hokkaidō ou des organismes touristiques locaux, et de ne pas deviner les dates d’après son expérience.
Adaptation à l’altitude : Les 738 mètres du sommet du col ne sont pas une altitude élevée et ne devraient pas poser de problème notable de mal d’altitude. En revanche, la latitude d’Hokkaidō étant élevée, même en été, l’écart de température entre le matin et le soir en montagne peut dépasser dix degrés. Il est recommandé d’emporter une veste coupe-vent chaude pour faire face au froid et aux vents forts de la ligne de crête.
Sécurité animale et environnementale : La péninsule de Shiretoko est une zone à très forte densité d’ours bruns au Japon. Il est conseillé de rouler à plusieurs, d’éviter les créneaux de l’aube et du crépuscule où la visibilité est mauvaise, et de prêter attention aux panneaux d’avertissement en bord de route. Si vous apercevez un ours, ne vous approchez surtout pas pour prendre une photo ; gardez immédiatement vos distances et suivez les consignes locales.
Location de voiture et transferts : Les transports en commun sont relativement peu denses dans l’est d’Hokkaidō. La plupart des cyclistes choisissent de louer une voiture à l’aéroport de Memanbetsu ou de Kushiro pour transporter vélo et bagages jusqu’à Rausu ou Shari, qui servent de base de départ. Les offres de location, les fréquences de navettes et les tarifs varient selon la saison et les prestataires ; veuillez vous référer aux annonces officielles et aux informations les plus récentes des loueurs locaux, et ne pas planifier votre itinéraire sur la base d’informations tarifaires obsolètes trouvées en ligne.
Suggestions d’itinéraire combiné : Le coût du déplacement étant relativement élevé, la plupart des cyclistes ne font pas le voyage uniquement pour la montée du col de Shiretoko. Ils l’intègrent plutôt dans un circuit plus large de l’est d’Hokkaidō (Dōtō), en l’associant au parc national d’Akan-Mashū, au lac Kussharo, au lac Mashū, ou en le reliant aux Cinq Lacs de Shiretoko, aux sources chaudes de Rausu et à d’autres paysages naturels pour former un petit voyage à vélo de trois à cinq jours. Une telle organisation permet aussi de répartir la pression de l’effort quotidien et de laisser au corps le temps de s’adapter au climat d’Hokkaidō et au rythme du décalage horaire (même s’il n’y a pas de décalage horaire entre le Japon et Taïwan, le long vol et les déplacements en voiture accumulent quand même de la fatigue).
Transport du vélo : La plupart des cyclistes choisissent d’embarquer leur vélo dans un sac de transport avec roues démontées, puis de le remonter à l’arrivée à l’aéroport, chez le loueur de voitures ou dans un magasin de vélos local. Quelques prestataires proposent un service de location de vélos, mais l’offre est limitée ; si vous avez des exigences particulières concernant les spécifications du vélo (par exemple un braquet plus court pour la montée), il est plus prudent d’apporter votre propre vélo. Quelle que soit l’option choisie, il est recommandé de vérifier à l’avance les règles de la compagnie aérienne concernant les dimensions, le poids et l’emballage des vélos, afin d’éviter les mauvaises surprises au comptoir d’enregistrement.
Préparation pour la descente et le ravitaillement : Les commerces et points de ravitaillement le long du col de Shiretoko sont extrêmement rares, et les sections de montagne ne disposent pratiquement d’aucune installation. Il est recommandé de préparer complètement bidons, en-cas énergétiques et outils de réparation de chambre à air avant de partir des centres de Rausu ou de Shari. La réception du téléphone mobile peut être instable près de la ligne de crête dans les montagnes d’Hokkaidō ; il est conseillé de télécharger des cartes hors ligne à l’avance, afin de ne pas dépendre entièrement de la navigation GPS en temps réel.
Rappel de sécurité
La vitesse à laquelle le temps change au col de Shiretoko est son risque caché le plus important. La zone de crête est influencée par la rencontre des courants d’air de la mer d’Okhotsk et de l’océan Pacifique. Même si le ciel est parfaitement dégagé au départ, le sommet peut être complètement enveloppé par un épais brouillard pendant la montée. Une visibilité soudainement réduite a un impact majeur sur la sécurité en descente — avant de descendre, évaluez impérativement les conditions de visibilité. En cas de brouillard épais, mieux vaut ralentir, voire envisager de faire une pause en attendant que la visibilité s’améliore.
Les écarts de température et les vents forts en montagne sont également des risques à ne pas négliger. Même en été, la vitesse du vent et la température sur la crête peuvent provoquer une perte de chaleur corporelle trop rapide après la transpiration, entraînant des signes d’hypothermie légère (frissons, baisse du jugement, perte de dextérité des mains). Emportez impérativement des couches chaudes et coupe-vent suffisantes, et apprenez à reconnaître les premiers symptômes d’hypothermie. Dès leur apparition, arrêtez immédiatement de pédaler et cherchez un abri contre le vent pour vous réchauffer.
Côté code de la route, le Japon conduit à gauche, contrairement à Taïwan. Les priorités aux intersections et le sens de circulation dans les ronds-points diffèrent également de Taïwan. Si vous vous rendez au Japon pour la première fois à vélo, prenez le temps de vous familiariser avec les règles de circulation locales. Sur les routes de montagne étroites, il est fréquent de croiser de grands bus touristiques ; en descente surtout, gardez une marge de réaction suffisante.
Enfin, la péninsule de Shiretoko est une zone où la faune sauvage est très active. Pour toute activité en extérieur, il est recommandé d’informer vos compagnons ou votre hébergement de votre itinéraire et de votre heure de retour prévue. Emportez un téléphone portable et une batterie externe, afin d’éviter de vous retrouver seul, sans possibilité de demander de l’aide, dans une zone montagneuse où le réseau est mauvais.
Points clés
- Le col de Shiretoko est le seul col de route nationale au Japon à être totalement fermé en raison des chutes de neige ; la saison d’ouverture s’étend environ de fin mai à mi-octobre. Vérifiez impérativement les annonces officielles les plus récentes avant de partir.
- L’intensité de la pente est modérée (pente moyenne d’environ 4 à 5 %), la difficulté se situe entre la route provinciale Beiyi et le col Fengguizui. Elle convient aux cyclistes ayant déjà une expérience de base en montée et souhaitant relever le défi d’une « rareté géographique » plutôt que d’une simple limite de pente.
- La vue depuis la crête est le point fort de tout le parcours — par temps clair, on peut apercevoir le mont Rausu et l’île de Kunashiri au loin, mais le temps change extrêmement vite ; avant de descendre, vérifiez impérativement la visibilité.
- La péninsule est une zone à forte activité d’ours bruns ; il est recommandé de rouler à plusieurs et d’éviter les créneaux de l’aube et du crépuscule où la visibilité est mauvaise.
- Le coût du déplacement est relativement élevé : il faut d’abord voler vers un aéroport de l’est d’Hokkaidō, puis louer une voiture pour rejoindre le site. Prévoyez une marge de temps confortable dans votre planification et vérifiez régulièrement les dernières informations officielles sur la circulation et les fermetures de routes.
Lectures complémentaires
- Ouvert seulement six mois par an : le col de Shibutsu, le plafond des routes nationales japonaises que vous ne pouvez atteindre qu’en respectant la fenêtre saisonnière
- Un corridor de neige de 26 kilomètres : la ligne d’écho de Zao, la route saisonnière la plus spectaculaire de la chaîne d’Ōu, dans le Tōhoku
- Une route qui n’existe pas la moitié de l’année : le Sognefjellet norvégien, 1 434 mètres du niveau de la mer du fjord jusqu’au plus haut col d’Europe du Nord
- Une pente ouverte seulement une fois par an : le mont Ibuki, le chemin de pèlerinage au pied des cent montagnes célèbres du Japon
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