Col de l'Agnello : le passage possible d'Hannibal, troisième plus haut sommet alpin à la frontière franco-italienne
Le chemin qu’Hannibal a peut-être emprunté, aujourd’hui troisième plus haut col routier asphalté des Alpes
En 218 avant J.-C., le célèbre général carthaginois Hannibal franchit les Alpes avec sa grande armée et ses éléphants de guerre pour surprendre Rome — l’un des épisodes les plus légendaires de l’histoire militaire antique. Mais depuis plus de deux mille ans, les historiens n’ont jamais pu déterminer avec certitude par quel col Hannibal a traversé les Alpes, les hypothèses s’étendant sur plusieurs cols différents de part et d’autre de la frontière franco-italienne. Le Colle dell’Agnello (en français : Col Agnel) figure précisément parmi les candidats inscrits sur cette liste de suppositions — une plaque commémorative y est d’ailleurs toujours érigée, rendant hommage à cette hypothèse historique énigmatique et racontant à chaque cycliste de passage cette énigme vieille de deux millénaires.
Que le chemin d’Hannibal ait ou non emprunté cette route, la situation géographique du Col Agnel suffit à expliquer pourquoi il a été retenu dans cette devinette historique — c’est le troisième plus haut col routier asphalté de toutes les Alpes, seulement devancé par le col du Stelvio et le col de l’Iseran, avec une altitude de 2 744 mètres. C’est également le col de frontière internationale le plus élevé entre la France et l’Italie. Franchir cette montagne signifie que l’on évolue près du plafond de tout le réseau routier alpin européen. L’air raréfié, les paysages d’altitude austères et cette plaque commémorative évoquant une énigme historique vieille de deux mille ans composent ensemble le caractère unique du Col Agnel.
Informations essentielles sur l’itinéraire
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Pays / Massif | Frontière franco-italienne, Alpes cottiennes, reliant le département des Hautes-Alpes (France) à la province de Cuneo (Italie) |
| Départ → Arrivée | Côté français : montée depuis Château-Ville-Vieille (vallée du Queyras) ; côté italien : montée depuis Casteldelfino, en passant par Pontechianale |
| Longueur | Côté français : environ 20,5 km ; côté italien : environ 22,4 km |
| Dénivelé total | Variable selon le point de départ, entre environ 1 300 et 1 400 mètres |
| Pente moyenne | Côté français : environ 6,6 % ; côté italien : environ 6,5 % |
| Pente maximale | Certaines sections peuvent atteindre environ 9 % à 10 % (les données varient selon les sources) |
| Altitude départ / arrivée | Sommet du col à environ 2 744 mètres, troisième plus haut col routier asphalté des Alpes, derrière le Stelvio et l’Iseran |
| Source de notoriété | Plus haut col de frontière internationale entre la France et l’Italie ; classé hors catégorie (HC) sur le Tour de France 2008 et 2011 ; visité à plusieurs reprises par le Tour d’Italie en 1994, 2000, 2007 et 2016 ; possible itinéraire de la traversée des Alpes par Hannibal |
Les différentes sources présentent de légères variations concernant les kilométrages précis, les pentes et les dénivelés totaux, car les points de départ et les méthodes de mesure diffèrent selon les organismes. Les chiffres ci-dessus sont des valeurs approximatives issues de multiples sources ; pour les données exactes, veuillez vous référer aux panneaux sur place et aux enregistrements GPS.
Découpage par sections : deux ambiances frontalières radicalement différentes
Ce qui fait le plus le charme du Col Agnel, c’est que le versant français et le versant italien offrent deux caractères paysagers et deux atmosphères culturelles radicalement différents. Franchir cette montagne, c’est aussi, dans une certaine mesure, un voyage à travers deux cultures alpestres distinctes.
Côté français (direction vallée du Queyras) : au départ de Château-Ville-Vieille, la route s’élève doucement le long de la vallée du Queyras. Cette région est l’une des rares vallées de haute montagne en France à conserver un statut de parc naturel régional intégral (Parc naturel régional du Queyras). Le long du parcours se succèdent des maisons traditionnelles en pierre remarquablement préservées, dont les toits sont généralement couverts d’épaisses lauzes — un exemple typique de l’architecture de montagne française. Le début de l’ascension présente une pente relativement modérée, laissant au corps le temps de s’adapter au rythme de l’élévation continue ; à mesure que l’altitude gagne, la forêt s’éclaircit, la route commence à serpenter à travers de vastes prairies d’altitude, et le panorama s’ouvre en conséquence.
Côté italien (direction Pontechianale) : au départ de Casteldelfino, en passant par Pontechianale — un village au caractère typiquement piémontais de la province de Cuneo, dont l’architecture mêlant bois et pierre contraste subtilement avec la vallée du Queyras côté français. Le versant italien est légèrement plus long, environ 22,4 km, avec une répartition des pentes également dominée par une intensité moyenne soutenue, sans pentes extrêmes particulièrement marquées. Mais précisément parce que la distance est plus longue, la dépense énergétique globale reste considérable.
Derniers kilomètres avant le sommet : quel que soit le versant emprunté, dans les derniers kilomètres précédant le sommet, le paysage se mue en lande alpine typique — roches nues et éboulis remplacent prairies et forêts, et la sensation d’air raréfié se fait alors la plus nette. La vue au sommet est extrêmement dégagée ; par temps clair, on peut embrasser d’un seul regard les vallées des deux côtés, français et italien. Cette expérience de « franchir deux pays d’un pas, le regard embrassant deux horizons » est le charme propre au Col Agnel en tant que col frontalier international.
Estimation de puissance et d’allure : comment le modèle physique calcule
En prenant pour base le versant français (20,5 km, dénivelé estimé d’environ 1 344 mètres, pente moyenne d’environ 6,6 %), et en appliquant le modèle physique standard :
P = (Fg + Fr + Fa) × v ÷ rendement de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr résistance au roulement
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v² résistance aérodynamique
Paramètres hypothétiques retenus :
- Masse totale m = 70 kg de cycliste + 9 kg de vélo et équipement = 79 kg
- Accélération de la pesanteur g = 9,81 m/s²
- Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,005 (pneus de route sur asphalte)
- Surface frontale × coefficient de traînée CdA ≈ 0,32 m² (position assise en montée)
- Densité de l’air ρ : diminue nettement avec l’altitude (plage d’environ 1 400 à 2 744 mètres) — c’est la particularité la plus marquante de cet itinéraire par rapport à de nombreuses autres ascensions européennes : le col se situe déjà près de la plage d’altitude de croisière initiale de nombreux aéronefs de montagne, et la diminution de la densité de l’air y est bien plus marquée que sur les ascensions de basse altitude
- Rendement de transmission ≈ 0,975
En utilisant Python pour résoudre itérativement ce modèle afin d’obtenir la vitesse moyenne et le temps correspondant à différents rapports puissance/poids, les résultats sont les suivants :
| Rapport puissance/poids | Catégorie de cycliste correspondante | Temps d’ascension estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine l’ascension | Environ 2 h 04 min | Environ 9,9 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 1 h 40 min | Environ 12,3 km/h |
| 3,0 W/kg | Cycliste confirmé | Environ 1 h 24 min | Environ 14,6 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 65 min | Environ 18,9 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 54 min | Environ 22,8 km/h |
Ce qui précède est une estimation moyenne globale pour le versant français, sans tenir compte des variables réelles telles que le vent, l’état de la route ou les différences morphologiques ; cela ne sert que de référence pour la planification. Il convient de souligner que la plage d’altitude de ce col (1 400 à 2 744 mètres) est bien supérieure à celle des autres ascensions de cet article, et que la diminution de la densité de l’air avec l’altitude y est également plus prononcée — théoriquement, cela signifie qu’à puissance de sortie égale, la résistance aérodynamique en haute altitude est plus faible qu’à basse altitude, et le cycliste peut bénéficier d’un « bonus aérodynamique » légèrement supérieur. Mais cet avantage physique est souvent entièrement compensé, voire dépassé, par la dégradation physiologique de la puissance due au manque d’oxygène en altitude. C’est aussi pourquoi la plupart des gens, en pédalant au-delà de 2 700 mètres d’altitude, ressentent un effort réellement plus pénible qu’à plat ou qu’à basse altitude lors de l’entraînement, même si les chiffres de puissance affichés semblent similaires.
À propos des records professionnels : le Col Agnel a été intégré au Tour de France en 2008 (15ᵉ étape) et 2011 (18ᵉ étape) avec un classement hors catégorie, et le Tour d’Italie a visité ce col frontalier à plusieurs reprises en 1994, 2000, 2007 et 2016. Étant donné les différences considérables de sens de parcours, de tactique d’équipe et de conditions météorologiques entre chaque édition, les temps d’ascension réels des coureurs professionnels ne se prêtent pas à une comparaison directe avec les chronos personnels des cyclistes amateurs ; aucune donnée précise n’est donc citée ici.
Point de vue des cyclistes taïwanais : évaluer vos capacités face au défi de la haute altitude
Le Col de l’Agnel, culminant à 2 744 mètres d’altitude, bien que moins élevé que le mont Wuling (Route provinciale 14甲, environ 3 275 mètres), est suffisamment haut pour que le corps ressente clairement les effets physiologiques de la haute altitude — diminution de l’oxygène disponible, augmentation de la fréquence respiratoire, fatigue accrue. Ces sensations ne sont pas étrangères aux cyclistes taïwanais ayant déjà relevé le défi du mont Wuling. La différence réside dans le fait que le Col de l’Agnel est un col frontalier « à gravir des deux côtés ». Si votre itinéraire prévoit une ascension et une descente des deux versants, ou une liaison avec d’autres cols voisins, le temps d’exposition cumulé à la haute altitude sera plus long que celui d’un défi unidirectionnel d’une journée au mont Wuling, et la charge globale sur le corps nécessite une évaluation plus prudente.
Rappels pratiques pour la planification (à titre indicatif uniquement ; pour la planification réelle, veuillez vous référer aux dernières annonces officielles et aux informations locales) :
- L’acclimatation à l’altitude est primordiale : par rapport aux autres ascensions de cet article, l’altitude du Col de l’Agnel est nettement plus élevée. Si votre environnement d’entraînement habituel est proche du niveau de la mer, il est fortement recommandé de prévoir une période d’acclimatation plus longue (par exemple, arriver quelques jours à l’avance dans une ville d’altitude moyenne environnante), plutôt que de tenter le défi directement après seulement un ou deux jours. Les réactions à la haute altitude varient considérablement d’un individu à l’autre ; planifiez donc de manière prudente.
- Saison : en raison de son altitude extrême, ce col a une période de fermeture plus longue que la plupart des cols alpins. Il n’est généralement ouvert que brièvement entre le plein été et le début de l’automne. Avant de partir, vérifiez impérativement l’état d’ouverture de la route pour l’année en cours et évitez de planifier un voyage au début du printemps ou à la fin de l’automne.
- Planification des deux versants : si vous envisagez de relever le défi des deux côtés, français et italien (par exemple, un aller-retour ou une traversée à sens unique avec navette), évaluez soigneusement si votre condition physique et votre temps sont suffisants, afin d’éviter une épuisement en descente dû à la sous-estimation de l’effet combiné de la distance et de l’altitude.
- Transport : la plupart des cyclistes utilisent Briançon (France) ou Cuneo (Italie) comme base d’entrée et de sortie. Pour les modalités pratiques de location de voiture et de navette, veuillez vous renseigner auprès des canaux officiels locaux ; aucune information spécifique sur les prix ou les horaires n’est fournie ici.
Les Alpes Cottiennes : un nom qui porte un ancien royaume
Le massif des Alpes Cottiennes, où se situe le Col de l’Agnel, tire son nom de Cottius, un souverain local du premier siècle avant J.-C. — ce chef régional, initialement soumis à l’Empire romain, obtint l’autonomie sur cette région alpine en établissant une alliance avec Rome, et fit construire un important réseau routier à travers le massif, connu plus tard sous le nom de « Via Cottia ». Cette voie devint l’un des passages clés reliant la Gaule (l’actuelle France) à la péninsule italienne. Bien que les avis des chercheurs divergent quant à savoir si le Col de l’Agnel faisait précisément partie du tracé de la Via Cottia, l’ensemble des Alpes Cottiennes constitue depuis l’Antiquité un réseau de passages important reliant les deux versants des Alpes. C’est d’ailleurs pourquoi les hypothèses sur l’itinéraire emprunté par Hannibal pour franchir les Alpes se tournent vers les nombreux cols de cette région.
Cette profondeur historique s’étendant sur plus de deux millénaires confère au Col de l’Agnel une nature fondamentalement différente de celle de nombreuses ascensions rendues célèbres uniquement par les courses cyclistes modernes — son importance ne date pas des caméras du Tour de France ou du Tour d’Italie, mais remonte bien plus loin, à l’époque de l’expansion de l’Empire romain, voire à la préhistoire, où il était déjà un point de passage crucial pour les échanges entre les populations des deux versants des Alpes. Lorsque vous franchissez ce col à vélo, vous roulez, d’une certaine manière, sur les traces d’une ancienne voie parcourue par d’innombrables marchands, armées, et même les légendaires éléphants de guerre carthaginois.
Le charme culturel d’une frontière entre deux nations : un col, deux vies montagnardes
Franchir le Col de l’Agnel, c’est aussi, d’une certaine manière, entreprendre un voyage culturel miniature. Côté français, la vallée de la Clarée conserve un mode de vie alpin traditionnel relativement intact. Le mécanisme de protection du parc naturel régional a préservé l’architecture des villages et le paysage, qui n’ont guère changé depuis des siècles. Les toits de lauze et les granges en bois se dispersent dans des vallées verdoyantes ; en été, les fleurs sauvages parsèment les alpages, créant une atmosphère paisible et poétique.
Côté italien, on retrouve l’atmosphère rustique et authentique particulière aux montagnes du Piémont. Des petits villages comme Pontechianale, dont les bâtiments mêlent structures en bois et en pierre, conservent davantage de traces de la vie agro-pastorale de montagne italienne. Les deux cultures se rencontrent au sommet du col, où la borne frontière et les plaques commémoratives témoignent silencieusement de la longue histoire de ce passage en tant que route commerciale, de migration et même d’opérations militaires pendant des millénaires — des chemins de transhumance saisonniers de la préhistoire, aux hypothèses d’opérations militaires à l’époque romaine, jusqu’à devenir un lieu de pèlerinage pour le cyclisme à l’époque moderne. L’identité du Col de l’Agnel n’a cessé d’évoluer, mais son rôle de pont reliant les cultures montagnardes des deux nations n’a, lui, jamais changé.
Recommandations d’équipement : une préparation complète pour une longue ascension en haute altitude
Une ascension longue comme celle du Col de l’Agnel, culminant à près de 2 744 mètres, exige un équipement plus complet que pour les ascensions de moyenne altitude. Les considérations essentielles sont « gérer un effort soutenu sur la durée » et « faire face à des écarts de température importants ».
Configuration du développement : bien que la pente moyenne ne soit pas extrême sur l’ensemble du parcours (environ 6,5 % à 6,6 %), la distance de plus de 20 kilomètres combinée à l’ascension continue jusqu’à près de 2 700 mètres sollicite considérablement l’endurance musculaire. Il est recommandé de prévoir un développement qui vous permette de maintenir une cadence stable dans les sections de haute altitude de la fin de parcours, afin d’éviter d’avoir à forcer avec un couple élevé et non idéal dans un état de manque d’oxygène.
Couche chaude et coupe-vent : c’est l’itinéraire de cet article qui nécessite la plus grande attention en matière d’équipement de protection contre le froid. Le sommet du col, à près de 2 744 mètres d’altitude, peut présenter des températures nettement basses même en plein été. Combiné à l’effet des vents violents en altitude, la température ressentie peut être bien inférieure à celle affichée par le thermomètre. Il est conseillé d’emporter une couche chaude coupe-vent compressible suffisante, et d’envisager des gants légers et des accessoires de protection de la tête pour faire face au froid et au vent au sommet.
Ravitaillement et hydratation : les villages sont rares le long du parcours, et il n’y a pratiquement aucun point de ravitaillement, surtout à l’approche du sommet. Assurez-vous d’emporter suffisamment d’eau et de nourriture énergétique pour toute la durée de l’ascension avant le départ ; ne comptez pas sur un ravitaillement pratique en cours de route.
Communication et navigation : dans les zones reculées de la frontière franco-italienne, le signal de téléphonie mobile peut être instable sur certaines sections. Il est recommandé de télécharger des cartes hors ligne à l’avance et de vous assurer d’avoir suffisamment de batterie de secours (power bank) pour faire face aux imprévus.
Stratégie d’allure en haute altitude : surveiller la baisse naturelle de la puissance
Lors d’une sortie en haute altitude au-dessus de 2 700 mètres, la stratégie d’allure doit intégrer une variable que la plupart des ascensions en basse altitude ne nécessitent pas de considérer particulièrement — à mesure que l’altitude augmente, la capacité maximale d’absorption d’oxygène du corps diminue naturellement. Cela signifie que pour un même niveau d’effort perçu (RPE), la puissance réelle que vous pouvez maintenir en haute altitude est généralement inférieure à celle que vous pouvez produire en plaine ou à basse altitude lors de l’entraînement. Si vous définissez vos objectifs en vous fiant strictement aux chiffres de puissance ou de fréquence cardiaque que vous connaissez lors de vos entraînements à Taïwan, vous risquez fortement de vous sentir dépassé dans les derniers kilomètres du col, à près de 2 700 mètres.
Une approche plus prudente consiste à ajuster dynamiquement votre objectif d’intensité pour toute l’ascension à mesure que l’altitude augmente — dans les sections de basse et moyenne altitude du début, vous pouvez maintenir une intensité proche de votre niveau d’entraînement habituel, mais une fois entré dans les derniers kilomètres de landes de haute altitude, il est recommandé de réduire activement votre puissance cible et de vous baser sur l’effort perçu et le rythme respiratoire plutôt que de vous accrocher aux chiffres de puissance calculés en plaine. Cela vous évitera de maintenir de force une intensité irréaliste et élevée dans un état de manque d’oxygène.
Rappel de sécurité : risques spécifiques de la haute altitude et des cols frontaliers
Mal d’altitude : Le col de l’Agnel, à 2 744 mètres d’altitude, est le plus élevé des itinéraires présentés dans cet article. Le risque de symptômes liés au mal des montagnes (maux de tête, nausées, fatigue extrême, confusion, etc.) y est donc plus important. Si ces signes d’alerte apparaissent, cessez immédiatement toute ascension, reposez-vous sur place et redescendez si nécessaire. Consultez un médecin au plus vite en cas de besoin. Ces rappels ne remplacent pas un avis médical professionnel. Les réactions individuelles à l’altitude varient considérablement, soyez donc toujours prudent.
Écarts de température extrêmes et vents violents : Les variations de température et de vent sur les cols de haute altitude sont bien plus importantes que sur les montées de moyenne ou basse altitude. Même si vous ressentez une chaleur estivale au pied du col, le sommet peut présenter des températures proches de zéro et de fortes rafales de vent. Le risque d’hypothermie en descente ne doit pas être sous-estimé. Emportez impérativement des vêtements chauds et coupe-vent en quantité suffisante.
Changements météorologiques soudains et risque de foudre : En montagne, les orages sont fréquents l’après-midi. Le risque d’averses orageuses et de foudre est particulièrement à surveiller sur les sections de haute altitude, ouvertes et exposées. Si des signes d’orage se manifestent, mettez-vous rapidement à l’abri dans un endroit sûr et évitez de rester sur un terrain découvert ou à un point culminant.
État des routes frontalières et délais de secours : Le col de l’Agnel est situé dans une zone frontalière franco-italienne relativement isolée, avec des villages clairsemés. En cas de panne mécanique ou d’accident, les délais d’attente pour les secours ou l’assistance peuvent être plus longs que pour les montées autour des zones urbaines. Assurez-vous que vos appareils de communication sont suffisamment chargés et informez vos compagnons de route ou vos proches de votre itinéraire.
Technique de descente : Les longues descentes de haute altitude sont un test exigeant pour la maniabilité et le système de freinage. Contrôlez votre vitesse et freinez par à-coups plutôt qu’en continu à pleine puissance, afin d’éviter l’évanouissement thermique des freins. De plus, en état d’hypoxie d’altitude, les réflexes et le jugement peuvent être légèrement altérés, d’où la nécessité d’une prudence accrue.
L’importance de rouler accompagné : Compte tenu de l’isolement de l’itinéraire et de l’effet cumulé des risques liés à la haute altitude, rouler accompagné, plutôt que seul, permet d’apporter une aide et un jugement plus rapides en cas d’urgence. C’est une mesure de sécurité particulièrement recommandée pour ce type d’itinéraire de col frontalier de haute altitude.
Pourquoi le col de l’Agnel mérite une place dans votre liste européenne
La particularité du col de l’Agnel réside dans la combinaison de trois attraits : un « mystère historique », une « limite géographique » et une « culture transfrontalière » — une plaque commémorative potentiellement liée à la légende d’Hannibal, le record de la troisième plus haute route goudronnée des Alpes, et une expérience de cyclisme traversant deux styles de vie montagnarde, français et italien. Si l’on compare les cinq ascensions franco-italiennes présentées dans cet article, le col de l’Agnel est sans conteste celui dont le seuil d’altitude est le plus élevé et dont les exigences d’adaptation à la haute altitude sont les plus sévères. Mais c’est précisément pour cela que la récompense offerte aux challengers est la plus unique — cette vue imprenable depuis le sommet du réseau routier alpin européen, embrassant d’un seul regard les vallées des deux pays, est une expérience que les montées de basse altitude peinent à reproduire. Pour les cyclistes taïwanais avancés qui ont déjà conquis Wuling et recherchent un défi de haute altitude en Europe, le col de l’Agnel offre bien plus qu’une épreuve de pente et de distance ; c’est une opportunité de dialogue entre le corps et les limites de l’altitude — lorsque vous vous tenez au sommet du col à 2 744 mètres, surplombant à la fois les vallées françaises et italiennes, ce sentiment d’accomplissement qui transcende les frontières et le plafond d’altitude est une expérience unique que de nombreuses ascensions européennes ne peuvent reproduire.
Points clés à retenir
- Le col de l’Agnel, à 2 744 mètres d’altitude, est le troisième plus haut col routier goudronné des Alpes et le plus haut col frontalier international entre la France et l’Italie. Il est considéré comme l’une des routes possibles empruntées par Hannibal pour traverser les Alpes.
- Côté français : environ 20,5 km avec une pente moyenne de 6,6 % ; côté italien : environ 22,4 km avec une pente moyenne de 6,5 %. Les deux versants offrent des cultures et des paysages radicalement différents.
- Selon les estimations du modèle physique, côté français, un amateur moyen (2,5 W/kg) mettra environ 1 h 40, et un cycliste de niveau compétition (4 W/kg) environ 65 minutes.
- L’altitude est bien supérieure à celle des autres itinéraires de cette série. Prévoyez une période d’acclimatation à la haute altitude suffisante et ajustez activement vos objectifs d’allure dans la partie finale.
- Le mal d’altitude, les écarts de température extrêmes, la foudre et les délais de secours dans les zones isolées sont les principaux risques. Avant le départ, vérifiez votre équipement et informez vos compagnons de route de votre itinéraire.
Lectures complémentaires
- Du lac Léman à la Méditerranée : le guide complet des 12 jours de la Route des Grandes Alpes
- Une croix de fer, trois routes : comment le col de la Croix de Fer domine la carte du pèlerinage cycliste alpin par sa « flexibilité »
- Conquérir les Alpes françaises : le pèlerinage sur les cols mythiques du Tour de France
- À 2 642 mètres d’altitude, le point culminant le plus visité du Tour : la double épreuve du col du Galibier
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