De la côte désertique vers les forêts de nuages et de pins : Pico de las Nieves, le sommet volcanique des Canaries où Pogacar est venu faire son pèlerinage
Quand le continent est sous la neige, les équipes professionnelles profitent déjà du soleil pour grimper
Chaque année, à l’arrivée de l’hiver, lorsque les ascensions classiques des Alpes et des Pyrénées sont progressivement fermées par la neige, la plupart des cyclistes sur route en Europe continentale ne peuvent que passer de longs hivers sur les ergomètres. Un groupe, à l’inverse, emporte ses vélos pour se rendre sur une île volcanique située au large du nord-ouest de l’Afrique, rattachée à l’Espagne : l’île de Grande Canarie (Gran Canaria). Ici, la température moyenne en hiver se maintient autour de 20 degrés Celsius, mais en un seul jour, vous pouvez passer du désert côtier aux forêts de pins enveloppées de brouillard, pour enfin atteindre le sommet volcanique à près de 2000 mètres. Cette condition géographique unique, permettant de traverser plusieurs zones climatiques en une journée, est la raison principale pour laquelle l’île de Grande Canarie est devenue, depuis près de deux décennies, le sanctuaire d’entraînement hivernal des équipes professionnelles. Le Pico de las Nieves (qui signifie littéralement « Sommet de Neige ») est le point de repère d’ascension le plus emblématique de cette île.
En novembre 2025, la course finale de la « Semaine du Vélo de Grande Canarie » (Gran Canaria Bike Week), le « Grand Fondo Pico de las Nieves », a attiré près de huit cents coureurs pour le premier secteur. Selon les médias locaux, le champion du Tour de France Tadej Pogačar (Tadej Pogačar) a également participé personnellement à cette épreuve. De plus, des blogs de cyclistes rapportent qu’en janvier 2024, lors d’un voyage à Grande Canarie, ils ont eu la chance de croiser Thymen Arensman (Thymen Arensman) et Simon Yates (Simon Yates) de l’équipe INEOS. Ces coureurs de premier plan choisissent de visiter cette île pendant les périodes creuses de la saison, ce qui n’est pas une coïncidence, mais plutôt le résultat de la topographie et des conditions climatiques de l’île, qui constituent depuis longtemps l’arme secrète tacite de la communauté cycliste professionnelle mondiale.
Pour les cyclistes taïwanais, la caractéristique de l’île de Grande Canarie, qui « condense plusieurs types de terrains sur une seule île », pourrait évoquer le Taïwan : également une île, on peut passer de la ligne côtière à la zone de nuages des hautes montagnes en une courte distance. La différence réside dans le fait que les ascensions classiques taïwanaises comme Wuling (Wuling) suivent une route « d’une seule longue montée directe vers les nuages », tandis que le Pico de las Nieves condense plutôt la géomorphologie de toute l’île dans une seule route : buissons désertiques, géologie volcanique, forêts de pins canariens, s’empilant couche par couche pour mener au point culminant de l’île.
Tableau des données de base de la route
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Pays / Région montagneuse | Communauté autonome des îles Canaries, Espagne, zone montagneuse centrale de l’île de Grande Canarie (à la jonction des trois municipalités de Telde, collines de San Mateo et San Bartolomé Tirajana) |
| Départ → Arrivée | Telde → Sommet du Pico de las Nieves (lieu d’une station radar militaire et d’une plateforme d’observation publique) |
| Longueur | Environ 26,6 km (côté Telde, itinéraire plus court et plus raide ; il existe également un itinéraire partant de Maspalomas d’environ 44,5 à 51 km, les données varient considérablement selon les sources) |
| Dénivelé total | Environ 1 785 mètres (côté Telde) |
| Pente moyenne | Environ 6,7 à 6,8 % (les sources varient légèrement) |
| Pente maximale | Environ 12 % (sur certains tronçons) |
| Altitude de départ/arrivée | Départ environ 175 mètres, arrivée environ 1 933 à 1 949 mètres (l’altitude exacte du sommet varie légèrement selon les sources) |
| Source de notoriété | L’une des plus hautes montagnes des îles Canaries (traditionnellement considérée comme le point le plus haut de l’île, mais le Morro de la Agujereada voisin, mesuré avec précision, est en réalité plus haut, environ 1 956 mètres). La base de données des ascensions PJAMM le classe comme l’une des « 100 plus grandes ascensions cyclistes du monde ». Le Grand Fondo Pico de las Nieves annuel est une course fixe à laquelle participent à la fois des coureurs professionnels et amateurs |
Note sur les données : Le Pico de las Nieves possède plusieurs itinéraires d’ascension avec des points de départ différents ; les chiffres de la longueur et de la pente varient considérablement selon le point de départ. Cet article prend comme référence principale l’itinéraire du côté de Telde, dont les données sont les plus complètes et qui est décrit par la base de données des ascensions comme « l’ascension la plus difficile de l’île ». Si le lecteur choisit un autre point de départ (comme Maspalomas, Guaya, etc.), la distance et la pente réelles présenteront des écarts importants. Veuillez vous baser sur le tracé réel de votre itinéraire planifié.
Un fait étrange où même l’altitude du sommet est « contestée »
Avant d’introduire en détail l’itinéraire, voici une anecdote intéressante à partager : le Pico de las Nieves a longtemps été « traditionnellement considéré » par les locaux et les documents touristiques comme le point culminant de l’île de Grande Canarie, mais selon Wikipédia, après une mesure précise, le Morro de la Agujereada voisin est en réalité le point culminant réel de l’île (environ 1 956 mètres, légèrement plus haut que le Pico de las Nieves). Cet écart entre la « perception traditionnelle » et le « résultat de mesure précise » reflète en quelque sorte le caractère de cette île : les gens ici semblent s’intéresser davantage à la signification culturelle du Pico de las Nieves en tant que point de repère symbolique qu’aux classements numériques précis. En effet, depuis l’antiquité, ce sommet est le point culminant admiré de toute l’île, et la station radar militaire et la plateforme d’observation publique situées au sommet restent aujourd’hui encore le meilleur endroit pour dominer toute l’île et apervoir à distance le volcan de l’île de Tenerife (Tenerife) et le Teide, le plus haut sommet de l’Espagne présenté dans cette série d’articles.
Décomposition par secteurs : un voyage à travers plusieurs paysages
En décomposant l’ascension du côté de Telde en plusieurs étapes, on découvre que le charme le plus fascinant de cette route réside dans ses couches de paysage en constante évolution.
Première étape : Échauffement dans les buissons désertiques et les villes côtières
Partant de Telde (altitude environ 175 mètres), la route traverse d’abord une zone de basse altitude sèche située sur le côté est de l’île, où la végétation est principalement constituée de buissons désertiques résistants à la sécheresse. On observe souvent des paysages secs typiques de la Méditerranée de part et d’autre de la route. La pente de ce tronçon est relativement douce, permettant au corps de s’adapter progressivement au rythme de l’ascension. C’est également le point de départ pour ressentir la caractéristique de « plusieurs zones climatiques » de l’île : il est difficile d’imaginer que ce paysage désertique légèrement désolé deviendra progressivement un paysage de forêt de pins complètement différent.
Deuxième étape : Pénétration dans le cœur de la géologie volcanique
À mesure que l’altitude augmente, la route entre dans une zone géologique volcanique plus marquée. On peut observer des couches de roche volcanique nues et des traces de structures géologiques autour de la route. Selon la description de la base de données des ascensions, la pente de ce tronçon n’est pas uniformément répartie, mais alterne avec des tronçons raides d’environ 10 % et des tronçons de récupération plus doux. Il ne s’agit pas d’une ascension classique « stable et continue », mais plutôt d’une montée d’intensité moyenne à élevée avec des fluctuations rythmiques. La base de données des ascensions mentionne spécifiquement qu’à environ 18 km du parcours, on passe par la zone de la Caldera Los Marteles (point d’observation du cratère de Matres), où l’on peut faire une pause.
Troisième étape : La ceinture de forêts de pins canariens
En montant plus haut, la végétation se transforme progressivement en forêt de pins canariens (Pino Canario), une espèce de pin très résistante à la sécheresse et adaptée à la géologie volcanique, qui est également un symbole important de l’écosystème des îles Canaries. L’ombrage de la forêt de pins atténue légèrement l’exposition au soleil de midi, mais le raréfaiement de l’air et la baisse de température dus à l’augmentation de l’altitude font que la sensation de conduite passe progressivement de « chaude » à « fraîche, voire légèrement froide ».
Quatrième étape : La ceinture de brouillard et la dernière sprint
C’est le tronçon le plus dramatique de l’itinéraire. En raison de l’interaction entre la topographie et les vents d’ouest atlantiques, une ceinture de brouillard stable apparaît souvent aux hauteurs de la zone montagneuse centrale de l’île de Grande Canarie. Des cyclistes ont rapporté que lorsqu’on arrive dans cette zone depuis la direction de Telde, un ciel initialement ensoleillé peut être enveloppé par des nuages en quelques kilomètres seulement, la visibilité chute brusquement et la température change également. Cette expérience visuelle enveloppée de brouillard, associée au paysage de roches volcaniques nues, crée une atmosphère presque surréaliste, formant un contraste marqué avec la côte désertique ensoleillée au pied de la montagne. Le tronçon juste avant l’arrivée au sommet voit la pente remonter à nouveau à l’intervalle le plus raide de l’ensemble du parcours (environ 12 %), défiant la volonté des coureurs pour maintenir leur sortie dans un environnement à basse température et faible visibilité.
Arrivée : Station radar militaire et point culminant de l’île
Une fois arrivé au sommet, les coureurs sont accueillis par une installation radar militaire et une plateforme d’observation publique. Par temps clair, on peut dominer toute l’île de Grande Canarie et apervoir à distance les îles voisines de Tenerife et le volcan du Teide, le plus haut sommet de l’Espagne présenté dans cette série d’articles. Cette vue « d’un volcan observant un autre volcan » est le cadeau géographique le plus unique du Pico de las Nieves.
Gran Fondo Pico de las Nieves : Une épreuve annuelle où Pogacar fait également son apparition
La popularité croissante de cette montée ces dernières années est en grande partie due au Gran Fondo Pico de las Nieves, une course de masse annuelle. C’est le dernier événement de la série « Semaine du vélo de Grande Canarie » et fait partie de la série TotalEnergies Gran Fondo. Selon les médias locaux, l’édition 2025 marque la 37e année de l’événement. Le premier tronçon a attiré environ huit cents cyclistes, tandis que les étapes suivantes comptent environ deux cents participants chacune.
Le point le plus marquant est sans doute la présence de Tadej Pogačar, plusieurs fois vainqueur du Tour de France, qui a participé à cette épreuve. Pour une course de masse régionale, cela représente un immense coup de projecteur. Par ailleurs, des blogs de cyclistes ont mentionné qu’en janvier 2024, ils avaient croisé Timen Aelensman et Simon Yates de l’équipe Ineos sur l’île. Il convient d’être honnête : ce type de « rencontre fortuite » relève d’observations personnelles et ne constitue pas une confirmation officielle des détails d’un camp d’entraînement. Il est préférable de considérer cela comme une preuve que les meilleurs cyclistes professionnels choisissent de visiter cette île pendant les périodes creuses de la saison pour un entraînement personnalisé, plutôt que de l’interpréter comme l’organisation officielle d’un camp d’entraînement annuel par une équipe.
En général, l’Espagne, et plus particulièrement la Grande Canarie, a progressivement remplacé l’Italie et des lieux comme Calpe sur le continent espagnol à partir d’environ 2008 pour devenir l’un des choix populaires pour les camps d’entraînement d’hiver des cyclistes professionnels. La principale force motrice derrière cette tendance est la combinaison du climat hivernal doux et des conditions de terrain variées mentionnées ci-dessus.
En plus du Pico de las Nieves, l’île abrite une autre montée également très réputée, la « Serenity ». Simon Warren, auteur britannique de guides de montées connu, l’a décrite comme « l’utopie de la montée » et a qualifié l’île de Grande Canarie de « Majorque aux stéroïdes ». Cette remarque illustre vivement la position de la Grande Canarie dans le cœur des cyclistes européens : contrairement à Majorque, déjà développée de manière relativement commerciale et très fréquentée par les cyclistes, le terrain de la Grande Canarie est plus sauvage, plus diversifié et les montées plus exigeantes. Ces dernières années, elle est progressivement devenue une destination de choix pour les cyclistes avancés et les athlètes professionnels, surnommée « la prochaine Majorque ».
Quatorze microclimats : un laboratoire climatique insulaire
Pour comprendre comment il est possible de passer d’un désert à une forêt nuageuse lors d’une même sortie, il faut d’abord connaître les conditions géographiques uniques de l’île. Selon les données climatiques, l’île est décrite comme possédant jusqu’à quatorze bandes de microclimat distinctes. De la climatisation désertique sèche des côtes aux bandes nuageuses formées dans les montagnes centrales par l’effet de soulèvement des vents d’ouest atlantiques et du relief, jusqu’au climat de haute montagne méditerranéenne presque présent aux altitudes les plus élevées, tout cela est condensé dans une île circulaire d’un diamètre inférieur à 60 kilomètres.
Le mécanisme physique derrière ce phénomène est similaire à celui de la formation de la bande nuageuse au vent de la chaîne centrale de Taiwan : les flux d’air humides de l’océan rencontrent le relief montagneux et sont forcés de s’élever ; la vapeur d’eau se condense à une altitude spécifique pour former une bande nuageuse stable entourant les montagnes. Les enregistrements de cyclistes décrivent vivement ce processus : lors d’une sortie dans la région de Tejeda, la visibilité initialement claire a été rapidement engloutie par une brume dense après seulement quelques kilomètres de montée, alors que les nuages montaient comme une marée sur la crête. Cette expérience sensorielle de « traverser les nuages » est un paysage unique difficile à reproduire dans les montées intérieures d’Europe continentale et constitue l’une des raisons pour lesquelles l’île attire les amateurs de photographie et les créateurs de contenu.
Pour les cyclistes préparant à relever le défi du Pico de las Nieves, cette caractéristique climatique a une signification pratique : même si les prévisions météorologiques indiquent « ensoleillé » au départ, cela ne signifie pas que la visibilité et la température resteront les mêmes tout au long du parcours. Il est impératif de se préparer avec flexibilité sur l’équipement et de ne pas se fier uniquement aux données d’une seule station météorologique au pied de la montagne.
Voisins emblématiques de l’île : le Rocher Roque Nublo
En se rendant au Pico de las Nieves, les cyclistes ont également l’occasion de contempler ou de traverser un autre site emblématique de la Grande Canarie, le Rocher Roque Nublo. Il s’agit d’une immense colonne de basalte érigée dans un paysage volcanique et constitue l’un des points de repère naturels les plus représentatifs de l’île depuis de nombreuses années. Le Pico de las Nieves et le Roque Nublo appartiennent tous deux au groupe de paysages géologiques volcaniques de la chaîne centrale. Combinés au volcan Ténérife, visible à distance de l’autre côté de l’île, ils forment une configuration géographique unique où « trois sites emblématiques se font face ». Cela permet également de ne pas seulement contempler l’île entière depuis le sommet du Pico de las Nieves, mais de se tenir au point culminant d’un parc géologique volcanique entier pour admirer d’un coup d’œil les curiosités géologiques les plus représentatives de cette île.
Estimation de la puissance et de la vitesse : combien de temps faut-il pour le parcourir selon son niveau ?
Le calcul physique réel permet de transformer des concepts abstraits comme « 6,7 % de pente moyenne sur 26,6 km » en une notion de temps concrète. Le modèle standard est le suivant :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) Composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr Résistance au roulement
Fa = 0.5 × ρ × CdA × v² Résistance à l'air
Les calculs reposent sur les paramètres d’hypothèse suivants :
- Masse totale m = cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg = 79 kg
- Accélération gravitationnelle g = 9,81 m/s²
- Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,005 (pneu de route sur bitume)
- Surface de résistance à l’air CdA ≈ 0,32 m² (position de montée)
- Densité de l’air ρ : ajustée en utilisant l’altitude moyenne d’environ 1 050 mètres pour l’ensemble du parcours
- Efficacité de transmission ≈ 0,975
- Distance de 26,6 km, dénivelé de 1 785 mètres, pente moyenne de 6,7 %
Après calcul réel avec Python, les résultats sont les suivants :
| Rapport puissance/poids | Groupe correspondant | Temps estimé pour la montée | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant | Environ 3h 04min 05s | Environ 8,7 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 2h 28min 39s | Environ 10,7 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 2h 05min 14s | Environ 12,7 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 1h 36min 21s | Environ 16,6 km/h |
| 5,0 W/kg | Niveau professionnel | Environ 1h 19min 21s | Environ 20,1 km/h |
Ce tableau illustre clairement le caractère du Pico de las Nieves : il ne s’agit pas d’une courte et raide montée à résoudre en quelques dizaines de minutes, mais d’une épreuve de longue haleine d’une heure et demie à trois heures, où la gestion de l’effort et la stratégie de ravitaillement sont bien plus exigeantes que la puissance explosive instantanée. En considérant les pentes locales mentionnées dans le parcours (environ 10 % à 12 %) et en utilisant le même modèle physique pour analyser les situations instantanées : si la pente atteint 10 % et que la vitesse est maintenue à 10 km/h, la puissance requise est d’environ 234 watts, ce qui correspond à un rapport puissance/poids d’environ 3,35 W/kg ; si la pente augmente à 12 % tout en maintenant une vitesse de 10 km/h, la puissance requise passe à environ 278 watts, soit environ 3,97 W/kg. Cela montre que bien que des pentes raides existent sur le Pico de las Nieves, leur intensité est bien inférieure à celle des sections extrêmes d’Angliru ou de Winnats Pass, où la puissance peut approcher 5 à 7 W/kg instantanément. Son véritable défi réside dans la gestion de l’endurance pour « maintenir une sortie de haute intensité pendant une longue durée », et non dans la puissance explosive instantanée.
Les estimations ci-dessus basées sur le modèle physique ne tiennent pas compte de la direction du vent (l’effet des vents d’ouest sur l’île de Grande Canarie peut être très marqué en zone montagneuse), de la qualité de la route, ni de l’impact de la chute brutale de la température dans la bande nuageuse sur la sensation corporelle et l’efficacité de la puissance. Le temps réel de la montée peut donc varier.
Préparation de l’équipement : une stratégie multicouche pour faire face aux changements climatiques soudains
Face à ce type d’ascension où « une seule sortie traverse plusieurs zones climatiques », la réflexion centrale pour la préparation de l’équipement doit être « multicouche et modulable », plutôt que de miser sur une tenue unique et fixe.
Superposition des vêtements : Des vingt degrés Celsius au pied de la montagne aux températures basses et à l’humidité qui peuvent chuter brutalement dans la zone de brouillard au sommet, il est conseillé d’adopter la technique de l’oignon. Emportez toujours une veste légère coupe-vent/imperméable et enfilez-la avant d’entrer dans la zone de brouillard pour éviter le risque d’hypothermie dû à une chute soudaine de la température ressentie.
Configuration du braquet : Bien qu’une pente moyenne de 6,7 % ne soit pas particulièrement extrême, compte tenu de la longue distance totale de 26,6 km et des sections raides locales de 10 % à 12 %, il est conseillé de préparer une combinaison de braquets capable de supporter une puissance moyenne à élevée sur une longue durée, afin d’éviter d’être contraint de réduire considérablement la vitesse dans la dernière partie en raison de la fatigue des jambes combinée aux pentes raides.
Planification du ravitaillement : Pour une ascension aussi longue couvrant des terrains variés, la stratégie de ravitaillement est cruciale. Il est recommandé de vérifier avant le départ s’il y a des magasins ou des points de ravitaillement le long du parcours, et d’emporter suffisamment d’eau et d’aliments énergétiques pour faire face à la consommation liée à une longue sortie, d’autant plus que le climat sec des îles Canaries accélère la perte de fluides corporels.
Perspective des cyclistes taïwanais : convertir vos capacités
Si l’on place le Pico de las Nieves dans le système de coordonnées des cyclistes taïwanais, le point de comparaison le plus direct est le Wuling : il s’agit également d’une ascension partant d’une altitude relativement basse pour atteindre un sommet de près de 2 000 mètres, avec des changements marqués de végétation et de zones climatiques. L’ascension du Wuling par l’ouest (depuis Puli) est plus longue et présente un dénivelé plus important, mais la pente moyenne est relativement plus douce ; les deux sont comparables dans la catégorie des « ascensions d’endurance longue distance à haute intensité ».
Si vous avez déjà relevé le défi du Wuling et que vous gardez un souvenir marquant de l’expérience où « la température baisse progressivement et la végétation change au cours de l’ascension », alors le Pico de las Nieves vous semblera familier, avec simplement une couche supplémentaire de paysages volcaniques et d’effets de zone de brouillard propres aux îles Canaries. Inversement, si vous roulez principalement à Taïwan sur des ascensions relativement courtes comme Fengguizui ou Beiyi, face à une montée continue de 26,6 km comme celle du Pico de las Nieves, qui dure souvent plus d’une heure et demie, il est conseillé d’accumuler d’abord une expérience d’ascension d’endurance sur de plus longues distances à Taïwan (comme le défi du Wuling ou de Hehuanshan) avant d’envisager un voyage à Grande Canarie.
Concernant les aspects pratiques du voyage, Grande Canarie étant une destination d’entraînement cycliste hivernale mature en Europe, l’île compte de nombreux prestataires proposant la location de vélos et des services de camps d’entraînement. Cependant, nous ne parlerons ici que des principes généraux et ne fabriquerons pas de prix ou d’horaires spécifiques : il est conseillé de s’y rendre en hiver (environ de novembre à mars de l’année suivante) pour éviter les sections à basse altitude qui peuvent être trop chaudes en été ; pour la location de vélos et l’organisation du voyage, veuillez vous référer aux informations publiées par les autorités officielles ou les prestataires locaux au moment de votre séjour ; comme l’aéroport (aéroport de Grande Canarie, près de Telde) est relativement proche de l’itinéraire classique au départ de Telde, les conditions géographiques sont assez favorables pour organiser le transfert des vélos, mais il est tout de même conseillé de vérifier à l’avance les itinéraires de transport réels.
Avertissements de sécurité
Les changements météorologiques dans les montagnes de Grande Canarie constituent le facteur de risque le plus important à prendre en compte sur cet itinéraire. L’effet de zone de brouillard mentionné précédemment signifie que vous pourriez subir une chute brutale de la visibilité pendant votre sortie ; il est conseillé d’emporter des équipements réfléchissants/d’avertissement, surtout si votre itinéraire est prévu pendant des périodes où la visibilité est moindre. La chute soudaine de la température mérite également une attention particulière : même si vous ne portez qu’une tenue de cyclisme légère d’été au départ au pied de la montagne, la zone de brouillard au sommet et l’altitude proche de 2 000 mètres peuvent entraîner une sensation de froid intense. L’effet de refroidissement éolien lors de la descente amplifiera encore cette sensation de froid ; assurez-vous d’être équipé de vêtements chauds et coupe-vent suffisants.
De plus, comme la dernière partie de l’itinéraire passe à proximité d’installations radar militaires, veuillez prêter attention à tout panneau de signalisation et aux instructions du personnel sur place, et ne pénétrez pas dans les zones non autorisées. Une ascension longue distance est une épreuve réelle pour le système cardiovasculaire et l’équilibre électrolytique, surtout dans le climat sec des îles Canaries ; une exposition prolongée au soleil combinée à un effort continu peut entraîner une déshydratation et un déséquilibre électrolytique. Si des signes de coup de chaleur ou de déshydratation apparaissent, tels qu’une fatigue anormale, des vertiges ou des nausées, vous devez immédiatement arrêter de rouler et chercher un endroit frais pour vous reposer et vous hydrater. Si vous avez des antécédents de maladies cardiovasculaires, une tension artérielle mal contrôlée ou si votre état de santé récent est médiocre, il est conseillé de reporter ce type d’ascension longue durée à haute intensité et de consulter un avis médical professionnel avant d’évaluer si vous êtes apte à le faire. En cas de signes avant-coureurs nécessitant une attention médicale, tels qu’une oppression thoracique, des palpitations anormales, une vision floue ou une perte de conscience, vous devez immédiatement arrêter de rouler et chercher de l’aide à proximité. Le contenu de cet article n’est qu’une recommandation générale et ne peut remplacer une évaluation médicale professionnelle.
Points clés
- Le Pico de las Nieves est un point de repère volcanique dans les montagnes centrales de Grande Canarie. L’itinéraire côté Telde mesure environ 26,6 km de long, avec un dénivelé d’environ 1 785 mètres et une pente moyenne d’environ 6,7 % à 6,8 %. Il est classé parmi les 100 meilleures ascensions cyclistes au monde par la base de données PJAMM.
- La Gran Fondo Pico de las Nieves, organisée chaque année, est un moteur important de la renommée de cet itinéraire. En 2025, elle a attiré le vainqueur du Tour de France, Tadej Pogačar. D’autres cyclistes ont également rapporté avoir croisé des coureurs de haut niveau comme Thymen Arensman et Adam Yates de l’équipe INEOS sur l’île.
- La caractéristique principale de l’itinéraire est la traversée, en une seule sortie, de multiples strates paysagères : broussailles désertiques, terrain volcanique, pinèdes canariennes et zones de brouillard, ce qui constitue l’aspect le plus fascinant de cet itinéraire au-delà des données physiques.
- Selon les modèles physiques, un amateur moyen (2,5 W/kg) met environ 2 heures et 29 minutes pour terminer le parcours, tandis qu’un professionnel (5,0 W/kg) met environ 1 heure et 19 minutes ; par rapport aux ascensions à pentes raides instantanées, cet itinéraire teste la gestion de l’endurance sur une puissance moyenne à élevée prolongée.
- Pour relever ce défi, il est conseillé d’adopter une stratégie vestimentaire multicouche pour faire face aux changements climatiques soudains et de s’assurer que la planification du ravitaillement longue distance est bien en place.
- Le climat hivernal de Grande Canarie est doux, ce qui en fait un choix populaire pour l’entraînement hivernal des équipes professionnelles européennes. Pour planifier votre voyage, il est conseillé d’éviter la période chaude de l’été et de se référer aux dernières informations publiées par les autorités officielles ou les prestataires locaux.
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