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Trente mille personnes autour d'un lac dans une nuit qui ne s'assombrit jamais : le Vätternrundan suédois, 315 kilomètres, une leçon d'endurance où le peloton décide de tout

騎行路線

En juin, dans le centre de la Suède, à vingt-trois heures, le ciel est d’une couleur étrange — pas noir, mais d’un bleu profond teinté de gris-vert, comme si quelqu’un avait tourné le bouton de luminosité de la nuit aux sept dixièmes et l’avait laissé là.

Sous cette lumière, un fleuve de feux arrière rouges coule lentement le long des rives d’un immense lac. On n’entend pas de moteurs, seulement le bruissement des pneus sur l’asphalte, le cliquetis des changements de vitesse, et le souffle de plusieurs milliers de personnes respirant à l’unisson.

C’est le Vätternrundan, une randonnée de 315 kilomètres autour du lac Vättern, en Suède. Ce n’est pas une course, il n’y a ni classement, ni prix. Pourtant, près de trente mille personnes s’y inscrivent chaque année, dont environ vingt pour cent viennent de l’étranger.

C’est l’un des plus grands événements de cyclisme de longue distance non compétitif au monde, et son attrait principal réside dans le fait qu’il vous fait parcourir un tour complet du lac dans une nuit qui ne devient jamais vraiment noire.

L’étude d’un médecin du sport devenue une tradition nationale

L’origine du Vätternrundan est assez singulière : il n’a pas été lancé par une fédération de cyclisme, mais par un médecin du sport, Sten-Otto Liljedahl. Alors qu’il passait l’été à Motala, il a commencé à réfléchir aux effets de l’exercice prolongé sur le corps humain, d’où l’idée de « faire le tour du lac ».

La première édition a eu lieu en 1966, seulement 334 personnes ont terminé.

Un demi-siècle plus tard, ce chiffre se compte en dizaines de milliers. En 2011, près de 28 000 cyclistes ont participé aux trois différentes distances proposées. C’est aussi l’épreuve cycliste du défi suédois « En Svensk Klassiker » — une combinaison d’épreuves d’endurance comprenant le ski de fond, la natation en eau libre, le cyclisme et la course à pied, un symbole culturel quasi national en Suède.

En d’autres termes, le Vätternrundan signifie pour les Suédois à peu près ce que le Marathon de Taipei plus le Taipei-Kaohsiung en une journée représenteraient pour nous, multiplié par un consensus social du type « tout le monde devrait l’avoir fait une fois ».

Informations de base sur le parcours

Élément Détail
Pays Suède, centre-sud (à la frontière de l’Östergötland / Jönköping / Västra Götaland)
Départ / Arrivée Motala
Distance Environ 315 km (légèrement ajustée au fil des ans)
Tour autour de Le lac Vättern, deuxième plus grand lac de Suède
Dénivelé total Environ 1 000 à 1 700 m (les statistiques GPS varient considérablement)
Sections les plus raides Pas de cols de montagne ; de courtes montées notables à la sortie de Jönköping au sud et autour de Gränna sur la côte est
Première édition 1966 (334 finishers)
Taille de la participation Près de 28 000 personnes au plus fort (toutes distances confondues), environ 20 % de participants étrangers
Départs Par vagues, du vendredi soir au samedi matin
Heure limite Terminer avant minuit le samedi
Nature de l’événement Non compétitif, seul un chronométrage par puce enregistre le temps individuel
Points de ravitaillement Environ neuf, offrant nourriture et premiers secours
Villes sur le parcours Vadstena, Ödeshög, Gränna, Jönköping, Habo, Hjo, Karlsborg
Source de notoriété L’un des plus grands événements cyclistes de longue distance non compétitifs au monde ; l’épreuve cycliste du défi « En Svensk Klassiker »

Note sur les données : la distance, le dénivelé, le nombre de points de ravitaillement et l’organisation des vagues de départ peuvent changer chaque année, tout comme les modalités d’inscription et l’heure limite. Veuillez vous référer impérativement aux annonces officielles de l’organisateur pour l’année en cours ; les chiffres de cet article ne servent qu’à donner un ordre de grandeur.

Découpage du parcours : quatre visages d’un tour de lac

Le lac Vättern est un immense lac allongé du nord au sud, dont l’eau est très profonde, très froide et très claire. Le parcours qui en fait le tour traverse quatre paysages complètement différents.

Première section : départ de Motala → descente le long de la côte est (échauffement dans la nuit)

Après le départ de Motala, le parcours longe la rive est du lac vers le sud. Cette section est peu vallonnée, l’asphalte est bon, c’est l’endroit idéal pour « trouver son rythme et s’insérer dans un bon groupe ».

Vous passerez par Vadstena — une petite ville au bord du lac avec un château médiéval et un couvent. Si vous y passez en pleine nuit, la silhouette du château dans la lumière crépusculaire est une image dont vous vous souviendrez toute votre vie.

Point clé pour l’allure : c’est la période la plus dangereuse de tout le parcours pour l’auto-tromperie. Vous venez de partir, vos jambes sont fraîches, il y a du monde partout, l’adrénaline monte, et il est facile de suivre un groupe plus fort que vous. Dans une épreuve de 315 km, chaque minute gagnée dans les 80 premiers kilomètres se paie au décuple au kilomètre 250.

Deuxième section : Gränna → Jönköping (le virage à l’extrémité sud du lac)

Gränna est l’une des petites villes les plus célèbres du parcours, connue pour ses bonbons à la menthe traditionnels à rayures rouges et blanches. Elle est située sur les hauteurs au bord du lac, ce qui signifie — oui, des montées. C’est ici qu’apparaissent les premières côtes vraiment perceptibles du parcours.

En contournant l’extrémité sud du lac, on arrive à Jönköping, la plus grande ville du parcours. La montée à la sortie de la ville est l’une des sections les plus « mémorables » du parcours : elle n’est ni longue ni raide, mais elle survient après plus de cent kilomètres parcourus, généralement à l’aube, au moment où la température corporelle est la plus basse.

Point clé pour l’allure : c’est ici que l’on change de côté. Passer de la rive est à la rive ouest signifie que la relation au vent s’inverse complètement. Réévaluez votre stratégie à cet endroit — si la première moitié s’est faite avec le vent dans le dos, préparez-vous à souffrir.

Troisième section : remontée de la côte ouest Habo → Hjo (la plus longue, la plus monotone, la plus éprouvante mentalement)

C’est la plus longue portion continue du parcours, et l’endroit où le plus de gens abandonnent.

Le tracé de la côte ouest serpente à travers des terres agricoles vallonnées et en lisière de forêt, avec des vues occasionnelles sur le lac. Pas de grande ville, pas de point de repère marquant, un paysage très répétitif. Le soleil est levé, l’excitation de la nuit s’est estompée, les effets du manque de sommeil commencent à se faire sentir, et votre compteur indique à peine plus de la moitié du chemin.

La clé de cette section n’est pas physique, c’est le groupe. Trouvez un groupe à votre allure, avec une bonne discipline de relais, et vous économiserez une énergie considérable (le tableau plus bas vous dira exactement combien). Se retrouver isolé dans cette section est la raison pour laquelle beaucoup voient leur rêve de finir s’effondrer.

Quatrième section : Karlsborg → Motala (le moment de vérité des 80 derniers kilomètres)

Karlsborg possède une immense forteresse du XIXe siècle, point de repère de cette section. Passé cet endroit, le parcours tourne vers l’est et commence à se diriger vers Motala.

Ces quatre-vingts derniers kilomètres sont généralement la portion où la vitesse moyenne est la plus basse. Les jambes sont vides, les fesses douloureuses, le cou raide, le soleil tape, les groupes se sont dispersés. Vous vous surprendrez à négocier avec chaque poteau électrique.

Mais c’est aussi dans cette section que le Vätternrundan montre son meilleur visage : des habitants sortent pour encourager, certains installent de l’eau devant leur maison, des enfants tendent la main pour un high-five. Ce n’est pas une course, c’est la fête annuelle d’une région, et vous en êtes l’un des protagonistes.

Le lac que vous contournez est en réalité une faille de la croûte terrestre

Après avoir parcouru tout le tour, la plupart des participants ne gardent du lac Vättern que l’impression qu’il est « grand, bleu et froid ». Mais ce lac mérite qu’on en sache un peu plus, car il détermine directement le climat du parcours.

Le lac Vättern est le deuxième plus grand lac de Suède, allongé du nord au sud, en forme de lame étroite. Sa formation est liée à une zone de faille de la croûte terrestre — c’est pourquoi il est si profond et si rectiligne, contrairement aux lacs glaciaires plus arrondis et dispersés. Son eau est très profonde, très froide et très claire, si claire qu’à certains endroits on peut voir assez profondément sous la surface.

Cela a trois conséquences directes pour les cyclistes :

  1. C’est un climatiseur géant. L’eau profonde et froide refroidit continuellement l’air des rives en été. C’est pourquoi, en roulant au bord du lac au milieu de la nuit, la température ressentie est de plusieurs degrés inférieure à celle de l’intérieur des terres au même moment.
  2. Il génère son propre vent. La différence de température entre la surface du lac et la terre ferme entraîne des systèmes de vent locaux, et l’axe longitudinal du lac « canalise » le vent — cela signifie qu’en roulant le long du lac, la direction du vent est souvent structurée par le relief, et qu’elle change brusquement aux deux extrémités du lac.
  3. Il produit du brouillard. L’air chaud et humide qui se déplace sur la surface froide du lac se condense. Certains matins, des sections de la rive peuvent être enveloppées d’un brouillard à très faible visibilité ; c’est le moment où les éclairages et les vêtements haute visibilité prennent tout leur sens.

En roulant au bord du lac, levez de temps en temps les yeux vers cette eau d’un bleu profond. Vous contournez une faille de la croûte terrestre, et vous le faites avec vos propres jambes.

Apprendre à rouler en groupe : six principes pour survivre dans un groupe d’inconnus

Puisque le tableau a déjà prouvé qu’un groupe peut vous faire gagner une heure et demie, il vaut la peine de prendre le temps d’expliquer comment faire.

  1. Observez avant de vous insérer. Suivez le groupe par derrière pendant un moment, regardez si l’allure est stable, si les relais sont fluides, si quelqu’un accélère de façon erratique. Un groupe instable est plus épuisant que de rouler seul.
  2. Gardez une distance constante. Une distance qui varie sans cesse signifie que vous accélérez et freinez en permanence, ce qui est plus fatigant qu’un suivi stable. Trouvez une distance à laquelle vous vous sentez à l’aise (les débutants devraient laisser un peu plus d’espace) et maintenez-la.
  3. Regardez les mouvements des troisième ou quatrième personnes devant, pas la roue qui est juste devant vous. Fixer la roue avant vous fera toujours réagir avec un temps de retard. Portez votre regard au loin et gérez la distance avec votre vision périphérique.
  4. Pas de freinage brusque. Si vous devez ralentir, déplacez-vous d’abord sur le côté pour prendre un peu de vent, ou freinez légèrement. Le comportement le plus impopulaire dans un groupe est le freinage soudain.
  5. Quand c’est votre tour de passer devant, n’accélérez pas. C’est l’erreur la plus courante des débutants : une fois en tête, ils accélèrent par excitation, ce qui les fait exploser et disperse le groupe. Maintenez simplement l’allure.
  6. Si vous n’y arrivez pas, sortez tôt. Si vous sentez que vous avez du mal à suivre, retirez-vous à l’arrière ou lâchez prise pendant que vous en avez encore les moyens. Si vous vous accrochez jusqu’à l’explosion, les cent prochains kilomètres seront un enfer.

Dans un événement international comme le Vätternrundan, la barrière de la langue est la norme, les gestes sont donc plus importants que les mots : pointer un obstacle sur la route, signaler un relais, lever la main pour indiquer qu’on sort — ce sont des codes universels.

Estimation de la puissance et de l’allure : ici, le protagoniste est le « groupe »

Le Vätternrundan n’a presque pas de montagnes et n’est pas particulièrement venteux (comparé à l’Islande ou aux îles Féroé). Son cœur physique est une seule chose : la résistance de l’air, et votre capacité à vous abriter derrière les autres.

Paramètres de calcul (tous détaillés) :

  • Masse totale m = 70 kg (cycliste) + 9 kg (vélo et équipement) = 79 kg
  • g = 9,81 m/s²
  • Crr ≈ 0,005
  • Efficacité de la transmission ≈ 0,975
  • Densité de l’air ρ : altitude d’environ 120 m, température d’environ 12 °C, calcul réel ρ ≈ 1,220 kg/m³
  • Le CdA est la variable clé de cet article : en solo, mains sur le haut du cintre ≈ 0,32 m², mains sur le bas du cintre ≈ 0,28 m², dans un petit groupe ≈ 0,22 à 0,24 m², au milieu d’un grand groupe ≈ 0,18 m²
  • Le coût du relief est représenté par une légère montée équivalente de 0,5 %

Tableau 1 : À puissance égale de 200 W, la position dans le groupe détermine votre temps sur 315 km

Situation CdA Vitesse sol Temps de pédalage pur sur 315 km
Solo, mains sur le haut du cintre 0,32 31,3 km/h 10 h 04 min
Solo, mains sur le bas du cintre 0,28 32,5 km/h 9 h 42 min
Relais dans un petit groupe 0,22 34,7 km/h 9 h 04 min
Milieu d’un grand groupe 0,18 36,7 km/h 8 h 35 min

Avec les mêmes 200 W, sur le même parcours, l’écart de temps est de près d’une heure et demie. C’est pourquoi les vétérans du Vätternrundan vous diront : ici, la capacité à trouver un groupe vaut plus que votre FTP.

Tableau 2 : Comparaison complète puissance × situation de groupe (315 km)

Puissance de sortie Solo (CdA 0,32) Petit groupe (CdA 0,24) Grand groupe (CdA 0,18)
120 W 24,8 km/h / 12 h 42 min 26,7 km/h / 11 h 48 min 28,6 km/h / 10 h 59 min
150 W 27,5 km/h / 11 h 27 min 29,7 km/h / 10 h 36 min 32,0 km/h / 9 h 50 min
180 W 29,8 km/h / 10 h 33 min 32,3 km/h / 9 h 44 min 34,9 km/h / 9 h 01 min
220 W 32,6 km/h / 9 h 40 min 35,3 km/h / 8 h 54 min 38,3 km/h / 8 h 13 min
260 W 34,9 km/h / 9 h 01 min 38,0 km/h / 8 h 17 min 41,2 km/h / 7 h 38 min

Autre façon de lire ce tableau : un cycliste capable de maintenir seulement 120 W, s’il reste tout le temps dans un grand groupe, terminera à peu près en même temps qu’un cycliste de 180 W qui roule en solitaire. Dans une épreuve de longue distance, c’est la preuve concrète que « la sociabilité est aussi une forme d’endurance ».

Tableau 3 : Calcul à rebours pour un temps objectif (y compris les arrêts aux ravitaillements)

Temps total objectif Temps total d’arrêt aux ravitaillements Vitesse moyenne nécessaire en pédalage pur
9 heures 0,7 heure 38,0 km/h
10 heures 1,0 heure 35,0 km/h
12 heures 1,3 heure 29,4 km/h
14 heures 1,7 heure 25,6 km/h
17 heures 2,2 heures 21,3 km/h
20 heures 3,0 heures 18,5 km/h

Le message caché de ce tableau est que la gestion du temps aux ravitaillements est aussi importante que vos jambes. Neuf points de ravitaillement, dix minutes de plus à chacun, et c’est une heure et demie de perdue. Beaucoup de gens, en s’asseyant pour manger au huitième point, engloutissent leur temps objectif.

Tableau 4 : Pénalité de densité de l’air due au froid nocturne (toujours 200 W, CdA 0,24)

Température Densité de l’air ρ Vitesse sol
20 °C 1,187 kg/m³ 34,14 km/h
12 °C 1,220 kg/m³ 33,88 km/h
5 °C 1,251 kg/m³ 33,65 km/h
0 °C 1,274 kg/m³ 33,48 km/h

C’est un détail souvent négligé : le froid nocturne rend l’air plus dense, et à puissance égale, vous serez un peu plus lent. De 20 °C à 0 °C, la différence de vitesse est d’environ 0,66 km/h — cela semble minime, mais sur 315 km, cela représente environ six minutes. Ce n’est pas énorme, mais cela rappelle une chose : la sensation de « lourdeur » lors d’une sortie nocturne n’est pas entièrement une illusion.

Toutes ces estimations sont issues de modèles physiques, sans tenir compte du vent réel, des variations de puissance lors des relais en groupe, de l’état de la route, du poids des bagages et des différences individuelles ; les résultats réels peuvent varier.

La nuit au 58e parallèle nord : jamais complètement noire, mais très froide

La lumière

Motala se situe à un peu plus de 58 degrés de latitude nord. L’événement a généralement lieu en juin, au moment de l’année où les nuits sont les plus courtes. Il n’y a pas de véritable soleil de minuit ici (il faut être au-delà du cercle polaire arctique), mais en juin, la nuit ne devient jamais complètement noire — le ciel reste dans une lumière crépusculaire bleu profond, avec même une touche d’orange près de l’horizon.

Cela crée l’expérience la plus unique du Vätternrundan : vous roulez dans une « nuit éclairée ». Vous voyez la surface du lac, les contours de la forêt, la ligne de feux arrière rouges qui s’étend sur des centaines de mètres devant vous. C’est totalement différent de rouler de nuit à Taiwan sur la route de montagne Yangjin P, où votre vision est limitée au cône de votre phare avant.

Mais cela ne signifie absolument pas que vous pouvez vous passer d’éclairage. L’organisateur a des exigences claires concernant les feux, et les détails de la route (nids-de-poule, gravillons, rapiéçages) sont très difficiles à discerner dans la lumière crépusculaire. Les feux avant et arrière sont obligatoires, et ce sont des équipements de survie.

La température : c’est là que se trouve le vrai danger

C’est le risque le plus sous-estimé du Vätternrundan.

Au départ, c’est un soir de juin, il peut faire 18 à 20 °C, et vous êtes bien en maillot et cuissard court. À trois ou quatre heures du matin, la température peut chuter à un chiffre, et vous avez déjà roulé six heures, vos réserves d’énergie sont en baisse, votre capacité de thermorégulation est altérée, et vous êtes en sueur.

Le lac complique les choses. L’eau du Vättern est profonde et froide, et les zones côtières connaissent souvent une descente d’air froid et humide pendant la nuit, rendant la température ressentie encore plus basse que les prévisions. Et en roulant à 33 km/h dans un groupe, l’effet du vent refroidissant ne cesse de vous soutirer de la chaleur.

C’est pourquoi chaque année, des gens abandonnent au milieu de la nuit à cause de l’hypothermie — non pas parce qu’ils ne peuvent plus pédaler, mais parce qu’ils ont tellement froid que leurs doigts ne peuvent plus freiner, changer de vitesse ou ouvrir une barre énergétique.

Recommandations fortes :

  • Emportez un gilet thermique compressible ou un gilet en duvet léger, à glisser dans une poche arrière. C’est l’équipement au meilleur rapport investissement/bénéfice.
  • Les gants longs sont indispensables. La perte de motricité fine des doigts est l’un des signes les plus dangereux de l’hypothermie.
  • Des manchons de jambes ou au moins des genouillères. Des genoux exposés au froid pendant longtemps augmentent considérablement le risque de gêne tendineuse.
  • Préparez une couche intérieure sèche, à changer dans un point de ravitaillement pour remplacer celle qui est trempée.

Le point de vue des cyclistes taïwanais

Convertir vos capacités

Élément de comparaison Expérience similaire à Taiwan Vätternrundan
Distance Un peu plus du tiers du double Taipei-Kaohsiung / une randonnée longue de 300 km Environ 315 km
Dénivelé Bien inférieur à une montée de Wuling Environ 1 000 à 1 700 m
Défi principal Chaleur, humidité, crampes Froid, manque de sommeil, monotonie
Culture du groupe Varie selon l’événement Très forte, des groupes disponibles tout au long du parcours
Ravitaillement Supérettes + points de ravitaillement Environ neuf points de ravitaillement officiels
Conditions nocturnes Obscurité totale, nécessite un phare puissant Lumière crépusculaire, jamais complètement noire mais très froid

Si vous avez terminé une épreuve de plus de 300 kilomètres à Taiwan, votre base d’endurance est largement suffisante. La différence tient à trois choses :

  1. Vous devez apprendre à rouler en relais avec des inconnus, et qui plus est, avec des gens qui parlent une autre langue. Ce n’est pas forcément une compétence requise dans les événements à Taïwan, mais c’est une compétence essentielle ici.
  2. Vous devez faire face au froid, pas à la chaleur. Les longues distances à Taïwan vous font craindre le coup de chaleur, ici c’est l’hypothermie qu’il faut craindre, la préparation est donc complètement inversée.
  3. Vous devez gérer la privation de sommeil. Partir un vendredi soir signifie rouler pendant les heures où vous devriez normalement dormir. C’est une variable que la plupart des événements à Taïwan ne présentent pas.

Le scénario d’entraînement taïwanais le plus proche : une sortie longue de nuit en hiver. Par exemple, rouler de Taipei à Hsinchu ou Yilan un soir d’hiver, en restant délibérément sur la route pendant les heures les plus froides de la nuit et du petit matin. Cela vous confrontera au vrai problème — pas les jambes, mais la température corporelle et le sommeil.

Conseils pratiques pour la préparation

  • Inscription : les inscriptions pour ce type de grand événement ouvrent généralement très tôt, et peuvent être soumises à des quotas ou à des sorties par lots. Veuillez suivre directement les canaux officiels de l’organisateur ; cet article ne fournit aucune date, aucun frais ni aucune information sur les quotas.
  • Vélo : un vélo de route standard suffit. Des pneus de 25 à 28c, des freins fiables, une bonne position de selle. Le confort prime sur l’aérodynamisme — sur 315 km, une selle inadaptée coûte plus cher que n’importe quelle perte aérodynamique.
  • Gestion des poches arrière : gilet thermique, gants longs, ravitaillement, batterie de rechange. Fouiller dans ses poches sur le bord de la route au milieu de la nuit est une épreuve pénible, placez ce dont vous aurez le plus besoin dans les poches les plus accessibles.
  • Éclairage : feux avant et arrière obligatoires, et vérifiez que l’autonomie couvre toute la portion nocturne. Emportez des batteries de rechange ou une petite lampe de secours.
  • Stratégie de ravitaillement : les points de ravitaillement officiels proposent de la nourriture, mais ne vous y fiez pas entièrement. Apportez vos propres barres énergétiques habituelles, évitez de tester des aliments inconnus lors d’une longue distance — les problèmes digestifs sont l’une des causes d’abandon les plus courantes.

Rappels de sécurité

  1. Discipline en groupe. Plusieurs milliers de personnes sur la route en même temps : respectez les distances, les gestes, pas de freinage brusque, pas de téléphone. Dans un groupe, l’erreur d’une seule personne peut faire tomber dix personnes.
  2. L’hypothermie est le risque numéro un. Si vous avez froid, ajoutez une couche immédiatement, n’attendez pas le « prochain point de ravitaillement ». Des doigts qui deviennent moins habiles est un signe d’alerte.
  3. La privation de sommeil affecte le jugement. Si vous remarquez que vous déviez de votre trajectoire, que vos réactions ralentissent ou que vous n’arrivez plus à contrôler la distance dans le groupe, arrêtez-vous immédiatement, buvez quelque chose, marchez un peu, et si nécessaire, faites une sieste de quinze minutes.
  4. C’est un événement non compétitif, ne le roulez pas comme une course. Pas de classement, pas de prix. Considérer le fait d’être dépassé comme sans importance est l’état d’esprit clé pour terminer.
  5. Route ouverte. Certaines sections sont partagées avec la circulation générale, respectez le code de la route local (conduite à droite) et soyez attentifs aux intersections.
  6. Digestion et ravitaillement. Ne testez pas de nouveaux aliments sur une longue distance. Mangez peu et souvent, à intervalles réguliers.

Signes d’alerte médicale : si pendant ou après l’événement vous ressentez une douleur ou une oppression thoracique persistante, des difficultés respiratoires, une confusion mentale, des tremblements incontrôlables, une faiblesse ou un engourdissement marqué des membres, ou des urines brun foncé (pouvant être liées à une rhabdomyolyse) — arrêtez immédiatement l’effort et consultez un médecin. Cet article fournit des concepts généraux de planification cycliste, il ne remplace pas une évaluation médicale professionnelle. Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, métaboliques ou de toute maladie chronique doivent consulter un médecin avant de participer à une épreuve de très longue distance. Les réponses individuelles à l’entraînement et à l’effort varient considérablement ; progressez toujours de manière graduelle.

Trois stratégies pour terminer

A. Viser un temps (moins de 10 heures)
Nécessite une capacité de croisière de plus de 3,0 W/kg sur la durée, et il faut rester dans un grand groupe tout du long. Le cœur de la stratégie : le choix de la vague de départ, l’intégration et les changements de groupes, des arrêts très courts aux ravitaillements (idéalement sans descendre de vélo). C’est la façon de faire qui demande le plus d’expérience.

B. Terminer régulièrement (12 à 15 heures)
C’est l’objectif de la grande majorité des participants, et la façon de faire qui permet le plus de profiter de l’événement. Le cœur de la stratégie : être délibérément conservateur sur les 100 premiers kilomètres, trouver un groupe à une allure confortable, s’arrêter de manière disciplinée 8 à 12 minutes à chaque point de ravitaillement, ajuster ses vêtements en fonction de la température.

C. Terminer, c’est tout (17 heures et plus)
Considérez cela comme un long voyage plutôt qu’une performance sportive. Le cœur de la stratégie : protéger son corps plutôt que son temps. Si les fesses sont douloureuses, descendez et marchez ; s’il fait froid, couvrez-vous ; si vous avez sommeil, reposez-vous. Tant que vous revenez à Motala avant l’heure limite, vous repartez avec exactement la même chose que la première personne arrivée — le souvenir d’un tour de lac.

Liste d’actions

Trois mois avant l’événement

  • [ ] Avoir au moins une expérience de sortie longue de plus de 200 km
  • [ ] S’entraîner au relais en groupe et à la discipline de suivi
  • [ ] Effectuer au moins deux sorties longues de nuit pour tester vos besoins en isolation
  • [ ] Vérifier que le réglage de la selle, du cintre et des cales ne pose pas de problème après plus de 8 heures

Liste de bagages

  • [ ] Gilet thermique compressible, gants longs, genouillères ou manchons de jambes
  • [ ] Une couche intérieure sèche (pour un changement en cours de route)
  • [ ] Feux avant et arrière + batteries de rechange
  • [ ] Barres énergétiques habituelles (ne changez pas de marque au dernier moment)
  • [ ] Outils de réparation de crevaison, chambre à air de rechange, outillage simple
  • [ ] Crème anti-frottements (315 km, ce n’est pas une plaisanterie)

Pendant la course

  • [ ] Maintenir délibérément la fréquence cardiaque / la puissance sous l’objectif pendant les 100 premiers kilomètres
  • [ ] Fixer une limite de temps d’arrêt à chaque point de ravitaillement et s’y tenir
  • [ ] Ajouter une couche dès que vous avez froid, ne pas attendre le point suivant
  • [ ] Manger à intervalles réguliers toutes les 30 à 45 minutes, sans attendre la faim
  • [ ] Si vous avez sommeil, arrêtez-vous ; la sécurité prime toujours sur le temps

Les estimations de temps et de puissance ci-dessus sont issues de modèles physiques, sans tenir compte du vent réel, des relais en groupe, de l’état de la route et des différences individuelles ; les résultats réels peuvent varier. Pour toutes les modalités d’inscription, le parcours, l’heure limite et la configuration des points de ravitaillement, veuillez vous référer aux annonces officielles de l’organisateur pour l’année en cours.

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