Portant un sac de 20 kilos sur le dos, je me suis lancé dans un voyage à vélo de 3 200 kilomètres, de Wakkanai à Hokkaido jusqu’à Ibusuki à Kagoshima. Pendant trente jours de voyage, j’ai rencontré les plus beaux paysages, la chaleur humaine la plus sincère, et la version la plus authentique de moi-même.
Point de départ : l’extrême nord du Japon
Le vent à Wakkanai était bien plus froid que je ne l’imaginais. Début septembre, Hokkaido avait déjà des airs d’automne. Debout devant le cap Soya — le point le plus septentrional du Japon —, j’ai pris la première photo avant le départ. Sur la photo, je souris radieusement, sans savoir ce que les trente prochains jours allaient m’apporter.
La raison de ce voyage était simple. Après cinq ans de travail, j’avais accumulé assez de congés, et mon trentième anniversaire approchait. Je voulais m’offrir un cadeau particulier. Plutôt qu’une nouvelle montre ou un voyage de luxe, j’ai choisi de traverser un pays à la vitesse la plus lente possible.
Hokkaido : des lignes droites infinies et la solitude
Les routes de Hokkaido ont une majesté qui inspire le respect. Des routes rectilignes s’étendent jusqu’à l’horizon, bordées de champs et de pâturages à perte de vue. Pendant les trois premiers jours, je n’ai croisé presque aucun autre cycliste, seuls quelques camions de passage me rappelaient que cette route servait aussi à d’autres.
Le deuxième soir, j’ai trouvé une auberge dans une petite ville appelée « Nakatonbetsu ». Quand la patronne a appris que j’allais jusqu’à Kagoshima, elle a écarquillé les yeux de surprise, puis m’a silencieusement servi un bol de riz supplémentaire. Cette bienveillance discrète est devenue l’un des souvenirs les plus précieux du voyage.
Ces cinq jours de vélo à Hokkaido m’ont appris à faire face à la solitude. Pas de compagnon, pas de réseau (beaucoup de tronçons sans signal), pas de surprises imprévues — juste moi et cette route sans fin. Mais peu à peu, j’ai commencé à apprécier cette solitude ; elle m’a donné le temps de dialoguer avec moi-même.
Région du Tōhoku : une chaleur inattendue
Après avoir traversé le détroit de Tsugaru pour rejoindre Honshū, le paysage a commencé à changer. Les routes de montagne se sont multipliées dans la région du Tōhoku, et le dénivelé quotidien a augmenté. Dans un petit village de la préfecture d’Iwate, j’ai vécu l’expérience la plus mémorable du voyage.
Cet après-midi-là, une pluie soudaine s’est abattue, et je me suis abrité sous l’auvent d’un konbini en attendant qu’elle cesse. Un vieux monsieur conduisant un camion agricole s’est arrêté et m’a demandé, dans un japonais au fort accent régional, où j’allais. Quand il a entendu ma destination, sans hésiter, il a chargé mon vélo à l’arrière de son camion et m’a conduit jusqu’à une auberge près de chez lui, à vingt kilomètres de là.
« Un jeune qui traverse le Japon à vélo, c’est remarquable, » m’a-t-il dit au moment de nous séparer. « Mais ne te force pas trop. Quand il faut se reposer, repose-toi. »
De Kantō au Kansai : le rythme de la civilisation
En entrant dans la plaine du Kantō, la circulation est devenue dense, les distances entre les villes se sont réduites, et j’ai dû me faufiler dans le flot des véhicules. À Tokyo, j’ai délibérément contourné le centre-ville, longé la rivière Tama jusqu’à Yokohama, puis suivi le Tōkaidō vers l’ouest.
Sur ce tronçon, le défi n’était pas physique mais mental. Feux rouges, trottoirs, pistes cyclables partagées avec les piétons — tout cela a considérablement ralenti ma vitesse. Mais en contrepartie, j’ai eu plus d’occasions d’interagir avec les gens. Au bord d’une plantation de thé à Shizuoka, un producteur m’a offert un thé vert fraîchement infusé ; à Nagoya, le gérant d’un magasin de vélos a réglé mon dérailleur gratuitement.
Kyoto était mon jour de repos prévu. J’ai laissé mon vélo à l’auberge et exploré cette ville ancienne à pied. En marchant sur le chemin de la Philosophie, j’ai soudain réalisé que j’avais déjà parcouru plus de 2 000 kilomètres, et que la fatigue physique était devenue une habitude quotidienne.
Le détour éphémère par Shikoku
Mon plan initial était de descendre directement de Honshū vers Kyūshū, mais à Hiroshima, un cycliste local m’a vivement recommandé le Shimanami Kaidō à Shikoku. J’ai donc modifié mon itinéraire sur un coup de tête, pris un ferry pour Imabari, et emprunté cette piste cyclable qui relie Shikoku à Honshū.
Le Shimanami Kaidō est sans conteste le plus beau tronçon de tout le voyage. La mer intérieure de Seto d’un bleu éclatant, les ponts suspendus orange vif, les paisibles villages de pêcheurs entre les îles — c’est comme si cet endroit avait été conçu comme un paradis pour les cyclistes. J’y suis resté deux jours de plus, sans le moindre regret.
Kyūshū : la dernière ligne droite
De retour de Shikoku sur Honshū, j’ai traversé le détroit de Kanmon pour entrer à Kyūshū, sachant que la fin n’était plus loin. Le relief volcanique de Kyūshū a offert les montées les plus éprouvantes de la fin du parcours, et les routes autour du mont Aso ont fait protester mes cuisses.
L’avant-dernier jour, à la périphérie de Kagoshima, j’ai aperçu pour la première fois la silhouette du volcan Sakurajima crachant sa fumée blanche. À cet instant, toutes les émotions accumulées pendant trente jours ont afflué d’un coup. Je me suis arrêté sur le bord de la route et j’ai pris plusieurs grandes respirations pour me calmer.
Le point d’arrivée : les sources chaudes d’Ibusuki
Le dernier jour, j’ai roulé de Kagoshima à Ibusuki. Au moment d’atteindre la gare d’Ibusuki, j’ai fait quelque chose qui a pu paraître absurde : je suis descendu de vélo et j’ai poussé mon vélo sur les cent derniers mètres. Je voulais savourer lentement cette arrivée.
Trente jours, 3 247 kilomètres, 28 000 mètres de dénivelé positif cumulé. Ces chiffres mesurent la longueur du voyage, mais pas sa profondeur. Dans le célèbre bain de sable d’Ibusuki, recouvert de sable chaud, j’ai fermé les yeux, et ce qui m’est venu à l’esprit, ce ne sont pas les paysages grandioses, mais ces petits instants : le sourire du vieux monsieur devant le konbini, ce verre de thé vert tendu par le producteur, ce bol de riz supplémentaire ajouté par la patronne de l’auberge sous la pluie.
Ce que j’ai ramené à Taïwan
De retour à Taïwan, la question que mes amis m’ont le plus posée était : « Est-ce que ça en valait la peine ? » Je répondais toujours : « Si tu as besoin de demander si ça en vaut la peine, c’est que tu n’es pas encore prêt à partir. »
Ce voyage a changé ma façon de percevoir les distances. Les endroits qui me semblaient autrefois lointains me paraissent désormais à quelques jours de vélo. Plus important encore, il m’a enseigné une leçon : voyager, ce n’est pas atteindre un lieu, c’est devenir une certaine personne. Le moi qui a traversé le Japon à vélo et celui d’avant le départ sont déjà deux personnes différentes.
Lectures complémentaires sur le sujet
- La solitude et la découverte de soi à vélo : le tour de Taïwan en solo et sa croissance personnelle
- Récit complet d’un tour de Taïwan à vélo en 30 jours : le périple circulaire d’un débutant
- Guide complet du cyclotourisme à Hokkaido, Japon : champs de lavande et routes de campagne
- Voyage approfondi dans la culture du vélo au Japon : esthétique du vélo urbain et itinéraires cyclables à Shimane et Hiroshima
北海道 白色戀人發源地 利尻島 單車環島 體驗! 空拍 りしりとう サイクリング Rishiri island cycling
8 年前
日本🇯🇵岡山&島波海道 單車之旅 (上集) / 機場停車省錢秘笈?/ 旅館有單車組裝室 / 差點上不了機場捷運 / 公路車 / CT Yeh
2 年前
北海道 增毛町 單車文化體驗 Hokaido Cycling サイクリング
8 年前
日本自助單車旅,茨城絕景路線/ 新手也可以體驗 / 4K空拍絕景 / 機票省錢大法 / 單車友善旅館 / 國家級霞之浦180K自行車道 / feat. 緯緯 / CT Yeh
1 年前
金門 ! 我騎過最棒的離島了 / 最後可以騎車上金門大橋的機會!?/ 公路車 / CT Yeh
1 年前
日本島波海道 EP1 / 五大絕景路線之一! / 私房溫泉 x 豪華單車客棧 / 今治 to 大三島 / 公路車 / CT Yeh
2 年前
帶「咩」一起騎玩日本熊本 上天草市 / 單車旅行、賞海豚、釣魚、高空滑索通通有!/ 公路車 / CT Yeh /
1 年前
南竿 單車 | 老婆公路車首航 | 偽出國體驗 | 4K 高畫質 | 綠色騎跡低碳輕旅遊 | #公路車
5 年前