Séquence des étirements des mollets en course : programme en 3 phases, dynamique avant, statique après, profond le lendemain
Pourquoi séquencer les étirements des mollets ?
Les muscles du mollet (gastrocnémien, soléaire, tibial postérieur) sont l’une des principales sources de propulsion en course à pied. Pourtant, 70 % des coureurs amateurs « se trompent de moment pour s’étirer » — faire des étirements statiques avant la course réduit l’efficacité de propulsion de 5 à 8 %, et un massage profond sur des muscles non refroidis après la course peut provoquer des micro-lésions.
Cet article, basé sur le Journal of Sports Sciences (2021) et les recommandations de l’Institut des sciences du sport de l’Université normale nationale de Taïwan, divise les étirements en 3 phases : dynamique avant la course (< 1 minute / mouvement), statique après la course (30 secondes / mouvement), et profond le lendemain (2–3 minutes / mouvement).
Phase 1 : Activation dynamique avant la course (5 minutes)
Objectif : augmenter la température et l’élasticité musculaires sans réduire la production de force.
1. Rotations de cheville × 10 dans chaque sens
Debout sur une jambe, l’autre pied posé sur la pointe, effectuez des rotations dans le sens horaire / antihoraire, 10 fois chacune. Réveille le liquide synovial et la proprioception de la cheville.
2. Fente marchée avec talon qui s’abaisse × 8 de chaque côté
En fente avant, abaissez délibérément le talon arrière pendant 1 seconde. Active la réponse de tension des muscles du mollet en position d’allongement excentrique.
3. Corde à sauter ou sauts sur la pointe des pieds × 30 secondes
Sautez sur la pointe des pieds à un rythme de 2,5 à 3 fois par seconde. Simule la fréquence d’appui en course (170–180 pas/min) et établit le retour d’énergie élastique.
4. Balancement dynamique du mollet avant/arrière × 10 de chaque côté
En vous tenant au mur sur une jambe, balancez l’autre jambe d’avant en arrière, en augmentant progressivement l’amplitude jusqu’à votre maximum confortable. Interdiction de forcer avec des à-coups jusqu’en butée.
Phase 2 : Récupération statique après la course (10 minutes)
Objectif : ramener le muscle de sa longueur de travail à sa longueur neutre et réduire les courbatures.
1. Poussée du mollet contre le mur en position debout (gastrocnémien) × 30 secondes × 2 séries
Face au mur, les mains en appui, la jambe arrière tendue, talon au sol. Ressentez un étirement à l’arrière du mollet d’une intensité de 6 à 8 sur 10 (sans atteindre la douleur).
2. Poussée du mollet contre le mur en position debout (soléaire) × 30 secondes × 2 séries
Même mouvement mais le genou arrière légèrement fléchi à 30°. Le soléaire, muscle profond, ne peut être étiré qu’avec le genou fléchi — la plupart des coureurs négligent cette étape.
3. Talon qui descend sur une marche × 20 secondes
Debout au bord d’une marche, l’avant-pied sur la marche, le talon dans le vide. Abaissez doucement le talon jusqu’au point le plus bas. Les débutants doivent se tenir à la rampe avec les deux mains.
4. Étirement du tibial antérieur en position agenouillée × 20 secondes
À genoux sur un tapis, le cou-de-pied au sol. La plupart des coureurs n’étirent que l’arrière du mollet et négligent le tibial antérieur à l’avant — c’est le terreau des douleurs tibiales.
Phase 3 : Relâchement profond le lendemain (15 minutes)
Objectif : traiter les adhérences fasciales et les points gâchettes, restaurer le glissement des tissus.
1. Rouleau de massage sur l’arrière du mollet × 90 secondes
En position assise, placez le mollet sur le rouleau, les mains au sol pour soulever les hanches. Roulez lentement du tendon d’Achille jusqu’au creux poplité ; sur un point gâchette, maintenez 10 secondes. Contrôlez la douleur à 5–6/10 ; au-delà, c’est inefficace.
2. Balle de tennis sur le point profond du soléaire × 60 secondes
Placez une balle de tennis sur le point gâchette situé à 2 cm en arrière du tibia, sur le côté externe du mollet. Lorsque vous appuyez dessus, une « sensation de radiation » peut s’étendre jusqu’à la cheville. Maintenez 30 secondes puis respirez lentement et profondément.
3. Étirement statique PNF dans un angle de mur × 3 séries de chaque côté
En position debout face au mur pour l’étirement du mollet, effectuez d’abord une contraction active de 6 secondes (en essayant de pousser le sol avec la pointe du pied), puis relâchez 10 secondes et étirez davantage. Répétez 3 fois.
Le PNF augmente l’amplitude articulaire de 15 à 20 % de plus que l’étirement statique seul.
4. Glace ou contraste chaud/froid (optionnel) × 10 minutes
Après un entraînement intense, vous pouvez alterner chaud/froid : eau chaude 60 secondes → eau froide 30 secondes, à répéter 5 fois. Les études montrent une amélioration d’environ 12 % des courbatures.
Pour aller plus loin : adapter le séquençage au type d’entraînement
| Type d’entraînement | Priorité avant la course | Priorité après la course | Priorité le lendemain |
|---|---|---|---|
| LSD longue distance | Activation dynamique 5 min | Statique + rouleau léger | Relâchement profond complet 15 min |
| Intervalles / Vitesse | Activation dynamique 8 min | Statique uniquement 10 min | Traitement des points gâchettes au rouleau |
| Jour de compétition | Dynamique + 3 sprints courts | Marche lente 10 min + statique | Protocole de récupération complet |
| Jour de récupération | À sauter | À sauter | 15 minutes complètes |
Conclusion : recommandations pour 3 profils de coureurs
- Débutant (moins qu’un semi-marathon) : maîtrisez d’abord les deux phases dynamique avant course + statique après course
- Intermédiaire (semi-marathon – marathon) : ajoutez le relâchement profond le lendemain et apprenez à auto-évaluer vos points gâchettes
- Élite / Compétition : travaillez avec un kinésithérapeute du sport et intégrez le traitement des tissus mous fonctionnels (FST)
L’étirement n’est pas un rituel, c’est une partie de l’entraînement. Utilisez le bon séquençage, et vos mollets vous rendront un record personnel dans 3 mois.
Lectures complémentaires
- Étirements de récupération après la course : étirements statiques pour les mollets, les cuisses et le tractus ilio-tibial
- Le bon moment pour s’étirer après la course : moment optimal et durée des étirements statiques
- SOP des étirements statiques post-course : étirer les bons endroits, au bon moment, pour être efficace
- Entraînement de souplesse pour les coureurs : le meilleur moment pour les étirements dynamiques et statiques
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