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Le défi de l'ultramarathon féminin : les avantages physiologiques des femmes dans les épreuves d'ultra-distance

健康與醫學

Le défi de l'ultra-trail au féminin : les avantages physiologiques des femmes dans les épreuves d'ultra-distance

Introduction

En 2019, Courtney Dauwalter a terminé le Western States 100 miles en battant le record de l’épreuve, et en réalisant le deuxième meilleur temps tous sexes confondus. Son histoire n’est pas un hasard — dans les grandes épreuves d’ultra-trail à travers le monde, les femmes réduisent progressivement l’écart avec les hommes, et dans certaines épreuves d’ultra-longue distance, elles les surpassent même.

Ce n’est pas de la chance, c’est de la physiologie.

Le renversement des idées reçues

Sur un marathon standard (42,195 km), les meilleurs hommes sont environ 8 à 10 % plus rapides que les femmes — un écart encore plus marqué sur les courtes distances (environ 10 à 11 % sur 100 m). Mais à mesure que la distance augmente, cet écart se réduit :

Distance Écart hommes-femmes chez l’élite (estimation)
100 m Environ 10–11 %
Marathon (42 km) Environ 8–10 %
Ultra-trail 100 miles Environ 4–7 %
Ultra-extrême (250 km et plus) Sur certaines épreuves, les femmes surpassent les hommes

Pourquoi l’écart se réduit-il à mesure que la distance augmente ?

Les avantages physiologiques des femmes en ultra-longue distance

1. Une capacité d’oxydation des graisses supérieure

Le corps féminin utilise naturellement une plus grande proportion de graisses comme carburant lors d’un exercice aérobie que celui des hommes. Des études montrent qu’à intensité égale, le taux d’oxydation des graisses des femmes est supérieur d’environ 25 à 30 % à celui des hommes. Or, la source d’énergie clé en ultra-trail est précisément la graisse — les réserves de glucides sont limitées (environ 1 800 à 2 000 kcal), tandis que les réserves de graisse corporelle (même chez une coureuse très sèche) dépassent généralement 40 000 kcal.

2. Le bouclier métabolique des œstrogènes

Les œstrogènes (Estrogen) jouent un rôle protecteur lors d’un exercice prolongé :

  • Réduction de la dégradation musculaire pendant l’effort (taux d’oxydation des protéines plus faible)
  • Propriétés antioxydantes, retardant les dommages liés au stress oxydatif de la fatigue
  • Aide à stabiliser la glycémie, réduisant le risque de défaillance liée à l’hypoglycémie

3. Une stratégie d’allure plus stable

Les études montrent que les femmes contrôlent souvent mieux leur allure que les hommes sur les épreuves d’ultra-longue distance. Les coureurs masculins ont davantage tendance à partir trop vite dans la première moitié puis à s’effondrer dans la seconde (Positive Split), tandis que les femmes tendent vers une répartition d’allure plus régulière (Negative Split ou Even Split). C’est crucial en ultra-trail — la perte de contrôle de l’allure est la principale cause de DNF (Did Not Finish).

4. Tolérance à la chaleur et stratégie d’hydratation

Certaines études montrent que les femmes ressentent plus fortement la chaleur, mais leur température corporelle centrale n’augmente en réalité pas plus vite que celle des hommes dans un environnement d’ultra-trail chaud. Les coureuses sont souvent plus prudentes et plus méthodiques dans leur stratégie de ravitaillement en eau et en nutrition.

5. La résilience mentale (Mental Toughness)

Ce point est plus difficile à quantifier, mais c’est un phénomène largement observé dans la communauté de l’ultra-trail : les coureuses font souvent preuve d’une volonté plus forte de continuer lorsqu’elles sont extrêmement épuisées et mal à l’aise. Cela pourrait être lié au fait que les femmes sont habituées, dans leur vie quotidienne, à continuer à fonctionner dans l’inconfort (comme travailler avec des règles douloureuses, ou la privation de sommeil liée à l’allaitement après l’accouchement, etc.).

L’essor de l’ultra-trail féminin à Taïwan

Ces dernières années, de plus en plus de femmes taïwanaises se lancent dans l’ultra-trail et le trail :

  • La proportion de femmes participantes aux épreuves d’ultra-marathon 100K à Taïwan ne cesse d’augmenter
  • Les épreuves de trail comme le TVTC (Tour de Taïwan par les sentiers) attirent de plus en plus de finishers féminines
  • Sur la scène internationale, la visibilité des coureuses taïwanaises dans les épreuves d’ultra-trail asiatiques a considérablement augmenté

Considérations particulières pour l’entraînement à l’ultra-trail féminin

  • Gestion du cycle menstruel : Les épreuves d’ultra-trail durent généralement de 24 heures à plusieurs jours ; si elles coïncident avec les règles, il faut prévoir des protections hygiéniques et un plan de transport adapté
  • Augmentation du volume kilométrique et santé osseuse : Le volume d’entraînement en ultra-trail est élevé ; la supplémentation en fer, calcium et vitamine D doit suivre en parallèle
  • Stratégie énergétique : Le plan nutritionnel en ultra-trail doit inclure suffisamment de glucides et d’aliments solides, afin d’éviter le LEA (faible disponibilité énergétique)
  • Entraînement en sécurité : L’entraînement à l’ultra-trail se déroule souvent en montagne ou dans des zones reculées ; il est particulièrement important de s’entraîner accompagnée et d’informer quelqu’un de son itinéraire

Conseils pratiques

  1. Commencer par un 50K : Taïwan propose plusieurs épreuves d’ultra-marathon 50K, idéales pour débuter ; les ravitaillements sont complets et les parcours accessibles
  2. Entraîner l’oxydation des graisses : Intégrer régulièrement des séances d’endurance fondamentale de longue durée (fréquence cardiaque à 60–70 % de la FC max) pour améliorer l’efficacité du métabolisme des graisses
  3. Rejoindre une communauté d’ultra-trail féminine : Taïwan dispose de groupes dédiés aux femmes en trail/ultra ; les conseils d’équipement et les stratégies de préparation des plus expérimentées sont la ressource la plus directe
  4. Accorder une importance majeure au plan de ravitaillement : En ultra-trail, oublier de s’alimenter est plus fatal que d’être lent ; s’entraîner à suivre son plan nutritionnel à l’allure de course pour que manger devienne un réflexe
  5. Accepter la possibilité d’un DNF : Le taux de DNF en ultra-trail est bien supérieur à celui d’un marathon classique, mais un DNF est une décision intelligente, pas un échec — terminer en sécurité permet de participer à la prochaine épreuve

Conclusion

L’ultra-trail est l’une des formes de course où la distance aplanit le plus les différences entre les sexes, et les caractéristiques physiologiques des femmes commencent à révéler des avantages uniques dans les défis d’ultra-distance les plus extrêmes. Ce n’est pas seulement un encouragement pour les athlètes féminines, c’est aussi une profonde leçon sur la physiologie de l’effort humain : quand on court assez longtemps, le sens de la ligne d’arrivée importe bien plus que les différences de la ligne de départ.

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