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Entraînement à l'adaptation aux graisses : comment les athlètes d'endurance améliorent leur efficacité de combustion des graisses

單車訓練

Entraînement à l'adaptation aux graisses : comment les athlètes d'endurance améliorent leur efficacité de combustion des graisses

Entraînement à l’adaptation aux graisses : comment les athlètes d’endurance améliorent leur efficacité de combustion des graisses

L’énergie stockée sous forme de graisses dans le corps humain dépasse de loin celle du glycogène — même chez un athlète très mince, l’énergie stockée dans les graisses corporelles suffit à parcourir des centaines de kilomètres à vélo. Si l’on pouvait utiliser plus efficacement ce « réservoir d’énergie », il serait théoriquement possible de repousser l’apparition du mur. C’est le concept central de l’« adaptation aux graisses » (Fat Adaptation).

Les bases du système énergétique

Glucides vs. graisses

Source d’énergie Quantité stockée Énergie disponible Taux d’oxydation
Glycogène musculaire 300-500 g 1 200-2 000 kcal Élevé (60-90 g/h)
Tissu adipeux 5-15 kg 45 000-135 000 kcal Plus faible (30-60 g/h)

De toute évidence, les graisses constituent un réservoir d’énergie quasi infini. Le problème réside dans le fait que le taux d’oxydation des graisses est limité par de multiples facteurs, en particulier lors d’exercices à haute intensité.

Le concept de croisement (Crossover Concept)

À mesure que l’intensité de l’exercice augmente, le corps passe progressivement d’une utilisation prédominante des graisses à une dépendance aux glucides. Ce point de bascule est appelé le « point de croisement ». Chez une personne non entraînée, ce point se situe autour de 40-50 % de la VO2max, tandis qu’un athlète d’endurance bien entraîné peut le repousser à 65-75 %.

L’objectif de l’entraînement à l’adaptation aux graisses est de déplacer ce point de croisement vers des intensités plus élevées, permettant au corps de brûler efficacement les graisses à des intensités d’exercice plus élevées.

Mécanismes physiologiques de l’adaptation aux graisses

Grâce à l’entraînement et aux ajustements alimentaires, le corps développe les adaptations suivantes :

Au niveau mitochondrial

  • Augmentation du nombre et du volume des mitochondries
  • Régulation à la hausse de l’expression des protéines de transport des acides gras (CPT-1, FAT/CD36)
  • Augmentation de l’activité des enzymes de la β-oxydation

Au niveau musculaire

  • Augmentation du stockage des triglycérides intramusculaires (IMTG)
  • Augmentation de la densité capillaire, améliorant l’apport en acides gras
  • Augmentation possible de la proportion de fibres musculaires lentes

Au niveau hormonal

  • Amélioration de la sensibilité à l’insuline
  • Réponse accrue des catécholamines (système adrénergique) à la lipolyse
  • Optimisation du profil de sécrétion de l’hormone de croissance

Méthodes d’entraînement pour améliorer l’oxydation des graisses

Méthode 1 : Sorties longues à faible intensité (LSD)

La méthode la plus traditionnelle et la plus efficace. Réaliser des sorties de 2 à 4 heures dans la zone cardiaque 2 (60-70 % de la fréquence cardiaque maximale).

Points clés :

  • Maintenir une intensité permettant de « tenir une conversation normale »
  • Planifier au moins 1 à 2 séances LSD par semaine
  • Représenter 70-80 % du volume d’entraînement total
  • C’est le cœur de la construction de la base aérobie

Méthode 2 : Sorties à jeun

Effectuer des sorties à intensité faible à modérée le matin sans avoir mangé. Lorsque les réserves de glycogène sont basses, le corps est contraint de dépendre davantage des graisses pour produire de l’énergie.

Précautions :

  • Uniquement pour des sorties en Zone 1-2, d’une durée de 60 à 90 minutes
  • Emporter des ravitaillements en cas d’urgence
  • Ne convient pas aux entraînements à haute intensité
  • Ne pas rouler à jeun à chaque fois ; 1 à 2 fois par semaine suffisent
  • À éviter pour les personnes ayant des antécédents d’hypoglycémie

Méthode 3 : S’entraîner bas, courir haut (Train Low, Race High)

C’est l’une des stratégies les plus en vogue dans le monde de la science du sport ces dernières années. Le concept consiste à réduire délibérément la disponibilité des glucides lors de certaines séances d’entraînement, tout en revenant à une alimentation riche en glucides le jour de la compétition.

Les modalités de mise en œuvre comprennent :

  1. La méthode « Sleep Low »

    • Effectuer une séance à haute intensité le soir pour épuiser le glycogène
    • Ne pas consommer de glucides au dîner
    • Le lendemain matin, effectuer une sortie à faible intensité à jeun
  2. La méthode des deux séances par jour (Twice-a-day)

    • Séance à haute intensité le matin pour épuiser le glycogène
    • Ne pas consommer de glucides au déjeuner
    • Séance à faible intensité l’après-midi, réalisée avec de faibles réserves de glycogène
  3. Limiter le ravitaillement pendant l’entraînement

    • Lors d’une sortie de 2 à 3 heures à intensité modérée, ne boire que de l’eau sans complément en glucides

Preuves scientifiques : Une étude de Marquet et al. (2016) a montré qu’après 3 semaines de stratégie « Sleep Low », les performances des athlètes sur 10 km en course à pied s’amélioraient de 3,2 %, avec une augmentation significative du taux d’oxydation des graisses.

Méthode 4 : Jeûne intermittent (16:8)

Limiter la fenêtre d’alimentation quotidienne à 8 heures (par exemple de midi à 20 heures), avec un jeûne de 16 heures le reste du temps.

  • Peut favoriser la flexibilité métabolique
  • Ne convient pas aux périodes de volume d’entraînement élevé
  • La fenêtre alimentaire doit être ajustée en fonction du calendrier d’entraînement

Le débat sur le régime pauvre en glucides et riche en graisses (LCHF/Keto)

Le point de vue des partisans

  • Augmentation considérable du taux d’oxydation des graisses (jusqu’à 1,5-1,8 g/min contre 0,5-1,0 g/min en temps normal)
  • Réduction de la dépendance aux ravitaillements externes en glucides
  • Gestion du poids plus facile
  • Certains athlètes d’ultra-endurance rapportent une amélioration de leurs performances

Le point de vue des opposants et les preuves scientifiques

Une étude majeure menée par Burke et al. en 2017 sur des marcheurs de compétition d’élite a révélé :

  • Le régime cétogène augmente effectivement considérablement l’oxydation des graisses
  • Mais l’économie de mouvement à haute intensité se dégrade — une plus grande quantité d’oxygène est nécessaire à allure équivalente
  • Même après un retour à une alimentation normale, l’économie de mouvement altérée nécessite plusieurs semaines pour se rétablir
  • Particulièrement défavorable pour les disciplines exigeant de fréquents changements d’intensité (comme les courses sur route)

Un point de vue équilibré

Un régime cétogène strict à long terme est probablement plus nuisible que bénéfique pour la plupart des cyclistes, en particulier ceux qui ont besoin de performances à haute intensité. En revanche, adopter périodiquement une stratégie plus pauvre en glucides pendant la phase de base, puis revenir à un apport normal en glucides pendant la saison, pourrait être la meilleure solution pour concilier adaptation aux graisses et performances à haute intensité.

Conseils pratiques : stratégie nutritionnelle par phases

Phase de base (hors saison)

  • Augmenter la proportion d’entraînements à faible teneur en glucides (2 à 3 fois par semaine)
  • Effectuer davantage de sorties longues en Zone 2
  • L’apport en glucides peut être réduit à 3-5 g par kilogramme de poids corporel
  • Augmenter les sources de graisses saines (avocat, noix, huile d’olive, huile de poisson)

Phase de construction (Build Phase)

  • Les jours d’entraînement à haute intensité, revenir à un apport normal en glucides (6-8 g/kg)
  • Les jours d’entraînement à faible intensité, maintenir un apport plus faible en glucides
  • Commencer à pratiquer la stratégie nutritionnelle de course

Phase de compétition (Race Season)

  • Ravitaillement complet en glucides les jours d’entraînement et de course
  • Les jours de récupération peuvent maintenir un apport modéré en glucides
  • Ne pas expérimenter de nouvelles stratégies alimentaires avant une compétition

Comment évaluer les progrès de l’adaptation aux graisses

Indicateurs subjectifs

  • Sensation de facilité accrue lors des sorties en Zone 2
  • Moins de faim lors des longues sorties
  • Capacité à maintenir une puissance stable plus longtemps sans ravitaillement

Indicateurs objectifs

  • Quotient respiratoire (QR) : une diminution du QR à intensité égale indique une augmentation de la proportion d’utilisation des graisses
  • Taux maximal d’oxydation des graisses (MFO) : mesurable via un test métabolique
  • FATmax : augmentation de l’intensité d’exercice à laquelle l’oxydation maximale des graisses est atteinte

Résumé

L’adaptation aux graisses n’est pas un choix binaire — il ne s’agit pas d’abandonner complètement les glucides, mais d’améliorer la capacité du corps à utiliser les graisses grâce à des stratégies intelligentes d’entraînement et de nutrition. La méthode la plus efficace consiste à intégrer des éléments d’entraînement à faible teneur en glucides pendant la phase de base, tout en assurant un apport complet en glucides lors des séances à haute intensité et des compétitions. C’est le développement de cette « flexibilité métabolique » qui est la clé d’une progression continue des performances en endurance.

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