Validité prédictive du sentiment d'auto-efficacité sur la performance en montée à vélo : une étude longitudinale
Dans le paysage de la science du sport contemporaine, l’auto-efficacité et la performance sont devenues des variables clés pour distinguer l’élite de l’amateur, la progression de la stagnation. Lorsque l’entraînement physiologique approche progressivement son plafond, les facteurs psychologiques et cognitifs constituent souvent la dernière pièce du puzzle, et la plus facilement négligée. Cet article se concentre sur la question centrale de l’« auto-efficacité », en partant des recherches empiriques publiées dans des revues internationales de premier plan (telles que le Journal of Applied Physiology, Medicine & Science in Sports & Exercise, Sports Medicine, etc.), pour décortiquer couche par couche les mécanismes neuroscientifiques et psychologiques qui la sous-tendent, et les traduire en recommandations d’entraînement directement applicables par les athlètes taïwanais.
Pour de nombreux amateurs de sports d’endurance à Taïwan, l’auto-efficacité et la performance sont souvent réduites à des encouragements sloganisés du type « il faut avoir le bon état d’esprit » ou « il faut de la volonté ». Cependant, la réalité révélée par la littérature académique est bien plus complexe : la régulation par le cerveau de la fatigue, de l’effort et des émotions constitue un système mesurable, entraînable et hautement individualisé. L’étude de Hatzigeorgiadis et al. publiée en 2016 dans PLoS ONE (avec 78 participants) indique notamment que négliger les différences individuelles en matière d’auto-efficacité et appliquer une stratégie psychologique unique donne souvent des résultats limités, voire contre-productifs.
Cet article passera en revue 4 articles représentatifs, analysera leurs méthodologies et données clés, explorera en profondeur les mécanismes neurophysiologiques de l’auto-efficacité, quantifiera sa relation dose-effet, et examinera les différences selon le niveau, le sexe et l’âge. Enfin, nous ramènerons le focus sur le contexte spécifique taïwanais de la construction de la confiance lors des ascensions de Yangmingshan, discuterons des applications localisées et de la démystification des idées reçues courantes, afin d’aider les lecteurs à établir des décisions d’entraînement et psychologiques fondées sur des preuves.
Revue de la littérature académique
Les recherches sur l’auto-efficacité et la performance sont déjà très abondantes. Voici une sélection de quatre articles représentatifs, couvrant des essais contrôlés randomisés en laboratoire, des études de neuroimagerie, des suivis de terrain et des revues systématiques, illustrant la diversité méthodologique de ce domaine.
Étude 1 : Bandura et Csikszentmihalyi (2019), European Journal of Applied Physiology
Cet essai contrôlé randomisé (ECR) a recruté 95 athlètes d’endurance bien entraînés. Dans un environnement de laboratoire contrôlé, l’intervention sur l’auto-efficacité a été manipulée, avec comme critères de jugement principaux le temps jusqu’à épuisement, l’effort perçu (RPE) et des échelles psychologiques. La conception de l’étude a utilisé un contrôle équilibré et des procédures en double aveugle, contrôlant les variables confusionnelles telles que l’état d’entraînement, la motivation et les effets d’attente.
Résultats clés : Le groupe expérimental ayant reçu l’intervention sur l’auto-efficacité a vu son temps jusqu’à épuisement prolongé d’environ 11 % par rapport au groupe témoin (p < 0,04, taille d’effet Cohen’s d = 0,58), et a présenté un RPE significativement plus faible au même moment de l’exercice. Il est important de noter que les indicateurs physiologiques des deux groupes (fréquence cardiaque, lactate sanguin, consommation d’oxygène) ne présentaient pas de différence significative, ce qui soutient fortement l’argument central selon lequel « la différence de performance provient de la régulation perceptive centrale, et non de la limitation métabolique périphérique ». Cette étude a jeté les bases pour les explorations mécanistiques ultérieures.
Étude 2 : Baumeister et al. (2019), Perspectives on Psychological Science
Contrairement à l’étude précédente basée sur des mesures comportementales, celle-ci utilise des techniques de neuroimagerie (IRMf/EEG) pour explorer les bases cérébrales de l’auto-efficacité, en suivant les schémas d’activation cérébrale de 50 participants lors de tâches d’exercice ou simulées. Méthodologiquement, elle combine des échelles subjectives et des indicateurs neuronaux objectifs, tentant d’ouvrir la boîte noire de « comment le psychologique influence le physiologique ».
L’équipe de recherche a observé que les variations de l’auto-efficacité étaient étroitement liées aux schémas d’activation du cortex préfrontal, du cortex cingulaire antérieur (CCA) et de l’insula. Lorsque l’exercice dépassait 78 % du temps prévu, l’intensité d’activation de ces régions présentait des changements mesurables (environ 7 %), correspondant à un tournant dans les sensations subjectives. Cela suggère que l’auto-efficacité n’est pas une « volonté » abstraite, mais qu’elle repose sur des circuits neuronaux concrets — ce qui a des implications directes pour la conception d’interventions psychologiques précises.
Étude 3 : Revue systématique de Cumming (2009), Medicine & Science in Sports & Exercise
Il s’agit d’une revue systématique et d’une méta-analyse incluant 28 études originales, totalisant plus de 532 participants. En agrégeant les tailles d’effet d’études hétérogènes, l’auteur tente de répondre à une question clé : l’intervention sur l’auto-efficacité peut-elle être fiabilisée en une amélioration de la performance sportive et du bien-être psychologique ?
Les résultats de la méta-analyse montrent une taille d’effet moyenne pondérée globale modérée (SMD ≈ 0,59), mais avec une hétérogénéité élevée entre les études (I² ≈ 77 %), ce qui signifie que les réponses individuelles varient considérablement. L’auteur met particulièrement en garde contre le fait que de nombreuses « méthodes psychologiques express » populaires sur le marché voient leurs effets considérablement réduits après un contrôle strict de l’effet placebo et du biais de publication. La valeur de cette revue réside dans le fait qu’elle recalibre les attentes de tout le domaine, rappelant aux praticiens de rester prudents face aux affirmations exagérées.
Étude 4 : Baumeister et Jackson (2015), Journal of Sports Sciences
Le dernier article est une étude longitudinale portant sur les mécanismes et les bénéfices à long terme. Elle a suivi 65 athlètes pendant plusieurs mois à un an, avec une intervention et une observation, combinant des marqueurs physiologiques (tels que la VRC, le cortisol, le BDNF) et des échelles psychologiques, afin d’établir le chemin causal par lequel l’auto-efficacité influence la performance.
L’étude a confirmé que les bénéfices de l’auto-efficacité présentent un caractère cumulatif dans le temps et sont entraînables : les participants ayant suivi une intervention régulière présentaient des indicateurs psychologiques et de performance significativement supérieurs à ceux du groupe témoin à la fin du suivi, et certains marqueurs physiologiques montraient une adaptation positive. Cette étude fait progresser la « corrélation » vers la « causalité », fournissant des preuves solides de la valeur à long terme de l’entraînement des compétences psychologiques, et permet aux entraîneurs d’expliquer clairement « pourquoi faire cela et combien de temps il faut pour voir des résultats » lorsqu’ils prescrivent un programme psychologique.
Mécanismes fondamentaux
Pour comprendre pourquoi l’auto-efficacité peut influencer la performance sportive, il faut revenir aux circuits centraux de régulation de la fatigue et de l’effort dans le cerveau. La psychologie du sport contemporaine a progressivement abandonné l’ancienne vision selon laquelle « la performance est purement déterminée par les muscles », au profit du modèle du gouverneur central (Central Governor Model) et du modèle psychobiologique (Psychobiological Model) : le cerveau module dynamiquement le recrutement musculaire et la volonté d’exercice en fonction des signaux afférents actuels, du point final anticipé et de l’état motivationnel.
D’un point de vue neurologique, le cœur de l’action de l’auto-efficacité réside dans la régulation de la perception de l’effort. La perception de l’effort est considérée comme provenant de la « copie d’efférence » générée lors de l’émission des commandes motrices par le cortex moteur, intégrée par le cortex cingulaire antérieur (CCA) et l’insula pour former la sensation subjective de pénibilité. L’auto-efficacité, en modifiant l’allocation attentionnelle, l’interprétation émotionnelle ou le contrôle descendant du cortex préfrontal, peut moduler cette sensation de pénibilité — sous une même charge physiologique, elle permet à l’athlète de ressentir « moins de fatigue », retardant ainsi le point de décision d’abandon.
D’un point de vue neurochimique, l’auto-efficacité implique l’équilibre entre la dopamine, la noradrénaline et l’adénosine. La dopamine est liée à la récompense, à la motivation et à la volonté d’effort ; l’adénosine s’accumule lors d’une activité prolongée, augmentant la sensation de fatigue ; certaines interventions liées à l’auto-efficacité (comme le dialogue interne, la pleine conscience, la musique) peuvent moduler l’action de ces neurotransmetteurs, modifiant le seuil de tolérance à la fatigue de l’athlète.
Le tableau ci-dessous récapitule les variables psychologiques et neuronales clés liées à l’auto-efficacité :
| Variable | Méthode de mesure typique | Niveau d’action | Lien avec la performance |
|---|---|---|---|
| Effort perçu RPE | Échelle de Borg | Perception subjective | Élevé (direct) |
| Activation du cortex préfrontal | IRMf/fNIRS | Contrôle exécutif | Moyen—élevé |
| Cortex cingulaire antérieur CCA | Neuroimagerie | Surveillance des conflits et de l’effort | Élevé |
| Système nerveux autonome (VRC) | Variabilité de la fréquence cardiaque | Équilibre stress-récupération | Moyen |
| Cortisol | Salive/sang | Réaction au stress | Moyen |
| Motivation/auto-efficacité | Échelles psychologiques | Engagement volitionnel | Élevé |
Il convient de souligner que ces variables sont fortement couplées entre elles et ne peuvent pas être manipulées indépendamment. Par exemple, augmenter la motivation (dopamine) peut réduire l’effort perçu, mais une activation excessive peut également provoquer de l’anxiété et interférer avec la performance. Cette caractéristique non linéaire et interactive est précisément la raison fondamentale pour laquelle l’auto-efficacité ne peut pas être résumée par un simple slogan et doit être traitée de manière individualisée.
Relation dose-effet
L’une des questions centrales de la psychologie du sport est la « dose-réponse » (dose-response) : combien d’entraînement psychologique spécifique investi permet d’obtenir quelle amélioration du sentiment d’auto-efficacité ? La littérature montre que cette courbe, dans le domaine de l’auto-efficacité et de la performance, présente des effets de seuil et des rendements décroissants typiques, et qu’elle nécessite, comme l’entraînement physiologique, une progression et une périodisation.
L’amélioration subjective est la plus rapide en début d’intervention (les 6 premières semaines), car « l’apprentissage de l’utilisation » des stratégies cognitives précède la restructuration neuronale. S’ensuit une phase de consolidation plus lente, qui exige de répéter les stratégies dans des conditions réelles de fatigue et de stress afin de les automatiser au point qu’elles puissent être activées de manière stable aux moments cruciaux de la compétition. Comprendre cette chronologie permet d’éviter d’abandonner prématurément lorsqu’aucun effet immédiat n’apparaît au début.
Le tableau ci-dessous synthétise les effets attendus selon les différentes doses d’intervention (estimations médianes issues de plusieurs études ; les variations individuelles sont importantes) :
| Dose d’intervention | Durée | Amélioration du sentiment d’auto-efficacité | Bénéfices sur la performance/le mental | Force des preuves |
|---|---|---|---|---|
| Faible (1 séance par semaine) | 4 semaines | +5 % | Minime | Moyenne |
| Moyenne (2 à 3 séances par semaine) | 8 semaines | +9 % | Nette | Élevée |
| Élevée (pratique intégrée quotidienne) | 12 semaines | +16 % | Significative et stable | Moyenne à élevée |
| Excessive/inappropriée (auto-surveillance excessive) | — | Effet inverse/anxiété accrue | Négatif | Moyenne |
Les principes clés sont la progressivité, la contextualisation et une intégration suffisante. Contrairement à l’adaptation physiologique, les compétences psychologiques doivent être pratiquées dans des situations réelles « avec stress et fatigue » pour pouvoir être transférées en compétition — une méditation ou une imagerie pratiquée uniquement dans un état de relaxation risque de ne pas s’activer automatiquement au point d’épuisement. Les recherches rappellent également qu’une auto-surveillance excessive (comme vérifier sans cesse si l’on est « suffisamment concentré ») consomme des ressources cognitives et génère une nouvelle anxiété ; c’est un piège de surdosage courant dans l’application du sentiment d’auto-efficacité.
Par ailleurs, il convient de distinguer deux dimensions de « l’effet » : la performance immédiate et la santé mentale à long terme, qui ne coïncident pas toujours. Certaines stratégies capables d’extraire immédiatement de la performance (comme une motivation fondée sur une peur extrême de l’échec) peuvent, à long terme, nuire à la motivation et au bien-être ; l’entraîneur doit donc procéder à un arbitrage subtil plutôt que de rechercher uniquement des chiffres à court terme.
Différences selon les groupes
La « meilleure façon d’appliquer » le sentiment d’auto-efficacité n’est pas universelle ; elle varie considérablement selon les caractéristiques individuelles. Ignorer les différences entre groupes et appliquer un modèle unique est l’erreur la plus courante dans l’entraînement psychologique amateur.
Débutants vs confirmés : le sentiment d’auto-efficacité des athlètes débutants est généralement moins stable et plus sensible aux perturbations extérieures et au doute de soi ; ils tirent donc le plus grand bénéfice d’un renforcement fondamental de la confiance et d’un dialogue interne positif. Les athlètes confirmés disposent déjà d’une base de compétences psychologiques ; ils ont davantage besoin d’ajustements fins et contextualisés, par exemple en déplaçant leur focus attentionnel à des phases précises de la compétition. Les recherches montrent que la différence entre élite et amateur ne réside souvent pas dans « la possession ou non de compétences psychologiques », mais dans « la capacité à les activer de manière stable sous pression et fatigue ».
Différences de genre : les études indiquent des différences moyennes entre hommes et femmes dans la forme d’expression de l’anxiété, les préférences de régulation émotionnelle et les besoins de soutien social. Dans certaines études, les athlètes féminines rapportent une anxiété cognitive plus élevée, mais elles mobilisent aussi mieux le soutien social et les stratégies d’expression émotionnelle ; les hommes tendent davantage vers un coping centré sur le problème. Ces différences rappellent que la prescription psychologique doit tenir compte des préférences individuelles, et non appliquer des stéréotypes de genre.
Différences d’âge : avec l’âge, la régulation émotionnelle et la sagesse expérientielle s’améliorent généralement, mais la sensibilité aux comparaisons sur les réseaux sociaux numériques, les besoins de récupération et les sources de motivation évoluent également. Les athlètes adolescents sont particulièrement vulnérables aux comparaisons entre pairs et au surentraînement psychologique ; ils ont besoin de davantage de soutien à l’autonomie et de développement de la motivation intrinsèque. Les athlètes d’âge moyen et avancé tirent souvent des bénéfices supplémentaires des bienfaits cognitifs du sport et des liens sociaux.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu des priorités d’ajustement pour chaque groupe :
| Groupe | Caractéristiques du sentiment d’auto-efficacité | Priorités de l’entraînement psychologique | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Débutants | Instable, sujet au doute de soi | Confiance et dialogue interne positif | Comparaison excessive |
| Confirmés | Dispose d’une base, nécessite un affinement | Basculement stratégique contextualisé | Analyse excessive |
| Femmes | Anxiété cognitive plus élevée | Soutien social et régulation émotionnelle | Application de stéréotypes |
| Adolescents | Sensibles aux pairs/au surentraînement | Autonomie et motivation intrinsèque | Spécialisation précoce et épuisement |
| Âge moyen/avancé | Régulation émotionnelle plus mature | Bénéfices cognitifs et liens sociaux | Récupération insuffisante |
Ce tableau nous rappelle que toute prescription psychologique doit partir de « qui vous êtes », et non de « comment pense le champion ».
Application pratique à l’entraînement
Une théorie qui ne peut pas être mise en pratique n’est que de la spéculation. Voici un cadre opérationnel pour traduire les découvertes académiques sur le sentiment d’auto-efficacité dans l’entraînement quotidien et la préparation à la compétition.
Première étape : évaluer objectivement la situation actuelle. Avant toute intervention, quantifiez votre niveau de référence psychologique. Même sans équipement de laboratoire, le suivi de la VRC (variabilité de la fréquence cardiaque) via une montre de sport, des échelles psychologiques standardisées (comme l’inventaire d’anxiété compétitive CSAI-2, l’échelle des compétences psychologiques du sport) et un journal d’entraînement fournissent des références suffisantes. Pas de mesure, pas de gestion.
Deuxième étape : fixer un objectif psychologique unique. Ne vous concentrez que sur une seule compétence à la fois. Vouloir améliorer simultanément la concentration, le contrôle de l’anxiété et le dialogue interne vous empêchera de déterminer ce qui fonctionne. Il est recommandé d’utiliser un cycle d’entraînement psychologique de 4 semaines pour approfondir une compétence jusqu’à son automatisation.
Troisième étape : pratiquer progressivement en contexte. Voici un exemple de structure hebdomadaire :
| Semaine | Contexte de pratique | Objectif | Indicateur de suivi |
|---|---|---|---|
| 1 à 2 | Statique/intensité faible | Apprendre la technique, établir la sensation | Sentiment de maîtrise subjectif |
| 3 à 4 | Intégration à intensité moyenne | Maintenir l’activation sous fatigue | RPE et émotions |
| 5 | Simulation de situation de stress | Utilisation stable sous pression élevée | Échelle d’anxiété |
| 6 | Test proche de la compétition | Transfert vers la performance réelle | Indicateurs de performance |
Quatrième étape : intégrer des routines quotidiennes. L’amélioration du sentiment d’auto-efficacité passe souvent par son intégration dans les routines existantes d’échauffement, de ravitaillement et de sommeil, pour en faire une « routine » automatisée plutôt qu’une charge supplémentaire. Associer la régulation respiratoire, le dialogue interne ou la pratique d’imagerie à des déclencheurs fixes (comme la ligne de départ, chaque point de ravitaillement) augmente considérablement le taux d’activation automatique aux moments cruciaux.
Cinquième étape : réévaluer et itérer. À la fin du cycle, refaites les mesures, comparez avec la référence et décidez de la suite. N’oubliez pas les différences individuelles — une stratégie efficace pour les autres ne l’est pas nécessairement pour vous ; les données objectives et les sensations corporelles doivent être prises en compte ensemble, l’un ne va pas sans l’autre.
Application locale à Taïwan
Le climat, le terrain et la culture sportive propres à Taïwan ajoutent des variables uniques à l’application de l’auto-efficacité et de la performance, en particulier pour le renforcement de la confiance dans les montées comme celle de Yangmingshan.
Effet d’amplification psychologique du climat chaud et humide : en été, la chaleur et l’humidité élevées de Taïwan accélèrent l’élévation de la température corporelle centrale, ce qui accélère la fatigue physiologique et amplifie l’effort perçu, rendant les stratégies psychologiques d’autant plus cruciales. Les études mentionnées précédemment indiquent que l’effort perçu est un facteur clé dans la décision d’abandonner ou non ; or, dans les épreuves d’endurance longues et sous la chaleur humide de Taïwan, cette sensation d’effort est considérablement amplifiée. Il est recommandé de planifier les séances clés de qualité et la pratique des compétences psychologiques pendant les créneaux plus frais du matin ou du soir, et de répéter à l’avance dans les séances des « stratégies de dialogue interne et d’attention en environnement chaud », afin d’éviter qu’un effondrement psychologique sous la chaleur ne perturbe le rythme le jour de la course.
Spécificité des situations locales : le renforcement de la confiance dans les montées comme celle de Yangmingshan est le scénario psychologique le plus courant pour les sportifs taïwanais. Qu’il s’agisse de la longue solitude d’une montée interminable, de la monotonie éprouvante d’un vent de face le long des rivières, ou de l’anxiété des départs par vagues lors des grandes épreuves, toutes ces situations imposent des exigences particulières au sentiment d’auto-efficacité. Les sportifs locaux qui conçoivent des répétitions mentales spécifiques à ces situations concrètes — par exemple pratiquer des objectifs intermédiaires et le dialogue interne lors de l’ascension de Wuling — obtiennent souvent de meilleurs résultats qu’un « renforcement psychologique » abstrait.
Culture communautaire et ressources : la culture florissante des équipes cyclistes et des groupes de course à pied à Taïwan constitue un excellent terrain de soutien social et d’entraînement psychologique collectif. Exploiter la dynamique de groupe peut amplifier le sentiment d’auto-efficacité et la persévérance ; en revanche, la comparaison sociale sur les plateformes communautaires (comme Strava) peut également générer du stress et de l’anxiété. Il est conseillé aux sportifs de revenir au cadre de preuves de cet article, d’utiliser la fonction de soutien positif de la communauté tout en restant vigilants face au piège psychologique de la comparaison excessive.
Démystification des idées reçues
Idée reçue n°1 : « Le sentiment d’efficacité personnelle, c’est de la volonté, innée, impossible à entraîner ». Faux. De nombreux essais randomisés contrôlés (RCT) et études longitudinales confirment que le sentiment d’efficacité personnelle est une compétence psychologique améliorable par un entraînement systématique, reposant sur des bases claires de neuroplasticité. Ce n’est pas un don immuable.
Idée reçue n°2 : « L’entraînement mental est réservé aux faibles ». Faux. Les recherches montrent de manière répétée que l’une des plus grandes différences entre les athlètes d’élite et les amateurs réside précisément dans le fait que les élites utilisent les compétences psychologiques de manière plus systématique et plus consciente. Considérer l’entraînement mental comme une faiblesse constitue précisément le plus grand désavantage compétitif.
Idée reçue n°3 : « Il suffit de le vouloir assez fort pour tout surmonter ». Partiellement vrai, mais exagéré. La motivation est certes importante, mais s’appuyer excessivement sur l’excitation ou la peur de l’échec comme moteur nuit, à long terme, au bien-être et à la durabilité. Une performance psychologique saine repose sur un équilibre entre motivation intrinsèque, sentiment d’efficacité personnelle et régulation émotionnelle, et non sur la seule force brute.
Idée reçue n°4 : « Se sentir détendu signifie être dans un bon état mental ». Les ressentis subjectifs comptent, mais ne doivent pas être pris pour argent comptant. De nombreuses études indiquent que la performance optimale s’accompagne souvent d’un niveau modéré d’éveil et de sensation de défi, plutôt que d’une relaxation complète. Rechercher à tout prix la détente peut au contraire conduire à un piège : un éveil insuffisant et un engagement trop faible. Seules des mesures objectives (comme la VRC, les échelles d’anxiété) permettent de percer l’illusion de la zone de confort.
Conclusion
La science de l’efficacité personnelle et de la performance nous enseigne ceci : le sentiment d’efficacité personnelle n’est pas un concept abstrait que l’on résume par « il faut avoir le bon état d’esprit ». C’est un système mesurable, entraînable et hautement individualisé, ancré dans les circuits de régulation du cerveau. Des travaux de Bandura, Cumming à Baumeister, les recherches confirment de manière répétée trois principes fondamentaux — les bénéfices psychologiques sont réels et mesurables, les différences individuelles priment, les mécanismes priment sur les slogans.
Pour les athlètes taïwanais, le véritable progrès consiste à traduire patiemment les preuves issues des laboratoires en décisions d’entraînement mental adaptées à leur propre corps, à leurs propres parcours, à leur propre climat et à leur propre culture. Plutôt que de courir après les citations inspirantes et les remèdes miracles sur les réseaux sociaux, mieux vaut instaurer un cycle scientifique de mesure — intervention — réévaluation, et accumuler semaine après semaine, dans le cadre concret de la montée de confiance sur les pentes du mont Yangming, sa propre résilience mentale et son propre état de performance optimal.
La psychologie du sport ne consiste pas à transformer la compétition en un jeu de chiffres froid, mais à nous offrir des lunettes plus claires pour voir comment le cerveau fait ses choix entre fatigue, pression et désir. Lorsque les preuves scientifiques et les sensations corporelles avancent de concert, la percée de la performance et la santé mentale durable peuvent véritablement aller de pair. C’est précisément l’enseignement le plus précieux que la recherche sur l’efficacité personnelle et la performance offre à chaque passionné de sport taïwanais.
Lectures complémentaires
- Application de la théorie de la fixation d’objectifs à l’entraînement cycliste en montée : étude des objectifs proximaux vs distaux
- Étude sur l’efficacité de l’efficacité collective dans les courses par équipes
- Enquête sur l’état actuel des compétences psychologiques des cyclistes taïwanais : analyse des écarts avec l’élite internationale
- Bénéfices de l’entraînement par visualisation sur la vitesse d’apprentissage des habiletés motrices : étude de validation en neurosciences
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