跳至主要內容

Le modèle de puissance critique CP : un cadre plus explicatif que la FTP

訓練科學

臨界功率CP模型:比FTP更有解釋力的框架

L’histoire d’un élève bloqué

Je m’en souviens très bien. Il y a quelques années, un cycliste amateur travaillant dans le parc scientifique de Hsinchu est venu me voir ; appelons-le A-Zhe. Il était très sérieux, avait fait plusieurs tests FTP de 20 minutes sur Zwift, et ses chiffres étaient passés de 245 W à 272 W — sur le papier, une belle progression. Mais il s’entraînait de plus en plus frustré, car à chaque fois qu’il montait la route de Yangjin P ou le col de Fengguizui, dès qu’il rencontrait une courte bosse raide, il explosait complètement et n’arrivait plus à suivre derrière ; en revanche, sur les longues pentes douces, il tenait en réalité plus longtemps que les autres de son groupe.

Il m’a demandé : « Coach, mon FTP est pourtant plus élevé que celui de mes coéquipiers, pourquoi est-ce que je meurs dès qu’il y a des attaques en changement de rythme ? »

Cette question, un simple chiffre de FTP ne pourra jamais y répondre. Car le FTP ne vous dit que « à quelle intensité vous pouvez tenir à peu près de manière stable », mais il ne vous dit absolument pas « combien de munitions il vous reste au-dessus de cette ligne, et à quelle vitesse vous les récupérez une fois épuisées ». Sous un même chiffre de FTP peuvent se cacher deux profils de pédalage radicalement différents : l’un capable d’attaques répétées mais pas longtemps, l’autre stable comme un roc mais sans aucune explosivité. Le FTP les met sur un pied d’égalité, ce qui n’est clairement pas logique. Et c’est précisément la pièce du puzzle que le modèle de la puissance critique (Critical Power, CP) vient compléter. Aujourd’hui, je veux vous expliquer en détail comment j’utilise le concept de CP avec mes élèves, les méthodes de test, et comment l’utiliser pour concevoir des séances d’intervalles.

Fondements conceptuels : la puissance n’est pas un chiffre, c’est une courbe

La relation puissance—temps

Commençons par l’intuition la plus fondamentale : la puissance que vous pouvez produire est liée à la durée pendant laquelle vous devez la maintenir.

Si vous sprintez à fond pendant 5 secondes, vous pouvez produire des watts impressionnants ; à 1 minute, ça chute déjà nettement ; à 20 minutes, c’est encore plus bas ; et sur une heure entière, encore plus bas. Si vous tracez ces « puissances moyennes maximales correspondant à différentes durées » sur un graphique, vous obtenez une courbe qui descend vers la droite puis s’aplatit progressivement. Cette courbe, c’est la relation puissance–durée (power–duration relationship).

Ce que fait le modèle de la puissance critique, c’est décrire cette courbe avec une équation mathématique simple. Il condense toute la courbe en deux paramètres :

  • CP (puissance critique, en watts) : l’asymptote horizontale où la courbe finit par s’aplatir. On peut la voir comme le plafond de votre « moteur aérobie soutenable ».
  • W’ (se lit W-prime, prononcé « W prime », en joules) : la surface au-dessus de la CP, qui représente le « travail fini supplémentaire » que vous pouvez fournir au-dessus de la CP.

W’ est votre batterie

La métaphore que j’utilise le plus souvent avec mes élèves est la suivante : la CP est la puissance soutenue du moteur, W’ est la batterie que vous portez sur vous, qui se vide mais se recharge.

Cette métaphore est pratique parce qu’elle permet de calculer directement. Comme 1 watt équivaut à 1 joule par seconde :

Si votre CP est de 300 W et votre W’ de 20 000 joules, alors quand vous roulez à 400 W, vous utilisez 100 W de plus que votre CP. W’ ÷ puissance excédentaire = 20 000 ÷ 100 = 200 secondes. Autrement dit, en théorie, vous pouvez tenir environ 200 secondes à 400 W, puis la batterie est à plat et vous êtes forcé de ralentir.

Avec la même batterie de 20 000 joules, si vous n’utilisez que 50 W de plus (roulage à 350 W), vous pouvez tenir 400 secondes ; si vous poussez fort avec 200 W de plus (500 W), vous ne tenez que 100 secondes. C’est pour cela que le modèle CP explique la difficulté d’A-Zhe — sa CP est correcte, mais sa W’ est plutôt petite, et dès qu’il subit des attaques courtes et répétées, la batterie se vide vite.

Pourquoi la CP a plus de pouvoir explicatif que le FTP

Il faut clarifier ici la relation entre CP et FTP, car beaucoup de gens croient à tort que c’est la même chose.

Selon la compréhension dominante en physiologie de l’exercice, le FTP est essentiellement un construit pratique dérivé de la performance, correspondant approximativement à l’état stable maximal de lactate (MLSS) — c’est-à-dire l’intensité la plus élevée à laquelle la production et l’élimination du lactate sanguin sont en équilibre. La CP, elle, est une limite physiologique calculée par un modèle mathématique, qui marque la frontière entre les zones d’intensité « sévère » et « extrême » (TrainingPeaks, revue PMC).

La signification de cette ligne est cruciale :

  • En dessous de la CP : les indicateurs physiologiques du corps (consommation d’oxygène, lactate sanguin) peuvent se stabiliser, vous pouvez tenir assez longtemps, la fatigue s’accumule lentement.
  • Au-dessus de la CP : la fatigue s’accumule rapidement de manière prévisible, et au moment où W’ est épuisée, vous ne pouvez plus tenir.

Autrement dit, la CP ne vous donne pas seulement une « ligne », elle fournit aussi W’, l’information sur « combien de marge il reste au-dessus de la ligne ». Le FTP n’a qu’un chiffre, le modèle CP vous donne deux paramètres — la quantité d’information est doublée, c’est la raison fondamentale pour laquelle il a « plus de pouvoir explicatif ».

Le tableau ci-dessous résume clairement les différences :

Aspect FTP (puissance seuil fonctionnelle) CP + W’ (modèle de puissance critique)
Nature Valeur unique orientée performance Deux paramètres calculés par modèle mathématique
Correspondance physiologique Environ l’état stable maximal de lactate (MLSS) CP marque la frontière sévère/extrême
Quantité d’information Un chiffre (plafond d’intensité) CP (moteur) + W’ (capacité de batterie)
Peut expliquer la tolérance aux efforts courts Non Oui, calcul direct avec W’
Test courant 20 min × 0,95 ou 60 min Test maximal de 3 minutes ou test multi-paliers
Utilité pour les intervalles Faible, ne permet que de fixer des zones Forte, permet de calculer la récupération et la recharge

Il faut noter que chez beaucoup de gens, la CP est légèrement supérieure au FTP mesuré sur 20 minutes, et les réactions métaboliques aux différentes intensités ne sont pas non plus exactement identiques. Ne cherchez donc pas à aligner artificiellement les deux chiffres. Ce sont deux langages différents.

Méthodes pratiques : comment mesurer votre CP et votre W’

Une fois les concepts expliqués, passons à ce qui intéresse tout le monde : comment les mesurer concrètement ? Quand j’accompagne mes élèves, j’utilise principalement deux méthodes.

Méthode 1 : Test maximal de 3 minutes (3MAOT)

Il s’agit du protocole proposé par Vanhatalo et ses collègues en 2007. Le concept central est ingénieux : si vous pédalez à fond, cette batterie qu’est la W’ sera épuisée en environ 150 secondes ; une fois la batterie vide, la puissance que vous pouvez encore maintenir est égale à la CP.

Les recherches ont observé que lors d’un test maximal de 3 minutes, la puissance chute à un niveau stable en environ 135 secondes, et la CP correspond à la puissance moyenne des 30 dernières secondes ; la W’ est la somme du travail effectué au-dessus de la CP pendant tout le test (PubMed, Explication Medium).

Son plus grand avantage est qu’un seul test vous donne à la fois la CP et la W’, ce qui fait gagner du temps. Mais c’est aussi là que réside sa difficulté — vous devez « vraiment y aller à fond » dès la première seconde, sans gérer votre effort, sans rien retenir. C’est un défi psychologique important.

Étapes du test maximal de 3 minutes :

  1. Échauffement complet : au moins 15 à 20 minutes, incluant 2 à 3 sprints à haute cadence de 10 à 15 secondes chacun pour réveiller les jambes.
  2. Régler une résistance fixe : si vous utilisez un home-trainer intelligent, assurez-vous de passer en mode linéaire / pente (et non en mode ERG), car l’ERG verrouille la puissance et vous ne pourrez pas exprimer votre véritable explosivité.
  3. À fond dès la première seconde : ne retenez rien, ne gérez pas votre effort. L’état d’esprit doit être « ces 3 minutes sont tout ce qui compte ».
  4. N’abandonnez jamais : même si la puissance chute très bas et que c’est très douloureux dans la seconde moitié, continuez à pédaler à fond jusqu’à la fin des 3 minutes, car les 30 dernières secondes sont cruciales pour le calcul de la CP.
  5. Relever les données : puissance moyenne des 30 dernières secondes = CP ; intégrale du travail au-dessus de la CP sur toute la durée = W’.

Je préviens généralement mes athlètes : ce test donne envie de vomir à la fin. Il faut être bien reposé pendant les 48 heures précédentes, et il est préférable d’avoir quelqu’un à côté de vous pour annoncer le temps et vous encourager.

Méthode 2 : Tests à durées multiples (CP3/12 ou plus)

Une autre approche plus « classique » consiste à réaliser séparément plusieurs tests maximaux de durées différentes, puis à résoudre mathématiquement la CP et la W’. On fait couramment des tests de 3 minutes et de 12 minutes (certains entraîneurs ajoutent des durées plus courtes ou plus longues), répartis sur différents jours, ou le même jour avec un repos suffisant entre les deux.

La logique est la suivante : chaque test maximal représente « une partie de la W’ utilisée, plus la quantité soutenue par la CP ». En utilisant les données d’au moins deux tests, on peut séparer et calculer la CP (l’asymptote de la pente) et la W’ (l’ordonnée à l’origine).

L’avantage de cette méthode est que les chiffres sont généralement plus stables et plus fiables (en particulier pour les cyclistes bien entraînés, chez qui un seul test maximal de 3 minutes peut parfois donner une estimation de la W’ avec un biais) ; l’inconvénient est qu’il faut faire plusieurs efforts, ce qui coûte du temps et est également éprouvant.

Le tableau ci-dessous compare les deux méthodes pour vous aider à choisir selon votre situation :

Méthode de test Nombre d’efforts Paramètres obtenus en une fois Avantages Pour qui
3 minutes maximal (3MAOT) 1 effort CP + W’ tous les deux Gain de temps, tout en une seule fois Ceux qui manquent de temps, veulent une estimation rapide
Deux tests de 3 + 12 minutes 2 efforts (peuvent être sur des jours différents) Calcul de la CP + W’ par décomposition Chiffres plus stables, fiabilité élevée Niveau intermédiaire à avancé, recherche de précision
Multiples tests (ajout de 5 min/20 min, etc.) 3 efforts ou plus Courbe la plus complète Erreur minimale Compétiteurs, validation par l’entraîneur

Conseils pratiques pour le contexte taïwanais

Pour mesurer la CP à Taïwan, j’insiste particulièrement sur plusieurs points :

  • Éviter le midi chaud et humide : les après-midis d’été à Taïwan sont humides et chauds, la température ressentie dépasse souvent 33°C. Tester la CP en extérieur est non seulement dangereux, mais les données seront également faussées par le stress thermique. Privilégiez tôt le matin ou en fin de journée, ou faites le test en intérieur sur home-trainer avec climatisation et ventilateur.
  • Un ventilateur puissant est indispensable en intérieur : la dissipation de chaleur est mauvaise en intérieur. Un grand ventilateur réduit considérablement la dérive de fréquence cardiaque et rend les données plus propres.
  • Choix du lieu : pour les tests multi-durées en extérieur, les pistes cyclables au bord des rivières (comme celles de la Xindian ou de la Dajia) avec des sections plates et sans feux rouges conviennent mieux aux longues durées ; pour les courtes durées, trouvez une montée régulière et douce (par exemple le début de la montée de Fengguizui).
  • S’hydrater et refaire le plein de sel avant le test : la chaleur et l’humidité à Taïwan font beaucoup transpirer. Il faut bien s’hydrater et refaire le plein d’électrolytes de la veille jusqu’au jour du test, car la déshydratation fausse les performances et les données.

Concevoir un entraînement par intervalles avec la CP et la W’

C’est là que le modèle de la CP brille vraiment. Avec la CP et la W’, les séances d’intervalles ne sont plus définies au ressenti, mais on peut calculer « combien de temps à fond, combien de temps de repos » en utilisant la logique de la batterie.

Logique fondamentale : décharge et recharge

Retenez deux choses :

  1. Pédaler au-dessus de la CP = décharge (consommation de la W’). La vitesse de décharge dépend de l’ampleur du dépassement de la CP.
  2. Pédaler en dessous de la CP ou se reposer = recharge (la W’ se reconstitue). La vitesse de recharge dépend de la diminution en dessous de la CP ; plus le repos est léger, plus la recharge est rapide.

Ainsi, concevoir des intervalles revient essentiellement à organiser le rythme des « phases de décharge » et des « phases de recharge », afin d’accumuler un volume total de travail à haute intensité supérieur à ce qu’un effort continu permettrait. Il faut noter que la recharge de la W’ n’est ni linéaire, ni instantanée ; si le repos est insuffisant et que la W’ n’est pas complètement rechargée, l’effort suivant verra la batterie se vider prématurément.

Un exemple de calcul concret

Prenons les données mesurées plus tard par A-Zhe pour illustrer : CP = 290 watts, W’ = 18 000 joules.

Supposons que je veuille lui faire faire des intervalles consommant environ un tiers de la W’ (soit environ 6 000 joules) à chaque effort, avec une puissance de sprint fixée à 370 watts (soit 80 watts au-dessus de la CP) :

  • Durée de chaque effort = 6 000 ÷ 80 = 75 secondes
  • Chaque effort utilise environ un tiers de la batterie ; théoriquement, trois efforts sans repos la videraient complètement, il faut donc prévoir des périodes de repos entre les deux pour permettre la recharge.

Avec ce calcul, la séance passe de « environ une minute à fond, je suppose » à un « 370 watts × 75 secondes » fondé sur des données. C’est la précision qu’apporte le modèle de la CP.

Trois séances d’intervalles prêtes à l’emploi

Les trois séances ci-dessous sont des modèles que je donne souvent à mes athlètes selon leurs objectifs. Adaptez les puissances en fonction de votre propre CP/W’.

Nom de la séance Objectif Contenu Principe de réglage de l’intensité
Micro-intervalles (exercice de recharge) Augmenter la CP, prolonger la tolérance à la W’ 40 s (CP+15%) / 20 s (CP-40%), 13 répétitions par série, 2 à 3 séries Décharge courte, recharge courte, volume total très important
VO2max classique Améliorer la capacité aérobie maximale, élever la CP 3 à 5 min (CP+8~12%) / temps égal en pédalage facile, 4 à 5 répétitions Chaque effort s’approche de l’épuisement de la W’ sans l’épuiser complètement
Épuisements répétés de la W’ Entraîner « l’augmentation de la batterie » et la tolérance à la douleur Sprint à fond jusqu’à la chute de puissance (environ 60 à 90 s) / repos de 5 à 8 min, 4 à 6 répétitions Vider complètement la W’ à chaque effort, recharger complètement avant le suivant

L’astuce des micro-intervalles réside dans le fait que : pendant les 40 secondes de décharge, les 20 secondes de « repos relatif » consistent en réalité à continuer de pédaler (mais en dessous de la CP pour recharger). Comme chaque effort consomme peu et que la recharge s’effectue en parallèle, vous pouvez accumuler un très grand volume total à haute intensité, ce qui est particulièrement efficace pour élever la CP.

La clé de la séance VO2max est que chaque effort doit « s’approcher de l’épuisement sans être complètement détruit ». Si vous videz toute la W’ dès le premier effort et que vous vous effondrez au deuxième, cela signifie que l’intensité est trop élevée et qu’il faut la réduire.

Les épuisements répétés de la W’ consistent délibérément à vider la batterie jusqu’à la limite à chaque effort. Cette séance est très dure, au maximum une fois par semaine, et vise principalement à développer la capacité de la W’ et votre tolérance à la fatigue profonde.

Solde W’ en temps réel : le tableau de bord en course

Les plateformes plus avancées (certains compteurs, logiciels d’entraînement) estiment en temps réel votre « solde W’ (W’ balance) », comme une jauge de carburant, vous permettant de voir en course combien de batterie il vous reste. C’est extrêmement utile en conditions réelles.

Prenons l’exemple de Wuling : la majeure partie de la longue montée se situe autour ou en dessous de la CP, un rythme de « recharge lente » ; mais ce qui fait souvent la différence, ce sont les sections raides ou le sprint final, où vous déchargez massivement et soudainement. Si vous savez lire votre solde W’, vous pouvez volontairement lever un peu le pied avant une section raide pour laisser la batterie se recharger, et garder vos munitions pour là où c’est vraiment nécessaire, au lieu d’épuiser votre W’ en cours de route et de ramper péniblement ensuite.

Je dis souvent à mes athlètes qui préparent une course cible : une course ne se gagne pas à celui qui décharge le plus fort, mais à celui qui dépense son W’ au bon endroit. C’est précisément la valeur tactique la plus concrète du modèle CP par rapport au FTP — le FTP vous dit seulement « ne dépasse pas cette puissance trop longtemps », alors que CP + solde W’ vous dit « de combien je peux encore dépasser, pendant combien de temps, et quand je dois lever le pied ».

À noter : le modèle de recharge du solde W’ est une estimation, les algorithmes diffèrent selon les logiciels. Ne prenez pas ces chiffres comme une vérité absolue, mais c’est très utile comme « tableau de bord des tendances relatives ».

Ravitaillement, récupération et relation avec la CP

Beaucoup pensent que la CP et le W’ ne dépendent que de la « force des jambes », alors qu’en réalité le ravitaillement énergétique joue un rôle clé en arrière-plan, surtout pour les sorties longues.

Les glucides, carburant des hautes intensités

Dans les zones intenses au-dessus de la CP, le corps dépend fortement des glucides pour produire de l’énergie. Si vos réserves de glycogène sont vides, inutile de parler de décharge du W’, même votre CP sera forcée de baisser — c’est ce qu’on appelle le « mur ». La stratégie de ravitaillement lors des sorties longues (comme Wuling ou le Taipei-Kaohsiung en une journée) influence donc directement votre capacité à tenir votre CP sur la fin.

Principes généraux (pas une prescription précise, à ajuster selon le poids et l’intensité) :

Durée de sortie Principe de ravitaillement en glucides par heure Pratiques locales à Taïwan
Moins d’1 heure Généralement pas de ravitaillement supplémentaire, surtout de l’eau Eau plate ou boisson isotonique diluée
1 à 2,5 heures Environ 30 à 60 g de glucides par heure Barres énergétiques, bananes, onigiris de supérette
Plus de 2,5 heures Peut dépasser 60 g par heure, en veillant à l’apport en sodium Gels, boissons électrolytiques, en-cas salés

Un énorme avantage pour les cyclistes taïwanais est la densité élevée des points de ravitaillement : même en montagne, on trouve souvent des supérettes. Les onigiris, bananes, Pocari Sweat et bonbons salés y sont très pratiques. Mais ne mangez pas n’importe quoi sous prétexte que c’est facile d’accès : en haute intensité, les aliments trop gras ou trop difficiles à digérer peuvent facilement perturber l’estomac.

Hydratation et électrolytes sous chaleur humide

À Taïwan, l’humidité et la chaleur font énormément transpirer lors d’une longue sortie. La déshydratation abaisse vos performances en CP, fait monter la fréquence cardiaque et affecte la concentration. Il est généralement recommandé de boire environ 500 à 800 ml par heure (à ajuster selon la morphologie, la température et la transpiration). En cas de transpiration abondante, il faut aussi compenser le sodium pour éviter l’hyponatrémie et les crampes. Si vous êtes du type « transpiration salée » (une couche de sel blanc sur vos vêtements après la sortie), les électrolytes doivent être pris encore plus sérieusement.

La récupération détermine votre prochaine CP

La capacité à long terme du W’ et l’amélioration continue de la CP reposent sur la récupération après l’entraînement. Le sommeil, l’apport en protéines (pour la réparation musculaire) et le fait de ne pas pousser chaque séance jusqu’à l’épuisement total sont les fondements d’une CP qui progresse régulièrement. J’ai vu trop d’athlètes dont la CP stagnait : le problème n’était pas un plan trop facile, mais une récupération insuffisante — à force d’enchaîner les séances dures et de manquer de sommeil, le corps n’a jamais l’occasion de s’adapter.

Recouper avec la fréquence cardiaque et l’effort perçu

Les chiffres de puissance sont très objectifs, mais ne négligez pas les deux capteurs gratuits que vous avez sur vous : la fréquence cardiaque et l’effort perçu (RPE).

  • Fréquence cardiaque (bpm) : en roulant autour de la CP, la FC est généralement proche mais pas au maximum ; si à puissance égale la FC est anormalement élevée, cela peut être un signe de fatigue, de déshydratation, de stress thermique ou de manque de sommeil.
  • Effort perçu (RPE) : auto-évaluation sur une échelle de 0 à 10. Autour de la CP, cela correspond environ à « très essoufflé mais capable de tenir encore un moment », soit 7 à 8 ; dès que vous entrez dans la décharge du W’, cela grimpe vite à 9 ou 10.

J’enseigne à mes athlètes une habitude pratique : à chaque séance liée à la CP, noter simultanément puissance, FC et RPE. Si un jour la puissance de consigne n’a pas changé mais que la FC est nettement plus haute et le RPE anormalement difficile, c’est probablement le corps qui vous dit « je n’ai pas fait le plein aujourd’hui ». Il faut alors baisser l’intensité ou se reposer, plutôt que de forcer. Ce recoupement est plus fiable que n’importe quel chiffre pris isolément.

FAQ sur le modèle CP

Q1 : Je n’ai pas de capteur de puissance, puis-je utiliser le modèle CP ?

Strictement parlant, la CP et le W’ sont définis en watts et en joules, donc sans capteur de puissance, il est difficile de les quantifier précisément. Mais le concept reste applicable — vous pouvez utiliser l’« allure soutenable » comme équivalent de la CP et la « tolérance aux efforts brefs » comme équivalent du W’ pour planifier votre entraînement. Sur le long terme, si vous voulez vraiment utiliser la CP sérieusement, investir dans un capteur de puissance en vaut la peine.

Q2 : Ma CP mesurée est plus élevée que mon FTP, y a-t-il une erreur ?

Pas forcément. Comme mentionné plus haut, chez beaucoup de gens la CP est légèrement supérieure au FTP mesuré sur 20 minutes, car les définitions et méthodes de calcul diffèrent. L’important est de rester cohérent au sein d’un même système : si vous construisez vos séances avec la CP, utilisez la CP tout du long. Ne mélangez pas CP un jour et FTP le lendemain avec des conversions approximatives, cela ne ferait que semer la confusion.

Q3 : À quelle fréquence faut-il retester sa CP ?

En général toutes les 4 à 6 semaines, ou lors des changements de cycle d’entraînement. Le climat taïwanais variant fortement, je recommande de tester une fois en saison fraîche et une fois en saison chaude, car le stress thermique modifie nettement votre puissance soutenable.

Q4 : Peut-on augmenter son W’ ?

Oui. En répétant des intervalles brefs à haute intensité (comme le protocole d’épuisement répété du W’ mentionné plus haut), la capacité du W’ et votre tolérance à la fatigue profonde peuvent toutes deux s’améliorer. Cependant, les différences individuelles sont grandes : ne comparez pas vos valeurs absolues à celles des autres, comparez-vous à votre propre progression.

Q5 : Le modèle CP convient-il aux débutants complets ?

Pour quelqu’un qui débute et n’a pas encore de base aérobie, je recommande généralement d’accumuler d’abord du kilométrage facile pour construire le moteur, avant d’entrer dans les tests CP et les intervalles. Se précipiter sur les tests CP et les intervalles sans base solide augmente le risque de blessure et d’abandon.

Erreurs courantes et corrections

Après toutes ces années à encadrer des athlètes, les erreurs liées à la CP que j’ai vues peuvent presque toutes être classées dans les catégories suivantes. Vérifiez si vous vous reconnaissez.

Erreur n°1 : gérer son effort pendant le test de 3 minutes

C’est l’erreur la plus courante et la plus fatale. Beaucoup, en entendant « 3 minutes », ont instinctivement envie de répartir leur effort et d’en garder un peu au début. Or, toute la mathématique du 3MAOT repose sur l’hypothèse que vous donnez vraiment tout au début et épuisez rapidement votre W’. Si vous gérez votre effort, la puissance au début n’est pas assez élevée, le W’ n’est pas vidé, et la puissance des 30 dernières secondes sera surestimée, donnant une CP artificiellement gonflée.

Correction : considérez-le comme « un contre-la-montre de 3 minutes où il faut se donner à fond dès le début ». Avant de commencer, respirez profondément et dites-vous qu’il n’y a pas de filet de sécurité.

Erreur n°2 : faire le test maximal en mode ERG

Le mode ERG des home-trainers intelligents verrouille la puissance cible : que vous pédaliez vite ou lentement, il vous donne la même puissance fixe — c’est une catastrophe pour un test d’effort maximal, car vous ne pouvez tout simplement pas pousser fort.

Correction : pour tester la CP, passez toujours en mode pente / résistance linéaire, pour que la puissance soit déterminée par vos jambes.

Erreur n°3 : considérer la CP comme un chiffre immuable

La CP et le W’ varient avec l’état d’entraînement, la fatigue et la saison. Votre CP mesurée il y a trois mois peut ne plus être valable aujourd’hui. Utiliser d’anciens chiffres pour construire vos séances, c’est garantir une intensité inadaptée.

Correction : retestez toutes les 4 à 6 semaines, ou lors des changements de cycle. Pour Taïwan, je recommande de planifier les retests en saison fraîche (automne/hiver) et en saison chaude (plein été), car le stress thermique affecte significativement votre puissance soutenable.

Erreur n°4 : ne travailler que la CP, pas le W’ (ou l’inverse)

Le problème initial d’A-Zhe était de ne faire que de l’endurance longue distance (travailler la CP) sans jamais faire de répétitions courtes et intenses (travailler le W’), donc sa batterie était petite et peu endurante. À l’inverse, certains ne font que du court et explosif, leur CP ne monte jamais, et ils décrochent dans les longues montées.

Correction : il faut travailler les deux. Utilisez les « micro-intervalles / VO2max » du tableau précédent pour élever la CP, et les « épuisements répétés du W’ » pour développer la capacité de la batterie, en ajustant la proportion selon votre point faible.

Erreur n°5 : négliger le repos nécessaire à la recharge du W’

Beaucoup raccourcissent les temps de repos entre intervalles au feeling. La recharge du W’ prend du temps ; si le repos est insuffisant, la répétition suivante s’épuise prématurément, la qualité de toute la séance s’effondre, et le risque de blessure augmente.

Correction : si vous constatez que la puissance des dernières répétitions ne tient plus ou que la vitesse chute nettement, c’est généralement un repos insuffisant entre les intervalles. Allongez le repos ; mieux vaut faire une répétition de moins que de sacrifier la qualité de chaque répétition.

Recommandations d’action selon votre niveau

Après tout cela, vous vous demandez peut-être : par où commencer ? Voici trois chemins selon votre niveau.

Débutant (moins d’un an de vélo, pas de capteur de puissance)

  • Ne vous précipitez pas pour mesurer votre CP. À ce stade, votre priorité est d’accumuler un kilométrage de base aérobie stable, 2 à 3 fois par semaine, au moins une heure par sortie, à une intensité facile qui vous permet de parler en pédalant.
  • Si vous n’avez qu’un cardiofréquencemètre, commencez par utiliser les zones de fréquence cardiaque combinées à la perception de l’effort (RPE) pour appréhender les sensations.
  • Une fois que vous avez un capteur de puissance et que vous roulez de manière plus régulière, passez au test de CP. D’abord, construisez le moteur, ensuite on parlera de la batterie.

Intermédiaire (avec capteur de puissance, 1 à 2 ans de pratique)

  • C’est le groupe qui bénéficie le plus du modèle CP. Commencez par un test maximal de 3 minutes pour déterminer votre CP et votre W’, et notez-les.
  • Observez si votre W’ est relativement grand ou petit par rapport à votre CP, pour décider de l’orientation de votre entraînement : si le W’ est petit (comme A-Zhe), ajoutez des répétitions de sprints courts ; si le CP stagne, faites plus de travail VO2max et de micro-intervalles.
  • Refaites le test toutes les 4 à 6 semaines pour vérifier avec des chiffres si l’entraînement est efficace, plutôt que de se fier uniquement aux sensations.

Compétition / Avancé (objectif Wuling, KOM, résultats de course)

  • Il est recommandé d’utiliser un test multi-paliers (3+12 minutes, voire ajouter 5 et 20 minutes) pour obtenir une courbe de puissance plus complète et minimiser les erreurs sur le CP/W’.
  • Concevez vos séances d’entraînement en fonction du « rythme du terrain » de votre course cible : pour les longues ascensions comme Wuling, le CP est l’axe principal ; pour les courses d’un jour avec des attaques répétées, l’accent est mis sur la tolérance au W’ et la recharge rapide.
  • Si les conditions le permettent, faites appel à un entraîneur ou utilisez des plateformes avancées pour intégrer la consommation et la recharge du W’ en temps réel dans votre stratégie d’allure en course. C’est extrêmement utile pour éviter de « péter » en cours de route.

Deuxième cas : un coureur de fond avec un CP élevé et un W’ faible

Contrairement à A-Zhe, j’ai aussi encadré une élève plutôt « purement endurante », appelons-la Xiao-Hui. Elle roulait depuis longtemps le long de la rivière et avait terminé plusieurs fois le Taipei-Kaohsiung en une journée. Son CP relatif à son poids était très bon, elle était la plus stable du groupe dans les longues côtes douces. Mais dès qu’il s’agissait d’un démarrage appuyé à un feu rouge en sortie de peloton, ou d’un sprint final, elle était complètement distancée.

Le test l’a confirmé : son CP était élevé, mais son W’ était plutôt faible. Son moteur était bon, mais sa batterie était minuscule. Elle était donc désavantagée dans toute situation nécessitant une explosion de puissance sur une courte durée, une décharge rapide et une recharge rapide.

Notre approche était similaire à celle d’A-Zhe mais avec un accent différent : nous avons conservé sa base aérobie existante et ajouté une séance hebdomadaire de « répétitions de sprints courts » – par exemple, 15 à 20 secondes de sprint maximal, 2 à 3 minutes de repos, 8 à 10 répétitions – spécifiquement pour stimuler la capacité du W’ et le recrutement neuromusculaire. En parallèle, lors des sorties en groupe, nous avons travaillé délibérément sur « l’anticipation du démarrage », pour qu’elle rétrograde et se prépare avant le feu rouge, compensant ainsi une partie du déficit de batterie par la technique.

Quelques semaines plus tard, elle m’a rapporté que le plus marquant n’était pas les données, mais le fait qu’elle « n’était enfin plus lâchée à chaque démarrage ». Ce cas montre que : la « configuration » du CP et du W’ est propre à chacun, il n’y a pas de réponse standard. L’important est de d’abord mesurer, de reconnaître ses forces et faiblesses, puis d’adapter le traitement. C’est aussi pourquoi je dis toujours que le modèle CP a plus de pouvoir explicatif qu’un simple FTP – il vous aide à voir « si vous êtes plutôt moteur ou plutôt batterie », et cela a un impact énorme sur l’orientation de votre entraînement.

Comment lire la forme de votre courbe de puissance

En allant plus loin, une fois que vous avez accumulé des données de tests multi-paliers et tracé votre propre courbe puissance-temps, vous pouvez observer deux caractéristiques :

  • La hauteur de l’asymptote (CP) : plus la position où la courbe s’aplatit est élevée, plus votre moteur aérobie soutenable est puissant.
  • L’amplitude de la bosse sur les courtes durées (W’) : plus la courbe s’élève sur la gauche (courtes durées) et s’éloigne de l’asymptote du CP, plus votre batterie W’ est grande.

En combinant ces deux caractéristiques, vous pouvez approximativement vous classer dans un type :

Type de cycliste CP W’ Manifestations courantes Priorité d’entraînement
Type moteur (ex. Xiao-Hui) Élevé Faible Stable en longue côte, faible en sprint court Renforcer les répétitions de sprint court pour le W’
Type batterie Moyen Grand Bonne explosivité, faiblit en longue côte Augmenter le CP, travailler la base aérobie
Type équilibré Moyen-élevé Moyen Moyen dans tous les domaines Ajuster selon la course cible
Type en développement (débutant) Plutôt faible Plutôt faible Tout est en progression D’abord accumuler le kilométrage de base aérobie

Ce tableau n’a pas pour but de vous coller une étiquette, mais de vous rappeler : l’entraînement ne consiste pas à copier les plans des autres, mais à d’abord connaître votre propre courbe, puis à décider ce que vous devez renforcer. Une même séance d’intervalles n’a pas du tout la même signification pour un type moteur et pour un type batterie.

Un rappel pour tout le monde

Quel que soit votre niveau, ne laissez pas les chiffres prendre le pas sur les sensations de votre corps. Le CP et le W’ sont d’excellents outils, mais ce sont des modèles, des estimations, pas des vérités absolues. Si un jour vos données sont belles mais que vous vous sentez anormalement fatigué, que votre fréquence cardiaque est anormalement élevée, ou que vous ressentez une gêne comme une oppression thoracique ou des vertiges, arrêtez-vous impérativement et consultez un médecin si nécessaire. À Taïwan, l’accès aux soins est facile et l’assurance maladie est très accessible. Ne forcez pas. Les outils sont là pour vous aider à vous entraîner plus intelligemment, pas pour vous pousser à vous blesser.

Conclusion : d’un simple chiffre à tout un langage

Revenons à l’histoire d’A-Zhe. Après avoir mesuré son CP et son W’, nous avons découvert que le problème ne venait pas du tout de son niveau de FTP, mais de sa petite batterie W’. Nous avons ajouté de manière ciblée des micro-intervalles et des séances d’épuisement du W’. Un peu plus de deux mois plus tard, lors d’une nouvelle montée de Fengguizui, face aux attaques changeantes de ses coéquipiers, il a enfin pu tenir et suivre. Il m’a envoyé un message : « Coach, ce qui me manquait, ce n’était pas le moteur, c’était la batterie. »

C’est ce qu’il y a de plus précieux dans le modèle CP. Le FTP vous donne un chiffre, il vous dit « avec quelle intensité ». Le CP et le W’ vous donnent tout un langage pour comprendre « la taille de votre moteur, le niveau de charge de votre batterie, la vitesse de décharge, la lenteur de recharge ». Lorsque vous pouvez utiliser ce langage pour lire votre propre corps et concevoir chaque intervalle, l’entraînement passe de « suivre un plan » à « comprendre vraiment ce que vous faites ».

Si vous roulez depuis un certain temps et que vous avez un capteur de puissance, je vous recommande sincèrement de trouver un matin frais, de faire un bon test maximal de 3 minutes et de découvrir votre propre CP et W’. Ces 3 minutes seront douloureuses, mais votre compréhension de votre propre corps en sera à jamais transformée.


Cet article a un contenu éducatif et ne remplace pas le diagnostic et les conseils individuels d’un médecin, d’un kinésithérapeute ou d’un nutritionniste. Si vous avez des antécédents de maladies cardiovasculaires, d’hypertension, de diabète, etc., veuillez consulter un médecin et effectuer le test maximal à haute intensité sous supervision professionnelle.

Références

Lectures associées

相關影片
訂閱CT的頻道

訂閱 CT Yeh,看武嶺實測與路線攻略

北進武嶺、西進武嶺、經典百K,每條路線都親自騎過,配速、爬升、補給點全部實拍實測。

467 部影片 · 累計 838 萬次觀看