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Notes de cyclisme autour du lac Sun Moon : quatre temples, thé noir et brume matinale autour d'un lac

單車生活

Notes de vélo autour du lac Sun Moon : quatre temples, thé noir et brume matinale au bord d'un lac

À cinq heures et demie du matin, le jour n’est pas encore tout à fait levé. La longue galerie courbe en béton brut du centre des visiteurs de Xiangshan ressemble à un bateau amarré dans la brume légère. Je sors mon vélo ; une fine couche de vapeur d’eau flotte à la surface du lac, et les montagnes au loin sont encore enveloppées d’une teinte gris-bleu. Le lac Sun Moon, à 748 mètres d’altitude, accueille chaque cycliste matinal avec sa température unique — ni l’humidité salée de la mer, ni le froid mordant de la montagne, mais un air imprégné par les eaux du lac, chargé d’un parfum de thé.

Le tour du lac fait environ 30 à 33 kilomètres. Dans cet article, je décris la section centrale d’environ 11,2 kilomètres que j’ai parcourue, avec un dénivelé cumulé d’environ 501 mètres. Mais cet article ne parle ni d’allure, ni de braquet. Ce que je veux dire, c’est pourquoi cette étendue d’eau est régulièrement classée par CNN parmi les « dix plus belles pistes cyclables du monde » et a obtenu en 2026 la « certification internationale des villes cyclables du Tour de France » — lorsque vous posez vraiment vos roues sur cette route, vous comprenez que ces récompenses ne sont pas des arguments marketing, mais la réponse que chaque virage vous donne.

Un lac, deux tempéraments

Le nom du lac Sun Moon vient de sa forme : délimité par l’île Lalu (île Guanghua), la moitié nord du lac a la forme d’un disque solaire, la moitié sud celle d’un croissant de lune — les deux caractères « soleil » et « lune » se sont ainsi gravés dans la mémoire géographique des Taïwanais. C’est le plus grand lac naturel de Taïwan, et il porte également les traces des travaux hydrauliques de l’époque japonaise — le niveau d’eau plein que nous voyons aujourd’hui est en réalité le fruit d’une combinaison du lac naturel et d’un réservoir artificiel.

En roulant sur la route qui fait le tour du lac, vous ressentez clairement les « deux tempéraments » de ce lac. Du côté de Shuishe et de Xiangshan, la route est plate et dégagée, la lumière du lac s’étend sur votre droite tout du long — c’est son côté doux et lumineux. En passant du côté d’Ita Thao et du temple Xuanguang, la route commence à onduler, l’ombre des arbres s’abaisse, l’eau du lac apparaît et disparaît entre les troncs — c’est son côté profond et introverti. Un même lac, parcouru dans le sens horaire ou antihoraire, offre deux voyages complètement différents.

Je me souviens encore de ce matin où j’ai fait le tour complet pour la première fois. Dans la première moitié, je n’arrêtais pas de poursuivre la lumière du lac, mes yeux ne pouvaient pas quitter la surface de l’eau ; dans la seconde moitié, une fois entré dans l’ombre des arbres, tout est soudainement devenu silencieux, je n’entendais plus que ma propre respiration et le bruit fin de mes pneus écrasant les feuilles mortes. À ce moment-là, j’ai compris que le lac Sun Moon n’est pas une « route au paysage magnifique », mais une route « qui respire au fur et à mesure que vous avancez » — il vous offre d’abord l’ouverture, puis la profondeur, et enfin, juste au moment où vous pensez que c’est fini, il vous rend la lumière du lac. Ce rythme ressemble à s’y méprendre à une chanson bien écrite.

L’île Lalu : l’histoire vagabonde d’une île

Tout au long du tour du lac, vous apercevez toujours, sous un certain angle, cette petite île au cœur du lac — l’île Lalu. C’est le lieu sacré où reposent les esprits des ancêtres dans la légende du peuple Thao, et le cœur spirituel de ce lac. Les anciens du peuple Thao croient que l’esprit ancestral suprême réside sur l’île ; c’est donc une terre qui ne doit pas être prise à la légère.

J’aime m’arrêter un instant sur la rive d’où l’on peut voir l’île Lalu. Elle flotte silencieusement au centre de l’eau, sans ostentation, sans tapage, mais comme l’ancre de tout le lac. En la regardant, on prend conscience que l’on pédale sur une étendue d’eau qui a un « propriétaire » — la beauté d’ici n’est pas un paysage sans maître, mais une maison que le peuple Thao protège de génération en génération. Cette prise de conscience vous fait rouler plus lentement, plus légèrement, avec plus de respect.

Les repères de foi en chemin : le pèlerinage des quatre temples autour du lac

Le fond culturel le plus fascinant du tour du lac Sun Moon, ce sont les « quatre temples » disséminés sur ses rives — le temple Wenwu, le temple Xuanzang, le temple Xuanguang et le temple Longfeng. Ce ne sont pas seulement des lieux de culte, mais plutôt des jalons qui rythment cette route circulaire.

Le temple Wenwu est perché sur les hauteurs de la rive, c’est l’étape offrant la vue la plus dégagée de tout le parcours. Pour y arriver, il faut d’abord grimper une courte côte raide, mais lorsque vous garez votre vélo devant le temple et que vous vous retournez pour contempler toute la surface du lac, cette « vue gagnée à la force des jambes » est quelque chose que les passagers des bus touristiques ne comprendront jamais. La stèle « Lac Sun Moon » à côté du débarcadère du temple Xuanguang est l’un des points de photo les plus photographiés de tout Taïwan, et c’est aussi la porte d’entrée des touristes qui débarquent en bateau. Le temple Xuanzang, lui, est beaucoup plus calme ; il abrite les reliques du maître Xuanzang, et plus haut se dresse la pagode Ci’en, point culminant pour surplomber tout le lac.

J’aime particulièrement m’arrêter au temple Xuanguang pour acheter un œuf au thé. La brise du lac souffle, le parfum de l’œuf se mêle à celui du thé noir, et à ce moment-là, on ne pense plus aux kilomètres qu’il reste à parcourir, on veut juste rester un peu plus longtemps.

Le temple Longfeng, lui, se trouve de l’autre côté de la rive, entre Toushe et Shuishe ; l’encens y est abondant et l’architecture solennelle. Ce qui est intéressant, c’est que les quatre temples gardent chacun une direction différente du tour du lac, comme quatre sentinelles silencieuses qui enserrent doucement tout le lac au centre. Lorsque vous avez fait le tour des quatre temples, vous avez en réalité accompli un pèlerinage discret autour du lac — non pas pour demander quelque chose, mais pour vous donner, à chaque virage, une raison de vous arrêter, de reprendre votre souffle et de regarder le lac.

Je pense souvent que c’est peut-être là le génie du lac Sun Moon : il déguise ses « points de repos » en « repères de foi ». Vous croyez vous arrêter pour prier au temple, mais en réalité, c’est le lac qui, grâce à ses temples, a prévu pour chaque cycliste trop téméraire un rythme de repos parfaitement dosé.

La pagode Ci’en : la hauteur qui embrasse tout le lac d’un seul regard

En continuant à monter depuis le temple Xuanzang, on arrive à la pagode Ci’en — une haute tour dressée au sommet de la colline. Pour y accéder, il faut d’abord grimper une côte, puis emprunter un sentier, mais une fois au sommet de la tour, tout le lac Sun Moon s’étale sans réserve sous vos pieds ; la forme du disque solaire et du croissant de lune se distingue particulièrement bien à cette altitude.

Le jour où j’ai gravi la pagode Ci’en pour la première fois, la brume de montagne voilait à moitié la surface du lac, la lumière du soleil filtrait en biais à travers les nuages, découpant l’eau en un damier de champs de lumière contrastés. À ce moment-là, j’ai soudain compris pourquoi les anciens construisaient des tours et des temples au point le plus haut — parce que certains paysages ne méritent d’être vus que si l’on paie le prix de « monter ». Les passagers des bus touristiques n’atteignent jamais cette hauteur, et ne peuvent pas lire cette sérénité. Le vélo et vos deux jambes sont la seule clé qui vous mène ici — c’est la récompense la plus envoûtante de la pratique du cyclisme.

Le lac des Thao, l’effervescence d’Ita Thao

Si les temples sont la foi du lac Sun Moon, Ita Thao en est le cœur battant. Ita Thao est le village et le quartier commerçant du débarcadère du peuple Thao ; « Ita Thao » signifie « nous sommes des êtres humains » en langue thao. C’est la section la plus vivante de tout le tour du lac — la fumée blanche des champignons grillés et des choux enveloppés aux champignons s’élève des étals, et les enseignes de thé noir du lac Sun Moon se succèdent les unes aux autres.

Le thé noir du lac Sun Moon est le produit le plus fier de cette terre. Le Ruby (variété Taïwan n° 18) possède une finale unique de cannelle et de menthe, tandis que l’Assam est riche et corsé — tous deux doivent leur caractère à l’altitude et au climat humide d’ici. Quand la fatigue se fait sentir, on s’assoit dans une petite boutique d’Ita Thao, on commande une théière de Ruby, et l’on regarde le téléphérique du débarcadère grimper lentement en direction du parc à thème des Neuf Tribus — à ce moment-là, on comprend que la destination de cette sortie à vélo n’est pas vraiment la ligne d’arrivée, mais cette tasse de thé.

(Le téléphérique et le parc des Neuf Tribus sont situés du côté d’Ita Thao, juste à côté l’un de l’autre ; c’est une combinaison très appréciée. Cependant, pour les détails concernant le téléphérique, il est conseillé de vérifier les informations d’exploitation du jour avant de partir.)

Je me souviens particulièrement d’une fois où je faisais la queue devant une petite échoppe d’Ita Thao pour acheter des champignons grillés. Devant moi, il y avait un couple de personnes âgées qui étaient venues à vélo du centre de Taïwan. Le monsieur discutait en taïwanais avec la patronne, disant qu’ils venaient faire le tour du lac chaque printemps : « Mes jambes sont un peu moins fortes d’année en année, mais cette route, je m’y attache un peu plus chaque année. » La patronne, en souriant, leur a offert une brochette supplémentaire. Cette image m’est restée — l’effervescence d’Ita Thao, ce n’est pas seulement le parfum de la nourriture, c’est aussi cette chaleur entre les gens, ce geste simple d’offrir. Elle transforme une sortie à vélo en un souvenir plein d’humanité.

Le peuple Thao est l’une des plus petites ethnies autochtones de Taïwan, et il vit depuis longtemps au bord de ce lac. Leurs pilons à riz, leurs chants, leur dépendance à cette étendue d’eau, tout cela se cache dans la fumée blanche qui s’élève chaque jour à Ita Thao. Lorsque vous faites une halte ici, vous ne mangez pas seulement une collation, vous goûtez à la manière dont une ethnie vit ses jours au bord du lac. Ralentissez, tendez un peu plus l’oreille, et vous découvrirez que le paysage le plus profond de ce lac, c’est en réalité son peuple.

Le thé noir du lac Sun Moon : l’histoire humide d’une feuille

Si l’on devait retenir une saveur pour se souvenir du lac Sun Moon, ce serait le thé noir. Le Ruby (variété Taïwan n° 18) d’ici possède cette finale unique de cannelle et de menthe, une fierté de la sélection variétale taïwanaise ; l’Assam, lui, est riche et corsé — dès l’époque japonaise, l’altitude, l’humidité et l’ensoleillement de la région en ont fait un terroir d’or pour le thé noir.

J’aime faire de « boire une théière de thé noir » le rituel de clôture du tour du lac. Après avoir bouclé la boucle, les jambes encore légèrement chaudes, on s’installe dans une petite boutique au bord du lac, on regarde la vapeur s’élever lentement de la tasse et se confondre avec la brume du lac à travers la fenêtre. À ce moment-là, on comprend que l’humidité et la rondeur de cette feuille sont en réalité la saveur de ce lac — ce sont les mêmes vapeurs d’eau, les mêmes brumes de montagne qui ont d’abord nourri le thé, puis le paysage, et enfin chaque voyageur qui accepte de ralentir.

La mémoire du niveau d’eau : les neuf grenouilles empilées et la respiration du lac

Au bord du sentier Shuifeitou, il y a une célèbre sculpture des « neuf grenouilles empilées » — neuf grenouilles de bronze superposées. Ce n’est pas qu’une œuvre d’art : c’est aussi le « jaugeur de niveau » du lac Sun Moon. En période de hautes eaux, les grenouilles du bas sont submergées ; en période de basses eaux, les neuf grenouilles sont toutes visibles. En voyant combien de grenouilles émergent de l’eau, on peut lire la « respiration » du lac à cet instant.

C’est l’un des détails les plus émouvants du lac Sun Moon, à mon avis. Il rappelle que cette étendue d’eau, qui semble immuable, monte et descend en réalité au fil des saisons et des précipitations, comme un être vivant. En passant à vélo, prenez le temps de la regarder — vous aurez un peu plus de respect pour la « ressource en eau ».

Un lac pour toute l’année, des paysages pour toutes les saisons

Le lac Sun Moon est l’un des rares itinéraires qui « vaut la peine d’être parcouru en toutes saisons ». En hiver (y compris autour du Nouvel An lunaire), les cyprès chauves du rivage virent à un rouge rouille chaleureux, le climat est doux et sec — c’est la saison d’or pour le tour du lac. Au printemps, les cerisiers de montagne et le vert tendre des nouvelles pousses se mêlent. En été, la surface du lac est souvent couverte d’une brume matinale laiteuse à l’aube, tout le lac semble s’illuminer au lever du soleil, mais les orages de l’après-midi sont fréquents, il faut donc partir tôt. L’automne, enfin, est la saison où le ciel est dégagé et la visibilité la meilleure.

Ce que je recommande le plus, c’est le petit matin d’été. Avant que la chaleur ne s’installe, avant que les touristes ne se réveillent, on fait le tour du lac seul, la brume s’élève lentement de la surface de l’eau, et toute la route circulaire semble n’appartenir qu’à vous. Ce silence est la récompense que cette route offre à ceux qui se lèvent tôt.

Les cyprès chauves en hiver sont un autre spectacle. Lorsque cette rangée de cyprès vire à un rouge rouille chaleureux, se reflétant dans l’eau parfaitement calme du lac, toute la rive semble avoir renversé une boîte de peinture aux tons chauds. L’air de cette saison est sec, la visibilité limpide, les crêtes des montagnes lointaines s’empilent en couches jusqu’à l’horizon — c’est le meilleur moment de l’année pour appuyer sur le déclencheur, et aussi pour mettre le vélo au ralenti. Un matin d’hiver, je me suis arrêté dans la forêt de cyprès chauves, regardant le soleil grimper centimètre par centimètre à travers les feuilles rouges, si longtemps que les cyclistes derrière moi ont cru que j’avais un problème — en réalité, je n’avais tout simplement pas envie de repartir.

Le printemps, lui, appartient aux cerisiers de montagne. Les fleurs roses s’épanouissent par touches le long de la route circulaire, accompagnées du vert tendre des nouvelles pousses, et toute la route semble avoir mis une touche de maquillage léger. C’est la saison du « recommencement » — les jambes engourdies par tout un hiver peuvent, grâce à un temps pareil, retrouver la sensation de la pédale. Les saisons se succèdent sur cette route, et à chaque visite, vous rencontrez un lac Sun Moon un peu différent.

Ce que cette route signifie pour les cyclistes

Si le lac Sun Moon est devenu une piste cyclable de classe mondiale aux yeux de CNN, ce n’est jamais grâce à sa pente ou à sa difficulté — la pente moyenne de son tronçon central n’est que de 2,9 %. C’est grâce à la « distance entre l’homme et le lac ». Cette route longe presque entièrement la rive, vous permettant de voir, de la manière la plus lente et la plus proche, les saisons, la foi, l’ethnie et le parfum du thé d’un lac, centimètre par centimètre.

Pour de nombreux cyclistes taïwanais, le lac Sun Moon est le « lieu d’éveil au vélo ». Certains y accomplissent leur première sortie de plus de 30 kilomètres, d’autres y apprennent à dialoguer avec le lac sur la piste cyclable plate entre Shuishe et Xiangshan, en famille. Son seuil d’accès est assez bas pour que les débutants osent venir ; son paysage est assez beau pour que les experts reviennent sans cesse ; sa culture est assez riche pour que chaque sortie apporte une nouvelle compréhension.

C’est ici que j’ai moi-même appris à « faire la paix avec les côtes ». La première fois que j’ai roulé au lac Sun Moon, j’ai failli mettre pied à terre sur la courte côte devant le temple Wenwu, haletant comme si j’allais cracher mes poumons, avec une seule pensée en tête : « quand est-ce que ça arrive ? ». Quelques années plus tard, sur la même côte, j’ai appris à respirer profondément avant l’effort, à passer sur un braquet plus léger, à détourner les yeux du compteur pour les poser sur le lac — la côte est toujours la même, mais mon état d’esprit a complètement changé. Cette route n’a pas changé, c’est elle qui m’a changé. Je pense que c’est pour cela que tant de gens reviennent ici encore et encore : le lac Sun Moon est comme un miroir, et à chaque tour, il reflète une version de soi-même qui a un peu progressé.

Un lac, une métaphore de la vie

La pente moyenne de 2,9 % du lac Sun Moon est en réalité une très belle métaphore de la vie. Si l’on ne regarde que la « moyenne », on croit que tout est plat ; ce n’est qu’en roulant vraiment qu’on découvre que sous cette platitude se cachent quelques côtes raides qu’il faut absolument franchir. La vie est ainsi — si l’on fait la moyenne des jours, tout semble aller à peu près bien, mais chacun sait au fond de lui qu’il y a toujours quelques montées où il faut serrer les dents, passer sur le plus petit braquet et avancer centimètre par centimètre. Ce que le lac Sun Moon m’a appris, ce n’est pas comment éviter les côtes, mais comment changer de braquet avant qu’elles n’arrivent, comment stabiliser sa respiration pendant l’ascension, et comment savoir relâcher et récupérer une fois le sommet franchi. Ces leçons, le lac ne les dit pas avec des mots ; il utilise toute une route pour que vous les découvriez par vous-même en pédalant.

Suggestions d’escales : transformer le lac Sun Moon en une petite excursion

  • Centre des visiteurs de Xiangshan : l’architecture en béton brut est en elle-même un site à voir, idéal comme point de départ et d’arrivée.
  • Quartier commerçant d’Ita Thao : gastronomie thao, thé noir du lac Sun Moon, l’étape idéale pour se ravitailler et se reposer au milieu du parcours.
  • Temple Wenwu, pagode Ci’en : pour une vue panoramique sur le lac, garez le vélo et montez à pied, ça vaut le coup.
  • Parc à thème des Neuf Tribus + téléphérique : pour une journée complète, on peut intégrer le téléphérique et le parc à l’itinéraire (vérifiez d’abord les horaires d’ouverture).
  • Culture du thé noir : avant de repartir, emportez un paquet de Ruby ou d’Assam à la maison, pour prolonger le parfum de cette sortie.

Une journée d’itinéraire, l’histoire d’un lac tout entier

Si vous êtes prêt à considérer le lac Sun Moon comme un voyage lent plutôt qu’une simple sortie à vélo, voici comment j’organiserais une journée complète. Partir de Xiangshan avant l’aube, pendant que la brume matinale n’est pas encore dissipée et que les touristes dorment encore, pour capturer d’abord la moitié la plus silencieuse du lac. Au lever du soleil, arriver juste à temps sur la rive d’où l’on voit l’île Lalu, et regarder le premier rayon de lumière embraser la surface de l’eau. Puis faire une halte en hauteur au temple Wenwu, contempler tout le lac doré par le soleil matinal, et continuer jusqu’à Ita Thao, pour plonger dans le quartier commerçant au moment où l’effervescence est à son comble, avec une collation bien chaude et une théière de Ruby en guise de brunch.

L’après-midi, on ralentit complètement le rythme, on fait un détour par le sentier Shuifeitou pour voir combien de grenouilles sont visibles aujourd’hui, et lire le niveau d’eau et l’humeur du lac à cet instant. S’il reste de l’énergie, on intègre le téléphérique et le parc à thème à l’itinéraire, pour revoir d’en haut cette étendue d’eau que l’on vient de mesurer avec ses jambes. En fin de journée, la lumière sur le lac se transforme en un orange doré et doux — c’est le moment de la journée idéal pour s’asseoir au bord du lac, ne rien faire, et simplement regarder. Au bout d’une journée complète, ce que vous avez collecté, ce ne sont pas seulement des kilomètres, mais l’expression complète d’un lac, de l’aube au crépuscule.

Passer la nuit au bord du lac : laisser l’histoire s’attarder une nuit de plus

Si le temps le permet, je recommande vivement de passer une nuit au bord du lac. La nuit du lac Sun Moon est un autre visage — l’agitation diurne s’estompe, la surface du lac est calme comme un miroir sombre, les silhouettes des montagnes lointaines ne sont plus que des contours, et l’on entend parfois le grondement sourd d’un bateau de nuit. À ce moment-là, le lac range toute l’agitation du jour et ne la garde que pour ceux qui acceptent de rester.

Le lendemain matin, vous vous réveillerez plus tôt que tous les touristes, et en ouvrant la fenêtre, vous verrez un lac encore endormi. Cette illusion que « tout le lac n’appartient qu’à moi » est une récompense que ceux qui font l’aller-retour dans la journée n’obtiendront jamais. Si tant de cyclistes chevronnés reviennent sans cesse au lac Sun Moon, ce n’est pas seulement pour la route, c’est pour cette intimité de « passer une nuit avec le lac ». Lorsque vous vous réveillez au bord du lac, que vous sortez votre vélo et que vous appuyez sur la pédale le premier, vous avez l’impression de ne pas venir visiter ce lac, mais d’en faire temporairement partie.

La naissance d’une piste : rendre le lac aux pieds et aux roues

Aujourd’hui, rouler sur la piste cyclable qui fait le tour du lac semble naturel, mais ce réseau de « séparation des voies » a été difficile à obtenir. Autour du lac Sun Moon, il y avait à l’origine les routes provinciales 21 et 63A, où la circulation et les bus touristiques étaient incessants ; les cyclistes et les piétons devaient partager la route avec les voitures et les motos. Ce n’est qu’en construisant par étapes des pistes cyclables indépendantes que les cyclistes ont pu échapper au flot de véhicules et avancer le long de la rive, à l’ombre des arbres, sans avoir à surveiller constamment les voitures derrière eux.

Cette logique d’aménagement qui consiste à « réserver la plus belle vue sur le lac au mode de déplacement le plus lent » est en réalité le principe commun à de nombreuses pistes cyclables paysagères de classe internationale — les plus beaux tronçons ne devraient pas être réservés aux véhicules les plus rapides. C’est précisément grâce à cette piste dédiée que le lac Sun Moon peut à la fois maintenir sa fonction de route touristique et offrir aux cyclistes une expérience de pédalage au plus près de l’eau, presque sans perturbation. Chaque fois que je roule sur la piste dédiée et que je vois le flot de voitures filer sur la route d’à côté, je me félicite d’avoir choisi ce chemin qui va plus lentement.

Les gens rencontrés au bord du lac

Au fil des années passées à rouler autour du lac Sun Moon, ce qui m’a le plus marqué, ce ne sont pas les paysages, mais les gens rencontrés en chemin. Une fois, sous la galerie du centre des visiteurs de Xiangshan, j’ai rencontré un monsieur âgé qui roulait sur un vieux VTT, avec un sac en toile accroché à l’arrière. Il m’a dit qu’il venait de la ville de Nantou, qu’il avait travaillé dans les chantiers forestiers des environs dans sa jeunesse, et qu’après sa retraite, il venait faire plusieurs tours du lac chaque mois : « Avant, je traversais monts et vaux pour gagner ma vie ; maintenant, je reviens rouler pour me souvenir de ces années-là. » Il a dit cela d’une voix légère, mais je sentais le poids de ses mots.

Une autre fois, sur les marches du temple Wenwu, j’ai rencontré un groupe de collégiens qui poussaient des vélos tandem loués, haletants, sur la dernière côte raide. Le professeur qui les accompagnait m’a dit en souriant que c’était une étape fixe du voyage de fin d’études : « Pour qu’ils comprennent que certains paysages ne s’achètent pas, qu’il faut transpirer un peu pour les voir. » En regardant ces enfants monter la côte en riant et en poussant leurs vélos, je me suis soudain souvenu de ma propre première fois, de ma détresse et de ma joie mêlées après avoir bouclé le tour du lac — ce sentiment d’accomplissement d’avoir atteint un sommet par ses propres forces est sans doute le cadeau le plus semblable que cette route laisse à chaque génération.

Ces instants de rencontres éphémères font que le lac Sun Moon, pour moi, n’est plus depuis longtemps une simple route pittoresque, mais un lac rempli d’histoires d’inconnus. À chaque tour, j’ai l’impression de re-tamponner ces histoires.

J’ai aussi rencontré au centre des visiteurs de Xiangshan une jeune femme qui voyageait seule. Elle m’a dit qu’elle avait pris l’avion spécialement pour s’offrir un « cadeau pour ses trente ans » — faire le tour du lac Sun Moon à vélo. Ce n’était pas une cycliste aguerrie ; elle était toute rouge en poussant son vélo sur la courte côte du temple Wenwu, mais à l’arrivée, elle souriait plus que quiconque. Elle m’a confié qu’après ce tour, elle avait compris beaucoup de choses : « Je me suis rendu compte que je pouvais accomplir une chose entièrement par moi-même. » Cette phrase, je m’en souviens encore. Le lac Sun Moon est sans doute ce genre de lac : il fait que chacun, après son tour, repart avec quelque chose de différent — certains emportent des paysages, d’autres des souvenirs, et d’autres encore, un petit peu de connaissance de soi renouvelée.

Conclusion

Ces 11,2 kilomètres du lac Sun Moon sont assez courts pour être parcourus en une matinée, mais assez longs pour contenir toutes les histoires d’un lac. Lorsque vous garez votre vélo devant la stèle du débarcadère du temple Xuanguang, que la brise du lac porte jusqu’à votre nez le parfum du thé noir, vous comprenez soudain — que la plus belle piste cyclable du monde ne se mesure jamais à la distance, mais à la proximité qu’elle crée entre vous et une étendue d’eau, un peuple, une histoire. Voilà ce qu’est le lac Sun Moon : une route écrite avec la lumière du lac, la foi, l’ethnie et le parfum du thé, qui attend que chaque personne prête à ralentir la lise centimètre par centimètre.

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