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Le pivot du centre-transversal au-dessus des mers de nuages : pédaler vers Lishan, un poème de route de montagne à travers les rivières Lanyang et Dajia

單車生活

Nuages au-dessus de la mer sur le pivot du Cross-Island : pédaler vers Lishan, un poème de route de montagne entre la rivière Lanyang et la rivière Dajia

Parmi les routes de Taïwan, la route provinciale 7甲 possède un romantisme unique. Elle part de Qilan, dans le canton de Datong à Yilan, longe la rivière Lanyang pour s’enfoncer profondément dans les montagnes, franchit le col de Siyuan, cette ligne de partage des eaux, puis serpente le long de la rivière Dajia pour finalement rejoindre la route provinciale 8 à Lishan — le pivot de la route transcentrale. Et ce tronçon de Qingquan Bridge à Lishan, long de 8,6 kilomètres, avec un dénivelé d’environ 394 mètres et une pente moyenne de 4,5 %, constitue précisément le point culminant de ce poème de route de montagne. Dans cet article, je souhaite vous emmener ralentir le rythme pour observer les rivières, les tribus, les mers de nuages qui jalonnent ce parcours, ainsi que cette émotion indicible qui vous saisit à l’approche de Lishan.

Qingquan Bridge : une porte rouge

Qingquan Bridge est le point de départ de ce voyage, telle une porte. Sa structure en acier rouge enjambe la vallée, située au kilomètre 65 environ de la route provinciale 7甲, et marque également l’entrée d’une ancienne piste forestière désaffectée.

Debout sur Qingquan Bridge, on regarde en bas : l’eau de la rivière dévale au fond de la vallée. Environ 500 mètres en aval du pont se trouve un magnifique méandre — l’eau arrive face à vous puis fait demi-tour et s’éloigne, dessinant un virage à près de 180 degrés. Ce méandre est la preuve que la rivière a sculpté le paysage au fil des millénaires, un chef-d’œuvre de la nature. Le rouge de Qingquan Bridge, entre le vert de la forêt et le bleu de la rivière, attire particulièrement le regard, comme un sceau éclatant apposé sur ce voyage en montagne.

Une fois Qingquan Bridge franchi, vous entrez officiellement dans le dernier tronçon menant à Lishan.

La rivière Lanyang et la rivière Dajia : un voyage à travers la ligne de partage des eaux

L’histoire géographique la plus émouvante de la route provinciale 7甲 est qu’elle « chevauche deux rivières ». Cette route part du large lit de la rivière Lanyang, remonte le long de celle-ci vers les profondeurs de la montagne ; après avoir franchi le col de Siyuan, cette ligne de partage des eaux, elle serpente le long de la rivière Dajia avant de grimper vers Lishan.

La ligne de partage des eaux est un concept géographique empreint de poésie. Sur la même montagne, la pluie qui tombe d’un côté se jette dans la rivière Lanyang et file vers le Pacifique à Yilan ; celle qui tombe de l’autre côté rejoint la rivière Dajia et coule vers le détroit de Taïwan à Taichung. Et vous, à vélo, c’est avec vos jambes que vous franchissez cette frontière invisible, passant de l’étreinte d’un bassin versant à celui d’un autre. Cette expérience de « mesurer la géographie avec son corps » est le romantisme propre au cyclisme en haute montagne.

Sur le tronçon de Qingquan Bridge à Lishan, vous évoluez dans le cours supérieur du bassin de la rivière Dajia. La vallée est profonde, bordée de sommets dépassant souvent les 3 000 mètres, et l’eau scintille au fond. C’est un paysage de route de vallée de haute montagne rare à Taïwan, ouvert, majestueux, porteur d’une force qui purifie l’âme.

Le village de Huanshan : une communauté atayal nichée dans la vallée

Si votre itinéraire couvre les environs de Lishan, en direction de Wuling, vous passerez par le village de Huanshan. C’est une petite communauté atayal, située entre Lishan et la ferme de Wuling, encerclée par des sommets de plus de 3 000 mètres — un rare « village de vallée ».

La quiétude du village de Huanshan vous fera naturellement ralentir. Les maisons éparses, les vergers en terrasses, les hautes montagnes qui s’étendent au loin composent un tableau radicalement différent de la ville. Les Atayal d’ici vivent de génération en génération dans ces hautes montagnes, cultivant fruits et légumes d’altitude, gardiens de la terre de leurs ancêtres. En passant à vélo, vous ressentez une atmosphère où le temps semble suspendu — comme si, ici, les jours avaient toujours coulé à ce rythme tranquille.

(Pour traverser la rivière Nanhu, la route effectue à cet endroit une descente puis une remontée marquée, passant d’environ 1 700 mètres d’altitude à 1 500 mètres avant de remonter. Quand vous pédalez, ne vous laissez pas submerger par la fatigue : levez les yeux vers le paysage de Huanshan, c’est la plus belle récompense de ces montées et descentes.)

Lishan : une communauté au-dessus de la mer de nuages

Enfin, Lishan est en vue.

Lishan, à près de 2 000 mètres d’altitude, est le pivot de la route transcentrale — les routes provinciales 8 et 7甲 s’y croisent. Perchée au-dessus de la mer de nuages, encerclée de hautes montagnes, c’est une communauté de haute montagne chargée d’histoires. Lishan est réputée pour ses fruits d’altitude — pêches, pommes, poires, choux — cette terre froide et élevée produit les meilleurs fruits tempérés de Taïwan. Au printemps, les arbres fruitiers de Lishan fleurissent, teintant les pentes de rose et de blanc ; à l’automne, c’est la saison des fruits abondants et des récoltes.

Debout à Lishan, à regarder les routes se croiser à vos pieds et la mer de nuages onduler au loin, une émotion profonde vous étreint. Vous repensez au chemin parcouru sur la route provinciale 7甲 — parti de Qilan, remontant la rivière Lanyang, franchissant la ligne de partage des eaux du col de Siyuan, puis longeant la rivière Dajia jusqu’ici. Avec vos jambes, vous avez tissé l’histoire d’une route de montagne tout entière. Cette sensation d’« atteindre le pivot » n’est pas seulement géographique, elle est aussi psychologique — vous avez inscrit un long et magnifique parcours dans votre propre vie.

Ce que ce tronçon signifie pour les cyclistes

De Qingquan Bridge à Lishan, ce n’est pas une route pour battre des records. Elle est trop belle, trop haute, trop chargée d’histoires pour ne pas mériter qu’on ralentisse et qu’on la ressente.

C’est l’essence du cyclisme en haute montagne — la majesté des vallées, la quiétude des communautés, l’évanescence des mers de nuages, la fierté d’atteindre le pivot. Ce qu’elle vous apprend, ce n’est pas à pédaler plus vite, mais à trouver, dans l’air raréfié, l’humilité, l’émerveillement, et la manière de cohabiter avec ces montagnes grandioses. Pour de nombreux cyclistes, Lishan est une étape incontournable du tour du Cross-Island, de l’ascension du mont Wuling ou du passage par Siyuan ; mais même pris isolément, ce tronçon forme à lui seul un poème complet de route de montagne.

À voir aux alentours et conseils

  • Hébergement et ravitaillement à Lishan : Lishan est une communauté avec hébergement, restaurants et commerces, idéale comme étape intermédiaire pour un itinéraire de plusieurs jours en montagne. Déguster les fruits d’altitude de saison est un plaisir incontournable à Lishan.
  • Sécurité en haute altitude : C’est un itinéraire de montagne à près de 2 000 mètres ; il faut prendre au sérieux le froid, le ravitaillement et le mal des montagnes. Le temps change en un instant ; consultez impérativement les dernières prévisions météo et l’état de la route transcentrale (éboulements et restrictions possibles en cours de route).
  • Respect des communautés : En passant par les communautés autochtones comme Huanshan, ralentissez, respectez la vie et la culture locales.
  • Respect de la montagne : Emportez vos déchets, protégez ce sanctuaire de haute montagne, pour que sa splendeur demeure pour tous les cyclistes à venir.

La route provinciale 7甲 : une branche du Cross-Island chargée d’histoires

Pour comprendre le tronçon de Qingquan Bridge à Lishan, il faut d’abord connaître la route provinciale 7甲 sur laquelle il se trouve. Cette route, également appelée « branche de Yilan du Cross-Island », part du pont Baitao à Qilan, dans le canton de Datong à Yilan, et s’étend vers le sud jusqu’à Lishan, dans le district de Heping à Taichung, sur environ 74 kilomètres. Elle part du large lit de la rivière Lanyang, remonte la vallée vers les profondeurs de la montagne, franchit la ligne de partage des eaux du col de Siyuan, puis serpente le long de la rivière Dajia jusqu’à Lishan, où elle rejoint la route provinciale 8.

Chaque tronçon de la route provinciale 7甲 est chargé d’histoires. Elle relie deux mondes, Yilan et Taichung, et enchaîne des sites aux noms évocateurs : Qilan, le col de Siyuan, Wuling, Huanshan, Lishan. Pour les voyageurs à vélo, pouvoir rouler sur la route provinciale 7甲 est en soi un romantisme — chaque kilomètre parcouru superpose l’histoire de l’ouverture du Cross-Island, le souffle de la forêt et les traces des générations qui ont vécu ici.

Le méandre : une lettre d’amour de la rivière à la terre

Qingquan Bridge, ce pont à structure en acier rouge, se situe au kilomètre 65 environ de la route provinciale 7甲 et marque également l’entrée d’une ancienne piste forestière désaffectée. Mais son paysage géographique le plus émouvant se cache environ 500 mètres en aval — là se trouve un magnifique « méandre ».

Le méandre est un cours d’eau sinueux, sculpté par l’érosion et le dépôt répétés de la rivière dans la vallée au fil des millénaires. En aval de Qingquan Bridge, l’eau arrive face à vous puis fait demi-tour et s’éloigne, dessinant un virage à près de 180 degrés, telle une élégante courbe sur la terre. C’est une lettre d’amour que la rivière a écrite à la terre sur des millions d’années.

Debout sur Qingquan Bridge, contemplant ce méandre, on ressent la force tranquille et pourtant immense de la nature. La route des hommes enjambe ici la vallée, mais la rivière, bien avant l’existence de la route, sculptait déjà le paysage jour et nuit depuis d’innombrables années. Ce contraste d’échelles temporelles rend humble.

Le village de Huanshan : un foyer de haute montagne où le temps ralentit

Si votre itinéraire s’étend aux environs de Lishan, en direction de Wuling, vous passerez par le village de Huanshan — une communauté atayal située entre Lishan et la ferme de Wuling, encerclée par des sommets de plus de 3 000 mètres, un rare « village de vallée ».

La quiétude du village de Huanshan vous fera naturellement ralentir. Les maisons éparses, les vergers en terrasses, les hautes montagnes qui s’étendent au loin composent un tableau radicalement différent de la ville. Les Atayal d’ici vivent de génération en génération dans ces hautes montagnes, cultivant fruits et légumes d’altitude, gardiens de la terre de leurs ancêtres. Leurs journées semblent avoir toujours coulé à ce rythme tranquille — vivre avec la montagne, en phase avec les saisons.

En passant à vélo par Huanshan, vous ressentez une atmosphère où le temps semble suspendu. À une époque où tout va vite, une communauté qui vit encore au rythme de la nature est en soi un rappel : la lenteur est aussi une sagesse. (En traversant la communauté, ralentissez, respectez la vie et la culture locales, évitez les bruits forts et ne photographiez pas les habitants sans permission.)

Le romantisme du col : un voyage à travers deux rivières

L’histoire géographique la plus poétique de la route provinciale 7甲 réside dans le fait qu’elle « enjambe deux rivières ». Cette route part de la rivière Lanyang, franchit le col de Siyuan, cette ligne de partage des eaux, puis longe la riviée Dajia.

Un col, c’est un concept empreint de poésie. Sur la même montagne, la pluie qui tombe d’un côté rejoint la rivière Lanyang et se précipite vers le Pacifique à Yilan ; celle qui tombe de l’autre côté rejoint la rivière Dajia et s’écoule vers le détroit de Taïwan à Taichung. Et vous, à vélo, c’est avec vos jambes que vous franchissez cette ligne invisible, passant de l’étreinte d’un bassin hydrographique à celui d’un autre.

Sur le tronçon entre le pont Qingquan et Lishan, vous évoluez dans le cours supérieur du bassin de la rivière Dajia. La vallée est profonde, et des deux côtés s’élèvent des sommets dépassant souvent les 3000 mètres. C’est un paysage routier de vallée de haute montagne rare à Taïwan, ouvert, majestueux, avec une force qui purifie l’âme. Mesurer ce col à la force du pédalier, c’est le romantisme propre à la pratique du vélo en haute montagne.

Lishan : le pays des fruits au-dessus de la mer de nuages

Enfin, Lishan est en vue. À près de 2000 mètres d’altitude, Lishan est le pivot de la route transinsulaire centrale, perché au-dessus de la mer de nuages, entouré de hautes montagnes. Il est réputé pour ses fruits de montagne — pêches plates, pommes, poires, choux. Cette terre haute et froide donne naissance aux fruits tempérés les plus raffinés de Taïwan.

Au printemps, les arbres fruitiers de Lishan fleurissent, et tout le versant se teinte de rose et de blanc, tel un paysage de conte de fées ; à l’automne, c’est la saison des fruits abondants et des récoltes. Debout à Lishan, en dégustant une pêche plate ou une pomme de saison, cette douceur fraîche des hauteurs est le lien qui unit cette terre et le cycliste. En voyant les routes se croiser à vos pieds et la mer de nuages onduler au loin, vous ressentez une émotion profonde — avec vos jambes, vous avez tissé l’histoire d’une route de haute montagne tout entière.

La mémoire de la route transinsulaire centrale : une route taillée au prix de vies humaines

En pédalant sur la route qui mène à Lishan, il est difficile de ne pas penser à l’histoire qui se cache derrière cette route transinsulaire centrale. La route provinciale 8, route transinsulaire centrale, est la première route à traverser Taïwan d’est en ouest. Elle part de Dongshi à Taichung à l’ouest et se termine à Taroko à Hualien à l’est, sur près de 188 kilomètres.

Le percement de cette route est une histoire écrite avec du sang, de la sueur et des vies humaines. À l’époque, des milliers de vétérans et d’ouvriers du génie, sans engins modernes, ont creusé cette route centimètre par centimètre à travers la chaîne centrale escarpée, à mains nues et avec des outils simples. D’innombrables personnes y ont laissé leur vie. La route transinsulaire centrale n’est pas qu’une simple voie de communication, c’est un monument érigé au prix de vies humaines.

Lorsque vous roulez sur cette route, chaque kilomètre parcouru porte l’empreinte de cette histoire de pionniers. Ces sections taillées à flanc de falaises, ces ponts enjambant des gorges profondes, ont été obtenus au prix de la vie de ceux qui nous ont précédés. Ce poids de l’histoire confère au voyage vers Lishan une dimension supplémentaire de solennité et de gratitude. Pédaler sur la route transinsulaire centrale, ce n’est pas seulement traverser des paysages, c’est aussi traverser une mémoire collective de Taïwan.

Le printemps et l’automne de Lishan : les deux visages du pays des fruits

Lishan est célèbre pour ses fruits de haute montagne, et au printemps comme en automne, il dévoile deux visages radicalement différents, mais tout aussi émouvants.

Lishan au printemps, c’est la saison des fleurs. Les arbres fruitiers fleurissent les uns après les autres — le rose des pêches plates, le blanc des pommes, l’élégance des poiriers — peignant tout le versant d’un tableau délicat. En marchant au milieu des fleurs, l’air est imprégné d’un léger parfum floral, les montagnes lointaines sont enveloppées de brume, comme dans un monde féerique. Lishan au printemps est romantique, plein d’espoir.

Lishan en automne, c’est la saison des fruits. Après tout un été de maturation, les arbres ploient sous des fruits généreux — pommes rouges, pêches plates, poires de montagne. C’est la saison des récoltes, les arboriculteurs s’affairent à la cueillette, et l’air embaume la douceur des fruits mûrs. Lishan en automne est généreux, satisfaisant.

Quel que soit le printemps ou l’automne, les fruits de haute montagne de Lishan méritent que vous vous arrêtiez pour les déguster. Une pêche plate ou une pomme de saison, cette douceur fraîche née d’une terre haute et froide, est le plus beau lien entre ce pays des fruits et le cycliste.

Le rythme de vie des communautés de haute montagne

Les communautés de haute montagne comme Lishan et Huanshan ont un rythme de vie radicalement différent de celui des villes.

Ici, le temps semble ralentir. À l’aube, les arboriculteurs montent travailler ; l’après-midi, la brume envahit la vallée ; le soir, les lumières s’allument une à une dans la communauté. Les jours s’écoulent au rythme des saisons et des travaux agricoles, sans hâte, en harmonie avec la nature. Les habitants vivent ici de génération en génération, entre les hautes montagnes, cultivant des fruits, protégeant la terre, menant une vie simple et authentique.

En passant à vélo devant ces communautés, vous ressentez la sérénité de cette vie. À une époque où tout va vite, un lieu qui vit encore au rythme de la nature est en soi un rappel — la lenteur est aussi une sagesse de vie ; vivre en harmonie avec la nature est aussi un bonheur rare.

Avec gratitude et humilité

Après avoir parcouru ce poème routier de haute montagne entre le pont Qingquan et Lishan, le sentiment le plus profond qui m’habite est la « gratitude » et l’« humilité ».

Gratitude envers ceux qui nous ont précédés, qui ont ouvert la route transinsulaire centrale au prix de leur vie, nous permettant de mesurer à vélo cette nature majestueuse ; gratitude envers ces hautes montagnes qui ont donné naissance à des rivières si pures, des fruits si raffinés, des paysages si émouvants. Humilité devant l’immensité de la nature — ces méandres sculptés par des millions d’années, ces sommets dépassant souvent les 3000 mètres, cette météo de haute montagne qui change en un instant.

Avec cette gratitude et cette humilité, prenez soin de cette nature : emportez vos déchets, respectez les tribus et les communautés le long du chemin, respectez les règles de la montagne. Que la majesté et la pureté de ces hautes montagnes puissent être préservées pour chaque voyageur à venir. C’est là l’état d’esprit que tout cycliste qui s’aventure en haute montagne se doit d’avoir.

La mer de nuages : le paysage le plus luxueux de Lishan

S’il est un paysage des plus luxueux à Lishan, c’est bien la mer de nuages.

À près de 2000 mètres d’altitude, Lishan est entouré de hautes montagnes. Sa topographie et son climat particuliers font que, souvent au petit matin ou en début d’après-midi, une mer de nuages spectaculaire se forme. Lorsque vous vous tenez à Lishan, regardant les nuages onduler comme des vagues à vos pieds, et les sommets au loin émerger comme des îles au-dessus des nuages, ce choc vous fait oublier la fatigue de la montée.

La mer de nuages est mouvante, changeante à chaque instant. Tantôt elle évoque une cavalcade de chevaux sauvages, tantôt un océan blanc et silencieux ; quand le soleil la transperce, elle se pare d’or ; quand le vent se lève, elle submerge la vallée comme une marée. Cette beauté insaisissable est incomparable à tout paysage artificiel.

Et ce qui rend la mer de nuages la plus émouvante, c’est qu’elle est « imprévisible ». Elle ne se forme que lorsque la température, l’humidité et la direction du vent sont idéales. On ne peut ni la réserver, ni l’exiger. C’est précisément pour cela que, lorsque vous avez la chance de rencontrer une mer de nuages majestueuse à Lishan, la surprise et l’émotion sont d’autant plus intenses. C’est comme si cette haute montagne offrait au voyageur qui a pris la peine de monter un cadeau aléatoire et précieux.

Le pivot de la route transinsulaire centrale : tous les chemins mènent à Lishan

Ce qui rend Lishan si particulier, c’est qu’il est le « pivot » de la route transinsulaire centrale — plusieurs routes de haute montagne importantes s’y croisent.

Vers l’est, la route provinciale 8 mène à Dayuling et Taroko, c’est l’artère principale de la route transinsulaire centrale ; vers l’ouest, la route provinciale 8 rejoint Guguan et Dongshi, pour redescendre vers le bassin de Taichung ; vers le nord, la route provinciale 7甲 passe par le col de Siyuan pour rejoindre Yilan, avec un embranchement vers la ferme de Wuling ; et la route provinciale 14甲, qui bifurque à Dayuling, mène au mont Hehuan et à Wuling — le point culminant du réseau routier taïwanais.

Cette position de pivot, où « tous les chemins mènent à Lishan », fait de Lishan le cœur du réseau cyclable de haute montagne de Taïwan. Que vous fassiez le tour de la route transinsulaire centrale, que vous montiez à Wuling, que vous passiez par Siyuan ou que vous exploriez Wuling, Lishan est un point de passage et de jonction incontournable. Debout à Lishan, en voyant ces routes s’étendre dans toutes les directions à vos pieds, vous ressentez la grandeur d’être « au pivot des montagnes » — ici se croisent et naissent d’innombrables rêves de haute montagne.

La douce destinée du pays des fruits de haute montagne

En venant à Lishan, il faut absolument goûter à la douceur de ce pays des fruits de haute montagne.

Lishan est réputé dans tout Taïwan pour ses fruits de haute montagne — pêches plates, pommes, poires, choux. Cette terre haute et froide, à près de 2000 mètres d’altitude, avec ses fortes amplitudes thermiques, son ensoleillement généreux et son air pur, donne naissance à des fruits particulièrement sucrés et croquants. Au printemps, les arbres en fleurs teintent les versants de rose et de blanc ; en été et en automne, c’est la saison des récoltes abondantes.

Après avoir gravi Lishan à vélo, achetez une pêche plate ou une pomme de saison dans la communauté, asseyez-vous et savourez-la lentement. Cette douceur fraîche née de la terre de haute montagne, après avoir transpiré et grimpé, est particulièrement rafraîchissante. Ce n’est pas qu’un simple fruit, c’est une douce destinée entre cette haute montagne et le cycliste — vous avez mesuré l’altitude de cette terre avec vos jambes, et elle récompense vos efforts avec ses fruits les plus sucrés.

Cette « douceur gagnée à la sueur » est la saveur la plus inoubliable du voyage à Lishan. Elle apporte la conclusion la plus tendre et la plus douce aux efforts fournis pour atteindre Lishan. Et dans les jours qui suivent, chaque fois que vous pensez à Lishan, votre palais se rappelle la fraîcheur sucrée de ces fruits de haute montagne, et ce souvenir de pédaler au-dessus de la mer de nuages.

Arrivée et chemin parcouru, quelle importance

Ce poème de route de montagne vers Lishan m’a fait repenser la question de l’importance relative de « l’arrivée » et du « chemin parcouru ». À mes débuts à vélo, je gardais toujours les yeux rivés sur la ligne d’arrivée — ne pensant qu’à atteindre Lishan au plus vite, ne me souciant que de savoir si j’avais accompli mon objectif. Les paysages, les sensations et les histoires du parcours, je les traitais comme un « mal nécessaire » menant à la destination, les survolant à la hâte.

Jusqu’au jour où, en ralentissant délibérément, j’ai pour la première fois vraiment « vu » le chemin — les méandres sculptés par l’eau depuis des millénaires sous le pont Qingquan, les vergers en terrasses du village de Huanshan, la majesté des gorges de la rivière Dajia, la mer de nuages changeante en cours de route. Ces beautés cachées dans le parcours m’ont bien plus ému et marqué que le simple résultat d’« atteindre Lishan ».

J’ai alors compris : le sens de la vie ne se trouve souvent pas à la destination, mais dans le chemin qui y mène. Nous sommes toujours pressés d’arriver — d’atteindre le succès, d’atteindre le bonheur, d’atteindre un objectif que nous croyons capable de nous satisfaire. Mais lorsque nous arrivons enfin, nous découvrons souvent que ce qui enrichit véritablement la vie, ce sont ces paysages et ces histoires que nous avons négligés en chemin. Cette route de Lishan m’a appris : ne te contente pas de foncer, ne considère pas le parcours comme un simple moyen d’arriver. Ralentis, ressens chaque beauté du chemin — car en fin de compte, ce qui te laisse un souvenir impérissable, ce n’est jamais la destination, mais tout ce que tu as vu, les personnes rencontrées et tout ce que tu as vécu tout au long du voyage.

Conclusion

Du pont Qingquan à Lishan, un poème de route de montagne de 8,6 kilomètres. Il part d’un pont rouge, franchit la lettre d’amour que l’eau écrit à la terre en méandres, longe les gorges de la rivière Dajia, traverse la quiétude du village de Huanshan, gravit la romance de la ligne de partage des eaux, pour enfin frapper aux portes du pivot de la route transcentrale au-dessus de la mer de nuages, Lishan aux parfums de fruits. On y trouve les plus majestueuses gorges de montagne de Taïwan, les fruits tempérés les plus raffinés, les histoires géographiques les plus émouvantes. Elle ne te presse pas d’avancer, elle t’invite seulement à ralentir, à mesurer l’immensité de ces montagnes et rivières à la force de tes jambes. Si l’occasion t’est donnée de parcourir cette route, ne te précipite pas — arrête-toi, contemple les méandres sous le pont Qingquan, les terrasses de Huanshan, la mer de nuages de Lishan, et laisse ce poème de route de montagne se déployer pleinement dans ta vie. Et souviens-toi : emporte tes déchets, respecte les tribus et la montagne, afin de laisser cette splendeur aux voyageurs qui suivront.

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