Guide complet de la route d'Alishan : 53,57 kilomètres, plus de 2 000 mètres de dénivelé, le sanctuaire des longues ascensions du sud de Taïwan

Aperçu du parcours : Distance 53,57 km | Dénivelé total d’environ 2 505 mètres (estimation par conversion d’environ 1 982 mètres, voir explication ci-dessous) | Pente moyenne 3,7 % | Classification d’ascension Strava Category 5 (ascension de très longue distance, niveau le plus élevé) | Le cœur du parcours est la section montagneuse de la route provinciale 18, la route d’Alishan
Dans le monde du cyclisme taïwanais, si l’on devait dresser une liste des « ascensions à faire dans une vie », la route d’Alishan figurerait presque toujours aux côtés du mont Wuling. Elle est le théâtre central du « Alishan KOM Challenge », et une route légendaire qui attire chaque année d’innombrables cyclistes de tout Taïwan venus spécialement du nord et du sud pour ce pèlerinage. Cet article ne parle pas de poésie, mais uniquement de données, de tactique et de la manière de parcourir ces 53,57 kilomètres de route avec la méthode la plus intelligente.
I. Décryptage des données : 53,57 kilomètres, un dénivelé de l’ordre de 2 000 mètres, quelle est la réelle difficulté
Commençons par fixer les chiffres clés : la longueur totale de ce tronçon est de 53 568,3 mètres (53,57 km), avec une pente moyenne de 3,7 %. Le système Strava le classe dans la catégorie la plus élevée d’ascension — Category 5, c’est-à-dire ce qu’on appelle communément une ascension de très longue distance de « niveau HC ». Cela signifie que, quel que soit le standard international de classification d’ascension utilisé, son total « distance × pente » atteint déjà le niveau maximal.
Concernant le dénivelé, nous devons être honnêtes et le décomposer. Le dénivelé total enregistré dans la base de données est de 2 505,3 mètres. Mais si l’on fait une estimation simplifiée avec « distance × pente moyenne » (53,57 km × 3,7 %), on obtient seulement environ 1 982 mètres, soit un écart d’environ 500 mètres entre les deux. Cet écart n’est pas une erreur de saisie, mais la différence fondamentale entre deux logiques de calcul : la pente moyenne est une « moyenne globale » calculée en lissant tout le parcours (y compris les rares sections plates, voire légèrement descendantes), ce qui dilue l’existence des pentes raides ; tandis que le chiffre de 2 505,3 mètres est la somme des dénivelés réels de chaque section, reflétant fidèlement la vérité selon laquelle « les endroits raides sont plus raides qu’on ne l’imagine ».
Cela correspond également à la réalité géographique de la route d’Alishan — cette route monte de la plaine de Chiayi jusqu’à Alishan, avec un point de départ à seulement un peu plus d’une centaine de mètres d’altitude, et le point d’arrivée, la zone de la forêt de loisirs d’Alishan, à plus de 2 200 mètres d’altitude. La seule différence d’altitude absolue sur le plan géographique approche, voire dépasse déjà les 2 000 mètres. Par conséquent, cet article adopte les 2 505,3 mètres fournis par la base de données comme chiffre principal de dénivelé, et rappelle à chaque challenger : la pente de cette route n’est pas uniformément répartie ; les sections médianes et finales présentent des pentes nettement plus raides que 3,7 %. L’aborder avec un « état d’esprit de vitesse moyenne » risque fort de vous coûter cher dans la seconde moitié. En d’autres termes, les 3,7 % affichés ne sont que la « moyenne officielle » ; au ressenti, vous rencontrerez plusieurs sections solidement établies à 6 % ou plus, entrecoupées de quelques faux plats ou portions plates pour reprendre votre souffle.
Mettons cela dans un tableau pour le situer dans le système de coordonnées des ascensions de longue durée à Taïwan :
| Élément de comparaison | Route d’Alishan (ce tronçon) | Explication |
|---|---|---|
| Distance | 53,57 km | Distance de type « expédition », pas un sprint sur courte distance |
| Dénivelé total | 2 505,3 mètres (valeur base de données) | Estimation croisée d’environ 1 982 mètres, écart dû aux méthodes de mesure et de découpage |
| Pente moyenne | 3,7 % | Relief très accidenté, non uniformément réparti |
| Classification Strava | Category 5 | Niveau le plus élevé, ascension de très longue distance |
| Seuil de réussite | Endurance > Puissance explosive | Met à l’épreuve la discipline de gestion de l’allure et la concentration sur la durée |
Pour traduire les 2 505 mètres de dénivelé en termes concrets : c’est comme s’élever continuellement, en empilant près de sept fois la hauteur du Taipei 101. Ce n’est pas un sprint court qu’on peut tenir à la force de la volonté, mais une expédition qui exige une planification en amont, de la discipline en cours de route et une récupération en aval.
II. L’ossature du parcours : la route provinciale 18 et le positionnement géographique de la route KOM
La route d’Alishan est la route provinciale 18. Elle part à l’ouest du réseau routier de plaine autour de la ville de Chiayi, puis franchit montagnes et cols vers l’est jusqu’à la zone de la forêt de loisirs d’Alishan. C’est l’une des rares routes de Taïwan permettant, en une journée et à vélo, une traversée verticale de la plaine à plus de 2 000 mètres d’altitude. Elle est également l’épine dorsale classique du parcours utilisé depuis des années par l’« Alishan KOM Challenge (faisant partie de la série Taiwan KOM Challenge) », attirant chaque année des cyclistes nationaux et internationaux pour relever ce défi difficile — « longue distance, fortes variations de pente, et en plus l’effet de haute altitude en fin de parcours » (pour les dates exactes, heures limites et règlement détaillé, veuillez vous référer aux annonces officielles de l’organisateur).
L’itinéraire classique passe successivement par plusieurs points de repère clés : départ de la plaine de Chiayi, passage par Chukou pour entrer en zone montagneuse, poursuite vers la région de Xiding pour admirer la mer de nuages, puis montée vers les zones de thé de haute montagne autour de Shizhuo et Leye, et enfin, à partir de la zone de Shizilu, la pente se resserre pour grimper jusqu’au point d’arrivée, la zone de la forêt de loisirs d’Alishan. Ces noms de lieux constituent précisément la trame des stratégies par sections ci-dessous.
Il est important d’établir d’emblée une compréhension macro : l’ascension de la route d’Alishan « n’est pas une montée à vitesse constante ». Elle est composée de plusieurs sections de montée bien marquées, entrecoupées de quelques brèves portions plates, voire de légères descentes. Cela rend son rythme bien plus complexe et varié que celui de la route d’accès ouest au mont Wuling, qui est « une montée continue, sans presque aucune occasion de reprendre son souffle ». Pour le challenger, c’est une arme à double tranchant : les points de récupération sont un avantage, mais cela signifie aussi devoir constamment décider rapidement entre « accélérer pour profiter des sections plates » et « lever le pied pour affronter les pentes raides ». Chaque erreur de jugement se cumulera en fatigue fatale dans la seconde moitié. Il est vivement recommandé, avant le défi officiel, d’étudier attentivement le profil altimétrique de toute la route à l’aide d’un fichier GPX ou d’outils cartographiques, afin d’avoir en tête, avant le départ, une carte mentale de « où économiser, où pousser ».
III. Stratégie par sections : diviser les 53,57 kilomètres en six étapes à conquérir
Pour une longue ascension, le pire est de se laisser intimider par la « longueur totale ». Diviser les 53,57 kilomètres en six étapes repères et fixer de petits objectifs pour chacune est la méthode essentielle pour terminer. Les kilométrages ci-dessous sont des descriptions approximatives ; référez-vous à votre compteur et aux panneaux sur place.
Première section : départ de la plaine de Chiayi → Chukou (section d’échauffement avant l’entrée en montagne)
Au départ du réseau routier de plaine autour de la ville de Chiayi, cette section est plate. La mission principale est de s’échauffer, de trouver son rythme et de vérifier que le ravitaillement et l’équipement sont prêts. Stratégie : maintenez votre fréquence cardiaque dans une zone très facile, profitez de ce plat pour régler votre cadence, votre position et votre respiration au plus confortable. Surtout, ne gaspillez pas trop d’énergie ici par excitation. Chukou est le point de séparation entre la plaine et la montagne ; après Chukou, la véritable expédition commence.
Deuxième section : Chukou → Longmei (première épreuve pour entrer en condition)
Après Chukou, la pente s’établit clairement à une certaine intensité. C’est le premier grand segment pour « entrer en mode ascension » sur tout le parcours ; la montée continue vous mènera de la plaine vers les altitudes moyennes. Stratégie : extrêmement conservateur. C’est l’endroit où l’on commet le plus facilement l’erreur fatale de tout le parcours — au départ, le moral est bon, les jambes sont fraîches, et il est très facile de rouler trop vite sans y penser. Mais n’oubliez pas : il vous reste des dizaines de kilomètres et près de 2 000 mètres de dénivelé à gravir. Maintenez votre puissance entre 70 et 80 % de votre FTP, votre fréquence cardiaque dans la partie inférieure de la zone aérobie, et une cadence confortable plutôt élevée. Rappelez-vous cette règle d’airain : sur la route d’Alishan, ceux qui roulent trop vite au début paient le double en souffrance à la fin. La zone de Longmei dispose généralement de magasins pour s’approvisionner en eau et faire une courte pause ; il est recommandé d’effectuer ici votre premier ravitaillement complet.
Troisième section : Longmei → Xiding (section des ondulations et de la mer de nuages)
Après Longmei, le parcours arrive dans la région de Xiding, un site réputé pour admirer la mer de nuages. L’air chaud et humide s’élève le long des vallées et rencontre l’air froid, formant souvent de magnifiques mers de nuages sur les versants exposés au soleil. La pente de cette section n’est plus aussi monotone que la précédente ; elle présente quelques variations. Stratégie : utilisez les ondulations pour moduler votre puissance. Sur les sections en légère descente ou plus douces, accélérez modérément, augmentez doucement la cadence pour laisser le lactate se métaboliser un peu, et dès qu’une pente raide arrive, réduisez immédiatement l’effort pour revenir à une puissance stable. Cette « gestion de la puissance sur les ondulations » est précisément la plus grande différence entre la route d’Alishan et les « longues montées droites et monotones » comme le mont Wuling — elle exige une capacité à répartir intelligemment son énergie, plutôt qu’un effort à allure fixe et rigide.
Quatrième section : Xiding → Shizhuo, Leye (bataille d’endurance de la section médiane)
Shizhuo (Shizhuo) est une agglomération importante sur la route provinciale 18, et un carrefour vers Fenqihu et la poursuite vers Alishan ; la tribu de Leye est située dans les zones de thé de haute montagne à proximité. Cette section est la « bataille d’endurance de la section médiane » — à ce stade, vous roulez peut-être depuis plus de deux heures, et des signes de fatigue commencent à apparaître tant physiquement que mentalement. Stratégie : discipline et ravitaillement, les deux de front. Le plus important ici est de tenir votre discipline d’allure. Ne vous laissez pas tenter d’augmenter l’effort en section médiane parce que le début s’est bien passé, et ne laissez pas non plus votre rythme s’effondrer parce que vous êtes fatigué. Maintenez une puissance stable et continuez à vous ravitailler — il est recommandé d’alterner aliments solides et gels énergétiques toutes les 30 à 40 minutes, et de boire de petites gorgées toutes les 15 minutes. La zone de Shizhuo dispose généralement de magasins et de snacks pouvant servir de deuxième point de ravitaillement complet, mais les horaires d’ouverture des commerces en montagne sont variables ; fiez-vous à la situation sur place et ne dépendez jamais entièrement du ravitaillement extérieur.
Cinquième section : Shizhuo, Leye → Shizilu (épreuve physiologique de la haute altitude)
Après Shizhuo et Leye, l’altitude continue de grimper et la teneur en oxygène de l’air commence à diminuer nettement. Vous ressentirez le phénomène suivant : « à puissance égale, la fréquence cardiaque monte inexplicablement et la respiration est plus difficile ». C’est le premier signal d’alerte que la haute altitude envoie à votre corps. Stratégie : rétrogradez activement, ralentissez la respiration. Sur les sections en haute altitude, ne luttez pas contre votre corps. Passez activement sur un braquet plus léger, maintenez une cadence plutôt élevée, ralentissez et approfondissez votre respiration pour maximiser l’efficacité de chaque inspiration. L’objectif de cette section n’est pas la vitesse, mais « la stabilité sans effondrement ». Mentalement, il est recommandé de verrouiller votre attention sur l’objectif concret et atteignable de « tenir jusqu’à Shizilu », sans penser sans cesse à la distance restante jusqu’à l’arrivée, ce qui ne ferait qu’amplifier la fatigue.
Sixième section : Shizilu → Zone de la forêt de loisirs d’Alishan (conclusion finale)
Dernière section, l’arrivée est en vue, l’altitude est élevée, la fatigue est profonde, mais le sentiment d’accomplissement vous appelle aussi vers l’avant. Stratégie : répartissez les forces restantes et terminez en douceur. Si la gestion de l’allure des cinq premières sections a été bonne, vous pourrez généralement maintenir une puissance stable ici, voire accélérer légèrement dans les derniers kilomètres pour un sprint final ; si vous êtes déjà très fatigué, faites de « ne pas mettre pied à terre et terminer tranquillement » l’unique définition de la victoire pour cette section. Lorsque l’entrée de la zone de la forêt de loisirs d’Alishan apparaît devant vous, ces plus de 2 000 mètres de dénivelé, ces plus de 50 kilomètres de persévérance, se transformeront, à l’instant où vous franchirez la ligne d’arrivée, en un sentiment d’accomplissement inoubliable.
IV. Braquets et équipement : un problème mathématique de niveau expédition
Bien que la pente moyenne affichée de la route d’Alishan ne soit pas la plus raide de Taïwan, la combinaison « volume total énorme, durée longue, et effet de haute altitude en fin de parcours » impose une configuration de braquets plutôt conservatrice que compétitive. Sur une longue ascension, ce sont les braquets qui vous permettent de maintenir une cadence plus élevée et de réduire la charge sur les articulations et les muscles qui sont la clé pour tenir jusqu’au bout.
| Type de cycliste | Plateau avant recommandé | Cassette recommandée | Explication |
|---|---|---|---|
| Orientation compétition / KOM | 50/34 compact | 11–32T ou 11–34T | Même en visant la performance, il est recommandé de conserver un braquet de secours suffisamment léger |
| Orientation endurance / remise en forme générale | 50/34 compact | 11–34T | Équilibre entre efficacité sur le plat et endurance en montée |
| Débutant / première tentative | 46/30, 48/31 ou triple plateau | 11–34T voire 11–36T | Braquet léger de survie pour la section de haute altitude, évite la double épuisement des genoux et des forces |
Principe fondamental : préparez vos braquets pour « vous, fatigué en fin de parcours », pas pour « vous, plein d’énergie au départ ». Au départ, vous aurez l’impression de pouvoir pédaler avec n’importe quel braquet, mais après 40 kilomètres, à 2 000 mètres d’altitude, les jambes à moitié mortes, vous serez infiniment reconnaissant d’avoir installé ce braquet qui semblait « trop léger ».
Liste d’équipement version expédition, à vérifier point par point :
- Eau : prévoyez au moins deux grands porte-bidons, remplissez-les impérativement au départ, et réapprovisionnez-vous en cours de route dans les agglomérations comme Longmei et Shizhuo.
- Ravitaillement : gels énergétiques, barres énergétiques, bananes, comprimés de sel en quantité suffisante. La dépense calorique d’un parcours de type expédition se compte en milliers de kilocalories, ne la sous-estimez jamais.
- Couche chaude : l’altitude de la zone d’arrivée dépasse les 2 000 mètres ; même si le temps est chaud en bas, la température au sommet et pendant la descente peut chuter de plus de dix degrés. Une veste coupe-vent légère ou une veste imperméable est un équipement de survie, à emporter obligatoirement, ce n’est pas une option.
- Outils de réparation : chambre à air de rechange, démonte-pneus, pompe ou cartouches de CO2, multitool simple. Sur une longue distance, toute panne mécanique peut vous laisser bloqué en montagne pendant longtemps.
- Éclairage et protection : en montagne, le brouillard est fréquent l’après-midi ; les feux avant et arrière améliorent efficacement la visibilité ; sur les longues descentes, portez impérativement votre casque.
V. Stratégie de ravitaillement et d’hydratation : la gestion du carburant pour une expédition
53,57 kilomètres, plus de 2 000 mètres de dénivelé : la dépense calorique dépasse facilement les 2 000 kilocalories. La réussite ou l’échec de la gestion du carburant détermine directement si vous allez « taper dans le mur » à mi-parcours — c’est-à-dire l’état d’épuisement extrême dû à l’épuisement du glycogène.
La préparation avant le départ est tout aussi importante : la veille, faites le plein de réserves de glucides ; le jour J, une heure et demie à deux heures avant le départ, prenez un repas facile à digérer, à base de glucides, en évitant les aliments riches en graisses et en fibres qui alourdissent l’estomac. Pendant l’effort, la clé est d’établir une discipline de « ravitaillement à heures fixes » plutôt que « ravitaillement quand on a faim » — il est recommandé d’absorber environ 40 à 60 grammes de glucides par heure (soit l’équivalent d’un à deux gels énergétiques ou d’une quantité équivalente de nourriture), de boire de petites gorgées toutes les 15 minutes, et par temps chaud, de supplémenter impérativement en électrolytes pour éviter crampes et coup de chaleur.
Concernant la planification des points de ravitaillement, les zones de Longmei, Xiding, Shizhuo et Leye disposent généralement de magasins ou de snacks pouvant servir de stations fixes, mais les horaires d’ouverture des commerces en montagne ne sont pas stables. Fiez-vous impérativement à la situation réelle sur place et ne placez pas tous vos espoirs dans le ravitaillement extérieur. La méthode vraiment sûre est d’emporter des provisions suffisantes et de considérer les magasins comme un « bonus » et non comme une « dépendance ». Après l’arrivée, il est également recommandé de consommer des glucides et des protéines dans les 30 minutes pour accélérer la récupération musculaire — un plat chaud au sommet sera la récompense la plus concrète pour vous qui avez tenu jusqu’au bout.
VI. Météo et conseils saisonniers : la double épreuve des écarts de température en montagne et des orages d’après-midi
La route d’Alishan traverse un dénivelé considérable, de la plaine à plus de 2 000 mètres. La complexité météorologique y est bien supérieure à celle d’un parcours classique, et c’est un aspect que de nombreux cyclistes venus d’ailleurs sous-estiment, souvent à leurs dépens.
L’écart de température est le défi numéro un : en bas, il peut faire plus de 30 degrés, tandis qu’au sommet d’Alishan, il peut ne faire que dix degrés ou moins. Pendant la montée, vous transpirez abondamment ; une fois au sommet ou en descente, votre corps trempé exposé au vent froid peut facilement déclencher une hypothermie. La veste coupe-vent ou imperméable est un équipement indispensable, pas une option. Les orages d’après-midi sont également monnaie courante en été dans les montagnes du sud. Pour un parcours aussi long, il est recommandé de partir avant le lever du jour, de viser le sommet avant midi et de redescendre avant l’après-midi, afin d’éviter le double risque des orages d’après-midi et des chaussées glissantes.
Côté saisons, le printemps et l’automne sont généralement les saisons dorées avec le climat le plus stable et la visibilité la plus dégagée, idéales pour planifier un défi de type expédition ; l’été, bien que la végétation soit verdoyante, la probabilité d’orages d’après-midi est élevée, il faut partir nettement plus tôt et surveiller attentivement les prévisions météo ; en hiver, la température au sommet est basse, avec parfois des sections où le froid, voire le verglas, est à craindre ; l’équipement de protection contre le froid et la vérification de l’état de la route exigent encore plus de prudence. De plus, en montagne, un épais brouillard enveloppe souvent les sommets l’après-midi, et la visibilité peut chuter en quelques instants à quelques mètres seulement. En descente, en cas de brouillard, réduisez impérativement votre vitesse, allumez vos feux et roulez le plus à droite possible. La sécurité prime toujours sur la vitesse.
VII. Erreurs courantes et risque d’abandon : ce qui fait perdre, ce n’est souvent pas la pente elle-même
Les cas d’abandon sur la route d’Alishan sont, la plupart du temps, moins dus à la pente elle-même qu’aux manques de préparation suivants, pourtant évitables :
- Perte de contrôle de l’allure en début de parcours : rouler trop vite dès la première section après l’entrée en montagne, ce qui mène à un effondrement total en section médiane et finale. C’est le schéma d’erreur le plus typique et le plus fatal.
- Ravitaillement insuffisant menant au « mur » : sous-estimer la dépense calorique d’un parcours de type expédition, emporter trop peu de provisions ou se ravitailler trop tard, provoquant une chute de glycémie à mi-parcours et une perte totale de force dans les jambes.
- Braquets trop lourds : ne pas avoir préparé de braquet de secours suffisamment léger, être contraint en haute altitude de tirer sur un braquet lourd à basse cadence, payant le double en genoux et en énergie.
- Négliger la préparation contre le froid : ne penser qu’à la chaleur de la montée au départ et oublier d’emporter une veste coupe-vent, puis subir une hypothermie au sommet ou en début de descente, avec une détérioration brutale de la situation.
- Départ trop tardif : se heurter aux orages d’après-midi et au brouillard, être contraint de terminer la descente dans des conditions météo dégradées, avec un risque fortement accru.
- Sous-estimer le risque de la descente : après des heures d’effort pour atteindre le sommet, un accident survient pendant la longue descente à cause de la fatigue, de l’hypothermie ou d’une chaussée glissante. La descente est le véritable ennemi caché et facilement sous-estimé de cette route.
VIII. Temps d’arrivée cibles selon le niveau du cycliste
Voici des fourchettes de temps de référence pour terminer les 53,57 kilomètres avec environ 2 505 mètres de dénivelé. Le temps réel sera nettement influencé par le poids, la météo, la forme du jour, etc. Ces chiffres ne servent qu’à vous ancrer mentalement avant le départ :
| Niveau du cycliste | Temps de référence | Description |
|---|---|---|
| Compétition / niveau élite | Environ 2,5 à 3 heures | Recherche du classement et du record personnel |
| Niveau expédition avancé | Environ 3 à 3,5 heures | Finir de manière stable, gestion stricte de l’allure |
| Niveau fitness intermédiaire | Environ 3,5 à 4,5 heures | Terminer est en soi un accomplissement personnel important |
| Débutant / première tentative | Environ 4,5 à 5,5 heures et plus | Terminer sans mettre pied à terre a une valeur commémorative de niveau « exploit de vie » |
Quel que soit le niveau auquel vous vous situez, rappelez-vous un principe fondamental : terminer la route d’Alishan est une victoire de la discipline, pas une victoire de la force brute. Mettez de côté cette envie de foncer du début, planifiez votre ravitaillement à l’avance, emportez réellement vos vêtements chauds, choisissez bien votre heure de départ : vous avez déjà accompli la moitié de cette expédition.
IX. Le lien avec l’Alishan KOM Challenge : la route du Roi de la Montagne de Taïwan
Si la route d’Alishan jouit d’un statut presque mythique dans le monde du cyclisme taïwanais, c’est en grande partie grâce à ses liens profonds avec l’« Alishan KOM Challenge ». C’est l’une des épreuves de la célèbre série Taiwan KOM, dont l’esprit est centré sur l’ascension extrême. Chaque année, elle attire des cyclistes professionnels et amateurs du monde entier pour s’affronter sur ce parcours (les dates exactes, le règlement et les heures limites varient d’une édition à l’autre ; référez-vous aux annonces officielles de l’organisateur comme source finale).
Pour le cycliste ordinaire, même sans avoir l’occasion (ou l’envie) de participer à la course officielle, le simple fait de terminer ce parcours en autonomie est déjà une manière de rendre hommage à l’esprit de cette épreuve. De nombreux cyclistes chevronnés considèrent « boucler la route d’Alishan » comme une étape majeure de leur carrière cycliste, voire comme une étape de validation des capacités avant de s’attaquer à des ascensions de longue durée encore plus difficiles (par exemple, les parcours de niveau plafond du cyclisme sur route taïwanais). Cette route apprend au cycliste non seulement comment produire de la puissance sur les pentes raides, mais aussi comment gérer son énergie, ses émotions et son jugement sur plus de 50 kilomètres — et c’est précisément le défi ultime commun à toutes les grandes ascensions de longue durée.
Conclusion : la bataille de la montagne sacrée pour chaque challenger
La route d’Alishan, 53,57 kilomètres, plus de 2 000 mètres de dénivelé, cette route légendaire que d’innombrables cyclistes considèrent comme un défi à relever dans une vie, ne met jamais à l’épreuve uniquement la force des jambes. Par sa longueur, sa variété et son refus presque constant de vous laisser reprendre votre souffle, elle teste en boucle votre endurance, votre discipline d’allure, votre jugement en situation, et votre capacité à garder une préparation rationnelle lorsque vous êtes épuisé à l’extrême.
Lorsque vous franchirez enfin l’entrée de la zone de la forêt de loisirs d’Alishan et que vous vous retournerez vers cette route interminable de plus de 50 kilomètres et de plus de 2 000 mètres de dénivelé, vous comprendrez clairement : ce que vous avez conquis, ce n’est jamais seulement l’altitude d’une montagne, c’est aussi ce vous-même qui, au fond de vous, doutait de pouvoir tenir jusqu’au bout. Voilà ce que la route d’Alishan — cette montagne sacrée du cyclisme taïwanais — offre en retour, le plus honnête et le plus précieux, à chaque challenger qui a tenu jusqu’au bout.
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