L'épreuve de longue haleine sur le toit de la Thaïlande : Doi Inthanon, le « Wuling du Nord thaïlandais » prisé des cyclistes d'Asie du Sud-Est
La plus haute montagne de Thaïlande, dont le sommet est plus froid que l’hiver taïwanais
Pour beaucoup, la première image de la Thaïlande évoque la chaleur étouffante et l’humidité de Bangkok, ou le soleil et les plages de Phuket. Il est difficile d’associer la Thaïlande à des termes comme « montée » ou « basses températures ». Mais si vous vous êtes déjà tenu au sommet du Doi Inthanon fin décembre, vous aurez une tout autre vision de ce pays d’Asie du Sud-Est — la température au sommet oscille souvent autour d’un chiffre unique en hiver, et les records historiques ont même enregistré des températures extrêmes proches de zéro. On y trouve la même surprise qu’à Taïwan avec la neige sur le mont Hehuan, mais le décor est déplacé à 18 degrés de latitude nord, dans le nord de la Thaïlande.
Le Doi Inthanon est le plus haut sommet de toute la Thaïlande, culminant à environ 2 565 mètres d’altitude. Il est situé dans la région montagneuse du district de Chom Thong, dans la province de Chiang Mai, et fait partie du massif des collines Shan. Ce n’est pas seulement un point culminant géographique, c’est aussi l’un des plus anciens membres du système des parcs nationaux thaïlandais — dès 1954, il a été désigné comme l’un des 14 premiers parcs nationaux de Thaïlande. Le parc s’étend sur plus de 480 kilomètres carrés, de 800 mètres d’altitude jusqu’au sommet à 2 565 mètres, englobant une zone écologique de haute altitude rare en Thaïlande, abritant un nombre impressionnant d’espèces d’oiseaux. C’est un lieu saint pour les amateurs d’observation ornithologique en Asie du Sud-Est.
Pour les passionnés de cyclisme, le Doi Inthanon signifie avant tout « une longue montée solide » — ce n’est pas comme les montées légendaires des Alpes réputées pour leur raideur, mais il se distingue par sa « longue distance, son dénivelé conséquent et son climat agréable ». Ajouté à cela, Chiang Mai en tant que centre touristique et de vie pratique du nord de la Thaïlande, cet endroit est devenu un choix populaire pour de nombreux cyclistes européens, américains et est-asiatiques en stage d’entraînement hivernal. Pour les cyclistes taïwanais, cet itinéraire présente un attrait supplémentaire : lorsque l’hiver taïwanais est gris et pluvieux et que les risques de fermeture du mont Wuling augmentent, le Doi Inthanon offre une alternative au climat relativement stable, où l’on peut profiter d’un soleil chaud.
Plus intéressant encore, le parc national du Doi Inthanon cache une identité facilement négligée — c’est l’une des rares zones écologiques de haute montagne en Thaïlande présentant des caractéristiques tempérées, voire proches du froid. De la forêt tropicale humide dense au pied de la montagne, en passant par les forêts de pins et les rhododendrons d’altitude moyenne, jusqu’aux buissons bas et aux lichens et mousses près du sommet, sur une courte distance d’ascension, le cycliste peut ressentir de visu le changement spectaculaire des étages de végétation avec l’altitude. Cette expérience de « voyage écologique vertical » est, d’une certaine manière, plus impressionnante qu’un simple défi physique. Il n’est pas étonnant qu’en plus des cyclistes, le Doi Inthanon soit depuis longtemps un repère important pour les ornithologues internationaux et les amateurs d’écotourisme. Deux types de voyageurs complètement différents se retrouvent pourtant autour de la même montagne.
Fiche technique de l’itinéraire
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays / Massif | Province de Chiang Mai, Thaïlande, massif des collines Shan, parc national du Doi Inthanon |
| Départ → Arrivée | Planification courante : départ du centre-ville de Chiang Mai, montée vers le nord en direction de Chom Thong jusqu’à la zone des Twin Pagodas au sommet du Doi Inthanon |
| Longueur | Environ 80 km au total depuis le centre-ville de Chiang Mai ; environ 45 à 50 km pour la partie principale de l’ascension depuis l’entrée du parc ou la ville de Chom Thong (les points de départ varient selon les itinéraires, ces chiffres sont donnés à titre indicatif) |
| Dénivelé total | Environ 1 700 à 1 800 mètres du pied au sommet, l’un des rares itinéraires d’ascension continue de longue distance en Asie du Sud-Est |
| Pente moyenne | Environ 3 à 5 % sur l’ensemble, un type « long mais pas particulièrement raide », qui teste l’endurance plutôt que la puissance explosive |
| Pente maximale | Des sections courtes plus raides peuvent apparaître localement, mais dans l’ensemble, les variations de pente restent relativement modérées |
| Altitude départ / arrivée | Centre-ville de Chiang Mai : environ 300 m ; sommet : environ 2 565 m |
| Source de notoriété | Plus haut sommet de Thaïlande, l’un des premiers établissements du système de parcs nationaux thaïlandais, depuis longtemps une montée longue et populaire pour les cyclistes d’Asie du Sud-Est et les équipes internationales en stage d’hiver |
Une précision importante sur les données : bien que le Doi Inthanon soit très connu, contrairement aux montées classiques européennes, les données précises sur les pentes par section ne sont pas aussi détaillées ni largement citées au niveau international que celles des Alpes. Les différents cyclistes partant de Chiang Mai ou de l’entrée du parc n’ont pas les mêmes points de départ pour la distance et le dénivelé. Les chiffres fournis dans cet article sont donc des fourchettes conceptuelles. Pour la planification réelle, veuillez vous fier aux mesures GPS de votre compteur et aux bornes kilométriques sur place. Des écarts de quelques kilomètres ou de quelques centaines de mètres de dénivelé entre différentes sources sont dans la fourchette raisonnable ; inutile de s’attarder sur le « chiffre exact ».
Décomposition par sections : une longue bataille testant l’endurance et la gestion de l’allure
Première section : du centre-ville de Chiang Mai au pied de la montagne — le double défi de l’échauffement et de la circulation
Si vous choisissez de partir directement du centre-ville de Chiang Mai, cette première section est en réalité la partie de l’itinéraire qui teste le plus les « facteurs non physiques » — le trafic dans la ville et la banlieue, le flux mêlé de motos et de camions, exigeant une grande vigilance de la part du cycliste. Cette portion est plate, voire presque sans relief, et son objectif principal est de s’échauffer et de s’adapter au rythme de la circulation locale. La plupart des cyclistes plus intéressés par la montée elle-même choisiront de prendre une voiture ou de demander à un magasin de vélos local de les transférer près de l’entrée du parc ou de la ville de Chom Thong, pour attaquer directement la partie principale de l’ascension et économiser énergie et temps.
Deuxième section : de l’entrée du parc national au milieu du parcours — une ascension continue dans la forêt tropicale humide
Après être entré dans le parc national du Doi Inthanon, la route commence à monter nettement, traversant une forêt tropicale et subtropicale dense. L’humidité et l’ombre des arbres créent une atmosphère de cyclisme particulière — on sent la température baisser progressivement avec l’altitude, et l’air passe de la chaleur étouffante et humide du pied de la montagne à une fraîcheur agréable. La pente de cette section reste globalement d’intensité modérée, sans variations brutales, idéale pour maintenir un rythme stable. C’est la portion la plus longue de tout l’itinéraire en termes de kilométrage, testant la discipline de la gestion de l’allure sur la durée, plutôt que la puissance explosive d’un sprint.
Troisième section : à l’approche du sommet — un changement net de climat et de paysage
En se rapprochant du sommet, la végétation devient progressivement plus clairsemée et plus basse, et la probabilité d’être enveloppé par les nuages et le brouillard augmente considérablement — la zone sommitale du Doi Inthanon est souvent couverte de nuages, la visibilité est variable, et la température chute nettement en quelques kilomètres seulement. Cette section est la plus spectaculaire en termes de changement d’ambiance sur tout l’itinéraire. De nombreux cyclistes décrivent qu’en parcourant les derniers kilomètres, on a l’illusion d’« accomplir un voyage inter-saisonnier en peu de temps » — on part en manches courtes pour lutter contre la chaleur humide, et à l’arrivée au sommet, il faut déjà enfiler une veste chaude.
Quatrième section : les abords du sommet — les Twin Pagodas et la montagne du Roi
Près du sommet, outre le marqueur du point culminant géographique, se trouvent les Twin Pagodas, édifices commémoratifs dédiés au défunt roi Bhumibol et à la reine Sirikit, ainsi que des installations utilisées par l’armée de l’air royale thaïlandaise et les services météorologiques nationaux. C’est aussi l’origine d’une autre identité célèbre du Doi Inthanon — « la montagne du Roi » (un autre surnom courant du Doi Inthanon). Les visiteurs et les cyclistes s’y arrêtent souvent pour admirer la mer de nuages en contrebas, avant de redescendre par le même chemin ou de choisir un itinéraire de descente différent.
Les installations au sommet valent également le détour : outre les Twin Pagodas, on trouve une pagode abritant les cendres du prince Inthawichayanon, père du défunt roi de Thaïlande — c’est d’ailleurs de lui que la montagne tire son nom, le nom étant issu de ce souverain qui a activement promu la protection des forêts du nord de Chiang Mai. Pour de nombreux visiteurs thaïlandais, le Doi Inthanon n’est pas seulement un repère naturel, il porte aussi un poids culturel lié à la royauté et à l’histoire locale. En y pédalant, prenez le temps de comprendre ce contexte, plutôt que de le considérer comme un simple point de passage sportif.
La descente : un plaisir à un autre rythme
Après avoir accompli la longue ascension, la descente est un autre moment attendu de cet itinéraire. Comme les pentes à la montée sont relativement modérées et les virages généralement peu serrés, la descente ne nécessite pas de freinages d’urgence fréquents comme sur certaines montées raides européennes. On peut au contraire profiter d’une glisse relativement fluide, en admirant au passage le paysage qui évolue progressivement des forêts fraîches vers une atmosphère tropicale. Il faut néanmoins rappeler que la circulation sur la descente est mêlée à celle des bus touristiques, et que certains virages ont une visibilité réduite. Il convient de maintenir une vitesse appropriée et de rester vigilant, sans se laisser tenter par la recherche de sensations de vitesse.
Estimation de puissance et d’allure : la physique de l’ascension sous un climat chaud et humide
En décomposant cette longue montée avec un modèle physique, la formule standard est la suivante :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente))
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v²
Hypothèses : poids total de 79 kg (cycliste de 70 kg + 9 kg de vélo et d’équipement), Crr d’environ 0,005 (pneus de route sur asphalte, le revêtement de la route principale du Doi Inthanon étant généralement en bon état), CdA d’environ 0,32 m², efficacité de transmission d’environ 0,975. Pour l’ensemble de l’ascension (distance d’environ 48 km, dénivelé d’environ 1 750 m, altitude moyenne d’environ 1 400 m), la densité de l’air à l’altitude moyenne est d’environ 1,04 kg/m³, à peine inférieure à celle du niveau de la mer (environ 85 % de celle-ci), loin d’être aussi raréfiée que dans l’Himalaya ou les Andes. Un calcul réel avec python3 donne le tableau comparatif suivant (pente moyenne estimée à environ 3,6 %) :
| Rapport poids/puissance | Catégorie de cycliste | Temps d’ascension estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 3 h 23 min | Environ 14,2 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 2 h 48 min | Environ 17,1 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 2 h 25 min | Environ 19,8 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 1 h 57 min | Environ 24,6 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 1 h 40 min | Environ 28,8 km/h |
Ce qui mérite le plus d’attention dans ce tableau, c’est que les temps sont généralement longs — même avec une pente moyenne d’environ 3,6 % seulement, pas particulièrement raide, la distance totale approchant les 48 km rend le coût en temps cumulé considérable. Pour un amateur moyen, une seule ascension prend de deux heures et demie à plus de trois heures. C’est précisément la caractéristique essentielle du Doi Inthanon : il ne teste pas la puissance maximale sur une courte durée, mais la capacité à maintenir une allure stable sur la durée — le rythme du ravitaillement, l’apport en eau, l’ajustement des vêtements en fonction de la température ressentie avec l’altitude, sont autant de variables clés influençant la performance globale, au même titre que la simple production de puissance.
De plus, comme l’altitude moyenne de cet itinéraire est relativement modérée (environ 1 400 m), la baisse de densité de l’air est bien moindre que sur des itinéraires de type himalayen ou andin, et l’impact physiologique réel sur le cycliste moyen est également bien plus faible. Cela signifie que le défi offert par le Doi Inthanon se rapproche davantage d’un « pur test d’endurance sur longue distance », moins perturbé par les limitations physiologiques de la haute altitude, ce qui en fait une expérience de longue montée relativement accessible. Encore une fois, il s’agit d’estimations issues d’un modèle physique, sans tenir compte du trafic réel, du vent, ni de la charge supplémentaire de la température et de l’humidité sur le corps. Les temps réels varieront d’une personne à l’autre.
L’impact réel du climat chaud et humide sur la stratégie d’allure
Bien que l’altitude du Doi Inthanon n’affaiblisse que modérément la production de puissance, le climat chaud et humide caractéristique de l’Asie du Sud-Est ne doit pas être négligé dans la stratégie d’allure. L’humidité élevée au pied de la montagne et sur les sections de basse et moyenne altitude réduit nettement l’efficacité de l’évacuation de la chaleur par la transpiration, et la température corporelle centrale s’accumule plus facilement. Cela signifie que le cycliste doit commencer à s’hydrater plus tôt qu’il ne le ferait sur une pente similaire à Taïwan, plutôt que d’attendre d’avoir clairement soif. De nombreux entraîneurs expérimentés en stage recommandent, sur des itinéraires comme le Doi Inthanon, une stratégie d’allure « départ prudent, ajustements progressifs » — réduire délibérément l’intensité de sortie dans la première partie, laisser au corps le temps de s’adapter à l’environnement chaud et humide et à l’altitude croissante, éviter de se consumer avant même d’atteindre les sections ombragées et fraîches, ce qui entraînerait une défaillance physique sur la fin.
Le point de vue des cyclistes taïwanais : plus long que le mont Wuling, plus chaud que le mont Wuling
Pour les cyclistes taïwanais, la comparaison la plus intuitive avec le Doi Inthanon est le mont Wuling — tous deux sont des repères de longue montée au niveau du point culminant national, tous deux offrent une transition spectaculaire d’un climat tropical de basse altitude vers un climat de haute montagne frais, voire froid. Mais il existe aussi des différences notables : le mont Wuling (route provinciale 14甲, point culminant du réseau routier taïwanais, environ 3 275 m d’altitude) est environ 700 m plus haut que le sommet du Doi Inthanon. Dans les derniers kilomètres, la raréfaction de l’air et le défi physique ressenti sont donc légèrement supérieurs au Wuling. En revanche, la distance totale du Doi Inthanon est généralement planifiée plus longue, ce qui impose des exigences plus élevées en matière de gestion de l’endurance sur la durée et de planification du ravitaillement.
Pour de nombreux cyclistes taïwanais, le Doi Inthanon présente également un attrait pratique : la complémentarité saisonnière. En hiver, Taïwan est souvent influencé par la mousson du nord-est, les régions montagneuses sont sujettes au froid humide et à la pluie, et la zone du mont Wuling peut même être fermée en raison du verglas ou des chutes de neige. En revanche, Chiang Mai et la région du Doi Inthanon bénéficient pendant la saison sèche (environ de novembre à février de l’année suivante) d’un temps généralement ensoleillé et stable, avec des températures agréables. C’est une option populaire pour de nombreux cyclistes taïwanais planifiant un stage d’entraînement hivernal ou un camp d’entraînement, leur permettant de maintenir leur volume d’entraînement en montée tout en profitant d’un soleil sec et clair, différent de l’hiver froid et humide de Taïwan.
Sur le plan pratique, Chiang Mai, en tant que grande ville touristique du nord de la Thaïlande, dispose d’un écosystème de location de vélos, d’équipes locales et de services de guides relativement mature, et l’accès pour les voyageurs internationaux n’est pas difficile. Cependant, les détails concrets tels que les frais de location de vélo, les billets d’entrée du parc national et les horaires de navette varient selon la saison et le taux de change. Veuillez vous référer aux annonces officielles et aux informations les plus récentes des opérateurs locaux, et ne vous fiez pas aux informations de prix obsolètes trouvées en ligne. Il est recommandé de vérifier avant le départ les dernières règles d’entrée du parc national du Doi Inthanon (certaines zones peuvent être soumises à des restrictions horaires ou nécessiter un billet), et de prêter attention aux foules et à la congestion du trafic possibles pendant les week-ends et les jours fériés thaïlandais. Pendant la période du Nouvel An, le nombre de visiteurs quotidiens au sommet peut atteindre un volume considérable, ce qui affectera l’expérience de cyclisme et l’espace pour les photos.
L’écosystème des stages d’entraînement à Chiang Mai
Ces dernières années, Chiang Mai a développé progressivement un écosystème mature de stages d’entraînement cycliste. De nombreuses équipes amateurs européennes, américaines et est-asiatiques, voire certaines équipes professionnelles, choisissent d’organiser des camps d’entraînement en hiver, et le Doi Inthanon est l’un des itinéraires centraux de ces camps. Ce phénomène repose sur plusieurs facteurs pratiques : les liaisons aériennes internationales vers Chiang Mai sont relativement pratiques, le coût de la vie et de l’hébergement est plus abordable que les lieux de stage traditionnels en Europe, le climat est stable et agréable pendant la saison sèche, et le volume d’entraînement en longue montée offert par le Doi Inthanon correspond précisément aux besoins d’accumulation d’endurance aérobie massive dont de nombreuses équipes ont besoin pendant la période de base hivernale. Pour les cyclistes taïwanais, si vous envisagez un voyage combinant entraînement et tourisme, il peut être judicieux de s’inspirer du mode de fonctionnement de ces stages — placer le Doi Inthanon au milieu du programme, avec des itinéraires plus plats autour de Chiang Mai pour l’échauffement et la récupération avant et après, afin de rendre la courbe d’intensité d’entraînement de l’ensemble du voyage plus cohérente.
Le choix des pneus et des braquets
Comme le revêtement de la route principale du Doi Inthanon est généralement en bon état, un vélo de route standard avec des pneus de route classiques suffit, sans avoir à envisager des pneus plus larges pour des surfaces gravel comme à Mustang ou à Khardung La. Cependant, compte tenu de l’ascension continue d’environ 1 750 mètres et de la dépense énergétique plus rapide sous le climat chaud et humide, il est recommandé de choisir un système de transmission avec une plage de braquets plus généreuse (par exemple une configuration avec un plus grand pignon de cassette), afin de maintenir une cadence confortable et d’éviter de devoir forcer sur un braquet trop lourd à basse cadence, ce qui augmenterait la charge sur les genoux et la dépense énergétique.
Consignes de sécurité
Bien que l’altitude du Doi Inthanon ne soit pas suffisante pour nécessiter une prise au sérieux du risque de mal aigu des montagnes (on considère généralement que le mal des montagnes survient au-dessus de 2 500 mètres, et le sommet se situe juste à la limite de ce seuil), il est tout de même recommandé aux cyclistes sensibles de s’arrêter un moment au sommet pour s’acclimater. En cas de vertiges marqués, de maux de tête ou d’autres inconforts, il faut immédiatement ralentir ou envisager de redescendre, sans s’obstiner à rester pour des photos.
Le risque réel le plus important à surveiller est plutôt le changement climatique brutal et la sécurité routière : la zone sommitale est souvent enveloppée de nuages et de brouillard, la visibilité peut chuter soudainement. De plus, les virages sont nombreux sur la descente et certaines sections sont partagées avec des véhicules motorisés. Il est recommandé de porter en permanence des équipements réfléchissants, de s’assurer du bon état du système de freinage, et de rester vigilant en descente, sans accélérer excessivement sous l’effet du vent arrière. Côté températures, l’écart entre le pied et le sommet peut dépasser dix degrés. Il est conseillé d’adopter une tenue en oignon : le sommet est frais, voire froid, et il est impératif de prévoir une couche chaude pour éviter l’hypothermie lors d’un arrêt prolongé. En outre, dans les parcs nationaux tropicaux, des animaux sauvages peuvent occasionnellement croiser la route et il existe un risque de piqûres d’insectes ; une protection de base est recommandée.
Si votre programme s’étend sur une longue période ou est prévu pendant une saison climatiquement instable (comme la saison des pluies), surveillez en permanence les prévisions météorologiques locales et les annonces du parc national. Les routes de montagne peuvent occasionnellement subir des éboulements ou être glissantes ; ne tentez pas de défi dans des conditions météorologiques défavorables.
Le sens de circulation en Thaïlande est différent de celui de Taïwan (conduite à gauche). Pour un cycliste taïwanais qui roule pour la première fois sur place, ce détail apparemment anodin affecte en réalité les réflexes de dépassement, la trajectoire dans les virages et la réaction aux intersections. Il est recommandé de se préparer mentalement avant le départ, de ralentir délibérément au début du parcours, de prêter attention aux panneaux et aux habitudes de circulation locales, afin d’éviter tout danger dû à des réflexes conditionnés. De plus, sur certaines sections montagneuses thaïlandaises, les véhicules motorisés roulent vite et l’accotement est limité. Il est recommandé de porter des vêtements voyants, des accessoires réfléchissants, et d’envisager de partir tôt le matin lorsque la circulation est plus fluide, ce qui combine les avantages de la sécurité et d’une température plus fraîche.
Conclusion : une liste d’actions pour ceux qui s’apprêtent à relever le défi du Doi Inthanon
- Prévoyez un budget temps suffisant : la distance totale est longue, une simple ascension peut prendre de deux heures et demie à plus de trois heures pour un amateur moyen. Prévoyez amplement de temps pour le ravitaillement et le repos.
- Tirez parti de la commodité de Chiang Mai : envisagez un transfert jusqu’à l’entrée du parc avant d’attaquer la partie principale de l’ascension, afin d’économiser de l’énergie pour se concentrer sur le véritable défi.
- Tenue en oignon pour gérer les écarts de température : chaleur étouffante au pied, fraîcheur voire froid au sommet, l’ajustement des vêtements est la clé du confort thermique.
- Vérifiez les dernières règles du parc national : horaires d’entrée, billets et restrictions de circulation, référez-vous aux annonces officielles.
- Tirez parti de la complémentarité saisonnière : lorsque l’hiver taïwanais est froid et humide, le Doi Inthanon est une option de stage d’entraînement à considérer, mais il est conseillé d’éviter les pics de foule des jours fériés thaïlandais.
- Accordez une attention particulière aux risques de descente et climatiques : brouillard, écarts de température, virages et état de la route exigent une vigilance constante ; ne sous-estimez pas le danger parce que les pentes sont modérées.
- Adaptez-vous à la conduite à gauche : lors d’un premier séjour à vélo en Thaïlande, ralentissez impérativement le rythme et établissez les bons réflexes aux intersections et pour les dépassements.
- Prévoyez une plage de braquets généreuse : avec près de 1 750 mètres d’ascension continue, un braquet adapté réduit efficacement la charge sur les genoux et la dépense énergétique.
Le Doi Inthanon n’a peut-être pas l’aura des courses légendaires des Alpes, mais par sa distance conséquente, son climat agréable et ses paysages écologiques en étages verticaux, il prouve que l’Asie du Sud-Est recèle elle aussi une classique de la longue montée qui mérite qu’on planifie sérieusement un voyage. Pour les cyclistes taïwanais, c’est surtout une excellente option pour échapper au froid humide de l’hiver tout en maintenant son volume d’entraînement — ajoutez-le à votre liste de prochains stages d’entraînement, et vous pourriez bien en retirer des bénéfices inattendus.
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