Le col de Mangart, la route goudronnée la plus haute de Slovénie : une magnifique impasse qui ne mène délibérément nulle part
Une route « qui ne mène nulle part » et pourtant la plus fascinante
La plupart des ascensions célèbres doivent leur renommée au fait qu’elles relient deux lieux importants — l’Alpe d’Huez relie la vallée au village de ski, le Stelvio relie l’Italie à la Suisse, le col de Vršič relie la vallée de la Save et la vallée de l’Isonzo en Slovénie. Mais le col du Mangart est différent : cette route n’a presque aucune utilité « pratique » en termes de circulation — elle part d’un embranchement dans la vallée, serpente jusqu’à la selle à 2 072 mètres d’altitude, puis s’arrête là, sans relier aucune ville ni continuer vers la vallée suivante. C’est une route qui existe purement pour « atteindre » un but, et ce qu’elle atteint est tout simplement le point le plus élevé du réseau routier asphalté de Slovénie.
Cette pureté du « grimper pour grimper », combinée à la majesté des paysages glaciaires des Alpes juliennes, confère au col du Mangart un statut quasi sacré auprès des rares cyclistes qui le connaissent — même s’il n’apparaît presque jamais dans les listes d’ascensions européennes les plus populaires.
Fiche technique de l’itinéraire
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays / Massif | Slovénie, côté est des Alpes juliennes (Julian Alps), à proximité immédiate de la frontière italienne |
| Départ → Arrivée | Embranchement routier de la vallée près de Log pod Mangartom (à proximité de la route de liaison du col de Predil, altitude d’environ 900–950 m) → Col du Mangart (altitude 2 072 m) |
| Longueur | Environ 12 km (distance estimée du tronçon principal le plus raide entre l’embranchement de la vallée et le col ; le trajet complet depuis la ville de Bovec est plus long) |
| Dénivelé total | Environ 1 100–1 150 m |
| Pente moyenne | Environ 9 % (valeur estimée, nettement dans la catégorie des pentes raides) |
| Pente maximale | Données insuffisantes, chiffre exact non vérifiable, se référer aux panneaux sur place |
| Altitude départ / arrivée | Environ 900–950 m → 2 072 m |
| Origine de la notoriété | Route asphaltée la plus haute de Slovénie (à distinguer du « col routier le plus haut » Vršič Pass à 1 611 m ; le col du Mangart est une impasse et non un col de transit, les deux sont souvent confondus) |
Clarification importante : lors de la vérification, on découvre une confusion d’information courante — Wikipédia et d’autres sources indiquent clairement que le col de Vršič (1 611 m) est le « col routier le plus haut de Slovénie » (highest mountain road pass), tandis que le col du Mangart (2 072 m) est la « route la plus haute de Slovénie » (highest road). La différence réside dans le fait que Vršič est un col de transit reliant la vallée de la Save et la vallée de l’Isonzo, tandis que le col du Mangart est une impasse qui ne mène nulle part, s’arrêtant simplement au belvédère de la selle. Ces deux titres de « plus haut » ne sont en réalité pas contradictoires, ils reposent simplement sur des critères de classification différents. Cette précision est apportée ici car c’est l’un des points les plus source de confusion dans les informations en ligne.
Les Alpes juliennes : un sanctuaire glaciaire au carrefour de trois pays
Le mont Mangart lui-même culmine à 2 679 mètres et constitue l’un des sommets majeurs des Alpes juliennes, à la frontière entre l’Italie et la Slovénie. Ce massif s’étend également en Autriche, formant une zone alpine traversant trois pays. Le relief y a été profondément modelé par les glaciations : pics calcaires acérés, vallées en U profondes et lacs d’altitude épars composent une signature visuelle radicalement différente de celle des Alpes occidentales — loin de l’atmosphère des stations de ski surdéveloppées de Suisse et de France, les Alpes juliennes conservent encore une sensation de nature sauvage très authentique.
Le découpage administratif de cette région est également intéressant : le point de départ de la route du col du Mangart se trouve près de la petite ville de Bovec, un bastion important le long de la vallée de l’Isonzo (Soča Valley) dans le nord-ouest de la Slovénie, et une destination réputée pour les sports de plein air — rafting, kayak et randonnée y sont très populaires. La rivière Soča elle-même est célèbre dans toute l’Europe pour son étonnante couleur vert émeraude. À quelques kilomètres au nord de Bovec se trouve la route de liaison vers le col de Predil (1 156 m), et l’embranchement vers le col du Mangart est situé près du hameau de Log pod Mangartom, le long de cette route de liaison. Historiquement, ce lieu était un passage fréquenté par les mineurs se rendant aux mines de plomb italiennes ; aujourd’hui, il est devenu la base de départ pour les cyclistes et les automobilistes en pèlerinage vers le col du Mangart.
Découpage par sections : de la vallée minière à la selle dans les nuages
On peut grossièrement diviser cette route en trois sections pour mieux la comprendre :
Première section : de l’embranchement de la vallée à la limite des arbres (environ 0–4 km)
Depuis l’embranchement près de Log pod Mangartom, la route grimpe d’abord à travers une forêt de conifères relativement dense. La pente révèle déjà le caractère « raide » de cette route, mais le rythme reste encore gérable, et l’ombre des arbres offre une certaine protection, permettant au corps de s’échauffer avant d’affronter les défis plus sévères à venir.
Section centrale : la zone de montée raide en lacets (environ 4–9 km)
C’est le tronçon le plus emblématique de tout l’itinéraire, et celui qui met le plus à l’épreuve la volonté du cycliste et son choix de braquet. La route s’élève en une succession dense de lacets en épingle à cheveux ; à mesure que l’altitude augmente, la végétation passe des conifères aux arbustes bas, pour finalement atteindre un terrain alpin de roches presque nues. La pente reste soutenue et raide sur toute cette section, et le relief caractéristique de roches dénudées des Alpes juliennes commence à se révéler, créant une sensation visuelle oppressante d’« être avalé par les profondeurs de la montagne » — c’est précisément cette expérience qui rend le col du Mangart si mémorable pour les cyclistes qui le connaissent.
Dernière section : le haut plateau alpin près de la selle (environ 9–12 km)
Sur ces derniers kilomètres, vous avez complètement dépassé la limite des arbres. Autour de vous, le terrain est typiquement alpin : éboulis rocheux et névés résiduels (visibles même en été dans les zones ombragées). L’air est nettement plus raréfié, le vent se renforce, et la température ressentie n’a plus rien à voir avec celle du départ dans la vallée. Une fois atteinte la selle à 2 072 mètres, s’offre à vous l’un des panoramas les plus grandioses des Alpes juliennes — pics calcaires en dents de scie, vallées profondes, et par temps clair, les sommets de la frontière italienne au loin. Cette sensation de nature sauvage quasi coupée du monde est la récompense la plus précieuse de cet itinéraire.
L’origine de la construction : un double héritage militaire et touristique
Une route comme celle du col du Mangart, qui s’enfonce profondément en montagne sans relier aucun lieu, n’est généralement pas construite uniquement pour le tourisme. De nombreuses routes militaires de haute altitude existent dans les Alpes européennes : elles furent édifiées au début du XXe siècle, autour des deux guerres mondiales, comme infrastructures stratégiques par les nations pour positionner des troupes et acheminer des ravitaillements en montagne. La confrontation frontalière entre l’Italie et l’Autriche-Hongrie dans les Alpes juliennes est un cas d’école typique du contexte de construction de ces routes — cette région fut, pendant la Première Guerre mondiale, l’un des cœurs du « front de l’Isonzo » (Isonzo Front), où les armées italienne et austro-hongroise s’affrontèrent violemment en montagne. La vallée de l’Isonzo conserve encore aujourd’hui de nombreux vestiges et monuments commémoratifs de cette guerre. Bien que cet article ne puisse pas vérifier la date exacte de construction de la route du col du Mangart ni les détails de son usage militaire, la profonde histoire géographique militaire de cette région offre une explication plausible pour beaucoup de ces routes de montagne apparemment « inutiles » — elles furent probablement conçues à l’origine pour permettre aux troupes et au matériel de pénétrer profondément dans les lignes de front en montagne, avant d’être progressivement reconverties à des usages touristiques et sportifs.
Ce contexte confère également à l’ascension du col du Mangart une épaisseur historique supplémentaire : chaque tour de pédale que vous effectuez suit peut-être un chemin que soldats et mulets ont ouvert au prix d’efforts considérables, et qui est aujourd’hui devenu une option de vacances pour les cyclistes en quête d’expériences extrêmes. Ce contraste saisissant entre les époques est une autre dimension à savourer, au-delà de la simple contemplation du paysage.
Comparaison avec le col de Vršič : deux hauts lieux alpins slovènes aux caractères bien distincts
Puisque le col de Mangart est souvent comparé au col de Vršič, il vaut la peine de consacrer quelques lignes à leurs différences de caractère, afin d’aider les cyclistes qui planifient leur itinéraire à faire leur choix. Le col de Vršič est un véritable col de passage, reliant la vallée de la Save (Sava Valley) à la vallée de l’Isonzo (Soča Valley). C’est l’une des routes de montagne les plus anciennes et les plus célèbres de Slovénie. Ses nombreux lacets serrés et son infrastructure touristique relativement développée (échoppes de souvenirs, belvédères, etc.) en font une étape incontournable pour de nombreux circuits cyclistes organisés en Europe. En comparaison, le col de Mangart est beaucoup moins aménagé pour le tourisme, avec des infrastructures rares le long du parcours et un trafic nettement plus faible. L’expérience y est plus proche de « l’exploration sauvage » que du « pèlerinage touristique ».
Si votre itinéraire européen est limité en temps et que vous ne pouvez en choisir qu’un seul, voici comment réfléchir : si vous accordez de l’importance à l’épaisseur historique et à des infrastructures touristiques relativement matures, le col de Vršič sera le choix le plus sûr ; mais si vous recherchez une expérience plus sauvage, plus proche de la nature originelle de la montagne, et que vous ne craignez pas un itinéraire en cul-de-sac imposant de revenir sur ses pas, le col de Mangart vous laissera des souvenirs plus marquants. Bien entendu, pour les cyclistes disposant de suffisamment d’énergie et de temps, la solution idéale est d’intégrer les deux itinéraires dans un même circuit dans les Alpes juliennes, d’autant que les deux sites sont géographiquement proches — une même aventure permet ainsi de découvrir les deux visages les plus représentatifs de la route de montagne dans cette région.
Équipement et recommandations de braquet
Avec une pente moyenne de 9 % et l’absence de sections de récupération prolongées, il est recommandé d’opter pour un braquet plus généreux, par exemple un pédalier 48/32T, voire une configuration encore plus légère type VTT, associé à une cassette arrière de 32–34T. Cela vous permettra de maintenir une cadence raisonnable sur les sections raides et continues, et d’éviter de devoir forcer brutalement sur un braquet trop lourd, ce qui épuiserait prématurément vos réserves de glycogène musculaire. Côté pneus, cette route étant une impasse peu fréquentée, l’entretien de la chaussée peut être moins régulier que sur les axes principaux. Il est conseillé d’utiliser des pneus d’entraînement à bonne résistance aux crevaisons et d’emporter une chambre à air de rechange ainsi qu’un kit de réparation, afin d’éviter de vous retrouver sans solution en cas de problème mécanique sur un tronçon isolé.
Calculer la puissance avec les formules physiques : à quel point cette route est-elle dure ?
En reprenant le même modèle physique :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr résistance au roulement
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v² résistance de l'air
En supposant des paramètres identiques : masse totale m = 79 kg (cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg), g = 9,81 m/s², Crr ≈ 0,005, CdA ≈ 0,32 m², efficacité de transmission ≈ 0,975. L’altitude moyenne de cet itinéraire se situe autour de 1 500 mètres ; la densité de l’air, corrigée pour l’altitude, est d’environ 1,025 kg/m³.
En intégrant les paramètres estimés d’une distance de 12 kilomètres et d’une pente moyenne d’environ 9 %, voici les résultats obtenus avec Python :
| Rapport poids/puissance | Profil de cycliste | Temps estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant terminant l’ascension | 1 h 39 min | 7,27 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | 1 h 19 min | 9,04 km/h |
| 3,0 W/kg | Cycliste confirmé | 1 h 6 min | 10,79 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | 50 min | 14,19 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | 41 min | 17,45 km/h |
Il s’agit d’estimations issues d’un modèle physique, sans prise en compte du vent, de l’état de la route, des différences morphologiques ni des arrêts ravitaillement ; les temps réels peuvent donc varier. Ce tableau illustre clairement le caractère de cette route — la distance est courte, mais la pente moyenne de 9 % maintient la vitesse moyenne très basse ; même un cycliste confirmé aura du mal à dépasser les 11 km/h. Cette combinaison « courte distance, haute intensité » se rapproche, dans une certaine mesure, plus de la célèbre section de montée continue et raide de Wuling, entre Cingjing et le panneau du sommet, que des longues ascensions continues de la Serra da Estrela ou du Biokovo — il ne s’agit pas d’user par l’endurance, mais de tenir par la puissance pure.
Si l’on convertit pour des cyclistes de poids différents : un cycliste de 60 kg devra produire environ 150 watts à une intensité de 2,5 W/kg ; un cycliste de 80 kg devra approcher les 200 watts pour atteindre la même intensité relative. Sur une pente aussi raide, l’influence du poids sur les performances en montée est encore amplifiée, car la composante gravitationnelle (Fg) représente une part bien plus importante de la résistance totale que la résistance de l’air. C’est aussi la raison physique pour laquelle les grimpeurs professionnels sont généralement légers — sur les pentes raides, cet effet est encore plus marqué que sur les pentes douces.
Le point de vue des cyclistes taïwanais : une pente comparable aux sections les plus dures de Wuling
Pour établir une analogie avec l’expérience taïwanaise, l’expérience la plus proche du col de Mangart est une « version étendue et amplifiée de la montée continue entre la ferme de Cingjing et le panneau du sommet de Wuling » — dans les deux cas, il s’agit de courte distance, haute intensité, sans section de récupération. La différence réside dans le fait que la pente raide de Wuling n’est que le dernier kilomètre d’un long défi, après une énorme dépense d’énergie ; le col de Mangart, lui, vous met à l’épreuve avec une pente soutenue dès le départ, avec une intensité plus concentrée et plus pure.
Pour les cyclistes ayant déjà conquis les classiques taïwanaises que sont Wuling ou Fengguizui, le col de Mangart représentera un défi familier, mais grâce à sa distance plus courte, il se prête d’autant mieux à être intégré dans un itinéraire comme un module de haute intensité « réalisable dans la journée », combiné à d’autres activités plus tôt ou plus tard dans la journée (comme les sports nautiques sur l’Isonzo), pour composer un circuit varié dans les Alpes juliennes.
Stratégie d’allure : la logique de puissance sur pente courte et raide
Contrairement aux longues ascensions comme la Serra da Estrela ou le Biokovo, le col de Mangart appartient à la catégorie « courte distance, haute intensité », et la logique d’allure doit donc être différente. Une longue ascension privilégie le contrôle du rythme et évite une dépense excessive en début de parcours ; mais une section comme le col de Mangart, d’environ 12 kilomètres avec une pente moyenne de 9 %, se rapproche davantage d’un défi continu « mixte aérobie-anaérobie » d’intensité moyenne — la distance est trop courte pour avoir le luxe de « trouver son rythme progressivement », mais trop longue pour tenir uniquement sur un sprint anaérobie.
Pour l’amateur moyen, l’approche la plus pragmatique consiste à fixer dès le départ une zone de puissance cible que l’on peut tenir sur toute la durée, mais légèrement supérieure à l’intensité de croisière d’une longue ascension, et à se discipliner strictement pour ne pas s’emballer dans les lacets en épingles du milieu de parcours sous l’effet de l’excitation — c’est sur ce type de pente courte et raide que l’on voit le plus souvent des courbatures musculaires et une fréquence cardiaque qui s’emballe au point de devenir intenable avant même d’apercevoir l’arrivée. Une fois le rythme cassé, retrouver une production de puissance stable est plus difficile que sur une longue ascension.
Conseils pratiques pour s’y rendre
- Choix de la saison : ce type de route de montagne en cul-de-sac est généralement fermé en hiver en raison de l’enneigement. La saison propice au cyclisme se concentre généralement de l’été au début de l’automne. Les dates exactes d’ouverture et de fermeture doivent impérativement être vérifiées auprès des annonces officielles des autorités de gestion routière slovènes.
- Combinaison avec les activités de la vallée de l’Isonzo : Bovec est une base réputée pour les sports de plein air. Si le temps le permet, il est recommandé de combiner l’ascension du col de Mangart avec des activités comme le rafting ou la randonnée sur l’Isonzo, pour découvrir la diversité des sports de nature de cette région.
- Notion géographique de frontière : cet itinéraire longe la frontière italienne et le relief montagneux est complexe. Il est conseillé de vérifier le tracé et les cartes avant le départ, afin d’éviter de se perdre dans des montagnes inconnues.
- Notion de ravitaillement : il s’agit d’une route en cul-de-sac, sans pratiquement aucun point de ravitaillement commercial sur le parcours. Prévoyez impérativement une quantité suffisante d’eau et de nourriture énergétique avant le départ, et n’attendez aucune forme de point de ravitaillement en montagne.
Rappel de sécurité : les risques particuliers de la route sans issue en haute altitude
- Changements climatiques soudains : la météo dans les Alpes juliennes évolue rapidement, surtout sur les terrains dégagés près du col où le vent peut être très fort. Il est recommandé de vérifier les prévisions météo avant le départ et d’envisager de faire demi-tour si le temps se dégrade brutalement en cours de route.
- Risque de l’aller-retour sur une route sans issue : cette route ne mène nulle part, ce qui signifie que vous devrez revenir sur vos pas. Gérez votre énergie en gardant une marge suffisante pour la descente, et ne dépensez pas toutes vos forces dans la montée en oubliant que la descente exige tout autant de concentration et d’énergie.
- Réactions du corps à l’altitude : au-delà de 2 000 mètres d’altitude, combiné à un effort intense sur une courte distance, de légers symptômes de mal des montagnes peuvent apparaître. Si vous ressentez une gêne manifeste, réduisez immédiatement l’intensité ou faites une pause.
- Risque d’hypothermie et d’épingle à cheveux à la descente : les descentes en lacets successifs exigent une grande maîtrise technique. De plus, les températures sont basses en altitude : une fois au col, ajoutez des vêtements chauds avant d’entamer la descente et modérez votre vitesse dans les virages.
- Pas de course sur route ouverte : les routes de montagne sont étroites et la visibilité est limitée dans les virages. Gardez une distance de sécurité et faites du plaisir à vélo une priorité dans la sécurité.
Cet article ne fournit que des recommandations générales et ne remplace pas un avis médical ou un conseil professionnel en montagne. Si vous avez des antécédents de maladies cardiovasculaires, un malaise récent, ou si vous appartenez à des groupes particuliers (femmes enceintes, malades chroniques, personnes âgées), consultez un professionnel de santé avant le départ pour évaluer si une activité de haute intensité en altitude vous convient. Si, pendant l’effort, vous ressentez une oppression thoracique, de violents maux de tête, une confusion mentale, des difficultés respiratoires ou tout autre signe d’alerte médicale, arrêtez immédiatement l’activité et consultez un médecin. Le contenu de cet article ne saurait remplacer une évaluation médicale professionnelle.
La vallée de la Soča : l’âme de ce massif montagneux
Se concentrer uniquement sur la route du col de Mangart, ce serait passer à côté du charme unique de toute la vallée de la Soča. La rivière Soča prend sa source au cœur des Alpes juliennes et est célèbre dans toute l’Europe pour son étonnante couleur vert émeraude et bleu azur — cette teinte provient de la réfraction particulière de la lumière sur le calcaire du lit de la rivière, combinée à la grande transparence des eaux de fonte glaciaire. La Soča est ainsi devenue une destination de rêve pour les photographes et les amateurs de sports de plein air. Ces dernières années, la vallée a également développé, grâce à son relief adapté, une filière mature d’activités nautiques : rafting, canoë-kayak, nage en eaux vives. La petite ville de Bovec est d’ailleurs le point névralgique de ces activités.
Pour les cyclistes qui planifient le défi du col de Mangart, cela signifie que l’itinéraire ne doit pas se limiter à une seule ascension — après avoir atteint le sommet du col de Mangart, une session de rafting sur la Soča le lendemain, ou une randonnée tranquille le long des rives, constitue un prolongement naturel du séjour. Ce rythme alternant « sport intense + activités de plein air tranquilles » favorise également une récupération complète du corps après des sorties successives à haute intensité, évitant ainsi l’accumulation de fatigue liée au surentraînement.
Conclusion : une route qui n’existe que pour être atteinte
À une époque où tout privilégie l’efficacité et la connectivité, le col de Mangart prend le contre-pied en prouvant, par une simple route sans issue, que « le fait d’arriver est en soi une signification ». Elle ne relie aucune ville, ne traverse aucune vallée ; son unique fonction est de conduire les cyclistes prêts à transpirer sur le bitume le plus élevé de Slovénie, puis de les laisser contempler, depuis le col, le visage le plus sauvage des Alpes juliennes. Si vous en avez assez des cols classiques « conçus pour relier », le col de Mangart sera une expérience radicalement différente — courte, raide, pure, et où presque aucun autre cycliste ne viendra vous disputer le paysage — à une époque où les ascensions européennes classiques sont souvent prises d’assaut, trouver une route de montagne aussi calme et pourtant sans rien à envier aux autres est en soi une chance rare.
Points clés à retenir
- Le col de Mangart est la route bitumée la plus haute de Slovénie (2 072 m), à ne pas confondre avec le col de montagne routier le plus haut du pays, le col de Vršič (1 611 m) : ce sont deux catégories de titres distinctes, souvent mélangées
- Depuis la bifurcation en fond de vallée, environ 12 km, 1 100–1 150 m de dénivelé, pente moyenne d’environ 9 % : une ascension courte mais intense
- C’est une route sans issue qui ne mène nulle part : le demi-tour est la seule option, il faut donc garder de l’énergie pour la descente
- Sur la base d’un poids total de 79 kg, un cycliste amateur moyen (2,5 W/kg) mettra environ 1 h 19 min, une intensité comparable à une version étendue et amplifiée des sections les plus raides du Wuling à Taïwan
- Bovec, la base de départ, est une destination réputée de sports de plein air, à combiner avec du rafting sur la Soča, des randonnées, etc.
- Quasiment aucun ravitaillement en route : prévoyez suffisamment d’eau et de nourriture ; la météo en montagne change vite, vérifiez les prévisions avant de partir
- En cas d’antécédents cardiovasculaires ou de maladies chroniques, consultez un médecin avant le départ ; en cas de malaise manifeste pendant l’effort, arrêtez-vous immédiatement et consultez
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