Pédaler sur la route la plus haute de Grande-Bretagne : The Cairnwell et le coude du diable, le contraste estival de la piste de ski de Glenshee
La même route, ski en hiver, vélo en été
Imaginez la scène suivante : en janvier, à la station de ski de Glenshee, des bâtons à neige plantés de part et d’autre de la piste balisent les limites de la route, les skieurs dévalent du sommet ; en juillet, sur cette même route, la neige a laissé place à des bruyères pourpres en fleurs sur les landes d’altitude environnantes, tandis qu’un cycliste sur route pédale posément en direction du sommet de la route classée la plus élevée d’Écosse. Ce contraste — « une même route, deux identités saisonnières radicalement différentes » — est ce qui rend The Cairnwell (également souvent appelé col de Glenshee) si fascinant.
Cette route A93 traverse les Highlands écossais, reliant le Perthshire à l’Aberdeenshire. Selon un classement de l’altitude des routes établi par l’Ordnance Survey (l’Institut géographique britannique) en collaboration avec Jeep, à partir de la base de données cartographiques officielle, The Cairnwell est répertorié comme le point culminant des « routes classées » (classified roads) de tout le Royaume-Uni. Plusieurs sources indépendantes (dont Wikipédia et la chaîne écossaise de la BBC) citent une altitude d’environ 670 mètres (2 199 à 2 200 pieds), tandis que le chiffre publié par l’Ordnance Survey lui-même est légèrement inférieur, environ 668 mètres (2 192 pieds). Cet écart mineur provient probablement de différences dans les points de référence de mesure ou dans les méthodes d’arrondi, mais toutes les sources s’accordent sur un point : c’est ici que se trouve le tronçon le plus élevé du réseau des « routes classées » de tout le Royaume-Uni.
Pour les cyclistes taïwanais, ce titre de « route la plus élevée du pays » semble étrangement familier — Wuling (route provinciale 14甲, environ 3 275 mètres d’altitude) est sans conteste le point culminant du réseau routier taïwanais, et la destination de pèlerinage ultime pour tout cycliste confirmé. L’altitude absolue de The Cairnwell est loin d’égaler celle de Wuling (un peu plus de 670 mètres, contre plus de 3 000 mètres pour Wuling, une différence incomparable), mais dans le contexte du réseau routier britannique, il joue un rôle similaire — un statut symbolique de « plafond d’altitude routier national » qui attire les cyclistes de tout le Royaume-Uni en quête de défi et de pèlerinage.
Un détail important mérite d’être clarifié : The Cairnwell est le point culminant du réseau des « routes classées » (classified/main roads) de tout le Royaume-Uni, mais ce n’est pas la route goudronnée la plus élevée du pays. Selon les mêmes données de classement de l’Ordnance Survey, le Great Dun Fell dans le Cumbria, en Angleterre, culmine à 849 mètres, et le Lowther Hill en Écosse atteint 724 mètres — tous deux plus élevés que The Cairnwell. Mais ces deux routes sont des voies d’accès privées dédiées à des stations radar, interdites à la circulation automobile générale, et ouvertes uniquement aux piétons et aux cyclistes selon un mode d’accès similaire à un droit de passage. Cette distinction entre « route classée » et « route goudronnée ordinaire » est un détail hautement technique mais essentiel à expliquer dans le système de classification routière britannique — elle rend le titre de The Cairnwell plus précis et évite aux lecteurs de croire qu’il s’agit du « point le plus élevé de toute route goudronnée en Grande-Bretagne ». Fait intéressant, cela signifie également que pour les cyclistes endurcis prêts à emprunter les routes privées des stations radar, le Royaume-Uni recèle en réalité deux autres itinéraires d’altitude supérieure, mais méconnus du grand public.
Fiche technique de l’itinéraire
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays / massif | Highlands écossais, monts Grampians (Grampian Mountains), frontière entre le Perthshire et l’Aberdeenshire, vallée de Glenshee |
| Départ → Arrivée | Spittal of Glenshee → sommet du col de The Cairnwell (à proximité du centre de ski de Glenshee) |
| Longueur | Environ 8,2 km (valeur couramment citée à partir de Spittal of Glenshee) ; en partant plus au sud, de Lair ou de Blairgowrie, la longueur totale peut atteindre environ 16 km, les données variant nettement selon le point de départ choisi |
| Dénivelé total | Environ 330 à 350 m (calcul sur le tronçon court) ; sur le parcours long, le dénivelé est similaire mais l’effort s’étale sur une distance plus longue, car il inclut la section de vallée relativement plate |
| Pente moyenne | Environ 4 % sur le tronçon court, mais cette moyenne est trompeuse — en réalité, la première partie du parcours est une montée douce en vallée, la véritable difficulté se concentrant sur les 1,5 à 2 derniers kilomètres |
| Pente maximale | Valeurs couramment citées de 10 à 12 % sur le sprint final (une source mentionne 11,6 %) |
| Altitude départ / arrivée | Départ à Spittal of Glenshee : environ 332 à 345 m ; arrivée au sommet du col : environ 668 à 674 m (légères variations selon les sources) |
| Source de notoriété | Point culminant du réseau des « routes classées » du Royaume-Uni ; le Tour de Grande-Bretagne 2022 (Tour of Britain) s’est terminé au centre de ski de Glenshee ; le célèbre virage en épingle à cheveux du « Coude du Diable » (Devil’s Elbow) est historiquement renommé |
Note sur la rigueur des données : les chiffres de pente de cet itinéraire doivent être compris à la lumière du concept de « profil en deux temps » — la première partie est une montée relativement douce en vallée, la seconde constitue la véritable difficulté. Se fier uniquement au chiffre de « pente moyenne d’environ 4 % » conduit facilement à sous-estimer la difficulté réelle de cette route, car le gros du travail se concentre dans le dernier tronçon. Les données varient nettement selon les bases de données en raison des différents points de départ (certaines partent de Spittal of Glenshee, d’autres de Lair plus au sud, voire de Blairgowrie) — un problème de mesure classique pour ce type d’ascension combinant « vallée + montée raide ». Cet article a choisi de présenter honnêtement ces écarts.
Découpage par sections : une traversée des Highlands en deux temps
Première phase : la longue mise en place dans la vallée
Que l’on parte de Lair ou de Blairgowrie, le premier tronçon suit une montée progressive le long de la vallée de Glenshee. L’état de la route est bon, mais selon une enquête détaillée, le revêtement est légèrement cahoteux sur le tronçon initial près de Lair, avant de s’améliorer progressivement. La pente y est relativement modérée, et le parcours traverse un paysage typique de vallée des Highlands écossais — de vastes pâturages ponctués de fermes en pierre isolées.
Deuxième phase : le changement de caractère après Spittal of Glenshee
Après le petit hameau emblématique de Spittal of Glenshee, la route révèle son véritable caractère de route de montagne — le terrain s’ouvre progressivement, les vues latérales ne sont plus limitées par la topographie de la vallée, laissant place aux vastes panoramas du plateau des Grampians. De nombreuses sources décrivent l’ampleur du paysage comme « énorme » (enormous), et c’est particulièrement vrai à la fin de l’été et au début de l’automne, lorsque les bruyères pourpres en fleurs à perte de vue contrastent avec les reliefs dénudés des Highlands — le segment le plus spectaculaire visuellement de tout l’itinéraire.
Troisième phase : le sprint final en pente raide
Dans les 1,5 à 2 derniers kilomètres, la pente s’élève nettement, avec des valeurs maximales citées par plusieurs sources entre 10 % et 12 % — c’est le seul segment de tout l’itinéraire qui mérite véritablement le nom d’« ascension ». Des rangées de bâtons à neige (snow poles) bordent la route — ces dispositifs discrets en apparence sont en réalité la preuve physique la plus directe du climat hivernal rigoureux des Highlands écossais, servant à baliser les limites de la chaussée lorsque la neige recouvre la route, afin d’empêcher les conducteurs ou les chasse-neige de dévier de la voie.
Au sommet : la rencontre des saisons entre ski et vélo
Une fois au sommet du col, les installations du centre de ski de Glenshee apparaissent — la plus grande station de ski d’Écosse, avec vingt et une remontées mécaniques réparties sur quatre sommets et trois vallées. Son histoire remonte aux activités de ski informelles des années 1930, avec un développement progressif après 1947 et une phase majeure d’expansion dans les années 1960 à 1980. En été, les remontées mécaniques sont à l’arrêt, et les pentes ne sont pas couvertes de neige mais de bruyères et de pelouses d’altitude typiques des Highlands, créant un contraste saisissant avec le monde blanc de l’hiver.
Le Coude du Diable : la légende d’un virage en épingle disparu
Avant l’actuelle route A93, relativement lisse, il existait ici un ancien tronçon bien plus raide et spectaculaire, surnommé le « Coude du Diable » (Devil’s Elbow) — une succession de virages en épingle à cheveux abrupts, longtemps immortalisée sur les cartes postales comme l’une des « routes les plus spectaculaires d’Écosse ». Selon les anecdotes locales qui circulent, les bus d’antan faisaient descendre leurs passagers pour franchir à pied les sections les plus raides, afin d’alléger la charge du véhicule ; l’Automobile Association (AA) britannique avait même installé à proximité un puits pour permettre aux voitures en surchauffe de refaire le plein d’eau de refroidissement.
Quant à la pente exacte du Coude du Diable, les sources divergent de manière assez intéressante : certaines affirmations évoquent une inclinaison vertigineuse d’« un tiers » (environ 33 %), mais l’article de Wikipédia consacré au col de The Cairnwell précise clairement que ce chiffre de 33 % relève en réalité d’un « mythe », la pente réelle étant plus proche d’« un sixième » (environ 17 %). Cet écart entre « légende exagérée et chiffre réel sous-estimé » n’est pas rare dans les récits entourant les routes historiques ; cet article choisit de présenter fidèlement cette divergence plutôt que de retenir le chiffre le plus spectaculaire. Le tronçon du Coude du Diable a été contourné et remplacé à la fin des années 1960 par le tracé plus doux actuel ; les cyclistes d’aujourd’hui ne peuvent plus expérimenter ce virage légendaire, et ne peuvent qu’imaginer son allure d’antan à travers les vieilles photos et les légendes locales.
Le Tour of Britain 2022 : une première arrivée au sommet
The Cairnwell et Glenshee ont également marqué l’histoire récente du cyclisme professionnel. Le Tour of Britain 2022 a programmé une étape partant d’Aberdeen, longue de 181,3 kilomètres, avec une arrivée au centre de ski de Glenshee. Selon les comptes rendus de la course, cette étape a été décrite comme la « première » fois qu’un centre de ski servait d’arrivée au sommet pour une course cycliste sur route dans la région de l’Aberdeenshire — un record moderne, concret et vérifiable, qui inscrit The Cairnwell dans l’histoire du Tour of Britain.
D’une certaine manière, cette course a également ravivé l’intérêt pour le potentiel du cyclisme sur route estival de Glenshee, cette « capitale des sports d’hiver » — une station de montagne d’abord connue pour le ski, dont la visite d’une course professionnelle a fait découvrir à davantage de passionnés des conditions de route tout aussi exigeantes en été.
Faune sauvage et écologie des Highlands
En gravissant The Cairnwell, il y a de bonnes chances de croiser la faune emblématique des Highlands écossais. Selon les récits de blogs de voyage, on peut observer en chemin des espèces telles que le lagopède alpin (Ptarmigan), le lagopède rouge (Red Grouse), le cerf élaphe (Red Deer) et le lièvre variable (Mountain Hare) — autant d’animaux représentatifs de ceux qui se sont adaptés au climat rigoureux des Highlands. Pour les cyclistes habitués aux écosystèmes de moyenne et basse montagne de Taïwan, cette rencontre avec la faune des Highlands en pleine sortie à vélo constitue une expérience exotique bien singulière.
Cette lande de montagne est elle-même un condensé de l’écosystème des Grampians — la lande à bruyère (moorland) est l’un des types de végétation les plus représentatifs des Highlands écossais. Ce paysage, d’apparence désolée, est en réalité un écosystème semi-artificiel façonné par des siècles de pâturage et de chasse, qui nourrit de nombreuses espèces endémiques, dont le cerf élaphe et le lagopède rouge susmentionnés. À la fin de l’été, les flancs de colline se parent d’un manteau de bruyère pourpre, l’une des images les plus classiques de la photographie touristique des Highlands. Si la floraison coïncide avec votre ascension, cette mer de fleurs sera la plus belle récompense visuelle pour tenir jusqu’aux derniers hectomètres de raidillon.
Estimation de puissance et d’allure : combien de temps selon le niveau du cycliste ?
Évaluons l’intensité de l’effort sur The Cairnwell à l’aide de formules physiques. Le modèle standard est le suivant :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / rendement de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr résistance au roulement
Fa = 0.5 × ρ × CdA × v² résistance de l'air
Les calculs utilisent les paramètres hypothétiques suivants :
- Masse totale m = 70 kg (cycliste) + 9 kg (vélo et équipement) = 79 kg
- Accélération de la pesanteur g = 9,81 m/s²
- Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,005 (pneus de route sur asphalte)
- Surface frontale aérodynamique CdA ≈ 0,32 m² (position de grimpeur)
- Densité de l’air ρ : basée sur une altitude moyenne d’environ 500 m sur tout le parcours
- Rendement de transmission ≈ 0,975
- Distance de 8,2 km, dénivelé positif d’environ 340 m, pente moyenne d’environ 4,15 % (calculée sur l’ensemble du parcours, y compris la vallée plate au début)
Après simulation effective avec un programme Python, les résultats sont les suivants :
| Rapport poids-puissance | Catégorie de cycliste | Temps estimé pour l’ascension | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 38 min 22 s | Environ 12,8 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 31 min 35 s | Environ 15,6 km/h |
| 3,0 W/kg | Confirmé | Environ 27 min 08 s | Environ 18,1 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 21 min 41 s | Environ 22,7 km/h |
| 5,0 W/kg | Niveau professionnel | Environ 18 min 27 s | Environ 26,7 km/h |
Il faut préciser que ce tableau utilise la « pente moyenne sur l’ensemble du parcours », ce qui sous-estime la difficulté réelle du sprint final — c’est là que se trouve le véritable défi de cet itinéraire. Reprenons le même modèle physique pour saisir la situation instantanée du raidillon final : avec une pente de 10 % et une vitesse maintenue à 12 km/h, la puissance requise est d’environ 284 watts, soit un rapport poids-puissance d’environ 4,05 W/kg ; si la pente atteint 12 %, la puissance nécessaire grimpe à environ 336 watts, soit environ 4,80 W/kg. Cela montre que, même si l’intensité moyenne globale de The Cairnwell n’est pas exceptionnelle, le raidillon des 1,5 à 2 derniers kilomètres exige tout de même une puissance soutenue proche ou supérieure à 4 W/kg pour maintenir une allure correcte — une fin de parcours loin d’être facile pour l’amateur moyen.
Il s’agit d’une estimation issue du modèle physique, qui ne tient pas compte des vents forts fréquents dans les Highlands (ce terrain ouvert et élevé est particulièrement exposé aux vents latéraux et contraires), des variations de température ni de l’état de la route ; les temps de parcours réels peuvent donc différer.
Fermeture hivernale et gestion d’une route à double vocation
Ce qui fait peut-être le plus la singularité de The Cairnwell, c’est qu’elle doit servir deux usages saisonniers diamétralement opposés. En été, c’est un paradis pour le cyclisme sur route et le tourisme automobile ; mais en hiver, elle se transforme en l’un des principaux pôles de sports d’hiver d’Écosse. Cette double vocation implique aussi un risque réel de fermeture saisonnière — selon les avis de gestion routière du conseil de l’Aberdeenshire et du conseil de Perth et Kinross, plusieurs portes à neige (snow gates) sont installées sur la route, respectivement à Braemar, au sommet du col (côté sud du centre de ski de Glenshee) et au village de Glenshee ; elles sont ouvertes ou fermées en fonction des chutes de neige ou des congères soufflées par le vent, et les informations correspondantes sont consultables via le système de surveillance du trafic écossais. En règle générale, la saison recommandée pour le cyclisme s’étend de mai à octobre, afin d’éviter la période de fermeture hivernale à haut risque.
Point de vue des cyclistes taïwanais : situer votre niveau
Placer The Cairnwell dans le référentiel des cyclistes taïwanais, le point de comparaison le plus intéressant ne réside pas dans l’altitude absolue (670 mètres contre plus de 3 000 mètres pour Wuling, un écart considérable), mais dans la similarité symbolique de « plafond d’altitude routière du territoire ». Pour les cyclistes taïwanais, Wuling n’est pas qu’un simple itinéraire, c’est un symbole d’identité et d’accomplissement ; The Cairnwell joue un rôle similaire pour les cyclistes britanniques, malgré des chiffres absolus radicalement différents.
Si vous avez déjà relevé le défi de Wuling, The Cairnwell ne représentera pas une difficulté majeure en termes d’intensité absolue, mais il vaut le détour pour l’expérience culturelle unique d’« une même route skiable en hiver, cyclable en été », ainsi que pour les vastes étendues sauvages des Highlands écossaises, un dépaysement que le relief montagneux taïwanais ne peut reproduire. À l’inverse, si vous roulez principalement sur des ascensions courtes de moyenne et basse altitude à Taïwan, la combinaison du long faux-plat en vallée suivi de la montée raide finale de The Cairnwell constitue un choix de difficulté modérée, idéal pour un entraînement de niveau avancé.
Les cyclistes taïwanais pourraient également s’inspirer du modèle d’exploitation « double activité hiver-été » du centre de ski de Glenshee. Bien que Taïwan ne possède pas de véritable station de ski avec saison hivernale, la région du mont Hehuan présente également une double identité saisonnière — « pèlerinage cycliste sur route en été, chutes de neige occasionnelles attirant les curieux en hiver » — la différence étant que Glenshee a développé une infrastructure touristique hivernale mature (vingt et une remontées mécaniques, un système d’exploitation complet pour la saison de neige) capable d’accueillir les flux touristiques hivernaux, puis de convertir ses services en été pour accueillir cyclistes sur route et randonneurs ; tandis que la double utilisation hiver-été des routes de montagne taïwanaises repose encore relativement sur les conditions naturelles (présence ou absence de neige) plutôt que sur un mécanisme de conversion d’infrastructures touristiques mature. Cette comparaison pourrait offrir un cas de référence intéressant pour réfléchir à la résilience saisonnière du tourisme de montagne à Taïwan.
Concernant les aspects pratiques pour s’y rendre et rouler, je n’aborderai ici que des généralités, sans inventer de chiffres précis : les hubs de transport les plus pratiques sont Perth (au sud) et Aberdeen (à l’est), Braemar et Blairgowrie étant les villes de départ pratiques les plus proches ; il est recommandé de s’y rendre pendant la saison cyclable de mai à octobre, et de vérifier avant le départ les conditions météorologiques du jour et les avis de fermeture de route, d’autant que la météo des Highlands écossaises change bien plus rapidement qu’on ne l’imagine en plaine, avec des averses soudaines voire des températures basses possibles même en été. Pour toutes les informations spécifiques sur les navettes, l’hébergement et la location de voiture, veuillez vous référer aux annonces officielles ou aux opérateurs locaux au moment de votre venue.
Rappel de sécurité
L’effet du vent latéral sur le terrain dégagé des Highlands écossaises est l’un des risques les plus importants à surveiller lors de l’ascension de The Cairnwell, en particulier sur les sections proches du sommet du col où la visibilité est dégagée et où le terrain ne fournit aucune protection ; des rafales fortes peuvent affecter sensiblement la stabilité du pilotage. Il est recommandé d’ajuster votre plan de sortie en fonction des prévisions de vent du jour. Le climat des Highlands évolue rapidement : même si le temps est dégagé au départ, vous pouvez rencontrer en cours de route une chute brutale des températures et des précipitations ; il est conseillé d’emporter une veste légère coupe-vent et imperméable.
En descente, soyez également attentif au vent et à l’état de la chaussée mouillée ; en cas de pluie en cours de route, l’adhérence du bitume diminue nettement, veillez impérativement à contrôler votre vitesse. Par ailleurs, cette route étant relativement peu fréquentée, il est recommandé de rouler accompagné ou au minimum de tenir vos proches informés de votre itinéraire et de votre heure de retour estimée, et d’emporter un équipement de communication et de premiers secours de base.
Une sortie de longue durée constitue une épreuve réelle pour le système cardiovasculaire et la thermorégulation, en particulier dans l’environnement montagnard aux températures variables. Si vous avez des antécédents de maladie cardiovasculaire, une tension mal contrôlée, ou si votre état de santé récent n’est pas optimal, il est recommandé de différer ce type de défi en montagne longue distance et de consulter un avis médical professionnel avant d’évaluer votre aptitude. Si pendant l’effort vous ressentez une oppression thoracique, des palpitations anormales, une vision trouble, une perte de conscience, ou des signes manifestes d’hypothermie (frissons persistants, confusion mentale), arrêtez immédiatement de pédaler et cherchez de l’aide à proximité. Le contenu de cet article n’est qu’un conseil général et ne saurait remplacer une évaluation médicale professionnelle.
Rappelons également que, comme mentionné précédemment, The Cairnwell reste une route de classe A ouverte à la circulation automobile normale, et non un circuit fermé ; de plus, la visibilité dégagée au sommet du col et le fait que certains automobilistes puissent ralentir, voire s’arrêter pour prendre des photos du paysage, imposent de maintenir une distance de sécurité avec les véhicules devant et derrière, et de signaler à l’avance vos intentions sur les sections de dépassement, qu’il s’agisse de doubler ou d’être doublé. En particulier pendant la haute saison touristique ou les périodes de congés, le trafic peut compter davantage d’automobilistes de passage peu familiers avec les routes locales ; votre vigilance doit donc être accrue en conséquence.
Points clés à retenir
- The Cairnwell (col de Glenshee) est la route classée la plus élevée de tout le Royaume-Uni, avec une altitude citée par de nombreuses sources entre 668 et 670 mètres, située dans les monts Grampians des Highlands écossaises, reliant le Perthshire et l’Aberdeenshire.
- L’itinéraire présente un caractère « en deux temps » — une montée douce en vallée dans la première partie, puis les 1,5 à 2 derniers kilomètres constituent le véritable défi de la pente raide (environ 10 % à 12 %) ; la pente moyenne globale est un chiffre trompeur qui tend à sous-estimer la difficulté réelle.
- Historiquement, les virages en épingle à cheveux du « Devil’s Elbow » sont réputés, mais les sources divergent clairement sur leur pente : le légendaire 33 % ou les 17 % environ vérifiés par Wikipédia.
- En 2022, le Tour de Grande-Bretagne a fait du centre de ski de Glenshee le point d’arrivée d’une étape, une première pour un centre de ski servant d’arrivée au sommet pour une course cycliste sur route dans l’Aberdeenshire.
- Selon une estimation par modèle physique, un amateur moyen (2,5 W/kg) mettrait environ 31 minutes 35 secondes pour parcourir l’itinéraire court, tandis qu’un niveau professionnel (5,0 W/kg) mettrait environ 18 minutes 27 secondes ; la puissance instantanée requise dans le segment final en pente raide est toutefois nettement supérieure à la moyenne de l’ensemble du parcours.
- Cette route est fermée en hiver en raison des chutes de neige (saison cyclable recommandée : mai à octobre) ; vérifiez impérativement les annonces météo et d’état des routes avant le départ, et soyez attentif au risque de vent latéral sur le terrain dégagé des Highlands.
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