La route de l'enfer du Pays de Galles : Bwlch y Groes, la montée la plus redoutable du Milk Race britannique et un record féminin d'Everesting
Un col que même l’industrie automobile britannique utilisait comme banc d’essai
À une époque où les systèmes de navigation et les cartes satellites n’existaient pas encore, comment les constructeurs automobiles et motocyclistes britanniques prouvaient-ils que leurs nouveaux modèles étaient assez robustes et fiables ? L’une des réponses était d’emmener les prototypes sur le Bwlch y Groes — ce col escarpé du Gwynedd, au pays de Galles, situé en bordure du parc national de Snowdonia. Sa pente était si redoutable que le constructeur de motos BSA y décrocha à deux reprises (en 1926 et 1938) le trophée Maudes décerné par l’Auto-Cycle Union grâce à ses performances remarquables sur place ; l’International Six Days Trial y intégra également ce col à plusieurs reprises entre 1933 et 1954. Ce col porte même un surnom si évocateur qu’il n’a besoin d’aucune explication — « Hellfire Pass » (le passage de l’enfer).
Pour les cyclistes sur route, la légende du Bwlch y Groes est tout aussi forte. Il figure à la page 91 de l’ouvrage classique de l’auteur britannique de référence en matière de grimpes, Simon Warren, 100 Greatest Cycling Climbs (publié en 2013), qui le décrit comme une « ascension impitoyable » (remorseless ascent). Plus tôt encore, dans les années 1970 et 1980, il était depuis longtemps considéré comme la montée la plus difficile du parcours du Milk Race (l’une des plus anciennes courses cyclistes amateurs par étapes autour de la Grande-Bretagne). En 2021, un jeune coureur de 21 ans y a même établi un record du monde féminin d’Everesting qui a secoué le monde du cyclisme. Un seul col, traversant trois domaines totalement différents — les tests mécaniques, la légende des courses amateurs par étapes et les records d’endurance extrême —, un tel poids mérite qu’on fasse vraiment sa connaissance.
Pour les cyclistes taïwanais, ce genre d’histoire de « pente si raide qu’elle servait de banc d’essai à l’industrie » peut évoquer des anecdotes de certaines routes industrielles de montagne taïwanaises utilisées autrefois pour tester les limites de performance des véhicules. Et cette identité multiple du Bwlch y Groes, mêlant histoire des tests mécaniques, tradition des compétitions amateurs et records modernes de sports d’endurance, nous rappelle aussi que la valeur d’une route de montagne ne réside souvent pas seulement dans son pourcentage de pente, mais dans les couches d’histoires qu’elle porte.
Fiche technique de l’itinéraire
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Pays / massif | Gwynedd, pays de Galles, en bordure du parc national de Snowdonia, zone montagneuse à la frontière nord/milieu du pays de Galles |
| Départ → arrivée | Direction Dinas Mawddwy → sommet du col Bwlch y Groes |
| Longueur | Sources divergentes : une source Wikipédia indique environ 1,7 mile (environ 2,7 km) pour la montée côté sud, avec une pente sévère sur tout le parcours (jusqu’à 1 sur 4, soit environ 25 %) ; une autre source citant l’ouvrage de Simon Warren indique une distance d’ascension d’environ 3,5 km et un dénivelé d’environ 350 mètres |
| Dénivelé total | Environ 350 mètres (selon les chiffres cités dans l’ouvrage de Simon Warren) |
| Pente moyenne | Aucun chiffre moyen global faisant autorité ; seules deux données locales de pente ont été vérifiées : « maximum d’environ 1 sur 4 (25 %) » et « moyenne d’environ 18 % sur les 500 mètres les plus raides » |
| Pente maximale | Environ 25 % (1 sur 4, cité à plusieurs reprises dans diverses sources) |
| Altitude départ / arrivée | Sommet du col à 545 mètres (1 788 pieds), confirmé par plusieurs sources ; altitude de départ non vérifiable avec une donnée fiable |
| Source de notoriété | Montée reconnue comme la plus difficile du Milk Race britannique dans les années 1970-1980 ; parcours de l’International Six Days Trial de 1933 à 1954 ; section de test pour le trophée Maudes du constructeur BSA en 1926 et 1938 ; lieu du record du monde féminin d’Everesting en 2021 |
Note sur la rigueur des données : les chiffres de longueur de cet itinéraire présentent un écart manifeste entre deux sources (2,7 km contre 3,5 km), probablement dû à une différence dans le point de départ retenu — cet article choisit de présenter honnêtement cette divergence plutôt que d’en sélectionner arbitrairement un comme vérité définitive. Quant à la pente moyenne, aucune valeur globale fiable sur l’ensemble du parcours n’ayant été trouvée, cet article n’utilise que les données locales vérifiées (25 % au maximum, 18 % de moyenne sur les 500 mètres les plus raides) ; pour le calcul de la table de puissance, la combinaison de chiffres de 3,5 km / 350 mètres citée dans l’ouvrage de Simon Warren (moyenne d’environ 10 %) sera retenue comme base représentative, avec une mention explicite qu’il s’agit d’une estimation simplifiée.
Le titre de « plus haut col routier du nord du pays de Galles »
Selon la liste des cols du pays de Galles sur Wikipédia, le Bwlch y Groes, avec son altitude sommitale de 545 mètres, est reconnu comme le col routier revêtu le plus élevé du nord du pays de Galles. Ce titre, replacé dans le contexte du réseau routier gallois, revêt une signification symbolique comparable à celle du Cairnwell en Écosse dans le système des « routes classées » britanniques évoqué précédemment — un plafond d’altitude régional qui attire les cyclistes en quête de limites.
Près du sommet du col se dresse une croix monumentale. Selon la légende locale, c’était autrefois un passage obligé sur l’ancienne route des pèlerins du nord du pays de Galles — le nom gallois « Bwlch y Groes » se traduit littéralement par « col de la croix ». Ce nom raconte à lui seul la longue histoire humaine de cet itinéraire, bien antérieure à l’apparition de l’automobile et du cyclisme, qui était déjà une voie ancienne essentielle reliant les communautés de montagne.
Découpage par sections : une ascension sans aucun répit
Bien que des données précises de pente kilomètre par kilomètre fassent défaut, on peut, à partir des informations vérifiées, décomposer l’itinéraire en sections qualitatives :
Le départ : l’entrée de la vallée de Dinas Mawddwy
Au départ de Dinas Mawddwy, la route commence à s’élever le long du relief de la vallée, quittant progressivement le fond de vallée relativement plat pour entrer dans les paysages de landes caractéristiques des montagnes en bordure du Snowdonia.
La section centrale : une montée impitoyable et continue
Simon Warren utilise le mot « remorseless » (impitoyable) pour décrire cette ascension, suggérant que les variations de pente de cet itinéraire manquent de sections de récupération en faux-plat, et qu’il s’agit d’un segment exigeant un maintien continu d’une intensité élevée. En combinant les deux données « maximum de 25 % » et « moyenne de 18 % sur les 500 mètres les plus raides », on peut raisonnablement déduire que la répartition des pentes de cet itinéraire est particulièrement concentrée et sévère, différente des courbes d’ascension progressives du type « doux puis raide » ou « raide puis doux », et plus proche d’une pression continue maintenue à un niveau difficile sur toute la durée.
Le sommet du col : la croix monumentale et une vue dégagée
Après avoir enduré la montée raide continue, on atteint le sommet à 545 mètres, où se dresse la croix monumentale, symbole de l’histoire de l’ancienne route des pèlerins, entourée des sommets de landes de la frontière du Snowdonia. Cette image — « après avoir conquis une ascension impitoyable, on est accueilli par un monument ancien témoin de plusieurs siècles d’histoire humaine » — confère au Bwlch y Groes une épaisseur culturelle que n’ont pas les autres montées qui ne se distinguent que par leurs chiffres de pente.
Le légendaire terrain d’examen du Milk Race britannique
Le Milk Race britannique est l’une des courses cyclistes amateurs par étapes les plus importantes de l’histoire du Royaume-Uni, traversant depuis longtemps l’ensemble du pays sous forme de courses à étapes multiples. Selon Wikipédia, le Bwlch y Groes « était depuis longtemps considéré dans les années 1970 et 1980 comme la montée la plus exigeante du parcours du Milk Race ». Il faut honnêtement préciser que cette description relève d’une réputation globale accumulée sur de nombreuses années ; lors de la vérification des sources pour cet article, aucun compte-rendu détaillé d’une année précise, d’une étape précise ou d’un coureur précis ayant remporté la victoire à cet endroit n’a été trouvé. Il n’est donc pas possible, comme pour la présentation de l’El Morredero, de lister des années, des noms de coureurs et des résultats de course précis. Mais cette réputation de « montée reconnue comme la plus difficile depuis des années » suffit en elle-même à démontrer le poids de cette ascension dans l’histoire des compétitions cyclistes amateurs britanniques — ce n’est pas une montée à la mode éphémère, mais un combat éprouvé et reconnu par plus de dix à vingt ans de compétitions répétées.
Le terrain d’essai de l’industrie automobile et motocycliste : de BSA aux Six Jours Internationaux
Au-delà du cyclisme, Bwlch y Groes possède une histoire de tests mécaniques tout à fait singulière. Au début du XXe siècle, les constructeurs automobiles et motocyclistes britanniques, afin de prouver la fiabilité et les performances en montée de leurs produits, choisissaient régulièrement des routes de montagne aux pentes sévères comme Bwlch y Groes comme terrain d’essai extrême. L’usine de motos BSA en est le représentant emblématique — ce célèbre constructeur motocycliste britannique remporta à deux reprises, en 1926 et 1938, le trophée Maude décerné par l’Union automobile et motocycliste britannique grâce à ses performances remarquables sur des sections exigeantes comme Bwlch y Groes, une récompense technique de poids dans l’industrie motocycliste britannique de l’époque.
De plus, les Six Jours Internationaux d’Enduro (International Six Days Trial, abrégé ISDT) — une épreuve d’endurance tout-terrain à moto au riche héritage — ont intégré Bwlch y Groes à plusieurs reprises dans leur parcours entre 1933 et 1954. Cela signifie que sur une période de vingt ans, ce col n’a cessé d’être utilisé par toutes sortes de véhicules motorisés pour en éprouver les performances limites, accumulant ainsi une histoire de tests unique couvrant trois types de véhicules distincts — automobile, moto et vélo — une identité multiple assez rare parmi les montées célèbres dans le monde.
Il faut également mentionner honnêtement une limite dans la vérification des sources : dans certaines rumeurs de la communauté cycliste, Bwlch y Groes est souvent associé au club britannique de cyclisme tout-terrain « Rough Stuff Fellowship » (fondé en 1955, l’un des plus anciens clubs de cyclisme tout-terrain au monde), certains considérant que ce col fut également un lieu emblématique des premières activités du club. Cependant, lors des vérifications effectuées pour cet article, aucune source fiable n’a pu être trouvée pour étayer indépendamment ce lien. Cet article a donc choisi de ne pas présenter cette rumeur comme un fait établi, et ne la mentionne ici que comme une affirmation circulant dans la communauté mais restant à vérifier, afin d’éviter d’induire les lecteurs en erreur.
2021 : un exploit qui a réécrit le record féminin d’Everesting
Si la légende du Milk Race appartient à la mémoire collective des années 1970 et 1980, un défi individuel d’août 2021 a remis Bwlch y Groes sous les projecteurs de la communauté cycliste mondiale. À l’époque âgée de 21 ans, la cycliste Illi Gardner, étudiante à l’Université de Cardiff et membre de l’équipe CAMS-Basso, a choisi la section la plus raide de Bwlch y Groes, longue d’environ 500 mètres (pente moyenne d’environ 18 %), pour tenter un défi de montées répétées « Everesting » — ce type de défi exige du cycliste d’effectuer des montées répétées sur une même section, encore et encore, jusqu’à accumuler un dénivelé total équivalent à l’altitude de l’Everest (8 848 mètres), une forme d’auto-épreuve parmi les plus impitoyables du sport d’endurance extrême.
Gardner a finalement accompli 72 montées répétées, totalisant 8 919 mètres de dénivelé positif, 107,5 kilomètres de distance, en 8 heures 32 minutes et 38 secondes, avec une puissance moyenne de 209 watts et une vitesse moyenne de 12,6 km/h, battant ainsi le record du monde féminin d’Everesting de l’époque, environ vingt minutes plus rapide que le précédent record établi par Emma Pooley (célèbre cycliste professionnelle britannique spécialiste du contre-la-montre et olympienne) au Haggenegg en Suisse.
La signification de cette tentative de record ne réside pas seulement dans l’amélioration d’un chiffre, mais aussi dans le fait qu’elle a écrit un nouveau chapitre du sport d’endurance extrême du XXIe siècle pour ce col fort de près d’un siècle d’histoire de tests mécaniques et de compétitions amateurs — des tests moteurs de l’usine de motos BSA aux combats d’étapes des coureurs du Milk Race, jusqu’aux défis Everesting de l’ère des plateformes GPS modernes, ce même col a été témoin, sur un siècle entier, de différentes générations repoussant leurs limites de différentes manières.
Estimation de puissance et d’allure : combien de temps pour différents profils de cyclistes ?
Calculons l’intensité du défi de Bwlch y Groes à l’aide de formules physiques. Le modèle standard est le suivant :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) Composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr Résistance au roulement
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v² Résistance aérodynamique
Les calculs utilisent les paramètres hypothétiques suivants :
- Masse totale m = cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg = 79 kg
- Accélération gravitationnelle g = 9,81 m/s²
- Coefficient de résistance au roulement Crr ≈ 0,005 (pneus routiers sur asphalte)
- Surface frontale aérodynamique CdA ≈ 0,32 m² (position en montée)
- Densité de l’air ρ : altitude moyenne du parcours d’environ 350 mètres
- Efficacité de transmission ≈ 0,975
- Distance de 3,5 km, dénivelé d’environ 350 mètres, pente moyenne d’environ 10 % (chiffres combinés issus de l’ouvrage de Simon Warren, fournis à titre indicatif)
Après calculs effectués avec un programme Python, les résultats sont les suivants :
| Rapport puissance/poids | Profil correspondant | Temps estimé pour la montée | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant terminant l’ascension | Environ 34 min 49 s | Environ 6,0 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 27 min 57 s | Environ 7,5 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 23 min 24 s | Environ 9,0 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 17 min 44 s | Environ 11,8 km/h |
| 5,0 W/kg | Niveau professionnel | Environ 14 min 22 s | Environ 14,6 km/h |
Ce tableau reflète un scénario de pente moyenne de 10 % sur l’ensemble du parcours, mais comme mentionné précédemment, les sections les plus raides de cet itinéraire peuvent atteindre 25 %, et la section de 500 mètres la plus raide choisie par Gardner présente une pente moyenne d’environ 18 %. En utilisant le même modèle physique pour saisir les situations instantanées de ces pentes locales : en supposant une pente instantanée de 18 % et une vitesse maintenue de 8 km/h, la puissance requise est d’environ 324 watts, soit un rapport puissance/poids d’environ 4,62 W/kg ; si la pente instantanée atteint 25 %, à la même vitesse de 8 km/h, la puissance requise grimpe à environ 439 watts, soit environ 6,27 W/kg. Cela démontre que la puissance moyenne de 209 watts de Gardner lors de son défi Everesting (bien inférieure à la puissance requise dans un scénario d’effort maximal instantané), pour accomplir 72 montées répétées en plus de huit heures et demie, illustre précisément une gestion d’endurance extrême radicalement différente de la puissance explosive instantanée — elle n’a pas forcé avec une puissance maximale, mais a utilisé une allure stable, soutenable et reproductible sur soixante-dix répétitions, empilant montée après montée un dénivelé total impressionnant. C’est précisément ce qui fait d’Everesting une épreuve qui teste le plus la force mentale et l’intelligence de gestion d’allure.
Ce qui précède est une estimation issue du modèle physique, sans tenir compte des variations locales importantes de la répartition des pentes, du vent, de la qualité de la chaussée ; les temps de parcours réels peuvent différer.
Préparation du matériel : face à une pente continue « sans pitié »
Face à une pente continue comme Bwlch y Groes, qui n’offre aucun répit, la préparation du matériel exige une attention particulière.
Configuration des braquets : compte tenu des pentes pouvant atteindre 25 % dans les sections les plus raides, il est recommandé de prévoir une combinaison de braquets légers capable de gérer ce niveau de pente, afin d’éviter que la cadence ne chute à un niveau dangereusement bas et de ne pas être contraint de mettre pied à terre.
Système de freinage : la descente de cet itinéraire est tout aussi raide. Il est recommandé de vérifier que votre système de freinage (en particulier l’état des plaquettes pour les cyclistes équipés de freins à disque) maintient une puissance de freinage stable lors d’un freinage continu prolongé, afin d’éviter le risque de baisse de puissance de freinage due à l’évanouissement thermique en descente.
Préparation mentale : si vous vous inspirez de l’esprit du défi Everesting de Gardner, face à une montée « sans pitié » comme Bwlch y Groes, plutôt que de chercher la vitesse maximale sur une seule ascension, il vaut mieux adopter sa stratégie mentale consistant à « trouver une allure soutenable, puis s’y tenir ». Cette approche s’applique également aux cyclistes amateurs qui affrontent ce type de pente sévère pour la première fois.
Pneus et adhérence : les routes de montagne, exposées longtemps au soleil et à la pluie, accumulent feuilles mortes, gravillons et autres débris naturels ; l’adhérence sur les sections raides peut être moins stable que sur le plat. Il est recommandé d’opter pour des pneus routiers offrant une bonne adhérence et d’ajuster modérément la pression des pneus, afin de maintenir un contact plus stable lors des montées lentes et raides, évitant ainsi le patinage de la roue arrière qui gaspille une précieuse puissance de pédalage.
Du point de vue des cyclistes taïwanais : évaluez votre niveau
Pour situer Bwlch y Groes dans un référentiel familier aux cyclistes taïwanais, la comparaison la plus pertinente serait peut-être avec certains tronçons de routes industrielles de Taïwan dont les pentes dépassent régulièrement les 20 % — cette expérience de « distance pas si longue, mais pente si féroce qu’on doute de sa propre existence » est précisément l’esprit de Bwlch y Groes. Contrairement au col de Wuling, cette longue ascension de haute montagne qui exige une gestion de l’endurance, Bwlch y Groes s’apparente davantage à un combat de volonté sur une courte durée — le temps est bref, mais l’intensité ne fait aucun compromis.
Si vous avez déjà relevé à Taïwan un défi similaire sur un court tronçon raide et que vous gardez en mémoire cette sensation de « quasi-aucune occasion de reprendre son souffle », alors face à Bwlch y Groes, vous pouvez vous attendre à une épreuve d’un niveau comparable, avec en prime les paysages de landes propres à la frontière du parc national de Snowdonia, au pays de Galles, et ce monument en forme de croix témoin d’un siècle d’histoire.
Un autre angle qui mérite l’attention des cyclistes taïwanais est la philosophie d’allure que Gardner a démontrée lors de son défi Everesting. Ces dernières années, de plus en plus de cyclistes taïwanais tentent des défis de type Everesting sur des ascensions classiques comme Wuling ou Fengguizui, accumulant des dénivelés totaux équivalents à l’Everest. Qu’il s’agisse de gravir 72 fois le tronçon à 500 mètres de Bwlch y Groes ou de répéter des dizaines de fois une montée familière à Taïwan, la logique fondamentale de ce sport d’endurance extrême est universelle — il ne s’agit pas de chercher la vitesse maximale sur une seule montée, mais de trouver une allure soutenable qui permette de tenir pendant plus de huit heures, voire davantage. Cette sagesse selon laquelle « la discipline de l’allure prime sur la puissance explosive » est peut-être la leçon la plus pratique que ce col, qui mêle histoire des tests mécaniques et sports d’endurance modernes, offre à tous les cyclistes qui rêvent de tenter un Everesting.
Sur le plan pratique d’un déplacement pour rouler sur place, nous ne donnerons ici que des généralités, sans inventer de chiffres précis : la meilleure saison pour rouler dans le nord du Pays de Galles se situe généralement entre la fin du printemps et le début de l’automne, en évitant l’hiver humide et froid ; Dinas Mawddwy, à proximité de Machynlleth et de Dolgellau, deux villes du centre du Pays de Galles, constitue un point de départ pratique relativement commode ; cette région étant située dans un secteur montagneux relativement isolé, il est recommandé de vérifier les informations sur les points de ravitaillement avant le départ et de prévoir suffisamment d’eau et d’aliments énergétiques. Pour toutes les informations concrètes concernant les transferts, l’hébergement et la location de voiture, veuillez vous référer aux annonces officielles ou aux prestataires locaux au moment de votre départ.
Consignes de sécurité
Avec une pente maximale de 25 %, Bwlch y Groes implique que les risques à la descente sont tout aussi considérables — les descentes raides exigent un excellent système de freinage et une grande maîtrise technique. Il est recommandé de contrôler sa vitesse et d’anticiper le rythme de freinage afin d’éviter une surchauffe due à des freinages intenses et prolongés. Cette région se trouve dans les montagnes isolées de la frontière de Snowdonia, peu peuplée ; il est conseillé de rouler accompagné ou, à tout le moins, de tenir des proches informés de votre itinéraire et de votre heure de retour prévue, et d’emporter un équipement de communication et de premiers secours de base.
La météo des montagnes galloises est également réputée pour sa variabilité : même si le ciel est dégagé au départ, vous pouvez rencontrer des averses soudaines et une chute brutale des températures en cours de route. Il est recommandé d’emporter une veste légère coupe-vent et imperméable. Si vous envisagez de tenter un défi de type Everesting comme celui de Gardner, procédez impérativement par étapes, en commençant par un nombre réduit de montées répétées pour accumuler de l’expérience, sans vous lancer prématurément dans une épreuve d’endurance extrême de plus de huit heures. Ce type de défi impose au corps une charge bien supérieure à celle d’un long parcours classique et nécessite une base d’entraînement solide ainsi qu’une équipe de soutien et de ravitaillement bien organisée.
Les ascensions longues ou à haute intensité constituent une épreuve réelle pour le système cardiovasculaire. Si vous avez des antécédents de maladies cardiovasculaires, une tension artérielle mal contrôlée, ou si votre état de santé récent n’est pas optimal, il est recommandé de reporter ce type de défi sur pentes sévères et de consulter un avis médical professionnel avant d’évaluer votre aptitude. Si, pendant l’effort, vous ressentez une oppression thoracique, des palpitations anormales, une vision floue, une perte de conscience ou d’autres signes d’alerte nécessitant une consultation, arrêtez immédiatement de rouler et cherchez de l’aide à proximité. Le contenu de cet article n’est qu’un avis général et ne saurait se substituer à une évaluation médicale professionnelle.
Points clés à retenir
- Bwlch y Groes (la « route du feu de l’enfer ») se situe dans le comté de Gwynedd, au nord du Pays de Galles. Le sommet du col culmine à 545 mètres d’altitude, ce qui en fait le col revêtu le plus élevé du nord du Pays de Galles. La longueur varie entre 2,7 et 3,5 kilomètres selon les sources, avec une pente maximale d’environ 25 %.
- Cette route a longtemps été saluée dans les années 1970 et 1980 comme l’ascension la plus difficile du circuit britannique du Milk Race ; elle a accueilli à plusieurs reprises entre 1933 et 1954 le parcours des Six Jours internationaux de motocross ; le constructeur BSA y a remporté à deux reprises (1926 et 1938) le trophée Maudes grâce à ses performances remarquables.
- En 2021, la cycliste Eilidh Gardner, âgée de 21 ans, a réalisé 72 montées répétées sur le tronçon le plus raide de 500 mètres, établissant alors le record du monde féminin d’Everesting, avec un dénivelé total de 8 919 mètres en 8 heures 32 minutes et 38 secondes.
- Selon un modèle physique estimé, sur la base de 3,5 km / 350 m (moyenne d’environ 10 %), un cycliste amateur (2,5 W/kg) mettrait environ 27 min 57 s, tandis qu’un cycliste professionnel (5,0 W/kg) mettrait environ 14 min 22 s ; sur le tronçon le plus raide documenté à 25 %, la puissance instantanée requise pourrait approcher les 6,3 W/kg.
- Cette route cumule trois identités : terrain d’essai pour l’industrie automobile et motocycliste, tradition des courses amateurs par étapes et records modernes d’endurance extrême. C’est un col de montée rare en Grande-Bretagne qui possède à la fois une épaisseur historique mécanique et sportive.
- Pour relever ce défi, il est recommandé de prévoir un braquet suffisamment léger pour affronter les sections les plus raides, de surveiller la dissipation thermique du système de freinage à la descente et de se préparer aux conditions météorologiques changeantes des montagnes galloises.
Lectures complémentaires
- La plus grande ascension de Grande-Bretagne : Bealach na Bà, le festin d’épingles à cheveux sur une route à voie unique des Highlands écossaises
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