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Proportions d'intervalles pendant la période de base hivernale : comment préserver la vitesse dans un cycle axé sur l'endurance fondamentale

訓練科學

Proportion d'intervalles en base hivernale : comment préserver la vitesse dans un cycle dominé par l'endurance

Introduction

La période de base hivernale (généralement d’octobre à janvier de l’année suivante) est la phase d’entraînement la plus importante — et la plus souvent mal comprise — de la périodisation en endurance. L’idée traditionnelle veut que la base se résume à « rouler uniquement à basse intensité, sans aucun intervalle », mais la science moderne de l’entraînement offre une interprétation plus nuancée. Une base purement à basse intensité permet certes de construire le socle aérobie, mais si l’on supprime totalement tout stimulus à haute intensité pendant 8 à 12 semaines, les capacités neuromusculaires, la fonction des fibres rapides et la sensation de vitesse du cycliste se dégradent nettement, ce qui oblige à consacrer du temps supplémentaire pour « réveiller » ces capacités à l’entrée de la phase de construction.

Objectifs fondamentaux de la période de base

Avant d’aborder la proportion d’intervalles, il faut clarifier les adaptations physiologiques clés que la base vise à obtenir :

  • Renforcement du système enzymatique aérobie : augmentation de la densité mitochondriale, améliorant l’efficacité de l’oxydation des graisses
  • Augmentation de la densité du lit capillaire : amélioration du transport d’oxygène vers les tissus musculaires
  • Augmentation du volume ventriculaire gauche : élévation du volume d’éjection systolique, rehaussant le plafond de la VO2max
  • Adaptation des tendons et ligaments : l’entraînement à basse intensité et haut volume renforce progressivement les tissus conjonctifs, prévenant les blessures lors des fortes intensités de la saison

Ces adaptations surviennent principalement lors des longues sorties aérobies à basse intensité (Z1–Z2) ; les intervalles à haute intensité ne peuvent pas les déclencher efficacement. C’est le fondement scientifique du principe « la base se fait à basse intensité ».

Pourquoi ne pas supprimer totalement l’entraînement par intervalles

Cependant, les capacités physiologiques suivantes se dégradent en l’absence totale de stimulus à haute intensité :

Capacité Délai avant dégradation Degré de dégradation
Efficacité de recrutement neuromusculaire Environ 2 semaines Marquée, nécessite 3–4 semaines de récupération
Puissance de sprint maximale Environ 2–3 semaines Modérée
Proportion et activité des fibres rapides Environ 4 semaines Dégradation plus lente chez les athlètes entraînés sur le long terme
Capacité de tamponnement du lactate Environ 3–4 semaines Modérée

Les études montrent que même en maintenant un faible volume de stimulus neuromusculaire à haute intensité (1 fois par semaine) durant la base, il est possible de prévenir efficacement la dégradation de ces capacités, sans perturber significativement les adaptations aérobies à basse intensité.

Proportion d’intervalles recommandée en période de base

La répartition de l’intensité en base doit suivre la « règle du 90:10 » — c’est-à-dire 90 % du temps d’entraînement à basse intensité (Z1–Z2), et seulement 10 % consacré à la haute intensité ou au stimulus neuromusculaire.

Pour un volume hebdomadaire de 10 heures, par exemple :

Type d’entraînement Répartition du temps Séance type
Sorties aérobies Z1–Z2 9 heures (90 %) 3–4 sorties de 2–3 heures chacune
Sprints neuromusculaires 30–45 minutes (environ 5 %) 1 fois par semaine, 10×10 secondes de sprint maximal, récupération de 3 minutes entre les répétitions
Sweet spot / intervalles légers 30–45 minutes (environ 5 %) 1 fois par semaine (optionnel), 2×15 minutes en sweet spot

Spécificité de l’entraînement au sprint : un sprint maximal de 10 secondes sollicite principalement le système ATP-PCr, sans mobiliser la glycolyse et sans produire de lactate important ; son interférence avec la « récupération aérobie » est donc minime. Cela en fait l’outil idéal pour « préserver la sensation de vitesse » en base — l’impact négatif sur la capacité aérobie est quasi nul, tandis que l’effet de maintien sur le système neuromusculaire est significatif.

La réalité de l’hiver à Taïwan

L’hiver taïwanais (d’octobre à février) présente des situations particulières à prendre en compte :

  • Mousson du nord-est et pluies : le nord de Taïwan est pluvieux en hiver, réduisant les opportunités de longues sorties en extérieur ; le sud de Taïwan bénéficie d’un ciel dégagé, avec un environnement d’entraînement plus favorable
  • Besoin accru d’entraînement en intérieur : les cyclistes du nord peuvent tirer parti des home-trainers intelligents pour réaliser de longues séances à basse intensité (roulage libre sur Zwift ou allure fixe)
  • Perturbations liées aux fêtes : la régularité de l’entraînement est souvent perturbée autour du Nouvel An lunaire ; il faut prévoir une réduction flexible du volume avant et après les vacances

Exemple de plan hebdomadaire pour la base hivernale (région de Taipei) :

  • Lundi : repos
  • Mardi : home-trainer, sortie aérobie Z2 de 90 minutes
  • Mercredi : repos ou courte sortie facile en extérieur (si la météo le permet)
  • Jeudi : home-trainer Z1–Z2 de 60 minutes, incluant 6×10 secondes de sprint maximal (récupération complète entre les répétitions)
  • Vendredi : repos
  • Samedi : si la météo le permet, longue sortie en extérieur de 3–4 heures (Z2, Yangmingshan ou Hsinchu) ; en cas de pluie, 2,5 heures de Z2 sur home-trainer
  • Dimanche : sortie de récupération facile de 60–90 minutes

Conseils pratiques

  1. Placez la séance de sprint le jour où vous êtes le plus frais de la semaine (généralement le premier jour d’entraînement après le jour de repos suivant la longue sortie), et non la veille de la longue sortie
  2. Le « sentiment de réussite » de la base vient de l’accumulation régulière du volume, pas de l’intensité d’une séance isolée. Le nombre d’heures hebdomadaires importe plus que l’intensité d’une séance particulière
  3. Si vous raccourcissez une sortie en extérieur pour cause de météo, ne « compensez » pas le volume perdu par une séance à haute intensité — cela contredit la logique fondamentale de la base
  4. Une fois par mois, effectuez un Ramp Test ou un test maximal de 5 minutes pour vérifier si votre FTP progresse grâce au volume important à basse intensité (c’est la preuve que la base est efficace)

Conclusion

La base hivernale n’exige pas d’« abandonner » complètement les intervalles ; il s’agit plutôt d’ajuster la proportion d’entraînement à haute intensité à la dose minimale efficace pour maintenir les capacités neuromusculaires — un sprint de 10 secondes par semaine suffit à préserver la sensation de vitesse construite au cours de la saison. Consacrez 90 % du temps à bâtir le socle aérobie et 10 % à prévenir la dégradation de la vitesse : c’est la proportion en or pour concevoir la base hivernale.

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