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Poids corporel et performance sportive chez les adolescents : une approche de développement sain qui décourage la perte de poids

健康與醫學

Poids et performance sportive chez les adolescents : une approche de développement sain qui ne encourage pas la perte de poids

Introduction

« Pour grimper plus vite, il faut perdre du poids », « Les nageurs doivent avoir un corps profilé », « Plus un coureur de fond est léger, plus il est rapide » — ces concepts qui circulent dans le sport de compétition adulte s’infiltrent peu à peu dans le milieu du sport chez les adolescents, créant de graves risques pour la santé. Chez les jeunes athlètes taïwanais, la proportion de ceux qui adoptent des comportements de restriction alimentaire en raison d’une anxiété liée au poids n’est pas inférieure à celle observée dans la population adolescente générale.

L’adolescence est une période dorée pour l’accumulation rapide de la densité minérale osseuse — environ 90 % de la densité osseuse d’une personne est établie avant l’âge de 20 ans. Si un apport calorique insuffisant à ce stade compromet le développement osseux, les dommages à long terme dépassent de loin tout « bénéfice de perte de poids » à court terme.

Les besoins spécifiques pendant la croissance des adolescents

Pourquoi ne pas viser la perte de poids ?

Risque Mécanisme Conséquence
Densité osseuse insuffisante Apport calorique insuffisant → baisse d’œstrogènes/testostérone → accumulation de densité osseuse entravée Fractures de fatigue, ostéoporose précoce à l’âge mûr
Perte de masse musculaire En déficit calorique, le corps décompose les muscles pour fournir de l’énergie Baisse de force, diminution du métabolisme
Dérèglement hormonal Femmes : cycles menstruels irréguliers ou aménorrhée ; Hommes : baisse de testostérone Affecte la croissance et le développement, la fonction immunitaire
Déclin des fonctions cognitives Un apport insuffisant en glucose affecte le fonctionnement du cerveau Baisse simultanée des performances scolaires et de l’efficacité à l’entraînement
Risque de troubles alimentaires Sensibilité au corps à l’adolescence, combinée aux pressions extérieures Problèmes à long terme comme l’anorexie, la boulimie

Déficit énergétique relatif (RED-S) : le tueur invisible des athlètes

Le « syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport » (Relative Energy Deficiency in Sport, RED-S) désigne le fait qu’un athlète consomme à long terme moins d’énergie que ce que ses dépenses d’entraînement et ses besoins physiologiques de base exigent. Ce phénomène est particulièrement courant chez les jeunes athlètes féminines ; on l’appelait auparavant la « triade de l’athlète féminine » (Female Athlete Triad) :

  1. Apport énergétique insuffisant
  2. Densité osseuse réduite
  3. Anomalies de la fonction menstruelle

Les adolescents de sexe masculin peuvent également être affectés par le RED-S, avec des symptômes tels qu’un stagnation des progrès à l’entraînement, une baisse de l’immunité, une fatigue persistante et une humeur dépressive.

Une conception correcte du poids : laisser le corps grandir naturellement

La prise de poids à l’adolescence est normale et nécessaire

Les filles prennent en moyenne 15 à 20 kg pendant la puberté (environ 10 à 16 ans), et les garçons 20 à 30 kg (environ 12 à 18 ans). Cette prise de poids inclut le développement normal des muscles, des os et des organes internes ; ce n’est pas de la « graisse superflue ».

De nombreux parents et entraîneurs, voyant le poids de l’enfant augmenter, pensent instinctivement qu’il faut « contrôler », sans savoir que c’est précisément la base physiologique de l’amélioration rapide des capacités d’entraînement des jeunes athlètes.

Évaluer par la performance, pas par le poids

Il est recommandé aux jeunes athlètes et à leurs entraîneurs d’utiliser plutôt les indicateurs suivants pour évaluer leur état :

  • Allure de course : l’allure sur 5 km de la semaine est-elle stable ou en progrès ?
  • Performance en force : le poids au squat et au soulevé de terre progresse-t-il ?
  • Vitesse de récupération : la fatigue du lendemain de l’entraînement disparaît-elle normalement ?
  • Niveau d’énergie : y a-t-il assez d’énergie au quotidien pour mener à bien les études et l’entraînement ?

Si ces indicateurs sont normaux, les légères fluctuations de poids peuvent être pratiquement ignorées.

Principes de communication pour les entraîneurs et les parents

Comportements à éviter

  • Discuter publiquement du poids ou du pourcentage de masse grasse d’un athlète pendant l’entraînement
  • Évaluer les adolescents avec des remarques comme « Tu as pris du poids récemment », « Tu devrais courir plus vite si tu perdais deux kilos »
  • Faire en sorte que l’enfant soit trop obsédé par la balance sur le lieu d’entraînement ou en compétition
  • Utiliser la restriction alimentaire de l’athlète comme un outil d’entraînement

Concepts à promouvoir activement

  • « C’est en étant fort qu’on court vite, qu’on nage loin et qu’on grimpe »
  • « Bien manger pour bien s’entraîner, bien s’entraîner pour bien compétitionner »
  • Encourager l’enfant à établir une relation de consultation avec un diététicien du sport ou un nutritionniste
  • Aborder positivement le rôle de l’alimentation comme source d’énergie, plutôt que le contrôle des calories

Références pour un apport énergétique raisonnable

Les besoins caloriques quotidiens des jeunes athlètes sont supérieurs de 500 à 1 000 kcal à ceux des adolescents du même âge non sportifs, selon le volume d’entraînement :

Volume d’entraînement Besoin calorique quotidien estimé
Léger (3 fois par semaine, 1 heure par séance) 2 200–2 600 kcal
Modéré (5 fois par semaine, 1,5 heure par séance) 2 800–3 200 kcal
Élevé (double séance quotidienne, plus de 2 heures par jour) 3 500–4 500 kcal

Remarque : il ne s’agit que d’estimations ; les variations individuelles sont importantes. Il est recommandé de faire évaluer individuellement par un nutritionniste spécialisé en nutrition sportive.

Conseils pratiques

  1. Bilan de santé régulier : une évaluation annuelle incluant la densité osseuse et une formule sanguine complète permet de détecter précocement le RED-S
  2. Créer un environnement de communication sûr : permettre à l’enfant d’exprimer librement ses inquiétudes concernant son corps sans craindre d’être jugé
  3. Introduire l’éducation à la nutrition sportive : les départements de sciences du sport des universités taïwanaises proposent souvent des cours ou des conférences sur la nutrition des adolescents sportifs
  4. Si des comportements alimentaires anormaux sont détectés : consulter au plus tôt un pédopsychiatre ou un service de médecine de l’adolescent

Conclusion

La première mission du jeune athlète est de « grandir en bonne santé », et seulement ensuite la « performance sportive ». Lorsque ces deux objectifs entrent en conflit, la santé prime toujours. Aider l’enfant à intégrer la bonne conception selon laquelle « la nourriture est le carburant du sport, et le poids est le résultat de la croissance » est l’une des responsabilités les plus importantes de chaque entraîneur et de chaque parent envers les jeunes athlètes. Un corps fort et plein d’énergie est la base la plus solide pour de futures performances sportives.

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