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Échec du double tour en une journée : effondrement et renaissance lors d'une sortie de 200 kilomètres

挑戰心得

Double Pagode en une journée, tentative échouée : l'effondrement et la renaissance d'une sortie de 200 km

Double Pagode en une journée, tentative échouée : l’effondrement et la renaissance d’une sortie de 200 km

Commençons par la conclusion : je n’ai pas accompli la Double Pagode en une journée. Le plan était de parcourir 520 km du phare de Fugueijiao à Eluanbi, mais je me suis finalement effondré à Xiangshan, à Hsinchu, vers le 160e kilomètre. Mais cet article ne parle pas d’un échec ; il relate ce qui s’est passé ce jour-là et pourquoi je pense que c’est le jour le plus important de ma carrière cycliste.

Cependant, avant de parler de la Double Pagode, laissez-moi revenir sur cette sortie d’une journée qui m’a vraiment appris ce que signifiait « 200 km ».

L’idée initiale : pourquoi 200 km ?

Pour un cycliste sur route, 200 km est un seuil psychologique. Ce n’est pas comme 100 km, où il suffit d’avoir la condition physique ; 200 km mettent à l’épreuve ta stratégie de ravitaillement, ta discipline d’allure et — surtout — ta capacité à tenir mentalement quand ton corps commence à protester.

À l’époque, j’avais environ deux ans de pratique cycliste, et ma plus longue sortie sur une journée était de 130 km (un tour de la côte nord). Après ces 130 km, je me sentais « fatigué mais ça va », alors j’ai naïvement pensé : « 70 km de plus, ça devrait être à peu près pareil, non ? »

Ce n’est que plus tard que j’ai compris que la fatigue lors d’une longue distance n’augmente pas de façon linéaire, mais exponentielle.

Première tentative de 200K : la route côtière ouest

Pour l’itinéraire, j’ai choisi la route côtière ouest, partant de Bali, à Taipei, longeant le littoral vers le sud jusqu’à Lukang, à Changhua, puis reprenant le train pour rentrer à Taipei. J’ai choisi cette route parce qu’elle est essentiellement plate, sans montée, ce qui permet théoriquement de maintenir une allure stable.

Départ à cinq heures du matin. Le ciel était encore gris, les lampadaires du débarcadère de Bali étaient encore allumés. La température était d’environ vingt degrés, avec une brise légère, des conditions quasi parfaites pour rouler.

0-80K : un début magnifique

Les quatre-vingts premiers kilomètres se sont déroulés si bien que c’en était irréel. La vitesse se maintenait stable entre vingt-huit et trente kilomètres à l’heure, la fréquence cardiaque était contrôlée en Zone 2, je mangeais toutes les quarante minutes (barre énergétique ou banane) et je buvais toutes les vingt minutes. En passant par Zhunan, le soleil se levait justement, projetant une lumière dorée sur la mer. Je pédalais en pensant : « C’est trop agréable, 200 km, c’est vraiment rien du tout. »

Avec le recul, cette pensée était le signe avant-coureur d’un désastre.

80-120K : ça commence à se faire sentir

Après Hsinchu, le vent arrière s’est transformé en vent de travers. Sur ce tronçon de la route côtière ouest, il n’y a aucun abri des deux côtés, le vent soufflait directement de la mer, et la température ressentie a commencé à baisser. Mon allure a un peu chuté, mais c’était encore dans une fourchette acceptable.

Ce qui a vraiment commencé à clocher, c’était autour du centième kilomètre. Mes fesses ont commencé à me faire mal — pas une douleur aiguë, mais une pression sourde et continue. Aucune position sur la selle ne semblait convenir. Mes paumes commençaient aussi à s’engourdir ; malgré les gants, la pression prolongée sur le guidon faisait protester le nerf ulnaire.

Je me suis arrêté dans un supermarché, j’ai acheté un Coca-Cola et un onigiri. En m’étirant devant la porte, un monsieur âgé qui passait m’a demandé : « Jeune homme, tu viens d’où à vélo ? » J’ai dit Bali. Il a écarquillé les yeux : « Hein ? C’est pas plus de cent kilomètres ? T’es fou ou quoi ? »

J’ai souri, en pensant : il m’en reste encore cent à parcourir.

120-160K : le prélude à l’effondrement

Après Tongxiao, dans le comté de Miaoli, mon état s’est dégradé rapidement.

D’abord, mon système digestif a fait grève. Après avoir avalé des gels et des barres énergétiques toute la matinée, mon estomac s’est mis à chavirer ; chaque bouchée me donnait envie de vomir. Mais je ne pouvais pas ne pas manger, car l’énergie de mon corps s’épuisait rapidement. C’était un cercle vicieux — plus j’avais faim, moins j’avais de force ; moins j’avais de force, plus je roulais lentement ; plus je roulais lentement, plus ça prenait de temps ; plus ça prenait de temps, plus j’avais faim.

Ensuite, le genou. Une douleur lancinante par à-coups a commencé à l’extérieur de mon genou gauche. Je savais que c’était probablement un problème de bandelette iliotibiale (IT Band), une blessure courante lors des longues distances. Chaque tour de pédale me faisait mal, comme si quelqu’un me piquait avec une aiguille.

Enfin, le mental. Après le 140e kilomètre, chaque tranche de dix kilomètres me semblait une éternité. Je n’arrêtais pas de regarder la distance sur mon compteur — 141, 142, 143 — chaque chiffre qui défilait était d’une lenteur à couper le souffle. La voix dans ma tête est passée de « Allez, tu peux le faire » à « Pourquoi tu te fais souffrir comme ça ? ».

160K : la révélation au 7-11

Au 160e kilomètre, dans un 7-11 près de Dajia, je me suis arrêté. Ce n’était pas un arrêt ravitaillement planifié, mais un arrêt d’effondrement total.

J’ai adossé mon vélo contre le mur, je suis entré dans le magasin et j’ai fait chauffer un bol de nouilles instantanées. Je me suis assis à une table, j’ai mangé les nouilles chaudes en regardant les voitures passer sur la route à travers la vitre. Mes jambes tremblaient, mes mains tremblaient aussi, et mon nez s’est mis à piquer sans raison.

Ce bol de nouilles était probablement la meilleure chose que j’aie jamais mangée de ma vie. Pas à cause du goût, mais parce que c’était chaud, salé, et c’était exactement ce dont mon corps froid et desséché avait désespérément besoin. Après avoir fini, je suis resté assis encore quinze minutes, sans penser à rien, juste assis.

Puis je me suis levé et je suis remonté sur le vélo.

160-200K : finir avec un état d’esprit différent

Après être reparti, tout était différent. J’ai arrêté de regarder la distance sur mon compteur et je me suis mis à regarder le temps. Je me suis dit : « Encore une heure, c’est tout. Après une heure, je déciderai si je continue. »

Le genou me faisait toujours mal, les fesses aussi, mais la chaleur et le réconfort psychologique de ce bol de nouilles m’ont permis de traverser le creux de la vague. Mon allure est tombée à environ vingt-deux kilomètres à l’heure, mais je m’en fichais. J’ai commencé à remarquer le paysage — le soleil couchant qui filtrait à travers la brise-vent, les aigrettes qui s’envolaient des rizières, la lueur dorée réfléchie par le toit du temple de Mazu au loin.

À six heures et demie du soir, la nuit commençait à tomber. Le compteur affichait 203 kilomètres. Je me trouvais dans une petite ville de Changhua, j’ai trouvé une gare et j’ai décidé de m’arrêter là.

Ce que 200 km m’ont appris

Un : le ravitaillement n’est pas optionnel, il est obligatoire

Lors d’une longue distance, « manger » est une technique. Tu dois commencer à manger avant d’avoir faim, et manger les bonnes choses. Compter uniquement sur les gels énergétiques pour tenir 200 km n’est pas réaliste ; le corps a besoin d’aliments solides et de nutriments variés. La règle empirique que j’ai apprise par la suite : consommer 60 à 80 grammes de glucides par heure, et manger de la « vraie nourriture » (onigiri, pain, banane) toutes les deux heures.

Deux : la discipline d’allure décide de tout

Si tu vas trop vite dans la première moitié, tu t’effondres dans la seconde. Sur 200 km, les cent premiers kilomètres devraient te sembler « si faciles que c’en est ennuyeux », c’est ça, la bonne allure. J’ai maintenu trente kilomètres à l’heure sur les quatre-vingts premiers kilomètres, ça faisait du bien, mais le prix à payer a été un effondrement total dans la seconde moitié. Si j’avais réduit à vingt-six, vingt-sept sur la première moitié, mon état dans la seconde moitié aurait été bien meilleur.

Trois : la résilience mentale peut s’entraîner

Quand je me suis effondré au 160e kilomètre, j’ai failli appeler un taxi pour rentrer. Mais ce bol de nouilles, ces quinze minutes à ne rien faire, m’ont permis de retrouver une raison de continuer. Dans la seconde moitié d’une longue distance, soixante-dix pour cent est un combat psychologique. Ton corps peut encore bouger, mais ton cerveau crie déjà « arrête-toi ». Apprendre à coexister avec cette voix, plutôt que de se laisser contrôler par elle, est la compétence la plus essentielle en cyclisme de longue distance.

Quatre : un plan qui échoue est aussi un plan

Lors de cette tentative de Double Pagode en une journée, j’ai battu en retraite à Hsinchu. Mais ce n’était pas parce que je n’en étais pas capable, c’est parce que j’avais appris que « se retirer est aussi une stratégie ». Les conditions de vent et mon état physique ce jour-là m’ont dit que continuer comportait plus de risques que de bénéfices. Savoir quand s’arrêter est aussi important que savoir quand tenir bon.

Épilogue

Après ces 200 km, j’ai enchaîné plusieurs sorties de plus de deux cents kilomètres. La plus longue a été un tour du nord de Taïwan de 260 km. Chaque fois, c’était plus serein et plus agréable que la précédente. Mais avant chaque départ, je repense à ce moi qui mangeait des nouilles instantanées dans ce 7-11 de Dajia, les yeux rouges.

C’est un rappel important : ce que tu crois être ta limite n’est souvent qu’un palier. Une fois ce palier franchi, il y a encore un très long chemin à parcourir.


Conseils pratiques pour les sorties de plus de 200 km : installe absolument une lumière arrière (tu risques de rouler jusqu’à la nuit), emporte une veste coupe-vent légère (les écarts de température peuvent être importants), et mets un câble de charge et une batterie externe dans ta sacoche (pour la navigation et les urgences). Par ailleurs, repère à l’avance les supermarchés et restaurants sur l’itinéraire, et prévois un point de ravitaillement tous les 40 à 50 km.

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