Mise à jour des critères diagnostiques du déficit énergétique relatif (RED-S) : étude clinique chez les sportives
Cet article, fondé sur des revues internationales à comité de lecture telles que le Journal of Applied Physiology, Medicine & Science in Sports & Exercise, Sports Medicine et le British Journal of Sports Medicine, analyse en profondeur les preuves scientifiques du « syndrome de déficit énergétique relatif (RED-S) » dans le domaine de la physiologie du sport féminin. Il intègre également le climat, les événements sportifs et le contexte culturel sportif propres à Taïwan, afin de proposer des stratégies d’entraînement et de santé fondées sur des données probantes.
Dans le domaine de la physiologie du sport féminin, le « syndrome de déficit énergétique relatif (RED-S) » est un sujet à la fois riche en profondeur académique et en valeur pratique, mais longtemps mal compris ou négligé. Les connaissances accumulées par la science du sport au cours des dernières décennies ont principalement porté sur des hommes adultes en bonne santé, ce qui a fait que de nombreuses caractéristiques et besoins physiologiques uniques de la physiologie du sport féminin n’ont reçu une attention et une recherche systématiques que récemment. En réalité, les adolescents, les femmes et les groupes spéciaux (tels que les personnes âgées, les femmes enceintes et post-partum, les malades chroniques) diffèrent fondamentalement de « l’athlète masculin jeune standard » en termes de structure physiologique, d’environnement hormonal, de stade de développement et de contexte de santé. Si l’on applique directement les principes d’entraînement et les données physiologiques des hommes adultes à ces groupes, on risque au mieux une efficacité réduite, et au pire des dommages pour la santé. C’est précisément pourquoi il est si important de comprendre le « syndrome de déficit énergétique relatif (RED-S) » — cela nous permet de dépasser le mythe de la solution « unique pour tous » et de fournir à différents groupes des orientations scientifiques réellement adaptées à leur physiologie et à leurs besoins. Taïwan évolue vers une société vieillissante, la conscience de l’égalité des genres s’accroît et la participation sportive des adolescents se généralise ; ces tendances rendent l’application locale de la physiologie du sport féminin particulièrement pertinente. Cet article vous guidera des mécanismes physiologiques au niveau cellulaire et systémique, en passant par les études empiriques des plus grandes revues internationales, les relations quantitatives dose-effet, les différences de réponse entre les groupes, jusqu’aux applications d’entraînement directement opérationnelles et au contexte local taïwanais. Enfin, nous démystifierons les idées reçues qui circulent depuis longtemps, afin que votre compréhension du « syndrome de déficit énergétique relatif (RED-S) » repose véritablement sur la science, et non sur des ouï-dire ou des stéréotypes dépassés.
Revue de la littérature académique
Concernant l’exploration scientifique du « syndrome de déficit énergétique relatif (RED-S) », le domaine de la physiologie du sport féminin a accumulé des preuves rigoureuses et abondantes ces dernières années. Voici une sélection d’études représentatives, chacune ayant sa valeur en termes de conception méthodologique, de population étudiée et de force des conclusions, qui ensemble construisent notre compréhension actuelle :
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Mountjoy et al. (2018). Publication dans le British Journal of Sports Medicine de la mise à jour du consensus du CIO sur le RED-S, élargissant l’ancienne « triade de l’athlète féminine » à un syndrome de déficit énergétique multisystémique et transgenre.
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Nattiv et al. (2007). Prise de position de l’ACSM dans Medicine & Science in Sports & Exercise, définissant la relation continue entre la disponibilité énergétique, la fonction menstruelle et la densité osseuse.
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Loucks et al. (2011). Dans le Journal of Sports Sciences, démonstration expérimentale que lorsque la disponibilité énergétique est inférieure à 30 kcal par kilogramme de masse maigre, les pulsations de l’hormone lutéinisante et les hormones métaboliques sont supprimées.
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Melin et al. (2015). Développement dans le British Journal of Sports Medicine du questionnaire LEAF-Q, comme outil de dépistage du risque de déficit énergétique chez les athlètes féminines.
En examinant ces études, on constate que l’image scientifique du « syndrome de déficit énergétique relatif (RED-S) » s’approfondit continuellement grâce aux progrès des méthodes de recherche et à la prise de conscience croissante de la « spécificité des groupes ». Les premières études interprétaient souvent les données des adolescents, des femmes ou des groupes spéciaux directement à travers le cadre des hommes adultes, ignorant les différences fondamentales apportées par le stade de développement, le cycle hormonal, le processus de vieillissement ou le contexte pathologique. Les études de haute qualité récentes mettent de plus en plus l’accent sur des méthodes de recherche « conçues sur mesure pour des groupes spécifiques » — analyser les adolescents selon leur maturité biologique plutôt que leur âge chronologique, intégrer le cycle menstruel et la disponibilité énergétique comme variables de contrôle dans les études féminines, et évaluer en couches la résistance anabolique et le risque cardiovasculaire chez les personnes âgées. Cette évolution méthodologique nous permet de passer de « considérer les différences comme du bruit » à « faire des différences le cœur de la recherche ». Il convient de noter que ce domaine de recherche fait encore face à plusieurs défis : le nombre d’études sur les femmes et les groupes spéciaux reste inférieur à celui sur les hommes, et la taille des échantillons est souvent limitée ; le suivi longitudinal (en particulier le développement à long terme des adolescents) est coûteux ; et des considérations éthiques empêchent certaines interventions dans les populations vulnérables. Par conséquent, lors de l’interprétation des conclusions, nous devons à la fois accorder de l’importance aux perspectives spécifiques aux groupes révélées par ces études, et prêter attention au niveau de preuve et au champ d’application — une conclusion obtenue dans un groupe d’âge, de sexe ou d’état de santé particulier ne peut pas nécessairement être extrapolée à d’autres groupes. C’est cette double prudence concernant les différences entre groupes et la qualité des preuves qui constitue le fondement de l’application scientifique de la physiologie du sport féminin, et c’est aussi la position constante de cet article.
Mécanismes fondamentaux
Le cœur du syndrome de déficit énergétique relatif (RED-S) est un « apport énergétique insuffisant pour couvrir la dépense liée à l’exercice plus les besoins physiologiques de base » — c’est-à-dire une disponibilité énergétique (Energy Availability, EA) trop faible. Lorsque l’EA reste longtemps en dessous du seuil critique d’environ 30 kcal par kilogramme de masse maigre, le corps active un mode d’économie d’énergie, réduisant en priorité les fonctions physiologiques « non essentielles » pour maintenir la survie. Sur le plan endocrinien, les pulsations de la gonadolibérine (GnRH) hypothalamique sont supprimées, entraînant une baisse de l’hormone lutéinisante et de l’hormone folliculo-stimulante, ce qui conduit à un hypoœstrogénisme, une oligoménorrhée ou une aménorrhée. L’état d’hypoœstrogénie endommage directement la formation osseuse, accélère la perte osseuse, provoquant une diminution de la densité minérale osseuse et un risque accru de fractures de stress. Les effets destructeurs du RED-S vont bien au-delà de la reproduction et du squelette : il affecte également la diminution du métabolisme de repos, l’hypothyroïdie, l’immunosuppression, l’altération de la synthèse protéique, les modifications de la fonction cardiovasculaire, les problèmes gastro-intestinaux et la détérioration de la santé mentale (dépression, tendance aux troubles alimentaires). L’importance de la mise à jour du consensus du CIO de 2018 réside dans le fait qu’elle indique clairement qu’il s’agit d’un syndrome global multisystémique affectant les hommes et les femmes, et non d’une simple « triade » limitée aux femmes, tout en soulignant l’importance d’un dépistage précoce et d’une intervention interprofessionnelle. La clé de la récupération n’est pas de traiter un symptôme isolé, mais de rétablir une disponibilité énergétique suffisante.
Pour véritablement comprendre le « syndrome de déficit énergétique relatif (RED-S) », il faut revenir au contexte physiologique propre à la physiologie du sport féminin : comment un corps en développement, des hormones fluctuantes, des systèmes vieillissants ou les effets d’une maladie modifient la réponse à l’exercice aux niveaux cellulaire, tissulaire et systémique. Le tableau ci-dessous résume les points d’action de ce sujet à différents niveaux physiologiques, pour vous aider à construire une image complète des mécanismes :
| Niveau physiologique | Mécanismes clés | Implications pour l’entraînement et la santé |
|—|—|—|
| Endocrinien / hormonal | Différences entre groupes dans les hormones sexuelles, de croissance et métaboliques | Influence l’orientation de l’adaptation, la régulation énergétique et la santé reproductive/osseuse |
| Osseux et musculaire | Accumulation/perte de masse osseuse, composition des fibres musculaires et synthèse protéique | Détermine la densité osseuse, le développement de la force et le risque de blessure |
| Cardiovasculaire et métabolique | Caractéristiques propres au groupe dans le remodelage cardiaque, la VO₂max et l’utilisation des substrats | Influence la performance d’endurance, la récupération et la santé à long terme |
| Neurologique et psychologique | Contrôle neuromusculaire, motivation et besoins psychosociaux | Détermine le développement des compétences, la prévention des blessures et la participation continue |
Il faut particulièrement souligner les deux dimensions que sont le « stade de développement » et les « différences individuelles ». Une même intervention, à différents niveaux de maturité, âges, sexes, états hormonaux ou conditions de santé, peut produire des effets radicalement différents, voire opposés — c’est précisément là que la physiologie du sport féminin est la plus susceptible d’être induite en erreur par des recommandations trop simplifiées. Prenons l’exemple des adolescents : les effets, les risques et le moment optimal d’un même stimulus d’entraînement diffèrent avant et après le pic de vitesse de croissance (PHV). Pour les femmes, la disponibilité énergétique et la fonction menstruelle sont des régulateurs clés derrière de nombreuses réponses physiologiques. Pour les personnes âgées, la résistance anabolique et la vitesse de dégradation donnent au « stimulus d’intensité » une signification différente de celle des jeunes. Le « syndrome de déficit énergétique relatif (RED-S) » mérite d’être exploré en profondeur précisément parce qu’il peut affecter de manière ciblée certains maillons clés de la physiologie du sport féminin. Plus on comprend les mécanismes en profondeur, plus on est capable de juger « pour qui, à quel stade, quoi faire, et combien », plutôt que d’appliquer aveuglément des règles générales inadaptées. Cette capacité d’ajustement en fonction du groupe et du contexte individuel est précisément la ligne de partage entre ceux qui maîtrisent la physiologie du sport féminin et ceux qui s’entraînent à l’aveugle.
Relation dose-effet
En physiologie du sport féminin, le principe fondamental est que « la dose détermine l’effet », mais cette dose doit souvent être recalibrée en fonction des caractéristiques de la population concernée. Une stimulation trop faible n’atteint pas le seuil d’adaptation et ne produit aucun bénéfice ; une charge trop élevée peut dépasser la capacité de compensation des populations vulnérables, entraînant des blessures, des perturbations du développement ou des dommages pour la santé. Le tableau ci-dessous présente la relation dose-effet du « syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S) », qui constitue la référence quantitative la plus importante pour l’élaboration de programmes d’entraînement et de santé adaptés à des populations spécifiques :
| Dose / Condition | État physiologique | Effets et points clés |
|---|---|---|
| EA ≥45 kcal/kg de masse maigre | État énergétique sain | Soutient un fonctionnement endocrinien, osseux et des adaptations à l’entraînement normaux |
| EA 30–45 kcal/kg de masse maigre | Zone sous-optimale / à risque | Certaines fonctions physiologiques commencent à être affectées, nécessite une surveillance |
| EA <30 kcal/kg de masse maigre | Déficit énergétique clinique | Suppression des pulses de LH, baisse des œstrogènes, perte osseuse |
| Faible EA chronique à long terme | Manifestation complète du RED-S | Aménorrhée, fractures de stress, détérioration métabolique et psychologique |
Comme le montre le tableau ci-dessus, la relation dose-effet en physiologie du sport féminin présente souvent une courbe en seuil ou en U inversé : avant d’atteindre la dose efficace, les bénéfices augmentent avec la dose ; mais au-delà d’un certain point critique, non seulement il n’y a aucun bénéfice supplémentaire, mais les risques et les coûts augmentent rapidement — ce qui est particulièrement crucial pour les populations vulnérables (adolescents en développement, femmes sujettes aux déséquilibres énergétiques, personnes âgées dont la capacité de compensation diminue). Cela signifie que « trouver la dose optimale pour cette population et pour l’individu » est bien plus important que « chercher toujours plus et plus fort ». Il est recommandé, dans la pratique, de surveiller en continu les réactions à l’aide d’indicateurs objectifs (performance, récupération, marqueurs de santé, ressenti subjectif) et de calibrer en fonction des caractéristiques de la population et des données individuelles. N’oubliez pas : la moyenne de groupe d’une étude est un point de départ, pas une fin ; la maturité, l’état hormonal, le contexte de santé et la génétique de chacun entraînent un décalage individualisé de la dose optimale. Seul un calibrage basé sur vos propres données et une évaluation professionnelle permet de transformer en toute sécurité la science de groupe en prescription individuelle.
Différences entre populations
Les effets du « syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S) » ne sont pas égaux pour tous. L’âge et la maturité, le sexe, le niveau d’entraînement, l’état hormonal, les conditions de santé et le bagage génétique modulent tous significativement l’amplitude de la réponse individuelle. Ignorer ces différences et appliquer une recommandation unique est l’une des erreurs les plus courantes et les plus dangereuses dans l’application de la physiologie du sport féminin.
| Aspect de la population | Caractéristiques de réponse | Recommandations pratiques |
|---|---|---|
| Débutants vs avancés | Les avancés ont des adaptations matures, une meilleure tolérance mais une marge de progression plus réduite | Les débutants doivent progresser prudemment, établir d’abord une base avant d’augmenter la charge |
| Hommes vs femmes | Caractéristiques hormonales, de composition corporelle, osseuses et métaboliques différentes | Les femmes nécessitent une évaluation individualisée de l’énergie, du fer et de la santé osseuse |
| Jeunes vs âgés | Les personnes âgées récupèrent plus lentement, ont une résistance anabolique et une dégénérescence accélérée | Les personnes âgées ont besoin d’une intensité de stimulation suffisante mais d’une récupération plus longue et de dépistages |
| Stade de développement | La maturité influence la direction de l’adaptation, les risques et le moment opportun | Organiser l’entraînement selon la maturité biologique plutôt que l’âge chronologique |
Concernant les considérations spécifiques à ce sujet : le RED-S ne se limite pas aux femmes ; les athlètes masculins peuvent également présenter une baisse de testostérone, une perte de densité osseuse et une dégradation des performances. Chez les athlètes adolescents, qui doivent en parallèle satisfaire leurs besoins de croissance, les conséquences d’un déficit énergétique sont encore plus graves.
En interprétant les différences individuelles, il faut également se méfier d’un piège statistique : les études rapportent surtout la « réponse moyenne du groupe », mais sous cette moyenne se cachent souvent d’énormes variations individuelles. Dans une même intervention, certaines personnes peuvent être de fortes répondeuses, d’autres ne répondre presque pas. C’est pourquoi, même si une étude montre une « efficacité moyenne », vous devez tout de même confirmer l’adéquation en combinant évaluation professionnelle et réaction personnelle. Prenons l’exemple des populations sportives courantes à Taïwan : qu’il s’agisse d’adolescents accablés par les études, de femmes jonglant entre famille et entraînement, ou de personnes d’âge mûr recherchant un vieillissement en bonne santé, comprendre correctement les caractéristiques physiologiques de son propre groupe permet d’éviter les conséquences inefficaces, voire néfastes, de « copier le programme des autres ». Après avoir compris les différences entre populations, vous réaliserez que les recommandations véritablement professionnelles en physiologie du sport féminin sont toujours des prescriptions individualisées, « variables selon la personne et le stade », et non des slogans universels.
Application pratique à l’entraînement
La théorie doit finalement se concrétiser dans les opérations pratiques d’entraînement et de santé. Voici un cadre pratique pour transformer le « syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S) » en applications concrètes :
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Adaptation à la population : Toutes les recommandations d’entraînement et de santé doivent d’abord se demander « cela convient-il à cette population ? » — les adolescents privilégient le développement et la protection, les femmes l’énergie et la santé osseuse, les personnes âgées la sécurité et le maintien fonctionnel ; les points de départ sont différents.
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Progression et surveillance : Partir d’un point de départ adapté et progresser graduellement, en surveillant en continu les réactions à l’aide d’indicateurs objectifs (performance, récupération, marqueurs de santé) et du ressenti subjectif, avec des ajustements dynamiques selon l’état individuel.
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La santé avant la performance : Pour les populations vulnérables, la santé à long terme (développement, os, endocrinien, cardiovasculaire) prime toujours sur la performance à court terme ; il ne faut jamais sacrifier la santé pour un chiffre éphémère.
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Contexte global : L’entraînement n’est qu’une pièce du puzzle ; le sommeil, la nutrition (en particulier la disponibilité énergétique), la récupération, le soutien psychologique et social sont tout aussi essentiels. Une intervention isolée ne peut pas compenser un déséquilibre global.
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Collaboration professionnelle : Face aux adolescents en croissance, aux problématiques de santé spécifiques aux femmes ou aux populations âgées et atteintes de maladies chroniques, solliciter en temps utile une évaluation collaborative de professionnels (entraîneurs, médecins, nutritionnistes, psychologues) est une garantie de sécurité et d’efficacité.
Prenons l’exemple d’une planification concrète : lors de l’élaboration d’un programme, il faut d’abord clarifier les caractéristiques de la population cible et son contexte de santé, puis définir des objectifs, des doses et des indicateurs de surveillance raisonnables. L’erreur la plus fréquente est de transposer directement les pratiques observées sur les réseaux sociaux ou chez des adultes d’élite aux adolescents, aux femmes ou aux personnes âgées, en ignorant les différences physiologiques sous-jacentes — c’est précisément ce que la physiologie du sport féminin s’efforce d’éviter. L’entraînement et la vie quotidienne constituent le meilleur laboratoire pour observer les réactions des populations et des individus et établir des données personnalisées.
Il est recommandé d’intégrer le journal d’entraînement et le suivi de santé, en enregistrant les indicateurs clés (comme la croissance et les blessures chez les adolescents, le cycle menstruel et le statut en fer chez les femmes, la force musculaire et la récupération chez les personnes âgées) ainsi que le contenu des séances et les réactions corporelles. Après plusieurs semaines à plusieurs mois d’accumulation, la valeur de cette base de données personnalisée dépassera de loin celle de n’importe quel guide générique. De plus, ne négligez pas la « récupération et le développement à long terme », un aspect souvent sous-estimé — pour les populations vulnérables, rechercher excessivement des progrès à court terme au détriment de la récupération et de la santé mène souvent à des blessures, de l’épuisement ou des problèmes de santé, interrompant ainsi le moteur du progrès à long terme. En prenant sérieusement l’adaptation à la population et la priorité à la santé comme principes fondamentaux de l’entraînement, vos résultats et votre sécurité seront nettement différents.
Application locale à Taïwan
Le climat, le relief, la structure sociale et la culture sportive uniques de Taïwan confèrent une couleur locale marquée à l’application du « syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S) ». Côté climat, les étés chauds et humides et les hivers froids et humides posent des défis supplémentaires à différentes populations (en particulier les adolescents et les personnes âgées, dont les capacités de thermorégulation diffèrent) ; côté relief, le dénivelé extrême allant du niveau de la mer jusqu’au mont Wuling à 3 275 mètres offre un terrain d’entraînement riche ; côté société, Taïwan entre dans une société vieillissante, subit une forte pression liée aux examens d’entrée, et la conscience de l’égalité des genres progresse — tous ces facteurs influencent profondément la situation sportive des différentes populations.
Prenons des exemples locaux : les athlètes adolescents sont souvent pris entre la pression scolaire et l’entraînement, sans planification systématique de récupération ni de développement à long terme ; les femmes sportives font face à un manque d’attention sur la disponibilité énergétique, le fer, la santé osseuse et les problématiques de santé spécifiques aux femmes ; les personnes âgées ont besoin d’environnements et de communautés sportives conviviaux, sûrs et inclusifs, capables d’accueillir différentes capacités. En tirant parti des supérettes omniprésentes pour le ravitaillement, de la diversité des itinéraires de cyclisme et de course à pied, et des communautés sportives en pleine croissance, tout en concevant des activités adaptées aux différentes populations (comme le développement polyvalent des adolescents, des équipements et environnements adaptés aux femmes, des sorties en groupe pour les personnes âgées), la science de la physiologie du sport féminin pourra véritablement s’appliquer à chaque passionné de sport à Taïwan, favorisant la santé et la participation sportive pour tous.
Démystification des idées reçues
Idée reçue : « Être plus mince rend plus rapide, et plus le taux de graisse corporelle est bas, mieux c’est. » Une perte de poids à court terme peut améliorer le rapport puissance/poids, mais une faible disponibilité énergétique à long terme déclenche le RED-S, entraînant à l’inverse des fractures, une aménorrhée, une immunodépression et une dégradation durable des performances ; un apport énergétique sain est le fondement d’une performance durable.
Si ces idées reçues sont si répandues, c’est souvent parce qu’elles « semblent logiques », qu’elles se transmettent facilement de bouche à oreille, ou qu’elles proviennent d’une application inappropriée de conceptions issues de l’homme adulte à d’autres groupes. Pourtant, la valeur de la science réside précisément dans sa capacité à éprouver l’intuition par des preuves rigoureuses : nombre d’idées qui paraissent aller de soi ne résistent pas à des études rigoureuses menées sur des groupes spécifiques. La physiologie du sport féminin est particulièrement saturée de stéréotypes dépassés et de discours simplistes à l’excès, qui compressent des différences de groupe complexes, des stades de développement et des variations individuelles en un simple slogan. La prochaine fois que vous entendrez un conseil sportif péremptoire destiné aux adolescents, aux femmes ou à des groupes spécifiques, posez-vous la question : « Quel est le niveau de preuve de cette affirmation ? S’agit-il d’une étude menée sur ce groupe ? Ou bien s’agit-il de conclusions issues d’un autre groupe simplement transposées ici ? » Cultiver cette pensée critique, fondée sur les preuves et attentive aux spécificités de chaque groupe, a plus de valeur que de mémoriser n’importe quelle conclusion unique, et constitue une étape clé pour faire de la physiologie du sport féminin une discipline scientifique et éviter les blessures.
Conclusion
Le « syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S) » est un sujet de la physiologie du sport féminin qui allie profondeur théorique et valeur pratique. Comme le montrent les preuves issues des revues internationales examinées dans cet article, les adolescents, les femmes et les groupes spécifiques présentent des caractéristiques et des besoins physiologiques uniques dans le sport ; ils ne sont en aucun cas des « versions réduites » ou des « cas particuliers » de l’homme adulte — comprendre et respecter ces différences est précisément le point de départ d’un entraînement scientifique et individualisé. L’essentiel est de maîtriser les mécanismes, de calibrer les doses, d’ajuster en fonction du groupe et de l’individu, et de toujours placer la santé à long terme au-dessus de la performance à court terme. Pour les amateurs de sport à Taïwan, tout en maîtrisant les principes scientifiques, il faut également les combiner au contexte local — climat, environnement et société — pour transformer les règles générales en prescriptions adaptées à son propre groupe et à sa propre personne. Puisse chaque adolescent, chaque femme et chaque personne âgée qui transpire à l’effort sur son chemin de croissance et à chaque étape de sa vie, grâce à la sagesse de la physiologie du sport féminin, profiter de la joie et des bienfaits du sport en toute sécurité, en bonne santé et durablement. La valeur du sport n’a jamais dépendu de l’âge, du sexe ou des conditions — faisons de la science une force dont chacun puisse bénéficier.
Lectures complémentaires
- Déficit énergétique relatif (RED-S) : causes, signes d’alerte, effets sur les os et le système endocrinien, et comment demander de l’aide
- RED-S, syndrome de déficit énergétique relatif : le signal d’alarme sur l’apport énergétique des sportives
- Le déficit énergétique chez les coureuses (RED-S) : identification des dangers et prévention
- Le RED-S chez les coureuses : le déficit énergétique relatif ne se résume pas à « manger moins »
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