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Rencontrer le ciel au sommet des montagnes : la légende des soucoupes volantes de la ligne UFO, le massif du mont Ishizuchi et une balade à couper le souffle, une fois dans une vie

挑戰心得

Rencontrer le ciel au sommet des pics : la légende des OVNI de la ligne UFO, le massif d'Ishizuchi et une randonnée à couper le souffle, une fois dans une vie

Certaines routes, on les mesure à l’aune de leur difficulté ; d’autres, on ne peut les décrire qu’à l’aune de leur beauté. La ligne UFO de Shikoku appartient à la seconde catégorie — c’est une route qui, au moment où vous êtes sur le point de pleurer à force de grimper, vous coupe soudainement le souffle devant un paysage à couper le souffle. Les habitants l’appellent « la route du ciel », et la première fois que je l’ai gravie, j’ai immédiatement compris tout le poids de ce nom.

Un malentendu romantique à propos d’OVNIS

Le nom officiel de cette route est en réalité très simple : « route municipale Kamegamori-sen », ou « route forestière de Kamegamori ». Et son nom d’origine était « ligne Yūhō (ゆうほう) » — car elle relie, tout au long de son parcours, une série de sommets majestueux et imposants de la chaîne de montagnes de Shikoku. Les caractères « Yūhō » sont l’hommage le plus direct à cette topographie.

Alors, d’où vient ce nom à la science-fiction, « ligne UFO » ? L’histoire comporte une part de hasard romantique : on raconte qu’en 1962, un alpiniste aurait pris, près de cette route, une photo d’un objet volant non identifié (OVNI) présumé. Cette rumeur teintée de mystère se répandit rapidement, et comme la prononciation japonaise de « Yūhō (ゆうほう) » ressemblait étrangement à « UFO », avec le temps, les gens ont commencé, à moitié en plaisantant, à moitié sérieusement, à appeler cette route la « ligne UFO ».

Une coïncidence de prononciation, une vieille photo à l’authenticité douteuse, et voilà qu’une route de crête se voit drapée d’un voile de mystère éternel. Quant aux motards et aux habitants locaux, ils préfèrent l’appeler d’un autre nom — « la route du ciel ».

Lorsque vous roulez vraiment sur cette crête, vous trouvez ces deux noms parfaitement appropriés. Elle est suspendue au-dessus des nuages, comme si elle menait réellement vers un monde au-delà de la Terre ; et la manière dont elle s’étend le long des sommets des montagnes ressemble effectivement à une route flottant dans le ciel.

Debout sur le toit du Japon occidental

Pour comprendre l’importance géographique de cette route, il faut d’abord connaître la scène sur laquelle elle se trouve — le massif d’Ishizuchi.

Le mont Ishizuchi est le plus haut sommet du Japon occidental, et le point culminant géographique et spirituel de Shikoku. C’est un lieu sacré de la foi montagnarde depuis l’Antiquité. Et la ligne UFO, cette crête, se trouve précisément au cœur de ce massif, le plus élevé de l’ouest du Japon, reliant des sommets renommés tels que le mont Kanzan (environ 1 176 mètres d’altitude), le mont Iyo Fuji (environ 1 756 mètres) et le mont Kamegamori (environ 1 897 mètres).

En d’autres termes, lorsque vous roulez sur cette route, vous ne levez pas les yeux vers les montagnes depuis la vallée, mais vous roulez sur le dos des montagnes, à égalité avec ces sommets célèbres. C’est une perspective très unique. La plupart des itinéraires de montée vous « amènent » au flanc ou au sommet d’une montagne ; la ligne UFO, elle, vous fait « marcher » le long de la ligne d’horizon d’une chaîne entière, avec d’un côté une mer de montagnes, et de l’autre une autre mer de montagnes. Cette sensation d’être enveloppé par les sommets, comme si vous marchiez sur les nuages, est son âme la plus irremplaçable.

Par temps clair, vous pouvez distinctement apercevoir au loin la ligne de crête majestueuse du massif d’Ishizuchi, et par très beau temps, la vue peut même s’étendre jusqu’à l’océan Pacifique qui scintille au loin. À cet instant, vous oubliez à quel point vos jambes sont douloureuses, pour ne vous souvenir que d’une chose : vous vous tenez à un endroit incroyablement proche du ciel.

Une ligne de crête qui traverse deux préfectures

Cette route possède également une caractéristique géographique facile à négliger, mais pourtant romantique : elle est située dans la ville de Saijō, préfecture d’Ehime, mais la ligne de crête traverse précisément la frontière entre les préfectures d’Ehime et de Kōchi.

Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que pendant votre parcours, vous passerez, sans même vous en rendre compte, d’une préfecture à une autre, et peut-être même que vous reviendrez. Cette sensation de « chevaucher deux préfectures d’un même coup » ajoute une dimension géographique rituelle et amusante à cette randonnée. La ligne de crête est elle-même une ligne de partage des eaux naturelle et une frontière administrative, et vous, vous longez cette ligne de partage de la terre, mesurant centimètre par centimètre, avec vos deux roues, l’échine de Shikoku.

Récit de randonnée à la première personne : ce jour-là sur la route du ciel

Je veux honnêtement raconter ce jour-là, toutes les émotions que j’ai vécues sur cette route.

La section d’approche vers la crête était longue et silencieuse. Je retenais délibérément mes forces, me rappelant que « le meilleur reste à venir ». La forêt était dense, les cigales ne cessaient de chanter, et la sueur tombait goutte à goutte sur le cadre de mon vélo. Tout en grimpant, je calculais mentalement la répartition de mes provisions et de mon énergie — c’est une route qui demande à être « gérée », on ne peut pas compter sur un simple élan d’enthousiasme.

Puis, juste après un virage, la forêt s’est soudainement retirée, et le ciel s’est ouvert devant moi, sans le moindre avertissement.

Je me souviendrai toujours de cet instant. La route s’étendait à l’infini le long du dos de la montagne, flanquée de vallées profondes et de nuages bouillonnants, et au loin, des sommets superposés, d’un bleu tirant sur le gris. Presque instinctivement, j’ai serré les freins, je me suis arrêté sur le bord de la route, et je suis resté là, bouche bée, à regarder tout cela. Ce n’était pas quelque chose qu’on pouvait décrire comme « le paysage est beau », c’était une émotion presque sacrée, qui serrait la gorge. J’ai enfin compris pourquoi les gens l’appelaient « la route du ciel ».

La section de crête qui a suivi fut un duel entre beauté et douleur. Cette route n’a rien de doux — elle ne cesse de monter, de descendre, puis de remonter, chaque ondulation épuisant la force de mes jambes. Le vent sur la crête était fort, la route étroite, et je devais être vigilant à chaque virage pour surveiller l’éventuelle arrivée de voitures. Mais à chaque fois que, baissant la tête pour reprendre mon souffle pendant une montée, j’étais sur le point d’abandonner, il me suffisait de lever les yeux pour que ce paysage grandiose, irréel, me frappe à nouveau et me redonne toute mon énergie.

Ce jour-là, j’ai ainsi parcouru toute la crête, oscillant entre « baisser la tête et pédaler dans la douleur » et « lever les yeux et m’émerveiller, bouleversé ». Lorsque j’ai enfin terminé, en me retournant pour contempler cette route qui serpentait au sommet des montagnes, j’ai su que ce serait un jour dont je me souviendrais toute ma vie.

Ce que cette route signifie pour les cyclistes

Si le mont Fuji est un interrogatoire pur de votre « moteur aérobie », la ligne UFO est, elle, un appel romantique à « l’âme du cycliste ».

Ce n’est pas le genre de route dont vous rentrez chez vous en voulant vous vanter d’avoir « encore battu mon record de quelques minutes et secondes ». C’est le genre de route dont vous rentrez chez vous, que vous regardez les photos encore et encore, que vous fixez l’écran d’un air rêveur, puis que vous dites à chacun de vos amis : « Tu dois absolument aller la parcourir une fois. » Sa valeur ne réside pas dans les données, mais dans l’expérience ; pas dans la conquête, mais dans la rencontre.

Pour de nombreux cyclistes, la ligne UFO représente l’aspiration ultime à la « randonnée panoramique » — celle pour laquelle vous êtes prêt à payer le prix d’une longue distance, de montées répétées et d’une préparation minutieuse, pour une image, pour un paysage. Elle nous rappelle que le plaisir le plus primitif du vélo n’est peut-être pas de devenir plus rapide ou plus fort, mais de pouvoir, par ses propres forces, atteindre ces endroits, les plus proches du ciel, que les voitures et la foule ne peuvent pas atteindre.

Un paysage limité à certaines saisons

La ligne UFO révèle des visages radicalement différents selon les saisons, et ses restrictions saisonnières sont particulièrement strictes.

  • Hiver (environ de fin novembre à début avril) : en raison de la neige, la route est fermée et impraticable. C’est une restriction stricte à ne pas oublier.
  • Fin du printemps à début de l’été : au début de la réouverture de la route, les montagnes sont d’un vert tendre et l’air est frais ; c’est le moment idéal pour expérimenter le réveil de la crête.
  • Été : il fait très chaud en bas, mais la crête, à haute altitude, est relativement fraîche ; c’est un excellent choix pour une randonnée estivale. Cependant, le brouillard et les changements de temps sont fréquents l’après-midi ; il faut être particulièrement attentif à la météo.
  • Automne : si la météo et l’état de la route le permettent, les montagnes de Shikoku se parent à l’automne de couleurs chatoyantes, et la crête s’étend entre des sommets teintés de rouge et de jaune ; c’est, pour beaucoup, la plus belle saison de cette route.

N’oubliez jamais, quelle que soit la saison, de vérifier avant de partir si la route est ouverte, ainsi que la météo et la visibilité du jour. Cette route est bien plus sensible aux conditions météorologiques qu’un itinéraire classique.

Suggestions d’itinéraires complémentaires : approfondir votre voyage à Shikoku

Puisque vous êtes venu à Shikoku, cette terre enveloppée de montagnes et de mer, il serait vraiment dommage de ne parcourir qu’une seule ligne de crête et de repartir. Voici quelques pistes qui méritent que vous organisiez un itinéraire plus complet (pour les informations pratiques sur les sites, les horaires d’ouverture et l’état des transports, veuillez impérativement consulter vous-même les dernières informations avant de partir) :

Les environs du mont Ishizuchi — approcher la montagne sacrée du Japon occidental

Puisque la ligne UFO enserre le massif d’Ishizuchi, pourquoi ne pas prendre le temps d’approcher ce plus haut sommet du Japon occidental. Le mont Ishizuchi est un lieu sacré de la foi montagnarde depuis l’Antiquité ; ses environs offrent de nombreux sentiers de randonnée, un téléphérique et des paysages naturels variés. C’est un endroit idéal pour ressentir la culture montagnarde de Shikoku. Pour les cyclistes passionnés de montagne, pouvoir à la fois parcourir la crête à vélo et approcher la montagne sacrée à pied constitue un voyage montagnard très complet.

La ville de Saijō — eaux réputées et terroir local

En tant que lieu d’origine de cette route, la ville de Saijō, dans la préfecture d’Ehime, est elle-même une ville qui mérite d’être explorée. Cette région est réputée pour ses sources souterraines abondantes et ses eaux célèbres ; les coutumes locales, la culture culinaire et les spécialités ont chacune leur caractère. Après avoir parcouru la crête, trouver un endroit en ville pour bien se ravitailler et se reposer, en ressentant le rythme tranquille d’une petite ville de Shikoku, constitue une conclusion douce au voyage.

Les spécialités culinaires de Shikoku — se récompenser avec un bon repas

Chaque région de Shikoku offre des spécialités locales et des plats du terroir qui méritent le détour. Après avoir terminé une longue sortie sur les crêtes, votre corps réclame désespérément de l’énergie. Profitez de votre voyage pour chercher un repas local consistant et récupérer, bouchée après bouchée, l’énergie durement dépensée. Les restaurants réputés sont nombreux dans cette région, chacun avec son caractère propre. Avant de vous y rendre, pensez à vérifier les horaires d’ouverture du jour pour éviter d’arriver devant une porte close.

Conclusion : certaines routes sont faites pour être rencontrées

Le soir où j’ai terminé l’UFO Line, assis au pied de la montagne, je repensais à cette route suspendue au sommet des pics. Ce qu’elle m’a donné, ce n’est pas un résultat impressionnant, mais des images et des émotions qui ne s’estomperont jamais, ni en un jour, ni en une vie.

Je pense que c’est là tout le charme de cette route. À une époque où tout se mesure en données, en efficacité, en classements, l’UFO Line rappelle doucement à chaque cycliste : certaines routes ne sont pas faites pour être « conquises », mais pour être « rencontrées ». Vous rencontrez la mer de nuages, vous rencontrez les sommets, vous rencontrez la lueur du Pacifique, et vous rencontrez aussi cette version de vous-même qui accepte de donner une journée entière d’efforts pour un paysage.

Si un jour vous avez l’occasion de venir à Shikoku à vélo, d’emprunter cette route du ciel, souvenez-vous — à un virage où la forêt s’efface et où le ciel s’ouvre soudainement, arrêtez-vous. Pas pour prendre une photo, pas pour un check-in, mais simplement pour graver profondément dans votre cœur ce paysage céleste qui s’offre à vous. Car une telle rencontre n’a peut-être lieu qu’une fois dans une vie.

La foi montagnarde : l’âme millénaire portée par ces montagnes

Pour vraiment comprendre l’UFO Line, il ne faut pas la voir seulement comme une belle route de crête. Il faut saisir la profonde tradition de foi montagnarde qui imprègne cette terre.

Le mont Ishizuchi, plus haut sommet de l’ouest du Japon, est depuis l’Antiquité un lieu sacré majeur du « Shugendō ». Le Shugendō est une croyance typiquement japonaise qui fusionne le culte des montagnes, le bouddhisme et le shintoïsme. Ses adeptes croient qu’en escaladant, en marchant et en s’imposant des ascèses dans les montagnes escarpées, ils peuvent purifier leur corps et leur esprit, entrer en communion avec les esprits de la nature et acquérir une force spirituelle. Depuis des siècles, d’innombrables ascètes ont foulé ces sentiers accidentés, faisant de ces montagnes leur dojo de pratique.

Lorsque vous roulez sur cette crête, vous marchez en réalité sur une terre imprégnée de foi depuis mille ans. Ce contexte ajoute une épaisseur sacrée et solennelle à un paysage déjà magnifique. Vous comprenez alors pourquoi les Japonais vouent aux montagnes une vénération quasi religieuse — la montagne n’a jamais été seulement une élévation géographique, mais un lieu où l’âme réside et où l’esprit fait pèlerinage.

En roulant dans de telles montagnes, si vous acceptez de ralentir et de ressentir, vous découvrirez que chaque coup de pédale résonne, par-delà le temps et l’espace, avec les âmes qui ont pratiqué dans ces montagnes depuis des millénaires.

Lumières, ombres et nuages : un théâtre en perpétuel changement sur la crête

Tous ceux qui ont roulé sur l’UFO Line vous le diront : le ciel de cette route est un théâtre dont le rideau ne tombe jamais.

Parce qu’on se trouve sur une crête de haute altitude, la distance qui vous sépare des nuages est incroyablement courte. Parfois, la brume s’élève lentement de la vallée, comme une vague au ralenti, recouvrant peu à peu la chaussée et enveloppant toute la crête dans un blanc laiteux et brumeux — à cet instant, la « route du ciel » devient véritablement une « route dans les nuages ». Vous semblez rouler aux confins du paradis, n’entendant plus que votre propre respiration et la route qui apparaît et disparaît.

Et quand la brume se dissipe, que la lumière du soleil déferle, tout le massif redevient en un instant d’une netteté et d’un relief saisissants. La lumière joue entre les crêtes et les ravins, les ombres et les lumières s’entrecroisent, les plans se superposent, et le mont Ishizuchi au loin semble à portée de main. Cette mouvance perpétuelle — « les nuages qui vont et viennent, la lumière qui paraît et s’efface » — fait de chaque sortie une expérience unique et irremplaçable. Vous ne savez jamais ce que ce théâtre du ciel vous réserve au prochain virage.

C’est précisément pour cela que je dis souvent que l’UFO Line mérite d’être parcourue plus d’une fois. Car même sur la même route, la même crête, à des saisons, des météos et des heures différentes, elle vous offre un visage totalement différent.

Pourquoi venir de si loin

Certains se demanderont peut-être : Taïwan a déjà son Wuling, ses pics du mont Hehuan, et d’innombrables routes de montagne spectaculaires. Pourquoi alors faire le déplacement jusqu’à Shikoku pour rouler sur cette UFO Line ?

Ma réponse est la suivante : chaque montagne a une âme qui lui est propre. Wuling a sa majesté, le mont Hehuan a son immensité, et l’UFO Line possède ce caractère unique de « marcher sur la ligne d’horizon des sommets, à hauteur des montagnes célèbres, enveloppé de foi et de légendes ». Elle ne cherche pas à remplacer les routes que vous connaissez, mais à ouvrir, dans votre vie de cycliste, une fenêtre vers d’autres terres, d’autres cultures, d’autres émotions.

Lorsque vous mettez votre vélo dans un sac, traversez l’océan, arrivez sur une terre totalement inconnue, et mesurez avec la force la plus primitive qui soit — la vôtre — une crête étrangère, cet acte en lui-même est chargé de romantisme et de poids d’aventure. Ce que vous ramenez, ce ne sont pas seulement des photos et des résultats, mais un souvenir qui a élargi les frontières de votre vie. Et c’est précisément là la valeur la plus envoûtante et la plus précieuse du « voyage à vélo ».

À chaque cycliste en quête de paysages d’exception

Pour finir, je voudrais dédier cet article à vous tous qui portez en vous le « rêve de rouler vers des paysages d’exception ».

Peut-être êtes-vous encore essoufflé en gravissant la petite colline près de chez vous, peut-être pensez-vous que Shikoku, que la route du ciel, est encore loin de vous. Mais croyez-moi, toutes les grandes chevauchées commencent par un petit désir. Chaque goutte de sueur versée sur les pentes près de chez vous, chaque once d’endurance travaillée, est une épargne silencieuse pour un jour, pour une route de rêve que vous convoitez.

L’UFO Line vous y attendra. Elle ne presse pas, ne juge pas, elle flotte simplement, immobile, au sommet des pics de Shikoku, attendant chaque cycliste prêt à fournir l’effort, à porter le respect, à désirer rencontrer le ciel. Le jour où vous serez enfin prêt, où vous vous tiendrez enfin sur cette crête, vous remercierez du fond du cœur ce vous d’autrefois qui n’a pas abandonné et a continué à pédaler.

Route du ciel, au plaisir de se retrouver. Puissions-nous tous, un matin où les nuages s’ouvrent et le soleil se lève, au sommet des pics, rencontrer profondément le plus beau des paysages.

Trois sommets célèbres, trois caractères

Comme mentionné précédemment, cette crête relie des sommets célèbres comme le mont Kanzan, l’Iyo Fuji et le Kamegamori. Je voudrais prendre un peu plus de temps pour vous présenter ces trois montagnes au caractère bien trempé, car lorsque vous savez que vous roulez entre leurs bras, le voyage gagne en relief et en histoire.

Le mont Kanzan (environ 1 176 mètres d’altitude), rien qu’à son nom, porte une aura glaciale. C’est un sommet relativement « accessible » sur cette crête, mais c’est aussi ce nom plein d’images qui en fait la première impression que beaucoup de cyclistes gardent de cette région. Quand le vent de la crête siffle à vos oreilles, vous vous dites sincèrement que le nom de « vent froid » est on ne peut plus mérité.

L’Iyo Fuji (environ 1 756 mètres d’altitude) est l’une des rares montagnes de la région à porter le nom de « Fuji ». Au Japon, les montagnes élégantes qui ressemblent au mont Fuji reçoivent souvent un surnom composé du nom de leur région suivi de « Fuji », appelé « Fuji local » ou « Fuji régional ». Iyo est l’ancien nom de la préfecture d’Ehime ; « Iyo Fuji » est donc la montagne fière, belle comme le Fuji, dans le cœur des habitants d’Ehime. Sa silhouette élancée en fait un repère très reconnaissable sur la crête.

Le Kamegamori (environ 1 897 mètres d’altitude) est le plus haut des trois sommets et celui qui donne son nom à cette route forestière (la route forestière de Kamegamori). Il est majestueux et silencieux, et ses vastes prairies au sommet sont particulièrement réputées, considérées comme un lieu secret par de nombreux alpinistes. Lorsque vous roulez sur la crête à son pied et levez les yeux vers cette silhouette imposante, il est difficile de ne pas ressentir de respect devant le génie de la nature.

Parcourir l’UFO Line, c’est, d’une certaine manière, une rencontre successive avec ces trois sommets célèbres. En les connaissant, chacun de vos regards vers le haut gagnera une émotion supplémentaire : « Ah, c’est donc à ses côtés que je roule. »

Faire de la sortie un véritable voyage au cœur de Shikoku

J’encourage souvent les cyclistes à ne pas considérer une expédition simplement comme « aller rouler sur une route », mais à l’intégrer dans un voyage plus complet. Shikoku est précisément une terre qui mérite d’être savourée lentement.

Cette quatrième plus grande île du Japon est réputée pour sa nature authentique, sa culture de foi profonde (c’est ici que se trouve le célèbre pèlerinage de Shikoku, le Henro), ses produits abondants et la chaleur de ses habitants. Puisque vous venez pour l’UFO Line, pourquoi ne pas rester quelques jours de plus et passer, le temps d’un instant, de « cycliste » à « voyageur » ?

Vous pouvez consacrer une journée à vous rapprocher du mont Ishizuchi à pied, pour ressentir la solennité de ce lieu sacré du Shugendō ; vous pouvez, dans une ville réputée pour ses eaux comme Saijō, goûter aux saveurs locales élaborées à partir de sources pures ; vous pouvez longer la côte pour une sortie tranquille sur le plat et sentir la différence de couleur entre la mer intérieure de Seto et le Pacifique ; ou vous pouvez ne rien faire du tout, simplement vous asseoir dans la petite boutique d’un village de montagne, regarder les ombres des nuages glisser lentement sur les montagnes lointaines, et laisser l’émotion de la crête décanter doucement en vous.

Quand la pratique du vélo se mêle au voyage, l’UFO Line cesse d’être un simple segment dans votre carnet d’entraînement pour devenir un fragment entier, riche et complet, de mémoire de vie — sur Shikoku, sur les montagnes, sur vous-même.

Enfin, à propos de « ralentir »

À cette époque où l’on court après le KOM (le sommet), après le PR (record personnel), où chaque sortie est téléchargée, comparée, classée, la UFOライン m’a surtout enseigné une leçon : « ralentir ».

Par son paysage si grandiose qu’il coupe le souffle, elle dit à chaque cycliste, avec douceur mais fermeté : certaines beautés, il faut ralentir pour les voir ; certaines émotions, il faut s’arrêter pour les recevoir. Si tu ne fais que foncer tête baissée, cherchant un temps d’arrivée flatteur, alors même si tu parcours tout le parcours, tu n’auras fait que « traverser » cette route, sans vraiment la « vivre ».

Alors, lorsque tu fouleras enfin ce chemin du ciel, permets-toi, je t’en prie, de ralentir. Permets-toi de t’attarder devant un paysage à couper le souffle, permets-toi d’être bouleversé au point de rester sans voix par la mer de nuages et les sommets, permets-toi de simplement, avidement, graver ce ciel dans ta mémoire. Car des années plus tard, quand tu repenseras à cette route, ce qui te fera sourire, ce ne sera jamais le chiffre sur ton compteur, mais cet instant où tu t’es arrêté, où tu as retenu ton souffle, où tu as échangé un long regard avec le ciel tout entier.

Cet instant-là, c’est le véritable cadeau que le chemin du ciel veut t’offrir.

Une route, deux états d’esprit : le désir à l’aller, la satisfaction au retour

Pédaler la UFOライン est en réalité un voyage intérieur. À l’aller et au retour, tu seras deux personnes radicalement différentes.

À l’aller, ton cœur est empli de désir et d’appréhension. Tu vérifies sans cesse tes provisions, tu calcules tes forces, tu t’inquiètes de la météo, tout en réprimant à peine ton envie de ce paysage légendaire. Chaque coup de pédale mêle attente et légère anxiété. Tu ne sais pas sous quel visage la montagne t’accueillera aujourd’hui, tu ne sais pas si tu pourras terminer. Cette incertitude donne à tout l’aller une tension d’aventure.

Et lorsque tu as parcouru toute la crête et que tu entames le retour, tout change. Tes nerfs tendus se relâchent, remplacés par une satisfaction profonde et paisible. Tu ne t’inquiètes plus, tu ne calcules plus, tu te laisses simplement porter par les images qui viennent de s’imprimer sur ta rétine — la mer de nuages, les sommets, les jeux de lumière, la lueur de l’océan Pacifique — qui défilent encore et encore dans ton esprit. Tes jambes sont lourdes, mais ton cœur est empli d’une certitude apaisée. Tu ne peux t’empêcher de te retourner encore et encore vers cette crête qui s’éloigne, comme si tu voulais graver chacun de ses détails dans ta mémoire.

Ce contraste saisissant entre le « désir de l’aller » et la « satisfaction du retour » est précisément le rythme psychologique le plus fascinant des longues sorties exigeantes. Il te fait vivre, en une seule journée, la courbe émotionnelle complète de l’aspiration, de l’effort, de la lutte, du dépassement et de l’accomplissement. Et cette courbe elle-même est une expérience de vie infiniment précieuse.

Pour conclure : puisses-tu, toi aussi, avoir ton propre chemin du ciel

Dans le cœur de chaque cycliste se cache peut-être un « chemin du ciel » qui lui est propre — cette route dont le simple souvenir fait briller les yeux, pour laquelle on est prêt à fournir une longue préparation et un pénible voyage, uniquement pour rencontrer ce paysage de rêve.

Pour moi, la UFOライン est une telle route. Par la majesté des sommets de Shikoku, par les changements incessants de la mer de nuages et de la lumière, par le romantisme de la légende des soucoupes volantes, par la profondeur de la foi montagnarde, elle a gravé dans ma vie de cycliste une marque indélébile.

Et je pense que ce que cet article veut vraiment te dire, ce n’est pas seulement « il existe une très belle route à Shikoku », mais plutôt — je t’en prie, va chercher, va réaliser, ce chemin du ciel qui t’appartient. Peut-être est-il au sommet de montagnes lointaines, peut-être est-il sur ton île familière, sur une haute montagne pas encore conquise. Où qu’il soit, ne le laisse pas rester sur ta liste de rêves. Car les émotions les plus profondes de la vie se cachent souvent dans ces endroits que tu croyais inaccessibles, et que tu finis par atteindre avec tes propres jambes.

Puissions-nous, toi et moi, tant que nous sommes en vie, pédaler sur ce chemin du ciel qui nous hante, puis, au sommet des montagnes, rencontrer profondément, profondément, le plus beau des paysages et la meilleure version de nous-mêmes.

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