Rouler à la ligne de rencontre entre ciel et terre : les paysages époustouflants, les éoliennes et les moments paisibles de la Route du Ciel du Karst de Shikoku

Il existe des paysages qui vous coupent le souffle au moment où vous les voyez ; il existe des routes que vous chérissez pour la vie après les avoir parcourues une seule fois. Shikoku Karst (四国カルスト) — cette route de splendeurs sur les hauts plateaux, surnommée la « Route du Ciel » — est exactement cela.
Elle se situe dans la ville de Kumakōgen, préfecture d’Ehime, à cheval sur la frontière entre les préfectures d’Ehime et de Kōchi, à une altitude d’environ 1 000 à 1 400 mètres. C’est l’un des trois grands karsts du Japon, affectueusement surnommé « le toit de Shikoku ». Des roches calcaires blanches sont éparpillées sur une mer de prairies verdoyantes à perte de vue, d’immenses éoliennes tournent lentement sur la ligne de crête, des vaches paissent paisiblement dans les prés, et la route serpente comme un ruban entre ciel et terre — tout cela compose une scène surréaliste qui semble moins appartenir à la Terre qu’à un monde onirique.
Cet article ne parle ni de pente, ni de braquet, ni d’allure. Il veut simplement vous emmener ressentir avec le cœur l’histoire géographique cachée derrière cette Route du Ciel, les paysages qui la bordent, et la raison pour laquelle elle laisse une empreinte si profonde et si douce dans le cœur d’innombrables cyclistes.
Certaines routes vous rendent plus fort, d’autres vous rendent plus complet. Shikoku Karst appartient à la seconde catégorie. Ce qu’elle vous offre n’est pas l’ivresse de la conquête, mais un bonheur indicible, celui d’être tendrement enlacé par la nature et totalement bouleversé par une splendeur grandiose.
Contexte géographique : une cité céleste sculptée par des millions d’années
Pour comprendre la beauté de Shikoku Karst, il faut d’abord comprendre comment elle est née. Ce haut plateau doit sa morphologie si singulière à un processus géologique appelé « karst ».
Le relief karstique est une formation particulière façonnée par la dissolution prolongée de roches calcaires solubles par l’eau de pluie et les eaux souterraines. Imaginez : pendant des millions d’années, goutte après goutte, la pluie a lentement dissous le calcaire de ce plateau, jour après jour, année après année, jusqu’à laisser sur la prairie ces blocs rocheux exposés, semblables à des mégalithes blancs. Chaque roche calcaire blanche que vous voyez aujourd’hui est un chef-d’œuvre sculpté par le temps et la nature pendant des millions d’années.
Shikoku Karst est la représentation la plus aboutie de ce type de relief, au côté d’Akiyoshidai dans la préfecture de Yamaguchi et de Hiraodai dans la préfecture de Fukuoka, formant les trois grands karsts du Japon. Parmi eux, Shikoku Karst se distingue particulièrement par son altitude élevée sur la ligne de crête, qui lui confère cette immensité et cette élévation de « cité céleste ». Lorsque vous vous tenez sur ce haut plateau, vous n’êtes pas seulement sur une prairie : vous êtes dans un temple d’art naturel, finement ciselé par le temps pendant des millions d’années.
Paysages et points de repère : une fresque de splendeurs en mouvement
La splendeur de Shikoku Karst n’est pas concentrée en un seul point, mais se déploie continuellement le long de la « Route du Ciel », formant une fresque en mouvement. Parmi elle, trois noms sont des points de repère incontournables que chaque visiteur ne manque pas.
Mezuru-daira : le point de départ de la fresque
Mezuru-daira (めづるだいら) est l’une des zones centrales les plus populaires de Shikoku Karst. Le terrain y est ouvert, la prairie vaste, et c’est un point d’observation idéal pour admirer les splendeurs du karst. Il est à noter qu’une station de location de vélos est installée autour de Mezuru-daira, ouverte approximativement de début avril à début novembre, offrant ainsi à davantage de personnes l’occasion de parcourir ce haut plateau à vélo, le moyen le plus proche de la terre.
Debout à Mezuru-daira, les trois couleurs — roches blanches, prairie verte, ciel bleu — s’entrelacent sous vos yeux. Cette pureté et cette immensité vous débarrasseront instantanément de toute la fatigue et de l’anxiété de la vie urbaine.
Tengu-kōgen : le cœur du cœur
Le tronçon d’environ 4 kilomètres entre Mezuru-daira et Tengu-kōgen (てんぐこうげん) est unanimement reconnu comme la section la plus précieuse de Shikoku Karst, et celle qui mérite le plus le nom de « Route du Ciel ». La pente y est douce, la visibilité y est extrême, la route semble s’étendre vers l’horizon, bordée de prairies infinies et de roches blanches éparses. En pédalant ici, vous aurez l’étrange impression de « progresser sur la ligne de démarcation entre le ciel et la terre ».
Tengu-kōgen est l’une des zones les plus élevées de Shikoku Karst. Debout ici, le regard porte loin : les montagnes de Shikoku se déploient en couches successives à vos pieds. Par temps clair, cette immensité où « l’on embrasse d’un seul regard toutes les montagnes » suffit à ébranler le cœur de chaque visiteur.
Ōnogahara : une splendeur qui s’étend sans fin
La beauté de Shikoku Karst ne s’arrête pas à Tengu-kōgen. En direction d’Ōnogahara (おおのがはら), les sites remarquables se succèdent sans interruption. Tengu-kōgen, Mezuru-daira, Ōnogahara : cette chaîne de hauts plateaux forme la galerie de splendeurs complète et riche de Shikoku Karst. Pour les voyageurs qui ont le temps et souhaitent explorer pleinement ce haut plateau, prolonger l’itinéraire jusqu’à Ōnogahara offre une expérience encore plus aboutie.
Récit de cyclisme à la première personne : sur la Route du Ciel
Laissez-moi vous faire vivre, à la première personne, le flux intérieur de ce voyage à vélo.
L’ascension est éprouvante, mais lorsque j’ai enfin émergé de la forêt et que le paysage s’est ouvert devant moi, découvrant le légendaire plateau karstique qui se déployait sous le soleil, toute la fatigue s’est dissipée en un instant. Presque inconsciemment, j’ai ralenti le pédalage, puis je me suis arrêté, simplement pour contempler en silence cette scène surréaliste, longtemps, sans pouvoir dire un mot.
Des roches blanches étaient éparpillées sur une prairie verdoyante à perte de vue, d’immenses éoliennes tournaient lentement sur la ligne de crête au loin, quelques vaches paissaient tranquillement, tête baissée, et la route sous mes pieds, tel un ruban d’argent, serpentait vers le point où le ciel et la prairie se rejoignent. Le vent était fort, soulevant la prairie en vagues vertes, et me glaçant légèrement, mais mon cœur, lui, était brûlant.
J’ai remis le pied sur la pédale et roulé lentement sur cette Route du Ciel. Cette fois, je n’ai pas regardé le compteur, je n’ai pas fait attention à la vitesse. Je me suis simplement laissé aller, avec avidité, à ressentir cette splendeur par les yeux, par la peau, par tout mon être. Le vent sifflait à mes oreilles, le parfum de l’herbe me montait au nez, le soleil était chaud, le ciel d’un bleu incroyable. À cet instant, j’ai soudain compris : toutes ces années à pédaler, à traverser tant de douleur et de sueur, c’était peut-être pour chercher ce bonheur absolument pur, celui de ne faire qu’un avec le ciel et la terre.
Sur la Route du Ciel, j’ai ressenti pour la première fois avec une telle clarté que le sens ultime du cyclisme n’est pas d’atteindre un point d’arrivée, mais de parvenir, à un certain moment du voyage, à une réconciliation profonde et sereine avec le monde et avec soi-même.
Ce que Shikoku Karst signifie pour les cyclistes
Qu’est-ce que nous cherchons vraiment en faisant du vélo ? Une vitesse plus grande, une distance plus longue, une ascension plus élevée ? Shikoku Karst vous apportera une réponse différente.
Sur cet itinéraire, vous découvrirez qu’il existe une façon de pédaler qui ne demande pas de se donner à fond ; qu’il existe des paysages qui méritent que l’on pose les statistiques et que l’on ralentisse pour les savourer. Ce que Shikoku Karst enseigne aux cyclistes, c’est la sagesse de « savoir ralentir ». Elle nous rappelle que, sur le chemin de la performance et de la vitesse, il ne faut pas oublier de s’arrêter de temps en temps, de lever les yeux vers le paysage, et de ressentir le plaisir le plus essentiel de ce sport.
Pour de nombreux cyclistes, Shikoku Karst est un « voyage de recharge de l’âme ». Elle vous éloigne de l’agitation urbaine et vous emmène sur un haut plateau vaste, paisible et pur, où, entre deux coups de pédale, vous retrouvez la sérénité intérieure et l’amour de la vie. Lorsque vous avez parcouru cette Route du Ciel, vous n’emportez pas seulement quelques belles photos, mais aussi un souvenir de beauté et d’immensité, assez chaleureux pour illuminer les années à venir.
Des paysages propres à chaque saison
La beauté de Shikoku Karst se décline au fil des saisons, chacune méritant un voyage dédié.
À la fin du printemps, le plateau sort de son sommeil hivernal, la prairie se teinte peu à peu d’un vert nouveau, et la vitalité du renouveau se déploie discrètement sur ces hauteurs. En été, la prairie est d’un vert éclatant, c’est la saison la plus classique et la plus photogénique de Shikoku Karst : ciel bleu, nuages blancs, herbe verte, roches blanches, éoliennes, composent la palette de couleurs la plus saturée et la plus émouvante. En automne, le ciel du plateau devient exceptionnellement clair et haut, la visibilité est excellente, les contours des montagnes lointaines sont nets : c’est la meilleure saison pour contempler les sommets, et la prairie peut revêtir son habit doré. En hiver, le plateau peut être recouvert de neige, offrant une beauté glaciale d’un blanc argenté, mais en raison de la neige et du verglas, ainsi que de la fermeture de certaines installations, il n’est pas recommandé aux cyclistes ordinaires de s’y aventurer.
Quelle que soit la saison de votre visite, Shikoku Karst répondra à votre venue à sa manière unique.
Suggestions d’extension et état d’esprit
La région de Kumakōgen, dans la préfecture d’Ehime, et celle de Kōchi, où se trouve Shikoku Karst, offrent des ressources naturelles abondantes en montagne, idéales pour organiser une extension et rendre le voyage encore plus complet. Les vallées, forêts et villages de montagne authentiques des environs sont des lieux parfaits pour s’éloigner de l’agitation et se ressourcer. Il est conseillé de ralentir le rythme et de ressentir avec le cœur le tempo lent et chaleureux des montagnes profondes de Shikoku.
Quant à la gastronomie locale, chaque région de Shikoku possède ses plats du terroir et ses produits uniques ; il est recommandé d’aborder l’exploration avec un esprit ouvert et curieux. Je ne nommerai pas ici tel restaurant ou tel plat, pour éviter de vous induire en erreur avec des informations inexactes. Mais une chose est sûre : après avoir contemplé les splendeurs et pédalé à loisir, un repas local bien chaud sera la conclusion la plus réconfortante de ce voyage.
Enfin, je tiens à rappeler à chaque cycliste qui se rend à Shikoku Karst : venez avec un cœur respectueux et plein de déférence. Ce haut plateau est un chef-d’œuvre sculpté par la nature pendant des millions d’années, un habitat pour les troupeaux, et un lieu sacré dans le cœur d’innombrables voyageurs. Prenez soin de cette terre, ne laissez aucun déchet, ne dérangez ni les vaches ni l’écosystème, et cohabitez avec cette splendeur de la manière la plus douce.
À tous ceux qui aspirent à la Route du Ciel
Shikoku Karst est un itinéraire qui laissera une empreinte permanente dans votre cœur. Avec ses splendeurs karstiques sculptées par des millions d’années, sa Route du Ciel vaste et élevée, ses vaches paisibles et ses éoliennes qui tournent lentement, elle vous offre un festin double, visuel et spirituel.
Lorsque vous déciderez de la visiter, ne pensez pas seulement à la conquérir, ne pensez pas seulement aux performances. Apportez un cœur prêt à ralentir, prêt à être ému. Car le cadeau le plus précieux de Shikoku Karst, c’est précisément cette émotion pure et profonde, ce mélange de saisissement et de sérénité qui monte en vous lorsque, debout sur la Route du Ciel, vous contemplez l’immensité sans fin devant vous.
Puissiez-vous un jour, de vos propres jambes, gravir ce toit de Shikoku et pédaler sur la ligne de démarcation entre le ciel et la terre. Puisse la splendeur de ces roches blanches et de cette prairie verdoyante, puissent ces éoliennes qui tournent lentement et ces vaches paisibles laver votre fatigue, guérir votre âme, et devenir, dans votre carrière de cycliste, le souvenir le plus doux, le plus vaste et le plus inoubliable.
Il y a dans ce monde une infinité de routes qui méritent d’être parcourues à vélo, mais celles qui, des années plus tard, vous feront encore fermer les yeux pour revoir avec netteté ce ciel et cette prairie, se comptent sur les doigts d’une main. Shikoku Karst est précisément l’une de ces Routes du Ciel qui viendront habiter votre cœur pour toujours.
Le murmure des roches blanches : une réflexion esthétique sur le karst
Sur la prairie verdoyante de Shikoku Karst, ce qui saisit le plus le cœur, ce sont ces roches calcaires blanches éparpillées. Elles ne sont ni aussi régulières qu’une sculpture artificielle, ni aussi ostentatoires qu’une paroi rocheuse escarpée. Elles se posent avec une désinvolture presque spontanée, et pourtant parfaitement naturelle, dans ce vert infini. Ce contraste saisissant entre le « blanc et le vert » constitue le symbole visuel le plus identifiable de Shikoku Karst.
Si vous acceptez de ralentir et d’observer attentivement ces roches blanches, vous découvrirez une étrange réflexion esthétique. Elles sont la « perfection de l’imperfection » — chaque bloc a une forme irrégulière, unique, résultat du façonnage aléatoire de la pluie et du temps sur des millions d’années. Cette beauté issue de la nature, sans aucune intervention humaine, fait écho à l’esprit du « wabi-sabi » dans l’esthétique orientale : découvrir la beauté la plus profonde et la plus émouvante dans l’imperfection et l’impermanence.
En pédalant dans un tel paysage, votre état d’esprit s’apaise insensiblement. Ces roches blanches, silencieusement dressées depuis des millions d’années, semblent murmurer à chaque voyageur pressé : ralentis, ralentis encore. La beauté de la vie se cache souvent dans ces instants où tu acceptes de t’arrêter et de regarder avec attention. Si Shikoku Karst est si émouvante, ce n’est pas seulement parce que ses paysages sont grandioses, c’est parce qu’elle sait ramener le cœur le plus agité au calme, entre ce blanc et ce vert.
Le voyage du vent : une manière de dialoguer avec ce haut plateau
En pédalant à Shikoku Karst, vous ne cesserez de rencontrer le « vent ». Le vent d’ici est tantôt doux, caressant la prairie et soulevant des vagues vertes ; tantôt puissant, vous obligeant à tenir fermement le guidon. Ces immenses éoliennes dressées sur la ligne de crête sont la preuve la plus directe du caractère « venteux » de ce haut plateau.
Mais vu sous un autre angle, le vent est précisément la manière dont Shikoku Karst dialogue avec vous. Lorsque vous avancez contre le vent, vous ressentez la force brute et primitive de ce haut plateau ; lorsque vous glissez avec le vent, vous goûtez la sensation exaltante d’être doucement poussé par la nature. Le sifflement du vent à vos oreilles, le bruissement de l’herbe qu’il soulève, le parfum de l’herbe et l’air frais qu’il apporte, tout cela compose la mémoire auditive et olfactive unique de ce voyage à vélo.
De nombreux cyclistes, en évoquant Shikoku Karst, ne se souviennent pas seulement des splendeurs vues de leurs yeux, mais aussi de ce vent puissant du plateau ressenti sur leur peau. Ce vent porte le parfum de l’herbe, la chaleur du soleil, la fraîcheur des hauteurs, et aussi une odeur indicible de « liberté ». Lorsque vous vous tenez sur la Route du Ciel, laissant le vent fort vous fouetter, vous ressentez une libération exaltante, comme si vous alliez vous fondre dans ce ciel et cette terre. C’est là, la lettre d’amour que Shikoku Karst écrit à chaque cycliste avec son « vent ».
Le théâtre des nuages : un ciel de haute montagne en perpétuel changement
L’altitude élevée et le terrain ouvert de Shikoku Karst lui confèrent un « théâtre des nuages » sans pareil. Sur ce haut plateau, les expressions du ciel changent à chaque instant, un véritable spectacle gratuit qui ne baisse jamais le rideau.
Parfois, le ciel d’un bleu profond est parsemé de cumulus blancs immaculés, dont les ombres glissent lentement sur la prairie verte, la lumière et l’ombre fluant sur la terre, composant une peinture à l’huile en mouvement. Parfois, un épais brouillard monte sans prévenir sur le plateau, enveloppant toute la prairie dans un blanc laiteux et vaporeux, les roches blanches apparaissant et disparaissant dans la brume, comme dans un monde féerique. Et lorsque le brouillard se dissipe et que le soleil rejaillit, la secousse de cette clarté soudaine, de cette splendeur retrouvée, est à couper le souffle.
Précisément parce que le temps sur ce haut plateau est si changeant, chaque visite à Shikoku Karst vous offre un ciel unique, impossible à reproduire. C’est aussi l’un des charmes de cet itinéraire : il ne vous donne jamais « le même paysage », chaque visite est une nouvelle rencontre. C’est pour cela que de nombreux cyclistes reviennent sans cesse sur ce haut plateau, simplement pour croiser à nouveau, une fois de plus, ce ciel en perpétuel changement.
Un plateau pour soi, des souvenirs pour tous
Shikoku Karst se prête aussi bien à une balade solitaire et silencieuse qu’à une sortie entre amis.
Seul sur la Route du Ciel, vous accédez à une sérénité profonde, à un dialogue avec vous-même. Sans la perturbation des paroles, seulement le vent, le parfum de l’herbe et votre propre respiration, vous pouvez laisser vos pensées fluctuer avec les ombres des nuages sur la prairie, faire le tri dans votre esprit, vous recentrer. Cette solitude n’est pas de l’isolement, c’est un luxe rare : celui d’être seul avec soi-même.
Avec des compagnons, en revanche, Shikoku Karst devient un souvenir commun, étincelant. Imaginez le groupe émergeant ensemble de la forêt, découvrant ensemble cette splendeur qui se déploie sous leurs yeux, les exclamations qui fusent de toutes parts ; imaginez-les pédalant côte à côte sur la Route du Ciel, prenant des photos ensemble devant ce paysage grandiose, partageant ensemble ce saisissement et cette joie. Des années plus tard, lorsque les amis se réuniront et évoqueront « tu te souviens de cette fois où on a fait Shikoku Karst ensemble ? », ce souvenir commun et magnifique deviendra le lien le plus chaleureux qui consolide l’amitié.
Que ce soit pour la contemplation solitaire ou pour la liesse partagée entre compagnons, Shikoku Karst sait accueillir votre humeur et vous offrir en retour un moment inoubliable et irremplaçable.
En guise de conclusion : sur la beauté, la lenteur et l’amour
Shikoku Karst, cette route de splendeurs sur les hauts plateaux surnommée la « Route du Ciel », cherche peut-être, en fin de compte, à nous enseigner trois choses simples mais profondes.
Sur la beauté — elle nous fait comprendre qu’il existe en ce monde une beauté grandiose capable de nous couper le souffle, et que cette beauté se cache souvent dans ces horizons lointains que nous acceptons de parcourir des kilomètres et de gravir avec effort pour nous en approcher. Roches blanches, prairie verdoyante, éoliennes qui tournent lentement, vaches paisibles, ciel changeant — ces images vous diront que chercher la beauté avec détermination vaut toujours la peine.
Sur la lenteur — elle nous apprend que le vélo n’exige pas toujours de se donner à fond, et que la vie non plus n’oblige pas à toujours courir. Parfois, ralentir, bien regarder le paysage devant soi, ressentir chaque instant présent, c’est la sagesse la plus profonde. La section centrale toute en douceur de Shikoku Karst est un rappel tendre de la nature : la lenteur est aussi une force.
Sur l’amour — elle nous fait retomber amoureux du cyclisme, et nous apprend à chérir davantage cette nature qui nourrit toutes choses. Lorsque, debout sur la Route du Ciel, vous êtes totalement bouleversé par la splendeur, vous vous souvenez soudain pourquoi vous avez aimé le vélo : non pas pour les performances, non pas pour se vanter, mais pour pouvoir, avec vos propres jambes, atteindre de si beaux horizons et être témoin de si grands paysages.
Puissent tous les cyclistes qui liront ces lignes avoir l’occasion, un jour, de poser le pied sur la pédale, de gravir le toit de Shikoku et de pédaler sur cette route qui mène au ciel. Puisse cette splendeur laver votre fatigue, guérir votre âme, et laisser dans votre carrière de cycliste le souvenir le plus doux, le plus vaste et le plus inoubliable. La Route du Ciel vous attend, là-bas, dans le silence.
De la ville au plateau : une distance vers l’intérieur
Pour de nombreux cyclistes vivant dans des villes trépidantes, Shikoku Karst est précieuse précisément à cause du contraste saisissant avec le quotidien. Les routes que nous parcourons habituellement sont prises entre les files de voitures, les feux rouges et le béton ; Shikoku Karst, elle, vous emmène sur un haut plateau presque coupé du monde, où le ciel et la terre sont immenses, où tout est silencieux, où il n’y a que le vent, l’herbe, les nuages et vous-même.
Ce contraste est en soi une puissante thérapie. Lorsque vous pédalez depuis la ville, encombrée, bruyante, stressante, jusqu’à cette Route du Ciel haute, paisible et pure, vous sentez quelque chose se libérer et se purifier en vous, en silence. Toute cette fatigue, cette anxiété, cette agitation accumulées semblent se dissiper peu à peu, emportées par le vent puissant du plateau.
La distance physique de la ville au plateau est en réalité aussi un chemin intérieur vers soi-même. Plus vous pédalez loin, plus vous montez haut, plus vous vous éloignez des tracas quotidiens, et plus vous vous rapprochez de vous-même, de votre moi le plus vrai et le plus serein. C’est peut-être là le sens le plus profond du long voyage à vélo : ce n’est pas seulement un déplacement du corps, c’est un voyage de l’âme.
Alors, si vous vous sentez fatigué, perdu, étouffé par la vie, peut-être avez-vous précisément besoin d’un tel voyage vers Shikoku Karst. Laissez vos jambes vous porter, loin de l’agitation, jusqu’au toit de Shikoku, et sur cette Route du Ciel, retrouvez l’immensité et la sérénité intérieures.
Puisse cette Route du Ciel devenir, dans le voyage de votre vie, un coin doux où vous pourrez toujours revenir, toujours puiser de la force. Lorsque vous y penserez, à ces roches blanches et cette herbe verte, à ce vent puissant du plateau, à ces éoliennes qui tournent lentement, votre cœur redeviendra souple et vaste.
Lectures complémentaires
- Guide pratique de la Route du Ciel de Shikoku Karst : 13,6 km de splendeurs sur les hauts plateaux, un paysage d’exception pour une difficulté moyenne
- Rencontrer le ciel au sommet des montagnes : la légende des soucoupes volantes de la UFO Line, le massif d’Ishizuchi et une chevauchée de splendeurs unique au monde
- Guide pratique de la UFO Line, la Route du Ciel : ne vous fiez pas à la moyenne de 3,9 %, la vérité sur l’endurance des 42 km de crêtes vallonnées
- Pédaler dans un pays de mythes et de volcans : récit d’une chevauchée sur le plateau d’Ebino, un pèlerinage sur les hauteurs à travers le mont Kirishima
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