Fuji à l'ouest, Tsukuba à l'est : à vélo vers le double sommet millénaire de foi de la plaine du Kantō

La plaine du Kantō est une étendue si vaste qu’elle en devient presque monotone. En pédalant vers le nord depuis Tokyo, vous traversez des champs à perte de vue, des villes régulières, des routes rectilignes — puis, après un virage, une montagne au double sommet élégant s’élève soudainement au bout de la plaine, comme un point d’exclamation que la terre aurait spécialement laissé pour vous. C’est le mont Tsukuba.
Ma première ascension vers lui eut lieu par un matin frais. Sur la carte, la montée d’Omote-Tsukuba, qui suit la direction de l’allée principale du sanctuaire, s’étend sur environ 6,0 kilomètres, avec un dénivelé d’environ 399 mètres et une pente moyenne de 6,3 %. Les chiffres n’ont rien d’effrayant, mais alors que le double sommet se rapprochait et grandissait dans la lumière du matin, je savais au fond de moi : ce que je m’apprêtais à défier n’était pas qu’une simple côte, mais une montagne vénérée par les Japonais depuis plus d’un millénaire.
« Fuji à l’ouest, Tsukuba à l’est » : la montagne au double sommet de la plaine
Pour décrire les montagnes célèbres du Kantō, les Japonais ont une expression qui perdure : « Fuji à l’ouest, Tsukuba à l’est ». À l’ouest, il y a le mont Fuji, ce sommet solitaire que tout le monde connaît ; à l’est, il y a ce mont Tsukuba qui s’élève au milieu de la plaine du Kantō. Le placer au même rang que le Fuji, vous comprenez alors l’importance qu’il revêt pour les habitants du Kantō.
Ce qui rend le mont Tsukuba si particulier, c’est sa forme de « double sommet ». Ce n’est pas un pic unique, mais deux sommets côte à côte — le mont Nantai culminant à 871 mètres et le mont Nyotai à 877 mètres. Les deux pics, l’un masculin, l’autre féminin, l’un à gauche, l’autre à droite, sont considérés depuis l’antiquité comme le symbole de l’union du yin et du yang. C’est précisément grâce à cette silhouette unique, et au fait qu’il se dresse fièrement au milieu d’une plaine, que le mont Tsukuba, bien que culminant à moins de mille mètres, a été inscrit dans la liste des « Cent montagnes célèbres du Japon » — un honneur rare, car parmi ces cent montagnes, celles qui sont retenues sous les mille mètres se comptent sur les doigts d’une main.
La grandeur d’une montagne n’a jamais été déterminée par sa seule altitude. La posture du mont Tsukuba, se dressant seul dans la vaste plaine, lui a permis d’entrer plus tôt et plus profondément que bien des montagnes plus hautes dans la foi et la poésie des hommes.
La montagne de la foi : le sanctuaire du mont Tsukuba et les chants du Man’yōshū
Le mont Tsukuba est depuis toujours une « montagne de la foi ». Au cœur de la montagne se trouve l’historique sanctuaire du mont Tsukuba, qui vénère Izanagi et Izanami, les divinités de la mythologie japonaise — ce couple de dieux et de déesses fait écho à l’image des deux sommets, masculin et féminin. Pour les anciens, cette montagne au double sommet était en elle-même une présence sacrée.
Ce qui est encore plus romantique, c’est que le mont Tsukuba est aussi un site célébré dans le Man’yōshū, la plus ancienne anthologie de poésie japonaise. Le nom « Tsukubane » apparaît dans de nombreux poèmes anciens, chanté inlassablement par les poètes. Imaginez : il y a plus de mille ans, quelqu’un se tenait déjà dans la plaine du Kantō, levant les yeux vers ce double sommet, et composait des vers sur ses sentiments. Et aujourd’hui, moi, à vélo, haletant, je gravis l’allée principale de la même montagne — d’une certaine manière, je rejoins moi aussi cette procession de « contemplation de Tsukuba » vieille de mille ans.
Lorsque, dans la douleur de l’ascension, je lève parfois la tête et aperçois la lumière du ciel à travers les interstices des arbres, j’éprouve un sentiment très subtil : le temps que cette montagne a porté est bien plus long que la douleur dans mes jambes. Chaque coup de pédale semble alors prendre un peu plus de poids.
Le paradis de l’entraînement en côte : la seconde maison des cyclistes du Kantō
Si le mont Tsukuba était une foi pour les anciens, pour les cyclistes modernes du Kantō, c’est une « seconde maison ».
Cette région est le paradis de l’entraînement en côte reconnu par tous les cyclistes de la zone métropolitaine. La raison est simple, mais convaincante : il est assez proche de Tokyo, les pentes sont bonnes, et les itinéraires sont nombreux. Outre Omote-Tsukuba, les environs comptent également le col Fudō (environ 3,8 km, pente moyenne de 7 %, une entrée classique plus courte et plus raide) et le col Kazaheri (environ 7,8 km côté omote, pente moyenne de 6,3 %, un défi plus long). Une seule montagne, plusieurs façons de la grimper, de quoi permettre à un cycliste de s’entraîner pendant des années sans se lasser.
Au cours de ma montée, j’ai croisé de nombreux cyclistes locaux qui faisaient eux aussi leurs intervalles. Certains étaient venus dès l’aube pour leur troisième ascension, d’autres, comme moi, étaient des visiteurs attirés par la réputation. On se saluait d’un signe de tête sur la pente, on échangeait quelques mots au sommet. Cette complicité de « se rassembler autour d’une même montagne », c’est la chaleur propre aux paradis de l’entraînement. Pour les cyclistes du Kantō, le mont Tsukuba n’est pas qu’un itinéraire, c’est une communauté, un mode de vie.
Les spécialités locales : les udon de Tsukuba et le shichimi à la Fukure mikan
Après l’ascension, l’estomac est toujours vide, et au pied du mont Tsukuba, il y a justement quelques spécialités qui valent le détour.
La première est l’udon de Tsukuba (tsukuba udon) — les nouilles udon locales de la région, un excellent choix pour reprendre des forces après avoir atteint le sommet. Un bol bien chaud avalé, et vos jambes endolories semblent apaisées.
La seconde est encore plus intéressante : une petite mandarine locale appelée fukure mikan, transformée en un shichimi (mélange de sept épices) unique. Ce shichimi au parfum de mandarine est une spécialité typique du mont Tsukuba. Saupoudré sur des udon, ou ramené à la maison pour une utilisation progressive, c’est un souvenir plein de saveurs locales. Les caractères « fukure » dans le nom évoquent la chance — pour un cycliste qui vient de terminer son ascension, cette bénédiction de « la fortune qui arrive » est reçue avec une joie toute particulière.
Chaque montagne qui mérite d’être gravie a son goût propre. Le goût du mont Tsukuba, c’est un bol d’udon chaud, accompagné d’une pincée de shichimi au parfum de mandarine — simple, mais qui donne envie d’y revenir l’année suivante.
Le funiculaire et le téléphérique : une autre façon d’atteindre le sommet
Le mont Tsukuba a aussi un côté attentionné : il est équipé du funiculaire et du téléphérique du mont Tsukuba (Cable Car et Ropeway). Cela signifie que si vous venez avec des membres de votre famille ou des amis qui ne font pas de vélo, ils peuvent monter facilement en prenant le funiculaire, et vous retrouver au sommet pendant que vous peinez sur la pente, pour admirer ensemble l’immensité de la plaine du Kantō.
Cette flexibilité, où « certains pédalent, d’autres prennent le funiculaire », fait du mont Tsukuba non seulement un terrain d’entraînement exigeant, mais aussi une montagne idéale pour une sortie en famille. Debout au sommet, en regardant en arrière l’allée principale que vous avez gravie à la force des mollets, puis en voyant le funiculaire monter lentement — vous réalisez soudain qu’il y a de nombreuses façons d’atteindre un sommet, et que celle qui consiste à monter pas à pas avec ses propres jambes est particulièrement gratifiante, particulièrement douce.
Ce que cette montagne m’a appris
Après avoir gravi Omote-Tsukuba, assis au pied de la montagne en mangeant des udon, je n’ai cessé de penser : pourquoi cette montagne, qui ne dépasse pas 800 mètres et dont la pente n’est que de 6,3 %, fait-elle revenir tant de gens encore et encore ?
Puis j’ai compris. Le charme du mont Tsukuba ne réside pas dans sa difficulté, mais dans son caractère « juste comme il faut ». Il est assez proche pour qu’on puisse y venir souvent ; assez exigeant pour qu’à chaque fois on en retire quelque chose ; assez beau et chargé d’histoire pour qu’en plus de transpirer, on soit touché par la foi et la poésie millénaires d’une montagne. C’est le genre de montagne qu’on veut faire découvrir à un ami débutant, et aussi celle dont on ne se lasse jamais soi-même.
Lorsque l’élégant double sommet s’élève au bout de la plaine, c’est comme s’il disait à chaque cycliste de passage : viens, il y a ici une côte juste comme il faut, un paysage juste comme il faut, et un bol d’udon bien chaud juste comme il faut, qui t’attend au pied de la montagne.
Suggestions d’excursions : transformer l’entraînement en côte en petit voyage
Si vous voulez aussi venir au mont Tsukuba, ne le considérez pas seulement comme une séance d’entraînement impersonnelle. Voici ma liste personnelle d’excursions à ne pas manquer :
- Profitez de l’accès facile : il est très proche de Tokyo, une distance « on peut y aller le week-end » pour les cyclistes du Kantō, idéale pour organiser une petite excursion d’une journée ou d’une demi-journée.
- Grimpez les deux versants : en plus d’Omote-Tsukuba, si vous avez de l’énergie, essayez aussi le col Fudō et le col Kazaheri pour ressentir les différentes facettes du caractère de la même montagne.
- Visitez le sanctuaire du mont Tsukuba : après l’ascension, n’oubliez pas que c’est une montagne de la foi. Allez vous promener au sanctuaire du mont Tsukuba et ressentez cette sérénité qui se perpétue depuis mille ans.
- Goûtez aux spécialités locales : après la descente, trouvez un bol d’udon de Tsukuba, et si vous voyez le shichimi à la fukure mikan, ramenez-en un pot à la maison pour que vos papilles gardent aussi la mémoire de ce voyage.
- Emmenez votre famille en funiculaire : si certains de vos compagnons ne font pas de vélo, faites-les monter en funiculaire ou en téléphérique pour vous rejoindre au sommet, et contemplez ensemble la plaine du Kantō — un très beau souvenir commun.
Les meilleurs itinéraires sont ceux qui, une fois conquis, vous font encore y penser et vous donnent envie d’y revenir avec des amis. Le mont Tsukuba est exactement ce genre de montagne — il vous demande « oses-tu ? » avec une côte juste comme il faut, puis, avec mille ans de foi, de poésie et un bol d’udon chaud, il vous rend impossible de n’y venir qu’une seule fois.
Puissiez-vous, un matin frais, pédaler vers ce double sommet qui s’élève de la plaine, mesurer cette montagne célèbre du Kantō avec vos jambes, puis, au pied de la montagne, soulever un bol d’udon fumant et vous dire : « Ça valait le coup. »
Le matin du départ : un rendez-vous entre un homme et une montagne
Ce matin-là, le ciel n’était pas encore complètement éclairci, et une fine brume enveloppait la plaine du Kantō. J’ai sorti mon vélo de son sac, je l’ai assemblé, et j’ai fait les dernières vérifications — pression des pneus, freins, braquet, un point après l’autre. C’était un rendez-vous silencieux entre moi et moi-même, et entre moi et cette montagne.
Après avoir quitté la ville, la route est devenue de plus en plus rectiligne, bordée de ces champs à perte de vue, typiques de la plaine du Kantō. Je pédalais tout en m’échauffant, laissant mon corps se réveiller lentement de la raideur matinale. Et au bout de la route, la silhouette du double sommet se dessinait peu à peu, devenant plus nette dans la brume matinale. Le mont Nantai et le mont Nyotai, l’un à gauche, l’autre à droite, tels deux gardiens debout côte à côte, me regardaient approcher pas à pas.
Certains disent que le plus beau moment à vélo n’est pas l’arrivée, mais le processus de « s’approcher ». Ce matin-là, j’ai profondément ressenti la vérité de cette phrase. Lorsqu’une montagne célèbre que vous convoitez depuis longtemps s’élève lentement au bout de la plaine dans la lumière du matin, devenant de plus en plus grande, de plus en plus réelle, ce mélange d’attente et de crainte, aucune voiture de passage ne peut vous l’offrir.
Un homme, un vélo, une montagne. En ce matin brumeux, le monde se réduisait à ces trois choses. Et c’est précisément cette simplicité qui fait du cyclisme une pratique presque spirituelle.
Les états d’âme qui défilent sur chaque portion de côte
Lorsqu’on s’attaque réellement aux 6 kilomètres de pente d’Omote-Tsukuba, les états d’âme défilent par étapes, comme une vie condensée.
Au début, c’est la tension entre l’excitation et la retenue. Les jambes sont encore fraîches, le moral est au beau fixe, et on a très envie de s’élancer avec les cyclistes locaux qui vous entourent. Mais la raison me dit : retiens-toi. J’ai stabilisé ma respiration, trouvé mon rythme, et je me suis rappelé : « Aujourd’hui, mon adversaire, c’est cette montagne, pas les gens autour de moi ».
Au milieu, c’est la pratique de cohabiter avec la douleur. La pente dévore régulièrement mes forces, la sensation de brûlure remonte de mes cuisses. Ce qui est le plus éprouvant ici, ce ne sont pas les jambes, mais le mental — il faut apprendre à ne pas résister à la douleur, mais à l’accepter, à cohabiter avec elle, à recentrer son attention sur les deux choses les plus simples : la respiration et la cadence.
Vers la fin, c’est le moment du dialogue avec soi-même. Lorsque la fatigue s’accumule à un certain niveau, cette voix familière surgit dans la tête : « Et si on s’arrêtait un peu ? » Et le plus précieux dans une montée, c’est d’apprendre à répondre à cette voix — réduire l’objectif lointain de « atteindre le sommet » à la petite tâche de « finir les 100 mètres qui se présentent devant moi », se convaincre tronçon par tronçon, et se dépasser tronçon par tronçon.
Au moment d’atteindre le sommet, c’est une étrange sérénité. Pas de joie délirante ni de cris comme on l’imagine, seulement une respiration lourde, un cœur qui bat fort, et une satisfaction calme et silencieuse : « Ah, je l’ai fait ». À cet instant, la plaine du Kantō s’étendait, vaste, à mes pieds, et je savais que c’était avec mes jambes que je m’étais amené ici.
La vue sur la plaine du Kantō : voir le monde depuis le double sommet
Regarder en arrière depuis le mont Tsukuba est l’une des images les plus à couper le souffle de ce voyage.
Ce qui rend le mont Tsukuba si particulier, c’est qu’il est l’une des rares pics isolés de la plaine du Kantō. Aucune autre haute montagne ne fait obstacle autour de lui, alors lorsqu’on monte et qu’on regarde en arrière depuis les hauteurs, toute la vaste plaine du Kantō se déploie sans réserve à vos pieds — champs, villes, rivières, la ligne d’horizon brumeuse au loin, tout est visible d’un seul regard. Par beau temps, la vue peut s’étendre très, très loin. Cette sensation d’ouverture, « d’une montagne qui embrasse toute la plaine du regard », aucune montée intérieure entourée de montagnes ne peut l’offrir.
Appuyé contre la rambarde, laissant le vent sécher ma sueur, je contemplais silencieusement cette terre. Il y a plus de mille ans, les poètes du Man’yōshū avaient eux aussi gravi ce « Tsukubane », contemplant la même plaine immense, et avaient couché leurs sentiments dans des waka qui traverseraient les siècles. À cet instant, bien que je ne puisse écrire de waka, je ressentais authentiquement cette émotion qui traverse mille ans, face au même paysage. Cette montagne relie les anciens et les modernes, la poésie et la sueur, à travers la même vue.
Le poids de la foi : une montagne vénérée depuis mille ans
Plus j’en apprends sur le mont Tsukuba, plus je ressens qu’il n’est pas seulement une « montagne d’entraînement », mais une montagne sacrée chargée d’une foi profonde.
Le sanctuaire du mont Tsukuba, situé dans la montagne, vénère Izanagi et Izanami, les divinités créatrices de la mythologie japonaise — ce couple de dieux et de déesses de la création correspond précisément à l’image des deux sommets, masculin et féminin. Pour les anciens, cette montagne au double sommet, symbole de l’union du yin et du yang, surgissant de la terre, était en elle-même le symbole du sacré et de la vitalité. Elle a été inscrite dans les « Cent montagnes célèbres du Japon », et c’est l’une des rares montagnes de moins de mille mètres à y figurer, non pas grâce à son altitude, mais grâce à cette foi et cette esthétique profondément enracinées, qui se perpétuent depuis mille ans.
Lorsque, après l’ascension, je suis entré dans le sanctuaire et que j’ai ressenti la solennité enveloppée par les vieux arbres et la quiétude, la douleur de la montée de la journée a soudain pris un sens plus profond. Je n’avais pas seulement gravi une montagne, j’étais entré dans un courant de foi ininterrompu depuis mille ans. Cette expérience où « le sport » et « la culture » se mêlent, c’est la raison fondamentale pour laquelle le mont Tsukuba me laisse un souvenir impérissable. Il donne à la montée une dimension supplémentaire, celle de l’histoire et de la culture.
La mémoire gustative : le shichimi à la fukure mikan et un bol d’udon chaud
Si la vue depuis le sommet est le point culminant visuel, la mémoire gustative après la descente est la conclusion la plus chaleureuse de ce voyage.
Au pied de la montagne, j’ai trouvé un restaurant et commandé un bol d’udon de Tsukuba bien chaud. Les nouilles ont glissé dans mon estomac vidé par la montée, la chaleur du bouillon a réchauffé mon cœur jusqu’au plus profond, une satisfaction que seul mérite celui qui s’est donné à fond. Et ce qui m’a le plus marqué, c’est le pot de shichimi à base de fukure mikan, la spécialité locale, posé sur la table — j’en ai saupoudré un peu, et les nouilles ont immédiatement gagné un parfum frais de mandarine, une saveur que je n’avais jamais goûtée ailleurs.
Les caractères « fukure » évoquent la chance. Pour un cycliste qui vient de terminer son ascension et se récompense, cette bénédiction de « la fortune qui arrive » est reçue avec une douceur toute particulière. J’en ai d’ailleurs ramené un pot à la maison. Chaque fois que j’en saupoudre un peu sur ma table, ce parfum de mandarine me ramène à ce matin frais du mont Tsukuba, à cette côte où l’on serrait les dents, à cette vue immense. Le goût est la clé la plus fidèle de la mémoire, et le shichimi à la fukure mikan est la clé que le mont Tsukuba m’a confiée.
Un véritable bon voyage à vélo nourrit à la fois vos jambes, vos yeux et votre estomac. Le mont Tsukuba y parvient — il a exercé mes jambes avec une côte juste comme il faut, émerveillé mes yeux avec mille ans de foi et une vue immense, et pour finir, avec un bol d’udon chaud et une pincée de shichimi à la mandarine, il m’a doucement ramené au monde des humains.
Les expressions des saisons : quand venir, quel Tsukuba rencontrer
Le mont Tsukuba a des expressions différentes tout au long de l’année, et chaque saison offre une version différente de lui.
- Au printemps : les jeunes pousses verdissent, le climat est agréable, c’est la saison de vélo la plus confortable, et aussi la plus animée avec le plus de cyclistes. Les abords de la route sont pleins de vie, idéal pour une première visite.
- En été : la plaine est étouffante, mais en altitude il fait relativement plus frais, c’est un bon choix pour une sortie à la fraîche. Il faut toutefois faire attention aux orages de l’après-midi et à la chaussée glissante à la descente.
- En automne : la saison des feuilles rouges, la montagne se pare de couleurs flamboyantes, c’est un paradis pour les photographes. Mais la température chute rapidement, et il ne faut pas négliger les couches chaudes pour la descente après l’ascension.
- En hiver : l’air est limpide, et par beau temps la vue peut porter très haut et très loin ; mais la montagne peut être froide et verglacée, il faut évaluer prudemment selon les conditions locales.
Je suis heureux d’avoir choisi une saison fraîche pour venir — ni trop chaud, ni trop froid, une visibilité claire, ce qui m’a permis de graver dans ma mémoire le visage le plus agréable de cette montagne.
Cette montagne sera toujours là, à vous attendre
Sur le chemin du retour, je me suis retourné encore et encore, regardant le double sommet rétrécir puis disparaître au bout de la plaine. Une pensée très ferme a surgi dans mon esprit : je reviendrai.
Car le mont Tsukuba est exactement ce genre de montagne — il ne vous intimide pas avec une altitude vertigineuse, ne vous repousse pas avec des itinéraires dangereux et difficiles. Il se tient simplement, tranquillement, dans la plaine du Kantō, avec une côte juste comme il faut, une vue immense, une foi millénaire et un bol d’udon chaud, attendant chaque personne prête à pédaler vers lui. C’est la première montagne de vos débuts, et aussi le vieil ami vers lequel vous voudrez revenir encore et encore après des années de pratique.
Lorsque l’élégant double sommet s’élève une fois de plus au bout de la plaine, j’ai l’impression de l’entendre dire : prends ton temps, je suis toujours là. Et je sais que tant que je pourrai pédaler, je reviendrai encore et encore, un matin frais, pédaler vers cette montagne au double sommet qui s’élève de la plaine, et dont je ne me lasserai jamais.
La chaleur humaine du paradis de l’entraînement : les connaissances croisées sur la pente
En gravissant le mont Tsukuba, on se sent rarement seul. Car dans ce paradis de l’entraînement en côte, le plus réputé du Kantō, il y a toujours des passionnés qui partagent la même pente que vous.
Ce jour-là, sur la pente, j’ai rencontré toutes sortes de cyclistes. Il y avait des locaux très équipés, venus dès l’aube pour leur troisième série d’intervalles, et aussi des visiteurs d’ailleurs, comme moi, attirés par la réputation. Lorsqu’on se croisait sur la pente, on échangeait souvent un signe de tête, un geste de la main, et parfois quelques mots en reprenant son souffle au sommet. C’est une complicité très étrange — nos langues n’étaient peut-être pas tout à fait les mêmes, nous ne nous connaissions pas, mais parce que nous avions choisi la même montagne, la même pente, nous étions devenus des compagnons d’armes à cet instant précis.
Cette chaleur humaine, ce « se rassembler autour d’une montagne », c’est la température propre aux paradis de l’entraînement. Pour les cyclistes du Kantō, le mont Tsukuba n’est depuis longtemps plus un simple itinéraire d’entraînement, mais une communauté, un mode de vie commun. Semaine après semaine, année après année, d’innombrables cyclistes y transpirent, progressent, vieillissent, tandis que de nouveaux visages les rejoignent. Cette montagne est le témoin silencieux des histoires de générations de cyclistes. Je suis heureux d’avoir, moi aussi, brièvement écrit une petite page de cette histoire.
Le funiculaire et la famille : une montagne, plusieurs façons d’y arriver
Le mont Tsukuba a aussi un côté particulièrement attentionné, qui fait qu’il n’appartient pas seulement aux cyclistes, mais à toute la famille — il est équipé d’un funiculaire et d’un téléphérique.
Cela signifie que si vous venez avec des membres de votre famille ou des amis qui ne font pas de vélo, ils peuvent tout à fait monter en funiculaire et vous rejoindre au sommet pendant que vous peinez sur la pente. Imaginez la scène : vous arrivez au sommet à la force de vos jambes, en sueur, les jambes en feu ; et votre famille, dans le funiculaire, monte tranquillement et vous accueille avec un sourire au sommet. Puis vous vous tenez ensemble sur la plateforme d’observation, contemplant toute la vaste plaine du Kantō — le même paysage, mais atteint par des moyens radicalement différents.
Cette flexibilité, où « certains pédalent, d’autres prennent le funiculaire », fait du mont Tsukuba une montagne rare, capable de satisfaire à la fois les cyclistes endurcis et les familles en balade. Il y a de nombreuses façons d’atteindre un sommet, et chacune mérite le respect. Pour moi, celle qui consiste à monter avec ses jambes est certes particulièrement gratifiante et douce ; mais pouvoir retrouver sa famille montée en funiculaire au sommet et partager la même vue, ce bonheur-là est une saveur complètement différente.
Suggestions d’hébergement et d’excursions : transformer une journée d’entraînement en week-end
Si le mont Tsukuba vous a conquis et que vous souhaitez organiser un voyage plus complet, voici mes suggestions personnelles d’excursions et d’hébergement, pour transformer un simple entraînement en côte en un week-end savoureux.
- Profitez de l’accès facile : le mont Tsukuba est très proche de Tokyo, une distance « on y va quand on veut » pour les cyclistes du Kantō, idéale pour une excursion d’une journée, ou un séjour tranquille de deux jours avec une nuit.
- Hébergement à proximité : la région compte des auberges thermales et divers types d’hébergement. Si vous prévoyez de passer la nuit, un bain thermal et une bonne nuit de sommeil, puis une ascension le lendemain avec des jambes régénérées, c’est un rythme très agréable.
- Grimpez les deux versants : en plus d’Omote-Tsukuba, si vous avez de l’énergie, n’hésitez pas à essayer aussi le col Fudō et le col Kazaheri pour ressentir les différentes facettes du caractère et de la difficulté de la même montagne.
- Visitez le sanctuaire du mont Tsukuba : après l’ascension, n’oubliez pas d’entrer au cœur de cette montagne de la foi — le sanctuaire du mont Tsukuba — pour ressentir cette quiétude et cette solennité qui se perpétuent depuis mille ans.
- Goûtez aux spécialités locales : après la descente, trouvez un bol d’udon de Tsukuba bien chaud, et si vous voyez le shichimi à la fukure mikan, ramenez-en un pot à la maison pour que vos papilles gardent aussi la mémoire de ce voyage.
- Excursions au bord de l’eau à proximité : la région de Tsukuba et de Tsuchiura est proche de vastes étendues d’eau. Si vous avez le temps, étendez votre itinéraire aux environs pour découvrir un autre paysage, où la plaine du Kantō se mêle aux rives.
La meilleure sortie à vélo n’est jamais un exercice isolé, mais un voyage complet qui relie la montagne, l’eau, la nourriture, l’hébergement et les liens humains. Le mont Tsukuba offre tout cela — il vous fait transpirer, et il vous détend ; il vous confronte seul à la pente, et il vous permet de retrouver vos proches au sommet. C’est la raison pour laquelle je le recommande à chaque cycliste.
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