« Tu fais combien sur la 136 ? » : le terrain d’examen, le Grand Chelem et la langue commune des cyclistes de Taichung

« Tu fais combien sur la 136 ? »
Dans le cercle des cyclistes de Taichung, cette phrase est presque un mot de passe. Elle ne demande pas votre chemin, mais votre niveau, votre entraînement, vos efforts de la saison. La 136 — cette route départementale du district de Taiping qui mène au sommet de Chikanding — a depuis longtemps dépassé le statut de simple montée. C’est le « terrain d’examen » commun des cyclistes de Taichung, un symbole unique de la culture cycliste de cette ville.
Cet article ne parle ni de chronos ni d’allures. Ce que je veux aborder, c’est pourquoi cette route de 14,46 kilomètres avec une pente moyenne de seulement 3,7 % occupe une place si particulière dans le cœur des cyclistes de Taichung.
« Le lieu où les habitants de Taichung passent le plus d’examens »
Si la 136 est surnommée « le lieu où les habitants de Taichung passent le plus d’examens », c’est parce qu’elle est parfaite pour « se mesurer ».
Elle se trouve en périphérie de Taichung, facile d’accès, sans nécessiter le grand déploiement de deux jours et une nuit comme pour Wuling. Vous pouvez, n’importe quel matin, pédaler jusqu’au pont Yijiang à Taiping, puis partir en direction de Chikanding pour vous offrir un « examen ». Du pont Yijiang à Chikanding, environ 15 kilomètres et près de 600 mètres de dénivelé positif. Chaque minute, chaque seconde de ce parcours est enregistrée sur Strava par d’innombrables cyclistes, pour se comparer à leur propre passé, aux cyclistes autour d’eux, et à ces légendes que l’on dit plus rapides.
Le « standard de la note maximale » le plus célèbre ici est le record d’environ 34 minutes 53 secondes établi par le coureur professionnel Feng Chun-kai. Il vient de l’équipe Merida Lampre. Pour les cyclistes amateurs, ce chiffre relève presque du mythe. Mais c’est précisément grâce à cette référence que la 136 est devenue une règle reconnue de tous — vos progrès comme vos régressions n’échappent pas à l’épreuve de cette route.
Le Grand Chelem : la légende des trois sommets
Le segment de Chikanding sur la 136 fait en réalité partie d’un ensemble plus vaste — le « Grand Chelem de Taichung ».
Ce que l’on appelle le Grand Chelem désigne Zhongxingling, Baimaoshan (Lingding) et Chikanding, trois sommets célèbres du centre de Taïwan. Les relier forme une boucle sur la carte, un itinéraire d’entraînement classique du centre d’environ 90 kilomètres avec environ 1 600 mètres de dénivelé positif. Ces trois montagnes ont chacune leur caractère :
- Premier sommet — Zhongxingling : direction Dakeng, montée d’environ 8,4 kilomètres et 327 mètres de dénivelé, c’est l’échauffement d’ouverture.
- Deuxième sommet — Baimaoshan : direction Xinshe, montée d’environ 6,8 kilomètres et 349 mètres de dénivelé, c’est l’épreuve de la mi-parcours.
- Troisième sommet — Chikanding : direction Taiping, montée d’environ 12,3 kilomètres et 576 mètres de dénivelé, c’est le plat principal en apothéose — c’est-à-dire le segment de la 136.
Vaincre les trois sommets en une seule journée et boucler le Grand Chelem est une médaille que beaucoup de cyclistes de Taichung rêvent d’obtenir. Et parmi ces trois sommets, Chikanding (la 136) est sans conteste le segment le plus représentatif, celui que l’on aime et que l’on déteste à la fois.
À la première personne : un examen au petit matin
Je me souviens de chacune de mes sorties sur la 136, l’impression d’entrer dans une salle d’examen.
À l’aube, j’achète une bouteille d’eau à la supérette près du pont Yijiang, je prends une grande inspiration. Les 9 premiers kilomètres sont en légère montée, la pente est séduisante — le corps est fort, les jambes sont légères, on a toujours envie d’accélérer. Mais c’est justement là toute la ruse de la 136 : elle utilise la douceur de son début pour vous pousser à dépenser vos forces trop tôt. Les cyclistes expérimentés le savent, ici il faut « patienter », comme un arc bandé, garder sa puissance en réserve.
Passé le segment doux, la pente raide se dresse sans pitié. Environ 1 kilomètre de montée, puis une brève accalmie, puis encore une pente raide — « doux, raide, doux, raide », comme si la route testait sans cesse vos limites. Le rythme cardiaque s’emballe, les jambes se remplissent de plomb, il ne reste qu’une seule pensée dans la tête : garder le rythme, ne pas craquer.
Arrivé à Chikanding, j’arrête le compteur, et l’instant où je regarde ce chiffre est le moment le plus honnête. Parfois un peu plus rapide que la dernière fois, cette joie suffit à illuminer toute la journée ; parfois plus lent, à la frustration s’ajoute la certitude qu’il faudra travailler davantage la saison prochaine. La 136 ne ment jamais, elle inscrit clairement vos efforts et votre paresse dans les résultats.
Ce que cette route signifie pour les cyclistes
Pour les cyclistes de Taichung, la 136 signifie bien plus qu’une simple montée. C’est une culture, une langue commune, une complicité.
Quand deux cyclistes de Taichung se rencontrent pour la première fois et parlent de leurs chronos sur la 136, leurs niveaux, leurs efforts et leur passion trouvent instantanément un référentiel commun. Cette route relie des cyclistes dispersés aux quatre coins de la ville, formant une communauté invisible mais bien réelle. Tout le monde transpire sur la même route, se mesure sur le même classement Strava, reprend son souffle au même sommet de Chikanding — cette expérience partagée est ce que la culture cycliste de Taichung a de plus précieux.
Ce qu’elle nous apprend, c’est à « être honnête avec soi-même ». La 136 ne vous épargne pas parce que vous êtes de bonne humeur aujourd’hui, et elle ne vous accorde pas de points bonus parce que vous avez des excuses. Elle vous force à affronter votre état réel — si vous vous êtes assez entraîné, si vous savez tenir, si vous pouvez aller jusqu’au bout. Cette honnêteté, c’est ce dont chaque cycliste sérieux a besoin.
Des paysages propres à chaque saison
- Printemps : la verdure nouvelle borde la route de montagne, le climat est agréable, c’est la bonne saison pour améliorer ses chronos.
- Été : la montagne est étouffante, mais le petit matin est frais, c’est la période prisée pour les « séances matinales ».
- Automne : le ciel est haut et l’air vif, la visibilité est excellente, la vue depuis Chikanding est la plus dégagée.
- Hiver : les matins sont frais et secs, l’échauffement est crucial, mais c’est aussi la saison où beaucoup cherchent à battre leur record personnel.
Suggestions d’itinéraire
Pour intégrer la 136 dans une journée, voici comment organiser :
- À l’aube : départ du pont Yijiang à Taiping, commencez par un « examen » à Chikanding pour tester votre forme.
- En matinée : si l’énergie est au rendez-vous, prolongez avec le Grand Chelem complet, vaincre les trois sommets en une journée.
- L’après-midi : retour vers Taiping et Dali, roulez sur la piste cyclable douce de la rivière Toubiankeng pour récupérer, ou allez vous récompenser en ville.
- En fin de journée : trouvez un café, discutez de vos chronos du jour avec d’autres cyclistes, savourez cet examen sur Strava.
La 136 est le miroir des cyclistes de Taichung, et c’est aussi leur pont. Elle reflète le niveau réel de chacun et relie tout le monde en une communauté. La prochaine fois qu’on vous demandera « tu fais combien sur la 136 ? », ne vous précipitez pas pour donner un chiffre — derrière ce chiffre, il y a chaque goutte de sueur versée, chaque impulsion retenue sur le segment doux du début, et ce vous-même qui, à bout de souffle à Chikanding, n’a pas abandonné. C’est cela, le véritable enjeu de la 136.
À la première personne : un examen au petit matin
Je me souviens de chacune de mes sorties sur la 136, l’impression d’entrer dans une salle d’examen. À l’aube, j’achète une bouteille d’eau à la supérette près du pont Yijiang, je prends une grande inspiration. Les 9 premiers kilomètres sont en légère montée, la pente est séduisante — le corps est fort, les jambes sont légères, on a toujours envie d’accélérer. Mais c’est justement là toute la ruse de la 136 : elle utilise la douceur de son début pour vous pousser à dépenser vos forces trop tôt. Les cyclistes expérimentés le savent, ici il faut patienter, comme un arc bandé, garder sa puissance en réserve.
Passé le segment doux, la pente raide se dresse sans pitié. Environ 1 kilomètre de montée, puis une brève accalmie, puis encore une pente raide — doux, raide, doux, raide, comme si la route testait sans cesse vos limites. Le rythme cardiaque s’emballe, les jambes se remplissent de plomb, il ne reste qu’une seule pensée : garder le rythme, ne pas craquer. Arrivé à Chikanding, j’arrête le compteur, et l’instant où je regarde ce chiffre est le moment le plus honnête. Parfois un peu plus rapide que la dernière fois, cette joie suffit à illuminer toute la journée ; parfois plus lent, à la frustration s’ajoute la certitude qu’il faudra travailler davantage la saison prochaine. La 136 ne ment jamais, elle inscrit clairement vos efforts et votre paresse dans les résultats. Cette honnêteté, c’est ce dont chaque cycliste sérieux a besoin.
Le Grand Chelem : la légende des trois sommets et la langue commune
Le segment de Chikanding sur la 136 fait partie du Grand Chelem de Taichung. Ce que l’on appelle le Grand Chelem désigne Zhongxingling, Baimaoshan et Chikanding, trois sommets célèbres du centre de Taïwan. Les relier forme un itinéraire d’entraînement classique du centre d’environ 90 kilomètres avec environ 1 600 mètres de dénivelé positif. Vaincre les trois sommets en une seule journée et boucler le Grand Chelem est une médaille que beaucoup de cyclistes de Taichung rêvent d’obtenir. Et parmi ces trois sommets, Chikanding est sans conteste le segment le plus représentatif, celui que l’on aime et que l’on déteste à la fois. Le standard de la note maximale le plus célèbre ici est le record d’environ 34 minutes 53 secondes établi par le coureur professionnel Feng Chun-kai, un chiffre qui relève presque du mythe pour les cyclistes amateurs.
Pour les cyclistes de Taichung, la 136 signifie bien plus qu’une simple montée. C’est une culture, une langue commune, une complicité. Quand deux cyclistes de Taichung se rencontrent pour la première fois et parlent de leurs chronos sur la 136, leurs niveaux, leurs efforts et leur passion trouvent instantanément un référentiel commun. Cette route relie des cyclistes dispersés aux quatre coins de la ville, formant une communauté invisible mais bien réelle. Tout le monde transpire sur la même route, se mesure sur le même classement, reprend son souffle au même sommet de Chikanding — cette expérience partagée est ce que la culture cycliste de Taichung a de plus précieux. Ce qu’elle nous apprend, c’est à être honnête avec soi-même : la 136 ne vous épargne pas parce que vous êtes de bonne humeur aujourd’hui, et elle ne vous accorde pas de points bonus parce que vous avez des excuses. Elle vous force à affronter votre état réel — si vous vous êtes assez entraîné, si vous savez tenir, si vous pouvez aller jusqu’au bout. La prochaine fois qu’on vous demandera tu fais combien sur la 136, ne vous précipitez pas pour donner un chiffre — derrière ce chiffre, il y a chaque goutte de sueur versée, chaque impulsion retenue sur le segment doux du début, et ce vous-même qui, à bout de souffle à Chikanding, n’a pas abandonné.
« Le lieu où les habitants de Taichung passent le plus d’examens »
Si la 136 est surnommée le lieu où les habitants de Taichung passent le plus d’examens, c’est parce qu’elle est parfaite pour se mesurer. Elle se trouve en périphérie de Taichung, facile d’accès, sans nécessiter le grand déploiement de deux jours et une nuit comme pour Wuling. Vous pouvez, n’importe quel matin, pédaler jusqu’au pont Yijiang à Taiping, puis partir en direction de Chikanding pour vous offrir un examen. Du pont Yijiang à Chikanding, environ 15 kilomètres et près de 600 mètres de dénivelé positif. Chaque minute, chaque seconde de ce parcours est enregistrée sur Strava par d’innombrables cyclistes, pour se comparer à leur propre passé, aux cyclistes autour d’eux, et à ces légendes que l’on dit plus rapides.
Le standard de la note maximale le plus célèbre ici est le record d’environ 34 minutes 53 secondes établi par le coureur professionnel Feng Chun-kai. Il vient de l’équipe Merida Lampre. Pour les cyclistes amateurs, ce chiffre relève presque du mythe. Mais c’est précisément grâce à cette référence que la 136 est devenue une règle reconnue de tous — vos progrès comme vos régressions n’échappent pas à l’épreuve de cette route. Cette caractéristique quantifiable et comparable fait de la 136 le poste d’auto-évaluation préféré des cyclistes de Taichung. Chaque fois qu’on la gravit, c’est comme entrer dans une salle d’examen et recevoir la note la plus honnête de la route. Et c’est précisément ce rituel chargé de pression et d’attente qui donne à la 136 une place unique dans le cœur des cyclistes de Taichung.
Saisons, itinéraires et le poids de cette route
La 136 a ses charmes à chaque saison : au printemps, la verdure nouvelle borde la route de montagne, le climat est agréable, c’est la bonne saison pour améliorer ses chronos ; en été, la montagne est étouffante, mais le petit matin est frais, c’est la période prisée pour les séances matinales ; en automne, le ciel est haut et l’air vif, la visibilité est excellente, la vue depuis Chikanding est la plus dégagée ; en hiver, les matins sont frais et secs, l’échauffement est crucial, mais c’est aussi la saison où beaucoup cherchent à battre leur record personnel.
Pour intégrer la 136 dans une journée, voici comment organiser : à l’aube, départ du pont Yijiang à Taiping, commencez par un examen à Chikanding pour tester votre forme ; si l’énergie est au rendez-vous, prolongez avec le Grand Chelem complet, vaincre les trois sommets en une journée ; l’après-midi, retour vers Taiping et Dali, roulez sur la piste cyclable douce de la rivière Toubiankeng pour récupérer, ou allez vous récompenser en ville ; en fin de journée, trouvez un café, discutez de vos chronos du jour avec d’autres cyclistes, savourez cet examen sur Strava. La 136 est le miroir des cyclistes de Taichung, et c’est aussi leur pont. Elle reflète le niveau réel de chacun et relie tout le monde en une communauté. La prochaine fois qu’on vous demandera tu fais combien sur la 136, ne vous précipitez pas pour donner un chiffre — derrière ce chiffre, il y a chaque goutte de sueur versée, chaque impulsion retenue sur le segment doux du début, et ce vous-même qui, à bout de souffle à Chikanding, n’a pas abandonné. C’est cela, le véritable enjeu de la 136.
Le Grand Chelem : la légende des trois sommets
Le segment de Chikanding sur la 136 fait en réalité partie d’un ensemble plus vaste — le Grand Chelem de Taichung. Ce que l’on appelle le Grand Chelem désigne Zhongxingling, Baimaoshan (Lingding) et Chikanding, trois sommets célèbres du centre de Taïwan. Les relier forme une boucle sur la carte, un itinéraire d’entraînement classique du centre d’environ 90 kilomètres avec environ 1 600 mètres de dénivelé positif. Ces trois montagnes ont chacune leur caractère : le premier sommet, Zhongxingling, dans la direction de Dakeng, avec une montée d’environ 8,4 kilomètres et 327 mètres de dénivelé, est l’échauffement d’ouverture ; le deuxième sommet, Baimaoshan, dans la direction de Xinshe, avec une montée d’environ 6,8 kilomètres et 349 mètres de dénivelé, est l’épreuve de la mi-parcours ; le troisième sommet, Chikanding, dans la direction de Taiping, avec une montée d’environ 12,3 kilomètres et 576 mètres de dénivelé, est le plat principal en apothéose, c’est-à-dire le segment de la 136.
Vaincre les trois sommets en une seule journée et boucler le Grand Chelem est une médaille que beaucoup de cyclistes de Taichung rêvent d’obtenir. Et parmi ces trois sommets, Chikanding (la 136) est sans conteste le segment le plus représentatif, celui que l’on aime et que l’on déteste à la fois. Le Grand Chelem rassemble l’essence des montées de Taichung en un seul itinéraire, et condense la passion des cyclistes de Taichung pour le défi en un objectif commun. Quand vous bouclez le Grand Chelem, vous n’avez pas seulement parcouru 90 kilomètres, vous avez rejoint une communauté invisible mais bien réelle, composée d’innombrables challengers. Ce sentiment d’appartenance et d’accomplissement est l’une des choses les plus précieuses que le Grand Chelem et la 136 offrent aux cyclistes de Taichung.
Ce que cette route signifie pour les cyclistes : honnêteté et connexion
Pour les cyclistes de Taichung, la 136 signifie bien plus qu’une simple montée. C’est une culture, une langue commune, une complicité. Quand deux cyclistes de Taichung se rencontrent pour la première fois et parlent de leurs chronos sur la 136, leurs niveaux, leurs efforts et leur passion trouvent instantanément un référentiel commun. Cette route relie des cyclistes dispersés aux quatre coins de la ville, formant une communauté invisible mais bien réelle. Tout le monde transpire sur la même route, se mesure sur le même classement Strava, reprend son souffle au même sommet de Chikanding — cette expérience partagée est ce que la culture cycliste de Taichung a de plus précieux.
Ce qu’elle nous apprend, c’est à être honnête avec soi-même. La 136 ne vous épargne pas parce que vous êtes de bonne humeur aujourd’hui, et elle ne vous accorde pas de points bonus parce que vous avez des excuses. Elle vous force à affronter votre état réel — si vous vous êtes assez entraîné, si vous savez tenir, si vous pouvez aller jusqu’au bout. Cette honnêteté, c’est ce dont chaque cycliste sérieux a besoin. C’est peut-être pour cela que tant de cyclistes de Taichung aiment et détestent la 136 à la fois, et pourtant y reviennent sans cesse — parce que dans ce monde plein de vernis et de filtres, pouvoir trouver une route qui vous dit si crûment et si justement « voilà ton niveau », c’est en soi une lucidité rare. Avec ses pentes douces puis raides, la 136 inscrit l’honnêteté et la connexion dans la vie de chaque cycliste de Taichung.
Itinéraire et conclusion : après l’examen
Pour intégrer la 136 dans une journée, au-delà de l’examen lui-même, n’oubliez pas la détente et la récompense qui suivent. À l’aube, départ du pont Yijiang à Taiping, commencez par un examen à Chikanding pour tester votre forme ; si l’énergie est au rendez-vous, prolongez avec le Grand Chelem complet, vaincre en une journée les trois sommets de Zhongxingling, Baimaoshan et Chikanding. L’après-midi, retour vers Taiping et Dali, roulez sur la piste cyclable douce de la rivière Toubiankeng pour récupérer, ou allez vous récompenser en ville. En fin de journée, trouvez un café, discutez de vos chronos du jour avec d’autres cyclistes, savourez cet examen sur Strava.
Ce rythme « d’abord l’examen, ensuite la récompense » est la forme la plus complète d’une sortie sur la 136. Il fait d’une simple balade non seulement un défi extrême où l’on serre les dents, mais aussi une expérience complète avec des efforts, des résultats et du partage. Et le moment où l’on discute de ses chronos avec d’autres cyclistes au café est souvent la conclusion la plus chaleureuse de toute la sortie — chacun partage ses souffrances et ses percées, s’encourage et se mesure aux autres. Cette camaraderie forgée par la 136 est ce que la culture cycliste de Taichung a de plus émouvant. La 136 ne teste pas seulement votre niveau, elle vous relie aussi aux cyclistes de cette ville. Elle est terrain d’examen et pont ; pression et amitié. C’est pour cela que cette route départementale, douce au début puis raide, pèse si lourd dans le cœur des cyclistes de Taichung.
Ce vous-même qui reprend son souffle à Chikanding
Après avoir gravi la 136 tant de fois, j’ai peu à peu compris que le véritable enjeu de cette route n’est pas la vitesse, mais la manière dont on se confronte à soi-même. Les 9 premiers kilomètres de pente douce testent votre capacité à retenir l’impulsion, à patienter en gardant vos forces ; la pente raide de la fin teste votre capacité à garder le rythme dans la souffrance, à ne pas abandonner facilement. Ce sont en réalité des métaphores de la vie — ceux qui savent patienter vont plus loin, ceux qui supportent la douleur grimpent plus haut.
Chaque fois que j’arrive à Chikanding et que j’arrête le compteur, je ne vois pas seulement un chrono, mais aussi ce moi-même qui a lutté sur la pente sans abandonner. Parfois plus rapide, parfois plus lent, mais tant que j’ai honnêtement donné tout ce que j’avais, ce chiffre mérite d’être fier. Ce que la 136 m’a appris, c’est à être honnête avec moi-même — ne pas me mentir, ne pas chercher d’excuses, ne pas me comparer aux autres, seulement à mon moi d’hier. Cette honnêteté est plus précieuse que n’importe quel beau chrono. C’est peut-être pour cela que tant de cyclistes de Taichung font de la 136 une partie de leur vie — parce que sur cette route départementale douce puis raide, nous ne faisons pas que pédaler, nous rencontrons encore et encore ce moi-même le plus vrai, le plus travailleur et le plus courageux.
La 136 et la culture cycliste de Taichung
Pour comprendre pourquoi la 136 pèse si lourd dans le cœur des cyclistes de Taichung, il faut comprendre la culture cycliste florissante de Taichung. Taichung est un centre majeur de l’industrie du vélo à Taïwan, et un lieu de rassemblement pour de nombreuses équipes, magasins et communautés de cyclistes. Dans une telle atmosphère, il faut une route reconnue de tous pour servir de plateforme commune d’échange et de compétition. Et la 136, grâce à sa difficulté modérée, son accessibilité et ses références claires, est naturellement devenue cette plateforme.
À Taichung, la 136 est presque un cours obligatoire pour tout cycliste sérieux. L’entraînement des équipes, les sorties entre amis, l’auto-évaluation individuelle — tout passe par elle. Avec le temps, la 136 a accumulé d’innombrables histoires, chronos et souvenirs, devenant un symbole important de la culture cycliste de Taichung. Quand vous gravissez la 136, vous rejoignez en réalité une tradition écrite par d’innombrables cyclistes de Taichung sur plusieurs décennies. Chacun de vos chronos devient une partie de l’histoire de cette route ; et la légende de cette route, à travers vous, continue de se transmettre. Cette épaisseur culturelle et cette transmission sont la raison fondamentale pour laquelle la 136 dépasse le statut de simple montée et devient la langue commune des cyclistes de Taichung. Elle relie non seulement les cyclistes du moment présent, mais aussi des générations entières de passionnés de cette route.
Conclusion : chaque goutte de sueur derrière le chiffre
La 136 est le miroir des cyclistes de Taichung, et c’est aussi leur pont. Elle reflète le niveau réel de chacun et relie tout le monde en une communauté. Quand on vous demandera tu fais combien sur la 136, ne vous précipitez pas pour donner un chiffre — derrière ce chiffre, il y a chaque goutte de sueur versée, chaque impulsion retenue sur le segment doux du début, et ce vous-même qui, à bout de souffle à Chikanding, n’a pas abandonné.
C’est cela, le véritable enjeu de la 136. Elle ne teste pas votre vitesse, mais votre attitude face aux difficultés, votre manière de vous comporter avec vous-même, votre volonté de ne pas abandonner dans la souffrance. Ce sont les leçons les plus importantes du cyclisme, et de la vie. La prochaine fois que vous gravissez la 136, ne fixez pas seulement le chiffre sur le compteur — ressentez ce rythme doux puis raide, goûtez cet art de la patience et de l’explosion, rencontrez ce vous-même qui lutte sur la pente et continue pourtant de monter. Quand vous saurez apprécier tout cela, vous comprendrez que la 136 vous donne bien plus qu’un chrono. Elle vous donne un souvenir de cyclisme profondément lié à vous-même, aux autres cyclistes et à cette ville — et c’est précisément le cœur le plus chaleureux et le plus émouvant de la culture cycliste de Taichung.
À propos des matins au pont Yijiang
Chaque histoire de la 136 commence par un matin au pont Yijiang. Le jour n’est pas encore tout à fait levé, la lumière de la supérette est particulièrement chaleureuse dans la brume matinale, les cyclistes arrivent les uns après les autres, remplissent leurs bidons, s’échauffent, s’encouragent mutuellement. L’air est chargé d’une tension d’avant-examen, mais aussi d’une excitation du départ imminent. Ce petit point de départ a été témoin d’innombrables défis et percées des cyclistes de Taichung, et porte des décennies de transmission et de camaraderie de cette route.
Quand vous vous tenez vous aussi à l’aube au pont Yijiang, prêt à partir pour Chikanding, vous rejoignez en réalité cette tradition cycliste qui traverse les générations. Chacun de vos défis deviendra une partie de l’histoire de cette route. Et quel que soit le chrono d’aujourd’hui, ce vous-même qui accepte de se lever tôt le matin, qui accepte d’affronter l’épreuve douce puis raide, qui serre les dents jusqu’au bout à Chikanding, mérite d’être fier. C’est cela, le charme de la 136 — ce n’est pas qu’une route, c’est un lieu où les cyclistes de Taichung se rencontrent encore et encore, et se rencontrent les uns les autres. La prochaine fois qu’à l’aube vous verrez ces silhouettes de cyclistes familières et inconnues au pont Yijiang, n’oubliez pas de leur adresser un sourire — car vous êtes tous appelés par la même route, animés par la même passion.
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