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Pèlerinage au pied du Mur Vertigineux : Fuji Azami Line, le col de Subashiri et l'épreuve de volonté d'une pente extrême

挑戰心得

Pèlerinage face au Mur Dressé : Fuji Azami Line, le col de Susobana et l'épreuve de volonté d'une pente extrême

Certaines routes vous séduisent par leurs paysages, d’autres vous émeuvent par leurs histoires. La Fuji Azami Line, elle, vous confronte à vos limites avec un mur presque vertical. C’est une route qui appartient à la volonté, une route qui gravera une marque profonde dans votre esprit.

Quand on évoque la Fuji Azami Line, les premiers chiffres qui viennent à l’esprit sont souvent ceux qui effraient : une pente maximale frôlant les 22 %, comparée au Zoncolan italien, « la pente la plus raide du Japon ». Mais si vous n’y voyez qu’une succession de pourcentages, vous passez à côté de ce qui rend cette route vraiment bouleversante. Elle mène au cinquième station de Susobana (Susobana-gōme) du mont Fuji — un portail chargé de siècles de mémoire de pèlerinage. Dans cet article, nous posons le compteur, et nous plongeons dans la foi, les noms de lieux et la vie quotidienne qui se cachent derrière cette pente extrême.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette route, voici une image : elle se situe dans la ville d’Oyama, préfecture de Shizuoka, part de la zone de Susobana et grimpe raide vers le cinquième station de Susobana, sur le versant est du mont Fuji, à environ 1 980 mètres d’altitude. Sur environ 11 kilomètres, elle grimpe de plus de 1 100 mètres, avec une pente moyenne frôlant les 10 %, et une section finale qui approche les 15 % en continu, avec des passages les plus raides à 22 % : le « Mur Dressé ». Ces chiffres cumulés en font, pour les cyclistes japonais, « le synonyme de la pente extrême ». Mais les chiffres ne sont que le ticket d’entrée. Ce qui rend cette route digne d’être écrite, ce sont les histoires qui se cachent derrière : celle de la montagne sacrée, celle du pèlerinage, celle de la façon dont l’être humain affronte ses limites.

Une porte vers la montagne sacrée

Pour comprendre la Fuji Azami Line, il faut d’abord comprendre où elle mène — le cinquième station de Susobana du mont Fuji.

Le mont Fuji n’est pas seulement le plus haut sommet du Japon ; c’est le symbole spirituel de cette nation, le protagoniste récurrent des estampes ukiyo-e et de la poésie, le paysage le plus profond de la mémoire collective de ce peuple. Depuis des temps immémoriaux, gravir le Fuji est considéré comme une pratique ascétique et un pèlerinage. Plusieurs routes mènent au sommet, et Susobana est l’une d’elles, située sur le versant est du mont Fuji, dans la ville d’Oyama, préfecture de Shizuoka. La Fuji Azami Line est, à la base, la route d’accès moderne pour se rendre en voiture ou à vélo au point de départ de l’ascension de Susobana.

La route d’ascension de Susobana a un caractère unique parmi les sentiers du mont Fuji. Située sur le versant est, son point de départ est relativement bas en altitude, et le chemin traverse une zone forestière plus longue, ce qui lui confère un charme naturel plus sauvage. Historiquement, cette route était l’un des principaux passages pour les habitants de la région est et les pèlerins se rendant au Fuji, portant la mémoire de la foi locale. Lorsque vous grimpez le long de la Fuji Azami Line vers le cinquième station de Susobana, vous ne roulez pas seulement sur une route asphaltée moderne, mais sur un chemin où se superposent les traces des anciens sentiers — cette pente sous vos pieds est, depuis des siècles, un lieu où les gens, porteurs de leurs vœux, avançaient vers la montagne sacrée.

En d’autres termes, lorsque vous pédalez sur cette pente extrême, vous roulez en réalité sur une version moderne d’un « chemin de pèlerinage ». Les anciens montaient à pied, exprimant leur respect pour la montagne sacrée par l’ascèse du corps ; vous, avec votre vélo, vos jambes, haletant devant ce Mur Dressé, vous prolongez d’une certaine manière le même esprit de « mesurer la montagne sacrée avec son corps ». Ce lien avec la foi donne à la souffrance de la Fuji Azami Line une dimension qui dépasse le simple sport.

Pour les Japonais, le mont Fuji est bien plus qu’une montagne. C’est le protagoniste récurrent des estampes ukiyo-e, l’inspiration d’innombrables poèmes et peintures, le paysage le plus profond de la mémoire collective de ce peuple. À l’époque d’Edo, le « Fuji-kō » a même émergé — une organisation de foi populaire centrée sur le pèlerinage au mont Fuji, dont les fidèles venaient en groupes à pied, considérant l’ascension du Fuji comme le vœu d’une vie. Susobana était l’une des portes par lesquelles ces pèlerins foulaient la montagne sacrée. Lorsque vous pédalez péniblement sur cette route, chaque centimètre de bitume sous vos pieds est imprégné des traces d’innombrables pèlerins de ces derniers siècles. Vous n’êtes ni le premier ni le dernier à souffrir pour atteindre cette montagne. Cette résonance avec l’histoire est le poids unique de la Fuji Azami Line.

Magaeshi : l’histoire de l’alpinisme dans un nom de lieu

Sur cette route se trouve un repère célèbre, appelé « Magaeshi (ancien Magaeshi) » — la véritable pente extrême commence après ce point.

Le nom « Magaeshi » est lourd de sens dans la culture de l’alpinisme japonais. Il désigne l’endroit où « les chevaux ne peuvent aller plus loin, il faut continuer à pied ». Autrefois, les pèlerins venant au mont Fuji montaient à cheval ou en palanquin jusqu’au pied de la montagne, mais à un certain point où la pente devenait trop raide et le terrain trop dangereux, les chevaux ne pouvaient plus avancer. On « retournait donc le cheval » — on le laissait là, et l’on poursuivait l’ascension à pied.

Lorsque vous arrivez à Magaeshi et que vous voyez ce « Mur Dressé » devant vous, ce nom de lieu devient soudainement d’une justesse frappante : une pente que même un cheval ne peut gravir, vous allez la monter à vélo. Cette résonance à travers le temps fait de Magaeshi bien plus qu’un simple panneau — c’est un rappel : celui que vous entrez dans un passage si périlleux que même la monture des anciens devait s’arrêter. Et vous, vous choisissez de continuer.

Presque toutes les montagnes célèbres du Japon ont un lieu-dit « Magaeshi ». C’est un repère plein d’images dans la culture de l’alpinisme. Imaginez, il y a quelques centaines d’années, un voyageur venant en pèlerinage au Fuji, chevauchant jusqu’ici, puis mettant pied à terre, préparant ses bagages, chaussant ses sandales de paille, et commençant l’ascèse de la marche. Les deux caractères de « Magaeshi » marquent précisément la ligne de démarcation : « le transport confortable s’arrête ici, la véritable épreuve commence maintenant ».

Et aujourd’hui, vous arrivez au même endroit avec le vélo le plus sophistiqué de l’ère moderne, pour affronter, après cette ligne de démarcation, l’épreuve la plus rude de tout le parcours. D’un certain point de vue, c’est un renversement fascinant — la monture des anciens s’arrêtait ici, tandis que votre « monture » doit ici défier ses limites. Lorsque vous franchissez Magaeshi et entrez dans cette pente que même les chevaux refusaient, vous rejouez en réalité, d’une manière très moderne, un pèlerinage très ancien : vous vous abandonnez à ce mur, et par les limites de votre corps, vous gagnez le droit d’atteindre la montagne sacrée.

Le Mur Dressé : un dialogue avec soi-même

Ce qui rend la Fuji Azami Line légendaire, c’est la pente extrême appelée « sorisodatsu kabe (le Mur Dressé) » après Magaeshi — environ 3 kilomètres, une pente moyenne proche de 15 %, et les passages les plus raides frôlant les 22 %.

Rouler sur ce mur est une expérience très particulière. Votre monde se réduit à : la prochaine respiration, le prochain coup de pédale, la roue avant qui ne doit pas se lever. La vitesse devient si lente qu’elle est presque celle de la marche, et le temps semble s’étirer. À ce moment-là, ce que cette route teste vraiment, ce ne sont plus vos jambes, mais votre tête — pouvez-vous, dans une douleur et une lenteur extrêmes, vous convaincre de « pédaler encore un coup, encore un coup ».

Dans cet état limite, on entre dans une concentration étrange. Tout autour de vous s’efface à l’arrière-plan, et votre conscience ne retient que l’essentiel : le rythme de la respiration, la rotation des pédales, l’équilibre du vélo. Certains disent que cela ressemble à la méditation zen — lorsque le corps est poussé à ses limites, les pensées parasites disparaissent, ne laissant que le moment présent le plus pur. Vous ne pensez plus au travail, plus aux soucis, même plus à la distance qui reste jusqu’au sommet ; vous êtes simplement « ici, en train de pédaler ce coup-ci ». Cette concentration extrême, arrachée par la douleur, est une expérience presque sacrée que de nombreux cyclistes décrivent en parlant de la Fuji Azami Line.

C’est aussi à de tels moments que vous rencontrez un vous-même que vous ne voyez jamais d’habitude. Ce moi qui, dans le confort de la vie quotidienne, veut toujours abandonner, veut toujours prendre le raccourci, se retrouve sans échappatoire sur ce mur ; et ce moi caché au plus profond, plus résilient que vous ne le pensiez, est également révélé sur ce mur. Vous serez surpris de découvrir : lorsque vous n’avez plus d’autre choix que d’avancer, votre corps et votre volonté peuvent tenir bien plus loin que vous ne l’imaginiez.

Beaucoup de cyclistes se souviennent, après coup, que ce Mur Dressé a été le moment de leur carrière cycliste le plus proche de la « volonté pure ». Pas de paysage pour distraire, pas de raccourci pour tricher, seulement un duel nu entre vous et la pente. C’est précisément pour cela que, lorsque vous franchissez enfin ce mur et atteignez le cinquième station de Susobana, ce sentiment d’accomplissement est si pur et si intense — vous n’avez pas battu quelqu’un d’autre, vous avez battu ce vous-même qui voulait abandonner.

Ce « duel pur » est en réalité très rare dans la vie moderne. Notre quotidien est rempli de succès et d’échecs flous, d’excuses que l’on peut invoquer, de difficultés que l’on peut contourner. Mais sur ce mur, tout devient d’une clarté absolue : soit vous continuez à faire tourner les pédales, soit vous mettez pied à terre. Pas de zone intermédiaire, pas d’excuse, personne ne peut pédaler à votre place. Cette simplicité nue est précisément ce qui fascine — elle vous extrait du tumulte du quotidien et vous confronte à une question des plus primitives : jusqu’où pouvez-vous vraiment tenir ?

Et chaque cycliste qui a serré les dents sur ce mur en repart avec sa propre réponse. Cette réponse vaut peut-être plus que n’importe quel certificat d’arrivée. Car ce n’est pas un jugement porté par les autres, mais une définition que vous avez écrite de vos propres mains dans le moment le plus douloureux. Voilà le charme le plus profond de la Fuji Azami Line : ce qu’elle vend, ce n’est pas un paysage, c’est un miroir dans lequel se voir soi-même.

Quand les voitures sont interdites, la route appartient aux cyclistes

La Fuji Azami Line a aussi un secret particulièrement favorable aux cyclistes.

Chaque année, pendant la saison d’alpinisme du mont Fuji (environ de début juillet à mi-septembre), pour gérer l’afflux massif de randonneurs, cette route est soumise à une régulation de la circulation automobile — les véhicules privés doivent se garer en périphérie et prendre des navettes pour monter. Mais les bicyclettes et autres véhicules non motorisés ne sont pas concernés par cette régulation. Cela signifie que, pendant la haute saison la plus animée de l’année, lorsque toutes les voitures sont bloquées au pied de la montagne, cette pente extrême devient une scène réservée aux cyclistes.

Imaginez : en plein été, sur le mont Fuji, les randonneurs se succèdent sans interruption, mais sur cette pente raide menant à Susobana, aucune voiture ne rivalise avec vous pour la route. Vous affrontez seul ce Mur Dressé, la chaussée est dégagée, l’air est silencieux, seulement votre respiration et le bruit des pédales. Cette « pente extrême paisible en pleine haute saison de la montagne sacrée » est un cadeau caché que la Fuji Azami Line offre aux cyclistes sérieux.

La valeur de ce cadeau réside dans le fait qu’il réserve les meilleures conditions de cyclisme à ceux qui acceptent de monter avec leurs jambes. Les automobilistes sont bloqués en bas, entassés dans les navettes, tandis que vous, vous pouvez, au plus fort de la saison, profiter seul d’une route silencieuse vers le ciel. Pas de vrombissement de moteurs, pas de gaz d’échappement, pas de pression de dépassement — seulement la montagne, la route, et vous. C’est une expérience de cyclisme très pure, et une forme d’équité subtile : la montagne sacrée rend son aspect le plus paisible à ceux qui sont prêts à donner le plus.

Bien sûr, cela signifie aussi que vous devez être totalement autonome — pas de voiture, donc pas de commodité pour demander de l’aide à tout moment. La préparation avant le départ, les chambres à air et les outils, les provisions et les vêtements chauds en quantité suffisante doivent être d’autant plus complets. Mais pour un cycliste sérieux, ce sentiment d’indépendance « par ses propres moyens » est précisément l’un des aspects les plus séduisants de cette route. Entre vous et cette montagne sacrée, aucun intermédiaire, aucune dépendance, seulement une confrontation la plus directe — cette relation primitive est exactement ce que l’alpinisme et le cyclisme étaient à l’origine.

La vie en contrebas : les sources chaudes et les yakisoba de Gotemba

Après avoir gravi une route aussi dure, ce dont on a le plus besoin, c’est de la douceur réparatrice en contrebas. Et la région d’Oyama et de Gotemba, où se trouve la Fuji Azami Line, offre exactement cette conclusion parfaite.

Gotemba est la ville la plus animée de la région, avec pour repère le plus connu le vaste Gotemba Premium Outlets — environ deux cents magasins, avec une vue sur le mont Fuji. Pour les cyclistes qui viennent de gravir la pente extrême, le point fort est la source chaude de jour « Konohanayu » dans le complexe de l’Outlet : une source thermale propre, avec un bain extérieur d’où l’on peut contempler le mont Fuji. Plonger son corps fatigué et refroidi dans une source chaude, lever les yeux vers la montagne sacrée que l’on vient de conquérir — cette conclusion est tout simplement parfaite.

La culture japonaise des sources chaudes et le cyclisme partagent une affinité naturelle. Une longue ascension contre la gravité tend les muscles et accumule l’acide lactique, et un bain chaud est exactement ce qu’il faut pour soulager tout cela. Et surtout, pouvoir se baigner tout en contemplant le mont Fuji que l’on a conquis avec ses jambes, cette double satisfaction physique et mentale est incomparable avec toute autre façon de terminer. Vous regardez cette montagne sacrée qui scintille d’or dans la lumière du soir, et vous pensez en silence : tout à l’heure, j’étais sur toi, sur ce mur, en train de grimper pas à pas. Cette intimité avec la montagne, dans la vapeur de la source chaude, se dépose lentement en un souvenir inoubliable.

Côté cuisine, les soba de Gotemba (mikuriya soba) de la région ont une saveur particulière : les nouilles sont enrichies de nagaimo (igname) pour une texture élastique et légèrement collante, et le bouillon est préparé avec de la sauce soja locale et l’eau de source souterraine du mont Fuji. Ce qui rend ce bol de soba spécial, c’est qu’il utilise précisément l’eau de source qui filtre à travers le mont Fuji — en le mangeant, vous goûtez en réalité la bénédiction que cette montagne sacrée offre à cette terre. De la neige au sommet, à l’eau souterraine, puis au bouillon dans le bol — le mont Fuji revient dans votre corps d’une autre manière.

Et non loin de là, Fujinomiya est la patrie des yakisoba de Fujinomiya — ce plat de rue B-grade aux nouilles fermes et pleines de mordant, plusieurs fois champion national, est le choix parfait pour refaire le plein de glucides et se récompenser. Un bol de yakisoba fumant, une source chaude avec vue sur le Fuji, transforment la souffrance de la pente extrême en satisfaction en contrebas. Ces saveurs locales ne remplissent pas seulement l’estomac ; elles sont la manière dont ce voyage crée un lien avec cette terre — vous ne faites pas que passer devant le mont Fuji, vous le goûtez, vous vous en souvenez.

Ce que cette route signifie pour un cycliste

La signification de la Fuji Azami Line pour un cycliste est différente de celle de la plupart des montées célèbres. Ce n’est pas une route pour « en profiter », c’est une route pour « se mettre à l’épreuve ».

Elle dépouille tous les ornements — pas de paysage spectaculaire pour distraire, pas de faux-plat pour paresser, ne laissant que l’essentiel : la pente, la gravité, et votre volonté. Elle vous force à regarder en face une question : lorsque la douleur devient si grande que vous voulez abandonner, pouvez-vous encore pédaler un coup de plus ?

Et c’est précisément cette pureté qui rend la conquête si significative. Lorsque vous vous tenez au cinquième station de Susobana, regardant en arrière ce Mur Dressé que vous venez de gravir, vous ne récoltez pas seulement une sortie terminée, mais une redécouverte de vos propres limites. Vous redescendez avec cette conviction « je peux donc le faire », et cette conviction s’étendra à tous les autres moments de votre vie où il faudra serrer les dents.

J’ai toujours pensé que l’on a parfois besoin d’une route comme celle-ci. Une route qui ne raisonne pas, qui n’offre pas de raccourci, qui vous force à vous acculer au mur. Parce que dans la vie quotidienne, nous sommes trop habitués à fuir l’inconfort, à contourner les difficultés, à chercher le chemin le plus économique. La Fuji Azami Line enlève tout cela, ne vous laissant qu’un choix primitif : tenir, ou ne pas tenir. Lorsque vous choisissez de tenir, et que vous y parvenez vraiment, cette confiance en vous-même, aucune réussite confortable ne peut vous l’offrir.

Qui devrait relever ce défi

Pour être honnête, la Fuji Azami Line n’est pas une route pour tout le monde. Elle est exigeante, impitoyable, avec des exigences élevées en matière d’équipement et de condition physique. Mais c’est précisément pour cela qu’elle convient particulièrement à certains types de cyclistes.

Elle convient à ceux qui veulent dépasser leurs limites — si vous avez déjà gravi de nombreuses pentes et sentez que vous avez besoin d’un défi plus rude pour vous redécouvrir, cette route vous donnera sa réponse sans aucune pitié. Elle convient à ceux qui aiment l’épreuve pure — si vous vous moquez des paysages en chemin et voulez seulement un duel des plus nus entre vous et la pente, cette route est une scène parfaite. Elle convient aussi à ceux qui veulent collectionner l’exploit de « la pente la plus raide du Japon » — ce titre prestigieux mérite à lui seul qu’un cycliste sérieux fasse le déplacement pour vérifier la légende par lui-même.

Mais si vous êtes débutant, ou si ce voyage est destiné à admirer tranquillement les paysages et à rouler à votre rythme, il existe de nombreuses options plus accueillantes autour du mont Fuji. Pas besoin de vous forcer à vous frotter à ce mur. Savoir ce que l’on veut est la première étape pour planifier tout voyage à vélo. Après tout, le plaisir du cyclisme a mille visages, et l’épreuve de la pente extrême n’en est qu’un ; trouver la route qui correspond à votre état et à votre état d’esprit du moment est ce qui compte le plus. Et le jour où vous vous sentirez prêt, assoiffé d’une véritable épreuve, la Fuji Azami Line sera toujours là, et ce mur vous attendra en silence.

Partez avec respect

Si vous décidez de relever le défi de la Fuji Azami Line, la dernière chose que je veux dire est ceci : partez avec un profond respect.

Le respect de cette montagne sacrée — vous roulez sur une route de pèlerinage qui porte la mémoire d’innombrables pèlerins depuis des siècles. Le respect de cette pente extrême — préparez vos plus petits braquets, emportez suffisamment de ravitaillement et de vêtements chauds, ne sous-estimez jamais sa difficulté. Et le respect de vous-même — autorisez-vous à mettre pied à terre sur le passage le plus raide pour reprendre votre souffle, placez la sécurité avant la performance, car monter sain et sauf et redescendre sain et sauf, voilà la véritable réussite de ce défi.

Lorsque vous franchirez ce mur que même les chevaux rebroussaient et que vous vous tiendrez au cinquième station de Susobana, vous comprendrez : ce que la Fuji Azami Line donne, ce n’est jamais seulement un temps de montée, mais un dialogue des plus profonds avec vous-même, et un lien intime avec cette montagne sacrée de la nation, gagné à la sueur et à la volonté. Ce lien restera en vous très longtemps — chaque fois que vous rencontrerez dans la vie un obstacle difficile à franchir, vous vous souviendrez de ce mur, de ce vous-même qui, dans l’extrême limite, a choisi de pédaler encore un coup, et vous vous direz : j’ai déjà gravi ce mur, cette épreuve-là, je peux aussi la passer. Voilà le cadeau le plus précieux qu’une grande pente extrême puisse laisser à un cycliste.

Suggestions d’étapes

  • Gotemba Premium Outlets et Konohanayu : la conclusion parfaite après la montée — bain chaud, vue sur le Fuji, et possibilité de faire quelques achats de ravitaillement et de souvenirs.
  • Cinquième station de Susobana : le point de départ des sentiers de randonnée, avec une vue dégagée par beau temps, la récompense au bout de la pente extrême.
  • Fujinomiya : dégustez les authentiques yakisoba de Fujinomiya pour refaire le plein de glucides, et visitez au passage le grand sanctuaire Sengen de Fujisan Hongū.
  • Autour du mont Fuji : prolongez avec les Cinq Lacs du Fuji, le col de Fujinomiya et d’autres sites pour explorer toute la région du Fuji plus en profondeur.
  • Zone de Susobana, ville d’Oyama : le point de départ, pour ressentir l’atmosphère de ce portail d’ascension sur le versant est de la montagne sacrée.

Une route qui mérite une place sur votre liste de vie

Dans le monde des cyclistes, certaines routes sont faites pour être appréciées, d’autres pour être montrées, et la Fuji Azami Line, elle, est faite pour « prouver » — prouver que vous vous êtes tenu au départ, que vous avez affronté ce mur légendaire, et que vous ne vous êtes pas détourné.

Ce n’est peut-être pas la plus belle route, sans paysages spectaculaires à couper le souffle le long du chemin ; ce n’est absolument pas la plus facile, ce Mur Dressé fera froncer les sourcils même aux cyclistes les plus forts. Mais c’est précisément ce « pas beau, pas facile » qui en fait une route si pure qu’elle en devient presque sacrée. Elle dépouille tout ornement, ne vous laissant que le défi essentiel, puis, au cinquième station de Susobana, au sommet, elle vous attend pour que vous veniez chercher cette récompense réservée à ceux qui persistent.

Si vous êtes un cycliste sérieux, si vous croyez que le vélo n’est pas seulement un sport mais une manière de se connaître soi-même, alors la Fuji Azami Line mérite une place sur votre liste de vie. Non pas parce qu’elle est facile, mais précisément parce qu’elle est difficile.

Rappel avant le départ : cette route est fermée en hiver, et sa période d’ouverture est annoncée chaque année ; pendant la saison d’alpinisme, les voitures sont régulées mais les vélos sont autorisés ; le sommet est proche de 2 000 mètres, le froid se fait sentir, emportez impérativement de quoi vous couvrir. Partez avec le respect de la montagne sacrée, avec la préparation pour la pente extrême, pour ce pèlerinage de la volonté. Lorsque vous franchirez ce mur que même les chevaux rebroussaient, vous comprendrez que la Fuji Azami Line ne donne jamais seulement un temps de montée, mais un dialogue des plus profonds avec vous-même.

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