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La rivière Lileng au cœur de Guguan : un voyage à vélo dans les sentiers forestiers entre le village Atayal et la rivière Dajia

挑戰心得

La rivière Lileng au cœur de Guguan : un voyage à vélo dans un village Atayal et les mémoires de la rivière Dajia

Certaines routes parlent par les chiffres, d’autres par les paysages. La piste forestière de la rivière Lileng a les deux — 4,57 kilomètres et 378 mètres de dénivelé en constituent le squelette, mais ce qui la rend vraiment inoubliable, c’est la majesté du paysage de la vallée de la Dajia qui la borde, ainsi que le village de Lileng, niché au creux de la montagne.

La mémoire d’une vallée sculptée par la rivière Dajia : l’histoire géographique de Guguan et de Lileng

Pour comprendre la piste forestière de la rivière Lileng, il faut d’abord comprendre la montagne et la rivière qui l’accueillent. La rivière Dajia est l’un des cours d’eau les plus importants du centre de Taïwan. Elle prend sa source dans les hautes terres à la jonction entre la chaîne centrale et la chaîne des Neiges, traverse vers l’ouest des couches successives de massifs montagneux, formant une vallée profonde, avant de se jeter dans le détroit de Taïwan sur la côte de Taichung. Guguan est précisément une bourgade de montagne réputée pour ses sources chaudes, située dans le cours moyen de la Dajia. Le village de Lileng, quant à lui, se trouve plus en amont de Guguan, sur un plateau en terrasses près du confluent de la Dajia et de la rivière Lileng.

Le village de Lileng relève du district de Bo’ai, district de Heping, ville de Taichung. C’est une communauté Atayal, peu nombreuse, qui vit depuis des générations de l’agriculture de montagne. Agrumes, poires, pêches plates se succèdent au fil des saisons — c’est la sagesse accumulée par des siècles de cohabitation entre les habitants et la terre de cette région montagneuse. Adossé à la montagne et face à la rivière, le village de Lileng bénéficie d’un climat relativement doux, ce qui favorise une végétation riche et une biodiversité remarquable — pins à deux aiguilles, pins à cinq aiguilles, camphriers parfumés et autres essences indigènes poussent en alternance de part et d’autre de la piste, formant le paysage forestier typique des moyennes altitudes de Taïwan.

La région de Lileng a été développée relativement tard, ce qui lui a permis de préserver une grande partie de son écosystème naturel d’origine. La célèbre cascade des Sept Cieux, composée de sept chutes superposées aux formes variées, témoigne du génie hydrologique de ces montagnes ; le sentier des Quatre Braves aux pins à cinq aiguilles et le réseau de la piste forestière de Lileng tracent quant à eux des chemins d’exploration plus profonds dans ces bois. Tous ces éléments paysagers constituent le « grand décor » de la piste forestière de la rivière Lileng — ce n’est pas une route de montée isolée, mais un segment de voyage enchâssé dans l’ensemble du paysage humain et forestier du cours supérieur de la Dajia.

Pédaler sur la piste forestière de la rivière Lileng, c’est, d’une certaine manière, pédaler dans une tranche de l’histoire du développement des montagnes taïwanaises. Lorsque la route transcentrale a traversé cette région, le village de Lileng se trouvait précisément au kilomètre 26 de cette route, à environ 10 kilomètres de Guguan — cela signifie que la piste forestière de la rivière Lileng occupe une position géographique qui est une zone de transition entre l’agitation de la zone thermale de Guguan et la quiétude plus profonde de la forêt de Basianshan, un pied dans le rythme quotidien de la vie du village, l’autre dans la sérénité originelle des profondeurs forestières.

Départ de Guguan : l’aube d’une petite ville thermale et le début du voyage

La plupart des cyclistes qui relèvent le défi de la piste forestière de la rivière Lileng choisissent Guguan comme point de rassemblement et de ravitaillement. Au petit matin, Guguan est encore imprégné de l’air humide des vapeurs thermales qui s’élèvent en volutes ; la température dans la vallée est toujours de quelques degrés inférieure à celle de la ville. Cet air légèrement frais est précisément la température de départ préférée des cyclistes — ni assez froid pour devoir s’emmitoufler en couches, ni assez chaud pour être en nage avant même d’avoir commencé à grimper.

Guguan, station thermale réputée de Taichung, attire depuis des années les voyageurs en quête d’évasion loin de l’agitation urbaine pour se détendre dans ses bains. Pour les cyclistes, Guguan est davantage une « base d’opérations » : on y trouve des points de ravitaillement, des commerces, des espaces pour souffler un peu — c’est la dernière occasion de vérifier son équipement et ses provisions avant de s’enfoncer dans les pistes forestières plus profondes. En roulant tranquillement depuis Guguan le long de la route qui borde la rivière Dajia, on sent rapidement le terrain s’élever et la vallée se resserrer — c’est le signal d’ouverture de la piste forestière de la rivière Lileng.

Le paysage tout au long du chemin est un véritable manuel de géologie à ciel ouvert : l’eau de la Dajia dévale au fond de la vallée, les parois abruptes et verdoyantes des deux rives, et parfois l’on aperçoit, à flanc de montagne en face, des routes de desserte agricole ou des hameaux qui apparaissent et disparaissent. Cette expérience visuelle — « rouler au bord de la vallée, contemplant la rivière qui dévale » — est une sensation que la conduite en plaine ne peut absolument pas reproduire : chaque fois que l’on lève les yeux vers les crêtes montagneuses qui se superposent au loin, on prend à nouveau conscience d’être au cœur de la structure géologique la plus accidentée et la plus spectaculaire de l’île de Taïwan.

Pédaler dans le village de Lileng : le rythme de vie Atayal et l’entrée de la piste forestière

À l’approche du village de Lileng, l’ambiance du parcours change subtilement. Ce n’est pas un site touristique pris d’assaut par les visiteurs, mais une communauté Atayal qui a conservé son rythme de vie quotidien. La plupart des habitants vivent encore principalement de l’agriculture ; les vergers s’étagent sur les pentes, et selon les saisons, on voit agrumes, poires et pêches plates mûrir à tour de rôle — ce mode de production qui suit le calendrier naturel des saisons, comparé aux fermes touristiques hautement commercialisées des plaines, possède une authenticité brute, sans fard.

La vie religieuse du village de Lileng est également assez singulière : l’Église de la Vraie Jésus y est implantée depuis longtemps, et son bâtiment constitue souvent un repère bien visible dans la communauté. En traversant le village à vélo, il vaut la peine de ralentir pour ressentir ce rythme de vie si différent de celui de la ville — pas de circulation dense, seulement quelques aboiements occasionnels, des bruits de travaux agricoles au loin, et le bruissement du vent de montagne à travers les cimes.

Depuis la lisière du village, on rejoint l’entrée de la piste forestière de la rivière Lileng, et le terrain commence à s’élever nettement. Ce passage psychologique est assez intéressant : un instant encore plongé dans l’atmosphère paisible de la vie du village, l’instant d’après les jambes doivent immédiatement passer en mode combat, face à une montée soutenue à 8,3 % de pente moyenne. Ce contraste rythmique marqué est, d’une certaine manière, ce qui rend la piste forestière de la rivière Lileng si fascinante — ce n’est pas une pente douce qui permet de pédaler en rêvassant, mais une route qui force le cycliste à rester concentré, à affronter le terrain en duel frontal.

Le monologue de la forêt au cœur de la piste : quatre kilomètres de dialogue avec la montagne

Une fois dans le tronçon central de la piste forestière, l’agitation disparaît complètement, remplacée par une concentration quasi méditative. Le souffle, le cliquetis de la chaîne, le crissement des pneus sur la surface de gravier constituent la seule bande-son de ce segment. La végétation est luxuriante des deux côtés ; les pins à deux aiguilles et les camphriers parfumés se superposent en couches, masquant une partie du ciel. La lumière du soleil filtre à travers les interstices des branches et des feuilles, projetant sur la route des ombres mouvantes et tachetées — un effet de lumière qui ne cesse de varier selon la vitesse et l’angle de pédalage, un festin visuel propre aux pistes forestières de montagne.

Les forêts de la région de Lileng ont conservé un écosystème relativement primitif. En roulant, on entend parfois des chants d’oiseaux qui se répondent, et avec un peu de chance, on peut même apercevoir des espèces endémiques de Taïwan s’élancer entre les arbres. Cette expérience de contact rapproché avec la nature, aucune sortie urbaine ou piste cyclable au bord d’une rivière ne peut l’offrir — on sent que l’on ne fait pas que « traverser » cette forêt, mais que l’on devient brièvement une partie de cet écosystème.

Bien sûr, à mesure que la pente s’élève, cette sensation poétique est sans cesse interrompue par la fatigue du corps. Une pente moyenne de 8,3 % signifie que les jambes n’ont presque aucun répit ; la sueur ne tarde pas à tremper le maillot, et la respiration s’accélère. Mais c’est précisément cette tension contradictoire — « le paysage est magnifique, le corps est épuisé » — qui constitue la réalité la plus authentique du cyclisme en montagne : non pas une image parfaite de carte postale, mais une expérience réelle, faite de souffle court, de sueur et de courbatures.

Les Sept Géants de Guguan et le mont Basian : l’imaginaire d’un plus vaste territoire montagneux

Les cyclistes ou randonneurs familiers de la région de Guguan ont probablement entendu parler des « Sept Géants de Guguan » — désignant sept montagnes autour de Guguan, dont le mont Basian est la plus célèbre. Le réseau de pistes forestières de Lileng et la zone forestière récréative du mont Basian sont géographiquement proches ; de nombreux cyclistes qui aiment les parcours plus longs et plus intenses considèrent la piste forestière de la rivière Lileng comme une pièce du puzzle pour relier le territoire montagneux autour de Guguan.

La zone forestière nationale de loisirs du mont Basian est réputée pour ses majestueux peuplements de cyprès, et fut un important chantier forestier à l’époque coloniale japonaise, au même titre que le mont Ali et le mont Taiping, les trois grands chantiers forestiers de Taïwan. Ce contexte historique confère aux forêts de toute la région allant de Guguan à Lileng et Songhe non seulement une valeur écologique naturelle, mais aussi une strate de mémoire liée à l’histoire de l’exploitation forestière taïwanaise. En pédalant sur la piste forestière de la rivière Lileng, si l’on prend le temps de s’intéresser au passé de ces bois, on découvre que cette route de montée, qui semble simple, relie en réalité tout un récit historique complexe : la vie des peuples autochtones, l’exploitation forestière de l’époque japonaise, le développement du tourisme thermal d’après-guerre.

Pour les cyclistes qui souhaitent planifier un parcours plus long, la piste forestière de la rivière Lileng peut également être un segment d’une « excursion d’une journée approfondie à Guguan » — le matin, relever le défi de la montée sur la piste forestière ; à midi, retour à Guguan pour savourer la cuisine locale et une courte pause ; l’après-midi, selon l’état de forme, décider de prolonger vers le village de Songhe ou les environs du mont Basian. Cette façon de combiner le cyclisme et le tourisme local approfondi donne à l’ensemble du voyage une signification qui dépasse le simple entraînement physique, pour devenir un véritable voyage de découverte de la terre et de ses habitants.

Suggestions d’itinéraire : les sources chaudes de Guguan et les produits locaux

Après avoir relevé le défi de la piste forestière de Lileng, les sources chaudes de Guguan constituent presque la conclusion la plus naturelle qui soit. La topographie de la vallée de la rivière Dajia, combinée aux ressources géothermiques, fait de Guguan une destination réputée pour ses sources chaudes depuis l’époque coloniale japonaise. Pour les cyclistes qui viennent de terminer une montée à haute intensité et qui souffrent de courbatures musculaires, s’immerger dans une source chaude pour détendre les muscles et les fascias tendus est une façon idéale de conclure le parcours.

Côté produits locaux, les fruits de saison produits par la tribu Lileng et les montagnes environnantes méritent qu’on s’y attarde — selon la saison, les agrumes, les poires et les pêches blanches se succèdent en abondance. Si vous croisez en cours de route des petits agriculteurs qui vendent au bord du chemin, n’hésitez pas à soutenir l’économie agricole locale ; c’est aussi une façon d’ajouter une touche de chaleur humaine et de lien avec le territoire à ce voyage en montagne. Le quartier de Guguan compte également quelques échoppes et commerces locaux, adaptés pour se ravitailler et se restaurer avant ou après la sortie. Il est toutefois conseillé de vérifier les horaires d’ouverture avant de partir, d’autant que l’affluence varie considérablement entre semaine et week-end, et que les horaires des commerces en zone montagneuse peuvent être plus flexibles.

Si le temps et l’énergie le permettent, combiner une expérience culturelle de la tribu Lileng (par exemple une visite du village pour découvrir la guimbarde des Atayal et d’autres éléments culturels traditionnels) peut transformer ce voyage sur la piste forestière de Lileng d’un simple défi physique en une expérience complète alliant profondeur humaine et immersion dans la nature.

La douceur du retour : silhouettes de Guguan sur la descente

Après avoir relevé le défi de la montée de la piste forestière de Lileng, la descente du retour offre en réalité une expérience de cyclisme radicalement différente. En montée, toute l’attention est concentrée sur le rythme de pédalage et le contrôle de la respiration, laissant peu de marge pour admirer le paysage environnant ; mais en descente, bien que la vitesse soit élevée, le champ de vision permet de saisir plus complètement les paysages qui défilent — les couches successives de montagnes de la vallée de la Dajia défilent rapidement sous vos yeux, le vent siffle à vos oreilles, et la douleur accumulée pendant la montée se dissout progressivement dans cette sensation de libération.

En repassant par la tribu Lileng au retour, le village de l’après-midi présente souvent une atmosphère radicalement différente de celle du petit matin. Si c’est un jour de week-end, on peut parfois apercevoir les habitants du village s’affairant dans leur cour ou leur verger ; si c’est la saison de la récolte des produits agricoles, les étals au bord du chemin vendant des fruits de saison ajoutent une touche de chaleur humaine à ce voyage en forêt. Cette transition de rythme — « concentration et défi à l’aller, contemplation sereine au retour » — est en quelque sorte une philosophie de vie que la pratique du vélo en montagne nous enseigne : certains paysages ne se révèlent vraiment qu’une fois qu’on a ralenti le pas et baissé la garde.

De retour dans les rues de Guguan, l’odeur caractéristique du soufre et la vapeur montante de la zone des sources chaudes vous enveloppent à nouveau, comme si l’on bouclait un cycle complet : partir de la petite ville thermale, s’enfoncer dans les montagnes et la tribu, puis revenir à la petite ville thermale. Cette structure narrative géographique, où le début et la fin se répondent, fait du voyage sur la piste forestière de Lileng bien plus qu’un simple défi physique : c’est un périple doté d’une véritable structure dramatique complète.

Dialogue avec les anciens Atayal : la rivière Lileng dans la mémoire tribale

Si vous avez l’occasion d’échanger brièvement avec les habitants de la tribu Lileng pendant votre sortie, vous entendrez souvent des fragments de mémoire plus profonds sur cette terre. Les anciens de la tribu ont pour la plupart vécu la transition de l’agriculture traditionnelle sur brûlis en montagne vers l’économie moderne des cultures fruitières ; beaucoup se souviennent également de l’époque où la rivière Lileng était abondante en eau et peuplée de poissons. Avec le changement climatique et l’aménagement en amont, ces mémoires écologiques deviennent progressivement une histoire orale qui mérite d’être documentée et transmise.

La culture Atayal de la tribu Lileng, à travers la guimbarde, le tissage traditionnel, les connaissances de chasse en montagne et d’autres aspects, conserve un certain socle de transmission culturelle. Les visites du village organisent parfois des démonstrations de guimbarde et des ateliers d’expérience culturelle, offrant aux visiteurs et aux cyclistes l’occasion d’entrer en contact rapproché avec ces éléments culturels rares et précieux. Pour les cyclistes qui considèrent la piste forestière de Lileng comme un simple terrain d’entraînement à la montée, prendre le temps de découvrir ces contextes culturels donnera à l’ensemble du voyage une signification plus riche et plus tridimensionnelle — chaque mètre de piste forestière que vous parcourez est en réalité superposé aux souvenirs de vie des générations d’habitants de cette terre.

Le réseau hydrographique de la Dajia et de la rivière Lileng n’a jamais été, pour le mode de vie traditionnel des Atayal, un simple nom géographique : c’était un espace essentiel pour les migrations, la pêche, la chasse et les rituels cérémoniels. Bien que les routes agricoles modernes et le réseau de pistes forestières suivent une logique de tracé radicalement différente des sentiers de chasse et des chemins de montagne traditionnels, le poids culturel porté par ces montagnes ne disparaît pas avec le changement de type de route. En parcourant la piste forestière de Lileng, si l’on garde cette conscience à l’esprit, le voyage passe d’un simple déplacement géographique à un hommage rendu à la terre et à l’histoire des peuples.

Lileng au fil des saisons : une piste forestière aux multiples visages

La forêt où se trouve la piste forestière de Lileng révèle des expressions radicalement différentes au fil des quatre saisons. Au printemps, les températures en montagne se réchauffent, les nouvelles feuilles éclosent, l’ensemble du couvert forestier arbore une verdure tendre et fraîche, et les arbres fruitiers des vergers entament leur cycle saisonnier de floraison et de fructification ; l’été est la saison la plus humide, la plus chaude et la plus luxuriante de l’année, les orages de l’après-midi apportent leur humidité à la forêt et diffusent cette fraîcheur caractéristique d’après la pluie, mais c’est aussi la saison où il faut le plus se méfier des changements météorologiques soudains.

L’automne est considéré par de nombreux cyclistes comme la saison idéale pour visiter la piste forestière de Lileng — les températures se rafraîchissent, la probabilité de pluie diminue relativement, et une partie de la végétation commence à revêtir ses couleurs saisonnières, ajoutant des couches à l’expérience visuelle pendant la montée. En hiver, bien que les températures en montagne soient basses et que la durée d’ensoleillement soit réduite, les journées d’hiver dégagées offrent souvent la meilleure visibilité de l’année sur les paysages montagneux : depuis les hauteurs de la piste forestière, en regardant en arrière vers la vallée de la Dajia, les crêtes des montagnes lointaines se détachent avec une netteté et une acuité remarquables dans l’air vif et limpide.

L’industrie fruitière de la tribu Lileng présente également des productions différentes au fil des saisons — agrumes, poires, pêches blanches arrivent à maturité successivement à différentes périodes. Ce rythme industriel « au gré des saisons » fait écho, d’une certaine manière, à la logique physique que l’on ressent en parcourant cet itinéraire, où le corps suit les variations de pente et le rythme respiratoire. La terre et le corps, dans ce cycle des saisons, entrent en résonance d’une manière subtile et profonde.

Le monologue matinal d’un cycliste : dialogue intérieur au cœur de la piste forestière

Je me souviens de ce matin-là, au départ de Guguan, où la vapeur de la zone des sources chaudes ne s’était pas encore complètement dissipée, l’air chargé d’un subtil mélange d’odeur de soufre et de l’humidité caractéristique de la forêt. En longeant les rives de la rivière Dajia d’un pas tranquille, la lumière du matin n’avait pas encore complètement traversé la vallée, les parois montagneuses des deux côtés étaient encore enveloppées d’une fine teinte bleu-gris, et seul le murmure de l’eau de la rivière rappelait que cette vallée n’avait jamais vraiment somnolé.

Après avoir tourné sur la bifurcation en direction de la tribu Lileng, la route est passée progressivement du plat aux ondulations, et l’on pouvait voir au loin les fumées s’élevant des toits de quelques maisons du village — les habitants de la montagne commençaient déjà à préparer leurs travaux agricoles de la journée. En traversant le village, j’ai volontairement ralenti, observant les arbres fruitiers chargés de fruits qui se balançaient doucement au vent, et une sensation de sérénité indicible m’a envahi. Cette tranquillité n’a rien à voir avec celle d’un matin en ville — pas de klaxons, pas de pas pressés, seulement le vent de montagne, les chants d’oiseaux, et de temps à autre un ou deux cocoricos lointains.

Une fois véritablement engagé sur le tronçon central de la piste forestière, la pression de la pente commence à se faire sentir. La respiration devient plus lourde, la sueur commence à couler le long des tempes, mais curieusement, la fatigue physique et la concentration intérieure parviennent à coexister en parfaite harmonie. Chaque coup de pédale semble être un dialogue silencieux avec cette forêt — la forêt met à l’épreuve l’endurance des jambes par ses pentes, et les jambes répondent à l’invitation de la forêt par un rythme de pédalage ininterrompu. Cet état de concentration quasi méditatif est peut-être précisément la raison profonde pour laquelle tant de cyclistes sont prêts à revenir encore et encore sur ce type de pistes forestières : ici, les distractions du monde extérieur disparaissent complètement, ne restent que les sensations corporelles les plus pures et le dialogue avec la forêt qui s’étend devant vous.

En atteignant la section proche du point de demi-tour, je me suis brièvement arrêté, j’ai regardé en arrière la pente que je venais de gravir, et j’ai pris réellement conscience de l’altitude gagnée. La vallée rétrécissait peu à peu sous mes pieds, les contours des montagnes en couches successives se dessinaient progressivement dans la lumière du matin, et à cet instant précis, le sentiment d’accomplissement et la crainte respectueuse s’entremêlaient — une expérience unique qu’aucune sortie sur terrain plat ne peut offrir.

Conseils aux cyclistes qui prévoient de visiter la piste forestière de Lileng

Si vous planifiez votre première visite de la piste forestière de Lileng, voici quelques conseils tirés de l’expérience de ceux qui vous ont précédé. Tout d’abord, ne considérez pas cet itinéraire comme une simple liste de tâches à « cocher pour les statistiques », mais prévoyez suffisamment de temps pour vous permettre de ralentir véritablement et de ressentir l’atmosphère humaine et naturelle de la tribu Lileng et des montagnes environnantes. La valeur de cet itinéraire n’a jamais résidé uniquement dans les bénéfices de l’entraînement physique, mais inclut également tout le paysage humain du cours supérieur de la Dajia auquel il est relié.

Ensuite, il est conseillé de choisir un jour de semaine ou une période hors congés consécutifs pour éviter les heures d’affluence maximale de la zone des sources chaudes de Guguan, ce qui permettra de donner à l’ensemble du voyage un rythme plus détendu et plus serein. Troisièmement, si le temps et l’énergie le permettent, n’hésitez pas à planifier une excursion d’une journée combinant la piste forestière de Lileng avec d’autres sites autour de Guguan, afin d’enrichir la signification de cette sortie à vélo — après tout, cette forêt mérite d’être découverte plus complètement, et non simplement traversée à la hâte.

Enfin, et c’est le point le plus important : visitez la tribu Lileng avec un esprit de respect. C’est la terre où vivent les habitants Atayal depuis des générations, ce n’est pas un décor créé pour le tourisme. Garder une politesse et un respect élémentaires en passant à vélo est une attitude que chaque visiteur devrait garder à l’esprit.

Conclusion : ce que ce parcours m’a appris

Au terme de la descente de la piste forestière de Lileng, ce qui reste le plus gravé dans ma mémoire, ce n’est pas tant la douleur musculaire provoquée par la pente moyenne de 8,3 %, mais plutôt les images de lumière et d’ombre qui dansent au fond du sentier, l’atmosphère de vie brute et non filtrée du village de Lileng, le grondement incessant de la rivière Dajia, et cette sensation de petitesse et de respect mêlées d’admiration, face au paysage grandiose qui nous enveloppe, lorsque l’on contemple la vallée depuis le point culminant.

En moins de 5 kilomètres, la piste forestière de Lileng condense le meilleur des paysages naturels et humains des montagnes de Taichung. Elle rappelle à chaque cycliste qui s’y engage que les parcours vraiment dignes d’être vécus et revécus ne sont jamais seulement un défi de chiffres et de pentes, mais aussi une succession d’histoires tissées autour de la terre, des gens et de l’histoire. La prochaine fois que vous irez à Guguan, n’hésitez pas à inscrire la piste forestière de Lileng à votre programme — mesurez cette montagne et cette rivière à la force de vos jambes, et ressentez la chaleur de cette terre avec votre cœur.

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