Maokong Zhanghu Traversée de crête : entre parfum de thé et brume, retrouver la sérénité originelle du vélo

Les lumières du Taipei 101, la silhouette du téléphérique qui s’élève lentement, et les plantations de thé à perte de vue — Maokong est l’un des rares endroits de cette ville où l’on peut, en une demi-heure de trajet, avoir l’impression d’« entrer dans un autre monde ». Et Zhanghu Yue Ling est le chemin par lequel j’ai appris à connaître Maokong le plus profondément.
1. Maokong, une montagne à thé cachée aux portes de Taipei
Pour beaucoup d’amis venus d’ailleurs, la première impression de Maokong vient du téléphérique de Maokong — ce téléphérique aérien qui part de la station du zoo et s’élève lentement à travers la vallée, les passagers regardant par la fenêtre la ville de Taipei qui rapetisse peu à peu, pour finalement atteindre la zone de thé au sommet de la montagne. Pour les touristes, Maokong est un voyage aérien romantique ; mais pour les cyclistes qui connaissent bien cette région montagneuse, il existe une autre façon d’aborder Maokong : avec ses propres jambes, en se « hissant » à vélo, coup de pédale après coup de pédale, jusqu’à cette montagne à thé.
Maokong se situe dans le district de Wenshan à Taipei, tout près de l’arrière-montagne de l’Université National Chengchi. Cette région montagneuse est réputée depuis l’époque de la dynastie Qing pour sa culture du Tieguanyin et du thé Baozhong, et reste aujourd’hui l’une des dernières zones de la grande région de Taipei à conserver un paysage de plantations de thé complet. Quant à « Zhanghu », c’est un nom poétique dans les montagnes autour de Maokong. Selon la tradition orale des anciens du village, cette zone était autrefois couverte de grandes forêts de camphriers, d’où son nom. Aujourd’hui, bien que la forêt de camphriers n’ait plus l’ampleur d’antan, ce nom demeure l’un des repères importants sur la carte de la zone de thé de Maokong.
La première fois que j’ai parcouru ce tronçon de Zhanghu Yue Ling à vélo, c’était sous la conduite d’un cycliste local chevronné. Il m’a dit : « La beauté de Maokong n’est pas dans le téléphérique, elle se voit quand tu pédales toi-même. » Sur le moment, je n’y croyais qu’à moitié. Ce n’est qu’en m’engageant réellement dans ces sentiers de thé que j’ai compris le poids de ces paroles.
2. 4,17 kilomètres de route de montagne, renfermant la respiration de toute la montagne à thé
Zhanghu Yue Ling s’étend sur 4,17 kilomètres avec une pente moyenne de 6,2 %. Les chiffres ne semblent pas impressionnants, mais lorsqu’on s’y engage réellement, on découvre que le rythme de cette route est très particulier — elle n’est pas droite et monotone comme les routes urbaines, mais serpente et ondule avec le relief. À chaque virage, le paysage change imperceptiblement. Au début, ce sont encore des chemins agricoles entrecoupés de plantations de thé, puis au fil de la montée, les deux côtés se referment peu à peu sur une végétation plus dense, et l’air commence à se charger d’un léger parfum de thé mêlé à l’humidité de la forêt.
Les plantations de thé de Maokong sont pour la plupart aménagées en terrasses étagées le long des pentes, et ce relief constitue en lui-même le paysage le plus enchanteur du parcours. Lors des visites matinales, on voit souvent les cultivateurs de thé déjà affairés dans leurs champs, leurs silhouettes penchées pour la cueillette se reflétant dans les couches successives de théiers d’un vert éclatant, composant un tableau très caractéristique des régions montagneuses de Taïwan. Il m’arrive souvent de m’arrêter en pleine montée pour observer leurs gestes experts, en pensant que sur cette terre, le rythme de l’agriculture et celui du sport partagent en réalité la même foi en la patience et la persévérance.
Dans la partie médiane du tronçon de Zhanghu Yue Ling, le relief alterne montées et descentes. Ce rythme topographique propre aux « traversées de crête » donne à l’expérience de cyclisme une dimension d’exploration — on n’est jamais certain si le prochain virage sera une poursuite de l’ascension ou une brève occasion de reprendre son souffle. Cette incertitude fait écho, d’une certaine manière, à la sensation globale que procure cette région montagneuse : ce n’est pas une avenue touristique tracée au cordeau, mais une route de vie préservant la trame originelle des villages de montagne.
3. Brume, téléphérique et l’instant où l’on aperçoit Taipei 101 au loin
Le souvenir visuel le plus inoubliable de Maokong est sans conteste le paysage de montagne enveloppé de brume. Cette région montagneuse, à l’altitude modérée et proche du bassin de Taipei, est facilement influencée en automne et en hiver par la mousson du nord-est, créant ce spectacle onirique de nuages et de brume enveloppant les plantations de thé. Lors de plusieurs visites matinales, parvenu au milieu du tronçon de Zhanghu Yue Ling, je me retournais vers le chemin parcouru : toute la vallée était recouverte d’une fine brume, ne laissant apparaître que quelques toits de fermes et cimes d’arbres des plantations. Cette image fait instantanément oublier que l’on est en pleine séance d’entraînement physique ; on a plutôt l’impression de pénétrer dans un rouleau de peinture à l’encre.
Les cabines du téléphérique de Maokong apparaissent parfois dans un coin du champ de vision en cours de route, glissant lentement au-dessus de la vallée. Cette image crée toujours en moi un curieux contraste — les passagers du téléphérique, confortablement assis, admirent le paysage par la fenêtre ; tandis que moi, je conquiers le même relief avec mes propres jambes, coup de pédale après coup de pédale. Deux manières radicalement différentes de vivre l’expérience, partageant pourtant le même paysage de montagne. Ce contraste est le romantisme propre à Maokong.
Les jours de beau temps, si la visibilité est bonne, depuis les points les plus élevés du tronçon de Zhanghu Yue Ling, en se retournant vers le centre de Taipei, on peut distinguer la silhouette du Taipei 101, dressée à l’autre extrémité du bassin. À cet instant, on ressent très clairement la distance qui nous sépare de la ville — pas loin, moins d’une heure de vélo suffit ; et pourtant, c’est comme si un monde entier nous en séparait, du tumulte urbain à cette montagne à thé silencieuse.
4. Salons de thé et restaurants panoramiques : le rituel d’après-cyclisme propre à Maokong
L’une des plus grandes particularités de Maokong en tant que zone touristique du thé est la multitude de salons de thé et de restaurants panoramiques répartis le long du parcours et dans ses environs — une ressource rare parmi les itinéraires de montagne de la banlieue de Taipei. Après chaque sortie sur Zhanghu Yue Ling, je m’accorde presque systématiquement un rituel de « dégustation de thé post-cyclisme » — trouver un salon de thé avec une vue dégagée, commander une théière de Tieguanyin ou de Baozhong produit localement, m’asseoir en terrasse, contempler la ligne d’horizon de Taipei en contrebas, et laisser le corps passer progressivement de l’effort intense de l’ascension à un rythme détendu et paisible.
Cette combinaison de « sport et slow living » est ce qui distingue le plus Maokong des autres itinéraires de montée réputés uniquement pour leur pente et leur kilométrage. Pas besoin de faire demi-tour précipitamment après l’effort ; on peut au contraire s’attarder légitimement au sommet, discuter avec le patron de la récolte de thé de cette année, ou simplement rêvasser en regardant la brume évoluer. Ce sentiment d’aisance fait écho, d’une certaine manière, à l’esprit même de la culture du thé, celui de « ralentir » — l’infusion exige patience et dégustation attentive, et cette région montagneuse de Maokong semble, par ses routes sinueuses et vallonnées, rappeler à chaque visiteur : pas de précipitation, pédalez doucement, regardez bien.
La fois qui m’a le plus marqué, c’était un soir d’automne. Après avoir terminé Zhanghu Yue Ling, je me suis arrêté dans un salon de thé réputé. Le patron, tout en versant le thé, me racontait les transformations de Maokong au fil des décennies — du village agricole d’autrefois à l’afflux touristique après l’ouverture du téléphérique, jusqu’à ces dernières années où une jeune génération de cultivateurs de thé est revenue au pays, tentant de conjuguer l’artisanat traditionnel de la fabrication du thé avec le marketing moderne. En écoutant ces histoires, en buvant ce thé fraîchement infusé, encore porteur des arômes de la torréfaction, en regardant par la fenêtre le ciel s’assombrir et les lumières de la montagne s’allumer une à une, cette sérénité et cette satisfaction sont une valeur ajoutée du cyclisme bien difficile à ressentir lorsqu’on ne poursuit que des données d’allure et de fréquence cardiaque.
5. Maokong au fil des saisons : quand venir
La beauté de Maokong se révèle sous des aspects radicalement différents selon les saisons, et il vaut la peine que chaque cycliste choisisse son moment de visite en fonction de l’expérience qu’il recherche.
Au printemps, les bourgeons des théiers pointent à peine, la montagne est d’un vert tendre, c’est l’une des saisons les plus actives pour la cueillette. En passant devant les plantations, on voit souvent les cultivateurs s’affairer à la récolte du thé de printemps, et l’air est imprégné d’un parfum de thé subtil. C’est ma saison préférée pour venir.
En été, bien que la zone montagneuse de Maokong soit un peu plus fraîche que le centre-ville, les orages de convection de l’après-midi restent fréquents. Il est conseillé d’y aller le matin, à la fois pour éviter la chaleur étouffante et pour admirer la lumière du matin se déversant sur les plantations de thé. En fin d’après-midi d’été, si la météo le permet, c’est aussi un moment idéal pour contempler le coucher de soleil et les lumières de Taipei qui s’allument.
En automne et en hiver, c’est la saison la plus envoûtante pour les paysages de brume de Maokong. L’humidité apportée par la mousson du nord-est crée facilement des mers de nuages et des brumes épaisses entremêlées dans la montagne, un spectacle particulièrement prisé des photographes et des cyclistes. Il faut toutefois rester vigilant : le climat humide et froid, associé au brouillard dense, peut réduire la visibilité. Il est impératif de ralentir et d’emporter des vêtements chauds pour faire face à l’écart de température entre la montagne et la ville.
Quelle que soit la saison, Maokong a toujours un paysage unique qui vous attend, et c’est pourquoi de nombreux cyclistes de Taipei, même après avoir parcouru Zhanghu Yue Ling d’innombrables fois, sont toujours prêts à revenir encore et encore sur cette montagne à thé.
6. Suggestions d’itinéraire : intégrer Maokong dans une journée complète
Si vous ne considérez Zhanghu Yue Ling que comme un simple tronçon d’entraînement, l’aller-retour peut se faire en moins d’une heure. Mais cette région montagneuse mérite que vous lui consacriez une journée complète. Outre Zhanghu Yue Ling, les environs de Maokong comptent de nombreux sentiers de randonnée à travers les plantations de thé et des plateformes d’observation, parfaits pour une exploration à pied après le cyclisme. Autour de la station du téléphérique de Maokong, on trouve également un marché et des boutiques de souvenirs où l’on peut acheter des produits à base de thé local, en souvenir de ce périple à vélo.
Si l’énergie et le temps le permettent, on peut aussi envisager de relier Maokong au temple Zhinan et au campus de l’Université National Chengchi pour former un itinéraire plus complet, faisant passer l’expérience du cyclisme d’un simple entraînement en montagne à une exploration plus riche sur les plans culturel et religieux. Le temple Zhinan, célèbre temple taoïste de Taipei, est construit à flanc de montagne et dégage une impression de majesté. Même sans motif religieux, il vaut vraiment le détour pour la beauté de son architecture et de son intégration au paysage.
7. Pour conclure : ce que la montée de Zhanghu, à Maokong, m’a appris
En repensant à mes sorties à vélo sur la montée de Zhanghu, à Maokong, ces dernières années, j’ai peu à peu compris que la véritable valeur de cette route ne réside pas seulement dans l’entraînement physique qu’offrent ses 4,17 kilomètres et sa pente moyenne de 6,2 %, mais aussi dans toute la culture du thé qu’elle relie — la persévérance des générations de cultivateurs de thé, le temps qui s’écoule lentement dans les maisons de thé, et cette sérénité indicible au milieu des brumes.
Chaque fois que je gravis cette route, je me rappelle de ne pas fixer uniquement les chiffres de mon compteur, mais de lever la tête pour admirer les plantations de thé des deux côtés, de humer l’arôme du thé dans l’air, de ressentir les variations de température du vent qui traverse la vallée. Ce sont ces détails que Maokong veut vraiment enseigner à chaque visiteur — le sport ne consiste pas seulement à conquérir des chiffres, il peut aussi être une manière de dialoguer avec la terre et la culture.
Si vous n’avez pas encore gravi la montée de Zhanghu à Maokong, je vous recommande sincèrement de choisir un matin brumeux ou un après-midi imprégné de parfum de thé pour venir vivre par vous-même l’expérience unique que cette route offre. Après la montée, ne repartez pas trop vite : installez-vous dans une maison de thé, faites infuser un thé local, et vous comprendrez pourquoi tant de cyclistes de Taipei, même en vivant en ville, considèrent Maokong comme leur jardin secret le plus précieux.
8. Dialogue avec un cultivateur de thé : la persévérance derrière une tasse de thé
Un jour, à mi-parcours de la montée de Zhanghu, j’ai rencontré un monsieur âgé qui désherbait dans sa plantation de thé. Poussé par la curiosité, je suis allé lui parler et j’ai appris qu’il cultivait le thé dans cette région montagneuse depuis plus de quarante ans. Il m’a raconté que la culture du thé à Maokong remonte aux ancêtres de la dynastie Qing qui ont importé des plants de thé depuis Anxi, dans le Fujian. C’est grâce à des générations de travail et de transmission de savoir-faire que les saveurs uniques du Tieguanyin et du Baozhong de Maokong se sont développées. Tout en arrachant les mauvaises herbes, il déplorait qu’avec l’urbanisation et l’exode des jeunes, ils soient de moins en moins nombreux à vouloir rester pour cultiver le thé, et que le maintien de l’ampleur actuelle des plantations dans cette région montagneuse soit un véritable exploit.
En écoutant le récit de ce monsieur, je contemplais les rangées de théiers devant moi et j’ai soudain eu une compréhension totalement différente d’« une tasse de thé ». Par le passé, lors de mes visites à Maokong, je me concentrais surtout sur la pente et le paysage, sans jamais vraiment m’arrêter pour réfléchir à tout le travail et la persévérance de générations entières cachés derrière ces plantations verdoyantes. Le monsieur m’a dit que la culture du thé est un métier qui dépend du ciel : la météo, la pluie, l’ensoleillement — chaque facteur peut influencer la récolte de toute une année. Et comme les jeunes sont de moins en moins nombreux à vouloir s’investir dans ce secteur, il chérit chaque voyageur qui accepte de s’arrêter pour écouter ses histoires, même un simple cycliste de passage comme moi.
Avant mon départ ce jour-là, le monsieur a tenu à me faire goûter un thé fraîchement récolté. En entrant en bouche, le breuvage dévoilait de délicates notes florales et une douceur en fin de bouche — une saveur qu’aucun thé commercial, même le plus joliment emballé, ne peut reproduire. Car dans cette tasse, il n’y avait pas seulement la saveur du thé, mais aussi quarante ans de persévérance et d’attachement de ce monsieur à sa terre. Depuis cette rencontre, à chaque fois que je gravis la montée de Zhanghu, je prête particulièrement attention aux cultivateurs de thé au travail au bord de la route, et si le temps le permet, je m’arrête toujours pour les saluer et écouter leurs histoires. Ces échanges sont devenus ce que je chéris le plus lors de mes visites à Maokong, dépassant même la satisfaction physique de la montée elle-même.
9. Maokong après la pluie : une autre beauté, humide et profonde
La plupart des descriptions des paysages de Maokong se concentrent sur les brumes et les panoramas par temps clair, mais je tiens particulièrement à partager une expérience de visite après la pluie. C’était un après-midi à la fin de la saison des pluies ; la montagne était encore chargée d’humidité. J’hésitais à partir, mais j’ai finalement décidé de gravir la montée de Zhanghu pour voir à quoi ressemblaient les plantations de thé après la pluie.
En m’engageant sur le sentier de montagne, j’ai découvert que Maokong après la pluie possède une beauté radicalement différente — les feuilles de thé étaient encore parées de gouttelettes cristallines qui scintillaient de mille feux lorsque le soleil de l’après-midi perçait les nuages ; l’air était imprégné de cette odeur particulière de terre et de végétation lavées par la pluie, mêlée à la fraîcheur des feuilles de thé, formant un parfum composite indescriptible. La chaussée était encore quelque peu glissante, exigeant un contrôle de vitesse particulièrement prudent, mais les expériences visuelles et olfactives tout au long du parcours offraient des niveaux de perception totalement inaccessibles lors d’une visite par temps clair.
En atteignant les parties les plus élevées de la montée de Zhanghu, les brumes n’avaient pas encore complètement disparu, et une fine couche de vapeur d’eau flottait encore entre les vallées, masquant par intermittence les contours de la ville au loin. Cette impression de flou donnait à toute la plantation de thé l’air d’être voilée d’un fin tissu, ajoutant une touche de poésie bien plus grande que par ciel parfaitement dégagé. Je me suis arrêté sur un espace dégagé au bord de la route pour observer tranquillement les brumes qui dérivaient lentement entre les vallées. À cet instant, j’ai soudain compris pourquoi tant d’amateurs de photographie sont prêts à monter spécialement dans la montagne par temps humide et froid, uniquement pour capturer ces instants de beauté brumeuse.
Bien entendu, il est impératif d’être particulièrement vigilant lors d’une sortie à vélo après la pluie : la chaussée glissante et l’accumulation de feuilles mortes augmentent les risques de dérapage. Il est recommandé de réduire la vitesse et d’augmenter les distances de freinage. Si la pluie n’a pas complètement cessé, mieux vaut reporter la sortie plutôt que de prendre des risques inutiles. Mais si le timing est bien choisi, un Maokong qui émerge de la pluie mérite absolument que vous organisiez une visite spéciale.
10. La chaleur humaine autour de la station du téléphérique de Maokong
Près du terminus de la montée de Zhanghu se trouve la station du téléphérique de Maokong. Au-delà de l’agitation touristique, cet endroit recèle aussi de nombreuses traces de la vie locale. J’ai fait la connaissance d’une dame qui tient un petit stand de restauration près de la station du téléphérique. Elle y propose de simples plats faits maison et des nouilles cuisinées à la commande, à des prix abordables. C’est une adresse de prédilection pour de nombreux habitants et cyclistes qui connaissent bien cette région montagneuse. Chaque fois que je termine la montée de Zhanghu et que j’ai faim, je passe souvent la voir : je commande un bol de nouilles fumantes accompagné de ses pickles maison. Cette saveur simple, sans prétention mais pleine de sincérité, me permet toujours de récupérer rapidement après avoir épuisé mes forces.
La dame m’a raconté qu’elle tient ce stand depuis plus de vingt ans et qu’elle a été témoin de la transformation de Maokong, passant d’une région de thé relativement calme à un haut lieu touristique grâce à l’arrivée du téléphérique. Elle dit que même si les touristes sont plus nombreux aujourd’hui et que les affaires sont meilleures, elle garde la nostalgie de ces années où c’était plus paisible et où tout le monde se connaissait. Ce sentiment complexe des habitants, à la fois reconnaissants du développement touristique et nostalgiques du passé, se retrouve autour de nombreux sites touristiques à Taïwan, et Maokong ne fait pas exception.
Ces interactions humaines apparemment anodines, accumulées au fil du temps, constituent le lien émotionnel le plus profond que j’entretiens avec cette région montagneuse de Maokong. Ce n’est plus simplement un lieu marqué sur la carte comme « région de thé réputée » et « itinéraire cycliste », mais un endroit chargé des histoires de vie d’innombrables habitants, qui mérite d’être visité encore et encore et d’être ressenti avec attention.
11. Aux cyclistes qui découvrent la montée de Zhanghu à Maokong
Si c’est la première fois que vous envisagez de relever le défi de la montée de Zhanghu à Maokong, j’aimerais vous donner quelques conseils sincères. Tout d’abord, ne la considérez pas simplement comme une épreuve physique à « accomplir ». Essayez de ralentir le rythme, de prêter attention aux paysages des plantations de thé le long du parcours, de humer le parfum du thé dans l’air, et même d’échanger quelques mots avec les cultivateurs et les commerçants au bord de la route. Ces détails rendront votre expérience à vélo plus riche et plus vivante. Ensuite, lorsque vous planifiez votre itinéraire, prévoyez impérativement du temps après la montée : que ce soit pour déguster un thé dans une maison de thé ou pour flâner au marché autour de la station du téléphérique, cette région montagneuse mérite que vous preniez le temps de l’explorer lentement, plutôt que de faire demi-tour précipitamment une fois la montée terminée.
Enfin, abordez cet itinéraire avec un esprit ouvert — la montée de Zhanghu à Maokong n’est pas seulement un tronçon d’entraînement de 4,17 kilomètres avec une pente moyenne de 6,2 %, c’est une fenêtre sur la culture du thé et la vie locale des montagnes de Taipei. Je vous souhaite, comme moi, de trouver sur cette route votre propre rythme et votre propre émotion.
XII. Une sortie en solitaire par un après-midi de fin d’automne : un moment de dialogue avec soi-même
Au-delà des sorties avec mes coéquipiers ou des rencontres fortuites avec les habitants, je chéris tout particulièrement ces moments où je me rends seul à Maokong. Un après-midi de fin d’automne, par une température légèrement fraîche, j’ai grimpé seul le col de Zhanghu, sans aucun itinéraire prédéfini, simplement pour trouver un endroit où faire le vide. À cette période, je faisais face à des pressions et des choix professionnels, l’esprit encombré de pensées confuses. J’ai donc choisi de pédaler, laissant la fatigue du corps diluer l’anxiété du cœur.
En gravissant les sentiers sinueux entre les plantations de thé, à mesure que la pente s’accentuait, ma respiration devenait de plus en plus haletante. Cette douleur et cet essoufflement bien réels du corps m’ont paradoxalement permis de m’extraire temporairement des soucis qui tournaient en boucle dans ma tête. La montée est en soi un exercice de concentration forcée — on n’a plus l’énergie mentale pour penser à autre chose, toute l’attention est contrainte de se focaliser sur la route devant soi, le rythme de la respiration, la répartition de la force dans les jambes. Arrivé à un point plus élevé du col de Zhanghu, je me suis arrêté sur un espace dégagé au bord du chemin. En contemplant les nuages et la brume qui dérivaient lentement dans la vallée, ainsi que la silhouette de la skyline de Taipei qui apparaissait par intermittence au loin, j’ai soudain ressenti en moi une paix que je n’avais pas connue depuis longtemps.
Je me dis souvent que si Maokong parvient à attirer les habitants de Taipei à y revenir encore et encore, ce n’est peut-être pas seulement pour son parfum de thé et ses paysages, mais surtout parce que cette région montagneuse offre cette opportunité de « pause » si rare dans la vie urbaine — une raison de poser son téléphone, de laisser de côté les messages professionnels, et de simplement laisser le corps ressentir la pente, la respiration et le paysage. Ce tronçon du col de Zhanghu, pour moi, a depuis longtemps dépassé le simple statut d’itinéraire sportif : c’est un refuge pour l’âme vers lequel je me tourne instinctivement quand le moral est bas ou que l’esprit est embrouillé.
Si vous traversez vous aussi certaines pressions et inquiétudes difficiles à exprimer dans la vie, pourquoi ne pas essayer comme moi de trouver un après-midi en semaine, de grimper seul cette route, et de laisser la fatigue du corps vous délester temporairement du poids qui pèse sur votre cœur. Vous découvrirez que cette région montagneuse de Maokong sait bien mieux que vous ne l’imaginez comment apaiser l’esprit d’un citadin épuisé.
Lectures complémentaires
- Guide pratique du col de Zhanghu à Maokong : 4,17 km à 6,2 % de pente moyenne, décryptage complet de la route de montagne des zones de thé
- Le col de Xiongkong à Sanxia : trois kilomètres, mais l’approche la plus proche de la montagne que j’aie jamais faite
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- Pédaler entre montagnes de thé et traces de légendes : le temple Zhinan de Maokong, une route cycliste chargée de cent quarante ans d’encens et de parfum de thé
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