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Trois kilomètres de Guan Zizai : récit d'une courte sortie à vélo au pied des montagnes de Tucheng, entre souffle et contemplation

挑戰心得

Contemplation libre sur trois kilomètres : récit d'une courte sortie à vélo entre les contreforts de Tucheng et la respiration

C’était un matin de week-end ordinaire. J’ai garé la voiture en bordure du centre-ville de Tucheng, regardant sur le GPS le petit chemin marqué « Guanzizai » serpenter vers la montagne. La distance affichée sur la carte était de moins de trois kilomètres, si courte que je l’ai d’abord un peu sous-estimée — jusqu’à ce que mes jambes me fassent comprendre, un peu plus tard, à quel point ce jugement était naïf.

1. Tucheng, une frontière au sud-ouest du bassin de Taipei

Pour comprendre le chemin de Guanzizai, il faut d’abord comprendre la situation géographique de Tucheng. Tucheng se trouve à l’extrémité sud-ouest de la Nouvelle Taipei, à proximité de Sanxia, avec à l’ouest la plaine alluviale formée par la rivière Dahan. C’est ici le condensé le plus typique de la topographie de la bordure du bassin de Taipei — les immeubles et les routes du centre-ville s’étendent sur la partie plate du bassin, puis, dès qu’on tourne la tête vers le sud ou l’ouest, le relief vallonné s’élève sans transition, dessinant une ligne de partage nette entre la ville et la montagne.

En roulant sur les routes urbaines de Tucheng, il est difficile de ne pas remarquer ce contraste topographique marqué. D’un côté, les dépanneurs familiers, les immeubles d’habitation et la circulation ; de l’autre, des collines couvertes de verdure, au pied desquelles se cachent des chemins vicinaux comme Guanzizai, reliant silencieusement la vie urbaine au réseau de sentiers de montagne. Cette « sensation de frontière urbaine » est peut-être précisément la caractéristique la plus charmante — et pourtant la plus facilement négligée — de Tucheng : ce n’est pas aussi lointain que la montagne profonde, mais en quelques minutes de vélo à peine, on bascule complètement dans un autre rythme.

2. L’imagerie bouddhiste dans le nom du chemin : Guanzizai et la trame religieuse de Tucheng

Le nom « Guanzizai », la première fois que je l’ai vu, m’a fait marquer une pause. C’est un autre nom du bodhisattva Avalokiteśvara dans la terminologie bouddhiste, dont le sens littéral est « contempler librement, sans entraves », tiré de l’ouverture du Sūtra du Cœur : « Le bodhisattva Guanzizai, pratiquant la profonde prajñāpāramitā ». Utiliser un tel terme pour nommer un chemin de montagne évoque difficilement autre chose que la culture des temples bouddhistes bien connue dans les montagnes environnantes — la zone vallonnée de Tucheng entretient depuis l’époque japonaise des liens profonds avec la foi bouddhiste locale, et le réseau de sentiers de montagne ainsi que l’encens des temples ont longtemps constitué le paysage humain singulier de cette région.

Je dois être honnête : je n’ai pas vérifié si le nom de ce chemin provient directement d’un temple spécifique, et je ne suis pas certain non plus de sa relation géographique exacte avec le réseau de sentiers environnant. Je laisse ce point à des amis plus familiers des anecdotes locales. Mais même en ne partant que de l’imagerie littérale, les trois caractères de « Guanzizai » placés sur une pente raide exigeant une concentration totale et ne laissant presque aucune place à la distraction produisent par hasard une résonance : le processus de gravir ce chemin, d’une certaine manière, vous force précisément à « contempler l’instant présent » — impossible de consulter son téléphone en pédalant tout en gérant la pente devant soi ; toute l’attention doit se recentrer sur la respiration et la cadence. Cette concentration imposée est peut-être le cadeau le plus honnête que toutes les routes pentues offrent au cycliste.

3. La sous-estimation avant le départ, et le premier avertissement de la pente

Revenons à la sortie de ce jour-là. Je suis du genre à regarder les données avant de partir ; avant de démarrer, j’ai jeté un œil à la distance — moins de trois kilomètres — en me disant que c’était tout au plus un segment d’échauffement, que je le finirais en quelques minutes. Résultat : avant même d’avoir atteint la moitié du segment, je me suis rendu compte que j’avais complètement mal jugé le caractère de ce chemin.

La pente est devenue raide sans le moindre avertissement. C’est une sensation difficile à décrire avec des chiffres précis, mais la réaction du corps ne ment pas — la cadence est tombée d’un coup, la respiration est passée d’un rythme régulier à un halètement court, et l’avant des cuisses a envoyé une chaleur brûlante évidente. J’ai instinctivement voulu me lever pour sprinter, mais j’ai immédiatement compris qu’une telle intensité ne tiendrait pas longtemps ; j’ai donc dû me rasseoir sur la selle, passer sur le braquet le plus léger et tenir ce court mur à une cadence presque de tortue. À ce moment-là, j’ai vraiment compris le poids de la phrase « une distance courte ne veut pas dire une difficulté faible » — ce chemin, avec le texte le plus bref, racontait une histoire complète sur les pentes raides.

4. La respiration, seul langage de ce chemin

Contrairement aux itinéraires à pente douce évoqués plus haut, où l’on peut pédaler tout en bavardant, l’expérience de Guanzizai a été totalement différente. La pente raide du milieu m’a presque empêché de prononcer une phrase complète ; toute mon énergie était concentrée sur le maintien de la cadence et sur le fait de ne pas dévier de la trajectoire. Cet état de concentration poussé à l’extrême possède en réalité une pureté singulière — lorsque chaque force du corps est employée à lutter contre la gravité, l’esprit, lui, se vide ; les soucis du travail, les pensées parasites de la vie, tout est temporairement chassé de la conscience, ne restent que la respiration, le rythme cardiaque, et cette pente apparemment sans fin devant les yeux.

J’ai souvent repensé, par la suite, au fait que cette expérience de montée courte et violente est une tout autre chose que l’état d’esprit procuré par les longues pentes douces. Une longue pente laisse le temps de réfléchir ; une courte pente raide n’offre qu’une seule option : « tenir le coup ». Pas d’énergie mentale de reste pour penser à autre chose. Cette sensation d’être presque contraint au présent, d’une certaine manière, fait peut-être écho à cet état de lâcher-prise et de face-à-face avec l’instant que désigne le nom « Guanzizai » — même si, sur le moment, tout ce qui me passait par la tête était en réalité « encore combien de temps ? », plutôt qu’une quelconque sagesse zen.

5. La trame de la vie au pied de la montagne

Les abords de l’entrée de Guanzizai ne ressemblent pas à ces points de départ de randonnée enveloppés d’une mise en scène touristique ; c’est un décor de banlieue tout à fait ordinaire de Tucheng — maisons, ruelles, scooters qui passent de temps à autre et habitants qui promènent leur chien. Ce quotidien sans fard ajoute au contraire une couche d’authenticité à toute la sortie. Pendant la montée, j’ai aperçu des habitants qui arrangeaient leurs plantes en pot dans leur cour, d’autres assis sous l’avancée du toit pour profiter de la fraîcheur ; pour un cycliste haletant qui passait en pédalant, ils se contentaient pour la plupart d’un regard naturel, sans curiosité excessive ni réaction particulière — cette banalité, au fond, donnait le sentiment de s’être vraiment fondu dans le rythme de vie local, plutôt que d’être un intrus.

Ces dernières années, la Nouvelle Taipei a investi de manière notable dans l’aménagement des sentiers de montagne et de randonnée en zone périurbaine, y compris la rénovation progressive d’une partie du réseau de sentiers de randonnée voisins (pour l’état réel des chemins et leur ouverture, veuillez vous référer aux annonces officielles). Cela fait que des chemins courts comme Guanzizai, reliant la ville à la montagne, deviennent de plus en plus des voies partagées par les habitants locaux et les cyclistes venus d’ailleurs. Cette caractéristique de jonction sans couture entre la ville et la montagne est un atout singulier que le relief vallonné autour du bassin de Taipei offre aux banlieues de la Nouvelle Taipei.

6. Une digression sur la zone de protection écologique de l’ancien dépôt de munitions de Tucheng

En gravissant Guanzizai, j’ai aussi pensé à un autre paysage bien connu de Tucheng — la zone de protection écologique de l’ancien dépôt de munitions de Tucheng. Cette zone, dont l’écosystème complet a été préservé par hasard grâce à un contrôle militaire de longue durée, s’ouvre progressivement depuis quelques années, par endroits, à la visite sur demande ; c’est un espace vert écologique tout à fait singulier de la Nouvelle Taipei (pour le périmètre réel d’ouverture et les modalités de demande, veuillez vous référer aux annonces de l’autorité compétente). Bien que Guanzizai lui-même et la zone de protection du dépôt de munitions ne soient pas sur le même itinéraire, les deux se situent dans la zone vallonnée de Tucheng et, d’une certaine manière, dessinent ensemble le caractère géographique de cette circonscription, celui d’un « tissage serré entre ville et nature » — d’un côté un développement urbain dense, de l’autre des recoins de montagne préservés par accident ; Guanzizai, justement, traverse en quelques encablures la frontière entre les deux.

7. La descente, une autre épreuve

Après avoir gravi le segment raide, le retour ou le demi-tour impose une descente tout aussi raide. La montée met à l’épreuve le cardio et la force musculaire ; la descente, elle, met à l’épreuve le cran et le contrôle des freins. Je me souviens que ce jour-là, en dévalant, j’ai volontairement ralenti et freiné par à-coups anticipés, pour éviter la surchauffe due à un freinage continu prolongé. Sur les itinéraires à forte pente, la descente est souvent l’élément le plus négligé de la sécurité à vélo — beaucoup concentrent toute leur attention sur la façon de monter, en oubliant que le chemin du retour exige tout autant de concentration et de technique. Sur ce tronçon de descente, le bruit du vent a remplacé le halètement précipité de tout à l’heure ; ce fut le seul moment de toute la sortie où j’ai pu relâcher un peu les épaules et la nuque.

8. Guanzizai au fil des saisons

Bien que ma première visite ait eu lieu en une saison au climat doux, je suis passé à proximité un jour de plein été, à midi ; cette double épreuve de la chaleur étouffante et de la pente raide m’a convaincu que le petit matin ou le crépuscule sont des créneaux bien plus agréables pour relever ce défi. En été, la réverbération du soleil et l’humidité dans les zones vallonnées de Taïwan représentent une charge non négligeable pour ce type d’itinéraire court et intense ; en revanche, en automne et en hiver, l’air est plus sec et plus frais, ce qui rend Guanzizai bien plus adapté à l’intégrer dans un programme d’entraînement — à condition de rester prudent, car les pluies fines et froides occasionnelles de l’hiver réduisent l’adhérence sur la pente raide du milieu.

9. Faire la paix avec le « Guanzizai » imaginé

Après cette sortie, je n’ai cessé de me demander si le nom de ce chemin était une coïncidence ou une résonance consciente. Puis, peu à peu, j’ai fini par penser que la réponse importait peut-être peu — l’important, c’est que cette expérience, ce jour-là, d’être poussé sur la pente raide au point de ne presque plus pouvoir penser à aucune pensée parasite, m’a effectivement offert un instant qui ressemblait à un « lâcher-prise ». Non pas une sagesse zen délibérément recherchée, mais la concentration la plus primitive, arrachée par les limites du corps. Cette expérience est peut-être précisément la valeur la plus singulière des courtes pentes raides par rapport aux longues pentes douces — elles ne laissent pas le loisir de réfléchir, seulement le choix de « tenir le coup », et une fois passé, en se retournant, cette légèreté est d’une vérité particulière.

10. Un rappel pour moi-même et pour les autres cyclistes lors de la prochaine visite

Si vous envisagez, vous aussi, de relever le défi de Guanzizai à Tucheng, je vous conseille sincèrement : ne vous laissez pas tromper par le chiffre de la distance. Cette route condense en moins de trois kilomètres tout un récit complet de montée raide, et il existe un écart entre les pourcentages de pente officiellement indiqués et le dénivelé réel calculé, ce qui signifie que le segment intermédiaire est très probablement plus raide que ce que vous imaginez. Partez avec humilité, préparez un braquet suffisamment léger, et abordez-la comme un défi court nécessitant toute votre concentration, et non comme une section d’échauffement que l’on peut prendre à la légère.

11. Les possibilités d’extension autour de l’itinéraire

Si vous disposez de temps, vous pouvez envisager d’intégrer Guanzizai dans un programme plus complet d’exploration du réseau de collines de Tucheng, en reliant les sentiers de randonnée voisins ou en faisant une halte dans les zones de vie autour du centre-ville (pour les conditions réelles de la route, les commerces et les horaires d’ouverture, veuillez vous référer aux annonces officielles et sur place). Ce type de conception d’itinéraire « courte montée raide + exploration des environs » peut transformer une expérience de montée qui ne dure que quelques minutes en une après-midi de découverte plus complète de la région de Tucheng.

12-1. Réflexions diverses sur l’équipement et l’état d’esprit

Le jour du départ, j’ai en fait hésité à installer une cassette plus légère. Habitué aux routes plates et aux pentes douces de la ville, mon vélo était équipé d’un braquet relativement lourd, mais en me fiant à mon intuition erronée que cette route ne faisait « que trois kilomètres », je suis finalement parti sans changer de braquet. Par la suite, cela s’est avéré être une erreur de jugement coûteuse — la montée raide du milieu m’a presque forcé à tenir avec le braquet le plus lourd, et mes genoux ont subi un couple bien supérieur à la normale pendant ces quelques minutes. Le lendemain, les courbatures autour des cuisses et des genoux étaient bien plus marquées qu’après une longue sortie sur des pentes douces.

Cette expérience m’a fait prendre conscience que la préparation de l’équipement n’est jamais un aspect que l’on peut négliger au feeling, surtout face à ce type d’itinéraire court mais truffé de pentes raides, où la marge de braquet est souvent plus importante qu’on ne l’imagine. Lorsque j’ai révisité cette route plus tard, j’ai spécialement installé une cassette plus légère, et la sensation était nettement plus confortable cette fois. Bien que l’essoufflement sur la pente raide soit toujours présent, mes genoux ne subissaient plus cette charge de couple quasi insoutenable. Ce contraste avant/après m’a également permis de comprendre plus profondément que la « préparation » n’est jamais une prudence superflue, mais le respect le plus fondamental que l’on doit à son propre corps.

12. Pour conclure : une leçon brève mais honnête

Ce que Guanzizai à Tucheng m’a appris peut peut-être se résumer en une phrase — ne jugez pas le poids d’une route à sa longueur. Cette route agricole de moins de trois kilomètres, avec son segment intermédiaire escarpé et ses données de pente légèrement incohérentes, rappelle honnêtement à chaque cycliste qui la visite : la difficulté réelle ne se mesure jamais en kilomètres.

Après avoir terminé ce jour-là, je me suis assis au bord de la route pour boire de l’eau, regardant en arrière la pente raide que je venais de gravir. Ce qui m’est venu à l’esprit n’était pas un soupir de soulagement « enfin terminé », mais une sensation de lucidité après avoir été lavé par un défi court et intense. Cette sensation est radicalement différente de celle ressentie après avoir parcouru une longue route de plusieurs dizaines de kilomètres — cette dernière est une consommation marathonienne d’énergie et d’endurance, tandis que la première ressemble davantage à un dialogue explosif, concentré et sans presque aucun répit.

13. Réflexion sur le « court » et la « négligence »

Dans la culture cycliste taïwanaise, nous avons l’habitude de mesurer l’importance d’un itinéraire à sa distance — les longues expéditions dépassant les cent kilomètres sont toujours plus facilement étiquetées comme « impressionnantes ». Mais Guanzizai à Tucheng m’a fait repenser les limites de ce jugement habituel. Un itinéraire court ne signifie pas qu’il doit être négligé, parfois c’est tout le contraire — une montée courte mais intense sollicite des capacités complètement différentes : la puissance explosive instantanée, le jugement en situation sur pente raide, et l’attitude humble face aux écarts de données. Cette route m’a rappelé que chaque itinéraire, quelle que soit sa longueur ou sa pente, mérite d’être pris au sérieux.

14. Au prochain cycliste qui visitera Guanzizai

Si ce texte a la chance d’être lu par le prochain cycliste prêt à relever le défi de Guanzizai à Tucheng, je veux vous dire ceci : cette route est courte, si courte que vous pourriez même vous demander si elle vaut le déplacement. Mais croyez-moi, dans ces moins de trois kilomètres se cache une histoire de pente raide solide, honnête et qui ne doit pas être prise à la légère. Partez léger, avec un braquet suffisant, et avec un peu d’espace d’imagination pour le nom « Guanzizai » — vous découvrirez que cette route vous donne bien plus que ce que sa longueur ne le laisse suggérer.

15. Le silence du cyclisme en solitaire

Ce jour-là, je suis parti seul, et en y repensant, cela a peut-être aussi influencé ma façon de ressentir cette route. Affronter une pente raide en solitaire, sans les encouragements d’un compagnon, sans la pression psychologique de la compétition, seulement un dialogue intime entre soi-même, la pente et la respiration. Cette sensation de solitude est particulièrement vive dans les secondes les plus éprouvantes de la montée — personne ne sait si vous songez secrètement à abandonner, personne ne vous voit réduire votre cadence à un niveau proche de la marche pour réussir à passer. Mais c’est précisément cette honnêteté sans spectateur qui rend cette sortie particulièrement authentique. J’ai ensuite imaginé ce que cela aurait été de relever ce défi avec un groupe d’amis — l’ambiance aurait été complètement différente — il y aurait eu des encouragements mutuels dans les passages raides, et peut-être des high-fives et des acclamations à la fin du segment. Mais ce jour-là, il n’y avait que moi, cette route bitumée chauffée par le soleil, et le chant occasionnel des cigales au bord du chemin.

Cette expérience de cyclisme en solitaire me rappelle une phrase souvent citée par les cyclistes chevronnés — le cyclisme reste en fin de compte un dialogue avec soi-même ; même entouré de nombreux compagnons, c’est toujours votre propre corps et votre propre volonté qui pédalent et qui endurent cette sensation de brûlure. Une pente courte et honnête comme Guanzizai à Tucheng est peut-être le lieu le plus concentré pour ce dialogue — pas trop de temps pour bavarder, tout est compressé dans ces quelques minutes de concentration.

16. L’attente d’une nouvelle visite

Après cette sortie, j’ai en fait déjà commencé à planifier le moment de ma prochaine visite. Non pas parce que j’aime particulièrement souffrir, mais parce que cette sensation d’être poussé à la limite par la pente raide puis de réussir à passer, porte une satisfaction indescriptible qui donne envie de vérifier à nouveau — cette limite de la dernière fois, peut-elle être un peu repoussée cette fois-ci ? C’est probablement la magie particulière des itinéraires courts et raides : leur défi est suffisamment concentré et clair pour que chaque progrès soit clairement ressenti, contrairement aux longues distances où les progrès nécessitent souvent plus de temps pour être perçus.

J’imagine que lors de ma prochaine visite à Guanzizai, je choisirai peut-être un matin plus frais, avec un braquet légèrement ajusté, pour affronter à nouveau ce segment intermédiaire escarpé. Ou peut-être voudrai-je simplement ressentir à nouveau cet état de concentration où l’on est réduit au silence, ne restant que la respiration et les battements de cœur — car dans le tumulte du quotidien, rares sont les choses qui, comme une pente raide, ramènent si directement et si intransigeamment l’être dans le moment présent.

17. Les autres cyclistes rencontrés sur la route

Ce jour-là, près du segment intermédiaire escarpé de Guanzizai, j’ai croisé un autre cycliste qui descendait. Nous avons échangé un bref regard, il m’a fait un léger signe de tête, comme pour dire « courage, tu y es presque », puis a continué sa descente. Ce type d’échange bref, silencieux mais chargé de sens, est particulièrement courant sur les itinéraires à forte pente — chacun sait ce que l’autre traverse comme épreuve, aucun mot n’est nécessaire, un regard ou un signe de tête suffit à transmettre tout l’encouragement et la compréhension. Cette complicité entre cyclistes est l’une des facettes les plus douces de ce sport, et elle m’a donné un peu plus de force pour continuer à pédaler sur le segment le plus éprouvant.

Plus tard, arrivé à la fin du segment, alors que je reprenais mon souffle, j’ai rencontré quelques cyclistes qui venaient de terminer le défi, discutant en cercle de leurs temps respectifs et de leurs configurations de braquet. En écoutant leur conversation, j’ai découvert que cette courte pente raide avait déjà accumulé sa propre réputation et suscitait des discussions au sein de la communauté cycliste locale — certains partageaient quel virage avait la pente la plus raide, d’autres échangeaient sur quelle pression de pneus offrait la meilleure adhérence sur cette route. Ce savoir collectif accumulé par la communauté locale à travers des sorties répétées est souvent plus proche de la réalité du ressenti cycliste que n’importe quelle donnée officielle, et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles ce type de montée courte et réputée continue d’attirer les cyclistes à y revenir sans cesse.

18. Conclusion : le moi au-delà des trois kilomètres

Bien après cette sortie, je repense encore parfois à ces moments de concentration à bout de souffle sur le segment intermédiaire escarpé. Ce n’était pas un paysage grandiose, ni un record digne d’être vanté, mais une expérience qui m’a fait redécouvrir le sens du mot « court ». Guanzizai à Tucheng, cette courte pente raide cachée à la frontière entre la ville et la montagne, avec sa pente qui ne correspond pas tout à fait aux chiffres, sa sensation de concentration qui fait écho à son nom, et son caractère géographique intimement lié à la région de Tucheng, a laissé dans mon esprit un souvenir ni très long ni particulièrement net. Peut-être que la prochaine fois que je passerai par Tucheng, je tournerai à nouveau dans cette route, encore une fois, avec humilité, pour aller voir sa raideur.

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