La pente solitaire au cœur du pays du thé : une balade à vélo en solitaire sur la route Beidao 42 de Pinglin et le récit d'une ville montagneuse au bord du réservoir

Ce matin-là, je n’ai presque pas hésité, j’ai tourné mon guidon vers Pinglin. Pas de compagnon de route prévu, et je n’avais pas spécialement vérifié à quel point cette route communale nord 42 était difficile. Je savais seulement qu’elle se cachait au détour d’une intersection discrète dans la région montagneuse de Pinglin, que sa longueur était modeste, mais que l’on disait ses pentes si irrégulières qu’elles prenaient au dépourvu. Avant de m’y engager seul, je pensais en réalité à quelque chose de très simple : je voulais trouver une route sans compagnie, sans dérangement, pour me confier silencieusement à la montagne.
I. Un havre de pureté préservé par le bassin versant du réservoir
Pour comprendre Pinglin, il faut d’abord saisir son lien indissociable avec le réservoir de Feitsui. La rivière Beishi traverse Pinglin avant de se jeter dans le réservoir de Feitsui, qui constitue la source d’eau potable la plus importante de la région du Grand Taipei. C’est précisément parce que presque toute la zone administrative de Pinglin se trouve dans le périmètre de protection du bassin versant du réservoir que le développement local y a été strictement limité au fil des ans, ce qui a permis à cette ville de montagne de conserver, de manière inattendue, une pureté de plus en plus rare dans les environs de Taipei — pas de développement commercial excessif, pas de circulation saturée, seulement des montagnes qui se succèdent, les eaux sinueuses de la rivière Beishi, et des plantations de thé poussant paisiblement sur les pentes.
Avant d’entrer dans Pinglin, j’ai longé la route provinciale 9 (l’autoroute Beiyi) en montant en lacets. Cette route est elle-même un itinéraire classique et célèbre dans le monde du cyclisme sur route à Taïwan ; par le passé, de nombreux cyclistes de Taipei y ont fait leurs premières armes en matière de montée. Mais aujourd’hui, mon objectif n’était pas l’axe principal de la Beiyi, mais la route communale nord 42 qui bifurque et s’enfonce plus profondément dans la montagne — une route de desserte agricole dont le nom même porte une part de mystère.
II. Le berceau du thé Baozhong : l’autre identité de Pinglin
En parlant de Pinglin, la plupart des gens pensent d’abord au « thé Wenshan Baozhong ». Pinglin est l’une des principales régions productrices de thé Baozhong à Taïwan. Son relief vallonné et son climat humide toute l’année créent un environnement idéal pour la culture du théier — ce qui explique aussi pourquoi la politique de protection du réservoir, bien qu’elle ait limité le développement, n’a pas étouffé le moteur économique local ; l’industrie du thé est au contraire devenue la manière la plus représentative pour les habitants de Pinglin de coexister et de prospérer avec cette forêt de montagne.
En roulant sur la route communale nord 42, on aperçoit çà et là des plantations de thé ponctuant les pentes. Les rangées régulières de théiers, d’un vert sombre, créent un contraste subtil avec le vert profond de la forêt secondaire environnante. Je ne me suis pas arrêté pour déterminer à qui appartenait telle ou telle parcelle ; je me suis contenté de laisser mon regard balayer ces escaliers de verdure au gré des pentes, imaginant l’effervescence de la saison de la cueillette (pour la répartition réelle des plantations et les activités de récolte, veuillez vous référer aux informations sur place ou aux annonces officielles). Ces traces humaines, à la fois présentes et diffuses, mêlées à une nature presque brute, composent le caractère unique de la région montagneuse de Pinglin — ni pur désert sauvage, ni zone touristique surdéveloppée, mais un équilibre rare et précieux entre les deux.
III. La solitude sur les pentes : un dialogue entre soi et la montée
L’entrée de la route communale nord 42 est discrète ; si l’on n’y prête pas attention, on la dépasse facilement. Une fois engagé, la route ne tarde pas à s’élever, et elle le fait sans douceur — à peine quelques kilomètres parcourus que la pente se raidit sans prévenir, m’obligeant à rétrograder immédiatement et à me lever sur les pédales. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment compris que le caractère de cette route était bien plus têtu que je ne l’imaginais.
Rouler seul sur une pente aussi irrégulière et raide relève d’un état psychologique très particulier. Sans les rires et les conversations d’un compagnon pour distraire l’attention, il ne reste à mes oreilles que le bruit de ma propre respiration, lourde, et le cliquetis mécanique et ténu de la chaîne sur la cassette. Chaque fois que la pente se redresse soudainement, l’instinct du corps crie à la panique — mais la panique ne sert à rien. On ne peut que se répéter, encore et encore : ralentis la cadence, stabilise ta respiration, recentre ton attention sur ce petit bout de route devant toi, ne pense pas à ce qu’il reste à parcourir. Ce processus de dialogue total avec soi-même est une expérience impossible à reproduire en groupe. La solitude, en ces moments, n’est pas une émotion négative ; c’est plutôt une honnêteté forcée — on ne peut pas s’appuyer sur le rythme d’un autre pour tenir, on doit faire face, en toute sincérité, à ses propres limites du moment.
Au passage de la section la plus raide, j’ai même un instant douté de m’être trompé de route — la difficulté de ce chemin n’avait visiblement aucun rapport avec l’idée que je m’en faisais, celle d’une « petite route communale de 5 kilomètres ». Mais c’est précisément à cet instant où, à bout de souffle, je ne pouvais plus parler et ne devais ma progression qu’à la force de la volonté, tour après tour, que j’ai soudain compris pourquoi certains cyclistes sont fascinés par ces batailles solitaires — elles vous forcent à regarder en face votre état le plus vrai, sans fard, et cette concentration à nu est ce que l’on ne trouve jamais dans sa zone de confort.
IV. Brumes et silence dans le bassin versant
Le temps dans la région montagneuse de Pinglin porte toujours une humidité insaisissable. Ce jour-là, le ciel était encore assez dégagé à mon départ, mais au milieu du parcours sur la nord 42, une fine brume a commencé à s’élever entre les vallées, estompant les crêtes lointaines dans un dégradé d’encre aquarellée. Pinglin est réputé pour sa pluviométrie abondante, un trait indissociable de sa situation dans le bassin versant du réservoir et de son humidité élevée tout au long de l’année — l’humidité nourrit les théiers, mais aussi cette atmosphère propre à la montagne, où le brouillard peut surgir à tout moment.
En roulant sur la pente raide sous une brume de plus en plus dense, mon champ de vision se réduisait à quelques dizaines de mètres de bitume devant moi, ce qui paradoxalement rendait ma concentration sur le pédalage encore plus totale. Aucun autre cycliste, aucune circulation, seulement le chant occasionnel d’un oiseau déchirant le silence. Cette sensation d’être seul, perdu dans une montagne enveloppée de nuages et de brume, portait une pointe d’inquiétude, mais aussi une beauté paisible difficile à décrire — comme si la montagne entière se réduisait à moi et à cette montée interminable.
V. Les reflets de l’eau et la texture du relief dans la vallée de la Beishi
Sur les sections où la pente s’adoucit, on peut parfois entrevoir au loin les reflets sinueux de la vallée de la Beishi, apparaissant et disparaissant entre les montagnes. Le relief de Pinglin est en réalité assez typique — la rivière a creusé une vallée profonde, flanquée de collines qui se succèdent, et des routes communales comme la nord 42 suivent souvent une crête ou une paroi de vallée pour s’élever, d’où ces pentes tantôt raides, tantôt douces, semblant obéir à aucune logique. Ce relief répond d’ailleurs au paradoxe des données officielles de l’itinéraire, où le dénivelé total et la pente moyenne semblent se contredire — car ce n’est pas une montée régulière et constante, mais un chemin vallonné qui monte et descend au gré des ondulations de la montagne.
Sur un tel terrain, il est difficile de comprendre la véritable nature d’une route à travers une « moyenne », tout comme on ne peut résumer une vie en une seule phrase. Chaque variation de pente après chaque virage est la manière qu’a cette montagne de vous raconter, à sa façon, la complexité et la vérité de son relief.
VI. Un itinéraire tranquille, délaissé de tous
La route communale nord 42 de Pinglin n’est manifestement pas un itinéraire touristique prisé. Pendant toute la sortie, je n’ai croisé presque aucun autre cycliste ni trace évidente d’activité humaine, seulement une ou deux maisons isolées sur les pentes, se fondant silencieusement dans la verdure environnante. Cet état de « délaissement » est un luxe pour les cyclistes habitués aux itinéraires populaires des environs de Taipei, toujours saturés de monde. Pas de files d’attente pour une photo souvenir, pas d’ambiance de course où l’on se dépasse, seulement vous, votre respiration, et cette route de desserte agricole d’apparence banale, mais en réalité pleine de surprises.
J’ai fini par comprendre que ce silence est peut-être le cadeau inattendu de la politique de protection du bassin versant du réservoir — parce que le développement y est limité, l’endroit n’a pas été surfait en attraction touristique, et conserve ainsi l’aspect le plus brut et le moins apprêté de la montagne. Pour les voyageurs en quête de lieux à la mode, cela n’a peut-être rien d’attrayant ; mais pour un cycliste comme moi, qui cherche simplement un endroit où affronter honnêtement ses limites physiques et cohabiter sincèrement avec la solitude, la nord 42 est devenue l’endroit idéal.
VII. La ville de montagne de Pinglin au fil des saisons
Chaque saison à Pinglin a son charme. Au printemps, les jeunes pousses des théiers pointent, c’est la saison de la cueillette du thé de printemps, et les silhouettes affairées des cueilleurs ponctuent les pentes (le calendrier réel des récoltes dépend du climat de l’année) ; en été, la montagne est luxuriante, les cigales se répondent dans l’air chaud et humide, et les averses orageuses de l’après-midi sont fréquentes — il est conseillé d’éviter de partir en fin de journée ; en automne, l’air est limpide, c’est la saison où la visibilité est la meilleure de l’année à Pinglin, idéale pour combiner photographie et balade tranquille ; en hiver, la mousson du nord-est apporte une pluie fine, froide et persistante, ainsi que des brumes, et la réputation de « ville de montagne pluvieuse » de Pinglin se vérifie pleinement, la difficulté de rouler augmentant avec les routes glissantes.
Le jour de ma visite, la montagne était d’un vert profond, pas encore au plus fort de la saison de la cueillette, mais on sentait déjà la complicité accumulée au fil des ans entre cette terre et les théiers — non pas une ressource touristique savamment exploitée, mais un mode de vie profondément enraciné dans le sol et le climat.
VIII. L’apaisement au sommet de la pente
Lorsque j’ai enfin dépassé la section la plus raide de la route communale nord 42, la pente s’est adoucie et ma respiration a retrouvé son rythme. En me retournant vers le chemin que je venais de gravir, ce qui montait en moi n’était pas un sentiment d’avoir « conquis » quelque chose, mais un apaisement plus profond — comme si j’avais eu avec cette route, avec mon propre corps, une conversation d’une honnêteté presque crue, où personne n’avait menti.
Ce qu’il y a de plus précieux dans la randonnée en solitaire, c’est peut-être précisément cette expérience impossible à partager, et pourtant d’une authenticité rare. Personne ne verra que vous avez failli mettre pied à terre dans le virage le plus raide, personne n’entendra les encouragements que vous vous êtes murmurés à bout de souffle — tout cela n’appartient qu’à vous et à cette route. Cette intimité fait de chaque sortie solitaire un souvenir personnel unique et irremplaçable.
IX. Quelques conseils pour ceux qui s’apprêtent à visiter Pinglin
Si vous souhaitez vous aussi découvrir cette ville de montagne qu’est Pinglin, outre le défi de montées comme la nord 42, la vieille rue du centre-ville et le musée du thé de Pinglin méritent également un détour pour mieux comprendre la culture et l’histoire de la fabrication du thé local (horaires d’ouverture et contenus des expositions : veuillez vous référer aux annonces officielles). La vieille rue conserve de nombreuses maisons de thé traditionnelles ; après la sortie, on peut s’installer dans l’une d’elles pour boire une tasse de thé et laisser les jambes et l’esprit, tendus toute la journée, se détendre pleinement.
Comme Pinglin se trouve dans le bassin versant du réservoir, les commerces et points de ravitaillement le long des routes de montagne sont relativement limités. Pour un long itinéraire en boucle, il est conseillé de planifier son ravitaillement à l’avance et de ne pas compter sur la chance de trouver quelque chose en chemin.
X. Le sens de la randonnée en solitaire : non pas une fuite, mais un choix
On me demande souvent pourquoi j’aime rouler seul, surtout sur des itinéraires aussi peu connus, avec des pentes qui peuvent cacher des pièges. Ma réponse n’a jamais changé — rouler seul n’est pas une façon de fuir les autres, mais un choix actif : celui de se confier entièrement, à certains moments, à une route, à une pente, à un rythme que seul soi-même peut ressentir. Rouler à plusieurs a ses joies et sa chaleur propres, mais la randonnée solitaire offre un espace de dialogue intérieur plus pur, où, sans aucune distraction extérieure, on se confronte honnêtement à son état physique et à sa résilience mentale du moment.
Un itinéraire comme la nord 42, avec ses pentes contradictoires et son relief accidenté, offre précisément le cadre idéal pour ce dialogue — assez court pour ne pas se perdre dans la solitude, assez raide pour exiger une concentration totale, sans laisser de place à autre chose. Cette solitude au dosage parfait est ce que je n’ai jamais trouvé sur les nombreux itinéraires touristiques très fréquentés.
XI. En guise de conclusion : une pente secrète pour une minorité
La route communale nord 42 de Pinglin ne figurera probablement jamais au palmarès des montées populaires de Taïwan — trop courte, trop méconnue, avec des données de relief qui restent déroutantes. Mais ce sont précisément ces imperfections qui en font un itinéraire secret pour une minorité. Si vous aussi vous êtes las de l’affluence incessante sur les itinéraires populaires, si vous cherchez une pente solitaire où affronter honnêtement votre condition physique et mentale, la nord 42 de Pinglin vaut peut-être le détour.
Ce jour-là, une fois la route terminée, je me suis arrêté sur un accotement offrant une vue un peu dégagée au sommet, et je suis resté assis quelques minutes en silence, contemplant les montagnes et les vallées enveloppées de brume au loin. Personne ne sait que je suis venu ici, personne ne se souciera que j’aie failli abandonner dans la section la plus raide — mais ces instants qui n’appartiennent qu’à moi sont devenus, dans les jours de fatigue qui ont suivi, des images auxquelles je repense sans cesse, pour me rappeler que « tu peux encaisser bien plus que tu ne l’imagines ».
XII. Une réflexion sur cette terre
Si Pinglin a conservé cet aspect presque originel, c’est en partie grâce à la politique de protection du réservoir — le développement des habitants a été limité, mais cela a paradoxalement préservé la pureté la plus précieuse de cette terre. Ce compromis, qui sacrifie un développement local au profit de la sécurité de l’approvisionnement en eau, n’a pas dû être un choix facile pour les habitants de Pinglin, mais pour un voyageur de passage comme moi, il permet de trouver, aux portes de Taipei, un havre où la montagne conserve encore son souffle sauvage.
En roulant sur des routes comme la nord 42, je pense souvent que c’est précisément parce que cet endroit n’a pas été surdéveloppé que chaque cycliste qui s’y rend sincèrement peut ressentir ce défi du terrain et ce paysage naturel dans leur vérité la plus brute. Cette authenticité est bien plus précieuse que n’importe quel itinéraire touristique savamment emballé.
XIII. Conclusion : ce que la pente m’a appris
5,1 kilomètres. Sur le papier, cela semble dérisoire, mais ce jour-là, sur la route communale nord 42 de Pinglin, j’ai mis bien plus de temps que prévu, dépensé bien plus d’énergie que prévu, pour parcourir cette route. Ce qu’elle m’a appris, ce n’est peut-être pas seulement le choix d’un braquet ou d’un rythme, mais un rappel plus fondamental — ne te fie pas aveuglément à un chiffre unique, qu’il s’agisse de la pente moyenne indiquée sur la fiche de l’itinéraire, ou de ces « ce n’est pas si dur » que l’on entend dans la vie. Certaines choses, il faut les gravir soi-même, les vivre à bout de souffle, les traverser dans le virage le plus raide, pour en connaître le véritable poids.
Si vous aussi êtes prêt à accueillir une solitude honnête, trouvez un jour de semaine calme, tournez votre guidon vers Pinglin, engagez-vous sur cette route communale nord 42, discrète en apparence mais pleine de surprises. Peut-être, comme moi, rencontrerez-vous, dans un virage à bout de souffle, une version plus honnête et plus résiliente de vous-même. Puissent tous les cyclistes qui liront ces lignes trouver leur propre réponse sur leur propre pente solitaire.
XIV. L’attente et la patience dans l’odeur du thé
Les cultivateurs de thé de Pinglin disent souvent qu’un bon thé demande du temps — de la plantation du théier à la première récolte, il faut souvent compter plusieurs années, et chaque saison, les feuilles doivent passer par la cueillette, le flétrissage, la fermentation, le torréfaction et d’autres étapes complexes avant de devenir cette gorgée savoureuse dans la tasse. Ce respect de l’attente rejoint, d’une certaine manière, l’état d’esprit nécessaire pour gravir une pente comme la nord 42. On ne peut pas raccourcir le temps de montée par la force brute, ni sauter par l’impatience la section la plus difficile du milieu ; la seule chose à faire est de prendre son mal en patience, de pédaler tour après tour, et de laisser le corps s’adapter à son propre rythme à la pente qui se présente.
J’ai souvent l’impression que cette terre de Pinglin, à travers son industrie du thé, murmure une philosophie de vie : on ne peut pas aller plus vite, on ne peut pas se précipiter. Qu’il s’agisse du temps de fermentation des feuilles ou de l’essoufflement et des courbatures que le cycliste doit endurer sur une pente raide, il n’y a pas de raccourci. Ce jour-là, sur la nord 42, à bout de souffle, je me suis souvenu de la patience nécessaire pour produire un bon thé dans cette ville de montagne, et j’ai trouvé un écho étrange entre ma lutte du moment et le caractère de cette terre.
XV. La carte sonore du silence
Lorsqu’on roule seul sur une route de montagne aussi calme, l’ouïe devient étrangement aiguë. Plus de bruit de moteurs, plus de conversations, mais toute une « carte sonore » composée de bruits naturels — le froissement du vent dans les bambouseraies, les chants d’oiseaux anonymes qui se répondent sous la canopée, un aboiement ou un chant de coq au loin, rappelant que des maisons sont encore habitées à proximité. Sur les sections les plus raides, même le bruit de ma propre respiration et les battements de mon cœur devenaient distincts, comme si les sons de mon corps rejoignaient eux aussi cette carte.
Cette expérience auditive amplifiée, la ville ne peut jamais l’offrir. Les sons urbains sont trop encombrés, les bruits se recouvrent les uns les autres, et l’on finit par ne plus distinguer la véritable nature d’aucun d’entre eux ; mais sur ces tronçons isolés de la région montagneuse de Pinglin, chaque son est clair et indépendant, comme si la montagne entière, dans son propre langage, se dévoilait couche après couche au voyageur solitaire. Ce jour-là, près du sommet, une rafale de vent a fait bruisser les feuilles de bambou, couvrant mon souffle ; cette sensation de paix, je m’en souviens encore avec netteté.
XVI. Une lettre à moi-même : à propos de la prochaine visite
En écrivant ces lignes, je voudrais conclure cet article d’une manière plus personnelle — une courte lettre à moi-même pour ma prochaine visite de la nord 42. Si toi (moi du futur) tu repars sur cette route, j’espère que tu te souviendras de ce virage où tu as failli abandonner à bout de souffle, de cet état psychologique à la fois solitaire et honnête, et de cette sensation de libération, impossible à partager mais d’une authenticité rare, après avoir atteint le sommet. Que ta condition physique soit meilleure ou légèrement en retrait, ne te compare pas trop à celui d’aujourd’hui — chaque montée de cette route est un dialogue honnête, indépendant, propre à l’état du moment, sans avoir à porter le poids des performances passées.
J’espère aussi qu’à ce moment-là, tu choisiras encore de partir seul, de te confier encore à cette route communale tranquille aux pentes contradictoires et au relief accidenté. Car en fin de compte, ce qu’il y a de plus précieux dans le cyclisme, ce n’est peut-être jamais d’avoir conquis tel itinéraire ou établi tel record, mais ces instants solitaires et honnêtes qui, encore et encore, nous aident à nous redécouvrir.
XVII. Postface : à tous les cyclistes en quête de solitude
Si vous lisez ces lignes et que vous hésitez encore à l’idée de « gravir une pente raide seul », je veux vous dire que la solitude n’est jamais une chose à craindre. C’est un miroir honnête qui révèle les détails que l’on néglige d’ordinaire en groupe — son propre rythme respiratoire, ses propres limites physiques, sa réaction la plus vraie face à un terrain inconnu. La route communale nord 42 de Pinglin, avec ses données déroutantes, ses pentes accidentées et sa quiétude presque coupée du monde, est devenue, par hasard, le cadre le plus approprié de ma quête de solitude. Puissiez-vous, sur l’une de vos propres routes, trouver ce moment digne d’être savouré, ce temps passé en toute honnêteté avec vous-même.
Lectures associées
- Balade à vélo dans les régions de thé de Shiding et Pinglin : l’expérience des routes de montagne de la culture du thé du nord de Taïwan
- Une longue pente tranquille à l’écart des sentiers battus : moments de solitude entre la route communale nord 47 et les sentiers de montagne de Shiding et Pingxi
- Maokong Zhanghu Yue Ling : entre l’odeur du thé et les brumes, retrouver la sérénité originelle du vélo
- Pédaler vers Erjian Shan à Zhongliao : dans la région du thé renaissante de l’épicentre du séisme de 921, à la recherche de la montée la plus silencieuse de Taïwan
4K單車實境) 嘉義 梅山36灣 訓練台 爬坡 輕鬆騎
6 年前
一定要騎一次!阿里山最深處:里佳部落!單車旅行 | 2800m爬升 | 深度部落體驗:嗨翻晚會、螢火蟲、銀河 | feat. JJSC & 廢物伙伴 | 公路車 CT Yeh
10 個月前
嘉義單車路線推薦:碧湖山茶園超陡坡挑戰!里佳部落-奮起湖-瑞峰 (附路線)
7 個月前
大武山後門26%歡樂陡坡!JJSC南台灣單車行Day2 / 被颱風追著跑 / 公路車 / CT Yeh
2 年前
北宜騎車⋯好刺激 差點被🐒尻 / 露營單車旅 / 公路車後背攜車架開箱!/ 百人大團露 / YAKIMA 設備開箱儀式感都來了 / 公路車 / CT Yeh
12 個月前
#北橫 + #北進武嶺 最硬的員工旅遊 EP1 | #公路車 #拉拉山 | 明池 | 武嶺 | 武陵農場 | 雲海 | Taiwan Cycling Route Wulin
6 年前
風櫃嘴 | 全台最多大砲的單車路線 | 尋寶網攝影師告訴你怎麼擺拍起來才好看 | 熱門攝影地點巡禮
6 年前
藤枝二集團 單車行 Day1 | 南部小武嶺 | 爬坡爬到罵罵叫 | JJSC | 公路車 | CT Yeh
3 年前