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Le canal, une montée discrète mais exigeante sur les flancs de la commune de Zhuqi

挑戰心得

Canal d'eau, une montée tranquille mais exigeante sur les flancs de la commune de Zhuqi

Canal d’eau, une montée tranquille mais exigeante sur les flancs de la commune de Zhuqi

Une route nommée d’après l’eau

La première fois que j’ai entendu le nom de cette route, « Canal d’eau », l’image qui m’est venue à l’esprit n’avait rien à voir avec le vélo — je pensais à des canaux d’irrigation, à des ouvrages de dérivation des eaux, à ces projets hydrauliques creusés autrefois dans les campagnes taïwanaises pour l’irrigation ou l’eau potable. Ce n’est qu’après l’avoir parcourue à plusieurs reprises que j’ai peu à peu compris : si les cyclistes appellent ainsi cette montée située dans la commune de Zhuqi, dans le comté de Chiayi, c’est probablement parce que le long de son tracé se trouvaient autrefois des installations liées à l’eau et à l’irrigation locale. Le nom de la route ou son surnom s’est ainsi transmis, devenant un langage commun entre les habitants et les cyclistes. Ce type de toponyme « fonctionnel » n’est d’ailleurs pas rare dans les campagnes taïwanaises — souvent plus proche de la mémoire vivante que les noms administratifs officiels, il se perpétue plus facilement par la tradition orale.

Dans la géographie de Chiayi, la commune de Zhuqi a toujours joué ce rôle de « transition entre la plaine et la montagne ». En partant du centre-ville de Chiayi, en suivant la route provinciale 3 ou les routes départementales en direction d’Alishan, c’est à peu près à Zhuqi que l’on commence à sentir nettement le relief s’élever et l’air se rafraîchir. Cette région fut autrefois l’un des nœuds essentiels du chemin de fer forestier d’Alishan et du transport du bois, ainsi qu’un passage obligé pour la descente et la distribution des produits agricoles de montagne (thé, pousses de bambou, fruits). En roulant sur la route du Canal d’eau, on découvre au bord du chemin un paysage où se mêlent vergers, plantations de thé et bambouseraies. Cette atmosphère, entre vie agricole et sérénité montagnarde, est à des années-lumière des routes urbaines.

Certaines routes existent pour leurs paysages, d’autres pour des besoins de transport. Le Canal d’eau se situe quelque part entre les deux — à l’origine simple route locale reliant des villages de montagne, elle s’est vu attribuer un nouveau sens par la communauté cycliste, qui y a trouvé une pente et une longueur idéales pour l’entraînement.

J’ai toujours pensé que le nom d’une route renferme la mémoire la plus honnête d’une terre. Le Canal d’eau n’a pas la dénomination poétique de certaines routes touristiques ; son nom est direct, pragmatique, comme les pionniers qui l’ont tracée, animés par le besoin élémentaire de subvenir aux nécessités de la vie. Cette logique de dénomination m’a au contraire rendu cette route plus familière — elle n’existe pas pour attirer les touristes, mais parce qu’un besoin vital l’a précédée, façonnant peu à peu le parcours que nous empruntons aujourd’hui. Chaque fois que je roule sur cette route, je ne peux m’empêcher d’imaginer comment les habitants d’autrefois dépendaient de ce chemin pour transporter leurs marchandises et se déplacer entre les villages. Ce mode de vie étroitement lié à la terre, si différent du confort moderne auquel nous sommes habitués, donne à cette route une épaisseur qui mérite d’être savourée.

Le nom même de la commune de Zhuqi est intéressant : « Zhuqi » évoque littéralement les paysages de bambouseraies qui y étaient autrefois largement répandus. Située dans la zone de collines entre la plaine de Chiayi et la chaîne d’Alishan, la région offre un climat et un sol propices à la croissance du bambou, et a développé dans le passé des industries de vannerie et de matériaux en bambou. Bien que ces industries traditionnelles aient perdu de leur ampleur avec le temps, en roulant le long du Canal d’eau, on aperçoit encore parfois des bambouseraies préservées, rappelant au cycliste le paysage industriel que cette terre a connu.

La grande inspiration avant l’ascension

Chaque fois que je viens défier le Canal d’eau, j’ai l’habitude d’arriver un peu en avance, sans monter immédiatement sur le vélo. Je m’arrête à l’intersection, je regarde la route s’étirer vers la montagne. 10,93 kilomètres, 6,6 % de pente moyenne — ces deux chiffres, je les connais par cœur, mais mon état d’esprit face à cette route change à chaque fois. Parfois je viens avec un objectif d’entraînement, pensant battre mon record personnel ; parfois je cherche simplement un endroit pour transpirer en silence et laisser derrière moi tout le bruit accumulé du travail et de la vie.

Les matins à Zhuqi se prêtent parfaitement à cet état d’esprit. L’air est encore chargé de l’humidité propre aux régions montagneuses et des senteurs de la végétation ; on entend parfois le chant des coqs des fermes voisines, ou des aboiements lointains. Cette combinaison de sons n’a rien à voir avec les klaxons et les moteurs de la ville. Même sans avoir encore pédalé, le simple fait de respirer profondément cet air à l’intersection a déjà un effet apaisant. Je me dis souvent que beaucoup de cyclistes roulent pour améliorer leurs chiffres, mais ce dont nous avons réellement besoin, c’est souvent de cet espace qui nous soustrait temporairement au rythme quotidien — et le Canal d’eau offre précisément cette zone tampon entre la ville et la montagne profonde.

Au moment de l’ascension, la route commence à s’incliner doucement, et la sensation sous les jambes bascule immédiatement de la « croisière » à la « résistance ». Cette transition m’excite à chaque fois, comme si le corps me rappelait : pendant les dix minutes à une heure qui viennent, toute ton attention doit se recentrer sur cette route, cette pente, ce rythme respiratoire — tout le reste peut attendre.

J’aime particulièrement cette sensation de « bascule ». Sur le plat, mes pensées vagabondent souvent vers les tâches professionnelles en attente, les messages sans réponse, ou les actualités de la veille que je n’ai pas fini de lire. Mais dès que la route s’élève, l’instinct de survie du corps force le cerveau à redistribuer ses ressources — il faut se concentrer sur la respiration, la cadence, chaque détail de la route devant soi. Cette concentration forcée est, d’une certaine manière, plus directe et plus efficace que n’importe quelle séance de méditation. Il n’est pas étonnant que tant de gens considèrent la montée comme une façon de décompresser : pendant ces dix minutes à une heure, le monde devient vraiment silencieux, et il ne reste que vous, cette route, et le rythme le plus primitif du corps.

Paysages et traces de labeur en chemin

Ce qui me marque le plus en roulant sur le Canal d’eau, ce n’est pas un point de repère particulier, mais ce paysage de montagne qui persiste tout en se transformant sans cesse. Le relief de Zhuqi appartient aux collines peu élevées ; l’altitude n’est pas très haute, mais la proximité du front de la chaîne d’Alishan confère déjà à la végétation et au climat des caractéristiques montagnardes. En montant, on aperçoit des vergers au bord de la route — la région de Chiayi est réputée pour ses fruits : longanes, litchis, agrumes poussent sur les pentes de basse altitude. Selon la saison, on peut sentir le parfum des fruits mûrs ou apercevoir des agriculteurs affairés dans leurs plantations.

Cette sensation de « passer à travers la vie des autres » est la plus grande différence entre le vélo et la voiture. En voiture, tout ce qui défile à la fenêtre n’est qu’un décor qui passe rapidement ; à vélo, la vitesse ralentit, et l’on perçoit réellement les gens qui travaillent au bord du chemin, les cultures qui poussent, jusqu’aux variations d’odeurs dans l’air. Plusieurs fois, en pleine montée, j’ai croisé des agriculteurs locaux descendant lentement la colline au volant de leur petit camion, chargés de récoltes fraîches. Nous échangions un signe de tête, sans un mot, mais cette bienveillance simple et directe entre gens de la montagne réchauffe toujours le cœur.

La commune de Zhuqi conserve également de nombreuses traces liées à l’histoire du chemin de fer forestier d’Alishan, cette région ayant été un axe majeur de transport du bois et des marchandises. Bien que le Canal d’eau ne soit pas au cœur des vestiges ferroviaires, il est difficile, en roulant au milieu de ces forêts, de ne pas penser à l’histoire industrielle que cette terre a portée il y a un siècle — de l’exploitation forestière à la culture du thé, jusqu’à l’agriculture de loisir et le cyclisme d’aujourd’hui, la même colline a été témoin de modes de vie radicalement différents. Cette superposition temporelle donne à chaque montée une épaisseur historique supplémentaire.

Lorsqu’on atteint la mi-pente et qu’on se retourne vers le chemin parcouru, on voit souvent la plaine de Chiayi se déployer progressivement sous ses pieds. Cette perspective en surplomb n’a rien à voir avec la vision qu’on a depuis la plaine — on prend soudain conscience que la ville où l’on vit et travaille chaque jour n’est qu’une petite pièce de ce vaste paysage. Ce changement de perspective est, d’une certaine manière, ce qui rend la montée si fascinante : elle ne fait pas seulement travailler le corps, elle élargit aussi discrètement notre perception spatiale de l’environnement qui nous entoure. Par beau temps, on peut même distinguer au loin les couches successives des montagnes, se superposant les unes aux autres, prenant sous les variations de la lumière des teintes bleu-gris plus ou moins profondes. Un tableau si beau qu’on a envie de s’arrêter pour le contempler, même si les jambes tremblent encore légèrement à cause de la pente.

Le dialogue intérieur dans la sueur

Une fois arrivé au milieu de la montée, le corps entre dans un état paradoxal — douleurs musculaires, accélération du rythme cardiaque, respiration haletante, mais l’esprit, lui, devient étrangement clair. C’est à ce stade que j’entame souvent avec moi-même un dialogue silencieux : comment suis-je aujourd’hui ? Dois-je pousser davantage ? Ou plutôt ralentir pour protéger mes genoux ? Ce dialogue intérieur peut sembler solitaire, mais c’est en réalité une expérience partagée par de nombreux cyclistes assidus — la montée vous force à faire face aux réactions les plus honnêtes de votre corps, sans possibilité de vous mentir ni de fuir.

Avec sa pente moyenne de 6,6 %, le Canal d’eau n’est certes pas la route la plus raide de Taïwan, mais l’effort continu qu’elle exige transforme chaque tentative en un petit test personnel. Parfois, quand la forme est là, on se dit que cette route n’est « pas si terrible » ; d’autres fois, après une mauvaise nuit ou sous la pression du travail, la même pente semble étrangement lourde. Cette variabilité d’une sortie à l’autre est précisément ce qui me pousse à revenir défier le Canal d’eau — c’est un miroir honnête qui reflète qui l’on est vraiment à cet instant, et non l’image toujours énergique que l’on projette sur les réseaux sociaux.

Je me souviens d’une ascension effectuée pendant une période particulièrement chargée au travail. J’avais enchaîné les nuits blanches sur des dossiers, le corps et l’esprit dans un état de tension et de fatigue. Je m’attendais à ce que cette tentative soit particulièrement pénible, mes réserves n’étant pas au mieux. Mais, chose étrange, cette sortie est devenue l’une de mes expériences les plus mémorables. Peut-être parce que la pression accumulée était si forte qu’elle a trouvé, au fil des coups de pédale et des gouttes de sueur, une sorte d’exutoire. Arrivé au sommet, les jambes presque trop faibles pour tenir debout, je sentais pourtant l’agacement refoulé depuis si longtemps s’être étrangement dissipé en grande partie. Depuis ce jour, j’ai compris que pour certains, la montée dépasse largement le simple entraînement sportif : c’est une manière de traiter ses émotions, un rituel de réconciliation avec soi-même.

J’ai aussi vécu l’expérience inverse — un jour où, en pleine forme, venant de terminer un cycle d’entraînement structuré, j’ai attaqué le Canal d’eau avec une confiance totale, persuadé de battre facilement mon record personnel. Mais un vent de face au milieu du parcours, combiné à une chaleur anormalement étouffante, a rendu la sortie bien plus éprouvante que prévu. Cette expérience m’a profondément appris que même lorsque les données indiquent une bonne forme, des facteurs externes incontrôlables comme la météo ou le vent peuvent considérablement affecter la performance réelle. C’est ce qui rend le cyclisme à la fois si fascinant et si exigeant — on ne peut jamais prédire à cent pour cent le défi qui nous attend, on ne peut que se préparer du mieux possible, puis s’adapter en cours de route.

Sur le tronçon final, les forces sont généralement presque épuisées, et c’est là que la volonté doit prendre le relais. Je m’aperçois que je pense souvent à des choses complètement sans rapport pour me distraire — une mélodie, une phrase, ou simplement le comptage du rythme respiratoire. Ces pensées vagabondes en état de limite sont, d’une certaine manière, un mécanisme de protection du corps et de l’esprit, empêchant le cerveau de se focaliser en permanence sur les signaux de douleur. Lorsque le sommet apparaît enfin, l’émotion complexe mêlant fatigue et sentiment d’accomplissement qui monte en vous fait instantanément oublier la difficulté passée, pour ne plus penser qu’à « revenir pour une prochaine fois ».

Ce que les petites routes de montagne apportent aux citadins

Pour ceux qui vivent en permanence en milieu urbain, des routes de montagne comme le Canal d’eau offrent une expérience difficilement remplaçable par tout autre moyen. La vie citadine est rapide, saturée d’informations ; notre attention est souvent fragmentée, nous gérons plusieurs choses à la fois, mais avons rarement l’occasion de nous concentrer véritablement sur une seule sensation corporelle. La montée, c’est tout l’inverse — impossible de consulter son téléphone en grimpant, impossible de faire deux choses à la fois. Cette concentration forcée devient un rare espace de respiration psychologique pour l’homme moderne.

Zhuqi n’est pas aussi touristique que l’axe principal d’Alishan ; pas de cars de touristes ni d’étals à perte de vue, la région conserve une apparence rurale relativement authentique. C’est précisément pour cela qu’en roulant sur le Canal d’eau, on ressent rarement cette atmosphère d’exposition et de consommation propre aux zones touristiques, remplacée par un lien plus direct et plus sincère avec la terre et ses habitants. Cette sensation est difficile à décrire avec précision, mais je suis convaincu que chaque cycliste ayant parcouru cette route éprouve, à un moment ou à un autre, un sentiment similaire.

Je connais des cyclistes locaux qui roulent depuis longtemps dans la région de Zhuqi ; leur attachement au Canal d’eau diffère du mien, visiteur occasionnel. Pour eux, cette route fait presque partie de la vie — c’est peut-être le programme d’entraînement hebdomadaire, le parcours rituel pour se détendre après le travail, ou même, comme me l’a confié l’un d’eux, le lieu où il jouait enfant sur les chemins de montagne, avant de redécouvrir cette terre familière à vélo une fois adulte, avec une étrange sensation de superposition des temps. En écoutant ces histoires, je me dis souvent qu’une même route peut porter des significations radicalement différentes selon les personnes — certains y repoussent leurs limites, d’autres y retrouvent des souvenirs d’enfance, d’autres encore l’utilisent simplement comme trajet quotidien entre travail et sport. Cette superposition de sens à plusieurs niveaux est aussi ce qui rend le Canal d’eau particulièrement digne d’être écrit et documenté.

Le Canal d’eau au fil des saisons

La plupart des routes de montagne taïwanaises ont une forte personnalité saisonnière, et le Canal d’eau ne fait pas exception. En été, la route est étouffante et humide, la sueur ne cesse pratiquement pas dès le départ, mais c’est précisément pour cela que la sensation de soulagement après l’effort est d’autant plus intense ; en automne et en hiver, la température en montagne se rafraîchit, et l’on peut davantage se concentrer sur l’allure et le rythme respiratoire, sans être constamment épuisé par la chaleur. Au printemps, les fruits et les cultures commencent à bourgeonner, la verdure au bord du chemin est particulièrement vive, et l’on peut parfois sentir de délicats parfums floraux mêlés aux senteurs de la forêt.

Chaque saison offre une expérience sensorielle radicalement différente sur le Canal d’eau. C’est aussi pourquoi de nombreux cyclistes locaux, même après avoir parcouru cette route des dizaines de fois, reviennent encore et encore — car chaque Canal d’eau n’est jamais tout à fait le même.

J’aime particulièrement visiter cette route au lendemain d’une pluie, quand le ciel s’éclaircit. Dès qu’une averse tombe sur les montagnes de Zhuqi, la poussière de l’air semble lavée, la visibilité devient exceptionnellement claire, et les contours des montagnes lointaines se détachent avec une netteté saisissante. Dans ces moments-là, même si la chaussée peut être encore légèrement glissante et exiger une prudence accrue, la végétation, après avoir été nourrie par la pluie, dégage une fraîcheur végétale mêlée à l’odeur humide de la terre qui confère à toute la sortie une sensation de bien-être difficile à décrire. C’est pourquoi je n’ai jamais considéré qu’un temps imparfait rendait la sortie inutile — ce sont au contraire ces conditions météorologiques changeantes qui rendent chaque souvenir de montée sur le Canal d’eau unique, impossible à reproduire, impossible à oublier.

Rouler seul, ou rouler en groupe

Sur une route comme le Canal d’eau, l’expérience est radicalement différente selon qu’on la parcourt seul ou en groupe. En solitaire, tout le trajet devient presque un monologue intérieur : personne avec qui partager le paysage, personne pour s’encourager mutuellement, mais c’est précisément pour cela que la sensation d’immersion totale dans son propre rythme est d’autant plus forte — chaque respiration, chaque battement de cœur n’appartient qu’à soi. À l’inverse, lorsqu’on relève le défi avec quelques amis, les encouragements mutuels, le partage des observations et des ressentis en chemin, puis la discussion à bout de souffle assis au bord de la route après l’arrivée — cette camaraderie forgée dans l’effort partagé est une expérience précieuse que le cyclisme solitaire ne peut reproduire. J’ai essayé les deux approches, et il m’est difficile de dire laquelle est préférable. Je pense plutôt qu’en fonction de son état d’esprit du moment, alterner les modes de pratique permet au Canal d’eau de continuer à m’offrir des sensations toujours renouvelées.

Suggestions d’exploration et conclusion

Après avoir relevé le défi du Canal d’eau, si les forces le permettent, n’hésitez pas à vous attarder un peu dans la commune de Zhuqi pour explorer les petites routes de campagne environnantes et la gastronomie locale, et ressentir le rythme de vie particulier de cette zone de transition entre la plaine et Alishan. Pour les recommandations précises de commerces et de sites, veuillez vous référer aux conditions réelles sur place et aux annonces des établissements locaux — les horaires d’ouverture et les produits des commerces ruraux varient souvent selon les saisons et les périodes de travaux agricoles. Se rendre sur place et discuter avec les habitants réserve souvent des découvertes inattendues, et c’est là l’un des plus grands plaisirs de l’exploration à vélo.

Le Canal d’eau n’est pas un site célèbre qui figure en couverture des guides touristiques ; c’est davantage un épisode montagnard que seuls les cyclistes peuvent véritablement apprécier — calme, modeste, mais qui, à chaque coup de pédale, laisse discrètement s’écrire sa propre histoire. Si vous aussi êtes las du tumulte perpétuel de la ville, trouvez un jour où le temps est clément, venez à Zhuqi, et laissez la route du Canal d’eau vous aider à évacuer, coup de pédale après coup de pédale, le bruit qui encombre votre esprit.

En écrivant ces lignes, je repense à ce sentiment que j’éprouve à chaque fin de sortie, assis au bord de la route, buvant une gorgée d’eau, contemplant cette colline devant moi. Zhuqi ne deviendra pas bruyante et bondée parce que quelques articles l’auront présentée ; elle continuera à suivre son propre rythme, accueillant jour après jour les saisons de travaux agricoles, les cyclistes de passage, et chaque averse d’été qui arrive sans prévenir. Ces lieux qui ne se laissent pas perturber par le monde extérieur et fonctionnent à leur propre cadence sont, à l’ère de l’explosion informationnelle où tout exige une exposition rapide, de plus en plus rares, et de plus en plus précieux.

Si vous me demandez si le Canal d’eau mérite vraiment un déplacement spécial pour le défier, ma réponse sera toujours oui — non pas parce que sa pente est spectaculaire, ni parce qu’il y a des sites incontournables à photographier en chemin, mais parce qu’il offre une expérience de cyclisme très pure : une route de montagne, une dose de sueur, un moment de dialogue avec soi-même. Cette expérience ne figurera peut-être dans aucun argumentaire touristique, mais c’est probablement la sensation la plus précieuse au fond du cœur de quiconque aime véritablement le cyclisme. Puissent tous les cyclistes qui liront ces lignes trouver leur propre Canal d’eau, ou la route de montagne qui leur correspond, et retrouver, à travers la pédalée, le soi le plus authentique de leur vie.

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