Pédaler vers les nuages : un voyage de 14 kilomètres menant doucement à la vieille rue de Fencihu

Vers les profondeurs des nuages : un voyage de 14 kilomètres vers la vieille rue de Fenchihu
Le nom de la ville de montagne, une histoire tissée de terre, d’eau et de temps
Situé autour du système de l’autoroute Alishan, au cœur des montagnes de Chiayi, Fenchihu — ce nom laisse toujours perplexe à la première écoute — pourquoi un lieu en pleine montagne porte-t-il le nom de « lac » ? En réalité, Fenchihu n’est pas un véritable lac. C’est parce que le terrain local est élevé sur les quatre côtés et déprimé au centre, ressemblant à un panier en bambou (běnjī). Dans les premières années, on l’appelait donc « Benjihu », puis, par homophonie et embellissement, le nom a progressivement évolué pour devenir le « Fenchihu » que nous connaissons aujourd’hui. Ce type de dénomination inspiré par la topographie se retrouve dans de nombreux villages de montagne à Taïwan, et derrière lui se cache l’observation la plus directe et la plus simple que les ancêtres faisaient de leur environnement.
Pédaler sur cette montée de 14,03 kilomètres avec une pente moyenne de 5,9 %, c’est atteindre cette ville de montagne située à environ 1 400 mètres d’altitude. Cet itinéraire est enregistré sur Strava comme une grande ascension de catégorie 5. Rien que la distance dépasse déjà celle de nombreux parcours populaires, et la destination qu’il mène porte en elle la mémoire industrielle et humaine centenaire du chemin de fer forestier d’Alishan, faisant de cette sortie dès le départ bien plus qu’un simple défi physique — un véritable voyage à travers le temps, l’altitude et les limites de son propre corps.
Certaines routes existent pour être parcourues, d’autres pour le chemin lui-même. La grande montée de Fenchihu est les deux à la fois — la vieille rue au sommet mérite d’être attendue, mais les quatorze kilomètres d’ascension qui y mènent sont déjà, en eux-mêmes, la partie la plus émouvante de ce voyage.
J’ai toujours été fasciné par cette logique de dénomination où « le nom reflète le terrain ». Le benji, c’est un ustensile familier de la vie rurale taïwanaise d’autrefois, utilisé pour transporter la terre, les céréales et toutes sortes d’objets à contenir et à déplacer. Les ancêtres locaux ont utilisé cette image du quotidien pour décrire ce terrain entouré de montagnes avec un creux au centre. Cette capacité d’observation directe, sans fioritures, reflète une sagesse simple de vivre et de respirer avec la terre. Comparé à de nombreux noms plus raffinés attribués plus tard, le nom originel de Benjihu me donne un sentiment de proximité plus profond avec cette terre — ce n’est pas un nom touristique planifié, mais un nom véritablement né de l’expérience de vie.
Et le nom harmonisé par homophonie de « Fenchihu » fait écho, d’une certaine manière, à l’expérience de cette sortie à vélo. Les deux caractères « fenqi » (se ressaisir, s’élancer), utilisés pour désigner le terminus d’une longue ascension où il faut pédaler avec acharnement et lutter continuellement contre la pente, semblent on ne peut plus appropriés — comme si, par une coïncidence mystérieuse, ce nom issu d’une évolution homophonique avait déjà annoncé que chaque cycliste, avant d’arriver ici, devait traverser un voyage exigeant un véritable « fenqi », un effort total.
Départ au pied de la montagne, depuis Zhuqi
Au petit matin, au départ de l’intersection au pied de la montagne, l’air était encore imprégné de l’humidité de la rosée. La route devant moi serpentait vers le haut, se perdant dans les crêtes enveloppées de brume au loin. Rien qu’en regardant cette direction sans fin visible, on pouvait déjà ressentir le poids du voyage à venir. Quatorze kilomètres, sur le plat, ce serait peut-être une simple distance d’échauffement, mais lorsque ces quatorze kilomètres s’additionnent sur une pente continue de 5,9 % en moyenne, la sensation de poids est tout autre — ce n’est pas un sprint, c’est un voyage qui exige un long dialogue avec sa propre force, sa patience, et même ses émotions.
Cette région montagneuse autour du système de l’autoroute Alishan, depuis l’époque coloniale japonaise, a développé une industrie centrée sur l’exploitation forestière grâce à ses riches forêts de cyprès et de hinoki. Le chemin de fer forestier d’Alishan a été construit précisément pour transporter le bois. Fenchihu se trouve exactement à la position de gare intermédiaire de ce réseau ferroviaire ; c’était autrefois un nœud important pour le ravitaillement et le repos des voyageurs. C’est grâce à ce positionnement historique que Fenchihu a développé une culture unique de village de montagne. Ce type de développement villageois né d’un carrefour de transport se retrouve dans d’autres régions montagneuses de Taïwan, mais Fenchihu, grâce à la double influence du chemin de fer et de la topographie, est particulièrement représentatif.
En pédalant sur la route qui monte vers Fenchihu, ce contexte historique semble s’infiltrer discrètement dans le paysage — le long de la route, on aperçoit parfois d’anciennes traces liées à l’exploitation forestière, rappelant au cycliste le poids industriel que cette forêt a porté. Aujourd’hui, monter à vélo est purement pour le loisir et le défi physique, mais en foulant cette même terre, il est difficile de ne pas imaginer à quoi ressemblait cet endroit il y a cent ans, avec son va-et-vient incessant de bois et de marchandises.
Le chemin de fer forestier d’Alishan est lui-même une construction historique d’une grande importance technique. Le long de son parcours, le relief est accidenté et varié, s’élevant en serpentant de la plaine de Chiayi jusqu’aux zones de haute montagne, utilisant des techniques uniques de tracé en spirale et en zigzag pour surmonter les pentes raides. À l’époque, avec les conditions techniques disponibles, cet ouvrage relevait de l’exploit. La gare de Fenchihu se situe à peu près au milieu de ce réseau ferroviaire. Autrefois, lorsque les locomotives à vapeur arrivaient ici, elles devaient souvent se réapprovisionner en eau et en combustible, ce qui a stimulé le développement commercial des villages environnants, façonnant progressivement l’aspect de ville de montagne centrée sur la vieille rue que nous connaissons aujourd’hui. Ce modèle de développement villageois né des besoins du transport ferroviaire rejoint, d’une certaine manière, la logique selon laquelle les itinéraires cyclistes se voient attribuer un nouveau sens par les besoins de l’entraînement — les besoins de déplacement et de mobilité sont souvent la force la plus primitive et la plus directe qui façonne la trajectoire de développement d’un lieu.
Quatorze kilomètres d’évolution physique et mentale
Ce qui rend une longue ascension à la fois fascinante et éprouvante, c’est qu’elle vous donne suffisamment de temps pour traverser un cycle complet de hauts et de bas émotionnels et physiques. Les premiers kilomètres, le corps porte encore la fraîcheur et l’élan du départ, le rythme respiratoire n’est pas encore complètement perturbé, et l’humeur est généralement légère, voire excitée — les paysages forestiers défilent sans cesse, on aperçoit parfois au loin des sommets enveloppés de brume, et on a envie de ralentir pour en profiter davantage.
Arrivé au milieu du parcours, le corps entre dans une sorte de « mode de travail » où l’effort se maintient en continu. La douleur musculaire s’accumule progressivement, la respiration devient plus régulière et plus concentrée. L’état d’esprit à ce stade est subtil — ni aussi léger et agréable qu’au départ, ni encore dans la souffrance proche de la limite de la fin de parcours, mais plutôt un état intermédiaire, une sorte de sérénité méditative. C’est souvent à ce stade que je laisse mes pensées vagabonder, laissant le rythme de pédalage et la respiration se synchroniser naturellement. Les sons de la forêt environnante, le vent, les chants d’oiseaux occasionnels deviennent la bande-son qui accompagne ce voyage.
Dans la dernière partie du parcours, l’épuisement physique se reflète clairement dans la performance : la vitesse ralentit inconsciemment, chaque coup de pédale exige davantage de volonté. C’est à ce moment que l’image de la vieille rue de Fenchihu devient le soutien mental le plus important — imaginer, une fois arrivé, ce bol de soupe de nouilles fumante, cette boîte-repas ferroviaire tant attendue, ou les bâtiments en bois disposés en escalier le long des ruelles pavées de la vieille rue. Ces images deviennent le carburant qui me permet de tenir les derniers kilomètres. Une chose que les longues ascensions m’ont apprise : la fatigue n’est jamais linéaire, elle fluctue avec l’état psychologique, et l’image de la destination est souvent le carburant mental le plus efficace.
Un jour, particulièrement épuisé dans la dernière partie, j’ai essayé de me remémorer l’excitation que j’avais ressentie en planifiant pour la première fois cette sortie, en vérifiant à plusieurs reprises l’itinéraire sur l’application cartographique, en recherchant des informations sur Fenchihu. À l’époque, rien que d’imaginer qu’un jour je pourrais pédaler jusqu’à cette ville de montagne dont j’avais tant entendu parler me remplissait d’énergie. Et lorsque cette imagination s’est concrétisée dans la fatigue et la sueur que je vivais à cet instant, une étrange sensation de plénitude s’est installée — finalement, toutes les planifications sur le papier doivent être concrétisées par les jambes, coup de pédale après coup de pédale, pour devenir une expérience réelle. Ce passage de l’imagination à la réalisation est peut-être ce qui rend les défis de longue distance si fascinants : ils vous obligent à transformer les plans de votre esprit en mémoire réellement vécue par votre corps.
Brumes enveloppant les paysages de montagne
En raison de l’altitude élevée de la région de Fenchihu et de la topographie qui retient facilement l’humidité, les paysages de nuages et de brume constituent l’une des caractéristiques naturelles les plus emblématiques des lieux. En pédalant dans la montée, on ressent clairement le climat qui se transforme progressivement à mesure que l’altitude augmente — l’air étouffant et humide du pied de la montagne, à chaque mètre gravi, laisse peu à peu place à une atmosphère montagnarde plus fraîche et plus pure. Sur le tronçon proche de l’arrivée, si le timing est idéal, on a l’occasion d’assister en direct à ce spectacle onirique où les nuages et la brume s’écoulent entre les vallées et s’enroulent autour des cimes des arbres. Cette expérience visuelle est un plaisir unique que la conduite sur terrain plat ne peut absolument pas égaler.
Les environs de la chaîne de montagnes d’Alishan sont depuis toujours réputés pour leurs mers de nuages et leurs levers de soleil. Bien que le sommet de la grande montée de Fenchihu ne soit pas un point d’observation du soleil levant spécifique, la beauté vaporeuse des forêts enveloppées de brume tout au long du parcours est tout aussi captivante. Surtout au moment où le ciel s’éclaircit après la pluie, lorsque l’humidité des vallées ne s’est pas encore entièrement dissipée, que la lumière du soleil perce les couches de nuages pour se poser sur les crêtes superposées — ces tableaux où se mêlent ombres et lumières me poussent souvent, en pleine montée, à m’arrêter pour immortaliser cet instant avec mon téléphone, même si je sais pertinemment qu’aucun appareil photo, aussi bon soit-il, ne pourra jamais capturer pleinement l’émotion ressentie sur place.
La végétation le long du parcours évolue également avec l’altitude, passant progressivement des forêts de feuillus typiques des basses altitudes à une flore montagnarde aux accents de conifères. Cette transition écologique graduelle est une expérience propre aux itinéraires de montée sur longue distance — on ne se contente pas de lutter contre la pente, on ressent aussi physiquement, avec ses propres jambes, le défilement de tout un étage écologique vertical, une subtilité que l’on ne peut absolument pas apprécier lorsqu’on rejoint la montagne rapidement en transport motorisé.
J’apprécie particulièrement, pendant la montée, de prêter attention à cette sensation délicate de la température qui diminue avec l’altitude. Au départ, je suis en nage, mon maillot respirant déjà trempé, mais à mesure que l’ascension se poursuit, à un certain moment, on réalise soudain que le vent qui effleure les joues commence à porter une fraîcheur qui donne presque la chair de poule. Ce processus de transition thermique n’a pas de frontière nette, pourtant le corps le perçoit clairement, comme s’il rappelait au cycliste qu’il s’éloigne pas à pas de la chaleur étouffante du quotidien d’en bas, pour entrer progressivement dans un monde d’altitude au climat radicalement différent. Cette transition sensorielle progressive symbolise aussi, d’une certaine manière, une transition intérieure — laissant derrière soi, à mesure que l’altitude monte, la chaleur étouffante et l’agitation du travail et de la vie d’en bas, goutte après goutte.
Les petits hameaux et les habitations éparses croisés en chemin apportent également une touche de chaleur humaine à ce périple. En observant les récoltes séchant sous les avant-toits, les fleurs et plantes cultivées dans les cours, ou en échangeant un signe de tête avec les habitants locaux croisés au passage, ce qui n’était au départ qu’une sortie purement axée sur le défi physique s’enrichit d’une chaleur née de la rencontre avec la vie locale. Ces instants apparemment anodins sont souvent ceux qui, une fois la sortie terminée, restent le plus gravés dans la mémoire et que l’on a le plus envie de revivre — bien plus mémorables que les simples données de pente et de temps.
Arrivée à Fenchihu : la rencontre de la vieille rue et du chemin de fer
Lorsque la pente devant soi s’adoucit enfin et que les bâtiments en bois de la vieille rue apparaissent peu à peu, ce mélange complexe de fatigue et de sentiment d’accomplissement laisse toujours sans voix un instant — on ne peut que reprendre son souffle et savourer silencieusement cette arrivée durement gagnée. La vieille rue de Fenchihu s’est développée autour de la gare de Fenchihu de la ligne forestière d’Alishan. De part et d’autre de l’étroit sentier de pierres en escalier se dressent de vieilles maisons en bois aux caractères variés. Cette forme d’agglomération née autour du chemin de fer a préservé dans une large mesure l’aspect et l’atmosphère de la vie dans cette ville de montagne d’autrefois.
Quand on évoque Fenchihu, beaucoup pensent immédiatement à la culture du bento ferroviaire. La culture du bento le long de la ligne forestière d’Alishan remonte à loin. En tant que gare de correspondance importante sur le parcours du train, les voyageurs s’y arrêtaient souvent pour se restaurer, ce qui a progressivement donné naissance à une culture culinaire du bento aux caractéristiques locales, devenue une étape incontournable pour de nombreux visiteurs. Quant au choix précis des établissements et aux particularités des menus, il est recommandé de se fier à ce que l’on découvre sur place et aux informations fournies par les commerçants au moment de la visite — ces cultures culinaires locales évoluent avec le temps et la situation des établissements. Se rendre sur place et savourer pleinement reste la manière la plus authentique de vivre cette culture gastronomique de la ville de montagne.
Le sentier de pierres en escalier de la vieille rue mérite lui aussi qu’on prenne le temps de le parcourir lentement. Après avoir tout juste relevé le défi des 14 kilomètres de montée, les jambes sont peut-être encore endolories, mais poser le pied sur ce sentier de pierres légèrement vallonné constitue en réalité un excellent exercice de récupération — en marchant, on imprègne l’atmosphère nostalgique des bâtiments en bois environnants, on observe les voyageurs et les habitants locaux qui se croisent, et ce rythme de vie décontracté propre aux villes de montagne invite naturellement à ralentir sa respiration et son rythme cardiaque, relâchant peu à peu la tension accumulée pendant la montée.
Assis au bord de la vieille rue pour faire une pause, en regardant les voyageurs aller et venir — certains sont des touristes montés à bord de la ligne forestière d’Alishan, d’autres des familles venues en voiture — tandis que moi, maillot trempé de sueur, casque encore accroché au guidon, je suis monté de la manière la plus primitive qui soit, avec mes propres jambes, en pédalant tout du long. Cette différence dans la manière d’arriver crée, d’une certaine façon, un lien émotionnel différent avec cette ville de montagne — non pas une arrivée passive, transporté par un moyen de locomotion, mais une arrivée vécue activement, à travers quatorze kilomètres d’effort, coup de pédale après coup de pédale. Ce sentiment de participation directe fait de Fenchihu pour moi bien plus qu’un site touristique — c’est un souvenir personnel écrit avec sa propre sueur.
Et parce que le corps porte encore la fatigue de la montée, assis au bord de la vieille rue pour se reposer, les sens semblent plus aiguisés que d’habitude — l’angle de l’ombre projetée par les avant-toits en bois, le son lointain et à peine perceptible du sifflet du train (si un train entre en gare, veuillez vous référer aux annonces officielles pour les horaires réels), les effluves subtils de plats cuisinés flottant dans l’air — ces détails qui, en temps normal, passeraient inaperçus, paraissent à cet instant d’une netteté saisissante. C’est peut-être précisément parce qu’on vient de traverser une ascension qui n’avait rien d’une promenade de santé que chaque expérience sensorielle après l’arrivée est amplifiée, chérie, et devient un fragment particulièrement marquant de la mémoire.
Une réflexion profonde sur l’altitude et la distance
Ce qui m’a particulièrement marqué dans ce périple, c’est la distinction entre les concepts d’« altitude » et de « dénivelé ». Fenchihu se situe à environ 1400 mètres d’altitude — un chiffre qui décrit la hauteur absolue du lieu ; tandis que le dénivelé réellement ressenti par mon corps en pédalant depuis le point de départ jusqu’ici est une tout autre histoire. Cette distinction peut sembler n’être qu’un détail de définition numérique, mais après avoir vécu cette sortie de mes propres jambes, j’ai réellement compris que chaque parcelle de fatigue et de courbature ressentie par le corps correspond au « dénivelé relatif » et non à l’« altitude absolue » — même si le chiffre d’altitude de Fenchihu paraît impressionnant, ce qui détermine réellement la difficulté et la pénibilité de cette montée, c’est d’où l’on part et le dénivelé réellement parcouru, et non la hauteur à laquelle se trouve le point d’arrivée. C’est une vérité que je n’ai réellement comprise qu’après avoir pédalé ces quatorze kilomètres de mes propres forces.
Cette prise de conscience est, d’une certaine manière, aussi une métaphore de la vie — nous sommes souvent intimidés par une « hauteur d’arrivée » qui semble impressionnante, mais ce que nous devons réellement affronter et surmonter, c’est simplement la distance et le dénivelé qui se trouvent sous nos pieds, entre le départ et l’arrivée, qu’il faut parcourir pas à pas, coup de pédale après coup de pédale. La grande montée de Fenchihu ne m’a pas seulement appris à gérer mon allure et mon ravitaillement, elle m’a surtout enseigné cette attitude pragmatique face aux défis.
Sur le chemin du retour en descente, je ralentis souvent inconsciemment — d’une part parce qu’une longue descente exige une maîtrise particulièrement prudente de la vitesse, d’autre part parce que je veux m’accorder un peu plus de temps pour redécouvrir ce que cette route offre sous un angle et une direction différents. En montée, concentré sur l’allure et la répartition de l’effort, beaucoup de détails en chemin ne peuvent être observés ; en descente, la vitesse est plus élevée mais l’esprit est nettement plus détendu, ce qui permet d’adopter un regard presque contemplatif pour réapprécier ces paysages de montagne qui nous ont fait transpirer et pédaler avec acharnement. Ce contraste d’état d’esprit entre l’aller et le retour est le double cadeau propre aux itinéraires de grande montée sur longue distance — on n’accomplit pas seulement un défi, on redécouvre aussi la même terre sous deux angles de vue radicalement différents.
Suggestions d’itinéraire et conclusion
Si le temps le permet, après avoir relevé le défi, n’hésitez pas à vous attarder un peu dans la vieille rue de Fenchihu pour ressentir le rythme de vie lent et unique de cette ville de montagne, ou à prendre le train de la forêt d’Alishan pour découvrir le charme de cette voie ferrée centenaire (veuillez vous référer aux annonces officielles pour les horaires et les conditions d’exploitation réels). Qu’il s’agisse de manger un bol de nourriture chaude pour reprendre des forces, ou de flâner sur les marches en pierre de la vieille rue en admirant les bâtiments en bois le long du chemin, ces expériences rendront cette ascension de 14 kilomètres plus complète et inoubliable.
Si, comme moi, vous avez gravi cette ville de montagne avec vos propres jambes, prêtez également attention aux autres cyclistes autour de vous, tout aussi essoufflés, qui viennent de terminer le défi, et échangez un sourire entendu ou un signe de tête — c’est une complicité et une reconnaissance mutuelle que seuls ceux qui ont vécu la même pente, la même sueur, et la même longue ascension de quatorze kilomètres peuvent véritablement comprendre.
Du pied de la montagne jusqu’à Fenchihu, à environ 1400 mètres d’altitude, ce voyage ne met pas seulement à l’épreuve l’endurance physique et la force mentale, il ressemble aussi à un voyage profond à travers la nature et l’histoire humaine. Que chaque cycliste qui lit ces lignes et se prépare à relever ce défi trouve, au milieu des forêts enveloppées de brume, l’histoire unique de sa rencontre avec cette ville de montagne. Et j’espère qu’après avoir pédalé jusqu’au bout, vous pourrez, comme moi, vous asseoir dans un coin de la vieille rue, couvert de sueur et rempli d’émotion et de satisfaction, pour savourer en silence ce voyage si durement gagné.
Lectures complémentaires
- Fenchihu, Chiayi : l’itinéraire cyclable de la petite ville ferroviaire au pied du mont Ali
- Vélo sur la route d’Alishan à Chiayi : l’ascension classique de Zhuqi à Fenchihu
- Guide complet de la grande montée de Fenchihu : l’épreuve de longue distance de 14,03 km à 5,9 % de pente moyenne, et un malentendu sur les données d’« ascension »
- Route d’Alishan à Chiayi : guide complet de la longue ascension de Zhuqi à Alishan
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