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36 virages, 36 dialogues avec soi-même : la merveille routière et la philosophie cycliste des 36 virages de Meishan

挑戰心得

36 virages, 36 dialogues avec soi-même : la merveille routière des 36 virages de Meishan et la philosophie du cyclisme

Le tronçon de route le plus spectaculaire de Taïwan

Certaines routes, rien qu’à leur nom, dégagent une aura singulière. Les 36 virages de Meishan, également appelés les 36 courbes de Meishan, sont exactement ce genre de route. Située dans le canton de Meishan, comté de Chiayi, elle constitue l’un des tronçons les plus emblématiques de la route provinciale 18 (route d’Alishan), et une merveille routière quasi incontournable pour les cyclistes et les automobilistes de toute l’île. 11,84 kilomètres de distance, 6,4 % de pente moyenne — ces deux chiffres suffisent à comprendre que cette route n’est pas une montée que l’on conquiert à la légère. Mais ce qui la rend véritablement célèbre dans tout Taïwan, ce n’est pas tant la pente elle-même que ces trente-six virages en épingle à cheveux, continus, qui s’étagent en couches successives vers les profondeurs de la montagne. Le canton de Meishan se situe dans la zone montagneuse du nord-est du comté de Chiayi ; « des crêtes vallonnées, des pentes abruptes et des torrents impétueux » sont les caractéristiques géographiques les plus marquantes de cette terre, et les 36 virages en sont la manifestation la plus directe et la plus spectaculaire dans le domaine du génie routier.

Je me dis souvent qu’une route capable de porter un nom aussi concret et évocateur que « 36 virages » a, par essence, dépassé son rôle fonctionnel de simple transport pour devenir un symbole culturel local et un vecteur de mémoire collective. De nombreuses routes de montagne à Taïwan ont des pentes raides et des virages, mais rares sont celles qui, comme les 36 virages de Meishan, numérotent clairement chaque courbe, permettant à chaque passant de ressentir pleinement ce « sentiment de rituel que procurent les chiffres ». C’est précisément pour cela que cette route n’est pas seulement un objectif de pèlerinage pour les amateurs de cyclisme, mais aussi une mémoire routière partagée par de nombreux voyageurs qui empruntent la route d’Alishan en voiture ou à moto. Chacun a sans doute sa propre version de l’histoire des 36 virages — certains viennent pour chasser la mer de nuages, d’autres simplement pour repousser leurs limites physiques ; ma version à moi s’est construite lentement, au fil de défis cyclistes répétés.

La première fois que j’ai vu les 36 virages

Je n’oublierai jamais l’image de ma première approche à vélo de l’entrée des 36 virages de Meishan. Depuis le pied de la montagne, la route qui serpentait et s’enroulait sur toute la paroi rocheuse ressemblait à un ruban froissé puis déplié, une couche sur l’autre, s’étirant vers des hauteurs que le regard peinait à suivre. Cette violence visuelle, même si l’on a déjà vu d’innombrables photos aériennes sur Internet, vous coupe le souffle au moment où vous la découvrez de vos propres yeux, et l’on reste longtemps sans pouvoir détourner le regard. La première pensée qui m’a traversé l’esprit fut : cela ne ressemble pas du tout à une route tracée par l’homme, mais plutôt à une sorte d’accord et d’équilibre étranges, fruit d’un long affrontement entre la nature et le génie technique.

Avant de m’engager dans le premier virage, je me suis volontairement arrêté quelques minutes à l’intersection, regardant le panneau indiquant le numéro du virage, calculant mentalement que ce qui m’attendait était une lutte d’endurance et de volonté en trente-six rounds. Cet état d’esprit de « connaître à l’avance le nombre d’adversaires » est en réalité assez subtil — d’un côté, on sait exactement combien de chemin il reste à parcourir, sans l’incertitude d’une montée dont on ignore la distance ; mais de l’autre, voir le chiffre grimper de 1 à 36 sous ses yeux, cette sensation de longueur peut parfois être plus éprouvante qu’une pente sans aucun repère.

Ce jour-là, deux amis cyclistes de longue date m’accompagnaient pour relever ce défi. Nous étions convenus de ne pas nous presser mutuellement, de ne pas comparer nos vitesses, simplement de parcourir chacun à son rythme cette route légendaire dans son intégralité. Avant le départ, nous nous sommes arrêtés devant le panneau du premier virage pour prendre une photo souvenir de groupe — cette photo est devenue l’une de celles que je consulte le plus souvent dans la galerie de mon téléphone, non pas parce que la composition est particulièrement soignée, mais parce que l’expression mêlant attente et légère tension sur les visages des trois personnes capture avec justesse l’état d’esprit le plus authentique et le plus émouvant qui précède le début d’un défi inconnu.

Le duel entre le génie routier et le terrain

Si les 36 virages de Meishan présentent cette succession d’épingles à cheveux, c’est fondamentalement la stratégie de tracé que les ingénieurs ont dû adopter face au terrain escarpé et aux torrents impétueux du canton de Meishan. Pour ouvrir, sur une paroi aussi abrupte, une route praticable en toute sécurité par les voitures et les camions, il fallait nécessairement recourir à des virages en épingle à cheveux en aller-retour successifs afin d’allonger la distance réelle de parcours et de réduire le dénivelé par unité de distance — une technique classique et éprouvée du génie routier en montagne, qui incarne la sagesse issue d’un long marchandage entre l’ingénierie et la topographie naturelle. La route provinciale 18 (route d’Alishan), en tant que voie de liaison majeure entre le centre-ville de Chiayi et la zone touristique d’Alishan, supporte depuis des années un trafic considérable lié au tourisme, à l’industrie et aux besoins quotidiens des habitants ; les 36 virages de Meishan en constituent le tronçon le plus représentatif en termes de difficulté technique et de défi topographique.

Je ne peux pas vérifier avec précision l’année d’ouverture initiale de cette route ni le détail historique complet des nombreux travaux d’amélioration qui ont suivi ; pour les lecteurs souhaitant approfondir, je recommande de consulter directement les données officielles des autorités routières ou des organismes locaux d’histoire et de culture — je ne souhaite pas combler les lacunes historiques par des suppositions non vérifiées. Ce qui est certain, c’est qu’à chaque fois que je parcours ces virages, je ne peux m’empêcher d’éprouver un profond respect pour toutes les personnes qui ont participé à ce projet — tracer un itinéraire alliant sécurité et efficacité de circulation dans une topographie aussi escarpée et complexe n’est assurément pas une tâche aisée, et cette intelligence technique est devenue aujourd’hui, pour d’innombrables amateurs de cyclisme, un parcours de défi classique qui mérite d’être revisité sans cesse.

À chaque passage dans ces virages, je ne peux m’empêcher d’imaginer comment les ingénieurs de l’époque, sans les outils modernes de relevé et de calcul de précision, ont pu arpenter pas à pas ces pentes escarpées pour déterminer le tracé le plus adapté. Cette imagination, d’une certaine manière, m’insuffle pendant la montée un sentiment de respect accru pour cette terre et pour l’intelligence du génie humain. Une route n’est pas seulement du bitume froid et des glissières de sécurité ; elle porte le labeur, la planification et le sacrifice de toute une génération, et nous, cyclistes qui profitons aujourd’hui du plaisir du défi qu’elle offre, sommes en quelque sorte les bénéficiaires et les témoins de cette histoire. La route provinciale 18, en tant qu’artère majeure reliant la plaine de Chiayi aux hautes terres d’Alishan, porte depuis tant d’années non seulement le flot incessant de touristes, mais aussi les besoins quotidiens des habitants riverains, le transport des produits agricoles, les secours d’urgence et bien d’autres nécessités vitales ; les 36 virages de Meishan en sont le segment le plus saisissant visuellement, mais aussi le plus exigeant sur le plan technique.

Solitude et dialogue entre les virages

L’expérience d’une montée en épingles à cheveux successives diffère radicalement d’une montée en ligne droite. Sur une ligne droite, on affronte une distance et une pente continues, qui s’accumulent linéairement ; mais dans les 36 virages, chaque courbe est comme un petit niveau indépendant, avec son propre départ, son point de corde et sa fin — il faut, en un temps très court, ajuster sans cesse la cadence de pédalage, la puissance, le regard et le centre de gravité. Ce rythme en perpétuelle transition transforme toute la montée en une série de dialogues intérieurs brefs mais intenses.

Je me souviens qu’aux alentours du vingtième virage, mes forces avaient nettement décliné, la sensation de courbature s’étendait des zones localisées à l’ensemble des cuisses, et ma respiration devenait rapide et lourde. À ce moment-là, tout en haletant, je négociais avec moi-même dans ma tête : « Encore un virage et c’est bon », « Une fois ce virage passé, je m’arrête pour reprendre mon souffle ». Ce dialogue intérieur quasi-monologique peut sembler un peu ridicule, mais c’est précisément cette stratégie psychologique consistant à décomposer un objectif immense en une série de micro-objectifs atteignables qui m’a permis de tenir pendant la partie la plus difficile du parcours. Avec le recul, ce processus de dialogue intérieur m’a marqué davantage, d’une certaine manière, que la montée elle-même — il m’a fait prendre conscience que l’effort physique long et intense ne met jamais à l’épreuve uniquement les muscles et le système cardiopulmonaire, mais aussi la capacité d’une personne, dans un état d’épuisement extrême, à conserver patience et confiance en elle-même.

L’un de mes deux compagnons de route ce jour-là, aux alentours du vingt-neuvième virage, était au bord de l’épuisement total et a fini par descendre de vélo pour pousser sur une courte distance. J’ai ralenti pour rester à ses côtés, sans prononcer de paroles d’encouragement superflues, simplement en suivant son pas en silence. Après deux ou trois minutes, il est remonté sur son vélo, a pris une profonde inspiration et a continué à grimper. Plus tard, il m’a confié que ce moment forcé de pousser le vélo lui avait paradoxalement permis de retrouver un sentiment de solidité — tous les défis ne doivent pas nécessairement être accomplis de manière parfaite ; parfois, se permettre de ralentir, voire de s’arrêter à un moment donné, puis de repartir, est aussi une façon de relever le défi, et peut-être même plus authentique, plus proche de la nature humaine. Cet épisode est devenu, par la suite, l’un de ces souvenirs communs que nous ressortons souvent, nous trois, pour le savourer à nouveau.

Le théâtre visuel dans les épingles à cheveux

Au-delà de l’épreuve physique exigeante, ce qui me fascine particulièrement dans les 36 virages de Meishan, c’est la richesse des couches visuelles qu’ils offrent. À chaque virage, l’angle de vue subit de subtiles variations — tantôt vous apercevez au loin les montagnes superposées qui apparaissent et disparaissent dans la brume, tantôt c’est la vue vertigineuse de la vallée en contrebas qui s’ouvre soudainement devant vous. Cette expérience d’un paysage qui se transforme et évolue au fil de l’altitude est totalement imperceptible lors d’une sortie en plaine.

J’aime particulièrement choisir des journées où le ciel est dégagé et où la brume n’a pas encore complètement enveloppé la montagne pour relever à nouveau ce défi. Car dans ces conditions de visibilité, vous pouvez clairement voir le chemin que vous avez déjà parcouru, serpentant et s’enroulant contre la paroi rocheuse. Cette expérience visuelle de « se retourner et voir la trace de son propre passage » procure un sentiment d’accomplissement bien plus profond que le simple fait de jeter un œil au compteur kilométrique. Bien sûr, la météo en montagne est capricieuse, et il arrive souvent que la brume enveloppe tout et que la visibilité se dégrade. Pour cela, je recommande d’ajuster vos attentes en fonction des conditions météorologiques réelles du jour, sans vous obstiner à vouloir absolument rencontrer le moment de visibilité parfaite. Après tout, le paysage de nuages et de brume qui enveloppent les montagnes possède également une beauté vaporeuse et mystérieuse qui lui est propre.

Une fois, j’ai relevé le défi des 36 virages vers le début de l’après-midi. Le ciel était initialement dégagé, mais aux alentours du quinzième virage environ, une fine brume a commencé à s’élever lentement du fond de la vallée. En moins de dix minutes, la montagne entière était presque totalement engloutie par les nuages. Ce passage soudain d’une vision claire à un épais brouillard où l’on ne voit plus sa main devant soi m’a d’abord pris au dépourvu, avec même une pointe d’appréhension. Mais lorsque j’ai ralenti et continué à monter prudemment, m’adaptant à ce rythme où la visibilité était limitée, j’ai fini par apprécier cette étrange sensation de sérénité d’être enveloppé par la brume — tous les sons semblaient absorbés par le brouillard, ne laissant que le bruit de ma propre respiration et le rythme régulier de la rotation des pédales. C’était une expérience presque méditative, qui reste à ce jour l’un de mes souvenirs les plus marquants de cette route. Bien entendu, pour des raisons de sécurité, si vous rencontrez un brouillard extrêmement dense avec une visibilité très réduite, il est recommandé d’évaluer prudemment s’il ne vaut pas mieux interrompre le défi, attendre sur place que la brume se dissipe, ou revenir un autre jour. Il n’est pas nécessaire de prendre des risques inutiles pour rechercher un paysage exceptionnel.

Le charme des villages de thé le long de la route d’Alishan

Outre sa renommée nationale pour ses 36 virages, la région vallonnée de Meishan était à l’origine principalement consacrée à la culture d’arbres fruitiers, avant de se tourner progressivement vers la culture du thé de haute montagne. Le thé d’Alishan est aujourd’hui l’un des piliers économiques agricoles les plus importants de Meishan. En pédalant autour des 36 virages, si vous ralentissez légèrement et prêtez attention au paysage en bord de route, vous pourrez parfois apercevoir des plantations de thé superposées qui épousent la topographie de la montagne. Ce paysage agricole entrelacé avec la route en épingles à cheveux incarne, d’une certaine manière, la sagesse de « coexistence et prospérité entre l’homme et un terrain escarpé » propre à cette région montagneuse — que ce soit pour tracer une route ou défricher une plantation de thé, il faut s’adapter à cette topographie rude et trouver sa propre voie de survie et de gestion.

Après avoir terminé le défi des 36 virages et fait une pause, j’ai contemplé au loin les plantations de thé sur les pentes environnantes, pensant à la façon dont ces théiers sont soigneusement entretenus sur des terrains si abrupts pour produire une qualité et une quantité suffisantes à soutenir toute l’industrie du thé de Meishan. Ce respect pour le travail acharné et discret de l’industrie locale rejoint, d’une certaine manière, le respect que je porte à cette route elle-même — ce sont tous deux des fruits de la patience et de la sagesse accumulées sur le long terme par l’homme dans des conditions topographiques difficiles. Quant à savoir quelles plantations de thé de Meishan sont ouvertes aux visites et quels points d’observation méritent un détour, je vous recommande de vous référer aux dernières annonces du bureau local ou des organismes touristiques, car les informations réelles évoluent avec le temps.

Le pont suspendu de Taiping et les zones panoramiques environnantes dans le canton de Meishan sont également devenus ces dernières années une raison majeure pour de nombreux visiteurs de se rendre dans cette région montagneuse. Comparé aux 36 virages, cela offre une expérience touristique plus statique et décontractée. J’ai un jour, le lendemain d’avoir relevé le défi à vélo, organisé spécialement une sortie familiale sans vélo, pour redécouvrir à pied, à un rythme lent, les environs du village pittoresque de Taiping. Cette vitesse de déplacement et cette perspective radicalement différentes m’ont permis de développer une compréhension et une appréciation totalement nouvelles de cette même région montagneuse. Conquérir les pentes et les virages à vélo procure une tension presque guerrière ; déambuler à pied sur les sentiers panoramiques offre une sérénité plus posée, plus proche du rythme de la vie quotidienne. Je pense que ces deux façons d’expérimenter sont des perspectives indispensables pour découvrir la région montagneuse de Meishan — l’une ne va pas sans l’autre — et c’est ce qui me pousse, à chaque fois, à reprogrammer un itinéraire pour revenir visiter ces montagnes riches en couches et en profondeur.

Ce que cette route m’a appris

Au fil des années, j’ai relevé le défi des 36 virages de Meishan pas moins d’une dizaine de fois, et à chaque fois, les sensations physiques et l’état d’esprit intérieur sont subtilement différents. Parfois c’est l’euphorie d’être en pleine forme, presque capable de parcourir tout le trajet d’un seul élan ; parfois ce sont des moments de creux où l’on est contraint de s’arrêter pour reprendre son souffle dans un virage, allant même jusqu’à douter de soi et se demander si l’on ne devrait pas abandonner. Mais c’est précisément cette expérience unique, différente à chaque fois, qui me maintient dans une relation complexe avec cette route, à la fois familière et empreinte de crainte respectueuse. Et c’est ce sentiment qui est le moteur essentiel qui me pousse à y revenir encore et encore.

J’ai peu à peu compris que la chose la plus importante — et la plus digne d’être méditée — que les 36 virages de Meishan m’ont apprise, concerne la véritable signification du concept de « persévérance ». Sur trente-six virages, aucun ne peut être sauté ; il faut les franchir un par un, solidement, sans aucun raccourci possible. Cela fait écho à de nombreuses choses dans la vie qui nécessitent un investissement à long terme avant de porter leurs fruits — il n’y a pas de magie pour réussir du jour au lendemain, seulement une accumulation solide, jour après jour, étape après étape. Chaque fois que je termine les 36 virages, ce mélange complexe de fatigue et de satisfaction me rappelle cette leçon, et je repars avec cette prise de conscience, pour revenir au rythme de la vie quotidienne.

J’ai aussi progressivement découvert que ma façon de considérer cette route a subtilement évolué au fil de mes ascensions. Lors de ma première tentative, je ne pensais qu’à « ne surtout pas m’arrêter et parcourir tout le trajet d’une traite », considérant la sortie entière comme une épreuve où je devais donner le meilleur de moi-même, sans tolérer la moindre erreur. Mais lors des visites suivantes, j’ai appris à aborder cette route avec un état d’esprit plus indulgent et plus serein — si un jour je ne suis pas en forme, m’arrêter en cours de route pour reprendre mon souffle et m’hydrater n’a rien de honteux. Ce n’est pas un signe de faiblesse de volonté, mais une honnêteté envers son propre corps. Cette évolution de mentalité reflète, d’une certaine manière, ma propre croissance dans d’autres domaines de la vie ces dernières années — ne plus rechercher aveuglément une perfection de surface, mais apprendre en cours de route à être honnête face à son état et ses besoins réels, tout en restant déterminé à aller jusqu’au bout. C’est peut-être là la leçon la plus précieuse que les 36 virages de Meishan m’ont véritablement enseignée au fil des années.

Pour ceux qui s’apprêtent à relever le défi des 36 virages

Si vous n’avez pas encore parcouru les 36 virages de Meishan à vélo, je vous recommande sincèrement de choisir un jour où le ciel est dégagé et votre condition physique bonne, pour aller ressentir cette route par vous-même. Pas besoin de courir après la vitesse ou les performances. Pour une première tentative, le simple fait de parcourir l’intégralité du parcours sans abandonner en cours de route est déjà un accomplissement dont vous pouvez être fier et que vous aurez plaisir à savourer. Je vous suggère de préparer à l’avance votre condition physique et votre équipement de base, et de vous rappeler de garder un esprit ouvert et humble pour accueillir les épreuves inconnues, les surprises inattendues et les émotions profondes que cette route pourrait vous réserver. Après l’ascension, n’hésitez pas à vous arrêter à un endroit dégagé à proximité, à vous retourner pour contempler la paroi sinueuse que vous venez de conquérir. Ce sentiment d’accomplissement difficile à décrire restera l’un des paysages les plus marquants de votre mémoire.

Et si vous l’avez déjà parcourue de nombreuses fois, je vous invite à abandonner occasionnellement votre obsession du temps de parcours, et à relever à nouveau le défi de cette route avec un état d’esprit plus détendu, plus proche de l’expérience elle-même. Essayez de vous attarder quelques minutes de plus dans un virage, d’observer les montagnes et la brume au loin, les plantations de thé et la végétation en bord de route, de ressentir ce que cette route recèle au-delà de sa « difficulté » : cette profondeur issue de l’entrelacement de la terre et du génie humain. Les 36 virages de Meishan ne sont pas qu’une simple pente pour battre des records personnels ; c’est un véritable musée vivant du paysage qui mérite d’être visité encore et encore, et savouré avec attention.

Et je souhaite sincèrement que, que vous veniez pour la première fois ou que vous soyez comme moi un habitué qui y est revenu d’innombrables fois, vous puissiez trouver dans ces trente-six virages une compréhension et une histoire de vie qui vous sont propres. Après tout, à chaque instant où l’on pose le pied sur la pédale et que l’on s’élance vers le premier virage, c’est le début d’un nouveau voyage. Et cette route sinueuse de montagne restera toujours là, silencieusement, attendant patiemment le prochain cycliste prêt à s’élancer vers le sommet pour savourer pleinement son charme.

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