Ce que l'on voit depuis le pavillon Wangfeng, ce n'est pas seulement la plaine de Jianan : réflexions d'une sortie à vélo dans les collines de Meishan

那天清晨,我把車頭轉向梅山
車錶顯示9056.11公尺的時候,我知道自己已經騎到了望風亭。這條路不長,九公里出頭,平均坡度6.4%,說難不算頂尖的硬漢等級,說輕鬆卻也絕對騙不了大腿肌肉。但比起數字,我更想說的,是這條路帶給我的,是一種很難用Strava分段時間去衡量的東西——那種騎到高處,回頭一看,整片嘉南平原鋪展在腳下的震撼感。
梅山鄉,這個名字聽起來就帶著一種靠近山、卻又不完全屬於深山的氣質。它座落在嘉義丘陵與阿里山山脈之間的過渡地帶,地勢從平原緩緩爬升,一路銜接向更高更遠的山區。望風亭,顧名思義,就是一個「望風」的地方——一個讓你在騎上來之後,可以站在高處,把風、把視野、把整個嘉南平原盡收眼底的觀景平台。這個名字本身,就已經帶著一種邀請的意味:它不是在說「這裡很難爬」,而是在說「爬上來,你會看到值得的風景」。
我常常在想,台灣這座島嶼最迷人的地方之一,就是從平地到高山的距離其實不遠,你可以在短短一天之內,從喧鬧的市區出發,一路騎進安靜的丘陵,再繼續往更高的山區前進。梅山鄉正好是這條「垂直旅程」的其中一個重要節點——它不是深山,卻已經帶著山的氣息;它還連著平原的生活紋理,卻也開始展現出丘陵地形特有的層層堆疊感。對於一個長期在都市水泥叢林裡通勤、訓練的騎士來說,踏入梅山的那一刻,幾乎像是切換到了另一個時區,呼吸的空氣、周遭的聲音、光線灑落的角度,都跟剛剛離開的城市截然不同。
而「望風亭」這個地名的由來,雖然沒有一個廣為流傳、有明確文獻紀錄的單一故事版本,但光是從字面意義去體會,就足以讓人對這個地方產生期待——望風,望的或許是山風,或許是眼前那片開闊到讓人喘不過氣的視野本身所帶來的、彷彿能看見遠方的想望。這種帶著詩意的地名,在台灣的丘陵與山區其實並不少見,它們往往不是官方硬性命名的產物,而是長年生活在那片土地上的人們,對周遭環境最直接、最誠實的觀察與描述,慢慢地流傳下來,成為地圖上的一個座標。
起點的猶豫,與踏板下去的決心
我永遠記得那天清晨,天色還帶著一點灰藍,空氣裡有嘉義丘陵地帶特有的濕潤青草味。出發前我看了一下路線資料,9公里,平均坡度6.4%,說實話,心裡是有點忐忑的。倒不是距離嚇人——九公里,對任何有一定基礎的騎士來說都不算什麼——而是那種「不知道接下來會遇到什麼」的未知感。第一次騎一條陌生的爬坡路線,永遠有那麼一點忐忑,你不知道坡度會不會突然變陡,不知道下一個轉彎後面藏著什麼。
但踏板一旦踩下去,那種猶豫就會慢慢被身體的節奏取代。剛開始的路段,坡度還算溫和,兩旁的景色從民宅漸漸過渡到果園、茶園,空氣中開始飄來一股淡淡的、混合著泥土與植物的香氣。梅山鄉本身就是嘉義知名的茶鄉之一,丘陵地帶的氣候與土壤條件,孕育出當地相當有名氣的茶葉產業。騎在這樣的產業道路上,你會發現這條路不只是一條運動路線,它同時也是當地茶農每天往返茶園的生活道路,路邊偶爾能看見整理得整整齊齊的茶樹梯田,沿著等高線一圈圈地環繞在山坡上,那種人與土地長期共處所形成的紋理,是任何城市裡的訓練台永遠給不了你的畫面。
騎在這樣的道路上,你會不自覺地放慢對「速度」的執念。剛開始爬坡的前幾百公尺,我還在盤算著今天要用多快的均速完成、要不要挑戰個人紀錄,但隨著兩旁茶園的景色一點一點展開,那種計較秒數的焦躁感,竟然慢慢被一種近乎散步般的悠然取代。茶樹整齊排列在坡地上,葉片在晨光裡泛著濕潤的墨綠色光澤,偶爾能看見早起的茶農已經開始在園子裡穿梭,彎著腰檢視茶芽的生長狀況。那個畫面很安靜,安靜到你會覺得,自己踩踏板的喘息聲,在這片山坡上顯得格外清晰,卻又一點也不突兀——彷彿這條路,本來就是為了讓人以這樣緩慢而專注的速度,去經過、去感受的。
空氣裡的味道也隨著海拔慢慢改變。剛出發時還帶著平地常見的、混雜著柏油與塵土的氣味,爬升到中段之後,逐漸轉為植物與濕潤土壤交織的清新感,再往上一點,甚至能聞到一絲若有似無的茶香,那是長年製茶產業所留下的、屬於這片土地的氣味印記。這種嗅覺上的層層轉換,其實比視覺上的風景變化更容易讓人忽略,卻也更直接地讓身體感受到「自己正在往上爬」這件事——你不需要低頭看碼錶上的海拔數字,光靠呼吸,就能感覺到自己正一點一點地遠離平地的生活節奏。
中段的掙扎,與呼吸找到節奏的瞬間
騎到路線中段,坡度開始明顯加重,我能感覺到自己的呼吸從平穩轉為急促,大腿的痠痛感也從隱隱作痛變成清晰可辨。這是每一條爬坡路線都會有的「掙扎期」——身體還沒完全適應這個強度,腦袋裡開始浮現各種想要停下來喘口氣的念頭。但也就是在這個階段,你會慢慢找到屬於自己的呼吸節奏:吸氣兩拍、吐氣兩拍,配合踏頻,慢慢地,那種喘不過氣的焦躁感會被一種近乎冥想的專注取代。
我記得那天,騎到中段的時候,遇到一位在路邊茶園工作的阿伯,他抬頭看了我一眼,笑著喊了一句加油。那種在地人對陌生騎士的善意,總是能在你最需要一點鼓勵的時候,悄悄地給你補了一口氣。這種人與人之間淡淡的、不需要言語太多的連結,也是騎行這種運動最迷人的地方之一——你不是在健身房裡對著鏡子孤獨地流汗,而是真實地穿梭在別人的生活場景裡,成為那個場景裡短暫的一部分。
隨著海拔逐漸升高,溫度也明顯地跟著下降,汗水在風裡吹乾,留下一種涼涼的觸感。回頭一瞥,山下的視野開始展開,原本被丘陵遮蔽的平原,一點一點地從樹林縫隙中露出來。那種漸進式的視覺獎勵,其實是爬坡運動裡最誠實的回饋機制——你每多爬一點,眼前的世界就多打開一點,沒有捷徑,也沒有僥倖。
這段中坡度持續的區間,也是我開始跟自己內心對話的時候。爬坡這件事很奇妙,身體越是承受壓力,思緒反而越是清晰。工作上懸而未決的煩惱、生活裡瑣碎的雜念,在這種持續施力、持續喘息的節奏裡,竟然一件一件地被篩選、被沉澱下來,剩下的只有最單純的念頭:再踩一圈、再撐一段、下一個彎道之後,會看到什麼樣的風景。這大概就是許多人愛上爬坡運動的原因——它強迫你把注意力收回到當下這一刻,身體的痠痛感雖然真實,卻也奇異地帶來一種心理上的清空與釋放。
途中經過一段稍微平緩的路段,我趁機調整呼吸,順道看了一眼四周的地形。梅山鄉的丘陵地貌,不像深山那樣陡峭險峻,而是帶著一種柔和的、層層堆疊的曲線感,遠處的山頭在晨霧中若隱若現,近處的茶園與果樹則清晰可見枝葉的紋理。這種「柔和卻不失份量」的地形特質,某種程度上也反映在這條路線的坡度數據上——6.4%的平均坡度,不是那種讓人望而生畏的暴力陡坡,而是一種需要耐心、需要持續專注才能征服的溫和考驗,就像梅山這片土地給人的整體印象一樣。
La vue depuis le pavillon Wangfeng : la plaine de Jianan et la mer au loin
Lorsque j’ai enfin atteint la plateforme d’observation du pavillon Wangfeng, je me suis arrêté, j’ai retiré mon casque et j’ai laissé le vent souffler sur mes cheveux trempés de sueur. Le pavillon Wangfeng se trouve à un peu plus de mille mètres d’altitude. Debout ici, en regardant vers l’ouest, toute la plaine de Jianan s’étend sans la moindre obstruction devant vous : champs, villages, rivières sinueuses, comme une longue peinture déroulée. Par temps clair, avec une bonne visibilité, on dit qu’à cette altitude, il est même possible d’apercevoir au loin le reflet de la surface du détroit de Taïwan. Cette étendue spatiale, « voir la mer depuis le sommet de la montagne », donne soudainement conscience d’être dans un lieu géographiquement très particulier — d’un côté, les sommets de la chaîne d’Alishan s’étendant vers l’est, de l’autre, la plaine et l’océan qui se déploient sans fin vers l’ouest.
Durant ces quelques minutes passées au pavillon Wangfeng, j’ai repensé aux neuf kilomètres que je venais de parcourir à vélo. Environ 580 mètres de dénivelé positif (c’est le chiffre que j’ai recalculé plus tard en consultant les données de l’itinéraire, en estimant à partir de la distance et des pentes, plutôt que ce fameux chiffre de plus de mille mètres qui prête à confusion dans les bases de données — il s’agit en réalité de l’altitude du pavillon Wangfeng lui-même, pas du dénivelé que j’ai gravi), pour obtenir une vue qui s’étend presque à perte de vue. Cette expérience d’« échanger sa sueur contre un panorama » est l’une des valeurs les plus primitives et les plus émouvantes du cyclisme : on ne peut pas atteindre cette satisfaction intérieure en voiture. Cette sensation d’accomplissement qui monte spontanément une fois arrivé en haut, seuls ceux qui ont pédalé tour après tour pour y parvenir peuvent la comprendre.
Sur la plateforme d’observation, quelques randonneurs matinaux ou habitants locaux étaient éparpillés. Nous échangions des signes de tête, sans avoir besoin de beaucoup de mots. Entre inconnus qui se rencontrent en altitude, il y a toujours cette complicité tacite — nous sommes tous venus ici pour le même paysage, en fournissant le même effort. Une dame qui semblait être une habituée, me voyant arriver essoufflé avec mon vélo, m’a souri et m’a tendu une demi-bouteille d’eau, en disant qu’il faisait chaud et qu’il fallait bien s’hydrater. Cette chaleur et cette bienveillance spontanées, typiques des villes et villages de Taïwan, savent toujours réchauffer discrètement votre cœur aux moments les plus épuisants du voyage. J’ai remercié, je me suis assis près de la balustrade de la plateforme, j’ai regardé la brume légère qui montait lentement au loin, j’ai posé mon casque à côté de moi et j’ai laissé la brise de montagne dissiper la chaleur de mon corps.
À cet instant, j’ai soudain compris pourquoi le nom « pavillon Wangfeng » (pavillon qui contemple le vent) était si approprié. Debout ici, on ne contemple pas seulement le paysage, on contemple plutôt une forme d’ouverture intérieure — ce rythme de vie urbain, compressé, découpé en d’innombrables tâches triviales à accomplir, semble, à l’instant où cette vue s’ouvre devant vous, être ramené à une échelle plus vaste et plus sereine. Neuf kilomètres de montée, plus de cinq cents mètres de dénivelé, pour obtenir non pas simplement une photo à publier, mais cette transformation intérieure qui consiste à se tenir en hauteur et à contempler le chemin parcouru.
Mer de nuages et coucher de soleil : les paysages saisonniers du pavillon Wangfeng
Parmi les cyclistes locaux, on raconte que le pavillon Wangfeng, à certaines saisons et sous certaines conditions climatiques, offre la possibilité d’observer une mer de nuages — lorsque l’humidité de la vallée, sous des conditions spécifiques de température et de direction du vent, se condense en une couche de nuages blancs entre les collines, et que le pavillon Wangfeng se trouve justement au-dessus de cette couche, cette image de « les pieds sur terre mais comme flottant au-dessus des nuages » est, pour de nombreux photographes amateurs et cyclistes locaux, le visage le plus fascinant du pavillon Wangfeng. Bien sûr, la mer de nuages ne se rencontre pas à la demande ; elle requiert des conditions météorologiques favorables. Je recommande aux cyclistes intéressés par la poursuite de la mer de nuages de surveiller attentivement les prévisions de brouillard radiatif ou de couverture nuageuse publiées par les services météorologiques, et de choisir les premières heures du matin en période de transition automne-hiver, lorsque l’écart de température entre le jour et la nuit est important — les chances seront plus élevées.
Si l’on arrive au pavillon Wangfeng en fin d’après-midi, on peut admirer un paysage totalement différent — le soleil couchant s’enfonce lentement à l’ouest de la plaine de Jianan, le ciel passe du orange-rouge à un dégradé de bleu profond, et toute la plaine s’illumine de lumières scintillantes dans le crépuscule. Cet instant de transition entre le jour et la nuit, combiné à la fatigue physique et à la satisfaction mentale qui s’entremêlent après une montée bien menée, crée un lien émotionnel avec le cyclisme qui dépasse le simple exercice physique.
J’ai ensuite trouvé une autre occasion, en choisissant délibérément de revisiter le pavillon Wangfeng à l’approche du soir. Cette expérience était complètement différente de celle du matin — la lumière du soir portait une teinte chaude et paresseuse, et le vent de montagne n’avait pas la fraîcheur du petit matin, mais plutôt la chaleur résiduelle laissée par l’exposition au soleil de la journée. Lorsque le soleil a commencé à descendre, toute la plaine de Jianan s’est peu à peu teintée d’orange-rouge, et au loin, sur la mer (si la transparence de l’air était suffisante ce jour-là), on pouvait parfois capturer les reflets scintillants du soleil couchant sur la surface de l’eau. Cette image, combinée à l’état du corps après la montée — tout endolori mais étrangement détendu — procure une émotion indescriptible : comme si la fatigue du corps et la beauté du paysage formaient une relation de cause à effet mutuelle : sans les neuf kilomètres d’effort précédents, il n’y aurait pas cette pure émotion à cet instant précis.
Je suis resté là jusqu’à ce que le ciel soit complètement sombre, les lumières de la vallée s’allumant une à une, comme si quelqu’un avait dispersé une poignée d’étoiles dans la nuit noire. Sur le chemin de la descente, j’ai allumé mes phares, contrôlant soigneusement les freins et la vitesse. Le vent de montagne sur mon visage portait la fraîcheur particulière de la nuit. Cette transition, de la spectaculaire stimulation visuelle vers une descente paisible, seul avec l’obscurité et la route de montagne, est un autre paysage de cet itinéraire vers le pavillon Wangfeng, rarement évoqué mais tout aussi digne d’être vécu.
Le thé de Meishan et la texture de la vie dans la région des collines
Le canton de Meishan, au-delà d’être l’une des portes d’entrée vers la région montagneuse d’Alishan, possède également ses propres caractéristiques marquantes en termes d’industrie et de culture de vie. Le relief vallonné et les conditions climatiques de la région ont depuis longtemps favorisé une industrie du thé assez réputée. Les paysages de plantations de thé que l’on traverse à vélo sont en réalité le reflet de l’économie et du mode de vie de cet endroit. Si le temps le permet, après avoir relevé le défi de la montée vers le pavillon Wangfeng, il vaut la peine de ralentir le rythme et de faire une halte dans une maison de thé ou un commerce local à proximité (pour les informations pratiques sur les commerces, il est recommandé de se fier aux enseignes sur place et aux annonces locales), pour déguster une tasse de thé produit localement et laisser le corps passer progressivement de l’effort physique à une humeur de voyage plus décontractée. Cette transition de rythme, « d’abord transpirer, ensuite déguster le thé », est pour moi la manière la plus complète de vivre la région des collines de Meishan à vélo — non pas simplement boucler un segment Strava, mais véritablement immerger son corps dans le rythme de vie de cette terre.
J’ai ensuite discuté quelques instants avec un cultivateur de thé local. Il m’a dit que les théiers de Meishan, poussant toute l’année dans la région vallonnée, avec de grands écarts de température entre le jour et la nuit et un climat de brumes enveloppantes, voient leur développement aromatique directement influencé par ces conditions. Tout en parlant, il a préparé une théière de thé et m’a offert une tasse. Le liquide offrait une saveur élégante avec un arrière-goût sucré. Ce goût semblait étrangement faire écho aux paysages de plantations de thé que je venais de traverser à vélo et au parfum délicat de thé porté par le vent de montagne. Assis sur le banc devant la maison de thé, regardant les crêtes vallonnées qui s’étendaient au loin, buvant le thé chaud fraîchement infusé, la fatigue du corps fondait peu à peu dans ce rythme paisible. Cette satisfaction, bien que d’une nature complètement différente de l’émotion ressentie au pavillon Wangfeng en contemplant la plaine, était tout aussi profonde.
C’est aussi la raison pour laquelle j’apprécie particulièrement de combiner le cyclisme avec la vie locale — un itinéraire, s’il n’est traité que comme un support de données d’entraînement, serait bien dommage. Les collines de Meishan, les plantations de thé, la vue du pavillon Wangfeng, ainsi que la chaleur humaine rencontrée au hasard du chemin, composent ensemble l’âme véritable de cet itinéraire. Et tout cela, aucune donnée d’itinéraire Strava, aucun graphique de pente ne peut vous le transmettre intégralement.
Ce que cette route signifie pour moi
Avec le recul, si la route du Pavillon Wangfeng me marque à ce point, ce n’est pas parce que son pourcentage est impressionnant, ni parce que son dénivelé fait peur — en réalité, son dénivelé réel, estimé de manière honnête, se situe autour de 580 mètres, ce qui, dans l’ensemble du réseau d’entraînement du système routier du mont Ali, ne représente qu’un niveau moyen, voire d’entrée de gamme. Ce qui me la rend inoubliable, c’est cette densité propre à « neuf petits kilomètres qui condensent pourtant une expérience de cyclisme complète » : la transition du plat aux collines, le paysage qui évolue des plantations de thé aux plateformes d’observation, le corps qui passe de l’essoufflement à la recherche d’un rythme, et l’état d’esprit qui bascule de la transpiration abondante à la contemplation de la plaine de Chianan et de la mer au loin.
Pour beaucoup de ceux qui roulent longtemps en ville, une route comme le Pavillon Wangfeng offre en réalité une opportunité de « recalibrage » — celle de renouer avec le lien le plus direct entre le corps et la terre, de se rappeler que le cyclisme, au-delà des chiffres de puissance et des temps de parcours, c’est aussi des paysages, une vision gagnée à la sueur, et ces inconnus qui vous sourient au bord de la route. Neuf kilomètres, c’est court, mais les souvenirs qui restent gravés peuvent être très, très longs. Si vous prévoyez de visiter Chiayi, mettez le Pavillon Wangfeng dans votre itinéraire — non pas seulement pour boucler un segment Strava, mais pour cet instant où, perché en hauteur, le vent effleure votre visage et que toute la plaine et l’océan se déploient devant vous.
Chaque fois que je présente la route du Pavillon Wangfeng à Meishan à des amis, je prends toujours soin de souligner : ne la voyez pas seulement comme une donnée de pente à conquérir, et ne vous contentez pas de courir après votre record personnel. Ralentissez un peu, prêtez attention aux silhouettes affairées dans les plantations de thé au bord de la route, aux subtiles variations d’odeurs de l’air avec l’altitude, aux expressions sur les visages de ces inconnus qui, comme vous, ont peiné pour atteindre la plateforme d’observation et ce paysage. Le sens de cette route n’a jamais résidé uniquement dans ses 9 056,11 mètres de distance ou sa pente moyenne de 6,4 %, mais dans l’expérience complète tissée tout au long du chemin entre le corps, la terre et les liens humains. Certaines routes sont faites pour battre des records ; d’autres, pour être savourées lentement — le Pavillon Wangfeng, pour moi, appartient résolument à la seconde catégorie. Chaque fois que le rythme de la vie devient trop oppressant, je repense à ce petit matin, à l’odeur d’herbe fraîche des plantations de thé, à la plaine de Chianan qui s’offrait sans retenue depuis le Pavillon Wangfeng, et je me dis qu’il est temps de tourner à nouveau le guidon vers Meishan.
Lectures complémentaires
- Guide pratique du Pavillon Wangfeng à Meishan : analyse complète d’une route d’entraînement vallonnée de Chiayi, 9 km et 6,4 % de pente
- Route de Taipingshan à Meishan, Chiayi : analyse détaillée d’une route d’entraînement en côte dans le comté de Chiayi
- Le vent au Pavillon Buyan : solitude et immensité dans les routes vallonnées de Shuangxi
- Les pentes escarpées de la ville hakka de montagne : pédaler jusqu’à Shitan, à la rencontre de Xianshan
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