Frapper aux portes de la montagne sacrée : pédaler vers Taiwu à Pingtung, en hommage au kavulungan des Paiwan

Frapper à la porte de la montagne sacrée : pédaler jusqu’à Taiwu, à Pingtung, en hommage au kavulungan des Paiwan
Le mont Dawu, que les Paiwan appellent « kavulungan », signifie « le lieu du léopard des nuages ». Cette montagne, la plus méridionale des Cent Sommets de Taïwan et la seule à dépasser les trois mille mètres, n’a jamais été un simple repère géographique, mais bien la patrie spirituelle de tout un peuple. Cette fois, je n’avais pas de sac de randonnée sur le dos, mais un vélo entre les jambes. J’ai gravi la route Jiatai jusqu’à cette entrée que l’on nomme « la Porte du mont Dawu », parcourant un peu plus de dix kilomètres pour ressentir le poids d’une montagne sacrée.
Le poids d’une montagne sacrée : le mont Dawu et le kavulungan des Paiwan
Sur la carte des hautes montagnes de Taïwan, la chaîne centrale s’étire du nord au sud sur plus de trois cents kilomètres. Le mont Dawu, culminant à 3092 mètres, est le dernier géant de cette chaîne dragon à franchir le seuil des trois mille mètres vers le sud. Au-delà du mont Dawu, les sommets s’abaissent progressivement et aucun ne peut plus rivaliser avec sa hauteur. Les géographes lui ont donné un surnom simple mais lourd de sens — « le toit du sud de Taïwan » — car c’est la seule montagne de toute la région de Pingtung à dépasser les trois mille mètres, dressée solitaire et majestueuse sur la ligne d’horizon du sud de l’île.
Dans le système des Cent Sommets de Taïwan, le mont Dawu figure parmi les « Cinq Grands Sommets », aux côtés du Yu Shan, du Xue Shan, du Xiuguluan Shan et du Nanhu Dashan. Ces cinq montagnes sont considérées comme les plus représentatives des hauts sommets taïwanais, celles qui incarnent le mieux la majesté des montagnes de l’île. Pour mériter sa place parmi les Cinq Grands, le mont Dawu ne doit pas seulement sa renommée à son altitude, mais aussi à sa position géographique unique et à son panorama irremplaçable — depuis le sommet, on aperçoit l’océan Pacifique à l’est, et à l’ouest, on domine toute la plaine de Pingtung jusqu’au détroit de Taïwan. Cette vue grandiose « d’une montagne reliant deux mers » est extrêmement rare parmi les autres hauts sommets de Taïwan.
Mais pour les Paiwan, qui vivent depuis des générations dans ces forêts de montagne, la signification du mont Dawu dépasse de loin les « classements des Cent Sommets » de la culture moderne de l’alpinisme. Les Paiwan appellent le mont Dawu « kavulungan », un terme chargé d’un profond poids culturel — il est considéré comme la montagne sacrée des Paiwan, le lieu où résident les esprits des ancêtres, le point de départ de l’identité ethnique et de la généalogie mythologique. Dans les croyances traditionnelles des Paiwan, la montagne n’est pas simplement un amas de roches et de terre que l’on foule, mais une entité vivante, dotée d’une âme, un lien éternel entre les ancêtres et leurs descendants. Chaque fois que les membres de la tribu lèvent les yeux vers cette montagne, ils ne voient pas seulement une crête enveloppée de brume, mais tout une épopée ethnique transmise oralement depuis mille ans.
J’ai pris pleinement conscience de cette signification pour la première fois en planifiant cet itinéraire à vélo et en consultant des documents. Au départ, je voulais simplement relever le défi d’une route de montée à Pingtung, mais lorsque le mot « kavulungan » a surgi sous mes yeux, j’ai soudain réalisé que je m’apprêtais à me rendre non pas simplement au point de départ et d’arrivée d’un segment Strava, mais dans la direction la plus sacrée du cœur d’un peuple. Ce changement de perception m’a poussé à ajuster mon état d’esprit avant le départ — cela ne devait pas être qu’un défi physique pour battre des records, mais plutôt un pèlerinage empreint de respect.
Une phrase circule dans la communauté cycliste : « La montée met à l’épreuve les cuisses, l’alpinisme met à l’épreuve la volonté, et comprendre la culture d’une montagne met à l’épreuve notre disposition à ralentir. » Pour moi, le mont Dawu est précisément une telle montagne — par sa hauteur vertigineuse, elle éprouve l’endurance des alpinistes, mais par son nom de kavulungan, elle éprouve chaque visiteur : est-il prêt, avant de fouler cette terre, à s’incliner d’abord en signe de respect.
De la plaine de Pingtung vers le pays du léopard des nuages : la rencontre de la géographie et de l’histoire
Pour comprendre pourquoi le mont Dawu occupe une place si centrale dans la culture des Paiwan, il faut d’abord élargir la perspective et observer la relation géographique entre la plaine de Pingtung et la chaîne centrale. La plaine de Pingtung est l’une des rares plaines alluviales de Taïwan étroitement encerclées par de hautes montagnes. À l’est se dressent les sommets successifs de la section sud de la chaîne centrale, et le mont Dawu en est le point culminant le plus saisissant de ce rempart montagneux. Depuis la plaine, en levant les yeux vers l’est, par temps clair, la silhouette imposante du mont Dawu domine presque toute la ligne d’horizon. Cette présence visuelle écrasante explique en partie pourquoi les Paiwan l’ont érigé en lieu sacré — lorsqu’une montagne se dresse jour après jour au centre du champ de vision quotidien, elle devient naturellement le cœur de la mémoire collective et de la foi.
Les Paiwan et les Rukai sont parmi les rares peuples autochtones de Taïwan à posséder un système de classes nobles. Leurs territoires traditionnels s’étendent approximativement de part et d’autre de la section sud de la chaîne centrale. Les cantons de Taiwu, Laiyi, Majia et Wutai, à Pingtung, conservent encore aujourd’hui une riche trame culturelle paiwan. Le mont Dawu, précisément situé au cœur de ce territoire traditionnel, constitue le pivot géographique et spirituel reliant les différentes tribus et les différentes lignées familiales. Dans les mythes de la création transmis oralement, de nombreuses légendes importantes sur les origines des ancêtres sont étroitement liées à cette montagne — elle n’est pas un simple décor, mais le protagoniste du récit.
Du point de vue de l’alpinisme moderne et du cyclisme, l’itinéraire traditionnel menant au mont Dawu est à peu près le suivant : on sort de l’autoroute nationale 3 à l’échangeur de Zhutian, on rejoint la voie rapide 88, on traverse le centre-ville de Wanluan puis on tourne sur la route départementale 185, avant d’entrer sur la route Jiatai par Taiwu (entrée nord) ou Wutan (entrée sud). Les deux chemins finissent par se rejoindre pour arriver à la tribu de Taiwu — le village de Kuljaljau en langue paiwan. Depuis la tribu de Kuljaljau, on s’enfonce davantage dans la montagne, on passe le repère important de la « Porte du mont Dawu », puis on poursuit sur la route agricole jusqu’au bout, là où se trouve ce que les randonneurs appellent traditionnellement le « point de départ de l’ascension du mont Dawu ».
L’itinéraire cycliste de la « Porte du mont Dawu » que j’ai relevé cette fois suit précisément cette route d’accès, grimpant depuis le pied de la montagne jusqu’aux abords de la Porte du mont Dawu, sur 10,56 kilomètres avec un dénivelé positif de 677 mètres. Ce tronçon représente, en un sens, le premier seuil de dialogue entre l’homme moderne et cette montagne sacrée — si vous parvenez à le gravir à vélo, cela signifie que votre condition physique et votre volonté sont prêtes ; mais une fois arrivé là, vous n’avez fait qu’effleurer la périphérie de l’immense signification culturelle et géographique de cette montagne. Le véritable sommet, celui qui culmine à 3092 mètres et qui exige une marche d’environ 9 kilomètres et un dénivelé d’environ 1549 mètres depuis le refuge de Kuigu et le temple Dawu, appartient au monde des randonneurs pédestres. Il requiert un équipement professionnel, un entraînement physique et un programme d’au moins deux jours et une nuit — cela dépasse le cadre de ce qu’un vélo peut atteindre, et constitue une autre forme de pèlerinage.
Départ à l’aube : l’instant où la route goudronnée commence à grimper
Ce matin-là, j’ai garé ma voiture à la périphérie du centre-ville de Wanluan. Le ciel conservait encore une lueur bleu-violet. L’air de Pingtung a une texture totalement différente de celle du nord — une humidité mêlée d’effluves végétaux, des chants d’oiseaux au loin, ponctués de temps à autre par le cri d’un insecte inconnu. Cette atmosphère matinale typique du sud de Taïwan est la première sensation qui s’éveille en moi à chaque fois que je descends vers le sud pour pédaler.
En suivant la route départementale 185 en direction de Taiwu, le paysage est celui des collines typiques du sud de Taïwan — des plantations de bétel, des bananeraies et quelques vergers épars s’entremêlent, tandis que les contours des montagnes au loin se dessinent peu à peu dans la lumière du matin. Ce tronçon reste relativement plat, ce qui me laisse tout le loisir d’observer le paysage environnant et permet à mon corps de passer progressivement du mode de conduite sur terrain plat au rythme de la montée qui s’annonce. Une fois engagé sur la route Jiatai, la pente s’accentue nettement, la végétation en bord de route passe peu à peu des vergers à des essences plus proches de la forêt primaire, et l’humidité ainsi que la fraîcheur de l’air augmentent — comme si le corps traversait une frontière climatique invisible.
Après environ trois ou quatre kilomètres, j’ai ressenti pour la première fois le poids réel derrière le chiffre de « 6,4 % de pente moyenne » de cet itinéraire. L’enchaînement des montées accélère le rythme respiratoire, la sueur commence à imprégner le maillot, mais plus encore que la pression physique, c’est le changement de l’environnement alentour qui m’a marqué — à chaque gain d’altitude, en me retournant vers le chemin parcouru, la vue sur la plaine de Pingtung s’élargissait d’un cran, et le trait de côte que l’on devine au loin rappelle la caractéristique géographique de cette montagne « reliant deux mers ». Cette sensation contradictoire d’être essoufflé tout en étant émerveillé par le paysage, c’est précisément ce qui rend les routes de montée à la fois si envoûtantes et si éprouvantes.
En chemin, à plusieurs virages offrant une vue dégagée, je me suis arrêté exprès pour reprendre mon souffle, boire une gorgée d’eau et contempler cette terre. La plaine de Pingtung prenait une teinte dorée et douce dans la lumière du matin, les montagnes au loin se superposaient en couches successives, et je me trouvais sur la route menant à ce lieu légendaire « où habite le léopard des nuages ». À cet instant, la fatigue physique est soudain devenue secondaire, remplacée par un sentiment de crainte difficile à décrire — j’ai pris conscience que je pédalais sur une terre chargée de mille ans d’épaisseur culturelle, où chaque pierre, chaque feuille porte peut-être les histoires transmises par les ancêtres Paiwan.
Kuljaljau et la Porte du Dawu : l’instant de l’arrivée
Alors que la pente ne cesse de s’élever, le paysage de part et d’autre de la route se transforme progressivement, passant d’une végétation purement naturelle à l’apparition sporadique de traces de peuplement tribal — c’est ici la tribu de Taiwu, appelée « Kuljaljau » en langue paiwan. Les habitations du village mêlent des éléments de maisons traditionnelles en pierre et des matériaux modernes. Sur les murs apparaissent parfois des peintures totémiques typiques des Paiwan : motifs de vipère à cent pas, motifs solaires, motifs anthropomorphes s’entrecroisent, racontant l’esthétique unique et la cosmologie de ce peuple.
En traversant la tribu, j’ai délibérément ralenti mon allure. D’une part, la pente de ce tronçon était réellement exigeante et nécessitait un rythme de pédalage plus prudent ; d’autre part, je voulais m’accorder un peu de temps pour observer attentivement cette tribu nichée au pied de la montagne sacrée. Le rythme de vie dans la tribu est lent et concret. On aperçoit parfois des habitants triant des grains de café dans leur cour, ou discutant devant leur porte. Ce mode de vie intimement lié à la terre contraste fortement avec le quotidien effréné de la ville.
Après avoir pédalé encore un moment, j’aperçois enfin le repère de la « Porte du Dawu ». C’est le point de repos et de rassemblement le plus familier pour les randonneurs, réputé comme un lieu où l’on discute, sirote du thé et prépare son équipement, et le dernier avant-poste de la civilisation avant de pénétrer dans la véritable nature sauvage. À l’instant où j’y suis arrivé, mes jambes tremblaient légèrement à cause de la montée incessante, mais le sentiment d’accomplissement qui m’habitait dépassait de loin la fatigue physique. J’ai garé mon vélo sur le bas-côté, retiré mon casque, et laissé la brise de montagne, légèrement fraîche, balayer mes cheveux trempés de sueur. Cette sensation d’euphorie est une récompense que seul celui qui a gravi la pente à vélo peut véritablement apprécier.
Debout devant la Porte du Dawu, j’ai levé les yeux vers les crêtes plus profondes — c’est là que se trouve la direction du sommet du Dawu Nord, mais à partir d’ici, la route asphaltée s’arrête. La suite du chemin appartient au monde des pieds et des bâtons de randonnée. Je savais très bien que le terminus de ce voyage à vélo était ici ; je n’avais ni l’intention ni l’équipement pour poursuivre à pied plus loin. Mais le simple fait d’avoir pu pédaler jusqu’à cette « Porte », d’avoir été témoin de ce point de jonction entre la civilisation moderne et le royaume mystérieux de la montagne sacrée, constitue déjà l’un des trésors les plus précieux de ce périple. La signification de cette porte ne se limite pas à une frontière géographique ; elle agit comme un rappel culturel — elle dit à chaque visiteur que devant lui s’étend un domaine qui exige davantage de préparation et de respect pour y pénétrer.
L’arôme du café de Taiwu : l’histoire d’une industrie tribale dans une tasse de café
Après une courte pause à la Porte du Dawu, j’ai redescendu légèrement le long du chemin pour me rendre à la « Halte cycliste de Taiwu », un point de ravitaillement unanimement reconnu sur cet itinéraire et l’étape que j’attendais avec le plus d’impatience durant ce voyage. En plus d’offrir un lieu de repos aux visiteurs, cette halte est surtout réputée pour permettre de déguster le célèbre café de Taiwu, produit localement.
L’histoire du café de Taiwu est en réalité un cas représentatif du développement d’une industrie de café de spécialité au sein des tribus aborigènes de Taïwan. Les tribus paiwan des environs de Taiwu, grâce à un environnement géographique et une altitude propices à la culture du caféier, ont progressivement développé ces dernières années leur propre marque de café et leur propre chaîne industrielle, de la plantation, à la récolte, en passant par la torréfaction et l’infusion. Chaque étape intègre le labeur et le savoir-faire local des habitants de la tribu. Ce n’est pas simplement une affaire commerciale, c’est surtout une voie essentielle pour la tribu dans sa quête de transmission culturelle et d’autonomie économique — en développant une agriculture à forte identité locale, les jeunes générations de la tribu ont la possibilité de rester travailler sur leurs terres, sans être contraintes de quitter la terre de leurs ancêtres pour gagner leur vie.
Assis dans la halte, je tenais entre mes mains une tasse de café de Taiwu bien chaud, observant le liquide ambré qui dégageait une fine vapeur. Cet arôme, mêlé à l’air frais et pur de la montagne, créait un souvenir gustatif impossible à reproduire. La saveur du café présentait une légère acidité fruitée et une finale délicate de noix, une boisson douce et sans agressivité, parfaite comme récompense après une longue montée. Pour moi, cette tasse de café n’était pas seulement une boisson pour recharger la caféine et soulager la fatigue ; c’était plutôt un médium de dialogue avec cette terre — à travers le goût, ressentir comment le peuple paiwan trouve sa propre voie de survie et de développement entre tradition et modernité.
Dans la halte, on pouvait parfois entendre des habitants échanger avec des visiteurs, les conversations passant de l’histoire de l’origine des grains de café à l’évolution historique de la tribu, s’étendant même aux événements récents qui ont marqué la communauté. Cette atmosphère d’échange détendue et naturelle m’a permis, en tant que cycliste de passage, de m’intégrer temporairement au rythme de vie de cette terre. Il convient de noter que les horaires d’ouverture effectifs et les produits proposés par la halte peuvent varier selon les saisons, les conditions météorologiques ou l’organisation interne de la tribu. Si vous prévoyez de vous y rendre pour déguster le café de Taiwu, il est recommandé de se référer aux annonces sur place ou aux informations officielles, et de s’y rendre avec un esprit ouvert et respectueux. Après tout, ce n’est pas un café de chaîne standardisé, mais un espace local profondément ancré dans le tissu de la vie tribale.
Les nuages d’orage des après-midis d’été et la quiétude des matins d’hiver : des paysages propres à chaque saison
L’itinéraire de la Porte du Dawu, au fil des saisons, révèle des visages et des ambiances radicalement différents, et c’est l’une des raisons pour lesquelles je considère qu’il mérite d’être parcouru à plusieurs reprises.
Lors d’une visite estivale, l’impression la plus marquante est cette atmosphère humide et chaude, chargée de vitalité. Au petit matin, l’air est encore relativement frais, mais à mesure que le soleil s’élève, l’humidité et la température grimpent rapidement. En après-midi, des nuages d’orage s’accumulent fréquemment dans les montagnes, et un orage de convection peut éclater à tout moment, accompagné de roulements de tonnerre et de pluies torrentielles. La forêt se pare alors d’une beauté brumeuse et mystérieuse sous le rideau de pluie, mais cela rappelle aussi aux cyclistes la nécessité de redoubler de vigilance et de terminer leur parcours plus tôt, afin d’éviter d’être pris au piège sous l’orage. En été, la végétation du mont Dawu Nord est à son apogée de densité et de luxuriance. Les brumes et les nuages enveloppent les flancs de la montagne, et ce paysage d’apparitions et de disparitions évoque facilement l’imagerie du léopard des nuages qui, selon la mythologie paiwan, hante ces lieux.
L’automne offre un tout autre charme. La mousson du nord-est n’a pas encore soufflé vers le sud, Pingtung bénéficie d’un temps sec et stable, le ciel est d’un bleu profond, la visibilité excellente — c’est la saison idéale pour contempler au loin la plaine de Pingtung, voire le détroit de Taïwan. À cette époque, la végétation commence à montrer des signes de changement de couleur. Sans atteindre la splendeur des érables des régions tempérées, les variations nuancées de vert, du plus clair au plus foncé, possèdent néanmoins un charme particulier.
Aux petits matins d’hiver, la température en montagne est nettement plus basse. En pédalant sur la route menant à la Porte du Dawu, on rencontre souvent un fin brouillard enveloppant la vallée. La lumière du soleil traversant la brume se répand sur la route, créant une atmosphère de quiétude et de sacralité. Cette sensation de sérénité, d’une certaine manière, se rapproche davantage de l’image solennelle que le peuple paiwan attribue à cette montagne sacrée.
Le printemps, quant à lui, est changeant. Des fronts météorologiques traversent parfois la région, apportant des pluies. Après ces pluies, la forêt paraît d’un vert particulièrement éclatant et généreux, l’air est imprégné de la fraîcheur de la terre et des plantes. Mais en raison de l’instabilité météorologique, il est conseillé aux cyclistes de vérifier impérativement les conditions avant le départ, et d’éviter de s’aventurer juste avant ou après le passage d’un front.
Selon les saisons et les conditions météorologiques, la Porte du Dawu accueille chaque visiteur avec une expression totalement différente. C’est ce que je considère comme l’aspect le plus fascinant de cet itinéraire — il ne se répète jamais. Chaque venue apporte de nouvelles sensations et découvertes.
La signification de cet itinéraire pour le cycliste : pas seulement une conquête, mais une compréhension
Sur le chemin du retour, j’ai dévalé la pente en roue libre, le corps enfin libéré de la charge constante de la montée, mais mon esprit ne cessait de repasser toutes les sensations que ce voyage m’avait procurées. En tant qu’amateur de cyclisme qui passe des années à relever des défis de montée sur différents terrains, j’ai peu à peu compris que certains itinéraires, décrits simplement par le mot « conquête », paraissent bien trop réducteurs, bien trop égocentriques.
L’itinéraire de la Porte du Dawu, pour moi, s’apparente davantage à un processus de « compréhension » — comprendre les multiples significations qu’une montagne porte dans différents contextes culturels ; comprendre comment le peuple paiwan considère Kavulungan comme un lieu sacré où résident les esprits des ancêtres, et non comme une simple coordonnée géographique ; comprendre comment les habitants de la tribu de Taiwu, à travers l’industrie du café, tracent leur propre voie entre tradition et modernité. Ces compréhensions sont infiniment plus riches et plus profondes que le simple fait d’« avoir accompli un itinéraire de 10,56 kilomètres avec 677 mètres de dénivelé positif ».
De nombreux passionnés de cyclisme aiment collectionner les segments Strava, cherchant à battre leurs records personnels (PR). Cela n’a en soi rien de répréhensible, c’est même une partie du charme de ce sport. Mais je crois de plus en plus que ce qui rend véritablement un itinéraire digne d’être refait, ce n’est pas seulement ce chiffre froid du temps de parcours, mais la profondeur du lien que tu tisses avec cette terre et cette culture pendant la randonnée. La Porte du Dawu m’a appris qu’avant d’enclencher la première pédale, il faut d’abord prendre le temps de comprendre quelle histoire porte le lieu où l’on s’apprête à se rendre — cette préparation ne te fera pas pédaler plus vite, mais elle donnera plus de sens à ton pédalage.
Cet itinéraire m’a également amené à repenser la définition de « l’ascension ». Pour les randonneurs, atteindre le sommet du Dawu Nord signifie se tenir sur ce point trigonométrique à 3092 mètres d’altitude ; mais pour le cycliste, notre « sommet » est en réalité cette Porte du Dawu, une destination plus humble, plus proche du contexte humain. Cette différence, d’une certaine manière, nous rappelle que différents modes de déplacement, différentes limites physiques, créent des relations et des dialogues radicalement différents avec la même montagne — il ne s’agit pas de savoir qui est le plus fort, mais de reconnaître que chaque manière d’arriver possède sa propre valeur et sa propre signification.
Suggestions for the surrounding area: leave room in your itinerary for the tribe and this land
If you are also planning to take on the challenge of the Gate of Mount Dawu, I sincerely suggest that you do not pack your schedule too tightly, nor make completing the route your sole objective. This land deserves more of your time.
Spend a little more time in the Kulaljuc tribe: The tribe occasionally has small sales points for handicrafts and agricultural products. If time permits, slow down, chat with the local residents, and learn more about the stories of Paiwan culture and tribal development. This kind of face-to-face exchange is often more vivid and more authentic than the information you have looked up beforehand.
Leave time for that cup of coffee at the Taiwu Bike Station: Do not rush off after refilling your water. Find a comfortable spot, sit down, and slowly savor the story of the industry and the tribe’s efforts behind this cup of coffee. It is the warmest interlude on this route.
Respect local beliefs and ways of life: Mount Dawu is a sacred place for the Paiwan people. When riding or visiting this area, it is recommended to remain humble and respectful, avoid making loud noises or behaving inappropriately, and regard this place as a cultural site worthy of reverence, rather than a mere tourist photo spot.
If you have plenty of time, consider a one- to two-day in-depth itinerary: Beyond the cycling challenge, the Taiwu and Laiyi area in Pingtung is home to many Paiwan cultural sites and tribal workshops worth visiting. If you can set aside more time to gain a deeper understanding of the history and contemporary life of this people, your journey will be all the richer and more complete.
Weather and safety always come first: Whether it is the cycling challenge or a possible subsequent hiking plan to reach the actual summit, always check the weather conditions in advance and prepare thoroughly. The mountain environment changes quickly, and safety should always be the top priority.
The Gate of Mount Dawu — this short 10.56-kilometer climb carries far more than its geographical length. It is a gateway to the sacred mountain Kavulungan, a bridge connecting modern cycling with the thousand-year-old Paiwan culture, and a warm story of tribal resilience and hope in a cup of Taiwu coffee. The next time you ride this route, between your pedal strokes, leave a little more room for respect and understanding — that will be a riding experience more worth cherishing than any record broken.
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