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La renaissance de la tribu de Dewen : un voyage à vélo sur la migration, la résilience et la mémoire de la terre

挑戰心得

Le chemin de renaissance du village de Dewen : un voyage à vélo sur la migration, la résilience et la mémoire de la terre

Prologue : une visite longtemps planifiée

J’avais planifié ce voyage vers le mont Dewen depuis un certain temps déjà. Chaque fois que je consultais la carte, en voyant ces courbes de niveau qui, dans le canton de Sandimen, s’élèvent brusquement de la plaine jusqu’à plus de deux mille mètres d’altitude, un mélange complexe d’impatience et de crainte respectueuse montait en moi. Aujourd’hui enfin, je me suis engagé sur cette route tant attendue, à la fois prometteuse et angoissante, et le rythme de mon cœur était déjà plus rapide que d’ordinaire.

Entrer dans Sandimen, entrer dans les montagnes en couches de Dewen

L’amplitude topographique du canton de Sandimen est un fait qui me surprend à chaque fois que je viens y pédaler — depuis moins de 100 mètres d’altitude dans la plaine la plus basse, jusqu’aux zones montagneuses dépassant 2159 mètres au point le plus élevé, la superficie totale du canton atteint 196,4 km², ce qui en fait le troisième plus grand canton du comté de Pingtung. La rivière Ailiao serpente à travers tout le canton, telle une veine silencieuse mais puissante, nourrissant les tribus et les terres agricoles, grandes et petites, le long de ses rives. Et le village de Dewen se trouve précisément dans cette zone montagneuse au relief accidenté.

Je suis parti du côté de la plaine du canton de Sandimen ; à mesure que l’altitude grimpait, le paysage environnant passait progressivement des vergers ouverts et des plantations de bétel à une végétation montagnarde plus sauvage et plus dense. Cette transition de paysage est plus rapide que tout ce que j’ai pu vivre ailleurs — en l’espace de quelques kilomètres à peine, l’altitude peut grimper de plus de 600 mètres. Cette transformation géographique compressée fait écho, d’une certaine manière, aux chapitres de l’histoire du village de Dewen, marqués par des bouleversements violents sur de courtes périodes.

Une histoire tribale de migration et de résilience

Si je devais résumer le parcours du village de Dewen ces quinze dernières années en un seul mot, « résilience » serait sans doute le plus approprié. En 2009, le typhon Morakot a apporté au canton de Sandimen des précipitations stupéfiantes de plus de 2500 millimètres en deux jours — un chiffre qui reste encore aujourd’hui l’un des chapitres les plus terrifiants des annales météorologiques de Taïwan. Face à une force naturelle aussi extrême, le mode de vie du village de Dewen, composé à l’origine de trois petits hameaux — Beiba, Dugufule et Jindalu’an —, a été gravement ébranlé. Une partie des habitants a déménagé en 2010 vers le parc communautaire de Changzhi Baihe, ouvrant un nouveau chapitre de leur vie.

En pédalant sur la route qui mène au village de Dewen, j’ai essayé d’imaginer le dilemme intérieur, la lutte et la réticence que les habitants ont dû ressentir face au choix de quitter un foyer qui n’était peut-être plus sûr. La migration n’a jamais été une chose facile, surtout pour un peuple qui a vécu sur la même terre pendant des générations et qui entretient un lien affectif profond avec cette montagne et cette forêt. Partir, c’est dire adieu aux traces des ancêtres, adieu aux paysages et aux souvenirs familiers. Mais en même temps, la migration est aussi une sagesse de survie, un choix responsable envers sa famille et les générations futures.

Cette émotion complexe et profonde, je ne peux pas, en tant que cycliste venu de l’extérieur, la comprendre pleinement ni en être le porte-parole. Tout ce que je peux faire, c’est aborder cette histoire avec compréhension et respect, et, en traversant cette terre à vélo, ressentir avec humilité tout ce qu’elle a porté et porte encore.

Respiration et lutte sur 5 kilomètres à peine

La montée du mont Dewen est d’une brièveté saisissante, mais elle concentre 652,5 mètres de dénivelé. Sur cette route, je n’ai presque pas eu de répit — chaque respiration s’accompagnait de la brûlure dans mes muscles des cuisses, chaque coup de pédale me rappelait que la raideur de cette terre dépasse de loin tout ce que j’avais imaginé.

Il y a eu des instants où j’ai failli abandonner, où j’ai voulu descendre de vélo et pousser. Mais chaque fois que je levais les yeux vers l’horizon et que je voyais les montagnes en couches successives dévoiler leurs verts de différentes profondeurs sous le soleil, une forte motivation pour continuer à pédaler renaissait en moi. Ce processus de tiraillement entre les limites du corps et la volonté m’a, d’une certaine manière, donné un peu plus d’empathie et d’espace d’imagination pour les défis et les choix auxquels les habitants de cette terre ont dû faire face — bien sûr, la fatigue physique est loin d’égaler le poids spirituel d’une migration loin de chez soi, mais au moins, cette expérience à vélo m’a donné une compréhension plus incarnée et plus tridimensionnelle des mots « persévérance » et « résilience ».

Les traces de sagesse dans l’architecture tribale

En passant devant les vestiges ou les reconstructions des habitations du village de Dewen, j’ai particulièrement remarqué les structures de maisons traditionnelles construites principalement en dalles de pierre. La sagesse architecturale du peuple Paiwan excelle à utiliser les matériaux locaux, exploitant les riches ressources en ardoise de la région pour construire des espaces de vie capables à la fois de résister aux intempéries et de coexister harmonieusement avec l’environnement montagnard environnant. Cette technique de construction, transmise et ajustée depuis des centaines d’années, reste encore identifiable dans les coins du village par ceux qui savent la reconnaître.

Je me suis arrêté, j’ai examiné attentivement un muret de pierres ardoisières semblant avoir traversé bien des épreuves, et j’ai pensé à toutes les générations de vies que ces pierres ont dû voir, à combien de cycles de saisons, à combien de tempêtes et d’épreuves. Cette présence qui traverse le long fleuve du temps est une texture et une chaleur uniques qu’aucun matériau ou technique de construction moderne ne peut reproduire.

La vie quotidienne du village dans le vent de la montagne

Pendant la montée, j’ai croisé de temps à autre des habitants affairés dans leur cour, ou des anciens réunis à deux ou trois pour bavarder. Face à ce cycliste extérieur, essoufflé et couvert de sueur, ils répondaient toujours par un sourire bienveillant ou un simple signe de tête. Cette gentillesse propre aux villages de montagne, sans la moindre méfiance, me touche toujours particulièrement, et me semble d’autant plus précieuse et rare.

Je ne cherchais pas à perturber le rythme de leur vie quotidienne ; je me contentais d’observer en silence, de ressentir en silence cette manière de vivre, relativement lente mais solide, et profondément sincère, entre l’homme et la nature, entre les êtres humains, sur cette terre. Quand on vit longtemps en ville, on oublie facilement que la vie peut avoir un tout autre tempo et une tout autre texture — sans avoir à courir sans cesse contre la montre, mais en suivant le rythme des saisons et de la montagne, en menant sa propre vie, sans hâte.

La récompense visuelle après la sueur et l’effort

Quand j’ai enfin terminé cette montée courte mais extrêmement raide, et que je me suis retourné pour regarder la route parcourue, cette émotion mêlant fatigue et sentiment d’accomplissement m’a de nouveau envahi. Devant moi, les montagnes en couches successives, sous la lumière du soleil de l’après-midi, offraient des teintes d’émeraude entrelacées de profondeurs variées ; au loin, la ligne d’horizon était doucement estompée par les brumes et les nuages, composant une longue fresque de paysage, paisible mais puissante, qui resta longtemps gravée dans mon esprit.

À cet instant, j’ai soudain compris pourquoi les membres de cette tribu, qui vivent sur ces terres montagneuses depuis des générations, considèrent ce territoire comme une partie indissociable de leur vie et de leur culture. Un tel paysage n’est pas quelque chose qu’un parc urbain ou un aménagement artificiel peut facilement reproduire. Il faut du temps pour l’accumuler, la sagesse de la coexistence avec la nature pour le préserver, et surtout, une affection profonde que des générations successives doivent protéger et perpétuer par leur vie.

Pour celles et ceux qui viendront bientôt

Si vous aussi vous envisagez de relever le défi de la route du mont Dewen, je veux vous dire ceci : ne la traitez pas seulement comme un test de condition physique, ni comme un chiffre sur un classement Strava. Ralentissez, et pendant la montée, essayez d’en apprendre davantage sur les histoires vraies qui se cachent derrière cette terre — celles de la migration, de la reconstruction, de la résilience. Avec respect et humilité, ressentez le chemin difficile que cette montagne et ce village ont parcouru, ainsi que la vitalité qui continue de s’y déployer sans fin.

Avant de quitter le village de Dewen, j’ai jeté un dernier regard sur ces montagnes en couches, et j’ai noté en silence dans mon cœur le choc et l’émotion que ce voyage m’a apportés. Cette route, bien que longue de seulement 5 kilomètres, m’a donné une compréhension bien plus profonde et plus tridimensionnelle des mots « terre » et « résilience » qu’avant mon départ.

Le regard d’un ancien

Alors que je faisais une brève halte en bordure du village, j’ai vu un ancien assis devant sa porte, regardant au loin le paysage montagneux, perdu dans ses pensées. Dans son regard semblait se cacher une certaine mélancolie et une sérénité que seuls ceux qui ont vécu ce typhon, qui ont vécu le choix de la migration, peuvent vraiment comprendre. Je ne suis pas allé le déranger ; je me suis simplement tenu à l’écart, regardant avec lui le même paysage.

À ce moment-là, j’ai soudain senti que les mots étaient superflus. Certaines histoires n’ont pas besoin d’être transmises par la parole ; à travers le regard, à travers le silence, à travers l’instant où l’on contemple ensemble le même paysage, on peut ressentir le poids et la profondeur qu’elles renferment. Cette rencontre silencieuse a été l’un des instants les plus précieux de mon voyage au mont Dewen, et l’un des plus difficiles à retranscrire intégralement par écrit.

En guise de conclusion : réapprendre la terre

En quittant le village de Dewen pour poursuivre mon itinéraire à vélo, une pensée lourde s’est installée dans mon esprit. Ce défi de 5 kilomètres à peine, avec 652,5 mètres de dénivelé, était en apparence une épreuve physique, mais en réalité, c’était une leçon profonde sur la terre, sur l’histoire, sur la manière dont l’homme et la nature coexistent et s’entrelacent.

Le mont Dewen ne m’a pas seulement appris comment régler mes braquets, comment ajuster mon rythme respiratoire pour affronter les pentes raides ; plus important encore, il m’a appris à comprendre avec humilité et respect une terre et un peuple qui ont traversé des bouleversements violents tout en restant d’une ténacité inébranlable. Si j’ai l’occasion d’y retourner, je prendrai plus de temps, j’irai plus lentement, pour écouter cette montagne, ce village, et toutes les histoires qui n’ont pas encore été racontées.

Le murmure de l’eau et les mémoires au bord de la rivière Ailiao

Durant la sortie, j’ai délibérément fait un détour par un tronçon de route longeant la rivière Ailiao, écoutant le clapotis de l’eau s’écoulant sur les graviers. Ce paysage sonore naturel, entre tumulte et quiétude, m’a inconsciemment fait ralentir ma respiration et mon rythme de pédalage. La rivière Ailiao traverse tout le canton de Sandimen ; elle est une artère vitale de cette terre et une part indissociable des mémoires de vie de générations de peuples autochtones. Cette rivière, durant le typhon Morakot, a révélé un tout autre visage, voire destructeur, avec ses crues soudaines. Cette double nature, à la fois douce et violente, est, d’une certaine manière, l’expression la plus authentique et la plus brute des forces de la nature.

Debout au bord de la rivière, observant l’eau claire ou légèrement chargée de sédiments s’écouler lentement, j’ai essayé d’imaginer combien de générations cette rivière a vu vivre — les peuples autochtones venant y puiser l’eau, laver, pêcher, les enfants jouant au bord de l’eau, des images qui demeurent peut-être encore vives et nettes dans la mémoire des anciens des tribus. Et moi, simple cycliste de passage, je ne peux qu’à travers cette brève halte et contemplation, tenter de saisir les textures de vie profondes et durables qui se cachent derrière cette rivière.

La mutation des industries entre les plantations de bétel et les vergers

Sur le chemin menant des plaines de Sandimen au village de Dewen, les paysages de part et d’autre de la route ont connu une nette transition de formes industrielles — des plantations de bétel et vergers communs en plaine, on passe progressivement à des forêts plus primaires en montagne. Cette évolution des paysages industriels reflète, dans une certaine mesure, la trajectoire de développement industriel qu’ont connue les régions montagneuses autochtones de Taïwan à différentes étapes historiques. L’industrie du bétel a autrefois été l’une des principales sources de revenus de nombreux cantons montagneux, mais avec l’évolution des temps et la montée de la conscience sanitaire, ce type de monoculture économique fait face à des pressions croissantes de transformation et d’adaptation.

Je n’ai pas suffisamment d’informations pour juger des mérites et des torts de ces mutations industrielles, mais en traversant ces tronçons où les paysages se succèdent, je ressens réellement que les habitants de cette terre tentent constamment de trouver, entre le mode de vie traditionnel et les pressions économiques modernes, une voie de développement durable qui leur appartient, véritablement adaptée à cette terre et à la pérennité des générations futures. Ce processus d’adaptation continue, de recherche constante d’équilibre, fait écho, d’une certaine manière, à la miniature de l’effort des régions montagneuses autochtones de Taïwan pour préserver leur propre subjectivité culturelle face à la vague de modernisation rapide.

La quiétude fugace du soleil à travers la cime des arbres

Sur une portion de la montée, l’ombre dense des arbres découpait précisément la chaleur du soleil en taches de lumière fragmentées, se répandant sur le bitume, oscillant doucement au gré de la brise. J’ai délibérément ralenti pour avoir l’occasion de pleinement ressentir cet instant de quiétude et de beauté. Dans une montée exigeant un effort soutenu et intense, ces moments de répit ne sont pas seulement une détente physique, mais aussi une véritable décantation et recharge spirituelle.

Je pense souvent que l’un des aspects les plus fascinants du cyclisme en montagne réside dans le fait qu’il sait toujours insérer, au milieu des sections les plus éprouvantes, ces instants de beauté inattendus et précieux. Comme si la nature elle-même, à sa manière, rappelait à chaque cycliste peinant dans la montée : même si la route devant reste escarpée, n’oublie pas de lever les yeux pour admirer le paysage et ressentir cette quiétude et cette beauté si durement acquises.

Une réflexion sur la dénomination

« Dewen » est un nom issu de la translittération chinoise, tandis que le nom originel dans la langue autochtone de la tribu, ainsi que la signification culturelle qu’il porte, sont peut-être bien plus riches et profonds que ce nom chinois. Durant ma sortie, j’ai prêté attention aux panneaux indiquant les noms de lieux en langue autochtone, essayant, à travers ces fragments d’indices textuels, de ressentir le contexte culturel et l’identité que cette terre possédait avant de recevoir un nom chinois.

Cette curiosité et cette exploration de l’origine des noms de lieux sont, d’une certaine manière, ce que je considère comme une qualité fondamentale que tout voyageur visitant une tribu autochtone devrait posséder — ne pas se contenter des noms et des paysages de surface, mais tenter de comprendre quelle mémoire historique et quel poids culturel se cachent derrière ces noms, et avec cette compréhension, reconsidérer sa propre relation avec cette terre.

Fragments de dialogue avec un compagnon de route

Cette sortie, je ne l’ai pas faite seul, mais accompagné d’un ami tout aussi passionné de cyclisme en montagne. Sur une section au relief plus doux, nous avons roulé côte à côte, échangeant simplement nos ressentis sur cet itinéraire et cette terre. Il m’a raconté que peu après le typhon, il avait accompagné une équipe de bénévoles de secours, s’arrêtant brièvement dans une autre tribu montagnarde du Pingtung voisine, pour aider au transport de matériel et au nettoyage des habitations. Cette expérience lui avait laissé un lien affectif particulier avec les habitants de ces montagnes.

En l’écoutant, j’ai soudain réalisé que chaque personne visitant cette terre porte, à sa manière, son propre récit de vie et son lien affectif unique, et que ces histoires, entrelacées, constituent, dans une certaine mesure, la compréhension et l’amitié qui se construisent et s’approfondissent progressivement entre le monde extérieur et cette terre autochtone, ajoutant aussi à cette forêt des couches successives de mémoires communes appartenant à différentes générations et à des voyageurs d’horizons divers. Ce lien accumulé à travers des interactions réelles et une présence partagée est bien plus profond et précieux que n’importe quel circuit touristique superficiel.

Les rires des enfants de la tribu

En cours de route, en passant devant un espace dégagé, j’ai vu plusieurs enfants de la tribu courir et jouer, leurs rires cristallins résonnant dans la vallée. Cette joie pure et sans retenue m’a fait esquisser un sourire involontaire. Les enfants, curieux sans la moindre dissimulation envers ce cycliste inconnu, essoufflé et en sueur, certains agitant même la main et me saluant de leurs voix juvéniles mais sonores.

Je me suis arrêté, leur ai répondu d’un geste de la main, une chaleur indescriptible montant en moi. Ces enfants sont l’espoir et la continuité de cette terre ; ils grandissent dans cet environnement montagnard pur et magnifique, avec un lien profond et un sentiment d’appartenance à la terre et à la culture de leur ethnie que je ne pourrai jamais pleinement comprendre en tant qu’étranger. En voyant leurs sourires innocents, je souhaite sincèrement que la beauté et la résilience de cette terre continuent de veiller sur leurs années de croissance, que cette identité culturelle innée et cette vitalité puissent se transmettre de génération en génération, sans la moindre diminution ni perte, malgré les mutations des temps ou les pressions extérieures.

Réflexions et gratitude après la sortie

Après avoir relevé le défi de la montagne Dewen, assis au bord de la route pour reprendre mon souffle, contemplant les montagnes en couches au loin, une profonde gratitude a envahi mon cœur. Gratitude envers cette terre qui, même face à mon allure essoufflée et pitoyable, a bien voulu me révéler son visage le plus authentique et le plus émouvant ; gratitude envers les habitants de cette terre qui, par la sagesse et la résilience accumulées au fil des générations, protègent cette forêt, ainsi que leur propre culture et mode de vie.

Ce voyage m’a amené à repenser la relation que nous devrions établir, en tant que cycliste, en tant que voyageur, avec chaque terre que nous visitons. Peut-être la réponse est-elle simple — aborder chaque rencontre avec une terre avec curiosité plutôt que voyeurisme, avec respect plutôt que supériorité, avec gratitude plutôt que comme un dû, pour ressentir, apprendre et chérir chaque instant précieux de rencontre avec la terre. Voilà, véritablement, le cadeau le plus profond et le plus durable que le cyclotourisme puisse nous offrir.

Épilogue : une route, de multiples identités

L’itinéraire de la montagne Dewen, pour différentes personnes, porte des identités et des significations radicalement différentes. Pour les cyclistes compétitifs, c’est un terrain d’épreuve exigeant pour tester ses capacités en montée ; pour les amateurs de voyage culturel, c’est une fenêtre sur l’histoire profonde et la richesse culturelle de la tribu Dewen du canton de Sandimen ; et pour les peuples autochtones qui y vivent depuis des générations, c’est une voie de vie essentielle reliant le foyer, les mémoires et les traces des ancêtres.

Je pense que c’est précisément ce qui rend ces itinéraires au cœur des terres autochtones si dignes d’être chéris et respectés — ils ne sont jamais simplement un ensemble de données froides sur les pentes et les distances, mais un récit vivant de la terre, porteur d’identités et de significations multiples, que chaque visiteur est invité à comprendre, ressentir et chérir à sa manière, et un cadeau précieux qui doit être continuellement écrit et transmis. Puisse chaque personne ayant parcouru cette route emporter cette compréhension et cette émotion pour poursuivre ses propres voyages à vélo, et continuer, avec une posture toujours plus humble, à découvrir chaque terre de cette île qui mérite d’être traitée avec sérieux.

Sur le chemin du retour, j’ai jeté un dernier regard en arrière vers la crête des montagnes teintée d’or orangé par le soleil couchant, formulant silencieusement une promesse — dès que l’occasion se présentera, je reviendrai, avec plus de temps et une compréhension plus profonde, pour refaire cette route, réécouter cette terre et les histoires encore inachevées. Et d’ici là, ce souvenir restera chaleureusement niché dans le recoin le plus doux de mon cœur, comme la motivation première et la force motrice qui me poussent à continuer d’écrire l’histoire de cette terre montagnarde autochtone du Pingtung, et comme un rappel important, à chaque fois que j’emprunterai un itinéraire similaire, de rester humble et respectueux.

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