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Moments paisibles au bord du lac du réservoir de Mudan : un récit de cyclisme sur l'incident de Mudan et la force de la sérénité

挑戰心得

Moments de sérénité au bord du lac du barrage de Mudan : une balade à vélo sur l'incident de Mudan et la force du calme

Prologue : l’état d’esprit avant le départ

En rangeant mes bagages au petit matin, je me suis délibérément rappelé que ce voyage n’avait pas besoin de vitesse ni de records. Il suffisait d’apporter un cœur prêt à ralentir, pour ressentir la douceur qui allait se déployer sur cette terre du canton de Mudan.

Un chemin doux, menant à une histoire lourde

Toutes les balades à vélo n’ont pas besoin de prouver leur valeur par des pentes abruptes. La route 199 du barrage de Mudan, avec sa pente moyenne de seulement 1,4 %, m’a emmené, dans sa posture douce et déployée, depuis les montagnes du canton de Mudan à Pingtung, jusqu’à ce lac artificiel mis en service en 1996, porteur des souvenirs d’eau de d’innombrables habitants de la péninsule de Hengchun. Mais derrière ce paysage de lac et de montagnes, en apparence paisible et serein, se cache en réalité un chapitre extrêmement lourd et complexe de l’histoire moderne de Taïwan.

Le canton de Mudan, cette région montagneuse autochtone qui administre six villages — Shimen, Mudan, Dongyuan, Xuhai, Gaoshi et Silin —, est principalement peuplé par les Paiwan, avec une minorité d’Amis. Et le nom « Mudan » provient précisément de l’incident de Mudan de 1874, qui ébranla tout l’échiquier diplomatique de l’Asie de l’Est.

L’incident de Mudan : un site historique englouti sous les eaux du barrage

En 1874, plusieurs naufragés ryukyuans dérivèrent jusqu’à la péninsule de Hengchun après une tempête en mer et entrèrent en conflit avec les autochtones locaux. Cet incident fortuit devint finalement le prétexte officiel du Japon pour envoyer des troupes à Taïwan, sous prétexte de « protéger les sujets ryukyuans ». Cette opération militaire, connue sous le nom d’« incident de Mudan », ne fut pas seulement un cas important de la première intervention militaire extérieure du Japon moderne ; elle influença profondément le virage de la politique de gouvernance de Taïwan par la dynastie Qing, et constitue, dans une certaine mesure, un prélude clé dans le contexte historique de la colonisation japonaise de Taïwan.

En pédalant sur la route menant au barrage de Mudan, j’ai essayé d’imaginer à quoi ressemblait cette terre il y a cent cinquante ans, dans un décor d’épées et de feux de guerre. Aujourd’hui, sous mes yeux, il n’y a que les eaux calmes du lac, reflétant les montagnes environnantes en couches successives, et les oiseaux aquatiques qui survolent parfois la surface. Le temps, à sa manière, a apaisé les blessures et les conflits d’antan, permettant à cette terre de retrouver sa sérénité et sa beauté.

Mais la sérénité ne signifie pas l’oubli. Le parc commémoratif de l’incident de Mudan et le musée de l’incident de Mudan, établis dans le canton de Mudan, sont précisément la mise en pratique concrète de ce choix de cette terre : mémoriser et transmettre cette histoire complexe de manière constructive. Bien que je n’aie pas personnellement visité tous les détails de ces installations commémoratives au cours de cette balade, le simple fait de savoir qu’elles existent m’a donné une sensation de poids historique supplémentaire face à ce paysage de montagnes et d’eaux en apparence ordinaire, et m’a rappelé de poursuivre ma route avec cette conscience.

Le temps paisible au bord du lac du barrage

En approchant de la zone centrale du barrage de Mudan, le paysage s’est soudainement ouvert devant moi — un lac d’un vert émeraude, couché tranquillement au milieu des montagnes qui l’entourent, une brise légère effleurant la surface et soulevant des ondulations successives. Ce barrage, haut de 65 mètres et d’une capacité de stockage de plus de 30 millions de mètres cubes, est une artère hydrique essentielle de la péninsule de Hengchun, approvisionnant les besoins en eau domestique et agricole de la vaste région en aval. C’est aussi une infrastructure indispensable sur cette terre.

Je me suis arrêté un moment au bord du lac, contemplant cette étendue d’eau vaste et paisible, et une sensation de calme indicible, mais pourtant bien réelle, a monté en moi. Par rapport à la montée d’adrénaline provoquée par les montées intenses des autres itinéraires de cette série, la route 199 du barrage de Mudan m’a offert une expérience de cyclisme totalement différente, mais tout aussi précieuse — une sérénité et un confort qui permettent de ralentir le pas et de ressentir pleinement la beauté environnante.

Parfois, des oiseaux aquatiques survolaient le lac, leurs silhouettes légères et libres. Ils ont peut-être déjà considéré ce lac artificiel comme un habitat et un foyer naturel, allant de soi. En les regardant voler librement, je me suis soudain dit que ce barrage, né des besoins de l’ingénierie humaine, après près de trente ans de sédimentation, avait atteint une relation symbiotique subtile et harmonieuse avec l’écosystème naturel environnant, comme s’il avait toujours fait partie de ce paysage de montagnes et d’eaux.

Le vent et le soleil de la péninsule de Hengchun

Le canton de Mudan est situé à la lisière nord de la péninsule de Hengchun. Cette terre possède des conditions climatiques et des caractéristiques géographiques uniques par rapport au reste de Taïwan. Le célèbre vent de descente automne-hiver apporte à cette terre un caractère et des défis de vie particuliers, tandis que le soleil brûlant de l’été donne à la végétation et aux cultures une vitalité et une apparence radicalement différentes de celles du nord ou du centre.

Sur cet itinéraire relativement plat, j’ai eu plus de latitude pour ressentir l’atmosphère unique tissée par le vent et le soleil sur cette terre. La brise effleurait mes joues, chargée de légères senteurs d’herbes et de terre, le soleil se déversait sur la route et le lac, réfléchissant une lumière éclatante mais non éblouissante. Cette sensation de cyclisme détendue, sans pression, m’a, dans une certaine mesure, permis de comprendre à un niveau plus profond ce qu’est le « voyage » — tous les voyages n’ont pas besoin de se définir par le dépassement de ses limites ; parfois, simplement ralentir et ressentir peut apporter des récoltes profondes et précieuses.

La métaphore topographique de Shimen

La zone de Shimen, le long de la route départementale 199, tire son nom de son relief étroit comme une porte. Cette métaphore topographique fait écho, dans une certaine mesure, au rôle particulier que cette terre du canton de Mudan a joué dans l’histoire — elle est à la fois un passage important pour les échanges de la péninsule de Hengchun avec l’extérieur, l’un des sites centraux de l’incident de Mudan, et un carrefour clé reliant les tribus montagnardes aux communautés des plaines.

En traversant ce tronçon de Shimen au relief relativement étroit, j’ai délibérément ralenti pour ressentir les changements topographiques où les parois montagneuses des deux côtés se rapprochent puis s’élargissent progressivement. Cette métaphore topographique ressentie physiquement pendant la balade permet de comprendre bien plus intuitivement que toute description écrite la signification multiple et complexe que cette terre porte sur les plans géographique et historique.

Conseils pour le prochain cycliste

Si vous envisagez également de relever le défi de la route 199 du barrage de Mudan, je veux vous dire ceci : ne la prenez pas à la légère en la considérant simplement comme un itinéraire « facile » ou « sans défi ». Ralentissez, ressentez la sérénité au bord du lac, et n’hésitez pas à prendre le temps de comprendre en profondeur l’incident de Mudan, ce chapitre historique d’une influence cruciale sur le développement de l’histoire moderne de Taïwan. Cet itinéraire n’offre pas seulement une détente et un confort physiques, mais aussi une occasion précieuse de plonger dans l’histoire de Taïwan et le contexte culturel de cette terre.

Avant de quitter le barrage de Mudan, j’ai jeté un dernier regard sur ce lac vert émeraude, notant silencieusement dans mon cœur toutes les sensations et les réflexions que ce voyage m’a apportées. Cette route, bien que de pente douce, m’a permis, à sa manière, de comprendre tout autrement les mots « légèreté » et « profondeur » — la valeur d’un voyage n’est jamais nécessairement proportionnelle au niveau de défi physique ; parfois, les émotions les plus profondes se cachent précisément dans ces coins en apparence ordinaires, mais riches de strates historiques et humaines.

Une méditation sur la réconciliation et la coexistence

Debout sur la digue du barrage, contemplant ce lac artificiel né de la construction, mais déjà en coexistence harmonieuse avec l’écosystème naturel, je ne peux m’empêcher de penser à l’incident de Mudan, déclenché il y a cent cinquante ans par des malentendus et des conflits, ainsi qu’au processus par lequel les différents groupes ethniques et cultures de cette terre, au fil des longues années, se sont progressivement dirigés vers la compréhension et la coexistence. Cette réconciliation et cette coexistence qui traversent le long fleuve du temps se concrétisent, dans une certaine mesure, dans ce paysage de lac et de montagnes où l’artificiel et le naturel se mêlent, où l’histoire et le présent coexistent.

Je pense que c’est précisément ce que la route 199 du barrage de Mudan mérite le plus d’être savourée — elle emmène chaque visiteur, de la manière la plus douce et la plus déployée, à travers cette terre chargée de mémoires historiques complexes, pour finalement atteindre un paysage de lac et de montagnes paisible et magnifique, comme pour symboliser que, quelle que soit la lourdeur de l’histoire, cette terre et les gens qui y vivent finiront toujours par trouver leur propre manière d’avancer.

De Shangmudan à Shimen : un corridor paysager sous-estimé

Le tronçon principal de la route départementale 199, de Shangmudan à Shimen, est, à ma grande surprise, le segment le plus fascinant de ce voyage. Les paysages des deux côtés ne cessent d’alterner entre des vallées ouvertes et des gorges relativement étroites, avec parfois des silhouettes de montagnes en couches au loin, parfois encerclé par des parois rocheuses qui se rapprochent, créant un rythme visuel riche et varié. Cette diversité paysagère a, dans une certaine mesure, brisé mon impression préconçue d’un itinéraire « à pente douce » plutôt monotone.

J’ai particulièrement apprécié les tronçons à la vue dégagée, où je m’arrêtais pour contempler au loin les ondulations des montagnes de tout le canton de Mudan. Le soleil de l’après-midi dorait ces montagnes d’un halo chaud, créant un contraste saisissant et magnifique avec le ciel d’un bleu profond. Ces images m’ont poussé à m’arrêter à plusieurs reprises, sortant mon téléphone pour capturer ces instants de beauté éphémères. Parfois, les moments les plus émouvants d’un voyage ne sont pas les sites célèbres soigneusement planifiés et largement promus, mais ces instants de beauté qui surgissent inopinément, appartenant au voyage lui-même.

La vie des tribus et la coexistence avec le réservoir

Les villages tribaux du canton de Mudan et ce réservoir artificiel ont développé, après près de trente ans, une relation de coexistence subtile et naturelle. Tout au long de la route, on aperçoit parfois des habitants des tribus circulant en scooter ou à pied sur les routes industrielles autour du réservoir, vaquant à leurs activités agricoles quotidiennes ou à leurs courses. Ce paysage précieux du quotidien, où le réservoir et la vie tribale s’entremêlent, m’a permis de développer une compréhension plus proche de la vie, plus tridimensionnelle de ce lac artificiel — il n’est pas seulement un ouvrage hydraulique, mais aussi une partie indissociable de la vie quotidienne des habitants de cette terre.

Bien que je n’aie pas eu l’occasion d’échanger en profondeur avec les habitants locaux pour comprendre leurs sentiments et opinions précis concernant ce réservoir, à travers ces fragments d’observation de la vie quotidienne, je ressens confusément qu’entre l’homme et les constructions d’ingénierie, avec le temps qui passe, une relation relativement harmonieuse et d’interdépendance peut effectivement se développer. Cette relation n’est peut-être pas aussi naturelle qu’un écosystème sauvage, mais elle mérite tout autant d’être chérie et respectée, et fait tout aussi indissociablement et intimement partie de cette terre.

Une lettre adressée au lac

Si le lac pouvait comprendre le langage humain, je voudrais dire au réservoir de Mudan : merci. Tout en portant les besoins en eau d’innombrables habitants de la péninsule de Hengchun, tu as su préserver cette apparence paisible et magnifique, offrant à des voyageurs de passage comme moi un espace précieux de répit et de guérison au milieu de la fatigue du cyclisme. Tu as été témoin des conflits et des douleurs qui ont marqué cette terre, et pourtant, par ton attitude calme et sans vague, tu racontes silencieusement que le temps finit toujours par apaiser bien des blessures, permettant à cette terre de retrouver sa propre harmonie et sa sérénité.

Ce dialogue avec soi-même, légèrement poétique et même quelque peu personnifié, peut sembler un peu affecté, mais j’ai toujours cru que lorsqu’une personne est disposée à ressentir une terre, une étendue d’eau avec son cœur, ce lien émotionnel, même empreint d’imagination subjective, reste une réalité précieuse et authentique, digne d’être honnêtement consignée, sans craindre de paraître trop sensible ou mélancolique.

La saison où le vent de montagne n’est pas encore arrivé

La saison de ma visite au réservoir de Mudan 199 coïncidait précisément avec la période où le vent de montagne n’avait pas encore véritablement déployé sa puissance. La brise était douce, le soleil chaud sans être brûlant — des conditions de cyclisme tout à fait agréables et confortables. J’ai essayé d’imaginer, si l’on était en automne ou en hiver, saison où le vent de montagne souffle en force, quel visage et quelle atmosphère totalement différents ce paysage de lac et de montagnes pourrait revêtir — peut-être que la surface du lac se riderait plus visiblement, et que la végétation des deux rives, sous la violence du vent, dévoilerait une autre posture de ténacité et de vitalité émouvante.

Cette imagination et cette attente des multiples visages qu’un même paysage peut offrir selon les saisons et les conditions météorologiques constituent, dans une certaine mesure, l’une des motivations importantes qui m’inciteront à planifier une nouvelle visite de cet itinéraire à l’avenir — une raison digne d’être continuellement attendue et explorée. Après tout, les lieux qui méritent véritablement d’être visités à plusieurs reprises sont souvent ceux qui, dans des conditions spatio-temporelles différentes, continuent d’offrir au voyageur des sensations fraîches et riches, dignes d’être écrites, relues, mâchées et savourées à l’infini.

En conclusion : le pouvoir de la sérénité

En quittant le réservoir de Mudan 199 pour poursuivre mon itinéraire, j’emportais avec moi un sentiment de paix et de satisfaction difficile à décrire. Ce voyage n’a comporté ni la montée d’adrénaline provoquée par des pentes raides, ni la lutte intense faite de sueur et d’essoufflement ; à la place, une expérience de cyclisme posée, détendue, mais tout aussi profonde et précieuse.

Je pense que c’est précisément la leçon la plus importante que le réservoir de Mudan 199 m’a enseignée — la sérénité est elle aussi une force. Elle n’a pas besoin de prouver sa valeur par des confrontations et des défis intenses, mais existe silencieusement avec une posture douce mais ferme, attendant que chaque voyageur disposé à ralentir le pas et à ressentir avec le cœur vienne découvrir son charme unique et sa signification profonde.

L’appel inattendu des souvenirs d’enfance

En roulant sur cet itinéraire tout en douceur, contemplant les reflets scintillants du lac, j’ai soudainement pensé à un souvenir flou d’enfance, celui d’une visite à un réservoir avec ma famille. À cette époque, je ne savais pas encore apprécier le contexte historique ou les détails techniques derrière un paysage ; j’étais simplement attiré par l’étendue d’eau ouverte devant moi et l’air pur, courant et jouant au bord du lac, laissant derrière moi un souvenir insouciant, pur et merveilleux.

Aujourd’hui, bien des années plus tard, je me tiens de nouveau au bord d’un autre réservoir, cette fois en tant que cycliste, en tant que personne tentant de consigner les histoires de la terre par l’écriture. Mon état d’esprit et ma perspective sont radicalement différents de ceux de mon enfance, enrichis d’une maturité et d’une observation fine nées de la décantation. Cette sensation d’entrelacement spatio-temporel m’a fait prendre conscience que la relation entre l’homme et le paysage ne cesse de produire de nouvelles strates et significations au fil des étapes de la vie. Un même lac, visité à différents moments de l’existence, suscite toujours des résonances émotionnelles totalement différentes, mais tout aussi précieuses.

Les héros anonymes derrière l’ouvrage hydraulique

La construction du réservoir de Mudan, commencée en 1988 et achevée en 1995, a duré près de sept ans. Derrière cet ouvrage se concentrent le sang et les efforts d’innombrables ingénieurs, planificateurs et équipes de construction. Ces héros anonymes et discrets ne figurent peut-être dans aucune brochure touristique ni dans les pages importantes des manuels d’histoire, mais c’est précisément grâce à leur dévouement que les habitants de la vaste région de la péninsule de Hengchun peuvent bénéficier d’un approvisionnement en eau potable stable et suffisant.

Debout sur la digue du réservoir, contemplant cette étendue d’eau artificielle majestueuse, j’ai silencieusement adressé un hommage tardif mais sincère à toutes ces personnes qui ont participé à ce vaste projet de construction. Chaque fois que nous profitons du confort d’ouvrir un robinet pour obtenir de l’eau propre, se concentrent en réalité derrière ce geste d’innombrables efforts et sagesses silencieusement déployés, rarement mis en lumière.

Lumière, ombres et perception du temps au bord du lac

À l’approche de l’après-midi, l’angle du soleil s’incline lentement, revêtant la surface du lac d’un éclat doré, chaud et doux, d’une beauté à couper le souffle. Assis sur une pierre au bord du lac, je regarde silencieusement la lumière et les ombres se déplacer lentement à la surface de l’eau au fil du temps. Cette contemplation pure, sans aucun but, est un moment précieux que je n’avais plus expérimenté depuis longtemps dans ma vie urbaine.

Le rythme de la vie moderne est rapide ; nous sommes constamment bombardés de tâches à accomplir et d’informations, toujours en train de courir après le temps. Nous avons rarement l’occasion, comme en cet instant, de simplement nous asseoir, de ne rien faire, de regarder les jeux de lumière et d’ombre, de sentir le temps s’écouler lentement, de manière poétique, sans aucune hâte ni anxiété. L’itinéraire du réservoir de Mudan 199, d’une certaine manière, m’a offert cette rare opportunité de réapprendre à ralentir, à simplement exister dans l’instant présent, sans compter la vitesse, sans comparer les kilomètres, simplement partager le même espace-temps avec ce paysage de lac et de montagnes. Cette sensation d’existence pure, longtemps oubliée, est peut-être la capacité précieuse que nous oublions le plus facilement dans la vie moderne effrénée, et celle qu’il nous faut le plus réveiller.

Un doux conseil aux futurs visiteurs

Si vous aussi vous planifiez de parcourir l’itinéraire du réservoir de Mudan 199, outre les conseils d’approvisionnement et de météo mentionnés précédemment, je voudrais vous donner un conseil plus proche de la dimension spirituelle : ne vous précipitez pas pour terminer le parcours, ne vous précipitez pas pour prendre des photos à publier, ne vous précipitez pas vers l’étape suivante. Essayez de trouver un coin confortable au bord du lac, asseyez-vous, restez-y un moment, laissez votre corps et votre esprit véritablement s’immerger dans la paix et la guérison que ce paysage de lac et de montagnes offre.

Ce conseil peut sembler aller à l’encontre de l’« efficacité » et du « temps de parcours » mis en avant par les guides classiques, mais j’ai toujours cru que la valeur la plus précieuse de l’itinéraire du réservoir de Mudan 199 réside précisément dans cette sérénité et cette marge qu’il offre au cycliste. Puisse chaque voyageur qui s’y rend emporter cet état d’esprit et savourer pleinement la beauté unique de cette terre.

Épilogue : les adieux au bord du lac

Le soleil déclinait à l’horizon ; je savais qu’il était temps de quitter ce paysage de lac et de montagnes qui me retenait si longtemps, et de reprendre la route du retour. Avant de partir, j’ai jeté un dernier regard sur la surface du lac teintée d’orange par le couchant, et j’ai fait silencieusement une promesse — ce ne sera pas ma dernière visite au réservoir de Mudan. À l’avenir, je reviendrai avec plus de temps et de sérénité, pour continuer à explorer les histoires et les beautés encore non découvertes de cette terre, et continuer, par les mots et par les deux roues, à consigner les chapitres uniques et émouvants de ce paysage d’eau et de montagne.

Le réservoir de Mudan 199, cet itinéraire aux pentes douces mais riche d’une histoire profonde et d’un patrimoine humain, m’a enseigné, par sa posture de douceur unique, que le sens du voyage n’est jamais nécessairement proportionnel à l’intensité du défi. Parfois, les émotions les plus profondes se cachent précisément dans ces moments paisibles qui semblent ordinaires mais méritent d’être savourés avec attention, attendant que chaque voyageur disposé à ralentir vienne les découvrir et les ressentir par lui-même, puis transmette cette émotion au suivant, celui qui voudra bien écouter avec le cœur.

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