Le carrefour au cœur de Jianshi : de Yufeng à Yulao, une chevauchée en compagnie des nuages et de la brume

Le carrefour au cœur de Jianshi : de Yufeng à Yulao, une sortie à vélo en compagnie des nuages et de la brume
8,3 kilomètres, près de 700 mètres de dénivelé positif. Cette route n’offre aucun point de vue spectaculaire, mais elle recèle le quotidien le plus authentique des communautés Atayal en montagne.
Le canton de Jianshi : le dernier sanctuaire avant l’entrée de la route transversale nord
Le canton de Jianshi, dans le comté de Hsinchu, n’est pas un nom inconnu pour les amateurs de vélo de route à Taïwan, mais il conserve toujours une part de mystère. Situé au début de la route provinciale 7, sur la route transversale nord, c’est le dernier lieu habité avant de pénétrer dans les recoins sauvages et profonds que sont le parc national de Shei-Pa, Guanwu, Smangus et Cinsbu. La quasi-totalité du territoire de Jianshi est montagneuse, avec une population majoritairement Atayal, dont les communautés sont dispersées entre les sommets. Yufeng et Yulao sont deux repères géographiques importants de cette région forestière.
Yufeng, anciennement appelé « Marikoang », est le village d’entrée de la zone arrière du canton de Jianshi (communément appelée « Jianshi arrière »). Les communautés Atayal y ont conservé un mode de vie traditionnel relativement intact, et c’est également un carrefour de circulation vers Naluo, Yulao, Qingquan et Guanwu. Yulao, quant à lui, se situe à environ 1 450 mètres d’altitude. Son nom proviendrait de la langue Atayal et signifierait « l’endroit où vivent les singes ». C’est le point de partage entre l’avant et l’arrière de Jianshi, et le passage obligé vers Smangus (surnommé « la communauté de Dieu ») et les forêts de cyprès géants de Cinsbu.
Pour les cyclistes familiers de la géographie montagneuse taïwanaise, cette courte montée de 8,3 kilomètres entre Yufeng et Yulao symbolise en réalité une transition à la fois géographique et culturelle — depuis les villages de basse montagne relativement ouverts, on s’élève progressivement vers une zone de haute montagne enveloppée de nuages et de brume, au climat radicalement différent. Cette transition brutale d’altitude et de climat est ce qui rend cet itinéraire à la fois si fascinant et si exigeant.
Récit de sortie à la première personne : de la chaleur étouffante de la vallée à la brume des sommets
Parti à l’aube de Zhudong, je bifurque sur la route provinciale 3 en direction de Jianshi. La lumière du matin conserve encore une certaine fraîcheur, et le bruit des ruisseaux de la vallée se fait peu à peu plus distinct au fil des tours de roue. Après avoir franchi le pont de Jianshi, j’entre officiellement sur le territoire du canton de Jianshi. Les montagnes de part et d’autre commencent à se resserrer, et la route serpente en conséquence. À mon arrivée à Yufeng, le soleil a déjà grimpé au-dessus des crêtes. Sous les avant-toits de quelques maisons du village, des anciens assis au soleil adressent aux cyclistes de passage des regards bienveillants mais peu loquaces — c’est le rythme propre aux communautés de montagne : ni bruyant, ni indifférent.
Depuis Yufeng, à peine quelques tours de pédale que la pente se fait impitoyablement sentir. La chaleur étouffante du premier kilomètre colle encore à la peau, et la sueur ne tarde pas à imbiber le maillot. Cette route n’offre que peu de répit pour s’acclimater ; elle vous dit de la manière la plus directe : ici, c’est Jianshi, et les routes n’ont jamais été construites pour le confort des touristes.
Vers le troisième kilomètre, l’ombre des arbres se densifie, le soleil est découpé en taches de lumière qui dansent sur le bitume, et la température baisse de façon visible. C’est la transition la plus envoûtante de ce parcours entre Yufeng et Yulao — on ressent physiquement le changement climatique lié au gain d’altitude, passant de la chaleur humide de la vallée à la fraîcheur humide caractéristique des moyennes altitudes. Parfois, une rafale de vent traverse la route, chargée des senteurs végétales propres à la forêt, mêlées à l’odeur de terre humide après la pluie — une expérience sensorielle qu’aucune route urbaine ne saurait reproduire.
Les lacets s’enchaînent les uns après les autres, et à chaque virage, le paysage se transforme subtilement — tantôt les silhouettes superposées des montagnes, tantôt la brume qui s’élève lentement de la vallée pour s’enrouler autour des cimes à mi-versant. Ce paysage de nuages et de brume, tantôt visibles, tantôt dissimulés, est la caractéristique climatique la plus représentative de l’arrière de Jianshi, particulièrement présente aux heures humides du petit matin ou de l’après-midi, drapant toute la montée d’un voile ténu.
Sur le dernier kilomètre avant Yulao, la vue s’ouvre soudainement. En me retournant, je vois la route parcourue serpenter et s’effacer au cœur de la forêt, tandis que les montagnes enchevêtrées de Jianshi s’offrent au regard. Au moment d’atteindre Yulao, la douleur dans les jambes et l’essoufflement se trouvent instantanément dilués par ce panorama ouvert. Le poste de police de Yulao se dresse au point culminant — un passage obligé pour de nombreux visiteurs en route vers Smangus et Cinsbu, et le lieu idéal pour les cyclistes de faire une courte pause et de prendre des photos souvenirs.
Points de repère et paysages humains le long du parcours
Le village de Yufeng est en soi un endroit qui mérite qu’on ralentisse pour l’apprécier. Il fait partie du territoire traditionnel Atayal, et le village conserve certains éléments architecturaux traditionnels et traces de vie. La flèche de l’église se détache nettement dans la vallée — la foi chrétienne est une caractéristique culturelle commune à de nombreuses communautés autochtones de Taïwan, et une clé essentielle pour comprendre la structure sociale locale. Si les cyclistes de passage ont l’occasion d’échanger avec les habitants, ils entendront souvent de nombreuses histoires sur cette forêt, de l’histoire de l’exploitation forestière des premières années à la transition touristique récente — des mémoires profondes qu’aucune carte ne saurait révéler.
Le long des routes secondaires environnantes, on aperçoit parfois des vergers et des potagers cultivés sur les pentes — l’une des principales sources de revenus des habitants de la zone montagneuse de Jianshi, reflétant aussi l’intelligence d’une agriculture de montagne qui coexiste avec des terrains escarpés : aménager des espaces cultivables sur des pentes aussi raides est en soi une compétence de survie forgée par un long compagnonnage avec la terre.
Le statut de Yulao en tant que carrefour routier en fait également une petite fenêtre d’observation sur les dynamiques touristiques du canton de Jianshi. Les jours fériés, les navettes et les automobilistes en route vers Smangus et Cinsbu se succèdent sans interruption, formant un contraste intéressant avec les cyclistes qui conquièrent silencieusement cette pente à la force des jambes — même objectif, celui d’atteindre les profondeurs de la montagne, mais des moyens radicalement différents.
Ce que cette route représente pour moi
Chaque défi relevé entre Yufeng et Yulao est comme un dialogue avec soi-même. 8,3 kilomètres, ce n’est ni long ni court, mais une pente moyenne de 8,2 % suffit à vous faire réexaminer, à chaque coup de pédale, votre rythme respiratoire, votre fréquence cardiaque, et cette capacité de concentration que le quotidien a tendance à masquer. Ce qui rend la pratique du vélo en montagne si fascinante, ce n’est jamais seulement la satisfaction d’atteindre le sommet, mais cette sensation, tout au long du parcours, d’être en parfaite synchronie avec l’environnement et avec son corps — on entend battre son cœur, on sent chaque goutte de sueur tracer son chemin, et dans les instants où la pente est la plus raide, on expérimente une concentration quasi méditative.
Cet itinéraire m’a aussi amené à repenser l’essence même de ce qu’est un « défi ». Il n’a pas la notoriété nationale et la dimension de pèlerinage du mont Wuling, ni le poids historique des étapes du Tour de France. C’est simplement une route qui existe tranquillement au cœur des montagnes de Hsinchu, servant aux déplacements quotidiens des habitants, mais qui, par sa pente et son relief, se trouve être un terrain d’entraînement idéal pour les amateurs de vélo de route. Ce type de parcours « atypique » permet souvent de revenir à la pureté originelle de la pratique — non pas pour le check-in, non pas pour le partage sur les réseaux sociaux, mais simplement pour savoir si, aujourd’hui, on peut pédaler un peu mieux qu’hier.
Paysages saisonniers et suggestions d’extension
L’itinéraire entre Yufeng et Yulao offre des visages différents à chaque saison. Au printemps (mars-avril), les cerisiers de montagne et autres plantes indigènes fleurissent çà et là, offrant une riche palette de couleurs forestières ; en été (mai-septembre), l’ombre des arbres est dense et, malgré la chaleur étouffante, de nombreux tronçons sont ombragés ; les après-midi sont sujets au brouillard ou aux orages, il est donc conseillé de partir tôt ; en automne (octobre-novembre), le temps est généralement plus stable, ce qui en fait l’une des meilleures saisons pour planifier une longue sortie en montagne, avec une excellente visibilité et des crêtes nettement dessinées ; en hiver (décembre-février), le temps froid et humide apporté par la mousson du nord-est exige un équipement plus soigné, et la zone sommitale de Yulao est parfois enveloppée de basses températures et de brume épaisse, offrant une beauté mélancolique singulière.
Si le temps le permet, il est possible de prolonger l’itinéraire jusqu’au vieux quartier de Neiwan pour découvrir l’ambiance d’une petite ville où se mêlent cultures hakka et autochtone, et goûter aux spécialités locales comme les zongzi au gingembre sauvage ou le thé pilé hakka (pour les adresses précises et les horaires d’ouverture, il est recommandé de se référer à la situation réelle sur place). Si l’énergie et le temps le permettent, on peut également envisager de poursuivre vers la communauté de Naluo pour admirer ses installations de poésie et ses créations artistiques. Naluo est le « village de la poésie » réputé de Jianshi, et le long de la route se trouvent de nombreuses installations poétiques, idéales pour les cyclistes amateurs de culture qui souhaitent ralentir le rythme et savourer chaque instant.
Un mot pour les futurs challengers
Si vous envisagez de relever le défi de Yufeng à Yulao, voici ce que je veux vous dire : ne considérez pas simplement cet itinéraire comme un indicateur chiffré à conquérir. La pente moyenne de 8,2 % et les 678,8 mètres de dénivelé sont certes des données importantes qui vous aideront à préparer votre équipement et votre condition physique, mais ce qui rend véritablement cet itinéraire digne d’être parcouru à maintes reprises, ce sont ces expériences sensorielles éphémères en chemin — les taches de lumière traversant le feuillage au petit matin, le spectacle de la brume s’élevant lentement de la vallée, la vue qui s’ouvre soudainement à l’arrivée à Yulao, et cette bienveillance simple et authentique échangée avec les habitants locaux au passage.
En terminant cet itinéraire, vous n’en repartirez pas seulement avec un temps de parcours ou un classement segment, mais avec une compréhension et un respect plus profonds pour cette région montagneuse de Jianshi. C’est peut-être là ce que le cyclisme sur route a de plus précieux — il nous permet, de la manière la plus proche de la terre, de découvrir un lieu, de ressentir une histoire, et de trouver ces paysages purs, cachés dans les montagnes de Taïwan, préservés du surdéveloppement et de la commercialisation. Si l’occasion se présente à nouveau de revenir à Yufeng et Yulao, j’attendrai toujours avec impatience cette ascension depuis la vallée étouffante jusqu’aux sommets enveloppés de brume — c’est le cadeau le plus sincère que cet itinéraire offre à chaque cycliste qui le parcourt sérieusement.
Les sons et les odeurs de la montagne
En parcourant les itinéraires de montagne, au-delà des paysages visuels, il y a de nombreux souvenirs sensoriels tout aussi profonds mais souvent négligés. Sur le tronçon de Yufeng à Yulao, on entend rarement le vacarme des moteurs ou les klaxons urbains ; à la place, ce sont les bruissements du vent dans les cimes, les chants d’oiseaux occasionnels, le murmure lointain de l’eau dans les vallées, ainsi que le rythme de plus en plus soutenu de votre propre respiration et le bruit régulier de la chaîne. Cet environnement sonore presque pur est l’expérience sensorielle que les cyclistes urbains redécouvrent le plus facilement lors d’une sortie en montagne.
Les odeurs constituent une autre couche de repères mémoriels sur cet itinéraire. Au départ de Yufeng, l’air porte encore les senteurs caractéristiques de bois brûlé et de terre des villages de la vallée ; à mesure que l’altitude gagne, la forêt s’épaissit et l’air se charge d’un mélange d’humus humide et de résine de conifères — cette fraîcheur particulière des forêts de moyenne altitude. Si vous roulez peu après une pluie, l’odeur humide émanant du sol et de la végétation est encore plus prononcée ; cette senteur unique appelée « petrichor » (l’odeur de la terre après la pluie), entremêlée entre le bitume et la forêt environnante, laisse une impression particulièrement mémorable.
Les brèves rencontres avec les habitants
Sur les itinéraires reculés en montagne, ce qu’il y a de plus précieux, ce sont souvent ces instants de rencontre fortuite avec les habitants locaux. Dans le village de Yufeng, on aperçoit parfois des anciens de la tribu assis devant leur porte, tressant des paniers de bambou ou préparant des produits agricoles fraîchement récoltés. Ils accueillent généralement le passage des cyclistes avec un calme habitué, hochant parfois la tête en signe de salut, parfois lançant un regard curieux. Ces interactions simples, sans l’accueil artificiellement chaleureux des zones touristiques commercialisées, sont en réalité plus proches de la vie authentique des tribus.
Si vous croisez en chemin des habitants conduisant des véhicules agricoles ou des scooters, sur ces routes de montagne étroites, la courtoisie et le salut mutuel sont devenus une sorte de convention tacite. Ces interactions subtiles et sincères entre locaux et visiteurs sont une chaleur humaine que l’on ne ressent qu’en parcourant ces itinéraires isolés — une expérience impossible à reproduire dans les circuits touristiques bien emballés.
La sagesse de la montagne dans le contexte culturel Atayal
En tant que partie du territoire traditionnel du peuple Atayal, cette région montagneuse de Jianshi n’a jamais été pour ses habitants un simple repère géographique, mais un espace culturel porteur de territoires de chasse, de croyances ancestrales et de la sagesse de vie transmise de génération en génération. Le système normatif traditionnel « Gaga » des Atayal englobe des principes éthiques couvrant tous les aspects de la vie — chasse, agriculture, rituels de mariage, de deuil et de cérémonies — et l’utilisation durable des ressources de la montagne est l’une des valeurs fondamentales de ce système.
En traversant cette terre à vélo, une compréhension et un respect de base pour ce contexte culturel donneront une signification bien plus profonde à tout le parcours. Ce n’est pas seulement un itinéraire idéal pour s’entraîner à grimper, c’est aussi une terre avec sa propre narration historique et son poids culturel. Il est recommandé aux cyclistes de ralentir en traversant les villages tribaux, de faire preuve de respect et de courtoisie de base, afin que cette sortie ne soit pas seulement un défi physique, mais aussi un apprentissage humble sur le plan culturel.
En conclusion : l’itinéraire secret des cyclistes
Comparé à Wuling ou au mont Hehuan, ces ascensions célèbres depuis longtemps et prises d’assaut par les voitures les week-ends, Yufeng à Yulao ressemble davantage à un itinéraire confidentiel « que ceux qui comprennent, comprennent naturellement ». Pas de monument emblématique spectaculaire pour les photos de check-in, pas de rangée de commerces attendant les cyclistes épuisés — seulement la pente la plus brute, la montagne la plus authentique, et ces instants chaleureux de croisements occasionnels avec les habitants.
C’est précisément pour cette raison que cet itinéraire convient particulièrement aux cyclistes qui ont déjà parcouru les itinéraires célèbres et commencent à chercher une expérience plus proche de la terre. Il nous rappelle que le plaisir originel du cyclisme sur route n’a jamais été de courir après les lieux branchés ou la notoriété sur les réseaux sociaux, mais de découvrir, à travers les jambes et les roues, ces paysages magnifiques, discrets mais profonds, cachés dans les recoins de Taïwan. Yufeng à Yulao mérite d’être vu par davantage de cyclistes qui savent l’apprécier.
Un même chemin, deux identités entremêlées
Ce qui est intéressant, c’est que cette route de Yufeng à Yulao porte simultanément deux identités radicalement différentes. Pour les habitants Atayal, c’est la route de leur vie quotidienne — pour se rendre au travail, transporter les produits agricoles, faire l’aller-retour entre la tribu et la ville ; un paysage des plus ordinaires. Mais pour les cyclistes sur route venus de loin, c’est un « itinéraire de défi » qui nécessite une planification préalable, un équipement et une condition physique soigneusement préparés.
Cet entrelacement d’identités est en réalité le reflet de nombreuses routes de montagne à Taïwan — le même bitume porte des significations et des poids radicalement différents. Lorsque nous roulons sur de telles routes, nous devrions peut-être faire preuve d’humilité : nous sommes des passants sur cette terre, des visiteurs qui empruntent temporairement cette route pour accomplir un défi personnel, alors que cette montagne et cette route appartiennent depuis toujours aux peuples qui y vivent de génération en génération. Rouler avec cet état d’esprit donne à tout le parcours une profondeur supplémentaire, et le dépouille de son simple caractère de compétition physique.
Si le soleil commence à décliner avant que vous n’ayez terminé la descente, la lumière dans la vallée prend une teinte douce indescriptible ; les derniers rayons dorés se répandent sur les crêtes lointaines, contrastant fortement avec la pénibilité de l’ascension. À cet instant, toute la fatigue semble prendre un sens — c’est ainsi que Yufeng à Yulao, avec sa pente la plus honnête et son paysage le plus tendre, répond à chaque cycliste qui a pédalé sérieusement sur cette route.
Repenser le « paysage » du point de vue du cycliste
Quand on parle du paysage d’un itinéraire cycliste, on pense généralement aux montagnes majestueuses, aux panoramas marins étendus ou aux points de vue célèbres. Mais ce que Yufeng à Yulao m’a appris, c’est que le paysage a une autre définition, plus proche des sensations corporelles — c’est la concentration lorsque le rythme de pédalage et la fréquence respiratoire se synchronisent, c’est l’instant où la sueur tombe sur le cintre, c’est cette émotion complexe mêlant crainte et envie d’essayer à chaque fois qu’on lève les yeux vers la pente interminable devant soi.
Ce « paysage des sensations corporelles », bien plus qu’un simple beau panorama visuel, laisse souvent des souvenirs bien plus profonds une fois le défi accompli. Je me souviens encore de la première fois où j’ai terminé cet itinéraire : assis sur le muret près du poste de police de Yulao, regardant mon maillot trempé de sueur, écoutant le vent souffler à mes oreilles, ce sentiment mêlant fatigue et satisfaction était bien plus marquant que de simplement regarder une belle photo de paysage. C’est peut-être là toute la fascination du cyclisme sur route — il ne s’agit jamais seulement « d’atteindre un endroit », mais de « vivre réellement, avec son propre corps, le processus pour y arriver ».
Si vous vous êtes déjà tenu au point de départ de Yufeng à Yulao, regardant la pente sinueuse s’élevant devant vous, avec une pointe d’hésitation au fond de vous, voici ce que je veux vous dire : pédalez. Cette route ne décevra jamais un cycliste qui affronte honnêtement ses limites physiques ; elle répondra, de la manière la plus directe et la plus sans fard, à chaque effort que vous y investirez. Et lorsque vous atteindrez Yulao, en regardant en arrière le chemin parcouru, vous comprendrez que tout cela en valait la peine.
Invitation au prochain visiteur
Les montagnes de Taïwan sont toujours plus riches et plus nuancées que ce que nous imaginons. De Yufeng à Yulao, cette route ne figure peut-être pas dans les classements des cent itinéraires cyclistes les plus populaires, ni dans la liste des parcours incontournables pour les débutants en vélo de route. Pourtant, elle se tient silencieusement dans les montagnes profondes de Jianshi, à Hsinchu, attendant chaque cycliste prêt à prendre le temps de la comprendre en profondeur.
Lors de votre prochaine planification d’entraînement en montagne, n’hésitez pas à inscrire cet itinéraire sur votre liste. Partez avec le respect de cette terre et de sa culture locale, ressentez avec vos jambes les changements climatiques liés à l’altitude, capturez avec vos yeux ces instants où la brume et les nuages enveloppent les sommets dans un jeu d’apparitions et de disparitions, et gravez dans votre corps cette persévérance qui vous pousse à continuer même lorsque le pédalage atteint ses limites. Ces expériences resteront bien plus longtemps dans votre mémoire que n’importe quel certificat d’arrivée ou classement de segment, devenant l’une des raisons pour lesquelles vous aimez ce sport et cette terre.
Que chaque personne ayant pédalé de Yufeng à Yulao poursuive sa route avec ce respect pour la montagne et la forêt, transformant la mémoire de ce parcours en cette confiance et cette force intérieures, les plus solides qui soient, face aux défis à venir. Et avant de fouler à nouveau ces montagnes profondes, n’oubliez pas de prendre un moment pour vous asseoir tranquillement au bord de la route à Yulao, écouter le vent, observer les nuages et la brume, et laisser votre corps et votre esprit mémoriser pleinement l’émotion de ce voyage. Ce carrefour caché au cœur de Jianshi sera toujours là, attendant le prochain voyageur prêt à découvrir cette terre à deux roues.
Peut-être est-ce là l’aspect le plus émouvant de la culture du vélo de route dans les montagnes de Taïwan — nous parvenons toujours à découvrir nos propres secrets et histoires sur des routes rurales ou des embranchements de routes départementales qui semblent ordinaires. De Yufeng à Yulao n’a pas besoin d’un marketing éclatant : sa pente, ses nuages et sa brume, chaque visage d’ancien du peuple Atayal rencontré en chemin, tout cela constitue déjà le récit le plus authentique et le plus touchant. Puissions-nous, toi et moi, continuer à explorer avec ce cœur humble et curieux les innombrables histoires encore inédites des montagnes et forêts de Taïwan au fil de nos prochains voyages à vélo.
Lectures complémentaires
- Guide pratique de Yufeng à Yulao : 8,3 kilomètres, 8,2 % de pente moyenne, le test des durs à cuire de Jianshi
- Yulao, contemplant le sommet des montagnes : une épopée cycliste de persévérance et d’immensité
- Itinéraires de montagne à Jianshi, Hsinchu : guide des parcours d’entraînement en côte dans les villages des communautés autochtones
- Cyclisme dans la région de Jianshi : le voyage culturel à vélo dans les villages Atayal des montagnes de Hsinchu
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