Trouver son propre rythme dans les pentes de la route de Luoma — un souvenir de cyclisme dans les montagnes de Taoyuan

Dans les pentes de la route Roma, trouver son propre rythme — un souvenir de cyclisme dans les montagnes de Taoyuan
Certaines routes sont fascinantes non pas parce qu’elles sont longues ou pentues, mais parce qu’à chaque coup de pédale, elles éveillent un sentiment indescriptible, pourtant étrangement familier. La route Roma, pour de nombreux cyclistes du nord de Taïwan, est exactement ce genre de route.
I. La route Roma : un peu de contexte sur sa géographie et l’origine de son nom
La route Roma, située dans les montagnes de la ville de Taoyuan, est une route de montagne importante reliant Daxi à Fuxing et la direction de Dongyanshan. Pour ceux qui connaissent bien les itinéraires de vélo de route dans le nord de Taïwan, ce nom n’a presque pas besoin d’être présenté — elle est parallèle à la ligne principale du Northern Cross-Island Highway (route provinciale 7), qui mène également vers Fuxing, et constitue l’une des options courantes pour les clubs organisant des sorties de groupe le week-end et des programmes d’entraînement.
Le nom « route Roma » évoque quelque chose de romantique et d’exotique ; ceux qui l’entendent pour la première fois sourient souvent, se demandant s’il y a un lien avec Rome, en Italie. Mais en réalité, l’explication la plus répandue parmi les cyclistes est que ce nom proviendrait de la liaison entre les localités de Luofu et de Mawudu le long de la route — pour l’origine exacte et précise, il est recommandé de se référer aux documents d’histoire locale ou aux dires des anciens de la région ; nous n’osons pas et ne voulons pas trancher de manière catégorique ici. Après tout, l’origine des noms de lieux est souvent le fruit de strates temporelles successives, avec des versions officielles et des versions transmises oralement, qui ne coïncident pas toujours. Plutôt que d’affirmer avec aplomb, il est plus honnête de dire : c’est une version qui circule parmi les cyclistes ; l’origine réelle mérite d’être laissée à ceux qui connaissent mieux l’histoire locale.
Quelle que soit l’origine exacte du nom, les quatre caractères « route Roma » sont depuis longtemps devenus un symbole concret et clair dans la communauté du vélo de route du nord de Taïwan — en les mentionnant, les cyclistes n’imaginent pas l’arène et les ruines antiques d’Italie, mais le bitume vallonné et sinueux des montagnes de Taoyuan, le paysage qui passe progressivement des banlieues résidentielles aux terrasses agricoles et aux vergers, ainsi que ce rythme de pédalage entre « un peu essoufflé, mais encore capable de profiter du paysage ». Comparée à la ligne principale du Northern Cross-Island Highway, plus fréquentée par les autocars touristiques et les camions, la route Roma, avec son trafic relativement faible et la qualité de sa chaussée généralement appréciée, a développé ses propres fidèles adeptes, devenant pour beaucoup « l’itinéraire caché pour s’entraîner à la montée dans le nord de Taïwan ».
Cet article souhaite documenter un tronçon d’environ 5 kilomètres de cette route, que les cyclistes appellent le « segment central » — il n’est pas très long, mais il condense à lui seul ce que cette route a de plus charmant : une expérience de pédalage aux ondulations variées, au paysage en constante évolution, et imprégnée de la quiétude unique des régions montagneuses.
II. Récit de cyclisme à la première personne : s’engager sur cette pente à la fois familière et inconnue
Ce jour-là était un matin de week-end ordinaire, le ciel passait à peine du bleu profond à l’aube. J’ai garé ma voiture près de Daxi, fait un échauffement rapide, vérifié mes bidons et mes provisions, puis je me suis dirigé vers la route Roma. Le début du parcours était encore relativement plat, traversant quelques hameaux où les habitants matinaux commençaient déjà leur journée. Parfois, une moto ou un petit camion passait, et les cavaliers échangeaient un signe de tête — cette salutation particulière, empreinte de complicité, propre aux matins en montagne, me réchauffe toujours le cœur.
En entrant dans ce segment central d’environ 5 kilomètres, la pente a commencé à se faire nettement sentir. Au début, ce n’était pas éprouvant ; on ressentait même une excitation mêlée d’attente, comme un « ah, c’est donc ça, la légendaire route Roma ». La cadence restait stable, la respiration encore facile, et du coin de l’œil, je pouvais balayer les couches de montagnes qui se déployaient au bord de la route — près de moi, des forêts d’un vert sombre ; plus loin, des crêtes de sommets voilées par la brume matinale, apparaissant et disparaissant.
Après environ un kilomètre et demi, la pente a soudainement semblé changer de mode, devenant nettement plus raide. Cette transition correspond d’ailleurs assez bien aux caractéristiques des données de ce tronçon — bien que la pente moyenne globale ne soit pas spectaculaire, le dénivelé cumulé suggère en réalité que certaines sections sont bien plus raides que la moyenne. La sensation sur le moment l’a d’ailleurs confirmé : la cadence, jusque-là facile, a commencé à chuter, le rythme respiratoire est passé d’un « trois temps à l’inspiration, trois temps à l’expiration » régulier à des respirations profondes nécessitant une concentration accrue, et la sueur a commencé à perler sur mon front, même si la température matinale en montagne n’était pas élevée.
À cet instant, je me suis souvenu d’une remarque d’un cycliste chevronné : « Monter n’a jamais été une lutte contre la pente, mais un dialogue avec sa propre respiration et son rythme cardiaque. » J’ai donc ralenti, déplaçant mon attention de « combien de temps encore » vers « cette inspiration-ci, est-elle fluide ». Curieusement, lorsque la concentration passe de la distance à la respiration, l’ascension qui semblait angoissante devient supportable, voire procure une sensation de solidité — comme si l’on renouait le dialogue avec son corps, vérifiant pas à pas que l’on tient encore le coup.
Après ce passage nettement plus raide, la pente est revenue progressivement à un rythme plus doux, comme si la route offrait délibérément un espace de récupération. Ce rythme de « ça grimpe, puis ça respire, puis ça te teste à nouveau » est, d’une certaine manière, la raison pour laquelle la route Roma fait à la fois l’amour et le désespoir de nombreux cyclistes — elle ne te laisse pas t’ennuyer dans la facilité, mais ne te pousse pas non plus à abandonner par sa cruauté, maintenant toujours un niveau de défi parfaitement dosé.
III. Points de repère en chemin et paysages de collines et de champs dans les montagnes de Taoyuan
En pédalant sur ce tronçon, ce qui m’a le plus marqué n’est pas un site touristique précis — honnêtement, ce segment est davantage un « processus » qu’une « destination » ; sa beauté naît de l’accumulation d’une atmosphère globale, plutôt que de la présence d’un point de repère unique.
Le long de la route, on découvre la topographie typique des collines de Taoyuan : des couches de montagnes basses et de vallées entrecoupées, ponctuées de vergers et de potagers, des fermes nichées dans les creux, et parfois des agriculteurs locaux penchés sur leurs champs. Ce paysage champêtre empreint de vie contraste fortement avec l’agitation urbaine, et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles de nombreux cyclistes reviennent ici encore et encore — en pédalant sur une telle route, on a l’impression de s’extraire temporairement du rythme de la ville pour entrer dans une temporalité plus lente, plus proche de la terre.
La végétation montagnarde évolue doucement avec l’altitude, passant des vergers relativement ouverts près du point de départ à des sections forestières à l’ombre de plus en plus dense. En été, l’ombre des arbres en bord de route devient un précieux refuge pour les cyclistes ; le bruissement du vent dans les feuilles, mêlé au chant occasionnel des cigales, compose une symphonie forestière que seule l’expérience directe peut révéler.
Comme ce tronçon fait partie du passage obligé vers Fuxing et Dongyanshan, on croise parfois des panneaux indiquant les sites touristiques et les villages environnants, rappelant aux cyclistes que cette route n’est pas seulement un itinéraire sportif, mais aussi une artère vitale reliant les communautés des montagnes de Taoyuan. Quant aux points de vue précis qui méritent une halte sur ce segment, comme les souvenirs et les angles d’observation varient d’une personne à l’autre, je me garderai bien d’énumérer des noms et des positions exacts ; je suggère aux cyclistes, lors de leurs sorties, de découvrir à leur propre rythme le « virage qui les marquera le plus ».
IV. Mémoire sensorielle : le vent, la sueur et l’odeur de la montagne
En cyclisme, ce qui reste souvent, ce ne sont pas des chiffres précis ou des détails sur l’état de la route, mais une mémoire tissée de sensations croisées. Ce que ce segment central de la route Roma m’a laissé de plus profond, ce sont quelques fragments sensoriels très concrets.
D’abord, la sensation du vent. Le vent de montagne du matin porte une fraîcheur qui, sur une peau échauffée par la montée, crée un contraste chaud-froid particulièrement vivifiant. À mesure que l’altitude augmente, le vent se charge d’odeurs de végétation — un parfum difficile à décrire avec précision, mêlant rosée, terre et la fraîcheur des plantes, si différent des odeurs d’échappement que l’on respire sur le bitume urbain.
Ensuite, le goût salé de la sueur. Quand la pente se raidit, que la respiration s’accélère, que le front et la nuque commencent à transpirer, les gouttes de sueur glissent parfois dans le coin de l’œil ou aux lèvres. Ce goût salé familier est presque un souvenir commun à tous les cyclistes qui ont sérieusement grimpé. Cette stimulation sensorielle, légèrement inconfortable mais familière, devient en quelque sorte la preuve tangible que « je suis en train de me dépasser sérieusement ».
Sur le plan auditif, outre le vent et le chant occasionnel des cigales et des oiseaux, ce qui domine le plus, c’est le son de sa propre respiration et de son propre cœur. Quand la pente se raidit et que l’intensité augmente, les bruits extérieurs semblent automatiquement baisser de volume, remplacés par le rythme de plus en plus net de mon souffle — un état de concentration quasi méditatif où le monde semble se réduire à la respiration, à la cadence et au petit bout de bitume devant soi.
Sur le plan visuel, la lumière du matin traversant la brume légère des montagnes, projetant des jeux d’ombre et de lumière doux entre les cimes et les sommets lointains, est une image que je rencontre sans cesse sur ce tronçon et que je ne me lasse jamais de contempler. Parfois la brume est plus épaisse, les sommets devant apparaissent et disparaissent, avec une poésie vaporeuse ; parfois le soleil est au rendez-vous, les contours des chaînes de montagnes se dessinent nettement, avec des couleurs particulièrement saturées. Cette expérience visuelle, changeant au gré du temps et des heures, est ce que les routes de montagne ont de plus enchanteur et de plus imprévisible.
5. Sens de la pratique et réflexion sur l’expérience : pourquoi nous revenons ici encore et encore
Après avoir gravi ce tronçon de 5 kilomètres avec 369,3 mètres de dénivelé, assis au bord de la route pour souffler un peu, buvant une gorgée d’eau, je me retourne pour contempler la pente que je viens de gravir. Il y a toujours cette satisfaction difficile à décrire précisément, mais incroyablement réelle. Cette satisfaction n’a finalement pas grand-chose à voir avec la vitesse ou le fait d’avoir battu un record personnel — le plus souvent, elle vient du fait que « j’ai réellement parcouru ce chemin centimètre par centimètre avec mes propres jambes ».
Le grimpeur sur route, d’une certaine manière, est un sport très honnête. La pente ne devient pas plus clémente parce que vous êtes de mauvaise humeur aujourd’hui, et votre condition physique ne s’améliore pas soudainement parce que vous le désirez ardemment. Tout doit se gagner pas à pas, avec les jambes, la respiration et la volonté. Cette honnêteté, dans une vie moderne saturée de raccourcis et de culture du tout-tout-de-suite, paraît d’autant plus précieuse.
J’ai aussi fini par comprendre pourquoi la Route Romaine est devenue l’un des hauts lieux des sorties collectives des cyclistes du nord de Taïwan le week-end. Au-delà du défi du parcours et du paysage, ce qui compte le plus, c’est l’ambiance communautaire qu’elle porte — chaque dimanche matin, différentes équipes, différents cyclistes individuels, avec des raisons similaires mais pourtant propres à chacun, se rassemblent sur cette route de montagne. Certains s’entraînent pour une compétition, d’autres profitent simplement du processus sportif, et d’autres encore, comme moi, cherchent simplement un moment pour déposer temporairement l’agitation de la ville et se concentrer sur la respiration et la cadence.
La culture du cyclisme en groupe est particulièrement marquée sur cette route. On y voit des cyclistes expérimentés ralentir pour accompagner les coéquipiers moins forts jusqu’au bout du défi ; on y voit des inconnus s’encourager mutuellement dans les pentes raides ; et on y voit aussi, à chaque point de repos, les gens se rassembler naturellement pour partager leurs expériences d’équipement, les informations sur l’état de la route, ou simplement discuter de tout et de rien. Ce sentiment de connexion éphémère mais sincère, né d’un défi commun, est peut-être l’un des aspects les plus fascinants du cyclisme sur route — ce n’est pas seulement un dialogue entre l’individu et la pente, c’est aussi une communauté de passionnés qui crée ensemble une atmosphère unique.
6. Paysages saisonniers : les différentes facettes de la Route Romaine au fil des saisons
La beauté de la Route Romaine n’est pas immuable. Au fil des saisons, ce parcours révèle des visages radicalement différents, et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles de nombreux cyclistes acceptent volontiers d’y revenir encore et encore.
Au printemps, la végétation montagnarde commence à bourgeonner, la palette de couleurs penche vers un vert tendre et frais, et les brumes de montagne qui apparaissent parfois après les pluies printanières ajoutent une touche de poésie vaporeuse à la route. Les températures sont agréables en cette saison, et beaucoup de cyclistes considèrent que c’est le moment idéal pour planifier des séances d’entraînement en côte sur de longues distances.
En été, la verdure est à son apogée, et l’ombre des arbres devient la ressource la plus précieuse pendant l’ascension. Bien que les températures soient plus élevées et la charge ressentie plus lourde, les matinées en montagne restent fraîches et agréables. Avec la fraîcheur que les orages d’après-midi apportent à l’air, la Route Romaine estivale possède une vitalité débordante.
En automne, le temps devient généralement sec et stable, et c’est pour beaucoup de cyclistes la saison la plus confortable de toute l’année pour rouler. Les écarts de température entre le jour et la nuit commencent à se creuser, de légères brumes matinales apparaissent parfois en montagne, et avec l’air qui se rafraîchit progressivement, la sensation de rouler est particulièrement agréable.
En hiver, les températures en montagne sont nettement plus basses qu’en plaine, et la mousson du nord-est apporte parfois des rafales froides. Mais cela élimine aussi la chaleur étouffante et les suées de l’été, ce qui fait que certains cyclistes qui préfèrent rouler par temps froid affectionnent particulièrement cette saison. Lors des rares journées d’hiver ensoleillées, l’air en montagne est d’une clarté exceptionnelle, les contours des montagnes lointaines sont remarquablement nets, et c’est aussi un moment idéal pour la photographie.
Quelle que soit la saison, la Route Romaine conserve son charme unique — ce paysage qui se transforme au fil du temps est précisément la raison pour laquelle, comparée aux routes de plaine, une route de montagne donne davantage envie d’y revenir sans cesse, et où l’on trouve toujours quelque chose de nouveau.
7. Suggestions d’itinéraire : après la sortie, pourquoi ne pas s’attarder un peu autour de Dasi
Si votre itinéraire part de Dasi en direction de la Route Romaine, après avoir relevé le défi, pourquoi ne pas envisager, sur le chemin du retour, de faire un détour par les environs de Dasi pour conclure cette sortie cycliste de manière plus complète.
La vieille rue de Dasi est une option bien connue de beaucoup. Le quartier conserve de nombreuses façades de bâtiments chargées d’histoire, et les ruelles regorgent de spécialités locales et de boutiques de souvenirs. C’est l’endroit idéal pour flâner à un rythme plus détendu après l’effort de la montée, et se récompenser avec un bon repas (bien sûr, le choix des commerces et les recommandations de consommation dépendent des goûts personnels et des conditions d’ouverture du moment — je ne vais pas ici désigner un établissement en particulier).
La région de Dasi est également un pôle réputé de l’agriculture de loisir et du tourisme de Taoyuan. De nombreux commerces alentour proposent des spécialités gastronomiques et des produits agricoles locaux. Après avoir dépensé une grande quantité d’énergie sur une montée exigeante, s’arrêter dans un commerce sur le chemin pour refaire le plein de calories et d’eau est aussi un rituel bien établi chez de nombreux cyclistes.
Si le temps et l’énergie le permettent, certains cyclistes choisissent également de relier la Route Romaine à d’autres itinéraires réputés des environs (comme l’axe principal de la route Transversale Nord ou la direction du mont Dongyan) pour former un parcours plus long, faisant de ce tronçon de 5 kilomètres un segment central qui assure la transition au cœur du voyage. Quelle que soit l’option choisie, il est recommandé de prévoir une marge de temps suffisante avant le départ et de ne pas surcharger le programme. La beauté de la montagne se cache souvent dans ces moments où l’on n’est pas pressé, où l’on peut s’arrêter librement pour contempler un peu plus longtemps.
8. La complicité entre la montagne et les hommes : les visages croisés sur la route
Au cours de mes sorties sur la Route Romaine, au-delà des paysages et des pentes, ce qui m’a le plus marqué, ce sont en réalité ces visages croisés au passage, avec lesquels se crée pourtant un lien inexplicable. Aux heures matinales, les usagers les plus fréquents de cette route, outre les cyclistes chargés de ravitaillement et vêtus de maillots, sont les agriculteurs qui partent travailler aux champs, les anciens qui inspectent leurs vergers à scooter, et les chauffeurs de camion qui passent parfois à allure modérée.
Un jour, sur un tronçon dont la pente devenait nettement plus raide, alors que j’étais essoufflé, presque au point de ralentir à vitesse minimale, un cycliste d’expérience m’a doucement dépassé par l’arrière et, en passant à ma hauteur, m’a dit à voix basse : « Courage, le faux-plat arrive bientôt ». Quelques mots à peine, mais qui m’ont donné à cet instant précis une force inattendue. Cette complicité qui pousse des inconnus à tendre la main, semble être devenue une culture commune à la Route Romaine, et plus largement à toute la communauté du cyclisme sur route — tout le monde a connu ce moment où l’on n’arrive plus à respirer, où l’on est presque prêt à abandonner, et c’est pourquoi chacun sait particulièrement bien offrir, quand l’autre en a le plus besoin, une parole simple mais sincère d’encouragement.
J’ai aussi vécu, lors d’une pause au bord de la route, un habitant du coin qui me demandait avec curiosité : « Vous autres cyclistes, vous venez souvent grimper cette route ? C’est pas trop dur ? » Ce ton à la fois attentionné et curieux m’a fait comprendre que pour les habitants, cette route n’est plus depuis longtemps un simple axe de circulation, mais un décor familier de leur quotidien, où ils voient défiler sans cesse des cyclistes de tous horizons qui s’époumonent à l’effort. Ces interactions subtiles et cette complicité qui s’accumulent au fil du temps entre les cyclistes et les habitants constituent, d’une certaine manière, le paysage humain unique de la Route Romaine — une dimension qu’aucune carte ni aucun descriptif d’itinéraire ne peut restituer pleinement.
À force d’accumuler les sorties, j’ai aussi commencé à reconnaître quelques visages « habitués » — ces cyclistes qui, comme moi, apparaissent sur cette route presque chaque dimanche matin. Nous ne nous connaissons pas forcément, nous ne pourrions même pas nous appeler par nos prénoms, mais à chaque rencontre sur la pente, un signe de tête naturel s’échange, parfois même une courte section parcourue côte à côte, à discuter équipement, entraînement, la force du vent aujourd’hui, la dureté de la pente. Cette relation entre l’inconnu et la connaissance, née d’une passion commune, est peut-être ce que ces itinéraires de sorties collectives très prisés ont de plus intrigant et de plus chaleureux.
IX. Un mot pour les futurs challengers
Si vous aussi vous planifiez un parcours sur la route de Rome (Luoma), en particulier ce tronçon central de 5,0 kilomètres avec une pente moyenne de 4,0 % mais qui cache des sections localement raides, je veux vous dire ceci : n’ayez pas peur, mais gardez le respect qui lui est dû.
Cette route ne deviendra pas plus courte parce que vous êtes bien préparés, mais une préparation complète — que ce soit le choix des braquets, la planification du ravitaillement, ou la conscience psychologique que « la pente intérieure peut être inégale » — rendra certainement votre expérience à vélo plus sereine, plus sûre, et vous permettra de vraiment apprécier tout ce que cette route a à offrir.
Je veux aussi dire qu’il ne faut pas courir uniquement après la vitesse et les records de temps. Ce qui rend cette route vraiment émouvante, ce ne sont jamais seulement les chiffres de pente et de distance, mais la sensation du vent de montagne caressant votre visage à l’aube, l’effort honnête de la sueur qui tombe, la satisfaction solide de regarder le chemin parcouru après avoir relevé le défi, et aussi, lors des sorties en groupe, cette atmosphère chaleureuse de communauté construite par ces cyclistes inconnus qui s’encouragent mutuellement dans les montées.
Je souhaite à chaque cycliste prêt à relever le défi de la route de Rome de trouver son propre rythme dans ces montées et descentes, et de rencontrer, dans ces instants où le vent de montagne et la sueur s’entremêlent, une version de soi-même plus concentrée et plus ancrée.
Je veux aussi rappeler à chacun d’entre vous qui s’apprête à partir que la beauté des routes de montagne mérite certes d’être savourée, mais que la sécurité reste toujours la condition fondamentale de toute sortie. Que ce soit en groupe ou en solo, vérifiez l’état de votre vélo avant le départ, planifiez votre ravitaillement et votre temps, roulez selon vos capacités, sans forcer ni foncer tête baissée. Ainsi, chaque défi deviendra un beau souvenir à chérir, plutôt qu’une source de regrets. Bonne route, les routes de montagne sont longues, soyez prudents, et on se retrouve là-haut.
Lectures complémentaires
- Stratégie pratique pour le tronçon central de la route de Rome : 5,0 kilomètres, pente moyenne de 4,0 %, analyse complète d’un segment de sortie en groupe populaire à Taoyuan
- Le canal d’eau, une montée discrète mais exigeante sur les flancs de la commune de Zhuqi
- Pédaler entre montagnes et rivières à Xindian : le versant sud du mont Shitou, un souvenir de montée qui longe la rivière Xindian
- Cyclisme dans les montagnes de Taoyuan et Hsinchu : itinéraires de montée difficiles dans la banlieue nord de Taïwan
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