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Pédaler dans les secrets de la vallée de Huatung : le lac Bihe de Guangfu et la mémoire territoriale du peuple Amis

挑戰心得

Pédaler dans le secret de la vallée de l'Est : Bihêtan à Guangfu et la mémoire territoriale du peuple Amis

Le bassin secret au cœur de la vallée

La beauté de la vallée de l’Est (Huadong), beaucoup ne la connaissent qu’à travers l’image de la route provinciale 9, où l’on contemple au loin la chaîne centrale et la chaîne côtière. Mais peu savent qu’au pied des montagnes du canton de Guangfu se cache une petite route en montée qui mène au bassin de Bihêtan. La première fois que j’ai entendu le nom de « Bihêtan », j’ai pensé qu’il s’agissait encore d’un site touristique sur-fréquenté, envahi par les cars de tourisme. Ce n’est qu’en y pédalant moi-même que j’ai découvert que le charme de cette route réside précisément dans sa discrétion et son authenticité.

Le canton de Guangfu, appelé « Fataan » en langue amis, est l’un des foyers culturels du peuple Amis dans la vallée de l’Est. Les communautés de Tafalong et de Matai’an y perpétuent encore de riches traditions cérémonielles et un savoir ancestral. La sucrerie de Guangfu fut jadis un pilier de l’industrie sucrière taïwanaise ; aujourd’hui reconvertie en parc de loisirs et de tourisme, ce qui fait réellement la fierté des habitants, c’est le vaste marais de Matai’an qui l’entoure — la technique de pêche écologique traditionnelle amis « Palakaw » y est toujours transmise. L’écosystème du marais est d’une grande richesse : aigrettes, jacanas à queue bronzée et de nombreuses espèces de poissons indigènes y évoluent. C’est la meilleure fenêtre pour comprendre la sagesse de la symbiose entre le peuple Amis et la nature.

Au départ du centre de Guangfu, en suivant la petite route en direction de la montagne, le revêtement bitumineux passe progressivement du plat à l’ondulé, et le paysage des deux côtés change des habitations urbaines aux vergers et aux plantations de bétel. Ce tronçon n’est pas long — à peine 4,39 kilomètres — mais il ressemble à un rite de passage entre l’agitation humaine et la quiétude des montagnes.

Si la vallée de l’Est a pu donner naissance à un itinéraire alliant à la fois défi et profondeur humaine, c’est en partie grâce à la structure géographique unique de cette terre, encaissée entre deux chaînes. La chaîne centrale et la chaîne côtière, telles deux barrières naturelles, enveloppent doucement la plaine de la vallée, offrant un climat relativement stable et des saisons bien marquées. Pour les cyclistes habitués aux plaines de l’Ouest, une première incursion dans la vallée de l’Est est souvent saisie par ce choc visuel de « montagnes encerclantes et ciel particulièrement vaste » — même pour une simple montée de 4,39 kilomètres, ce sentiment de petitesse face à la grandeur de la nature suffit à reconsidérer la relation entre l’homme et la terre.

À la première personne : l’expérience sensorielle de la montée

Le départ se fit par un matin clair, l’air de la vallée encore imprégné d’humidité nocturne. Je quittai le centre de Guangfu et sentis rapidement la route s’incliner — l’entrée de la montée de Bihêtan ne fait pas de manières : d’emblée, une pente assez raide me met au défi. La respiration reste facile dans les premiers mètres, les jambes s’échauffent progressivement, et du coin de l’œil, j’aperçois les agrumes chargés et les silhouettes des palmiers à bétel dans les vergers. Parfois, un véhicule agricole passe lentement, le conducteur baisse sa vitre et me fait un signe de tête — c’est la convivialité propre à la vallée de l’Est : même sans se connaître, on offre au voyageur à vélo un regard bienveillant.

À mi-montée, la pente s’accentue nettement, la sueur perle sur mon front, ma chemise est trempée et collée au dos. La végétation environnante change alors : les vergers s’espacent, remplacés par des pentes où se mêlent forêt primaire et bois divers. Les cigales chantent en alternance, se mêlant au murmure de l’eau qui provient d’une vallée lointaine — sans doute le bruit d’un affluent de la rivière Matai’an, faisant écho à l’origine aquatique du nom de Bihêtan.

À l’approche du sommet, la vue s’ouvre soudainement. En me retournant, toute la plaine de la vallée de l’Est s’étale devant moi ; au loin, la chaîne côtière se teinte de nuances bleu-violet dans la lumière de l’aube ; plus près, le centre de Guangfu et les bâtiments en briques rouges de la sucrerie s’agencent harmonieusement. À cet instant, toute la fatigue de la montée semble se dissoudre dans ce paysage — c’est précisément ce qui rend les montées de la vallée de l’Est si envoûtantes : même si la pente est courte, l’ouverture et les strates du relief de la vallée offrent, à chaque mètre gagné, une récompense visuelle disproportionnée par rapport à la distance parcourue.

La sucrerie de Guangfu : du vestige industriel au repère de loisirs

Pour comprendre le canton de Guangfu où se trouve Bihêtan, il faut évoquer la sucrerie de Guangfu, ce monument centenaire témoin de l’essor et du déclin de l’industrie sucrière taïwanaise. À l’époque coloniale japonaise, le climat et les sols de la vallée de l’Est étant propices à la culture de la canne à sucre, l’industrie sucrière fut l’un des piliers économiques majeurs de cette terre. Depuis sa construction, la sucrerie de Guangfu a traversé des décennies de mutations industrielles. Aujourd’hui, bien que les lignes de production ne fonctionnent plus avec la vigueur d’antan, les bâtiments en bois de style japonais, les anciens équipements sucriers et les vastes pelouses du site ont été reconvertis en un parc mêlant mémoire historique et fonction de détente. C’est devenu un point de ralliement et de ravitaillement régulier pour de nombreux cyclistes.

En passant à vélo autour de la sucrerie, les murs de briques rouges patinés et les vestiges de voies ferrées incitent toujours à ralentir et à observer — ces traces racontent silencieusement le siècle d’histoire de la vallée de l’Est, de la défriche agricole à l’essor industriel puis à la reconversion touristique. Pour les cyclistes qui aiment ressentir la texture historique des lieux durant leurs sorties, la sucrerie de Guangfu mérite amplement un arrêt d’au moins une demi-heure pour savourer l’atmosphère unique de ce parc où se mêlent ancien et nouveau.

Le lien profond entre culture tribale et terre

Tafalong et Matai’an, dans le canton de Guangfu, comptent parmi les deux plus importantes communautés Amis de la vallée de l’Est, dotées d’un artisanat traditionnel, de rituels et d’une sagesse de vie riches et singuliers. La communauté de Tafalong est réputée pour ses immenses maisons ancestrales et son raffinement en sculpture sur bois et broderie. Les mythes de création et la foi envers les esprits ancestraux qui y circulent influencent encore profondément le mode de vie et les valeurs des membres de la communauté. La communauté de Matai’an, quant à elle, est célèbre pour sa proximité avec la zone humide éponyme et sa sagesse de pêche écologique traditionnelle « Palakaw » — une sorte de maison à poissons écologique construite en empilant des bambous, des fougères et des pierres, illustrant la profonde sagesse de coexistence entre le peuple Amis et la nature. C’est l’une des rares techniques de pêche traditionnelles à Taïwan encore intégralement préservées et transmises.

En pédalant sur cette terre, si l’on prend le temps de découvrir la profondeur de la culture tribale, on réalise que la montée de Bihêtan ne relie pas seulement des coordonnées géographiques, mais tout un terreau culturel porteur de plusieurs siècles de sagesse de vie et de mémoire territoriale du peuple Amis. Cette connaissance donne à chaque coup de pédale une dimension de respect et d’épaisseur humaine, élevant l’expérience du vélo dans la vallée de l’Est au-delà du simple sport, pour en faire un voyage profond à travers le temps et les cultures.

La légende de Bihêtan et la mémoire locale

Quant à l’origine du nom de Bihêtan, les anciens du lieu transmettent plusieurs versions, la plupart liées à l’aspect naturel du bassin montagnard — l’eau y prend une teinte vert émeraude sous certains angles de lumière, d’où son nom. Ce type de toponymes liés aux couleurs naturelles et aux formes du relief est courant dans l’Est de Taïwan, où s’entremêlent l’histoire de la colonisation des peuples autochtones et celle des Han. Ces noms portent souvent l’observation la plus directe et la plus simple des ancêtres sur la terre. Pour les détails précis de l’évolution du nom et des légendes associées, il est conseillé aux cyclistes curieux de s’adresser aux travailleurs locaux de la culture et de l’histoire du canton de Guangfu ou aux anciens des communautés tribales, qui pourront fournir des informations de première main plus proches de la réalité.

En pédalant à travers cette zone montagneuse, on pense facilement au contexte historique de la vallée de l’Est, territoire traditionnel du peuple Amis depuis des temps immémoriaux. Les communautés du canton de Guangfu perpétuent encore de riches rituels calendaires, dont l’Ilisin, la fête des récoltes célébrée chaque été, l’un des rituels les plus importants de l’année pour le peuple Amis. Les membres de la communauté revêtent leurs habits traditionnels, chantent des airs anciens et exécutent de grandes danses cérémonielles pour remercier les esprits ancestraux de leur protection et renforcer la cohésion de la communauté. Si votre sortie à vélo coïncide avec la période de l’Ilisin, n’hésitez pas à ralentir et à vous renseigner sur la culture locale avec respect. Cela ajoutera une épaisseur culturelle supplémentaire à l’ensemble de votre voyage à vélo dans la vallée de l’Est, bien au-delà de la simple accumulation de kilomètres.

Gastronomie locale et suggestions d’itinéraire

Après avoir gravi la solide montée de Bihêtan, rien de plus réparateur que de revenir au centre de Guangfu pour savourer la cuisine locale. Les glaces artisanales autour de la sucrerie de Guangfu sont un classique rafraîchissant pour les gourmets et les cyclistes. Avec leurs multiples parfums traditionnels et leurs prix abordables, elles constituent une excellente option pour refaire le plein de sucre et d’électrolytes après l’effort (pour les informations actualisées sur les boutiques, il est conseillé de se référer sur place, les commerces autour de la sucrerie pouvant ajuster leurs activités selon la saison ou les conditions d’exploitation).

Outre les glaces de la sucrerie, le canton de Guangfu et les environs de Fenglin et Ruisui offrent également de nombreuses spécialités locales à déguster au passage, comme les plats typiques des peuples autochtones de la vallée de l’Est, les poissons d’eau douce et les étals de fruits de saison. Si le temps le permet, il est conseillé de placer la montée de Bihêtan en début de demi-journée, puis de se diriger vers le parc écologique des zones humides de Matai’an pour une balade à vélo sur le plat ou une visite guidée à pied, afin de vivre de près la sagesse de pêche écologique « Palakaw » du peuple Amis, et de terminer par une glace à la sucrerie de Guangfu. Une petite échappée dans l’Est alliant sport, écologie et culture est ainsi complète.

Les paysages de la vallée au fil des saisons

Les paysages autour de Bihêtan se transforment radicalement au rythme des saisons. Le printemps (mars-avril) est la saison la plus agréable de la vallée de l’Est : la végétation montagnarde est d’un vert éclatant, les températures sont douces, idéales pour planifier des sorties plus longues. L’été (juin-septembre), bien que chaud, est aussi la saison où les rizières virent à l’or avant la moisson ; si votre itinéraire traverse la plaine de la vallée, vous pourrez admirer les vagues de riz qui se succèdent en couches. L’automne (octobre-novembre) offre un climat sec et une excellente visibilité, moment idéal pour photographier les strates des chaînes de montagnes de la vallée. L’hiver (décembre-février), la mousson du nord-est apporte parfois des pluies sur l’Est, mais il y a aussi de rares journées claires et belles ; les températures étant plus basses, il faut veiller à se couvrir pour les sorties matinales et vespérales.

Il est à noter que les monts Liushishan et Chike (près de Yuli), autour de Guangfu, sont des zones de production renommées de lis dorés à Hualien. Chaque année, de août à septembre, pendant la saison des lis dorés, les collines se couvrent de champs de fleurs orange-jaune attirant une foule de visiteurs et de photographes. Bien que Bihêtan ne soit pas un site d’observation des lis dorés, si votre itinéraire dans la vallée de l’Est coïncide avec cette saison, vous pouvez inclure Bihêtan et le mont Chike voisin dans le même parcours, pour combiner en une seule fois le défi de la montée et le plaisir de la contemplation des fleurs.

Observation de la vie sauvage en montagne

Outre l’histoire humaine, la nature environnante de la montée de Bihêtan mérite également une attention particulière. La vallée de l’Est, située dans la zone de transition entre la chaîne centrale et la chaîne côtière, présente une végétation composite où se mêlent forêts de feuillus de basse altitude, vergers artificiels et plantations de bétel. En roulant, si l’on ralentit et observe attentivement, on aperçoit souvent des groupes de pies bleues de Taïwan survolant la cime des arbres ; leurs ailes d’un bleu éclatant et leur longue queue en font l’un des oiseaux endémiques les plus reconnaissables de Taïwan. À l’aube et au crépuscule, on peut aussi entendre parfois les cris des macaques de Formose venant des bois, rappelant au cycliste que ce versant n’est pas seulement une route d’exploitation pour l’activité humaine, mais aussi un corridor écologique important pour la faune sauvage.

L’humidité autour des vallées nourrit une riche végétation de fougères et de mousses. Surtout après la pluie, l’air est imprégné d’une odeur végétale humide, mêlée à la fraîcheur caractéristique de la terre et de la flore — une expérience sensorielle rare pour les cyclistes urbains. Si vous avez l’habitude de photographier les paysages au fil de vos sorties, la biodiversité autour de Bihêtan ne manquera pas d’enrichir votre album de surprises — des rapaces aux ailes déployées aux fleurs de gingembre sauvage qui s’épanouissent discrètement au bord du chemin, cette route d’exploitation en apparence banale recèle de nombreux détails naturels qui méritent qu’on s’y attarde.

Comparaison avec d’autres montées de la vallée

Si vous avez déjà gravi d’autres montées réputées de la vallée de l’Est, comme le mont Chike ou le mont Liushishan près de Yuli, ou encore le plateau de Wuhe plus au sud, vous constaterez que Bihêtan possède un caractère cycliste radicalement différent. Chike et Liushishan sont réputés pour leurs pentes continues et leurs panoramas extrêmement ouverts, où l’on profite presque tout du long de la vue grandiose sur la vallée. En comparaison, Bihêtan ressemble davantage à une expérience de montée « intime, cachée dans la végétation » — les vergers et les bois des deux côtés de la route masquent la vue lointaine sur la majeure partie du parcours, qui ne s’ouvre qu’à l’approche du sommet. Cette narration spatiale « d’abord retenue, puis libérée » rend le panorama final d’autant plus émouvant.

Cette comparaison rappelle aussi à chaque cycliste passionné d’explorer la vallée de l’Est : chaque montée de cette terre a sa propre personnalité et sa propre logique narrative. Il n’y a pas de « plus belle » ou de « plus méritante » absolue, seulement celle qui correspond à l’humeur et à la condition physique du moment. Parfois, on a besoin de l’immensité à perte de vue de Liushishan ; parfois, on aspire davantage à l’expérience introvertie de Bihêtan, qui accumule progressivement avant d’offrir sa récompense surprise.

Ce que cet itinéraire signifie pour le cycliste

Bihêtan, pour moi, c’est l’archétype de l’itinéraire « petit mais beau » — il ne figure dans aucun carnet de route de course cycliste classique, il n’attire pas des foules de cyclistes en pèlerinage comme Wuling ou Taroko. Mais c’est précisément pour cela qu’il conserve une pureté rare. Sur cette route, on n’est pas doublé par des pelotons incessants, ni interrompu par le tumulte des touristes. Il n’y a que le son de sa propre respiration, le cliquetis de la transmission, et le bruissement du vent de la vallée traversant rizières et vergers.

Un tel itinéraire rappelle à chaque cycliste qui roule longtemps en ville, prisonnier des données d’entraînement et des classements de segments Strava : l’essence du vélo peut être très simple — une montée, un paysage, un sentiment d’accomplissement après la sueur, cela suffit à constituer une expérience cycliste complète. Bihêtan ne figurera peut-être sur aucune liste officielle de recommandations d’itinéraires classiques, mais pour les cyclistes qui aiment véritablement explorer les recoins de la vallée de l’Est, ce sera un chemin secret digne d’être parcouru à maintes reprises, où l’on découvre à chaque fois de nouveaux détails.

Une autre perspective dans la descente

La montée est certes le défi central de cet itinéraire, mais la descente vers le retour mérite tout autant d’être savourée. Contrairement à la montée, où l’on se concentre sur l’allure, la fréquence cardiaque et le rythme respiratoire, la descente permet de relâcher l’esprit et de laisser le regard vagabonder librement sur les alentours — les détails que l’essoufflement empêchait de remarquer à la montée se révèlent alors un à un : la silhouette d’un vieux banian aux racines entrelacées, les herbes folles ondulant au bord des champs, une ferme dont la fumée s’élève au loin.

En descente, il est impératif de contrôler sa vitesse, surtout sur les tronçons de type route d’exploitation où le marquage au sol et les protections peuvent être moins complets que sur les axes principaux. Il faut freiner bien avant les virages et rester attentif aux véhicules agricoles ou aux piétons qui peuvent surgir des chemins de campagne. La sécurité reste toujours la première condition de l’expérience cycliste ; aucun paysage, si beau soit-il, ne vaut le prix d’une chute et d’une blessure.

De retour sur le plat, la brise rafraîchit le maillot trempé de sueur, apportant une sensation de bien-être. C’est alors le moment de réduire l’allure et de revenir tranquillement vers le centre de Guangfu, laissant le corps passer progressivement de l’état de tension de la montée à un rythme de croisière détendu — cette expérience cycliste faite de contrastes, entre effort et relâchement, est ce qui rend les courtes montées de la vallée de l’Est si attachantes.

Prolongements : intégrer Bihêtan dans une petite échappée dans la vallée de l’Est

Si vous prévoyez de venir spécialement de loin à Hualien pour gravir Bihêtan, il est conseillé de ne pas en faire un simple aller-retour sur la journée, mais de l’intégrer dans un programme plus complet de petite échappée dans la vallée de l’Est. La position géographique de Guangfu est centrale : vers le nord, on peut organiser des sorties sur le plat autour de Shoufeng et du lac Liyu ; vers le sud, on peut enchaîner avec les montées et sites floraux réputés de Ruisui, Yuli, Chike et Liushishan. Si le temps le permet, un programme de 2 à 3 jours est recommandé, répartissant le défi de la montée, les visites écologiques et les expériences culturelles locales sur plusieurs jours, afin d’éviter de manquer, par précipitation, les détails véritablement envoûtants de la vallée de l’Est — ces paysages et ces histoires humaines cachés aux détours des routes d’exploitation, dans les communautés tribales et les écosystèmes de zones humides, qui ne se dévoilent qu’à ceux qui prennent le temps de ralentir.

Côté hébergement, le canton de Guangfu et les environs de Fenglin et Ruisui offrent des options de maisons d’hôtes et d’hôtels. Il est conseillé de planifier et de réserver à l’avance, surtout pendant les périodes de forte activité locale comme la saison des lis dorés ou l’Ilisin, où les disponibilités peuvent être limitées. Côté transport, la gare de Guangfu sur la ligne ferroviaire de l’Est est un nœud de correspondance important. De nombreux cyclistes choisissent d’embarquer leur vélo dans le train, de descendre à Guangfu puis de commencer leur parcours, conciliant ainsi commodité de transport et intégrité de l’expérience cycliste.

En guise de conclusion : les paysages que l’on ne voit qu’en ralentissant

Chaque fois que je repense à l’itinéraire de Bihêtan, ce qui me revient en mémoire, ce ne sont pas les chiffres de pente ou le temps de parcours, mais des souvenirs sensoriels fragmentaires — la lumière du matin traversant le feuillage des arbres fruitiers pour se poser sur le bitume, le geste chaleureux d’un agriculteur qui salue, les strates de montagnes enveloppées d’une brume légère au sommet en se retournant sur la vallée, et cette sensation mêlant fatigue et satisfaction en savourant une glace à la sucrerie après la sortie.

Ce que Bihêtan m’a appris, c’est peut-être cette philosophie du vélo qui consiste à « être complet sans avoir besoin d’être vu » — il ne cherche pas à devenir un lieu tendance, n’a pas besoin de la visibilité des réseaux sociaux pour prouver sa valeur. Il existe simplement, silencieusement, sur les pentes du canton de Guangfu, accueillant jour après jour chaque cycliste qui vient relever son défi. C’est sans doute là la valeur la plus précieuse de ces itinéraires « hors des sentiers battus » de la vallée de l’Est — ils ne sont pas enveloppés dans un emballage commercial excessif, n’ont pas à se conformer à aucun cadre narratif de marketing touristique. Ils existent simplement, dans la trame de la terre et de la vie des communautés, attendant la visite de cyclistes prêts à ralentir et à ressentir avec le cœur. Si vous avez déjà gravi tous les itinéraires classiques célèbres de Taïwan et qu’il vous manque toujours quelque chose, pourquoi ne pas choisir un week-end ensoleillé, inscrire Bihêtan dans votre petite échappée dans la vallée de l’Est, et ressentir par vous-même la quiétude et la profondeur uniques de cet itinéraire, propres à la vallée de l’Est.

Peut-être reviendrez-vous la prochaine fois avec un état d’esprit différent — peut-être en équipe avec quelques amis, gravissant le tout dans la bonne humeur ; peut-être seul, dans la brume matinale, ressentant en silence le rythme de la respiration et de la cadence ; ou peut-être en famille, à un rythme plus lent et plus décontracté, pour expérimenter la force de vie la plus originelle de cette terre de la vallée de l’Est. Quelle que soit la manière dont vous le visiterez, Bihêtan répondra à sa manière unique à chaque voyageur qui s’en approchera avec ses deux roues et sa sueur.

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