Des millions d'années et un instant dans la gorge : pédaler de Tianxiang à Xibao dans la gorge de Taroko, comprendre le poids d'une route

Un tronçon de seulement 7,86 km, mais qui condense des millions d’années d’histoire géologique
Certaines routes gagnent par leur longueur, d’autres impressionnent par leur pente, mais ces 7,86 km entre Tianxiang et Xibao à Taroko misent sur autre chose — ils vous font traverser, en à peine une demi-heure de pédalage, les anneaux géologiques de centaines de millions d’années du canyon de marbre, ainsi que l’histoire de l’ouverture de la route la plus emblématique de Taïwan.
Dès l’instant où vous partez de Tianxiang, vous vous trouvez en réalité à un point de rencontre entre géologie et culture. Tianxiang, à environ 480 mètres d’altitude, est l’une des étapes les plus importantes le long de la route transinsulienne centrale (Route provinciale 8), et constitue le cœur du territoire traditionnel du peuple Truku. En poursuivant la montée vers Xibao, la direction pointe vers les montagnes plus lointaines de Hehuan et Dayuling — la ligne d’horizon que les routes de Taïwan peuvent atteindre. Mais ce tronçon de Tianxiang à Xibao n’est pas l’ouverture d’un grand récit ; il ressemble davantage à une scène de transition, calme mais solide : la topographie du canyon se referme doucement derrière vous, tandis que la zone alpine se déploie progressivement devant vous.
En tant qu’itinéraire cycliste, ses chiffres sont en réalité très honnêtes — 7 858,1 mètres, 434,2 mètres de dénivelé positif, 5,5 % de pente moyenne, classé en Catégorie 3 par Strava. Ces chiffres sont froids, mais tous ceux qui ont pédalé ici le savent : les chiffres n’ont jamais été le véritable poids de cette route. Le vrai poids, c’est cette sensation, lorsque vous levez les yeux vers les parois rocheuses des deux côtés, d’être compressé par des centaines de millions d’années en quelques secondes d’impact visuel.
L’histoire géologique du canyon de Taroko commence avec la rivière Liwu. Ce cours d’eau, qui prend sa source dans la chaîne centrale, a entaillé les couches de marbre avec une patience stupéfiante, sculptant l’un des canyons les plus spectaculaires d’Asie de l’Est. Le marbre est une roche métamorphique, à l’origine un calcaire sédimentaire déposé au fond des mers, qui, après des millions d’années de compression crustale et de métamorphisme, a donné naissance aux couches rocheuses que nous voyons aujourd’hui, dures mais aux textures fines. Ce tronçon de Tianxiang à Xibao se situe précisément à la frontière topographique où le canyon de marbre transitionne progressivement vers la zone forestière alpine — vous verrez les couleurs et les textures des parois rocheuses changer subtilement pendant la montée. Ce n’est pas une illusion d’optique, mais la preuve tangible que vous traversez physiquement différentes ères géologiques et différentes ceintures écologiques d’altitude.
Cette expérience de « ressentir le temps géologique avec son corps » est sans doute la valeur la plus fascinante, et la plus facilement négligée, de l’itinéraire Tianxiang-Xibao. La plupart des cyclistes recherchent la vitesse et les chiffres de fréquence cardiaque, mais cette route vous rappelle que certains paysages méritent que vous ralentissiez, que vos yeux suivent les textures des parois rocheuses, et que votre respiration s’adapte aux changements d’altitude.
L’histoire de l’ouverture de la route transinsulienne centrale : une route gravée dans le canyon à la sueur et au sang
Pour comprendre le poids de ce tronçon de Tianxiang à Xibao, il faut évoquer l’histoire de la construction de la route transinsulienne centrale. La Route provinciale 8, que nous connaissons sous le nom de route transinsulienne centrale, est l’un des projets routiers les plus ardus de l’après-guerre à Taïwan. Elle traverse la chaîne centrale, reliant les côtes est et ouest. Cette route a été taillée en remontant le canyon de la rivière Liwu, et sa construction dans la section du canyon de Taroko, où la géologie est extrêmement instable et les parois rocheuses abruptes, était d’une difficulté et d’un danger inimaginables pour l’époque. De nombreux vétérans et ouvriers ayant participé aux travaux ont travaillé d’arrache-pied dans des conditions extrêmement rudes pour tailler cette route que nous pouvons aujourd’hui parcourir à vélo, en voiture ou à pied.
En pédalant sur ce tronçon, vous traverserez plusieurs tunnels — ces tunnels ne sont pas seulement des infrastructures nécessaires, ils sont aussi le témoignage concret de la sagesse et de la persévérance de ceux qui ont ouvert la route. À une époque sans engins lourds modernes, tailler des tunnels praticables dans la dure couche de marbre était une tâche d’une difficulté inouïe. Chaque fois que vous entrez dans un tunnel et ressentez la pression des parois rocheuses qui se rapprochent de votre visage, imaginez comment ce tunnel a été creusé centimètre par centimètre à l’époque.
C’est aussi pourquoi cet article tient à rappeler aux lecteurs : sur les sections en tunnel, il est impératif d’équiper son vélo d’un feu arrière et d’équipements réfléchissants. Pas seulement pour des raisons de sécurité, mais aussi, d’une certaine manière, par respect pour cette route si durement gagnée et pour le sacrifice de ceux qui l’ont ouverte — le fait que nous puissions aujourd’hui traverser le canyon à vélo en toute facilité repose sur les efforts acharnés de nos prédécesseurs.
Après l’ouverture de la route transinsulienne centrale, Tianxiang est rapidement devenu l’un des points névralgiques les plus importants le long de l’itinéraire. Ce n’est pas seulement un relais géographique sur la route est-ouest, mais aussi un lieu aux multiples rôles : tourisme, repos et échanges culturels. Et avant Tianxiang, comme après, ce territoire de canyon possédait des fondations humaines plus anciennes et plus profondes — celles du peuple Truku.
Le territoire traditionnel des Truku : le canyon n’est pas qu’un paysage, c’est une maison
Avant le percement de la route transinsulienne centrale, ces montagnes majestueuses du canyon de Taroko étaient déjà le territoire traditionnel où le peuple Truku vivait depuis des générations. Les Truku sont l’un des peuples autochtones de Taïwan, et leur nom même est profondément lié à cette topographie de canyon. Ils vivaient au plus près des montagnes et des rivières, développant un mode de vie et une sagesse culturelle uniques dans ce relief escarpé, avec une profonde crainte et une dépendance vitale envers les forêts et les cours d’eau.
La région de Tianxiang, avant de devenir une halte routière, portait également la mémoire historique des Truku et fut aussi un point stratégique important à l’époque de la domination japonaise. Cette terre a connu la vie traditionnelle des peuples autochtones, les traces de l’administration coloniale japonaise, puis le choc de la modernisation apporté par l’ouverture de la route transinsulienne centrale après-guerre — des récits historiques à plusieurs strates, tous superposés sur cette route qui semble n’être qu’« une simple montée ».
Lorsque nous, en tant qu’amoureux du cyclisme, profitons de la beauté spectaculaire du canyon et du plaisir de pédaler, nous devrions peut-être aussi prendre un moment pour comprendre le contexte humain plus profond de cette terre. La relation entre les Truku et ce canyon n’est pas un symbole touristique, mais un fondement de vie et de culture réel et toujours vivant. En pédalant à travers, porter cette compréhension et ce respect enrichira le sens de ce voyage — vous ne « consommez » pas un beau paysage, vous êtes témoin d’une histoire humaine qui continue de s’écrire.
Aujourd’hui, le Bureau du parc national de Taroko et les institutions culturelles associées s’efforcent de préserver et de promouvoir le patrimoine culturel des Truku, afin que davantage de voyageurs visitant ce canyon puissent découvrir cette histoire à travers des panneaux d’interprétation sur les sentiers, des expositions culturelles, etc. Si le temps le permet, il est conseillé aux cyclistes, lors d’une halte à Tianxiang, de prêter attention aux installations d’interprétation culturelle à proximité, afin que cette sortie à vélo ne soit pas seulement un défi physique, mais aussi une occasion de connaître cette terre.
Récit à la première personne : la splendeur visuelle à travers le canyon et les tunnels
Laissez-moi vous refaire ce parcours à la première personne.
Parti de Tianxiang à l’aube, l’air porte encore l’humidité et la fraîcheur propres aux régions montagneuses. Dans les premières secondes où j’enfourche le vélo et commence à pédaler, le corps n’est pas encore tout à fait en régime, mais les yeux sont déjà saisis — les falaises de marbre des deux côtés s’élèvent presque verticalement depuis le fond de la vallée de la rivière Liwu. Cette verticalité presque oppressante est une expérience que le plat ne pourra jamais vous offrir. La lumière du soleil dans le canyon est toujours subtile : parfois entièrement masquée par les parois rocheuses, parfois soudainement déversée depuis un virage, teintant toute la paroi d’un or chaleureux.
À mesure que la cadence se stabilise, le corps s’adapte à cette pente continue de 5,5 %. Ce n’est pas une montée raide qui vous fait souffrir, mais une ascension dense, continue, qui exige de la patience — chaque coup de pédale vous rappelle qu’il reste encore du dénivelé à conquérir, sans pour autant vous plonger dans le désespoir. Cette intensité « juste comme il faut » me laisse au contraire plus de marge pour admirer le paysage environnant, plutôt que de fixer les chiffres du compteur.
À un virage, une entrée de tunnel apparaît soudain devant moi, l’obscurité de l’ouverture contrastant violemment avec la lumière éclatante du canyon à l’extérieur. J’allume mon phare avant à l’avance et vérifie que le feu arrière clignote bien — au moment de pénétrer dans le tunnel, la température semble chuter de quelques degrés, le son change également, ma propre respiration et le bruit de ma cadence étant amplifiés dans cet espace étroit. Les traces d’humidité qui suintent parfois des parois intérieures me rappellent à travers quelle roche dure ce tunnel a dû être percé pour exister. Quelques dizaines de secondes plus tard, la lumière réapparaît, et cette sensation de revenir du noir vers l’étreinte du canyon me donne chaque fois la chair de poule.
Je continue de monter, l’altitude grimpe progressivement, l’oppression du canyon commence à se relâcher, les parois des deux côtés ne sont plus aussi proches, remplacées par une végétation forestière de plus en plus dense. L’odeur de l’air change également — passant de cette atmosphère du fond du canyon, mêlant l’humidité de la rivière et les minéraux de la roche, à un phytoncide forestier plus frais. Le rythme respiratoire s’ajuste avec l’altitude ; bien que la concentration en oxygène diminue légèrement, la sensation de détente psychologique apportée par l’environnement forestier compense en partie la charge physiologique.
Dans les derniers centaines de mètres à l’approche de Xibao, la vue s’ouvre soudainement, l’environnement forestier devient plus dégagé, et l’on aperçoit au loin la silhouette de l’école élémentaire de Xibao, dont l’architecture semble se fondre dans la nature. Au moment d’atteindre l’arrivée, en me retournant vers la direction du canyon que je viens de gravir, je prends réellement conscience du parcours dramatique de transformation topographique et écologique que je viens de vivre en une demi-heure à peine — c’est le récit de cyclisme unique en son genre de ce tronçon de Tianxiang à Xibao.
La signification de cette route pour les cyclistes : une épreuve courte mais hors du commun
Dans le monde des passionnés de cyclisme, le kilométrage est souvent considéré comme la mesure de la valeur d’une sortie — plus on roule longtemps, plus on grimpe haut, plus on ressent un sentiment d’accomplissement. Or, cette route de Tianxiang à Xibao, longue de seulement 7,86 kilomètres, défie précisément cette façon de penser qui évalue la valeur d’une sortie uniquement à l’aune du kilométrage.
La signification de cette route ne réside pas dans sa longueur, mais dans le fait qu’elle concentre les paysages géologiques et culturels les plus essentiels des gorges de Taroko, et qu’avec un dénivelé « juste assez soutenu pour la plupart des cyclistes, sans être trop facile », elle vous permet, dans un temps et une distance limités, de vivre une expérience de cyclisme pleinement satisfaisante, tant physiquement que mentalement. Elle est comme un poème court, plutôt qu’un roman — mais la concision et l’impact d’un poème court sont parfois plus mémorables qu’un long récit.
Pour les cyclistes qui se préparent à affronter des sections plus longues de la route transcentrale (par exemple en poursuivant vers Dayuling ou le mont Hehuan), cette section de Tianxiang à Xibao joue souvent un double rôle : celui d’« échauffement » et de « pierre de touche ». Elle vous permet, avant de vous attaquer officiellement à des montées plus élevées et plus longues, de faire l’expérience d’une version réduite des variations de terrain et de climat, et d’évaluer si votre condition physique et votre équipement sont suffisamment préparés. De nombreux vétérans de la route transcentrale considèrent cette section comme un point de départ rituel — au moment où vous engagez la première rotation de pédale, cela représente en quelque sorte le premier pas vers un défi plus grand.
Pour les cyclistes amateurs qui souhaitent simplement découvrir la beauté des gorges de Taroko sans rechercher le défi extrême, cette route possède également une valeur irremplaçable. Son dénivelé n’a rien d’intimidant, sa longueur ne pousse pas à l’épuisement, et pourtant elle offre l’expérience géologique et culturelle la plus concentrée et la plus directe des gorges. Cette caractéristique « accessible mais pas banale » est sans doute la raison pour laquelle cet itinéraire continue d’attirer des passionnés de cyclisme de tout Taïwan, et même du monde entier.
Chaque cycliste qui a parcouru cette route est, à un degré ou à un autre, touché par la majesté des gorges et par la densité historique de la construction de cette route. Cette émotion, aucun home-trainer, aucune sortie sur terrain plat ne peut la procurer — elle nous rappelle que le cyclisme, au-delà de la quête de progrès chiffrés, est aussi une manière de dialoguer avec la terre, avec l’histoire et avec la nature.
Un paysage propre à chaque saison et suggestions d’itinéraires complémentaires
Le visage des gorges de Taroko se transforme radicalement au fil des saisons, ce qui rend cette section de Tianxiang à Xibao digne d’être parcourue à plusieurs reprises à différentes périodes de l’année.
Au printemps, la végétation montagnarde commence à s’éveiller, la verdure des forêts s’intensifie progressivement, et avec un climat relativement stable et une probabilité de pluie plus faible, c’est une saison privilégiée par de nombreux cyclistes. À cette époque, le débit de la rivière Liwu est généralement plus régulier, et les jeux de lumière et d’ombre dans les gorges sont particulièrement doux.
En été, il est impératif de surveiller le risque d’orages convectifs de l’après-midi ; il est recommandé de partir tôt le matin et de terminer la sortie le plus tôt possible. Mais l’avantage de l’été réside dans le fait que les eaux de la rivière dans les gorges, grâce à l’abondance des pluies, sont plus tumultueuses et spectaculaires — c’est une période idéale pour admirer la force de découpage de la rivière Liwu — à condition, bien sûr, que la météo et l’état de la route aient été vérifiés et jugés sûrs.
En automne, le climat de Taroko devient généralement sec et stable, ce qui en fait l’une des meilleures saisons de l’année pour planifier des défis de longue distance. À cette période, l’écart de température entre le jour et la nuit commence à se creuser en montagne ; il est conseillé d’emporter des vêtements chauds pour faire face aux variations de température entre le matin et le soir.
En hiver, bien que les montagnes de Hualien ne soient pas aussi froides que les plaines du nord, l’humidité et le froid apportés par la mousson du nord-est, associés au brouillard montagnard qui peut réduire la visibilité, rendent la pratique du vélo plus difficile ; il est recommandé de renforcer la protection contre le froid et de prévoir des équipements réfléchissants.
Quelle que soit la saison choisie, le paysage géologique des gorges de Taroko conserve une majesté constante — les falaises de marbre, les torrents de la rivière Liwu, l’expérience de pédaler entre tunnels et gorges constituent le charme essentiel de cet itinéraire, valable en toutes saisons.
Suggestions d’itinéraires complémentaires : Tianxiang, en tant que point stratégique important le long de la route transcentrale, mérite à lui seul qu’on s’y attarde pour l’explorer. Après la sortie, n’hésitez pas à faire une pause à Tianxiang pour ressentir les strates historiques accumulées de ce lieu, qui fut un territoire traditionnel du peuple Truku et un poste important à l’époque de la colonisation japonaise. Si le temps et l’énergie le permettent, le parc national de Taroko compte de nombreux sentiers de randonnée et points de vue réputés, parfaits pour des activités complémentaires en dehors du programme cycliste, afin de découvrir de manière plus complète le patrimoine naturel et culturel de ce parc national.
Si vous planifiez un voyage cycliste de plusieurs jours à Taroko, il est recommandé de faire de Tianxiang une étape importante pour l’hébergement et le ravitaillement, et d’ajuster avec souplesse l’itinéraire et la distance quotidiens en fonction des dernières annonces officielles concernant l’état des routes et la météo. Le charme des gorges de Taroko mérite que vous y reveniez à plusieurs reprises, à un rythme plus posé, pour le savourer pleinement.
En guise de conclusion : l’humilité au-delà du cyclisme
En terminant cet article, en repensant aux photos et aux souvenirs de cette route, ce qui me vient à l’esprit n’est pas seulement le sentiment d’accomplissement de la sortie, mais surtout une forme d’humilité face à la nature et à l’histoire. Les gorges de Taroko ont sculpté, sur des centaines de millions d’années de temps géologique, le paysage majestueux que nous pouvons aujourd’hui traverser de nos propres roues ; le peuple Truku a protégé ce territoire traditionnel de génération en génération, accumulant un héritage culturel profond ; et les bâtisseurs de la route transcentrale ont creusé, à la sueur de leur front et au prix de leur sang, dans la dure couche de marbre, la route qui permet aux générations suivantes de circuler aisément.
En tant que cycliste qui enfourche son vélo et profite de tout cela, nous nous tenons en réalité sur les efforts d’innombrables prédécesseurs et sur les dons de la nature pour pouvoir vivre une telle expérience. C’est aussi pourquoi, chaque fois que l’on aborde les conseils de cyclisme sur les sections de Taroko, on insiste toujours sur l’importance de vérifier l’état des routes et de porter un équipement de sécurité — non seulement pour se protéger soi-même, mais aussi, dans une certaine mesure, pour témoigner du respect dû à cette route de gorge si durement acquise.
Tianxiang à Xibao, 7,86 kilomètres, 434 mètres de dénivelé positif — cela ressemble à une simple série de chiffres. Mais ceux qui l’ont parcourue le savent : cette route porte bien plus que ce que les chiffres laissent paraître. Si vous ne l’avez pas encore parcourue, choisissez un jour où la météo est stable et l’état de la route confirmé sans danger, et allez la vivre par vous-même — laissez la majesté des gorges de marbre, la puissance saisissante des tunnels, la fraîcheur des forêts qui se déploient progressivement devenir, dans votre carrière de cycliste, une courte épopée qui mérite d’être savourée encore et encore.
Entre gorges et hautes montagnes : une route, la transition entre deux écosystèmes
Réduire le tronçon de Tianxiang à Xibao à une simple « montée » reviendrait à sous-estimer sa richesse écologique et paysagère. Ce qui rend ce parcours vraiment fascinant, c’est qu’il constitue une zone de transition écologique clairement identifiable — vous pouvez, avec vos propres jambes et vos poumons, ressentir de manière concrète le passage progressif de l’écosystème des gorges de basse altitude à celui de la forêt de moyenne et haute altitude.
Tianxiang se situe à environ 480 mètres d’altitude, avec une végétation dominée par les forêts de feuillus subtropicales, complétée par les plantes rupestres caractéristiques des terrains de gorge. Ces dernières se sont adaptées aux falaises de marbre, pauvres mais bien drainées, faisant preuve d’une vitalité remarquable. Vous verrez de nombreuses plantes jaillir directement des fissures de la paroi rocheuse, s’accrochant et poussant à des angles presque inconcevables — c’est la preuve concrète de la façon dont la géologie et l’écologie des gorges de Taroko se tirent mutuellement et se renforcent l’une l’autre.
À mesure que l’altitude augmente, à l’approche de Xibao, la composition de la végétation commence à montrer des changements évidents. La proportion de forêts de feuillus cède progressivement la place à des forêts mixtes de conifères et de feuillus, et la structure forestière devient plus dense et plus humide. L’environnement forestier de la région de Xibao explique en partie pourquoi l’école primaire de Xibao est surnommée « l’école de la forêt » — les conditions naturelles y sont fondamentalement différentes de l’environnement rocheux et sec du tronçon des gorges de Tianxiang.
Cette transition écologique n’est pas seulement un changement visuel ; elle se reflète directement dans la température et l’humidité ressenties pendant le pédalage. De nombreux cyclistes rapportent qu’en approchant du tronçon de Xibao, ils perçoivent nettement une hausse de l’humidité de l’air, une légère baisse de la température, accompagnées de l’odeur caractéristique des phytoncides de la forêt — une expérience sensorielle difficile à décrire précisément avec des mots, mais qui laisse une impression profonde dans la mémoire du cycliste. Si vous acceptez de ralentir et de prêter attention aux changements de l’environnement qui vous entoure, cette route de seulement 7,86 kilomètres offre en réalité une introduction vivante à l’écologie des montagnes de moyenne altitude de Taïwan.
Le parc national de Taroko est précieux précisément parce qu’il couvre, dans une zone géographique relativement concentrée, un gradient écologique complet allant du niveau de la mer à près de 3 000 mètres d’altitude. Le tronçon de Tianxiang à Xibao, bien qu’il n’en représente qu’une très petite portion, se situe exactement dans la zone de transition où les changements écologiques sont les plus nets et les plus identifiables — c’est aussi pourquoi de nombreux amoureux de la nature et cyclistes recommandent particulièrement ce parcours comme itinéraire d’initiation à la découverte du patrimoine naturel de Taroko.
Pendant la montée, si vous ralentissez un peu et observez les détails de la végétation et les variations de lumière et d’ombre au bord de la route, vous découvrirez que ce chemin est bien plus riche que de simples « données d’ascension ». Les fleurs sauvages qui surgissent parfois des parois rocheuses, la lumière tachetée qui filtre à travers la forêt, le bruit de l’eau qui coule dans la vallée — ces fragments sensoriels infimes mais authentiques sont ce qui rend ce tronçon de Tianxiang à Xibao vraiment émouvant. Les données peuvent quantifier la pente et le dénivelé, mais elles ne peuvent pas quantifier cette sensation de fraîcheur qui, lorsque le vent traverse la gorge, fait instantanément oublier la fatigue du pédalage — c’est peut-être précisément pour cela que même les cyclistes chevronnés qui ont déjà parcouru cette route de nombreuses fois sont prêts à y revenir encore et encore, sur ces 7,86 kilomètres seulement.
C’est aussi en raison de cette sensibilité écologique et géologique que chaque cycliste qui visite ces gorges n’est pas un simple passant, mais plutôt un visiteur temporairement autorisé à pénétrer dans ce sanctuaire naturel. La raison d’être du parc national de Taroko est précisément de permettre une coexistence entre l’homme et la nature dans le respect mutuel — cela nous rappelle également que maintenir la propreté de l’environnement en pédalant, ne pas déranger la faune et la flore sauvages, et respecter les réglementations du parc national sont des qualités fondamentales que tout amateur de cyclisme devrait posséder. Aborder ces gorges avec humilité vaut peut-être plus la peine d’être gravé dans nos mémoires que n’importe quel record personnel battu sur cette route.
Lectures complémentaires
- De Taroko à Tianxiang : le cyclisme sur la route des gorges la plus spectaculaire de Taïwan
- Guide complet de Taroko Tianxiang à Xibao : analyse des données réelles de la Category 3, 7,86 km et 434 m de dénivelé
- Itinéraire cycliste de Taroko à Hualien, dans l’est de Taïwan : guide de la montée difficile à travers les paysages spectaculaires des gorges
- Voyage à vélo dans les gorges de Taroko : le corridor de marbre de Xincheng à Tianxiang
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